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AG/12371
28 septembre 2021

« L’anéantissement de l’humanité ne tient qu’à un malentendu », prévient António Guterres devant la séance de l’Assemblée générale consacrée aux armes nucléaires

« L’anéantissement de l’humanité ne tient qu’à un malentendu, un faux pas, une erreur de calcul, un simple bouton pressé », a prévenu, ce matin, le Secrétaire général des Nations Unies, M. António Guterres, à l’ouverture d’une réunion de haut niveau de l’Assemblée générale marquant la Journée internationale pour l’élimination totale des armes nucléaires, commémorée depuis 2013 chaque 26 septembre.

En marge d’une journée qui a vu une centaine de délégations, dont plusieurs dizaines de ministres, dire leur frustration face à un désarmement nucléaire incertain et incomplet, M. Guterres a affirmé que la multiplication de ces armes ne relevait pas d’un acte d’autodéfense mais « d’un acte suicidaire qui pousse le monde au bord de la catastrophe nucléaire ».  Face à une multiplication des zones de tensions et de risques sans précédent depuis 40 ans, il a appelé à « rejeter la logique toxique de la compétition nucléaire », à dissiper une bonne fois le nuage de la menace nucléaire et inaugurer une nouvelle ère de dialogue, de confiance et de paix pour tous.

« Éliminer le risque nucléaire signifie éliminer les armes nucléaires », a insisté le Secrétaire général en rappelant que cet objectif est au cœur de son programme de désarmement.  « Mais jusqu’à ce que les armes nucléaires soient éliminées, il faut que tous les États empêchent toute utilisation possible », a-t-il ajouté, avant d’appeler les États à tout mettre en œuvre afin que des catastrophes que l’on pensait encore inimaginables hier ne viennent pas frapper nos vies demain.

« Soixante-seize ans après l’explosion des deux bombes nucléaires qui ont fait 300 000 morts à Nagasaki et Hiroshima, près de 15 000 têtes nucléaires restent disséminées dans le monde, dont plusieurs centaines prêtes à l’utilisation » s’est effrayé le Président de l’Assemblée générale, M. Abdulla Shahid, qui a rappelé que la première résolution adoptée par l’Assemblée générale en 1946 appelait à un désarmement nucléaire mondial.

Comme le Secrétaire général, M. Shahid s’est pourtant félicité de lueurs d’espoir.  Il a ainsi salué la prorogation jusqu’en 2026 entre les États-Unis et la Fédération de Russie du Traité « New START » sur des mesures de réduction et limitations des armements stratégiques offensifs, associée à des négociations stratégiques, ainsi que l’entrée en vigueur, le 22 janvier dernier, du Traité sur l’interdiction des armes nucléaires (TIAN).  Les deux dirigeants ont exhorté les États à soutenir les objectifs du TIAN et à reconnaître sa place dans l'architecture mondiale du désarmement.  Ils ont aussi appelé à tirer parti, en janvier 2022, de la tenue, longtemps retardée, de la dixième Conférence des Parties chargée d’examiner le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP).

Après l’interdiction des armes biologiques en 1975 et l’interdiction des armes chimiques en 1993, l’entrée en vigueur le 22 janvier 2021 du TIAN a été saluée unanimement comme une « grande victoire pour les peuples du monde et l’histoire de l’humanité », fruit de la volonté des 122 États à avoir signé ce texte le 7 juillet 2017.

Invitant les États à s’inspirer de la volonté politique de son pays, le Président du Kazakhstan, M. Kassym-Jomart Tokayev, a rappelé que celui-ci avait, il y a 30 ans, fermé son site d’essais nucléaires de Semipalatinsk et renoncé au quatrième stock d’armes nucléaires de la planète.  « Quinze ans plus tard, les États d’Asie centrale ont fait de cette région la première zone exempte d’armes nucléaires (ZEAN) de l’hémisphère Nord », s’est-il félicité, expliquant par son exemple que la réflexion stratégique n’était pas vouée à être figée.

« Réaliser le désarmement nucléaire mondial et éliminer la menace des armes nucléaires est une responsabilité juridique, politique et morale pour tous les États, en général, et les États dotés de l’arme nucléaire, en particulier », a insisté le Vice-Ministre des affaires étrangères et des affaires juridiques et internationales de l’Iran.  Celui-ci a particulièrement regretté que les États dotés de l’arme nucléaire continuent de renforcer leurs arsenaux nucléaires, en violation flagrante de l’esprit et de la lettre du TNP, avant de dénoncer la responsabilité de « l’agressivité politique » des États-Unis dans l’impasse actuelle.

La Chine a pour sa part dénoncé la persistance d’une mentalité de guerre froide de certains pays.  Elle a souhaité que l’engagement pris la semaine dernière par « un pays en particulier » de ne pas chercher à générer une nouvelle guerre froide se traduirait par des actes concrets et la fin de réflexes géopolitiques égoïstes.  Le Ministre des affaires étrangères de l’Inde, détentrice de l’arme nucléaire, a dit l’attachement de son pays à un désarmement vérifiable débouchant sur l’élimination de toutes les armes nucléaires grâce à une approche graduelle sous-tendue par un cadre multilatéral convenu et non discriminatoire.

De nombreux États ou groupes régionaux ont rappelé le rôle joué par les différentes zones exemptes d’armes nucléaires.  Les pays latino-américains et de la Caraïbe ont ainsi mis en avant le rôle précurseur du Traité de Tlatelolco et les États africains ont vanté le Traité de Pelindaba.  Les nations insulaires du Pacifique ont rappelé qu’elles continuaient de payer les conséquences sanitaires de 300 essais nucléaires menées dans le Pacifique et le représentant des Îles Marshall, qui ont connu 67 essais nucléaires entre 1946 et 1958, a pointé l’inertie passée de l’ONU en rappelant que deux résolutions du Conseil de tutelle avaient à l’époque validé ces essais dont la population insulaire ne voulait pas.  Quant au Groupe des États arabes, il a appelé la communauté internationale à favoriser le succès de la deuxième session de la Conférence pour la création d’une zone exempte d’armes nucléaires et de destruction massive au Moyen-Orient, prévue en novembre.

Au nom des 120 pays du Mouvement des pays non alignés, l’Azerbaïdjan a mis l’accent sur les liens entre désarmement nucléaire et efforts de développement.  Le Ministre des affaires étrangères de Cuba s’est dit scandalisé que des « milliers de milliards » de dollars soient consacrés annuellement à l’armement alors que 800 millions de personnes souffrent de faim et que 130 millions vont tomber dans la pauvreté extrême en 2021 en marge de la pandémie de COVID-19.  Le Ministre des relations extérieures du Mexique a noté que le seul entretien des armes nucléaires coûtait 72 milliards de dollars par an.

RÉUNION PLÉNIÈRE DE HAUT NIVEAU POUR CÉLÉBRER ET PROMOUVOIR LA JOURNÉE INTERNATIONALE POUR L’ÉLIMINATION TOTALE DES ARMES NUCLÉAIRES

Déclarations liminaires

M. ABDULLA SHAHID (Maldives), Président de la soixante-seizième session de l’Assemblée générale, a inauguré la réunion en rappelant qu’il y a plus de 76 ans, le monde avait été témoin des conséquences horribles des armes nucléaires.  Les deux bombes atomiques qui ont dévasté les villes d’Hiroshima et de Nagasaki -et tué près de 300 000 personnes- ont dramatiquement augmenté la capacité de destruction de l’humanité.  En même temps, elles ont démontré, peut-être pour la première fois, notre capacité très réelle à éliminer la totalité de la race humaine, a-t-il déploré.

Alors que de nombreux pays continuent de s’époumoner et d’investir dans les armes nucléaires pour leur sécurité, le résultat est en fait tout le contraire, a affirmé M. Shahid.  De fait, 15 000 armes nucléaires environ sont encore disséminées dans le monde, dont plusieurs centaines en état d’alerte et prêtes à être lancées à la moindre alerte, ce qui est profondément alarmant et rend collectivement le monde dangereux.

L’Assemblée générale des Nations Unies a depuis longtemps reconnu ces dangers, à tel point que la toute première résolution adoptée par l’Assemblée générale en 1946 appelait à un désarmement nucléaire mondial.  Cette lutte se poursuit encore aujourd’hui, a poursuivi le Président de l’Assemblée générale.  Il a salué l’entrée en vigueur du Traité sur l’interdiction des armes nucléaires (TIAN), le 22 janvier 2021, comme une étape importante dans nos efforts pour lutter contre le désarmement nucléaire.  Dès lors, a-t-il ajouté, l’adhésion universelle à ce traité est cruciale pour notre quête d’un monde sans armes nucléaires.

M. Shahid a par ailleurs qualifié l’accord conclu entre la Fédération de Russie et les États-Unis d’Amérique en vue de proroger le Traité « New START » pour une période supplémentaire de cinq ans, jusqu’en 2026, d’initiative extrêmement bienvenue.  Mais, a-t-il ajouté, si des progrès ont été accomplis, il existe « au moins 15 000 raisons » pour lesquelles il reste beaucoup à faire.

Alors qu’on vient de célébrer le vingt-cinquième anniversaire de l’adoption du Traité d’interdiction complète des essais d’armes nucléaires (TICE), il est urgent de doter ce traité d’un cadre juridique efficace, a pressé M. Shahid.  C’est pourquoi il a exhorté les États Membres qui n’ont pas encore signé ou ratifié le traité de le faire sans tarder, en particulier ceux dont la ratification est nécessaire pour que le traité puisse entrer en vigueur.

Le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) reste la pierre angulaire du régime de désarmement nucléaire et de non-prolifération, a rappelé le Président de l’Assemblée générale.  C’est pourquoi la prochaine Conférence des Parties chargée d’examiner le Traité sur la non-prolifération des armes nucléairess (TNP), qui aura lieu en 2022, est si importante.

Alors, « profitons de cette occasion pour renouveler nos engagements » en faveur de la non-prolifération des armes, du désarmement nucléaire et de l’utilisation pacifique des armes nucléaires, a exhorté M. Shahid.

Depuis 2013, le 26 septembre est célébrée chaque année comme la Journée internationale pour l’élimination totale des armes nucléaires, a rappelé le Président de l’Assemblée générale.  L’objectif de cette commémoration est de mobiliser l’engagement politique en vue de débarrasser le monde de ses armes nucléaires et c’est ce que « nous faisons aujourd’hui », en démontrant notre engagement envers un monde meilleur, a poursuivi M. Shahid.  Si la COVID-19 a renforcé la réflexion sur le type de monde dans lequel nous voulons vivre, les armes nucléaires ne sont pas compatibles avec notre vision collective de ce nouveau monde, comme le montrent les résultats de la campagne ONU75, a-t-il ajouté.

Nos concitoyens attendent un monde d’espoir, où l’humanité est en harmonie avec la nature, où l’on se mesure à nos efforts pour une cause commune et juste, et où les générations futures pourront être fières que vos actions d’aujourd’hui aient permis de créer une planète en paix avec elle-même, a encore déclaré le Président de l’Assemblée générale.  Sous sa « présidence d’espoir », il a promis d’engager le dialogue avec les États Membres pour voir comment nous pouvons rapidement et de manière exhaustive répondre aux besoins du monde en matière d’armes nucléaires.

M. ANTÓNIO GUTERRES, Secrétaire général de l’ONU, a rappelé que la première résolution adoptée par l’Assemblée générale des Nations Unies en 1946 appelait à la création d’une commission pour l’élimination des armes nucléaires et autres armes de destruction massive.  Il a averti qu’un simple problème de confiance risquait de mener à une destruction mutuelle et à l’éradication de toute vie sur la planète.  Il a regretté que les États se soient engagés dans une compétition périlleuse à l’arme atomique dans les décennies qui ont suivi, en oubliant la terrible réalité qu’un conflit nucléaire ne peut pas connaître de vainqueur mais seulement des victimes.

