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POP/1072
9 avril 2018
Cinquante et unième session, 2e et 3e séances – matin & après-midi

La Commission de la population et du développement ouvre sa session 2018 sur le thème « villes durables, mobilité humaine et migrations internationales »

« Villes durables, mobilité humaine et migrations internationales », ce thème choisi cette année par la Commission de la population et du développement, qui a ouvert sa session 2018 aujourd’hui, touche à des questions « très importantes et très complexes ».  Il s’agit, s’est expliquée la Directrice exécutive du Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP), de questions « qui parlent des gens, de leur vie, de leur santé, de leurs droits, de leur sécurité et de leurs opportunités ».

Le défi de la Commission sera d’examiner ce thème « dans toute sa complexité », a acquiescé la Vice-Secrétaire générale de l’ONU.  Comme le départ des jeunes peut signifier des pertes pour leur pays d’origine, on ne peut parler de migration sans parler de développement durable et de la nécessité pour les gouvernements d’investir dans les gens et de construire des villes inclusives et durables, a ajouté Mme Amina J. Mohammed.

Les enjeux ont été mis en évidence par le Sous-Secrétaire général aux affaires économiques et sociales.  M. Elliot Harris a rappelé que la population urbaine mondiale est passée de 750 millions de personnes dans les années 1950, à environ 4 milliards à l’heure actuelle, une croissance qui a radicalement changé le paysage des établissements humains, « avec toutes les conséquences que cela entraîne sur les conditions de vie, l’environnement et le développement durable ».  Dans certains pays aux villes mal préparées, l’afflux massif de nouveaux arrivants a même provoqué la chute du PIB, a mis en garde le Président-Directeur général du GORA Corp, M. Gora Mboup.

Dans son rapport, le Secrétaire général indique que la part de la population mondiale vivant en milieu urbain devrait passer de 55% en 2018 à 60% en 2030 pour atteindre 47% en Afrique, 56% en Asie, 71% en Océanie, 77% en Europe et plus de 80% dans les Amériques.

L’urbanisation incontrôlée peut limiter les possibilités et accentuer les inégalités, prévient, à son tour le Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP), dans son rapport.  À l’heure actuelle, environ 828 millions de personnes, soit un citadin sur trois, vit dans des taudis, c’est-à-dire dans un logement dépourvu d’accès à une source d’eau améliorée ou à des installations sanitaires améliorées ou encore caractérisé par un espace de vie insuffisant. 

La question est de savoir comment assurer aux nouveaux arrivants et aux communautés d’accueil une vie meilleure? a résumé la Directrice exécutive du FNUAP.  Mme Natalia Kanem a misé sur les jeunes et le dividende démographique qui est devenu « un cri de ralliement ».  La Directrice exécutive a cité une étude du Bureau d’appui à la consolidation de la paix et du FNUAP qui détruit le mythe « explosion démographique des jeunes égale risque accru de violence ».  L’étude montre au contraire comment tous les jours, des jeunes travaillent dans leurs communautés pour apporter la paix, améliorer la gouvernance et défendre les droits de l’homme.  Les jeunes peuvent contribuer au développement économique de leur société, « à condition de pouvoir exploiter leur potentiel », a reconnu l’Union européenne. 

Même son de cloche du côté du Groupe des États d’Afrique qui a reconnu que le continent, où d’ici à 2063, 62% des 2,5 milliards d’Africains vivront dans les villes, a tout intérêt à libérer « l’énergie créative » des jeunes, en augmentant les investissements dans l’éducation, la formation professionnelle, la santé et le logement.  La Norvège a ajouté l’autonomisation des femmes et leur droit de décider de leur corps et de leur sexualité.  « Nous ne pouvons pas accepter que la religion ou de soi-disant valeurs traditionnelles soient utilisées comme une excuse pour priver les femmes de leurs droits. »

Pour aller de l’avant, a conseillé la Vice-Secrétaire générale, nous devons comprendre la situation en constante mutation dans laquelle nous opérons.  Il est essentiel de générer et d’utiliser des données qui permettent une meilleure intégration des changements démographiques dans la planification des politiques et les interventions.  « L’histoire de l’humanité, c’est l’histoire de la mobilité humaine », a-t-elle rappelé, en parlant de questions reprises dans le Programme d’action du Caire sur la population et le développement mais aussi dans le Programme de développement durable à l’horizon 2030 et le Nouveau Programme pour les villes. 

Nul doute qu’elles seront au cœur des futurs pactes mondiaux pour des migrations sûres, ordonnées et régulières, et sur les réfugiés que l’Assemblée générale négocie en ce moment.  L’Union européenne a d’ailleurs mis en garde contre les chevauchements et s’est félicitée que le Président de la Commission ait proposé que la résolution sur le thème de cette année se concentre sur le lien entre urbanisation et migration. 

En début de séance, la Commission a élu Mme Nicola Barker-Murphy, de la Jamaïque, et MM René Lauer, du Luxembourg, et Jawad Ali, du Pakistan, aux vice-présidences.  Le représentant pakistanais assumera également les fonctions de Rapporteur.

La Commission, qui a adopté son ordre du jour provisoire et approuvé l’organisation de ses travaux, poursuivra ses travaux demain, mardi 10 avril, à partir de 10 heures.

MESURES POUR LA POURSUITE DE LA MISE EN ŒUVRE DU PROGRAMME D’ACTION DE LA CONFÉRENCE INTERNATIONALE SUR LA POPULATION ET LE DÉVELOPPEMENT AUX NIVEAUX MONDIAL, RÉGIONAL ET NATIONAL

Déclarations liminaires

Mme AMINA J. MOHAMMED, Vice-Secrétaire générale de l’ONU, a souligné que le thème de cette année « Villes durables, mobilité humaine et migrations internationales » renvoie à l’engagement commun en faveur d’un monde inclusif durable.  Nous vivons, a constaté la Vice-Secrétaire générale, dans un monde démographiquement dynamique et divers où les populations sont plus que jamais liées, par l’information, la communication, le commerce et la mobilité.  Les pays ont des structures d’âge de plus en plus différentes et nous voyons des niveaux élevés d’urbanisation en Europe et en Amérique et une croissance urbaine rapide en Asie et en Afrique.  Les gens circulent à un rythme plus rapide dans leurs frontières et la migration internationale devient plus complexe, davantage de pays étant à la fois pays d’origine, de transit et de destination.

