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AG/AB/4366
3 mai 2021
Soixante-quinzième session, 12e séance plénière – matin

Cinquième Commission: ouverture d’une session consacrée à l’examen d’une enveloppe de 6,5 milliards de dollars pour 12 opérations de paix

La Cinquième Commission chargée des questions administratives et budgétaires, a entamé, ce matin, sa deuxième reprise de session, traditionnellement consacrée à l’examen du budget annuel des opérations de paix.  Cette année, les travaux vont porter sur le financement de 12 opérations, estimé à 6 milliards 466 millions de dollars, pour l’exercice allant du 1er juillet 2021 au 1er juin 2022. 

Le Groupe des 77 et la Chine a fait observer que ce montant est inférieur de 310 millions au niveau approuvé pour l’exercice 2020/2021, lequel était déjà inférieur à celui approuvé pour la période 2019/2020.  Il a voulu que l’on ne perde pas de vue, le vrai problème qui est l’exécution efficace des mandats.  Pour y parvenir, a-t-il professé, les ressources doivent être proportionnelles aux tâches prescrites et/ou à l’environnement opérationnel.  Si le Groupe des États d’Afrique a dit partager les mêmes inquiétudes, les États-Unis ont prévenu: « nous ne pouvons pas surmonter les défis auxquels est confronté le maintien de la paix uniquement avec des ressources. »  Ils ont rappelé la Cinquième Commission à sa responsabilité de veiller à ce que les procédures administratives et budgétaires de l’Organisation permettent le succès des missions plutôt que l’entraver. 

Combien de fois, se sont-ils impatientés, cette Commission a-t-elle entendu parler d’une politique des Nations Unies qui a entraîné des retards dans l’embauche d’un personnel crucial, le déploiement des troupes, l’acquisition d’actifs essentiels ou, dans le pire des cas, la protection efficace des civils ou du personnel?  Avec les autres délégations, les États-Unis ont salué la politique de tolérance zéro du Secrétaire général face à l’exploitation et aux atteintes sexuelles commises par le personnel de l’ONU sur le terrain.  Les nouvelles initiatives visant à réduire l’empreinte écologique des opérations ont également reçu le satisfecit des délégations. 

S’agissant des 29 opérations fermées au 30 juin 2020, elles ont relevé un déficit de 85,52 millions de dollars pour cinq missions et un excédent de 149,7 millions de dollars pour les 24 autres.  Le Comité consultatif pour les questions administratives et budgétaires (CCQAB) recommande de rembourser aux États Membres un montant de 107 796   000 dollars; le solde restant devant permettre des avances provisoires aux missions en cours.  Après avoir constaté que les contributions non réglées au titre des 29 missions représentaient 376,6 millions de dollars, le Groupe des 77 et la Chine a insisté sur la responsabilité de tous les États Membres de régler leurs contributions à temps. 

La Cinquième Commission a prévu de tenir virtuellement la plupart des réunions de cette session.  Sa prochaine séance publique en présentiel devrait avoir lieu le 14 mai pour examiner la question de l’amélioration de la situation financière de l’ONU. 

ORGANISATION DES TRAVAUX (A/C.5/75/L.29) 

Au nom du Groupe des 77 et de la Chine, M. ALY DIANE (Guinée), a salué le fait que la majorité des rapports du Secrétariat et du Comité consultatif pour les questions administratives et budgétaires (CCQAB) soient déjà disponibles.  Il a souhaité voir un retour progressif aux méthodes de travail habituelles de la Commission, après que les services appropriés de l’ONU et de la ville de New York auront donné leur accord au sujet de l’évolution de la pandémie de la COVID-19.  Constatant que des sujets autres que les questions liées aux opérations de maintien de la paix (OMP) sont prévues dans l’ordre du jour de cette session, le représentant a rappelé que la seconde partie de la reprise de session devrait être consacrée en priorité aux question relatives au financement de ces opérations.  Le Groupe a promis de faire tout son possible pour éviter que les négociations sur ces questions n’aillent au-delà des délais impartis.  Il a souhaité explorer des options pour poursuivre le travail fait l’an dernier sur les opérations fermées, ainsi que des solutions justes sur la question des contributions non payées, entre autres. 