Pour M. Guterres, la multiplication de ces armes sous prétexte d’autodéfense a poussé le monde au bord de la catastrophe nucléaire et la constitution des arsenaux nucléaires s’est révélée être un geste suicidaire.  Même si leur nombre total a diminué, près de 14 000 armes nucléaires sont stockées dans le monde et, a ajouté le Secrétaire général, nous observons des signes inquiétants d’une nouvelle course aux armements et d’une modernisation des arsenaux, sources de tensions et qui nuisent à la confiance.

Malgré cette réalité de la menace nucléaire, qu’il a jugée d’un niveau jamais atteint depuis 40 ans, le Secrétaire général s’est félicité de signes d’espoir.  Il a ainsi salué la prorogation jusqu’en février 2026 du Traité entre les États-Unis d’Amérique et la Fédération de Russie sur des mesures visant de nouvelles réductions et limitations des armements stratégiques offensifs « New START Treaty », associée à des négociations stratégiques, ainsi que l’entrée en vigueur, le 22 janvier 2021, du Traité sur l’interdiction des armes nucléaires (TIAN).  M. Guterres a appelé tous les États à soutenir les objectifs du TIAN et à reconnaître sa place dans l’architecture mondiale du désarmement.  Il a ensuite précisé que 2022 offrirait aux États Membres de nouvelles opportunités de tirer parti de ces développements avec la Conférence des Parties chargée d’examiner le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP), longtemps retardée.

Après s’être félicité de cette nouvelle fenêtre d’opportunité, le Secrétaire général a insisté sur le fait « qu’éliminer le risque nucléaire signifie éliminer les armes nucléaires ».  C’est pourquoi il a appelé à continuer de travailler vers cet objectif qui est au cœur de son programme de désarmement -l’élimination des armes de destruction massive– tout comme la lutte contre la prolifération des technologies conventionnelles et nouvelles sur le champ de bataille.

« Mais jusqu’à ce que les armes nucléaires soient éliminées, il est dans l’intérêt de tous les États d’empêcher toute utilisation possible », a réaffirmé le Secrétaire général, qui a appelé les États à tout mettre en œuvre afin que les catastrophes que l’on pensait inimaginables hier ne viennent pas frapper nos vies demain.

Notant que l’anéantissement de l’humanité ne tient qu’à un malentendu, un faux pas, une erreur de calcul, un simple bouton pressé, le Secrétaire général a appelé à saisir les opportunités qui se présenteront cette année pour nous rapprocher de notre objectif d’éliminer ces armes.  Il a appelé à rejeter la logique empoisonnée de la compétition nucléaire, à dissiper une bonne fois le nuage de la menace nucléaire pour inaugurer une nouvelle ère de dialogue, de confiance et de paix pour tous.

Déclarations

M. MUHAMMADU BUHARI, Président du Nigéria, qui intervenait dans une déclaration vidéo préenregistrée, a jugé important de réfléchir sur les conséquences des explosions et des armes nucléaires de ces cinq dernières décennies.  Il est urgent d’éliminer les armes nucléaires, a ajouté le Président.  Alors que les différentes crises actuelles, notamment les problèmes socioéconomiques et sanitaires, exigent des ressources adéquates, l’élimination des armes nucléaires pourrait permettre de libérer des ressources nouvelles, a expliqué le Président.

Conscient des conséquences néfastes de l’arme nucléaire, le continent africain a adopté le Traité de Pelindaba visant à créer une zone exempte d’armes nucléaires en Afrique, a rappelé M. Buhari.  Le Chef de l’État a également souligné l’importance de mettre fin à la prolifération des armes nucléaires et a salué l’entrée en vigueur du Traité sur l’interdiction des armes nucléaires (TIAN), encourageant les États Membres qui ne l’ont pas encore fait à y adhérer.  Il a également appelé à ne pas oublier de faire respecter le droit à l’usage bénéfique de l’énergie nucléaire et a demandé en conclusion de continuer à respecter le moratoire de fait sur les essais nucléaires.

Dans une vidéo préenregistrée, M. DAVID KABUA, Président des Îles Marshall, a rappelé que son pays n’a pas été entendu par les Nations Unies lorsque sa population a, en 1954, réclamé la fin des essais nucléaires sur son territoire.  Au contraire, deux résolutions du Conseil de tutelle ont autorisé ces essais qui se sont élevés au nombre de 67, entre 1946 et 1958, dont l’impact se fera ressentir pendant des siècles.  Le représentant a demandé que soient divulguées toutes les informations importantes sur l’impact de ces essais et les déchets transportés ou abandonnés sur les côtes.  Pendant des décennies, nous avons essayé d’attirer l’attention du monde sur l’injustice et les violations de nos droits que nous avons subies, s’est impatienté le représentant.

Dans une vidéo préenregistrée, M. KASSYM-JOMART TOKAYEV, Président du Kazakhstan, a présenté comme l’exemple de la volonté politique en matière d’élimination des armes nucléaires.  Mon pays, s’est enorgueilli le Président, a commémoré cette année le trentième anniversaire de la fermeture du site d’essais nucléaires de Semipalatinsk et de l’abandon du quatrième plus grand stock nucléaire de la planète.  Quinze ans plus tard, les États d’Asie centrale ont déclaré leur région zone exempte d’armes nucléaires, la première de l’hémisphère Nord.  La réflexion sur la stratégie sécuritaire n’a pas vocation à rester figée et les armes nucléaires relèvent d’un « choix politique », a insisté le Président.

Dans une vidéo préenregistrée, M. TE BERETITENTI TANETI MAAMAU, Président de la République de Kiribati, a appelé à des progrès vers la réalisation de l’objectif commun d’un monde exempt d’armes nucléaires.  Ressortissant d’une des trois petites nations du Pacifique dont l’atmosphère, l’océan et la terre ont été gravement endommagés et contaminés par 34 explosions nucléaires, dans les années 50 et 60, le représentant s’est dit préoccupé par les dernières annonces sur l’utilisation d’appareils nucléaires dans sa région.  Cette nouvelle, a-t-il avoué, nous a surpris et a fait renaître en nous l’anxiété de l’époque des essais nucléaires.  Le représentant a appelé les États parties au Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires à adopter un plan d’action robuste prévoyant des mesures pratiques d’aide aux victimes, des dédommagements pour dégâts écologiques et le renforcement de la coopération internationale.  Kiribati, a-t-il dit, se prépare à accueillir un centre régional de formation au TNP, qui sera installé dans un endroit aux liens historiques avec les essais nucléaires menés dans le Pacifique.

Dans une vidéo préenregistrée, M. MOHAMED IRFAAN ALI, Président de Guyana, a dit avoir lu une étude, en janvier 2020, qui disait que les États nucléaires possèdent plus de 10 000 ogives dont un grand nombre peut être lancé en quelques minutes.  Cela veut tout simplement dire, s’est indigné le Président, que des ressources énormes sont investies dans l’armement nucléaire alors que l’on doit encore surmonter la pauvreté et la faim dans le monde.  L’impact multidimensionnel de la pandémie de COVID-19, a-t-il estimé, doit nous obliger à repenser notre approche de l’agenda du désarmement, en particulier le lien entre paix et développement durable.  On ne peut tout simplement pas continuer à consacrer des fortunes à des instruments de guerre quand de nombreux pays dans le monde nécessitent une aide pour mettre en œuvre le Programme de développement durable à l’horizon 2030.

N’oublions pas, a dit le Président, Hiroshima et Nagasaki.  Il a donc espéré que la commémoration de cette année servira à renforcer l’engagement en faveur de l’élimination des armes nucléaires.  Il a salué l’entrée en vigueur du Traité sur l’interdiction de ces armes, heureux que le monde ait désormais comblé le fossé juridique du régime international de désarmement.  Le Ministre a tout de même rappelé que l’impact juridique même du Traité est compromis quand aucun État nucléaire ne l’a signé et encore moins ratifié.  Il s’est aussi inquiété de ce que le Traité sur l’interdiction complète des essais nucléaires ne soit toujours pas entrée en vigueur, 25 ans après son ouverture à la signature. La paix et la sécurité internationales, a tonné le Président, dépendent d’un régime de désarmement fort et en l’occurrence, la coopération de tous les États est essentielle.

Dans une vidéo préenregistrée, M. LAZARUS MCCARTHY CHAKWERA, Président de la République du Malawi, a déclaré parler au nom de nombreux Africains lorsqu’il dit que la prolifération et le stockage continus d’armes nucléaires parmi des nations que nous considérons comme civilisées et que nous appelons nos amis nous attristent et nous effraient.

En tant que tel, ce ne sont pas les nations africaines comme le Malawi qui doivent se tenir ici et s’engager en faveur du désarmement et de la non-prolifération nucléaires, a-t-il fait observer, avant de pointer du doigt les deux grandes menaces pour le rêve d’un monde sans nucléaire.  La première est la poursuite du stockage d’armes nucléaires par les membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU.  La seconde est l’ambition nucléaire des nations qui souhaitent suivre leurs traces, a-t-il conclu.

Pour M. JOSAIA V. BAINIMARAMA, Premier Ministre des Fidji, qui s'exprimait dans une vidéo préenregistrée, le TNP a été une grande réussite, mais 50 ans après son entrée en vigueur, il reste encore beaucoup à faire pour réaliser un monde exempt d’armes nucléaires.  Les Fidji restent préoccupées par la lenteur du désarmement nucléaire.  Elles ont signé et ratifié le Traité d’interdiction des armes nucléaires (TIAN) parce que « c’était la bonne chose à faire, pour nous-mêmes, nos communautés et pour la famille mondiale ».  Elles exhortent tous les États Membres à en faire de même, afin de libérer le monde des armes nucléaires et de le rendre plus sûr aujourd’hui et pour les générations futures. 

L’engagement des nations insulaires du Pacifique en faveur de l’élimination des armes nucléaires n’est pas basé sur une abstraction, mais sur une expérience réelle des conséquences des retombées nucléaires, qui est à l’origine de notre sentiment d’urgence, a poursuivi le Premier Ministre, qui a rappelé que, depuis le premier essai nucléaire sur l’atoll de Bikini en 1946, plus de 300 essais nucléaires avaient été effectués à travers le Pacifique.  Les impacts intergénérationnels de ces essais menés dans l’atmosphère, sous terre et sous la mer continuent de faire des ravages sur la santé, le bien-être, l’environnement et les moyens de subsistance des peuples du Pacifique, a-t-il souligné.

Pour les Fidji, il est vital que le désarmement nucléaire progresse au-delà de son état actuel.  « En effet, nous semblons être bloqués », a-t-il déploré.  Si le monde veut progresser vers l’élimination totale des armes nucléaires, il faudra un effort collectif et concerté, a déclaré M. Bainimarama.  Tous les États Membres doivent respecter les lois et normes internationales.  En outre, des mesures de transparence, de dialogue et de confiance sont essentielles.  Les traités de désarmement nucléaire existants comme le TNP et le TIAN ont besoin de notre soutien collectif, a insisté le Premier Ministre, qui a appelé à un engagement, une vigilance et une attention politiques renouvelés et constants pour qu’ils restent pertinents et pour faire avancer l’objectif d’un monde exempt d’armes nucléaires.

Dans une vidéo préenregistrée, Mme NETUMBO NANDI-NDAITWAH, Vice-Première Ministre et Ministre des affaires étrangères de la Namibie, a rappelé que son pays avait signé et ratifié le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires (TIAN) le 20 mars dernier.  Elle a estimé qu’aucun pays n’avait besoin d’armes nucléaires pour régler les conflits, ajoutant qu’aucun pays ne méritait de vivre sous l’épée de Damoclès d’armes nucléaires pouvant s’abattre sur lui.  Selon elle, il est évident que personne ne sortirait gagnant d’une guerre nucléaire.  C’est pourquoi la Namibie a proposé que soit décrétée une décennie d’action pour l’élimination des armes nucléaires placée sous l’égide des Nations Unies et assortie d’objectifs concrets.  Pour la Ministre, le dialogue et la diplomatie sont les armes les plus puissantes pour régler les différends entre pays.  La dixième Conférence d’examen des parties au TNP, prévue l’an prochain, sera l’occasion de renforcer la responsabilisation quant aux décisions prises auparavant, a-t-elle souhaité.