Ces dynamiques viennent de plusieurs facteurs et d’abord les conflits, les faibles perspectives économiques et les changements climatiques qui poussent les gens à partir.  Mais il faut aussi tenir compte des gens qui partent tout simplement à la recherche d’un meilleur emploi et d’une meilleure éducation ou pour rejoindre des membres de leurs cercles social ou familial.  La migration est une caractéristique essentielle de notre monde et dans une large mesure, elle fait une contribution positive à la société. 

Pourtant les préoccupations sont bien réelles et le défi de la Commission sera d’examiner le thème de cette année dans toute sa complexité, a prévenu la Vice-Secrétaire générale.  Par exemple, le départ des jeunes peut signifier des pertes pour leur pays d’origine.  On ne peut donc parler de migration et d’urbanisation sans parler de développement durable et de la nécessité pour les gouvernements et la communauté d’investir dans les gens et de construire des villes inclusives et durables.  La Vice-Secrétaire générale a donné l’exemple de Sao Paolo, une ville qui a réussi à gérer la migration grâce à ses structures et institutions de gouvernance, ses politiques et sa législation.  La ville a d’ailleurs lancé une campagne de sensibilisation à la xénophobie.  Les villes sont aussi en première ligne dans l’accueil des réfugiés.  À Londres, par exemple, un nouveau schéma a été lancé pour encourager les groupes communautaires à parrainer une famille de réfugiés.  Un service en ligne permet à tout individu de soutenir des réfugiés, laissant ainsi aux autorités locales l’occasion de se concentrer sur les services publics. 

Pour aller de l’avant, a insisté la Vice-Secrétaire générale, nous devons comprendre la situation changeante dans laquelle nous opérons.  Il est essentiel de générer et d’utiliser des données qui permettent une meilleure intégration des changements démographiques dans la planification des politiques et les interventions.  La Vice-Secrétaire générale a donné l’exemple de la Zambie, qui, avec l’aide du Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP), génère des indicateurs de développement au niveau des districts, lesquels ont enrichi le septième plan national de développement et permis de mobiliser des investissements dans les secteurs de la santé et de l’éducation au profit des enfants et des jeunes.  Un autre bon exemple est l’étude menée en République dominicaine qui montre la contribution des migrants haïtiens au PNB mais aussi leur manque d’accès aux services. 

La réforme du système de développement des Nations Unies nous permettra, a promis la Vice-Secrétaire générale, de mieux aider les gouvernements.  Les coordonnateurs résidents pourront ainsi mettre les meilleurs talents de l’ONU au service des gouvernements et améliorer la capacité d’une nouvelle génération d’équipes de pays de faire de la planification et de la programmation, en se fondant sur des changements démographiques complexes et en constante mutation, y compris en travaillant avec les gouvernements pour améliorer la collecte, l’analyse et l’utilisation des données.  Les réformes aideront aussi l’ONU à aider plus efficacement les gouvernements à améliorer leur planification et leur gouvernance des villes et en faire des centres de la diversité, de l’intégration et de la tolérance. 

L’histoire de l’humanité, c’est l’histoire de la mobilité humaine, celle de gens qui partent à la recherche d’une vie meilleure qu’il s’agisse de moyens financiers, d’accès à l’éducation et à un emploi décent ou d’une meilleure protection de leur liberté personnelle, a conclu la Vice-Secrétaire générale. 

Le thème de cette année touche à des questions « très importantes et très complexes », a prévenu la Directrice exécutive du Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP), Mme NATALIA KANEM.  Il s’agit, s’est-elle expliquée, de questions qui parlent des gens, de leur vie, de leur santé, de leurs droits, de leur sécurité et de leurs opportunités.  Citant un sondage effectué par le FNUAP auprès des jeunes au Caire, à Beyrouth et à Tunis, la Directrice exécutive a constaté que ces jeunes parlent surtout de désespoir des villes qu’ils ont quittées, de l’insécurité et des troubles.  Ils ont aussi avoué que, partis, ils sont confrontés à des menaces, des abus et à des situations bien plus difficiles que celles qu’ils imaginaient.  Mais si c’était à refaire, ils le referaient, ont-ils tous admis. 

Aujourd’hui, le monde compte un milliard de migrants et rien que l’année dernière, plus de 65 millions de gens ont dû fuir de chez eux, « un record », a souligné la Directrice exécutive.  La majorité d’entre eux se concentrent dans les villes, avec l’espoir d’une vie meilleure.  La question est de savoir comment assurer cette vie meilleure pour eux et pour ceux qui les accueillent dans leurs villes?  Les gouvernements, a-t-elle répondu, reconnaissent l’importance d’investir dans les jeunes.  C’est la raison pour laquelle le dividende démographique, découlant de l’accès aux jeunes à l’éducation et aux opportunités économiques, est devenu « un cri de ralliement ».  La Directrice exécutive a attiré l’attention sur une étude du Bureau d’appui à la consolidation de la paix et du FNUAP qui montre qu’un jeune sur quatre dans le monde est affecté par la violence ou un conflit armé.  L’étude détruit le mythe « explosion démographique des jeunes égale risque accru de violence ».  Elle montre au contraire comment tous les jours, les jeunes travaillent dans leurs communautés pour apporter la paix, améliorer la gouvernance et défendre les droits de l’homme. 

Investissons dans les jeunes, a encouragé la Directrice exécutive, et plaçons notre confiance en eux pour relever les défis auxquels nous sommes confrontés.  « Le dividende démographique peut conduire au dividende pacifique », a-t-elle dit, avant de tuer un autre mythe: le développement élargit l’horizon et les aspirations et offre les moyens de partir.  Contrairement à ce qu’on pense, les gens des pays les moins avancés sont les moins susceptibles de partir. 

Passant à la protection de ceux qui ont réussi à partir, la Directrice exécutive a insisté sur le fait que le non accès aux services de santé sexuelle et reproductive est une des causes principales des morts et des maladies parmi les femmes et les filles déplacées.  Le FNUAP dit: « des accouchements sûrs, même ici », a déclaré la Directrice exécutive, parce que migrer enceinte accroît les risques de complication.  La santé sexuelle et reproductive doit être ouverte à tous les migrants, y compris les réfugiés et il faut lever les barrières des coûts, des centres de santé débordés, de la langue, du manque de transport, de la pollution ou encore du logement indécent.  Des services pour tous peuvent contribuer à atténuer la méfiance entre les gens et à lutter contre la discrimination, la xénophobie, le racisme voire la violence. 

