A l’heure actuelle, la pauvreté reste l’un des plus graves obstacles à la réalisation des droits de l’homme dans le monde. Combattre la pauvreté, le dénuement et l’exclusion n’est pas une question de charité et ne dépend pas du niveau de richesse d’un pays.
Si l’on envisage la lutte contre la pauvreté comme une obligation liée aux droits de l’homme, la planète aura plus de chances d’abolir ce fléau au cours des prochaines décennies… L’éradication de la pauvreté est un objectif réalisable.
Louise Arbour,
Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme
Message à l'occasion de la journée internationale de lutte contre la pauvreté, le 17 octobre 2006
La pauvreté est autant le produit que la cause des violations des droits de l'homme
C'est cette double caractéristique qui en fait l'obstacle le plus grave à la réalisation des droits fondamentaux. Le rapport entre droits de l'homme et pauvreté devrait sauter aux yeux : ceux qui se voient refuser leurs droits – par exemple, les victimes de discrimination ou de persécution – sont le plus souvent pauvres. En général, il leur est difficile, sinon impossible, d'entrer sur le marché du travail et ils ne disposent que d'un accès limité, voire inexistant aux services et ressources les plus élémentaires. Dans de nombreuses sociétés, les pauvres ne peuvent jouir de leurs droits à l'éducation, à la santé ou à un logement décent tout simplement parce qu'ils n'en ont pas les moyens. Et la pauvreté affecte tous les droits de l'homme : s'ils ont des revenus faibles, cela leur barre l'accès à l'éducation (un droit « économique et social »), ce qui limite leur participation à la vie publique (« un droit civil et politique ») et la capacité à peser sur les politiques qui les concernent.