Dans une vidéo préenregistrée, M. JEYHUN AZIZ OGLU BAYRAMOV, Ministre des affaires étrangères de l’Azerbaïdjan, qui s’exprimait au nom du Mouvement des pays non alignés, a rappelé que le Mouvement était un fervent partisan de la diplomatie multilatérale et a réaffirmé sa détermination à promouvoir le multilatéralisme comme principe fondamental des négociations dans le domaine du désarmement et de la non-prolifération.

Le Mouvement des pays non alignés prend note de l’entrée en vigueur du Traité sur l’interdiction des armes nucléaires (TIAN) le 22 janvier 2021 et espère que le TIAN contribuera à la réalisation de l’objectif de l’élimination totale des armes nucléaires.  Les États membres du Mouvement réaffirment en outre l’importance de la Conférence du désarmement en tant qu’unique organe multilatéral de négociation sur le désarmement et appellent à l’ouverture urgente de négociations sur de nouvelles mesures efficaces de désarmement nucléaire pour parvenir à l’élimination totale de ces armes, y compris, en particulier, à une convention générale sur les armes nucléaires.

Dans une vidéo préenregistrée, M. MARCELO EBRARD CASAUBÓN, Secrétaire d’État aux relations extérieures du Mexique, s’est félicité que, pour la première fois, l’Assemblée générale se réunisse pour parler de l’élimination totale des armes nucléaires alors que ces armes sont désormais proscrites par le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires entré en vigueur le 22 janvier dernier.  En 2021, a-t-il déploré, il y a encore plus de 13 000 armes nucléaires dans le monde, dont environ 2 000 sont prêtes à l’emploi.  Il a aussi décrié les 72,6 milliards de dollars dépensés en 2020 pour entretenir ces armes, alors que l’urgence était de répondre aux besoins de santé.  Après avoir souhaité que la dixième Conférence d’examen du TNP, reportée à janvier 2022, jette les bases de nouveaux progrès en matière de désarmement nucléaire, notamment sous l’angle des conséquences humanitaires d’une explosion, il s’est dit reconnaissant aux États-Unis et à la Fédération de Russie d’avoir prolongé la validité du Traité « New START ».

Dans une vidéo préenregistrée, M. RUSLAN KAZAKBAEV, Ministre des affaires étrangères du Kirghizistan, a, dans une déclaration vidéo préenregistrée, affirmé que la région d’Asie centrale contribuait grandement à l’élimination des armes nucléaires au niveau international.  Cette zone est une pionnière parce qu’elle est la première zone exempte d’armes nucléaires dans l’hémisphère Nord, a-t-il expliqué.  Rappelant que les États de la région avaient signé en 2014 un accord de garanties négatives de sécurité, le Ministre a demandé aux États-Unis de le ratifier également.  M. Kazakbaev a informé que son gouvernement présenterait bientôt une résolution visant à créer une journée internationale de sensibilisation au désarmement et la non-prolifération.  Il a déploré la destruction du mécanisme de contrôle des armes nucléaires, parlant de tendance dangereuse, et a donc appelé à réinventer un nouveau système de contrôle des armes nucléaires.  Cela doit être la priorité absolue de la communauté internationale.

M. BRUNO RODRÍGUEZ PARRILLA, Ministre des affaires étrangères de Cuba, a accusé les États-Unis et leurs alliés d’adopter des doctrines nucléaires plus agressives et de moderniser ou élargir leurs arsenaux sous prétexte d’éviter qu’un adversaire ait un avantage sur eux.  Quelque 13 850 armes nucléaires existent encore dans le monde, a noté le Ministre, soulignant que les États-Unis, seul pays à avoir lancé « criminellement » deux bombes atomiques, en possèdent le plus grand nombre.  Appelant à l’interdiction et à l’élimination totale des armes nucléaires, le Ministre a réaffirmé le droit au développement et à l’utilisation pacifique de l’énergie nucléaire.  Il a enfin souhaité l’universalisation du Traité sur l’interdiction des armes nucléaires que son pays a dûment ratifié.

Dans une vidéo préenregistrée, M. FAISAL BIN FARHAN AL-SAUD, Ministre des affaires étrangères d’Arabie saoudite, a insisté sur l’usage pacifique de la technologie nucléaire.  Il a invité la communauté internationale à prendre ses responsabilités devant la violation des traités internationaux en matière de technologie nucléaire par l’Iran.  Malgré l’unanimité internationale et le désir des pays de la région d’établir une zone exempte d’armes nucléaires dans la région du Moyen-Orient, Israël refuse toujours d’adhérer au TNP et de soumettre ses installations aux inspections, a par ailleurs déploré le Ministre, qui a plaidé pour un monde exempt d’armes nucléaires, afin de préserver les générations présentes et futures.

Dans une vidéo préenregistrée, Mme ANN CHRISTIN LINDE, Ministre des affaires étrangères de la Suède, a souligné que les cicatrices humanitaires et environnementales des armes nucléaires sont toujours visibles aujourd’hui et pourtant la menace nucléaire, elle, est toujours présente.  La Ministre a décrit un moment où la sécurité collective est profondément préoccupante, la polarisation et le manque de méfiance entre États perdurent et où le développement rapide des technologies conjugué à la modernisation des arsenaux, voire l’augmentation de leur nombre dans certains États, créée un cocktail explosif.

Un monde exempt d’armes nucléaires passe tout simplement par l’élimination de ces armes, a martelé la Ministre qui a rappelé qu’avec 15 autres États, son pays a lancé en 2019 l’Initiative de Stockholm pour le désarmement nucléaire en prévision de la dixième Conférence d’examen du TNP.  Par cette initiative, a-t-elle expliqué, nous voulons mobiliser un appui politique à un ordre du jour du désarmement nucléaire pragmatique et axé sur les résultats, autour duquel les États parties peuvent s’unir.  À ce stade, les membres de l’Initiative se sont réunis au niveau ministériel quatre fois et ont adopté, il y a un an à Berlin, une déclaration contenant 22 propositions concrètes, dénommées « Les tremplins ».  L’Initiative a aussi présenté un document de travail sur la réduction des risques qui avance plusieurs idées sur la marche à suivre.  La Ministre a invité tous le États parties au TNP à étudier le travail accompli par l’Initiative et à y adhérer comme l’ont fait plusieurs autres États.

ABDUL MOMEN, Ministre des affaires étrangères du Bangladesh, a estimé que la communauté internationale devait être unie face à la détention d’armes nucléaires par une poignée d’États.  Pour lui, le concert des nations doit rejeter l’emploi des armes nucléaires et appuyer l’utilisation de l’énergie nucléaire à des fins pacifiques.  M. Momen a aussi mis en garde contre le risque de récupération de ces armes par des groupes terroristes.  Il a enfin demandé que les États dotés de l’arme nucléaire donnent aux autres des garanties contre l’emploi des armes nucléaires à leur encontre.  Enfin, il a souligné que l’élimination des armes nucléaires supposait une action concertée et une volonté politique forte de la communauté internationale.

Dans une déclaration vidéo préenregistrée, Mme NALEDI PANDOR, Ministre des relations internationales et de la coopération de l’Afrique du Sud, a déclaré que cette commémoration s’inscrit dans l’espoir né de l’entrée en vigueur du Traité sur l’interdiction des armes nucléaires, en janvier dernier.  Ce traité vient compléter le TNP qui reste la pierre angulaire du désarmement et de la non-prolifération nucléaires.  Cette année, a fait observer la Ministre, marque le trentième anniversaire de l’accession de l’Afrique du Sud au TNP, comme État non nucléaire.  Il a souhaité un plein succès à la dixième Conférence d’examen du TNP et de la première Réunion des États parties au Traité sur l’interdiction des armes nucléaires (TIAN).

La Ministre a une nouvelle fois appelé les États dotés d’armes nucléaires qui ont signé ou ratifié le Protocole du TNP à retirer leurs réserves et interprétations unilatérales.  Elle s’est dite profondément préoccupée par le non-respect des engagements pris en vertu de l’article VI du TNP.  L’accent mis de manière sélective sur les mesures de non-prolifération et l’absence de progrès dans le désarmement nucléaire compromettent l’intégrité même du Traité, a prévenu Mme Pandor qui n’a pas manqué d’insister sur le droit inaliénable des États à l’utilisation pacifique de l’énergie et des technologies nucléaires.

Dans une déclaration vidéo préenregistrée, M. LISANDRO ROSALES BANEGAS, Ministre des affaires étrangères et de la coopération internationale du Honduras, a réaffirmé, dans un discours préenregistré, l’attachement de son pays aux buts et principes de la Charte des Nations Unies, en particulier le maintien de la paix et de la sécurité internationales.  Il a plaidé pour l’abolition des essais nucléaires et l’élimination d’armes de destruction massive par le biais d’accords multilatéraux et en respectant les principes de vérification, de réversibilité et de transparence.  Notre pays est signataire du Traité visant l’interdiction des armes nucléaires en Amérique latine et dans les Caraïbes, le Traité de Tlatelolco, a-t-il rappelé, tout en saluant le fait que la région fut la toute première zone exempte d’armes nucléaires au monde.  Pour le Ministre, ces zones contribuent au rejet des armes de destruction massive et deviennent une solide base pour promouvoir l’interdiction universelle des armes nucléaires.  M. Rosales Banegas a enfin réitéré l’appel de son pays à tous les pays du monde pour qu’ils s’engagent à n’utiliser l’énergie nucléaire qu’à des fins pacifiques et dans un cadre de coopération scientifique, afin d’éviter des tragédies comme celles de la Seconde Guerre mondiale.

Dans une déclaration vidéo préenregistrée, M. MAURICIO MONTALVO SAMANIEGO, Ministre des affaires étrangères de l’Équateur, a exhorté les États qui ne l’ont pas encore fait à signer et à ratifier le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires.  Dans cette perspective, l’Équateur s’engage à apporter son plein soutien et sa contribution au développement de la Réunion des États parties à ce traité, qui se tiendra du 22 au 24 mars 2022, tout en reconnaissant le rôle précieux qu’a joué la société civile dans l’origine du traité et la promotion de sa mise en œuvre.  Ce traité, selon le Ministre, n’affaiblit pas et, au contraire, renforce la mise en œuvre effective du TNP.  M. Montalvo Samaniego a aussi plaidé en faveur de l’entrée en vigueur rapide du TICE, avant de rappeler que l’Amérique latine est la première région du monde à avoir été déclarée Zone exempte d’armes nucléaires.

Mme RETNO L.P. MARSUDI, Ministre des affaires étrangères de l’Indonésie, a souligné que le désarmement nucléaire subissait régulièrement des revers.  La menace d’une guerre nucléaire est omniprésente, a-t-elle relevé.  La Ministre a ensuite invité à préserver le caractère sacré du TNP, en particulier le pilier du désarmement sur lequel les progrès sont bien lents.  Nous devons saisir l’occasion que nous offre la dixième Conférence d’examen du TNP afin de restaurer la confiance des pays dotés de l’arme nucléaire, a-t-elle appuyé.  Mme Marsudi a ensuite appelé à renforcer l’architecture du désarmement nucléaire, estimant que le Traité sur l’interdiction des armes nucléaire (TIAN) entré en vigueur, cette année, constituait un cadre juridique permettant de délégitimer les armes nucléaires.  Le TIAN vient compléter le TNP et non l’affaiblir, a-t-elle ajouté.  La Ministre a dit attendre avec intérêt l’entrée en vigueur du TICE ainsi que l’adhésion des États dotés de l’arme nucléaire aux différentes zones exemptes d’armes nucléaires

M. MATSEPO RAMAKOAE, Ministre des affaires étrangères et des relations internationales du Lesotho, a salué l’entrée en vigueur du Traité sur l’interdiction des armes nucléaires, au mois de janvier dernier, comme une autre étape importante du désarmement, rappelant que son pays fait partie des 50 premiers signataires.  Toutefois, a-t-il poursuivi, l’accumulation « massive » de ces armes et leur modernisation jettent une ombre sur les perspectives d’un monde non nucléaire.  Les armes nucléaires, a souligné le Ministre, créent un faux sentiment de sécurité puisqu’elles existent du risque qu’un État ou un autre les utilise.  Travaillons à l’interdiction des armes nucléaires et au bout du compte à leur élimination totale, mais n’oublions pas de souligner que le plein respect du TNP est un élément essentiel et que l’adhésion de tous les États ne peut plus être reportée.  Le Ministre a dit attendre avec importance la première réunion des États parties au Traité sur l’interdiction des armes nucléaires, à New York en 2022.  Il a prévenu que les citoyens du monde veulent voir comment nous allons de l’avant et consolidons les efforts pour relever les défis actuels.