Plus une personne bouge moins elle a de chance d’apparaître dans les données, a prévenu la Directrice exécutive, en conclusion.  Elle a donc insisté sur la qualité des données pour comprendre les motivations et les conditions de vie des migrants.  À la veille de son cinquantième anniversaire, le FNUAP se concentre sur trois résultats stratégiques: zéro demande non satisfaite en matière de planification familiale, zéro mortalité maternelle due à un évènement évitable et zéro violence et pratique néfaste contre les femmes et les filles.  La Directrice exécutive a averti que le financement de la collecte des données et de l’analyse des politiques stagnent depuis 2005 et celui de la santé sexuelle et reproductive, depuis 2011.

M. ELLIOT C. HARRIS, Sous-Secrétaire général chargé du développement économique et Économiste en chef de l’ONU, a souligné que malgré l’évolution des défis démographiques, deux choses sont restées constantes au cours des derniers 70 ans, à savoir la valeur intrinsèque du travail de la Division de la population du Département des affaires économiques et sociales (DAES) qui produit l’information essentielle sur les tendances et politiques démographiques pour éclairer les délibérations de la Commission de la population et du développement.  Le second élément est le besoin de la Commission de prodiguer des conseils avisés aux gens chargés d’élaborer les politiques sur les tendances démographiques actuelles et futures.

M. Elliot a souligné que le Programme d’action de la Conférence internationale sur la population et le développement, adopté au Caire en 1994, a été, est et restera une étape historique pour le développement humain, mettant en évidence les liens indispensables entre tous les domaines de la population et du développement.  Ce Programme d’action doit continuer d’éclairer nos actions mondiales, a-t-il plaidé, y compris, sur « les villes durables, la mobilité humaine et les migrations internationales ».  Il a rappelé que dans les années 1950, environ 750 millions de personnes vivaient dans des villes, alors que de nos jours, la population urbaine est constituée d’environ 4 milliards de personnes.  Cette croissance change radicalement le paysage des établissements humains, a-t-il relevé tout en notant qu’elle a des conséquences sur les conditions de vie, l’environnement et le développement durable. 

L’Économiste en chef de l’ONU a noté que la mobilité humaine ne cesse de croître, avec un nombre de migrants internationaux se chiffrant à 160 millions au moment de la Conférence du Caire en 1994 et à 258 millions aujourd’hui.  Une urbanisation rapide et une mauvaise gestion des migrations posent des défis sérieux au développement durable, a-t-il prévenu.  Les gouvernements nationaux et locaux doivent travailler ensemble pour mettre en œuvre les politiques qui tirent parti des bénéfices de l’urbanisation et des migrations internationales, tout en atténuant leurs aspects négatifs potentiels. 

Le Sous-Secrétaire général chargé du développement économique a par ailleurs rappelé que le Département des affaires économiques et social travaille en collaboration avec des agences des Nations Unies, la communauté des chercheurs et la société civile.  Le Département est conscient de l’importance des partenariats, car venir à bout des défis majeurs du développement mondial exige du système des Nations Unies qu’il soit « uni dans l’action ».  Il a rappelé que l’ONU a entrepris une réforme transformative, une « route vers une meilleure ONU », le but étant de démonter les silos institutionnels au lieu d’en créer de nouveaux.  Il a souhaité que la présente session enrichisse vraiment les négociations sur le futur pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières.

Le Directeur de la Division de la population du Département des affaires économiques et sociales, M. JOHN WILMOTH, a constaté que le débat sur les changements démographiques se concentre souvent sur quatre mégatendances: la croissance de la population, le vieillissement de la population, l’urbanisation et la migration internationale.  Ces mégatendances sont particulièrement importantes dans le contexte du Programme de développement à l’horizon 2030 puisque chacune d’entre elles est à la fois la cause et la conséquence d’autres processus majeurs du processus de développement.  L’année dernière, l’attention s’était focalisée sur le vieillissement de la population.  Cette année, ce sera l’urbanisation et la migration internationale.

La Commission, qui cette année, va mettre sa pierre à l’édifice du futur pacte mondial pour des migrations sûres, a cette caractéristique séduisante qu’elle travaille sur les trois piliers du développement durable: social, économique et environnemental.  En effet, depuis Thomas Malthus, les questions de population sont considérées comme des questions de viabilité des activités humaines, en tenant compte de la taille et des caractéristiques de la population mais aussi de la trajectoire anticipée du changement.

Débat général sur le thème « Villes durables, mobilité humaine et migrations internationales »

Au nom du G77 et la Chine, M. MOHAMED EDREES (Égypte) a appelé les organisations internationales et régionales, et la société civile, à travailler de concert pour promouvoir le renforcement des capacités et la coopération technique et contribuer ainsi à l’amélioration de la collecte, de la diffusion et de l’analyse des données sur les villes durables et la mobilité humaine.  Il a aussi appelé les États à honorer leurs engagements à assurer le plein respect des droits des réfugiés, des personnes déplacées et des migrants, « quel que soit leur statut », et à appuyer les villes d’accueil, conformément à la coopération internationale.  Dans cet environnement de ralentissement économique, d’instabilité financière, d’insécurité alimentaire, de crise de l’eau potable et d’impacts négatifs des changements climatiques, sans compter la résistance antimicrobienne et les maladies nouvelles et émergentes, le G77 et la Chine plaident pour le renforcement des efforts collectifs pour s’attaquer aux questions de population et de développement de manière intégrée et globale.

M. PHILIPP CHARWATH (Autriche), au nom de l’Union européenne, a estimé que pour créer des villes durables, l’innovation est essentielle.  Elle permet d’exploiter le potentiel économique et de tirer parti de la forte densité de population, comme un système de transport et de logements plus énergétiquement efficace et des services de base plus rentables. 