Au nom du Groupe des États d’Afrique, M. ISSIMAIL CHANFI+ (Comores), a réaffirmé la grande importance qu'il attache au financement « adéquat » des mandats autorisés par le Conseil de sécurité, compte tenu de la complexité desdits mandats et des défis uniques sur le terrain.  Il a reconnu le rôle important joué par les activités programmatiques et les projets à impact rapide dans les opérations de paix et appelé à leur mise en œuvre rapide et responsable.  Compte tenu des contraintes de temps et de la situation exceptionnelle du retrait et de la fermeture de l’Opération hybride UA-ONU au Darfour, le représentant a appelé toutes les délégations à s’engager de manière constructive pour prendre une décision « consensuelle » sur l’autorisation d’engagement demandée par le Secrétaire général en temps opportun, et idéalement avant la fin du mois de mai.  Le représentant a regretté que la Cinquième Commission ait prévu de tenir ses réunions en anglais sans interprétation simultanée dans les cinq autres langues officie

M. THIBAULT CAMELLI, , délégué de l’Union européenne, a rendu hommage aux hommes et aux femmes qui œuvrent dans les opérations de paix, notamment en ces temps difficiles de pandémie.  Il a rappelé que l’Union européenne fournit des hommes, des équipements et des financements à ces opérations, avant d’insister sur la sûreté et la sécurité du personnel.  Dans un environnement de plus en plus complexe, la Cinquième Commission doit faire en sorte que les opérations soient à la hauteur de la tâche donc correctement financées. 

En tant que plus grand argentier, l’Union européenne s’inquiète, a dit le représentant, appelle les États Membres à payer leur contribution, à temps.  Nous avons, a-t-il insisté, la responsabilité de garantir la planification à long terme des opérations dont les conditions de travail difficiles sont exacerbées par la pandémie de COVID-19.  La Commission doit se montrer « pragmatique » et doter les opérations des capacités et ressources adéquates, « avec la souplesse nécessaire pour faire face aux incertitudes ». 

Le budget du maintien de la paix ne saurait être examiné séparément des politiques administratives qui guident leur fonctionnement.  Au cours de la présente session, nous entendons, a dit le représentant, nous concentrer sur des programmes tels « femmes, paix et sécurité », ou encore l’empreinte écologique des opérations, sans oublier les questions de l’exploitation et des atteintes sexuelles, ou encore de l’évaluation de la performance.  Le représentant a formulé le vœu que les travaux de la présente session se terminent à temps et dans le consensus. 

M. JESÚS VELÁZQUEZ CASTILLO (Mexique) a salué l’engagement du personnel militaire et civil des opérations de paix qui travaille dans des environnements de plus en plus complexes.  Il a dit son intention de suivre avec une attention particulière les discussions sur la clôture des Missions en Haïti, convaincu de l’opportunité d’en tirer des enseignements importants.  Le représentant a aussi dit accorder une grande priorité à la lutte contre l’exploitation et les atteintes sexuelles et a insisté sur le principe de tolérance zéro.  Il a conclu en plaidant pour des ressources en faveur du Régime commun des Nations Unies.    

M. PATRICK F. KENNEDY (États-Unis) a souligné à son tour que pour que les opérations de paix soient efficaces, elles doivent disposer des ressources nécessaires à l’exécution de leur mandat.  Aucun mission ne devrait être incapable de protéger les civils, promouvoir les droits de l’homme, soutenir les institutions publiques ou défendre son personnel.  Le représentant a promis d’œuvrer pour un soutien politique et financier fort aux opérations.  Au cours des quatre dernières sessions, a-t-il rappelé, cette Commission a été incapable de parvenir à un consensus sur une résolution politique transversale.  Notre incapacité de fournir cette orientation est une « abdication » de notre responsabilité vis-à-vis des missions sur le terrain et du Secrétariat qui les soutient, a tranché le représentant.  À la lumière des problèmes que connaissent les opérations de paix, nous attendons avec impatience de recevoir des informations plus détaillées sur le plan d’exécution du système global d’évaluation de la performance, a dit le représentant, en espérant une session consensuelle.  