M. THOMAS BYRNE, Ministre d’État aux affaires européennes de l’Irlande, s’est dit à son tour préoccupé par la perspective d’une nouvelle course aux armements, compte tenu de la modernisation actuelle des programmes nucléaires.  Le désarmement nucléaire, a-t-il dit, est au cœur de la diplomatie de l’Irlande depuis son accession aux Nations Unies.  Le Ministre a d’ailleurs estimé que la prochaine Conférence d’examen du TNP, au mois de janvier prochain, sera un moment crucial pour s’unir et renouveler les engagements.  Il a appelé à des progrès sur le plier « désarmement » du Traité, lesquels ont été trop lents, cette dernière décennie.  Il a exhorté tous les États à réaffirmer leurs engagements en faveur des résultats consensuels obtenus jusqu’ici dont celui des États dotés de procéder à l’élimination totale de leurs arsenaux.  À cet égard, le Ministre a attiré l’attention sur le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires qu’il a qualifié de « compatible avec le TNP » et de « chemin » pour honorer les obligations en matière de désarmement.

Le Ministre a conclu en tirant les enseignements de la pandémie de COVID-19: l’interconnexion du monde et la nécessité de travailler ensemble pour résoudre les problèmes mondiaux, et la manière dont les menaces peuvent conduire à des conséquences dévastatrices.  Cela est vrai aussi pour la menace nucléaire, a fait observer le Ministre, en ajoutant que les armes nucléaires n’offrent aucune sécurité.  La seule façon de prémunir l’humanité de leurs conséquences dévastatrices, c’est de les détruire, a tonné le Ministre.

Dans une déclaration vidéo préenregistrée, M. FÉLIX PLASENCIA GONZÁLES, Ministre du pouvoir populaire pour les relations extérieures du Venezuela, a exhorté à la mise en œuvre des engagements volontaires et obligations juridiques dans le domaine du désarmement nucléaire, ce qui exige une volonté politique unanime de la part des États détenteurs de l’arme nucléaire.  Il a appelé ces derniers à adopter des mesures orientées vers un désarmement général et complet.  Comme État qui n’en possède pas, le Venezuela a toujours condamné la production, le stockage, l’utilisation et la menace des armes de destruction massive, dont les armes nucléaires, a-t-il rappelé.  Cette position ferme, soutenue depuis des décennies, avant même l’adoption du traité de Tlatelolco, a été favorisée et renforcée par le consensus régional existant depuis que la Communauté des États d’Amérique latine et des Caraïbes (CELAC) a été déclarée zone de paix en 2014.

Dans une déclaration vidéo préenregistrée, M. SAMEH CHOUKRI, Ministre des affaires étrangères de l’Égypte, a appelé la communauté internationale à soutenir les travaux de la deuxième session de la Conférence des Nations Unies sur la création d’une zone exempte d’armes nucléaires et d’autres armes de destruction massive au Moyen-Orient, prévue en novembre 2021.  Cette Conférence représente, selon lui, une réelle opportunité pour tous les pays de la région d’engager un dialogue et d’exprimer leurs préoccupations, afin de parvenir à un traité contraignant pour établir une zone exempte dans un cadre consensuel et avec la libre volonté des pays de la région.

Dans une déclaration vidéo préenregistrée, M. EVARIST BARTOLO, Ministre des affaires étrangères et des affaires européennes de Malte, s’est dit fermement convaincu que les armes nucléaires sont un danger pour l’humanité et représentent un risque « inacceptable », compte tenu des tensions stratégiques croissantes et des éventuels mauvais calculs.  Seuls le dialogue et la diplomatie peuvent résoudre les nombreux problèmes du monde.  Saluant le rôle important joué par la société civile dans les questions de désarmement, le Ministre a souligné que son pays a été l’un des premiers à signer et ratifier le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires.  Maintenant qu’il est entré en vigueur, nous exhortons, a dit le Ministre, tous les États à y adhérer pour envoyer un signal politique fort contre la production, le stockage et l’utilisation de ces armes.  Il a dit espérer que l’universalisation du Traité imprimera l’élan nécessaire pour s’embarquer vers des discussions sérieuses et attendues depuis trop longtemps.

Dans une déclaration vidéo préenregistrée, Mme KRISHNAKOEMARI MATHOERA, Ministre de la défense du Suriname, a prévenu que la menace « terrifiante » des armes nucléaires s’ajoute à la peur des incertitudes et de l’insécurité face à la criminalité transnationale organisée, aux catastrophes naturelles et désormais à la pandémie de COVID-19.  La Ministre a rappelé que son pays fait partie de la région d’Amérique latine et des Caraïbes, laquelle a été déclarée zone exempte d’armes nucléaires.  Nous n’en possédons pas, n’en fabriquons pas, n’en vendons pas et nous n’avons aucune intention d’en acheter.  Nous devons comprendre, a poursuivi la Ministre, que les conflits ne peuvent être résolus que par le dialogue et que « le jeu de la course aux armements » n’a été que depuis trop longtemps le modus operandi des relations internationales, jetant le monde au bord du conflit et de la guerre.  Société aux multiples cultures et traditions, le Suriname, a conclu la Ministre, tient au dialogue comme seul moyen de résoudre les problèmes.  Nous croyons au règlement pacifique et constructif des conflits et nous ne saurions tolérer les armes nucléaires.  Il est temps de travailler à leur élimination, a asséné la Ministre.

Dans une déclaration vidéo préenregistrée, M. ÓSCAR JOSÉ RICARDO MAÚRTUA DE ROMAÑA (Pérou) a martelé que l’emploi ou la menace d’emploi d’armes nucléaires constitue un crime contre l’humanité et une violation grave des principes de la Charte des Nations Unies.  Le multilatéralisme et le droit international sont les meilleurs outils pour lutter contre la possession, l’utilisation et la prolifération des armes nucléaires, a-t-il souligné.  Demandant la pleine application du TNP, il a exhorté les États dotés d’armes nucléaires à respecter leurs obligations au titre de l’article VI.  Il a estimé que l’entrée en vigueur du TIAN marque un point de départ juridique et moral d’un long chemin vers le désarmement nucléaire.  Le Gouvernement péruvien s’efforce de ratifier rapidement le traité, a promis le représentant.  Il a aussi appelé les États parties au TICE à accélérer sa ratification.  Le délégué a reconnu que le désarmement et la non-prolifération nucléaire se trouvent dans une mauvaise passe, s’inquiétant de la domination des États à qui appartiennent les 14 000 armes nucléaires dans le monde.  D’où l’importance de réaliser l’aspiration universelle à un monde exempt d’armes nucléaires et à la paix et la sécurité internationales, qui ont motivé la création de l’ONU, a-t-il souligné. 

Dans une déclaration vidéo préenregistrée, M. AMERY BROWNE, Ministre des affaires étrangères et des affaires de la Communauté des Caraïbes (CARICOM) de Trinité-et-Tobago, a rappelé que la menace d’utiliser des armes nucléaires constitue une violation flagrante de la Charte des Nations Unies et du droit international.  Compte tenu de leur capacité de destruction, nous pensons, a-t-il dit, que pour maintenir la paix et la sécurité internationales, il faut s’engager à éliminer ces armes.  Partie d’une région qui a créé la première zone exempte d’armes nucléaires avec le Traité de Tlateloco, Trinité-et-Tobago, a poursuivi le Ministre, ne peut que saluer l’entrée en vigueur du Traité sur l’interdiction des armes nucléaires qui est en tout point conforme aux objectifs du Programme de développement durable à l’horizon 2030.  Le Ministre a dûment salué la confirmation par deux puissances nucléaires du principe selon lequel « une guerre nucléaire ne peut être gagnée et ne doit jamais être menée ».  C’est la raison pour laquelle, a conclu le Ministre, nous exhortons tous les pays à ratifier le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires, « option d’une action immédiate sur le désarmement nucléaire ».

Dans un discours préenregistré, le Ministre des affaires étrangères et de la communauté nationale à l’étranger de l’Algérie, M. RAMTANE LAMAMRA, a appelé les États dotés à démontrer une réelle volonté de traduire en faits leurs engagements sans équivoque liés au désarmement nucléaire.  Il a misé sur la prochaine Conférence d’examen du TNP pour que les États parties entreprennent une évaluation complète de l’état actuel du Traité.  Le Ministre a salué la récente entrée en vigueur du TIAN dont l’Algérie fut l’un des premiers signataires.  Il a expliqué que l’engagement de l’Algérie dans les efforts de désarmement nucléaire découle de son expérience marquée par les ravages des essais nucléaires menés sur son territoire national par la France.  M. Lamamra a ensuite appelé les huit pays de l’annexe 2 à signer et ratifier le TICE dans les plus brefs délais.  En sa qualité de coprésident de la conférence sur l’article 14 du TICE entre 2019 et 2021, l’Algérie n’a ménagé aucun effort pour travailler en faveur de l’entrée en vigueur de ce traité, a-t-il souligné.  Il a rappelé la création d’une zone exempte d’armes nucléaires en Afrique, exprimant l’espoir de voir cet exemple suivi dans d’autres parties du monde, notamment au Moyen-Orient.

Dans une déclaration vidéo préenregistrée, M. PHIL TWYFORD, Ministre du désarmement et de la maîtrise des armements de la Nouvelle-Zélande, a jugé important de garder à l’esprit les conséquences horribles de Hiroshima et Nagasaki et les ravages des essais nucléaires dans le Pacifique sur les communautés et les écosystèmes.  En dépit des grandes étapes franchies par la communauté internationale, ces dernières décennies, pour un monde exempt d’armes nucléaires, les progrès ont été lents ces derniers temps, a constaté le Ministre qui a trouvé cela « inacceptable ».  Un résultat fort à l’issue de la Conférence d’examen du TNP, l’année prochaine, donnerait un signal fort, a-t-il espéré, tandis qu’un échec nous amènerait dans un territoire inconnu.  Il a aussi souhaité que les État dotés de l’arme nucléaire participent de manière constrictive et efficace à des initiatives pour l’élimination totale de leurs arsenaux.  « Le monde vous regarde. »  Avec la montée des rivalités entre les grandes puissances, il est temps de redoubler les efforts multilatéraux de désarmement, rétablir la confiance et diminuer les risques de guerre, a-t-il conclu.

Dans une déclaration vidéo préenregistrée, M. SANTIAGO ANDRÉS CAFIERO, Ministre des relations extérieures et du commerce international de l’Argentine, a indiqué que son pays maintenait un programme nucléaire exclusivement pacifique depuis plus de 70 ans, et ce, dans le plus strict respect des normes inscrites dans le Traité de non-prolifération nucléaire (TNP).  Qualifiant le TNP de « pierre angulaire du désarmement et de la non-prolifération mondiale », le représentant a souhaité que la prochaine Conférence de révision du Traité soit l’occasion de réaffirmer l’engagement des États parties.  Soulignant d’autre part le statut pionnier de l’Amérique latine en matière de désarmement et de non-prolifération, confirmé dès 1967 par la signature du Traité de Tlatelolco, il a rappelé que son pays et le Brésil avaient créé voilà 30 ans l’Agence argentino-brésilienne de comptabilité et de contrôle des matières nucléaires (ABACC), qui devrait être une source d’inspiration pour les autres régions du monde.