L’autre défi est d’assurer l’accès aux soins de santé sexuelle et reproductive à des populations en croissance rapide, en particulier les adolescents, les femmes et les filles, les personnes vulnérables.  À cet égard, il faut reconnaître le fardeau disproportionné du VIH-sida et des grossesses non désirées que portent les adolescentes et les jeunes femmes et la nécessité de politiques ciblées et d’investissements pour assurer un accès à la santé sexuelle et reproductive, aux contraceptifs modernes et à une éducation sexuelle complète.

Il faut, a insisté le représentant, tenir compte de la « grande cohorte » des jeunes dans les villes.  Il faut investir dans les jeunes car ils peuvent contribuer au développement économique s’ils ont les moyens d’exploiter leur potentiel.  Pour profiter du dividende démographique, il faut donc accorder une attention particulière aux droits de l’homme de tous les enfants, adolescents et jeunes, sans distinction d’aucune sorte, dont l’orientation et l’identité sexuelles. 

Le représentant a estimé que les questions de la mobilité humaine et des migrations internationales relèvent exclusivement du futur pacte mondial sur les migrations.  Il s’est donc félicité que le Président de la Commission ait proposé que la résolution sur le thème de cette année se concentre sur le lien entre urbanisation et migration.  Évitons les chevauchements, a voulu le représentant. 

Au nom du Groupe des États d’Afrique, M. ALADE AKINREMI BOLAJI (Nigéria) a souligné que l’Afrique est une des « composantes majeures » de l’accélération de l’urbanisation dans le monde, le continent devant compter, dans les 15 prochaines années, davantage de zones urbaines que rurales et 55% de citadins.  Selon ONU-Habitat, la contribution de l’Afrique à l’urbanisation mondiale doit passer de 11,3% en 2010 à 20,2%.  Mais la faculté des villes africaines à faire face à l’accélération de la mobilité humaine, notamment en ce qui concerne l’emploi, les services sociaux de base et la sécurité, s’avère limités.  Cette situation, a-t-il expliqué, rend les autorités et bien souvent les communautés urbaines à l’exode rural.

En Afrique, la migration et la mobilité humaine sont liées au terrorisme, aux guerres civiles, à la sécheresse ou aux catastrophes naturelles mais dominées par l’exode rural.  Selon les estimations, d’ici à 2063, 62% d’une population de 2,5 milliards d’Africains vivront dans les villes.  L’Afrique doit donc miser sur le renforcement des capacités humaines, la création d’emplois et l’élargissement de l’accès aux services sociaux de base.

L’Afrique doit promouvoir une utilisation durable de l’espace, en favorisant des transports publics bien intégrés et des économies d’énergie.  Elle a tout intérêt à libérer « l’énergie créative » des jeunes, en augmentant les investissements dans l’éducation, à la formation professionnelle, à la santé et au logement.  Cela nécessitera l’amélioration des systèmes juridiques, institutionnels et réglementaires mais aussi la mobilisation de financements innovants.

L’Afrique, a poursuivi le représentant, s’engage à coopérer pour assurer des migrations sûres, ordonnées et régulières et à veiller au plein respect des droits et au traitement humain des migrants, quel que soit leur statut.  Le continent s’engage à veiller à la libre circulation des personnes et des biens pour promouvoir les liens entre zones rurales et urbaines et l’intégration régionale.  Les politiques migratoires doivent être formulées de manière à maximiser les bénéfices des migrations et à en minimiser les coûts et les répercussions.

Ces politiques doivent donc se baser sur des faits et tenir compte de la situation des plus vulnérables, à commencer par les femmes et les enfants.  Il faut, a conclu le représentant, des partenariats bilatéraux, régionaux et internationaux pour réduire les obstacles à la libre circulation et assurer le plein respect des droits des migrants.  La migration doit devenir « un instrument de développement mutuel », a insisté le représentant, en plaidant pour des politiques de promotion de l’intégration des migrants et des rapatriés.

Au nom du Canada, de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande (groupe CANZ), M. CELESTE KINSEY (Canada) a demandé la pleine mise en œuvre du Programme d’action de la Conférence internationale sur la population et le développement.  Il a souligné que la pleine réalisation des droits humains, y compris les droits à la santé sexuelle et reproductive, l’éradication de la pauvreté, la promotion de l’égalité entre les genres et l’autonomisation de toutes les femmes et filles, est essentielle à l’édification d’un monde plus pacifique, plus inclusif et plus prospère.  Il a mentionné les principes qui, selon lui, devraient guider les négociations.  En premier lieu, la réalisation du potentiel humain n’est pas possible sans le respect des droits humains de tous, a-t-il déclaré.  « Cela veut dire qu’il faut remédier efficacement aux discriminations, à la violence et aux violations persistantes des droits humains, y compris à l’encontre des femmes et des filles. »

En second lieu, le développement ne peut être durable s’il n’est pas égalitaire et inclusif, a-t-il poursuivi, en appelant à la création de partenariats solides avec la société civile.  Il a encouragé les États à faire en sorte que les réponses apportées à l’urbanisation, à la mobilité humaine et aux migrations internationales visent à la mise en œuvre des objectifs de développement durable, « y compris pour les groupes marginalisés et vulnérables, tels que les migrants, les réfugiés et les LGBTIQ2 ».  Enfin, le délégué a souligné l’importance d’éviter tout doublon dans les négociations en cours sur les deux pactes internationaux.

M. SALEH BIN MOHAMMAD AL NABIT (Qatar) a reconnu que la migration et le développement sont les deux faces d’une même pièce.  Des migrations non réglementées constituent un défi majeur, et l’important est d’investir dans et pour les populations.  Le Qatar ne ménage aucun effort pour aider les réfugiés et les personnes déplacées, en particulier les jeunes victimes de conflits.  Le Qatar participe activement à la lutte contre la traite de personnes, l’esclavage, le travail forcé et le travail des enfants.  Mais, a souligné le représentant, mon pays est confronté depuis 10 mois à un blocus qui limite l’importation de marchandises, dont la nourriture et les médicaments. 

