Le Corps commun d’inspection (CCI) a publié le premier examen indépendant, à l’échelle du système, de la manière dont les entités des Nations Unies préviennent et combattent l’exploitation et les atteintes sexuelles (EAS). L’examen couvre les 28 organisations ayant approuvé le statut du CCI.
L’EAS désigne les actes d’exploitation ou d’atteintes sexuelles commis par des fonctionnaires ou personnels apparentés de l’ONU, tirant parti d’un rapport de force ou d’une situation de vulnérabilité à des fins sexuelles. Ces actes constituent une faute grave qui sape la confiance, porte préjudice aux victimes et ternit l’intégrité de l’Organisation.
L’examen porte sur :
- Politiques et cadres réglementaires
- Coordination interorganisations
- Pratiques de prévention et de réponse
- Approches axées sur les victimes
- Bonnes pratiques et enseignements tirés
Message clé : L’examen constate certains progrès, notamment un engagement accru de la direction, des rôles et responsabilités plus clairs, une transparence renforcée en matière de signalement, ainsi que l’utilisation d’outils tels que la base de données ClearCheck pour empêcher le réemploi de personnes ayant commis des inconduites sexuelles avérées.
Cependant, les résultats mettent aussi en évidence des lacunes persistantes. Les victimes et survivants continuent de bénéficier d’une protection inégale et d’un accès limité à l’assistance. Les politiques et procédures restent disparates selon les organisations, permettant parfois à des auteurs d’échapper à leurs responsabilités. Les inconduites ne sont pas toujours traitées de manière rapide et cohérente.
Une véritable approche axée sur les victimes n’est pas encore appliquée de façon systématique. Placer la dignité, les droits et les besoins des victimes au centre de la réponse des Nations Unies doit devenir la norme, et non l’exception. La lutte contre l’EAS exige une action coordonnée et à l’échelle du système, car une faiblesse dans une entité compromet la crédibilité et l’intégrité de l’ensemble du système des Nations Unies.
L’examen contient 15 recommandations formelles et 33 recommandations informelles portant notamment sur :
- Un renforcement des politiques et des définitions
- De meilleures mesures de prévention, de formation et de sensibilisation
- Un contrôle accru des recrutements et des vérifications d’antécédents
- Une application cohérente des pratiques axées sur les victimes
- Des données, une transparence et des rapports renforcés
- Des mécanismes de responsabilité et de discipline plus solides
Pour en savoir plus [documents en anglais] :