Dans une déclaration vidéo préenregistrée, M. PEDRO BROLO VILLA, Ministre des affaires étrangères du Guatemala, a réitéré sa position en faveur d’un désarmement nucléaire complet, irréversible et transparent dans des délais clairement établis, et a condamné tout essai nucléaire ou toute menace d’utilisation de la force avec ce type d’armes, qui mettent en danger la continuité de la vie sur Terre.

C’est dans cet esprit que le Guatemala se trouve dans la phase interne finale de ratification du Traité sur l’interdiction des armes nucléaires, a expliqué le représentant, pour qui cette journée représente l’aspiration de la grande majorité des États à atteindre l’objectif commun d’un monde exempt d’armes nucléaires.

Dans une déclaration vidéo préenregistrée, Mme KAMINA JOHNSON SMITH, Ministre des affaires étrangères et du commerce de la Jamaïque, a salué, à son tour, l’entrée en vigueur du Traité sur l’interdiction des armes nucléaires et souligné qu’il s’agit du premier traité international qui met au ban ces armes de destruction massive.  Le travail, qui a été fait, nous a appris de nombreuses leçons mais la plus importante est peut-être celle sur la volonté collective des États qui permet d’avancer pendant les moments difficiles, un principe qui peut être utilisé dans le contexte de la pandémie de COVID-19, a estimé la Ministre.  Elle a dit attendre avec impatience la première réunion des États parties, prévue en mars 2022.  Si nous pouvons être fiers du chemin parcouru jusqu’ici, n’oublions, a-t-elle prévenu, que la prochaine étape c’est l’impératif de la mise en œuvre.  Elle a donc appelé l’Assemblée générale à rester vigilante et à suivre de près le respect des obligations et des cibles.

Sur le plan national, la Ministre a attiré l’attention sur la loi sur la sécurité nucléaire et la protection contre les radiations que son pays a adoptée, créant en même temps le mécanisme d’application qu’est l’Autorité de régulation des substances dangereuses.  Nous avons mis en place ces règles, conscients, a-t-elle expliqué, des conséquences sur un petit État insulaire en développement, d’une explosion nucléaire par accident, par mauvais calcul ou par acte délibéré.  Les armes nucléaires sont une menace à la paix et à la sécurité internationales mais elles privent aussi de ressources les objectifs de développement durable, a souligné la Ministre qui a voulu que l’on remette en question l’idée selon laquelle la possession d’armes nucléaires est une stratégie de sécurité « viable ».  Il faut arrêter de les fabriquer et de les moderniser, détruire les stocks et universaliser les textes sur la non-prolifération et sur l’interdiction des armes et des essais nucléaires.

Dans une déclaration vidéo préenregistrée, M. DATO’ SAIFUDDIN ABDULLAH, Ministre des affaires étrangères de Malaisie, a rappelé que, lors de la Conférence d’examen du TNP de 1996, son pays avait prévenu que la prorogation indéfinie ne servirait pas d’incitation à l’universalité du traité, mais donnerait carte blanche aux États dotés d’armes nucléaires pour conserver indéfiniment ces armes.  Outre ces préoccupations qui restent vraies, il a fait remarquer que l’architecture du désarmement nucléaire, du contrôle des armements et de la non-prolifération est mise à rude épreuve et se désagrège.  Il a souhaité voir les États parties réaffirmer leurs engagements à l’égard du TNP lors de la dixième Conférence d’examen et faire progresser sa mise en œuvre.  Quant au Traité sur l’interdiction des armes nucléaires, il a estimé qu’il complète, sans les affaiblir, d’autres instruments juridiques internationaux relatifs au désarmement et à la non-prolifération nucléaires.

Pour M. HARSH VARDHAN SHRINGLA, Ministre des affaires étrangères de la République de l’Inde, le désarmement nucléaire peut être atteint grâce à une approche graduelle.  La résolution annuelle présentée depuis 1982 par l’Inde à l’Assemblée générale sur la « Convention sur l’interdiction de l’utilisation des armes nucléaires », jouit d’un large soutien des États Membres, a affirmé le Ministre.  L’Inde appelle la Conférence du désarmement à entamer des négociations pour trouver un accord sur une Convention internationale interdisant l’utilisation ou la menace d’utilisation d’armes nucléaires en toutes circonstances.

Sans réduire la priorité qu’elle accorde au désarmement, l’Inde appuie l’amorce de négociations au sein de la Conférence du désarmement sur un traité d’interdiction de la production de matières fissiles.  En tant qu’État responsable doté de l’arme nucléaire, l’Inde a une doctrine nucléaire de dissuasion minimale incluant une politique de non-utilisation en premier de ces armes et de non-utilisation à l’encontre des États non dotés de l’arme nucléaire, a conclu M. Shringla.

Dans une déclaration vidéo préenregistrée, M. ALAN GANOO, Ministre des affaires étrangères de Maurice, a appelé à intensifier les efforts au niveau mondial pour éliminer les armes nucléaires et à réorienter les ressources vers la réalisation des objectifs de développement durable (ODD).  Réaffirmant solennellement sa position de principe contre les armes nucléaires, le Ministre a rappelé que l’un des premiers actes internationaux de l’île après son indépendance avait été la signature du TNP en juillet 1968, ratifié un an plus tard.  Maurice a été l’un des premiers pays à ratifier en 1996 le Traité sur une zone exempte d’armes nucléaires en Afrique, également connu sous le nom de Traité de Pelindaba.  Le Ministre a ajouté que le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires, entré en vigueur au début de cette année, figure avec le TNP parmi « les réalisations exceptionnelles des Nations Unies ».

Dans une déclaration vidéo préenregistrée, M. THOMAS KAGISO MMUSI, Ministre de la défense, de la justice et de la sécurité du Botswana, a rappelé que son gouvernement a ratifié le TIAN pour démontrer son engagement total en faveur du désarmement et veiller à ce que la technologie nucléaire soit utilisée à des fins de développement et pacifiques.  Il a estimé que le TIAN renforce les dispositions du TNP et le régime de désarmement nucléaire et de non-prolifération: il réaffirme les interdictions déjà en vigueur dans le TNP et établit un moyen pour les États dotés d’armes nucléaires de s’acquitter de leur obligation de poursuivre le désarmement nucléaire en vertu de l’article VI du TNP.  Le TIAN comble une lacune en établissant une interdiction légale pour la seule catégorie d’armes de destruction massive qui n’est pas encore interdite, a rappelé M. Mmusi pour qui les processus de vérification demeurent essentiels.  Alors que de nouvelles menaces surgissent et compliquent la question du désarmement, il a jugé plus importantes que jamais la lutte contre le désarmement nucléaire, l’utilisation d’armes dans l’espace et les menaces à la cybersécurité.  Il a conclu en exhortant toutes les autres régions du monde à travailler ensemble à la création de zones exemptes d’armes nucléaires.

Dans une déclaration vidéo préenregistrée, M. SIMEON OYONO ESONO ANGUE, Ministre des affaires étrangères et de la coopération de la République de Guinée équatoriale, a déploré que la doctrine de la dissuasion nucléaire persiste comme élément des politiques de sécurité de tous les États dotés de l’arme nucléaire, malgré l’engagement de nombre de ces pays.  La Guinée équatoriale estime que seul un désarmement nucléaire total offre une garantie pour atteindre un espace, une sécurité et une stabilité durable dans le monde.  C’est pourquoi elle a signé le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires, dont le processus de ratification est en cours.  De même, le pays réaffirme son attachement au Traité de non-prolifération des armes nucléaires en tant que pilier fondamental pour parvenir au désarmement total.

Le Ministre s’est félicité de la relance en cours du multilatéralisme, notamment du fait de la Fédération de Russie et des États-Unis, ainsi que de la prorogation du Traité « New START » et de l’annonce formelle par les États-Unis de leur retour dans les accords sur le programme nucléaire iranien.  Il a regretté des « facteurs négatifs » comme l’abandon du Traité « Ciel ouvert » par plusieurs pays importants ou la fin du Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire en 2019.  Rappelant par ailleurs le report pour cause de pandémie de la dixième Conférence des parties de 2020 chargée de l’examen du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires prévue au printemps 2020, il a rappelé que la communauté internationale était particulièrement impatiente de concrétiser cet événement.

Dans une déclaration vidéo préenregistrée, M. FRANCISCO BUSTILLO, Ministre des affaires étrangères de l’Uruguay, a indiqué qu’en tant qu’État ne possédant pas d’armes nucléaires, son pays est fermement déterminé à renforcer le régime de désarmement et de non-prolifération.  C’est pourquoi l’Uruguay est partie au TNP depuis 1970 et au Traité sur l’interdiction des armes nucléaires depuis 2018.  Dans le même esprit, il a signé et ratifié le Traité de Tlatelolco, qui crée une zone exempte d’armes nucléaires en Amérique latine et dans les Caraïbes, ainsi que le TICE, qui n’est toujours pas entré en vigueur faute d’avoir obtenu un nombre suffisant de ratifications.  Le représentant a donc appelé les États dont la ratification est nécessaire à s’en acquitter sans tarder.  Il a par ailleurs estimé que l’utilisation de l’énergie à des fins pacifiques peut être canalisée pour faire face aux défis actuels tels que les changements climatiques et le développement durable, assurant à cet égard de son plein soutien au rôle et au travail de l’AIEA.

Dans une déclaration vidéo préenregistrée, M. SEDAT ÖNAL, Vice-Ministre des affaires étrangères de la Turquie, a souligné que le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires avait fourni le cadre juridique nécessaire à la réalisation du désarmement et de la non-prolifération nucléaires.  Cependant, nous n’avons pas encore réalisé de progrès notables en ce qui concerne l’article VI du TNP, qui vise un désarmement total et complet, a-t-il ajouté, appelant à une action concertée et coordonnée des États parties en ce sens.  Le Vice-Ministre a également dit espérer des résultats tangibles de la Conférence des Parties chargée d’examiner le TNP.  Le Traité d’interdiction complète des essais nucléaires est un autre instrument juridique important, a-t-il ensuite ajouté, appelant à son entrée en vigueur dès que possible et invitant les États qui ne l’ont pas encore fait à le ratifier.

Dans une déclaration vidéo préenregistrée, Mme ANA LUISA CASTRO, Vice-Ministre chargée des affaires multilatérales et de la coopération du Panama, a rappelé que, le 6 août 1945, la première bombe atomique de l’histoire avait tué 80 000 personnes et provoqué de graves dommages pour l’environnement.  Depuis, a-t-elle relevé, nos connaissances sur les conséquences de l’utilisation de telles armes ont progressé de manière significative, ce qui devrait susciter l’engagement de tous en faveur du désarmement et de la non-prolifération des armes nucléaires.  Rappelant également que l’Amérique latine et les Caraïbes ont été la première région habitée exempte d’armes nucléaires, grâce au traité de Tlatelolco en 1967, elle a appelé à la coopération et à l’engagement de tous les États pour qu’à l’avenir, nous puissions dire que nous vivons dans un monde sans armes nucléaires.

Dans une déclaration vidéo préenregistrée, M. BORITH OUCH, Ministre délégué auprès du Premier Ministre et Secrétaire d’État au Ministère des affaires étrangères et de la coopération internationale du Cambodge, a rappelé que le TNP, qui incarne la promesse de la non-prolifération et du désarmement, est essentiel au maintien de la paix et de la sécurité internationales.  Disant soutenir le Programme de désarmement lancé par le Secrétaire général en 2018, M. Ouch a jugé impératif que les États fassent preuve de volonté politique et de souplesse en travaillant vers le but commun de « paix, sécurité et développement pour tous ».  Fier d’avoir ratifié le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires, le Cambodge plaide pour son universalisation, a dit le Ministre qui a aussi appelé de ses vœux l’entrée en vigueur du TICE.  Il a, enfin, mis en avant ce qui est fait dans sa région -l’Asie du Sud-Est- qui est une zone exempte d’armes nucléaires.