Avec une population estimée à 105 millions d’habitants, l’équilibre entre croissance démographique et croissance économique est plus que jamais pressant pour les Philippines, a relevé M. ERNESTO M. PERNIA.  Le pays tient compte de sa jeunesse et de sa population active croissante qui offre la possibilité de tirer parti du dividende démographique.  Des réformes politiques sont en cours dans les secteurs de l’éducation et de la santé, et le Gouvernement entend mettre en œuvre la loi sur la parenté responsable et la santé reproductive, laquelle institutionnalise les principes et objectifs de la Conférence du Caire.  Le représentant a annoncé que son pays autorise désormais les méthodes modernes de planification familiale.  L’utilisation des contraceptifs est passée de 38% en 2013 à 40% en 2017, ce qui a conduit à une baisse du taux de fertilité, de 3 enfants en 2013 à 2,7 enfants en 2017.

M. Pernia a souligné que la moitié de la population philippine vit dans les villes, ce qui fait de son pays, l’un des champions de l’urbanisation de la région Asie-Pacifique.  Le Gouvernement a lancé un vaste plan d’’infrastructures pour créer des villes durables et le programme « Construire, Construire, Construire » accorde ainsi la priorité, pour les quatre prochaines années, aux infrastructures essentielles afin de renforcer la mobilité humaine et la connectivité tout en impulsant la croissance économique.  Un autre programme, « Vert, Vert, Vert » envisage de transformer les 145 villes du pays en communautés durables, conformément au Nouveau Programmes pour les villes.  Tous les gouvernements locaux doivent préparer et mettre en œuvre des plans de gestion des terres et des politiques de zonage, dont l’établissement et l’utilisation de systèmes d’information sur les migrations afin de suivre les mouvements de la population dans le pays.  Le Gouvernement entend aussi lancer la toute première enquête nationale sur les migrations cette année afin d’établir des données sur les modèles migratoires.

Le pays compte 10 millions d’émigrés qui contribuent à l’économie nationale grâce à l’envoi de fonds.  Les Philippines ont donc établi des partenariats internationaux pour veiller au respect des droits des Philippins de l’étranger.  Le représentant a invité les pays développés et les partenaires à aider les pays en développement, y compris les pays à revenu intermédiaire, à renforcer leurs capacités de relever les défis liés à la viabilité des villes, à la mobilité humaine et aux migrations internationales.

M. ANDREI DAPKIUNAS (Bélarus) a jugé nécessaire d’élaborer un programme de mobilité à l’échelle nationale qui permettrait d’assurer une migration ordonnée, sûre et régulière.  Le Bélarus est frappé par le phénomène de l’exode rural.  Pour y faire face, le Gouvernement a mis en place une politique de développement des villes moyennes et petites.  Il a adopté une politique visant à réguler les migrations internes et à encourager la création de villes respectueuses de l’environnement.  Cette politique veut préserver les capacités du milieu rural de protéger son environnement.  Un projet pilote baptisé « la campagne de l’avenir » aide les familles à retourner en zone rurale.  Le projet « la petite patrie » vise à préserver le patrimoine des campagnes et son environnement.  Le représentant a ensuite souligné l’importance des données statistiques « essentielles pour pouvoir prendre des mesures de développement durable en faveur des populations ». 

Mme CUI LI, Vice-Ministre de la Commission nationale de la santé et de la planification familiale de la Chine, a indiqué que son pays compte la plus importante population de migrants au monde, 244 millions de personnes, soit 18% de la population nationale.  Elle a expliqué que les trois quarts de ces migrants sont originaires des zones rurales et que cette migration à large échelle avait permis d’optimiser la production tant dans les zones urbaines que rurales et d’élever le niveau de vie de la population.  La Chine est toutefois entrée dans une période de transition critique, les mouvements de population connaissant un ralentissement et le pays étant affronté au phénomène de vieillissement de sa population.  Ces dernières années, la Chine a mis l’accent sur l’accès des migrants aux services de la santé.  Elle plaide pour que l’on tienne compte de la mobilité humaine dans les programmes de développement.  Les acquis du développement doivent être accessibles à tous et promouvoir un accès équitable aux services publics.  La représentante a appelé à une meilleure collaboration afin de pouvoir élaborer les bonnes stratégies démographiques et mieux analyser les flux migratoires.

M. TAREK TAWFIK, Vice-Ministre de la santé de l’Égypte, a dit que dès les années 60, le Gouvernement a adopté des politiques de développement de nouvelles villes.  Des sites ont été identifiés pour créer ces nouvelles zones urbaines qui devaient accueillir plus de 20 millions d’habitants et en 1988, une loi sur leur gestion a été adoptée.  Compte tenu de l’importante diaspora égyptienne, le Gouvernement accorde une attention particulière aux questions d’urbanisation et de migrations.  Cette diaspora envoie chaque année au pays quelque 17 milliards de dollars, soit plus que les recettes du tourisme ou l’aide publique au développement (APD).  L’Égypte participe activement à la lutte contre la migration clandestine et coopère dûment avec les pays de destination, dans le cadre d’accords bilatéraux.  En 2010, des lois contre la migration clandestine et la traite des personnes ont été adoptées, suivies en 2017 par la Commission nationale de lutte contre la migration clandestine.

Mme PATRICIA CHEMOR RUIZ, Conseil national de la population du Mexique, a appelé à une bonne urbanisation, avertissant qu’une expansion non contrôlée des villes exacerbe les inégalités.  La représentante a affirmé que son pays déploie de nombreux efforts pour connecter les milliers de localités isolées au réseau des services sociaux.  Elle a, à son tour, plaidé pour des investissements dans les talents des populations, dont les jeunes qui doivent se voir offrir des opportunités d’emploi à l’étranger.  Pour sa part, le Mexique s’est engagé à adopter des politiques favorables aux 8,5 millions de migrants de la région, car pour le pays, la migration est une chance à saisir.

M. RENATA SZCZĘCH (Pologne) a souligné l’importance du rôle des villes dans le développement socioéconomique et détaillé la politique urbaine de son pays, une politique qui vise à renforcer la capacité des villes à créer des emplois et à améliorer la qualité de vie de ses habitants.  Le délégué a également mentionné le rôle actif joué par la Pologne dans la mise en œuvre du programme urbain de l’Union européenne.  Il a estimé que les négociations sur les deux pactes relatifs aux migrations et aux réfugiés ont pour objectif d’établir le cadre d’une large coopération internationale.  Ce cadre, a-t-il estimé, doit nous aider à regagner le contrôle des mouvements migratoires, tout en nous permettant d’apporter une aide importante à ceux qui en ont besoin, en premier lieu dans leur région d’origine.