M. DAI BING (Chine) a lui aussi voulu que la Commission adopte, dans les délais impartis, un budget qui permettra aux opérations de paix de remplir efficacement leur mission.  Il a insisté sur le rôle du Comité des commissaires aux comptes (CCC), en tant qu’organe externe d’audit pour statuer sur la bonne utilisation des ressources.  Il a demandé des mesures pour améliorer la sûreté et la sécurité des Casques bleus, non sans rappeler qu’elle leur a offert 300 000 doses de vaccins.  Elle n’a pas manqué d’exhorter à rembourser plus rapidement les pays fournisseurs de contingents. 

Mme NJAMBI KINYUNGU (Kenya) a dit qu’avec des troupes déployées à l’AMISOM, son pays et d’autres ont perdu des hommes du fait des engins explosifs improvisés.  Cette réalité a conduit à la modification du mandat de la Mission pour y introduire des tâches qui ne reviennent pas traditionnellement aux opérations.  Il est important, a-t-elle estimé, que les mandats des opérations aient des éléments de consolidation de la paix pour éviter « les rechutes ».  Il est tout aussi important de se focaliser sur des questions relatives à la sécurité du personnel. 

Malgré les contraintes liées à la pandémie de COVID-19, la représentante a appelé à un financement durable des opérations, regrettant qu’en dépit des coupes budgétaires, l’on continue d’exiger des niveaux élevés de performance.  Elle a en outre prié le Secrétariat à veiller à un financement adéquat du Fonds pour la paix de l’Union africaine et à collaborer davantage avec les organisations régionales et sous-régionales, y compris l’Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD), afin de faire le lien entre maintien et consolidation de la paix. 

M. KIMURA TETSUYA (Japon) a promis de mettre tout en œuvre pour que les opérations de paix soient dument financées.  Mais l’adoption des budgets doit aller de pair avec des mesures pour bonne utilisation efficace des ressources et une reddition des comptes « exemplaire ».  Après avoir regretté qu’aucune résolution transversale n’ait pu être adoptée depuis quatre ans, le représentant a exhorté la Commission à faire mieux. 

M. LUIS UGARELLI (Pérou) a dit que son pays est fier de fournir des contingents aux opérations de paix depuis 1958.  Actuellement, nous avons déployé 227 personnes sur le terrain et aspirons à accroître ce nombre, a dit le représentant.  À la lumière de la complexité croissante des situations sur le terrain et des niveaux élevés d’insécurité dans lesquels les opérations travaillent, le représentant a jugé impératif d’assurer des ressources financières adéquates.  Il a salué les efforts envisagés par l’ONU dans le cadre d’« Action pour le maintien de la paix » et souligné que l’efficacité des opérations dépend d’une bonne collaboration entre les pays hôtes, les pays contributeurs de troupes, le Secrétariat des Nations Unies et le Conseil de sécurité. 

M. MARIVIL VILLA VALLES (Philippines) a salué le sacrifice des Casques bleus, dans le contexte difficile de la pandémie de COVID-19 qui restreint les patrouilles et la liberté de mouvement des acteurs du maintien de la paix.  Il a demandé des précisions sur le programme de vaccination, avant de s’inquiéter de la baisse continue du budget des opérations de paix.  Les coupes budgétaires, a-t-il martelé, ne sont conformes en rien aux besoins croissants. 

M. KATLEGO BOASE MMALANE (Botswana) a félicité le Secrétariat et le Comité consultatif pour les questions administratives et budgétaires (CCQAB) pour la rapidité avec laquelle les rapports de la session ont été publiés, conformément à la demande répétée des délégations.  Au cours de cette session, la délégation a dit vouloir s’intéresser particulièrement aux questions transversales, y compris les mesures prises pour assurer la sécurité et le bien-être du personnel du maintien de la paix, ainsi que tout soutien apporté aux pays hôtes, dans le cadre de la lutte contre la pandémie de COVID-19.  Nous nous intéressons aussi, a-t-il poursuivi, aux projets à impact rapide et aux activités programmatiques qui sont censés contribuer à sauver des vies et à aider l’Organisation à gagner la confiance des populations locales.  Enfin, le représentant a dit vouloir discuter du rôle important joué par les acteurs sous-régionaux.  Pour terminer, il a rappelé que c’est la seconde fois que le budget des opérations de paix sera négocié à distance.  Il nous faut donc un certain degré de « bonne foi », a martelé le représentant. 