Dans une déclaration vidéo préenregistrée, M. JOHN MULIMBA, Ministre d’État des affaires étrangères de l’Ouganda, s’est dit gravement préoccupé par la lenteur des progrès accomplis par les États dotés d’armes nucléaires dans l’élimination de leurs arsenaux.  Il a appelé à la mise en œuvre des mesures et les engagements convenus dans le cadre du Traité par ces États.  M. Mulimba a réitéré l’engagement sans faille de son gouvernement dans le cadre du Traité de Pelindaba, qui réaffirme le statut de l’Afrique comme une zone exempte d’armes nucléaires et protège le continent, y compris par le fait de prévenir le dépôt d’armes nucléaires et d’interdire les essais de ces armes en Afrique.  Le Ministre a souligné l’importance de respecter le droit inaliénable à l’utilisation à des fins pacifiques de l’énergie atomique et a souligné le rôle central de l’Agence internationale de l’énergie atomique à cet égard.

Dans une déclaration vidéo préenregistrée, M. VIJAVAT ISARABHAKD, Vice-Ministre des affaire étrangères de Thaïlande, a dit avoir bon espoir qu’en janvier prochain, la dixième Conférence d’examen du TNP, tant attendue, aurait enfin lieu.  Deux mois plus tard, les États parties au Traité sur l’interdiction des armes nucléaires tiendront leur première réunion depuis l’entrée en vigueur historique du traité au début de cette année, a-t-il fait observer.  Maintenant que nous avons réussi à inscrire nos efforts de désarmement nucléaire dans le cadre du droit international, nous devons nous concentrer sur la mise en œuvre des fruits de notre dur labeur, a-t-il plaidé.

Obtenir des résultats concrets pour les deux conférences devrait donc être la priorité absolue, a ajouté le Vice-Ministre.  De bons résultats non seulement feront progresser le programme de désarmement et de non-prolifération nucléaires, mais ils témoigneront également de la collaboration multilatérale qui œuvre pour le bien de l’humanité, a-t-il estimé, exhortant donc toutes les parties à s’engager de manière constructive dans la mise en œuvre de ces cadres.

Dans une déclaration vidéo préenregistrée, M. REZA NAJAFI, Vice-Ministre des affaires étrangères et des affaires juridiques et internationales de la République islamique d’Iran, a affirmé que son pays rejetait fermement la conservation, le stockage, le développement, l’utilisation et la prolifération des armes nucléaires aux niveaux régional et mondial.  « Réaliser le désarmement nucléaire mondial et éliminer la menace des armes nucléaires est une responsabilité juridique, politique et morale pour tous les États, en général, et les États dotés de l’arme nucléaire en particulier », a insisté le Ministre.  Il a particulièrement regretté que les États dotés de l’arme nucléaire continuent de renforcer leurs arsenaux nucléaires en violation flagrante de l’esprit et de la lettre du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP), avant de dénoncer la responsabilité de « l’agressivité politique » des États-Unis dans l’impasse nucléaire.

M. KAHTAN JANABI, Vice-Ministre des affaires étrangères de l’Iraq, s’associant au Mouvement des pays non alignés et au Groupe arabe, a appelé à la relance des efforts multilatéraux visant à éliminer les armes nucléaires.  Il a aussi réaffirmé l’attachement de l’Iraq à toutes les conventions et traités applicables en la matière.  L’adhésion mondiale à tous les traités et conventions sur l’élimination des armes nucléaires est la seule garantie efficace contre leur utilisation, a-t-il souligné.  Il a ensuite appelé à des efforts internationaux et régionaux concertés pour créer une zone exempte d’armes nucléaires au Moyen-Orient.  À cet égard, il a exhorté les États Membres à faire pression sur Israël pour qu’il adhère aux traités pertinents, qu’il se dénucléarise et qu’il respecte les mesures de sauvegarde prévues par l’AIEA.

M. ABDOUL WAHAB DJIBO KAINA, Président de la Haute Autorité pour l’énergie atomique du Niger, a rappelé que son pays avait ratifié le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP), le Traité sur l’interdiction complète et générale des essais d’armes nucléaires (TICE) et le Traité de Pelindaba qui fait de l’Afrique une zone exempte d’armes nucléaires.  Le Niger a également signé le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires, a-t-il précisé.  Pour édifier un monde sans armes nucléaires, l’ONU doit poursuivre ses efforts afin de permettre l’entrée en vigueur du TICE, a poursuivi M. Kain.  Le TICE, le TNP et le Traité établissant une zone exempte d’armes nucléaires sont trois traités susceptibles d’atteindre cet objectif, a-t-il souligné.  Avec un peu plus de volonté politique, nous pouvons créer un monde exempt de la menace des armes nucléaires, a-t-il conclu.

M. YOUSEF LARAM, Directeur du Département des organisations internationales, Ministère des affaires étrangères, Qatar, a noté que la prolifération des armes nucléaires au Moyen-Orient venait s’ajouter aux immenses défis que connaît déjà la région.  L’élimination des armes nucléaires et de destruction massive pourrait contribuer à la stabilité régionale, a-t-il affirmé.  M. Laram a souligné que le Qatar était en faveur de la tenue de la deuxième session de Conférence des Nations Unies sur l’établissement d’une zone exempte d’armes nucléaires, jusqu’ici reportée à cause de la pandémie de COVID-19.  Il est également important d’élaborer des programmes pacifiques d’utilisation de l’énergie nucléaire, a-t-il ensuite précisé.  Il a enfin appelé à partager toute information pertinente avec les pays concernés pour prévenir des catastrophes humanitaires.

Dans une déclaration vidéo préenregistrée, M. KMENTT, Directeur du Département du désarmement, de la maîtrise des armements et de la non-prolifération, Ministère des affaires étrangères, Autriche, a déclaré que le désarmement nucléaire est l’une des grandes priorités de la politique étrangère de son gouvernement.  Il s’est réjoui de l’entrée en vigueur du TIAN grâce à la cinquantième ratification et à la coopération internationale.  Il a estimé que les armes nucléaires fournissent une illusion de sécurité, alors qu’en réalité elles sont une épée de Damoclès suspendue au-dessus de l’humanité.  Soulignant l’urgence du désarmement nucléaire, il a dit que « l’horloge de l’apocalypse est aujourd’hui plus proche de minuit qu’à tout autre moment de la guerre froide ».  Il s’est inquiété de voir des arsenaux se moderniser, de nouveaux types d’armes être mis en service, pendant que la transparence décline et que la rhétorique dangereuse sur le nucléaire ne faiblit pas.  L’idéologie de la dissuasion nucléaire prévaut encore dans de nombreux pays, a-t-il regretté.  Il a appelé à mettre un terme à ces développements dangereux et à s’engager de manière constructive avec les arguments qui fondent le TIAN.  Rappelant que la première réunion des États parties à ce Traité est prévue à Vienne du 22 au 24 mars 2022, il a invité tous les pays à venir, « quelle que soit leur position sur le TIAN ».

Au nom du Groupe des États arabes, M. TAHER ELSONNI (Libye) a dit que cette journée de commémoration montre la volonté de la communauté internationale d’éliminer toutes les armes nucléaires.  Ces armes privent l’économie de ressources et détruisent l’environnement.  Réitérant la nécessité d’éliminer toutes les menaces d’utilisation des armes nucléaires, le représentant a souligné l’importance d’avoir une vision complète qui permettra de parvenir à l’objectif d’éliminer les armes nucléaires, d’interdire tout nouvel essai atomique et d’empêcher la production de matières fissiles.  C’est une façon de garantir que l’humanité ne soit pas confrontée à cette menace, a ajouté M. Elsonni.

Pour le Groupe des États arabes, les États dotés de l’arme nucléaire doivent respecter leurs engagements et les accords relatifs aux contrôles de ces armes.  Le Groupe condamne toute doctrine qui met en avant l’arme nucléaire et qui affirme que l’environnement n’est pas propice à leur élimination.  Il appelle ces États à éliminer leurs arsenaux, à revoir leurs politiques et à ratifier le TICEN. 

M. Elsonni a également dénoncé les États qui poursuivent des programmes nucléaires clandestins ou des programmes prétendument pacifiques.  Pour lui, l’entrée en vigueur du TIAN fait de ce traité une nouvelle source du droit international.  Il a dénoncé le refus d’Israël d’adhérer au TIAN et a demandé de faire du Moyen-Orient une zone exempte d’armes de destruction massive et d’armes nucléaires.

M. MICHEL XAVIER BIANG, (Gabon), qui s’exprimait au nom du Groupe des États d’Afrique, a mis en exergue le besoin urgent de parvenir à un monde exempt d’armes nucléaires.  Il a appuyé le principe d’un désarmement complet, « condition sine qua non du maintien de la paix et de la sécurité internationales ».  Saluant l’entrée en vigueur du Traité sur l’interdiction des armes nucléaires, le représentant a estimé que ce traité venait renforcer le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP).  Le Groupe des États d’Afrique appelle tous les États Membres à se saisir de cette occasion pour signer et ratifier ce traité.

Le Groupe des États d’Afrique a dit à nouveau sa préoccupation face à la lenteur des progrès des États dotés d’armes nucléaires en termes de désarmement et a insisté sur l’impératif d’appliquer tous les engagements pris par ces États sous les différents traités pertinents.  Le Groupe a également vanté les mérites des zones exemptes d’armes nucléaires en réaffirmant son attachement au Traité de Pelindaba.  Il a appelé à la création d’une zone exempte d’armes nucléaires au Moyen-Orient et a pris note du succès de la récente conférence qui s’est tenue sur cette question sous les auspices des Nations Unies.  Le représentant a tenu à rappeler aux pays responsables des blocages que la résolution de 1995 sur le Moyen-Orient demeure une partie intégrante de l’ensemble des mesures sur lesquelles un consensus avait été dégagé pour ce qui est de l’extension du TNP.  Dans l’attente de la Conférence d’examen du TNP de 2022, le Groupe a insisté sur la réalisation des objectifs déjà fixés ainsi que sur le droit à l’utilisation de l’énergie nucléaire à des fins pacifiques et de développement.  Affirmant que le TICE est source d’espoir pour la non-prolifération des armes nucléaires, le Groupe des États d’Afrique souhaite le voir entrer en vigueur dans les plus brefs délais.  Quant à l’impasse de la Conférence du désarmement, il l’a appelé à reprendre ses travaux de fond sans plus tarder.

Au nom du Forum des îles du Pacifique, M. SATYENDRA PRASAD, (Fidji), a indiqué que le Forum commémore cette année le trente-cinquième anniversaire de l’entrée en vigueur du Traité sur la zone dénucléarisée du Pacifique Sud (Traité de Rarotonga) et les 25 ans écoulés depuis la fin des essais nucléaires dans la région.  Malheureusement, ces menaces demeurent aujourd’hui, a-t-il tempéré.  Il a plaidé pour l’élimination totale des armes nucléaires, « la priorité absolue » de sa région en matière de désarmement.  « Nous appelons à la fin de toutes les actions incompatibles avec l’article VI du TNP », a-t-il lancé, citant notamment l’amélioration qualitative des armes nucléaires existantes et la mise au point de nouveaux types d’armes.  Se félicitant que sa région soit une zone exempte d’armes nucléaires, il a salué les quatre États dotés d’armes nucléaires qui ont signé et ratifié les Protocoles au Traité de Rarotonga.  Rappelant que les États-Unis ont annoncé en 2010 leur intention de ratifier tous les Protocoles au Traité, il a appelé ce pays à passer à l’action.

Le porte-parole du Forum des îles du Pacifique a ensuite réitéré sa détermination à faire en sorte que la richesse et la beauté de l’espace océanique, du territoire terrestre et de l’espace aérien des îles du Pacifique restent à perpétuité l’héritage des peuples de la région.  En tant que deuxième zone exempte d’armes nucléaires au monde dans une zone peuplée, le Pacifique a servi de source d’inspiration pour d’autres régions du monde, a-t-il souligné en précisant qu’il existe neuf zones, États et régions géographiques exempts d’armes nucléaires, couvrant plus de 100 États et couvrant l’hémisphère Sud.  Nous nous engageons à poursuivre la coopération avec toutes les zones exemptes d’armes nucléaires dans la poursuite de nos intérêts et objectifs communs, y compris dans la période précédant la Conférence d’examen du TNP en 2022, a déclaré M. Prasad.