S’il a reconnu la contribution potentielle des migrants au développement durable, le représentant a estimé que l’ampleur sans précédent des migrations clandestines rend quasiment impossible toute influence positive.  Il faut des politiques pour des migrations régulières, ordonnées et sûres, contrôlées par des États souverains et responsables qui coopèrent dans un cadre commun équilibré, a-t-il insisté.  La Pologne cherche à attirer des travailleurs migrants qualifiés pour remédier à la diminution de sa population active, a dit le représentant en s’enorgueillissant du rôle clef de la Pologne dans la stabilisation de la situation migratoire en Europe.  La majorité des migrants en Pologne sont des Ukrainiens qui bénéficient de facilités pour accéder au marché de l’emploi.

Mme GIFTY TWUM-AMPOFO, Vice-Ministre du genre, de l’enfance et de la protection sociale du Ghana, a déclaré que la croissance urbaine au Ghana a été principalement le fait de l’exode rural et d’une hausse naturelle de la démographie due au taux élevé de fertilité provoqué par les mariages et les grossesse précoces, l’offre insuffisante de planification familiale dans les zones rurales et les taux élevés de pauvreté.  La population du Grand Accra grandit à un taux de 3,1% contre 2,4% pour tout le pays.  Accra abrite la moitié de la population du Grand Accra.  En conséquence, la capitale et les autres zones urbaines devaient faire face à l’émergence des bidonvilles et ses corollaires dont l’évacuation des déchets et la pression sur les infrastructures sociales et économiques.

Pour créer des villes durables, le Ghana a élaboré un cadre de politique urbaine qui a pour objectif de promouvoir des établissements urbains durables, intégrés dans l’espace et développés avec logements, infrastructures adéquates, institutions efficientes et environnement de vie et de travail sain.  Deux nouveaux ministères dont l’un chargé des bidonvilles et des centres urbains et l’autre chargé de l’eau et de l’assainissement ont été créés.

Au niveau international, le Ghana qui était un pays d’accueil de migrants est devenu un pays d’origine.  Des jeunes ghanéens partent pour des voyages périlleux dans le désert par des moyens peu orthodoxes pour l’Europe et autres destinations.  Face à cette situation, le Gouvernement a élaboré sa politique nationale de migration pour gérer les flux migratoires par la réduction de la pauvreté et le développement durable.  Le Gouvernement a aussi pris des mesures pour éliminer les facteurs qui poussent les gens à migrer et aider à endiguer les migrations internes et internationales par un certain nombre de mesures concrètes.  Ces mesures et initiative vont de l’éducation aux opportunités économiques pour la jeunesse. 

Mme MAYSOON AL-ZOUBI (Jordanie) a souligné que les migrations internationales et la mobilité humaine occupent le devant de la scène internationale depuis 70 ans mais la scène jordanienne aussi, depuis que des vagues de migrants ont été forcés de fuir les conflits et les guerres dans leur pays pour se réfugier dans le Royaume hachémite.  Ces migrations ont affecté différents aspects de la vie jordanienne et lourdement pesé sur les ressources limitées du pays.  La Jordanie, a insisté la représentante, joue un rôle humanitaire « indéniable » puisqu’elle a accueilli 1,3 million de réfugiés syriens, ces sept dernières années, malgré la rareté de ses ressources et le peu de soutien de la communauté internationale.  Cet afflux massif a fait augmenter le taux de croissance démographique, altérer la structure de la population et retarder la réalisation du dividende démographique. 

Le grand nombre de Syriens qui s’est déversé sur le marché de l’emploi jordanien, en particulier dans le secteur informel, a fait chuter drastiquement l’offre d’emplois aux Jordaniens.  De même, l’augmentation des taux des mariages précoces, des naissances non déclarées et du travail des enfants syriens a eu une incidence culturelle et sociale négative.  Malgré tout, la Jordanie reste sur sa voie humanitaire et continue d’être un modèle de leadership régional et mondial face à la crise des réfugiés.  Le succès de modèle, a prévenu la représentante, exige néanmoins un appui soutenu et renforcé de la part des partenaires clefs pour préserver la résilience de la Jordanie et atténuer l’impact de ces crises régionales sans précédent.  Le pays, qui compte désormais près de 2,9 millions non-Jordaniens, connait une explosion de la population qui rend difficile la récolte des fruits du dividende démographique, a insisté une dernière fois la représentante. 

La diversité est un trait caractéristique des Brésiliens, s’est enorgueilli M. HUSSEIN KALOUT (Brésil).  Le pays, a-t-il insisté, tire sa force de sa diversité.  La migration est un phénomène humain à gérer et non un problème à résoudre.  Dans toutes les politiques, l’accent doit être mis sur l’être humain, le genre, la situation des enfants et les droits de l’homme.  Ces politiques doivent reconnaître que les migrants et la migration apportent des avantages significatifs aux pays d’origine comme aux pays de destination, dont le rajeunissement de la population et l’apport de compétences et de connaissances.  Les migrants, a insisté le représentant, créent des entreprises et donc des revenus et des investissements. 

C’est la lutte contre la discrimination, la pénalisation de la migration, le racisme, la xénophobie et l’intolérance qui doit être au cœur de nos débats, a estimé le représentant.  Les compatriotes qui vivent à l’étranger doivent être traités avec dignité et avoir accès à la justice, à la santé sexuelle et reproductive, à l’éducation et à un travail décent.  Depuis 2017, le Brésil s’est doté d’un cadre juridique qui est peut-être l’un des plus modernes au monde.  La nouvelle loi élargit les droits civiques, sociaux, culturels et économiques et les libertés fondamentales aux migrants, y compris les droits à la santé, l’éducation, la liberté d’expression et d’association, la protection de l’emploi, la possession d’avoirs financiers et non financiers.  La loi dispose que nul ne peut être incarcéré en raison de son statut migratoire.