M. JI SUN JUN (République de Corée) a indiqué qu’elle accueillera à nouveau en décembre 2021 une réunion ministérielle sur les opérations de paix afin de mobiliser les efforts.  À son tour, il a plaidé pour un financement adéquat, au nom d’une bonne exécution des mandats et de la nécessité de minimiser l’impact négatif de la COVID-19.  Après avoir regretté l’absence de consensus sur une résolution transversale, il a exhorté les États Membres à faire des progrès cette année.   

M. RICHAR CROKER (Royaume-Uni) a salué les efforts menés pour assurer une plus grande redevabilité des opérations et a rappelé qu’il y contribue en troupes et en ressources financières, tout en se félicitant de ce qu’elles entendent désormais réduire leur empreinte écologique.  Le représentant a insisté sur le respect de la politique de tolérance zéro pour les cas d’exploitation et d’atteintes sexuelles, et sur une politique centrée sur les victimes.  Il a rappelé qu’il est le plus grand contributeur au fonds d’affectation spécial pour les survivants.  Il a plaidé pour que la Commission démontre sa détermination à soutenir les opérations, en adoptant les budgets adéquats dans les délais impartis. 

M. DMITRY S. CHUMAKOV (Fédération de Russie) s’est dit désolé de constater que depuis 4 ans déjà, l’Assemblée n’a pu adopter de résolutions sur les questions transversales.  Le libellé adopté à l’été 2020 pourrait servir de base aux négociations, a-t-il suggéré, avant de manifester sa surprise face à une possible augmentation de 6 millions de dollars du compte auxiliaire du maintien de la paix, alors que des opérations ferment.  Nous voulons aussi des précisions sur le personnel du Secrétariat détaché dans les opérations, a ajouté le représentant. 

M. RABAB FATIMA (Bangladesh) a jugé, à son tour, indispensable que les missions aient un budget prévisible par souci d’efficacité.  Alors que la pandémie de COVID-19 a perturbé le quotidien de ces opérations, il a félicité ces dernières d’avoir fourni les équipements nécessaires et sensibilisé les communautés locales.  Le représentant a jugé essentiel que le personnel soit vacciné avant d’être déployé sur le terrain et a insisté pour que les budgets des opérations tiennent compte des retombées de la pandémie de COVID-19, notamment pour répondre aux besoins médicaux, y compris les évacuations médicales.  Il a salué la résolution 2538 du Conseil de sécurité et a appelé à l’affectation des ressources pour financier une bonne participation des femmes aux efforts de paix. 

ASPECTS ADMINISTRATIFS ET BUDGÉTAIRES DU FINANCEMENT DES OPÉRATIONS DE MAINTIEN DE LA PAIX  

Pour l’examen de cette question, la Commission était saisie du Rapport du Bureau des services de contrôle interne (BSCI) sur ses activités concernant les opérations de paix au cours de la période allant du 1er janvier au 31 décembre 2020 (A/75/301 (Part II) et sur l’évaluation de la culture institutionnelle de ces opérations (A/75/803). 

La Commission était saisie de la note du Secrétaire général transmettant le Rapport du Corps commun d’inspection sur l’examen des programmes accomplis par les entités des Nations Unies dans le renforcement de la fonction d’enquête (A/75/719); ainsi que des observations de M.António Guterres et de celles du Conseil des chefs de secrétariat des organismes des Nations Unies pour la coordination (A/75/719/Add.1)

Dans ses commentaires (A/75/847) sur le Rapport du Secrétaire général relatif aux dispositions spéciales visant à prévenir l’exploitation et les atteintes sexuelles (A/75/754), le Comité consultatif sur les questions administratives et budgétaires (CCQAB) reconnaît qu’il serait simpliste de mesurer les progrès exclusivement à l’aune du nombre d’allégations enregistrées.  Il demande donc au Secrétaire général des rapports « plus analytiques », à savoir l’évaluation de l’impact des efforts entrepris jusqu’ici, de leur efficacité et des lacunes à combler.  Le CCQAB estime aussi que des paramètres et des repères mesurables permettant de suivre les progrès accomplis devraient être établis et communiqués dans les rapports à venir. 