Il a ensuite demandé à tous les États dotés d’armes nucléaires parties au TNP d’honorer leurs obligations en matière de désarmement en vertu de l’article VI du Traité; et à tous les États restants d’adhérer au TICE.  Après avoir noté l’entrée en vigueur du Traité sur l’interdiction des armes nucléaires, il a souligné la lutte des îles du Pacifique contre l’héritage des essais nucléaires, citant la contamination des maisons et des habitats et le nombre plus élevé de malformations congénitales et de cancers.  « Cela confère au Pacifique à la fois un droit juridique et un statut moral pour exiger que les États dotés d’armes nucléaires s’engagent à respecter leurs obligations respectives en matière de désarmement en vertu du droit international. »  M. Prasad a aussi rappelé les préoccupations concernant les impacts environnementaux de l’accident du réacteur nucléaire de Fukushima Daiichi en 2011, assurant que la région accélère ses efforts de prévention et saluant les efforts du Japon en ce sens. 

« Nous soulignons avec force l’obligation juridique des États d’empêcher le déversement de déchets nucléaires radioactifs et d’autres matières radioactives dans les océans et d’empêcher toute action visant à aider ou à encourager quiconque, y compris tout État, à déverser des déchets nucléaires dans notre région. »  Notant aussi l’intérêt croissant pour l’énergie nucléaire en tant que forme d’énergie propre, le Forum des îles du Pacifique a exhorté tous les États à respecter pleinement les garanties du TNP sur les activités nucléaires pacifiques, et toutes les obligations connexes du droit international.

M. ISHIKANE KIMIHIRO, (Japon), a rappelé qu’il y a 76 ans, des bombes atomiques étaient larguées sur Hiroshima et Nagasaki, emportant plus de 200 000 vies précieuses en un clin d’œil et réduisant ces villes en cendres en un instant.  Hiroshima et Nagasaki ne doivent jamais se répéter, a déclaré le représentant.  La communauté internationale doit être unie devant l’objectif commun de réaliser un monde exempt d’armes nucléaires.  Le représentant s’est dit convaincu que le souvenir d’Hiroshima et de Nagasaki ne peut que nous unir, avant de réitérer l’engagement ferme du Japon en faveur d’un monde exempt d’armes nucléaires.

Mme AMAL MUDALLALI, (Liban), a regretté que le seul pays du Moyen-Orient censé posséder des armes nucléaires, Israël, n’ait pas pris part à la conférence sur la création d’une zone exempte d’armes nucléaires et de destruction massive au Moyen-Orient », qui s’est tenue ici à New York, en 2019.

La conférence sur la zone d’interdiction de survol au Moyen-Orient, prévue en novembre prochain sous la direction du Koweït, sera une occasion, a-t-elle espéré, de montrer son engagement en faveur d’une région pacifique en s’engageant de manière constructive à débarrasser la région des armes nucléaires.  Un autre moyen de commencer le processus d’élimination des armes nucléaires est, selon le Liban, de garantir l’universalité et l’entrée en vigueur du TICE.

M. ENKHBOLD VORSHILOV, (Mongolie), a déclaré que le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires (TIAN) marquait une étape importante dans les efforts internationaux visant à interdire ces armes désastreuses.  La Mongolie a participé activement à la négociation de ce traité, a-t-il souligné, ajoutant que le processus interne de ratification était en cours.  Le représentant a ensuite appelé à des résultats productifs lors de la prochaine Conférence d’examen du TNP.  Il a ensuite rappelé que la Mongolie avait déclaré son territoire « zone exempte d’armes nucléaires » en 1992.  La Mongolie est attachée à la dénucléarisation de la péninsule coréenne, a enfin souligné M. Vorshilov, ajoutant qu’il fallait sur ce point l’engagement de toutes les parties concernées.

M. GENG SHUANG, (Chine), a assuré d’emblée être en faveur d’un monde exempt d’armes nucléaires.  Il a rappelé qu’au cours de la guerre froide, les États-Unis et la Fédération de Russie s’étaient ciblés avec des centaines de milliers d’ogives et avaient effectué des centaines d’essais nucléaires dans le Pacifique Sud, mettant à de maintes reprises le monde au bord d’une guerre nucléaire.  Il a regretté que, 30 ans plus tard, la menace de guerre nucléaire persiste, à cause de l’ombre persistante de la guerre froide qui subsiste dans les esprits.  Il a donc prôné l’élimination complète de la mentalité de la guerre froide.  Mais, selon lui, certains pays ont décidé de suivre cette mentalité en cherchant à créer des cercles exclusifs et à provoquer la confrontation.  Plusieurs pays ont annoncé « fièrement » leur coopération en matière de sous-marins nucléaires, ce qui met en péril les efforts internationaux dans le domaine du désarmement, a dénoncé le représentant.  Relevant les propos d’un pays, « il y a une semaine dans cette même salle », qui a assuré ne pas chercher à créer une nouvelle guerre froide, le représentant chinois a espéré que cette annonce publique se traduirait par des actes concrets.  Il a espéré que « ce pays » se déferait de sa « mentalité reléguée à l’époque de la guerre froide » et de ses perspectives géopolitiques égoïstes.

Depuis que la Chine a pu le faire, elle a plaidé en faveur de l’élimination complète des armes nucléaires, a souligné le représentant, en rappelant qu’elle a dit ne pas vouloir être la première à employer les armes nucléaires.  Il a aussi rappelé que la Chine s’est engagée à ne pas utiliser ni à menacer d’utiliser des armes nucléaires contre des États non dotés ou contre des zones exemptes de ces armes.  Il a aussi assuré qu’elle ne cherche pas à concurrencer des pays en termes de nombre d’armes nucléaires ni à se lancer dans une course à l’armement nucléaire.  La Chine, a ajouté le représentant, a toujours respecté ses obligations en matière de contrôle de l’armement et de désarmement nucléaire; elle maintient sa force nucléaire à un niveau minimum.  Au cours des 50 dernières années, la Chine a beaucoup participé au désarmement, aux Nations Unies, a-t-il conclu, en disant vouloir continuer de participer à ces efforts.

M. DANG DINH QUY, (Viet Nam), a souligné la menace que constitue l’existence de 15 000 armes nucléaires dans le monde, dénonçant les rivalités géopolitiques, le manque de confiance entre les États, les intérêts égoïstes et le défaut de mise en œuvre du droit international.  Il a appelé à davantage d’efforts pour instaurer la confiance et l’amitié entre les nations, et pour protéger l’humanité de la menace des armes nucléaires.  Il a noté, à cet égard, l’extension du Traité « New START » par la Fédération de Russie et les États-Unis, jusqu’en février 2021.  Il a aussi plaidé pour le strict respect des obligations découlant du droit international, dont les traités et les résolutions du Conseil de sécurité.  Davantage de mesures concrètes devraient être prises, a-t-il ajouté, pour la mise en application de l’article VI du TNP concernant les négociations de bonne foi.  Enfin, il a appelé au renforcement du régime de non-prolifération et de désarmement afin d’assurer l’entrée en vigueur du TICE.  Le Viet Nam, qui respecte ses obligations en vertu des différents traités, ainsi que les dispositions des résolutions du Conseil de sécurité, poursuivra ses efforts en faveur de la cause commune de l’élimination des armes nucléaires, a assuré le représentant.

Mme THILMEEZA HUSSAIN, (Maldives), a déclaré que le monde devait faire preuve de détermination pour éliminer les armes nucléaires.  Rappelant la création de l’AIEA, la représentante a déclaré que c’est en temps de crise que la communauté internationale montre ce qu’elle a de mieux à offrir.  Les efforts qui ont été déployés ont eu de nombreuses formes mais ils visent tous au désarmement nucléaire.  Ils ont abouti à la première résolution de l’Assemblée générale sur l’élimination totale de l’arme nucléaire.  Malheureusement, a ajouté Mme Hussain, les neuf pays de dotés d’armes nucléaires continuent de consacrer beaucoup d’argent à ces armes.  La représentante a exhorté à ne pas oublier Nagasaki et Hiroshima, leurs morts et la destruction de leur environnement.  Ces bombes font peser une menace constante sur l’humanité ; éliminer les armes nucléaires, c’est la seule façon de prévenir leur utilisation, a-t-elle conclu.

Pour M. PETER MOHAN MAITHRI PIERIS, (Sri Lanka), la commémoration de ce jour nous rappelle les menaces que nous encourons.  Nous sommes au bord de l’abysse à cause de la cupidité d’une poignée d’États, a dénoncé le représentant qui a rappelé qu’en 1959, l’Assemblée générale avait voté à l’unanimité une résolution sur élimination totale des armes nucléaires et un désarmement complet.  Pour autant, aucun progrès n’est enregistré.  Dès lors, il faut nous engager davantage pour l’élimination de ces armes de destruction massive.  Le Sri Lanka est préoccupé par la modernisation des armes nucléaires alors que des millions de personnes meurent de faim ou sont sans abri.  Déplorant qu’aucune arme nucléaire n’ait été physiquement détruite en 76 ans, le représentant a rappelé qu’un immense risque de destruction subsisterait tant que les armes nucléaires existeront et s’est dit « inquiet » qu’elles puissent tomber entre les mains de terroristes.

Pour M. JOSÉ A. BLANCO CONDE, (République Dominicaine), il est temps que les États dotés d'armes nucléaires donnent des garanties inconditionnelles et fermes contre l'emploi ou la menace d'employer ces armes aux États qui n’en possèdent pas. Le représentant a exhorté les dirigeants à réfléchir à cette question, les encourageant à consacrer les ressources allouées à la modernisation et à l'augmentation de leurs arsenaux à des projets de développement et de coopération, notamment pour atténuer les crises émergentes dans le secteur de la santé, y compris à la pandémie de COVID-19.  Préoccupé par la lenteur des progrès vers le désarmement nucléaire, il a dit espérer que la dixième Conférence d'examen du TNP parviendrait à un consensus sur des mesures concrètes et progressives pour pouvoir réaliser les obligations qui y sont stipulées.

Dans un autre ordre d'idées, la République dominicaine a salué l'entrée en vigueur du TIAN et a exhorté les États qui ne l'ont pas encore fait à y adhérer. En outre, le représentant a demandé aux États figurant à l'Annexe 2 du TICE qui n'ont pas encore ratifié ce traité de le faire au plus vite pour faciliter son entrée en vigueur dans les plus brefs délais.  En guise de conclusion, M. Blanco Conde a jugé incontestable le fait que l'existence même des armes nucléaires représente un obstacle à la réalisation des objectifs de développement durable.

M. MAHMOUD DAIFALLAH HMOUD, (Jordanie), a souligné la nécessité de l’engagement d’Israël dans le processus international de désarmement nucléaire.  C’est pourquoi la Jordanie, qui a présidé la première session de la Conférence pour la création d’une zone exempte d’armes nucléaires au Moyen Orient, renouvelle son appel à Israël pour adhérer sans condition à cet objectif.  Il s’agit, a expliqué le représentant, de contribuer au renforcement de la paix et de la sécurité internationales à travers l’élaboration d’un accord juridique contraignant pour les pays de la région.

Pour M. ISSIMAIL CHANFI, (Comores), le chemin reste encore long à parcourir pour parvenir à l’élimination totale des armes nucléaires dans le monde.  Ainsi, les pays qui possèdent de tels armements auraient financé des plans à long terme pour les moderniser.  C’est une situation fortement alarmante, a souligné le représentant, qui a dénoncé la doctrine de la dissuasion nucléaire mise en avant par certains pays pour légitimer l’usage de telles armes.  Le représentant s’est félicité de la ratification par son pays du Traité sur l’interdiction des armes nucléaires, ajoutant que chaque nouvelle signature et ratification de cet important instrument juridique nous rapproche d’un monde libéré de la menace nucléaire. Il a ensuite précisé que les Comores avaient également ratifié le TICE et le Traité de Pelindaba.