M. VICTOR MORARU (République de Moldova) a dit que son pays faisait face au vieillissement de la population et à la baisse du taux de fécondité et de l’espérance de vie.  Ces tendances ont été exacerbées par l’émigration.  La fuite des cerveaux affecte véritablement le développement durable du pays.  En 2017, avec le soutien du FNUAP, une « nouvelle vision conceptuelle » a été élaborée dont la priorité est le bien-être démographique et non plus la sécurité démographique.  Pour y parvenir, des politiques proactives ont été mises en place pour réformer la politique de l’emploi et de la santé, sans oublier les congés parentaux pour mieux concilier vie familiale et vie professionnelle.  Pour contrer l’émigration, le Gouvernement a mis en œuvre des réformes politiques importantes dans les domaines économiques, judiciaires, sociaux et éducatifs.  La modernisation des infrastructures, des services publics, du climat des affaires et des lois pour les petites et moyennes entreprises, sans oublier la lutte contre la corruption a aussi été lancée. 

Le Gouvernement fait en sorte que le système éducatif réponde aux besoins du marché du travail.  Il a amélioré les cadres politiques et institutionnels du secteur de l’éducation pour promouvoir l’enseignement technique et professionnel et développer des partenariats entre le marché du travail et les instituts de formation.  Le représentant a insisté sur la coopération internationale et les partenariats entre pays d’origine, de transit et de destination.  À cet égard, le « Partenariat sur la mobilité » entre la République de Moldova et l’Union européenne offre un important instrument pour faire face à la question de la gestion des frontières, de la migration irrégulière, de la lutte contre la traite des personnes et du lien entre migration et développement.  La République de Moldova s’active sur le front des accords bilatéraux, s’agissant en particulier des droits de l’homme des migrants. 

M. MARTÍN GARCÍA MORITÁN (Argentine) a vu dans les négociations de la Commission un processus complémentaire à celles sur le pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières.  De même, il a jugé importantes les lignes directrices politiques que la Commission peut apporter aux futures discussions du Forum politique de haut niveau en vue de la réalisation de l’objectif 11 du développement durable relatif aux villes et aux communautés durables. 

L’Argentine est le pays d’Amérique latine qui reçoit le plus grand nombre de migrants, a rappelé le représentant, qui a cité le chiffre de 1,35 million permis de résidence que son pays a accordés depuis 2012, conformément à une politique migratoire « historiquement ouverte et accueillante », respectueuse des droits humains des migrants et partant du principe que la migration enrichit la société d’un apport multiculturel en plus de contribuer au commerce, au tourisme et au développement du pays.  En outre, l’Argentine a ratifié la plus grande partie des instruments internationaux de protection des migrants, réfugiés et apatrides.

L’Argentine espère que le Programme d’action du Caire et le Consensus de Montevideo contribuent avec le Programme de développement durable à l’horizon 2030 à aborder ces questions dans la perspective des droits de l’homme.  Pour le représentant, il est évident que les thèmes de la population sont liés d’une manière ou d’une autre à ceux des objectifs de développement durable.  Au-delà des thèmes propres aux travaux de la Commission, il a plaidé pour que celle-ci traite de questions transversales mentionnées dans le Programme d’action. 

Le représentant a souhaité que la Commission de la population continue d’être un espace de discussions constructives, ce qui est nécessaire pour dégager des consensus qui permettront d’apporter des réponses cohérentes et complètes aux questions relatives aux villes durables et à la migration.  Il a regretté qu’après le succès de la session de 2016, il n’ait pas été possible à la dernière session de parvenir à un résultat négocié.  L’Argentine renouvèle donc son engagement en faveur du multilatéralisme et du travail de la Commission et s’engage à travailler de manière constructive à cette session, a conclu le représentant.

M. NONTAWAT CHANDRTRI (Thaïlande) a révélé que son pays a attiré des millions de travailleurs migrants temporaires et permanents, légaux et illégaux, des pays voisins et d’ailleurs.  En 2016, près de quatre millions de non-thaïlandais vivaient dans le pays, avec une contribution à l’économie nationale estimée à 2 milliards de dollars par an ou autour de 6,2% du PIB.  Face à ces tendances et ces défis, le Gouvernement a élaboré un plan national de développement de la population de 20 ans avec une attention particulière sur l’égalité des sexes, l’autonomisation des femmes et la création de villes et établissements humains ouverts à tous, sûrs, résilients et durables. 

Promouvoir un accès équitable et abordable aux infrastructures sociales de base comme les services de santé, le transport public, l’éducation contribue à des villes durables et a un impact positif sur la mobilité humaine.  Se basant sur sa couverture sanitaire universelle, le Gouvernement a approuvé, en 2001, un programme obligatoire d’assurance médicale pour les migrants.  Les enfants de migrants ont accès à l’éducation de base de neuf ans indépendamment de leur nationalité ou statut juridique.  Chaque société doit pouvoir trouver ses propres moyens de faire face aux changements démographiques de manière équilibrée, bien planifiée et globale.    

M. GUSTAVE BAMBARA (Burkina Faso) a constaté que les pays en développement sont dans une dynamique urbaine qui nécessite une nouvelle vision pour mettre l’urbanisation au service du développement culturel et social, de la protection de l’environnement et d’une croissance économique durable.  Il a expliqué que son pays connait un taux d’urbanisation rapide, la population urbaine étant passé de 12,7% en 1985 à 22,7% en 2006, et estimé à 31,5% en 2016.  Il a indiqué qu’outre l’augmentation de besoins fondamentaux comme le logement, l’eau et l’emploi, la situation engendre des défis liés à la maîtrise de l’étalement urbain et la construction d’habitats précaires.

Le représentant a indiqué que le plan national de développement économique et social du Burkina Faso pour la période 2016-2020 porte notamment sur la promotion de la santé des populations et l’accélération de la transition démographique.  La mise en œuvre du plan, conjugué à la politique nationale de l’habitat et du développement urbain, doit ainsi permettre au pays de contrôler la dynamique de l’urbanisation en réduisant les mouvements de population vers les grandes villes.  Dans cette perspective, a-t-il poursuivi, le Burkina Faso entend mettre en place un mécanisme de protection sociale pour tous, garantir la sécurité alimentaire, promouvoir l’accès à l’éducation, créer des emplois décents dans les zones rurales et construire des villes durables, entre autres.  Le pays entend aussi protéger l’accès des migrants au travail, au logement et aux services sociaux de base.