Il demande également au Secrétaire général de poursuivre ses efforts pour établir une comptabilité complète des ressources existant à l’échelle du système des Nations Unies, afin de déterminer les dispositions administratives optimales à prendre et de garantir un financement adéquat et durable aux fins de la mise en œuvre continue et coordonnée de sa stratégie.  Le Comité prend note qu’une version électronique du formulaire de signalement, qui vise à harmoniser la collecte et l’échange d’informations sur les allégations d’exploitation et d’atteintes sexuelles, indépendamment de l’affiliation des auteurs de tels actes, a été mise au point.  Grâce à ce processus, la victime ou le témoin ne sera interrogé qu’une seule fois afin de ne pas aggraver le traumatisme subi.  L’élaboration du formulaire, dont le coût est estimé à 90 000 dollars, a été financée au moyen du compte d’appui aux opérations de maintien de la paix.  Le Comité consultatif note que ce formulaire électronique n’est financé que par des ressources réservées aux opérations de paix. 

Il prend note des mesures engagées pour renforcer la responsabilité et mettre au point des outils de gestion des risques mais estime qu’à ce stade de la mise en œuvre de la stratégie, il convient de procéder à un examen approfondi des incidences et de l’efficacité de ces outils afin de réduire la fragmentation, d’améliorer la cohérence à l’échelle du système et, in fine, de permettre au système de mieux faire face aux cas d’exploitation et d’atteintes sexuelles. 

Le Comité consultatif note avec préoccupation que le fait que trois des quatre postes de spécialiste hors classe des droits des victimes demeurent depuis longtemps vacants pourrait compromettre la réalisation de l’objectif de la stratégie consistant à donner la priorité aux droits des victimes.  Il est, une fois de plus, préoccupé par l’augmentation générale du nombre d’allégations relatives aux partenaires opérationnels et recommande que le Secrétaire général entreprenne une analyse détaillée des facteurs qui sous-tendent cette augmentation.  Il souligne qu’il importe que le Secrétaire général définisse des paramètres adéquats pour évaluer l’impact de sa stratégie, et estime que la fourniture de données ventilées par année de survenance des faits présumés et par année de signalement, accompagnées d’une analyse, pourrait être utile à cette fin. 

Enfin, la Commission était saisie du Rapport du BSCI sur l’évaluation des activités visant à prévenir et à combattre l’exploitation et les atteintes sexuelles perpétrées par des membres du personnel du Secrétariat de l’ONU ou du personnel apparenté et à apporter un soutien aux victimes (A/75/820)

Dans ses commentaires (A/75/619) sur le Rapport du Secrétaire général concernant le point au 30 juin 2020 de la situation financière des opérations de maintien de la paix dont le mandat est terminé (A/75/619), le CCQAB note recommande à l’Assemblée générale de prier le Secrétaire général de rembourser aux États Membres un montant de 107 796  000 dollars au moyen des soldes de trésorerie positifs de 24 missions dont le mandat était terminé au 31 janvier 2020, d’un montant de 157 596 000 dollars, le solde restant s’élevant à 49 800 000 dollars.  D’ici à ce que la période d’essai de trois ans du mécanisme de trésorerie commun s’achève, le Comité consultatif recommande que les excédents de trésorerie qu’il est proposé de maintenir afin que des avances puissent être versées à titre provisoire aux missions en cours qui en auraient besoin soient conservées à hauteur de ce solde restant et que tout excédent de trésorerie au-delà de ce montant soit restitué aux États Membres. 

