
À propos de la maladie à virus Ebola
Généralités
La maladie à virus Ebola est une maladie rare, mais grave chez l’humain ; elle est souvent fatale.
Elle est causée par des virus appartenant au genre Orthoebolavirus de la famille des filoviridae. Six espèces d’Orthoebolavirus ont été identifiées à ce jour, dont trois sont à l’origine de grandes flambées :
- le virus Ebola causant la maladie à virus Ebola (MVE),
- le virus Soudan à l’origine de la maladie à virus Soudan (SVD),
- le Virus Bundibugyo responsable de la maladie à virus Bundibugyo.
Bien qu’il existe des vaccins et des traitements homologués contre la maladie à virus Ebola, il n’existe aucun vaccin ou traitement approuvé pour d’autres maladies à virus Ebola, telles que la maladie à virus Soudan ou la maladie à virus Bundibugyo.
Des soins de soutien intensifs précoces, y compris une réhydratation et le traitement symptomatique, peuvent améliorer les chances de survie. Le fait de consulter rapidement permet de sauver des vies.
©UNICEF Ouganda
Symptômes
La période d’incubation, ou le délai entre l’infection et l’apparition des symptômes, varie de 2 à 21 jours.
Les symptômes de la maladie à virus Ebola peuvent être soudains et sont notamment les suivants :
- fièvre,
- fatigue,
- malaise,
- douleurs musculaires,
- céphalées,
- maux de gorge.
Ils sont suivis de :
- vomissements,
- de diarrhée,
- de douleurs abdominales,
- d’une éruption cutanée et
- des symptômes d’insuffisance rénale et hépatique.
Il est important que les personnels de santé et d’aide à la personne surveillent ces symptômes.
Contrairement à l’impression selon laquelle les saignements sont un symptôme courant, ceux-ci sont moins fréquents et peuvent survenir à un stade plus avancé de la maladie. Certains patients et patientes peuvent développer des hémorragies internes et externes, notamment :
- du sang dans les vomissures et les selles,
- des saignements du nez, des gencives et du vagin,
- des saignements aux points de ponction des aiguilles.
Le système nerveux central peut également être touché, ce qui peut causer :
- confusion,
- irritabilité et
- agressivité.
Transmission
Le virus peut atteindre la population humaine lorsque des personnes ont un contact étroit avec le sang, les sécrétions, les organes ou d’autres liquides biologiques d’animaux infectés comme les chauves-souris frugivores, les chimpanzés, les gorilles, les singes, les antilopes forestières ou les porcs-épics trouvés malades ou morts ou dans la forêt tropicale.
Une personne peut être infectée par le virus par contact direct avec une autre personne (à travers des éraflures ou les muqueuses) avec :
- du sang ou des liquides biologiques d’une personne atteinte de la maladie à virus Ebola ou décédée des suites de cette maladie ; et
- des objets ou surfaces qui ont été contaminés par des liquides biologiques (sang, excréments, vomissements) provenant d’une personne atteinte de la maladie ou d’une personne qui en est décédée.
Les personnes infectées ne peuvent pas transmettre la maladie tant qu’elles n’ont pas développé de symptômes, et elles restent contagieuses tant que leur sang contient le virus.
Il est arrivé fréquemment que des agentes et agents de santé soient infectés en traitant des cas de maladie à virus Ebola. Cela s’est produit lors de contacts étroits avec les patients, lorsque les précautions anti-infectieuses n’ont pas été strictement appliquées.
Les cérémonies d’inhumation qui supposent un contact direct avec le corps de la personne défunte peuvent aussi contribuer à la transmission du virus.
©UNICEF Ouganda
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Diagnostic
Sur le plan clinique, il peut être difficile de distinguer la maladie à virus Ebola d’autres maladies infectieuses telles que le paludisme, la fièvre typhoïde, la shigellose, la méningite et d’autres fièvres hémorragiques virales, car les symptômes sont similaires au stade précoce de la maladie.
Les méthodes de diagnostic suivantes servent à confirmer que la personne est atteinte d’une infection à Orthoebolavirus :
- transcription inverse et amplification en chaîne par polymérase (RT-PCR)
- test d’immunoadsorption enzymatique (ELISA)
- test d’immunocapture des antigènes
- isolement du virus sur culture cellulaire.
Les échantillons prélevés sur les personnes infectées présentent un risque biologique extrêmement élevé ; les analyses en laboratoire sur des échantillons non inactivés doivent s’effectuer dans des conditions de confinement biologique maximales.
Prévention et lutte
Il est essentiel de mobiliser les communautés pour juguler toute flambée épidémique. La lutte contre les flambées épidémiques repose sur une série d’interventions, notamment :
- soins cliniques,
- surveillance et recherche des contacts,
- services de laboratoire,
- lutte anti-infectieuse dans les établissements de santé,
- enterrements dignes et sécurisés et
- mobilisation sociale.
Sensibiliser aux facteurs de risque et aux mesures de protection que chacun et chacune peut prendre est un moyen efficace de réduire la transmission humaine. Les messages visant à réduire les risques doivent porter sur plusieurs facteurs :
- Réduire le risque de transmission de la maladie à virus Ebola d’un animal sauvage à un être humain par contact avec des chauves-souris frugivores ou des singes/primates ou par consommation de viande crue de ces espèces.
- Réduire le risque de transmission interhumaine résultant d’un contact direct ou rapproché avec des personnes infectées, en particulier avec leurs liquides biologiques. Tout contact physique étroit avec des personnes infectées par le virus Ebola doit être évité. Les patients doivent être isolés dans un centre de traitement désigné pour y recevoir des soins rapidement et pour éviter toute transmission du virus à domicile.
- Les communautés doivent être bien informées, tant sur la maladie que sur la manière d’endiguer une flambée. Le meilleur moyen d’y parvenir est de les impliquer dans la riposte et d’engager une discussion ouverte.
- Les mesures visant à endiguer les flambées épidémiques sont notamment les suivantes : enterrement digne et sécurisé des personnes défuntes, identifier les personnes susceptibles d’avoir été en contact avec une personne infectée par le virus Ebola et surveiller leur état de santé pendant 21 jours, isoler les malades des personnes saines pour éviter toute transmission, prodiguer des soins aux personnes chez qui la maladie a été confirmée. Le maintien d’une bonne hygiène et d’un environnement propre est également important.