Mme BESIANA KADARE (Albanie) a plaidé pour l’universalisation de tous les traités relatifs au désarmement, en particulier celui sur l’interdiction des armes nucléaires.  Elle a indiqué que, pour son pays, la priorité reste la lutte contre le trafic de substances radioactives, arguant que le risque que des groupes terroristes acquièrent des armes de destruction massive est une menace constante pour l’ordre mondial.  La représentante a aussi réclamé l’entrée en vigueur dans un avenir proche du Traité sur l’interdiction complète des essais nucléaires.

M. FATUMANAVA DR. PAOLELEI LUTERU (Samoa) a rappelé que, dès les années 1970, Samoa et d’autres membres fondateurs du Forum des îles du Pacifique avaient adopté une position unie contre les essais d’armes nucléaires dans la région du Pacifique.  La création de la zone exempte d’armes nucléaires du Pacifique Sud, couverte par le Traité de Rarotonga en 1986, en a découlée et célèbrera son trente-cinquième anniversaire en décembre 2020.  Cette région du « Pacifique bleu » a également affirmé sa détermination à devenir une région exempte de pollution de l’environnement par des déchets et autres matières radioactives.  Le secrétaire général du Forum a ainsi publié une déclaration plus tôt cette année, en tant que dépositaire du Traité de Rarotonga, concernant le projet de rejet de l’eau traitée du système avancé de traitement de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi dans l’océan Pacifique.

De tels traités régionaux jouent un rôle crucial en encourageant la paix et la stabilité régionales, la protection de nos peuples et de nos ressources naturelles, a fait valoir le représentant.  Samoa y voit aussi des outils au service de la promotion des efforts mondiaux de désarmement et de non-prolifération et continuera d’agir en ce sens.  Samoa a fait en outre partie du premier groupe de pays à avoir signé le TIAN et salue son entrée en vigueur.  Samoa a également ratifié le TNP.  Petit État insulaire du Pacifique, Samoa ne peut pas se protéger de la menace nucléaire - en fait, aucune nation ne le peut – et, a ajouté le représentant, « notre seul bouclier est la règle du droit, des traités internationaux et de la protection vitale qu’ils offrent à tous les États ».

M. RONALDO COSTA FILHO, (Brésil), a rappelé l’importance de l’adoption du TIAN, qui a eu pour effet d’élever les enjeux moraux en ce qui concerne l’utilisation des armes nucléaires, et s’est félicité de l’entrée en vigueur de ce traité.  Soulignant que cette année marque le vingt – cinquième anniversaire de la signature du TICE, il a souhaité que les États qui ne l’ont pas encore fait le signent et le ratifient, en particulier ceux figurant à l’Annexe 2.  Le représentant a prôné des mesures concrètes pour aller de l’avant avec ces instruments.  Le délégué a aussi rappelé que le TNP est fondé sur un arbitrage entre le désarmement et la non-prolifération.  Mais tant que les États dotés ne feront pas leur part dans son application, le risque de prolifération ne disparaîtra pas, a-t-il prévenu.  Lors de la prochaine Conférence d’examen du TNP, l’an prochain, le Brésil espère que nous pourrons pour le moins réaffirmer les engagements passés, notamment les 13 mesures pratiques et le plan d’action, a déclaré le représentant.  « Mais elle aura échoué si elle ne reconnaît pas les conséquences désastreuses sur le plan humanitaire de l’utilisation de toute arme nucléaire. »  Il a conclu en soulignant l’importance de l’utilisation pacifique de l’énergie nucléaire, avant de se dire fier d’être partie au traité de Tlatelolco et en espérant que la création de mêmes zones puisse être une nouvelle étape dans l’objectif d’un monde totalement exempt de l’arme nucléaire.

Cette journée nous rappelle, a déclaré M. ENRIQUE AUSTRIA MANALO (Philippines), dans une vidéo préenregistrée, que la prospérité, la paix et la sécurité auxquelles nous travaillons tous peuvent être annihilées en un clin d’œil par un seul incident nucléaire.  Il est donc tout à fait logique de tendre vers l’élimination des armes nucléaires.  Le représentant a dit partager les préoccupations de nombreux États face à la modernisation et la fabrication de ces armes par les États dotés.  Plaidant pour une bonne mise en œuvre du TNP, il a dit son attachement aux 13 mesures pratiques et au Plan d’action en 64 points adoptés lors de la Conférence d’examen du TNP de 2010.  Il a appelé les huit pays de l’Annexe II du Traité sur l’interdiction complète des essais nucléaires à accélérer son entrée en vigueur.  Il a, à ce propos, salué l’opérationnalisation du Traité sur l’interdiction des armes nucléaires qui est conforme à la Constitution Philippine et au Traité de Bangkok.  Le représentant a dit attendre des États dotés une participation constructive à la dixième Conférence d’examen du TNP, au mois de janvier.  L’utilisation d’armes nucléaires est une violation de la Charte des Nations Unies, et compte tenu de leurs conséquences humanitaires catastrophiques, la seule et unique garantie contre cette utilisation, c’est l’élimination totale de ces armes, a martelé le représentant.

M. OMAR HILALE (Maroc) a souligné l’existence de la menace nucléaire pour mieux mettre en exergue la nécessité du désarmement et de la non-prolifération.  Les armes nucléaires n’offrent aucune garantie de sécurité ou de stabilité aux niveaux national, régional ou international, a-t-il martelé, arguant que la Conférence sur la création d’une zone exempte d’armes nucléaires au Moyen-Orient sera la pierre angulaire du régime de non-prolifération et de désarmement dans la région.  Il appelé à l’entrée en vigueur du TICE et estimé que les différentes menaces nucléaires montrent l’impératif d’œuvrer sans relâche à l’élimination de ces armes et de rendre le désarmement irréversible.  Le représentant a réitéré son appui au Traité de Pelindaba et autres traités faisant de l’Afrique une zone exempte d’armes nucléaires.

M. KARLITO NUNES (Timor-Leste) s’est inquiété de l’évolution rapide des armes et de la technologie numérique et a déploré la course au développement et à la possession d’armes nucléaires.  En tant que fervent partisan du multilatéralisme, il a appelé à un effort collectif de tous les pays et autres parties prenantes et a salué l’initiative des dirigeants mondiaux pour trouver des solutions communes afin de réduire le nombre de centrales nucléaires, empêcher l’utilisation d’armes nucléaires et les éliminer.  Saluant l’entrée en vigueur du TIAN, dont le Timor-Leste est signataire, le représentant a indiqué que son pays se prépare à le ratifier.  Faisant partie de la région Asie-Pacifique, nous connaissons très bien les conséquences humanitaires dévastatrices des armes nucléaires, a rappelé le représentant en invoquant Hiroshima et Nagasaki.  L’existence de plus de 13 000 armes nucléaires dans le monde pose un risque pour notre sécurité nationale et collective, a-t-il martelé, arguant que la détonation d’une seule d’entre elles entraînerait une dévastation inacceptable et, à long terme, un préjudice énorme pour l’humanité.  En conclusion, il a déclaré que le Timor-Leste ne croit pas aux avantages des armes nucléaires et n’adhère pas à la théorie de la dissuasion pour améliorer notre sécurité nationale ou collective.

M. HAROLD ADLAI AGYEMAN (Ghana) a souligné qu’en tant qu'État signataire, son pays se félicite de l’entrée en vigueur, le 22 janvier 2021, du Traité sur l’interdiction des armes nucléaires.  Des processus nationaux sont, actuellement, en cours au Ghana pour la ratification du Traité et le dépôt ultérieur des instruments de ratification, a-t-il annoncé.

C’est dans cet esprit que le Ghana estime que la course actuelle aux armements nucléaires menée par certains États est une entreprise dénuée de sens qui, si elle n’est pas empêchée collectivement, ne peut que conduire à un scénario apocalyptique que l’on ne peut laisser se produire.

M. KENNEDY GASTORN (République-Unie de Tanzanie) a salué l’entrée en vigueur du Traité sur l’interdiction des armes nucléaires TIAN le 22 janvier 2021.  Il a estimé qu’il s’agissait d’une « grande étape de l’histoire de l’humanité » pour parvenir à l’élimination des armes nucléaires.  Le représentant a particulièrement souligné le travail important accompli par l’AIEA dans la promotion de l’utilisation pacifique et sûre de l’énergie nucléaire.  Il a également dit que les garanties et vérifications de l’AIEA sont de la plus haute importance.  C’est pourquoi il a exprimé la volonté de la Tanzanie de continuer à adhérer à toutes les mesures arrêtées par l’AIEA, avant d’exhorter les autres États Membres à en faire de même.

M. JULIO CÉSAR ARRIOLA RAMÍREZ (Paraguay) a salué l’entrée en vigueur en janvier 2021 du Traité sur l’interdiction des armes nucléaires, qu’il a qualifié d’accord historique vers l’élimination de ces armes.  Pour le Paraguay, le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires (TIAN) offre un cadre juridique qui complète les autres instruments internationaux tels que le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) et le Traité sur l’interdiction complète et générale des essais d’armes nucléaires (TICE).  Le représentant s’est aussi félicité des efforts consentis pour permettre la tenue en janvier 2022 de la dixième Conférence d’examen du TNP et de la première réunion sur les conséquences catastrophiques et durables des armes nucléaires pour la santé humaine, l’environnement, le climat, la production alimentaire et le développement socioéconomique.

Pour M. DIEGO PARY RODRÍGUEZ (Bolivie), le désarmement nucléaire n’est pas seulement une obligation juridique internationale, c’est un impératif moral.  « Nous pensons qu’il n’est ni défendable ni tenable pour certains États d’affirmer que les armes nucléaires sont un garant indispensable, légitime et illimité de leur propre sécurité et de celle de leurs alliés. »  Tant que de telles armes existent, il est presque inconcevable qu’un jour elles ne soient pas utilisées, que ce soit par accident, par erreur de calcul ou délibérément, a craint le délégué.  Et ce serait catastrophique, a-t-il martelé.  C’est pourquoi, a-t-il conclu, l’entrée en vigueur du Traité sur l’interdiction des armes nucléaires, en tant qu’accord international juridiquement contraignant, nous donne l’espoir qu’un jour les armes nucléaires seront éliminées dans leur totalité. 

M. AMRIT BAHADUR RAI (Népal) s’est félicité qu’en dépit des nombreuses incertitudes, le monde ait été témoin, le 22 janvier 2021, d’une lueur d’espoir lorsque le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires est entré en vigueur malgré l’apathie de certains milieux.

En célébrant ce succès, nous ne devons pas oublier la douleur indicible d’Hiroshima et de Nagasaki et la responsabilité de la communauté internationale dans l’élimination totale des armes nucléaires, a ajouté le représentant.  C’est pourquoi le Népal préconise que les milliards de dollars destinés aux programmes nucléaires soient redirigés vers la lutte contre la pandémie de COVID-19 et la réalisation des objectifs de développement durable.

M. SEYDOU SINKA (Burkina Faso) a considéré l’entrée en vigueur du Traité d’interdiction des armes nucléaires le 22 janvier dernier comme une grande victoire pour tous les peuples du monde.  Un nouveau processus s’engage donc avec pour objectif clair: l’élimination totale et définitive des armes nucléaires, a ajouté le représentant.  Mais la non-tenue de la Conférence du désarmement constitue une menace sérieuse à la paix et la sécurité internationales et favorise la course à l’armement nucléaire, a averti le représentant, qui a ajouté que les États dotés d’armes nucléaires devaient s’acquitter de leurs obligations en vertu du Traité et des engagements convenus et s’abstenir de toute action susceptible de compromettre l’objectif de l’élimination totale des armes nucléaires et la prévention d’une course aux armements.

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