Déclarations

Au nom du Groupe des 77 et la Chine, Mme MASSENI KABA SALEH (Guinée)a relevé que le montant total des ressources nécessaires pour les opérations de paix des Nations Unies, soit 6 466,3 millions de dollars pour la période 2021/2022, est inférieur de 310 millions au niveau approuvé pour l’exercice 2020/2021, lequel était déjà inférieur à celui approuvé pour la période 2019/2020.  Si elle a salué les gains d’efficacité, elle a néanmoins que l’on ne perde pas de vue, le vrai problème qui est l’exécution efficace   mandats.  Pour y parvenir, a-t-elle professé, les ressources doivent être proportionnelles aux tâches prescrites et/ou à l’environnement opérationnel. 

La représentante s’est félicitée des progrès accomplis dans la consolidation du nouveau système de délégation des pouvoirs, ajoutant que l’évaluation et l’amélioration de la responsabilité et de la transparence doivent être un processus permanent.  Elle a souligné le rôle important des projets à impact rapide et des activités programmatiques pour une bonne mise en œuvre des mandats.  Les premiers doivent continuer d’être conçus au cas par cas, en s’appuyant sur les expériences antérieures et les leçons apprises, afin de contribuer à renforcer la confiance des populations locales dans les missions, leur mandat et les processus politiques et de paix.  Nous ne devons pas perdre de vue la capacité de ces projets à générer un appui aux composantes militaire et policière, une préoccupation croissante pour tous les pays fournisseurs de contingents et de policier. 

Bien qu’elles ne représentent qu’une petite partie du budget des opérations, les activités programmatiques sont utilisées comme un outil pour les processus politiques et l’exécution plus large des mandats, a rappelé la représentante, faisant observer que le Conseil de sécurité a augmenté ces dernières années le nombre de ces activités pour prévenir et résoudre les conflits mais aussi édifier une paix durable. 

Sur la question de l’exploitation et des atteintes sexuelles, elle a réaffirmé son ferme attachement à la politique de tolérance zéro et à l’approche centrée sur les victimes.  La représentante a dit attendre avec intérêt d’examiner les progrès accomplis vers l’adoption d’une approche plus unifiée à l’échelle du système des Nations Unies.  Elle a demandé de plus amples informations sur l’extension de la mise en œuvre du Système global de planification et d’évaluation de la performance et s’est félicitée des initiatives qui ont recours à la technologie pour améliorer les résultats et gagner en efficacité. 

L’exécution des opérations de paix est « un effort collectif » qui implique les États Membres, le Secrétariat et toutes les composantes des missions, a souligné la représentante, avant d’estimer que toute tentative d’utiliser l’évaluation des performances pour procéder à des coupes budgétaires « arbitraires » ne peut que compromettre le travail voire saper les progrès durement acquis.  Elle a demandé des éclaircissements sur la question de la représentation adéquate des pays fournisseurs de contingents et de policiers dans les nouveaux départements concernés. 

La question complexe du financement des opérations exige notre attention particulière, a prévenu la représentante, en parlant aussi de la nécessité d’offrir des soins de santé adéquats « à ceux qui risquent leur sécurité » sur le terrain.  Il n’appartient pas au Secrétariat, a martelé la représentante, de décider quels mandats sont prioritaires ou secondaires.  Ces mandats, comme nous le savons tous, relèvent de la prérogative des États Membres, a-t-elle tranché.  Il est également connu et universellement admis que la seule façon de remédier à la situation financière « toujours difficile » des opérations de paix est d’obtenir des États Membres qu’ils paient leurs contributions intégralement, à temps et sans conditions. 

M. CAMELLI de l’Union européenne s’est dit convaincu que les réformes sont centrales pour garantir la continuité de travaux et la capacité d’adaptation des missions.  Il a particulièrement salué les recommandations du BSCI et appuyé une meilleure utilisation des technologies pour mieux protéger les troupes de l’ONU.  Le représentant a appelé à améliorer la performance énergétique des missions et leur empreinte écologique.  Il a aussi voulu une lutte plus efficace contre l’exploitation et les atteintes sexuelles dans les missions, avant d’appuyer le déploiement de conseillers sur la parité.  Nous continuons d’appeler à la tolérance zéro, a insisté le représentant, avant de plaider pour que les plus vulnérables soient protégés.  Il a particulièrement appuyé les recommandations du Comité des commissaires aux comptes (CCC) sur le partenariat entre le Service de la lutte antimines et l’UNOPS.  Il faut, a-t-il conclu, donner aux missions les moyens nécessaires pour mettre en œuvre efficacement tous les mandats. 

Au nom du Groupe des États d’Afrique, M. MOHAMED TRAORE (Mali) a rappelé que l’Assemblée générale a indiqué à maintes reprises que le projet de budget des opérations de paix doit être fondé sur les mandats existants du Conseil de sécurité.  Or, le représentant a dit avoir constaté une succession de coupes budgétaires, d’année en année, promettant au cours de cette session d’examiner attentivement les domaines sur lesquels ces réductions ont un impact.  Il a demandé au Secrétaire général d’explorer des partenariats pour préparer au mieux aux futures pandémies et épidémies. 

Quant à la question des projets à impact rapide et des activités programmatiques, il a avoué que le manque de soutien est devenu « une préoccupation croissante ».  Le Conseil de sécurité a augmenté le nombre de ces activités pour prévenir et résoudre les conflits, et édifier une paix durable, a rappelé, à son tour, le représentant.  S’agissant de la question de l’exploitation et des atteintes sexuelles, il a réaffirmé son ferme attachement à la politique de tolérance zéro qui doit s’appliquer au personnel en uniforme et aux civils, qu’ils soient de l’ONU, d’organisations humanitaires ou de développement.  

En ce qui concerne la réduction de l’empreinte écologique des opérations, il a reconnu les progrès et s’est promis d’obtenir du Secrétaire général des informations sur le renforcement des mesures conformément aux cinq piliers de la stratégie.  Sur la question des achats, le Groupe a rappelé le principe du recours aux entrepreneurs locaux.  Considérant enfin que 7 des 12 missions de maintien de la paix actives se trouvent en Afrique, et que le Secrétaire général a signé un mémorandum d’accord avec l’Union africaine (UA), il s’est interrogé sur les mesures prises pour approfondir le partenariat, la coopération et la coordination avec les acteurs sous-régionaux. 

Intervenant aussi au nom du Liechtenstein, M. MIKE MARTIN AMMANN (Suisse) a mis l’accent sur quatre points en rappelant d’abord que le meilleur moyen de traiter un conflit est de le prévenir.  Il a encouragé la poursuite de la mise en œuvre d’une approche systémique de la transition.  Les missions doivent travailler en étroite coopération afin de développer des stratégies de transition cohérente vers une paix durable, a-t-il insisté.  Il a aussi appelé à des mesures pour lutter efficacement contre l’exploitation et les atteintes sexuelles, grâce, entre autres, à une approche centrée sur les victimes.  Le représentant s’est félicité de l’autonomisation des opérations de paix qu’a permis le transfert des fonctions administratives vers les responsables administratifs sur le terrain.  Pour être efficace, il a prôné un système de délégation des pouvoirs « performant » et a conclu, en estimant que la mise en œuvre des recommandations du BSCI est « indispensable » pour garantir l’efficacité des missions de maintien de la paix. Il a appelé à une application rapide des recommandations sur la redevabilité. 

« Nous ne pouvons pas surmonter les défis auxquels est confronté le maintien de la paix qu’avec des ressources », a prévenu M. KENNEDY (États-Unis).  Les ressources doivent non seulement être allouées adéquatement mais la Cinquième Commission doit aussi garder à l’esprit sa responsabilité « unique » de veiller à ce que les politiques et procédures administratives et budgétaires de l’Organisation permettent le succès des missions plutôt que l’entraver.   Combien de fois, s’est impatienté le représentant, cette Commission a entendu parler d’une politique qui a entraîné des retards dans l’embauche d’un personnel crucial, le déploiement des troupes, l’acquisition d’actifs essentiels ou, dans le pire des cas, la protection efficace des civils ou du personnel? 

Le Secrétaire général a fait des progrès « énormes », a reconnu le représentant, en citant, la stratégie environnementale.  Mais, a-t-il dit, nous demandons plus d’informations sur les mesures prises pour améliorer l’évaluation des performances et l’intégration du principe de responsabilité, y compris celles qui visent à mettre en œuvre le mandat de la Cinquième Commission d’élaborer et d’appliquer un plan d’exécution du système d’évaluation globale dans toutes les missions.

M. Kennedy a dit appuyer les efforts du Secrétaire général pour mettre en œuvre la politique de tolérance zéro pour les cas d’exploitation et d’atteintes sexuelles.  Le soutien aux victimes est d’une importance « capitale », a-t-il souligné, déplorant que malgré les progrès accomplis, ce fléau et le harcèlement sexuel persistent dans tout le système des Nations Unies.  Il a demandé au Secrétaire général, en tant que Chef de l’Organisation, de montrer l’exemple et d’encourager la coordination entre les différentes entités du système de l’ONU.  Nous appelons également tous les pays fournisseurs de contingents et d’effectifs de police, ainsi que les pays d’origine du personnel civil, à veiller à ce que les auteurs d’exploitation et d’atteintes sexuelles répondent effectivement de leurs actes.

Au nom du Groupe des 77 (G77) et la Chine, Mme MASSENI KABA SALEH (Guinée) s’est dite très préoccupée de ce que sur les 29 missions de maintien de la paix dont le mandat est terminé, cinq accusent un déficit de trésorerie net de 85,52 millions de dollars.  Après avoir rappelé que les contributions non réglées par les États Membres au titre des 29 missions fermées, représentaient au  30 juin 2020, un montant total de 376,6 millions de dollars, elle a insisté sur la responsabilité de tous les États Membres de régler leurs dus à temps.  Elle s’est néanmoins félicitée de ce que les 24 autres missions terminées présentaient un excédent de 149,7 millions de dollars au 30 juin 2020, pouvant être portés au crédit des États Membres.  La représentante a rappelé que dans sa résolution 73/307, l’Assemblée générale a approuvé, à titre expérimental pour trois exercices budgétaires, le principe de la gestion commune des soldes de trésorerie de toutes les opérations en cours, étant entendu que des comptes séparés seraient conservés pour chaque mission.  Elle a salué le fait que conformément aux décisions prises par l’Assemblée générale, un mécanisme ait été mis en place pour répondre aux besoins de liquidités des opérations de maintien de la paix en cours, au moyen d’avances internes entre opérations.

Au nom du Groupe des États d’Afrique, M. FELIX-FILS EBOA EBONGUE (Cameroun) a noté avec préoccupation l’amélioration « insignifiante » de la trésorerie et du déficit dans cinq missions de maintien de la paix clôturées.  Ce déficit est resté relativement au même niveau, soit à 85,5 millions de dollars au 30 juin 2020, par rapport à un montant de 85,6 millions, au cours de la même période au cours de la précédente année financière.  Cette situation « désastreuse » a été causée principalement par le non-paiement des contributions à hauteur de 152,4 millions de dollars.  Le représentant a donc réitéré son appel pour que tous les États Membres respectent leurs obligations financières, sans conditions et à temps.  Il a rappelé que dans sa résolution 74/278, l’Assemblée générale avait prié le Secrétaire général de continuer à prendre toutes les mesures nécessaires pour rembourser les pays fournisseurs de contingents et d’effectifs de police avant la clôture de toute mission et d’éviter la pratique actuelle consistant à reporter les remboursements.

Le représentant a pris note du fait que le Secrétaire général a continué à emprunter à des missions fermées pour financer les autres opérations voire le budget ordinaire de l’ONU.  Il s’est inquiété de ce que le Secrétaire général ait indiqué que la crise de liquidités s’est aggravée et l’Organisation continuera donc d’utiliser les excédents des opérations clôturées.  Il est impératif, a-t-il dit, de trouver une solution viable et durable à la crise de trésorerie à laquelle l’Organisation est trop souvent confrontée. 

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