M. TORE HATTREM (Norvège) a rappelé que 50% de la demande en moyens contraceptifs n’est pas satisfaite dans 45 pays et que, globalement, les complications de grossesse et postaccouchement sont la première cause de mortalité chez les femmes âgées de 15 à 19 ans.  La pauvreté a le visage d’une femme, a-t-il poursuivi, en notant que, parmi les 815 millions de personnes qui ont faim dans le monde, 6 sur 10 sont des femmes.  M. Hattrem a jugé essentiel d’autonomiser les femmes et défendu leur droit de décider de leur corps et de leur sexualité.  Une éducation sexuelle complète est cruciale.  « Nous ne pouvons pas accepter que la religion ou de soi-disant valeurs traditionnelles soient utilisées comme une excuse pour priver les femmes de leurs droits », a-t-il prévenu.  Il a demandé la lutte contre les mariages précoces et forcés et rappelé que la protection des droits de l’homme n’est pas le produit du développement mais un contributeur important au développement.

Le délégué a souligné l’importance de la question des migrations, puisque pratiquement tous les pays sont des points de départ, de transit ou de destination.  Si migrer peut autonomiser les hommes et les femmes en leur offrant de nouvelles opportunités, ce n’est pas sans risques, a-t-il reconnu, en parlant de risques plus élevés pour les femmes, les jeunes et les enfants.  « Nous devons faire plus pour protéger les migrants vulnérables, y compris les femmes et les enfants, des abus sexuels et garantir leur accès aux services de santé sexuelle et reproductive nécessaires. »

M. Hattrem a mentionné les « dilemmes » auxquels fait face la Commission cette année.  « Puisque nous négocions de manière parallèle un pacte mondial pour des migrations et un autre sur les réfugiés, nous devons éviter les chevauchements.  Il a voulu que l’on fasse fond sur ce qui a déjà été agréé, y compris la nécessité de normes internationales en matière de statistiques.  Il a rappelé que son pays ne fait pas la distinction entre migrants en situation régulière et en situation irrégulière s’agissant de l’accès aux services sociaux et médicaux.  Cependant, comme nous l’avons expliqué lors des négociations sur les pactes mondiaux, nous devons faire une distinction entre migrants en situation régulière et en situation irrégulière s’agissant du niveau des services fournis, à l’exception des enfants qui doivent pouvoir recevoir toutes les prestations indépendamment de leur situation. 

M. CHRISTOPH HEUSGEN (Allemagne) a souligné que les villes sont les moteurs de la croissance économique, ces dernières offrant de meilleures perspectives de revenus et étant d’importants marchés.  Mais l’urbanisation peut aussi être marquée par la pauvreté et la marginalisation, a-t-il averti, à l’instar des établissements informels où vivent 880 millions de personnes, soit plus des populations combinées de l’Union européenne et des États-Unis.  Il a souligné que l’action au niveau des villes sera essentielle à la réalisation du développement durable, deux tiers des objectifs de ce développement pouvant de surcroît seulement être réalisés « dans et avec les villes ».

Le représentant a estimé que pour être bénéfique aux pays d’origine, de transit et de destination, et aux migrants eux-mêmes, la migration doit être bien gérée et se dérouler de manière sûre, ordonnée et régulière.  Il a rappelé certaines des contributions de l’Allemagne à l’élaboration du futur pacte mondial pour les migrations.

Le délégué a constaté qu’en 2017, les femmes représentaient 50% des migrants internationaux.  Il a averti que dans les contextes de conflits, caractérisés par l’effondrement des systèmes d’appui, de santé et de droits sexuels et reproductifs, des femmes et des filles se retrouvent menacées.  Quelque 60% des cas de mortalité maternelle ont lieu dans des « contextes fragiles ».  Le représentant a indiqué que la politique de coopération au développement de l’Allemagne accorde la priorité à la promotion de la santé et des droits sexuels et reproductifs.  Le Gouvernement allemand, plaide de surcroît fermement en faveur d’une politique de planification familiale sexospécifique et axée sur le respect des droits ainsi que pour une éducation sexuelle qui tiennent compte de l’orientation sexuelle et de la diversité de genre.  Il a aussi insisté sur l’importance des données pour appuyer la planification politique.  Il a fait part d’une initiative de son pays qui permet d’aider les pays partenaires à recueillir et analyser les données nécessaires à l’élaboration des politiques démographiques ou urbaines.

M. JUAN CARLOS ALFONSO PRAGA (Cuba) a dit qu’en matière de développement, le Gouvernement a pris des mesures conformes à ses engagements internationaux comme les objectifs de développement durable.  Le développement social est l’élément fondateur de ces mesures.  Cuba est un pays à revenu intermédiaire grâce notamment à la performance de son système éducatif et de santé, et ce, en dépit du blocus économique imposé par les États-Unis.  La principale caractéristique de la population est son faible taux de croissance depuis 40 ans.  Depuis 2013, Cuba a modifié la loi sur la migration circulaire ou le retour des réfugiés immatriculés.  Cinquante-cinq pour cent de la population vivent dans 54 villes qui ont toutes élaboré des plans d’occupation des sols.  Près de 70% du budget du pays sont consacrés à la santé, l’éducation, la population et les logements.  Les pauvres, a prévenu le représentant, réclament dans le monde entier une meilleure redistribution des richesses et une meilleure protection de l’environnement.

M. SHAZAD NAWAZ CHEEMA (Pakistan) a dit que les neuf millions de Pakistanais dans le monde contribuent activement au développement du pays et de leurs communautés d’accueil.  Le Pakistan est l’un des pays les plus peuplés au monde et plus de 60% de sa population ont moins de 21 ans.  Ce dividende démographique peut être utilisé pour la croissance économique et, pour ce faire, le Gouvernement a développé une feuille de route du développement axé sur les jeunes.  Il est aussi disposé à travailler avec le reste du monde pour gérer les migrations internationales.  Le Gouvernement a d’ailleurs créé un groupe de travail à cet égard.  Le Pakistan, pour sa part, met l’accent sur le développement du milieu rural, la lutte contre la pauvreté et la création de projets d’appui aux objectifs de développement durable.

Mme FATEMEH ALIPANAH (République islamique d’Iran) a souligné que les zones urbaines bien planifiées sont importantes pour la croissance économique et le développement des sociétés.  Cependant les zones urbaines font face à des défis notables sur le plan de la durabilité, que ce soit en matière d’infrastructures, d’éducation, d’emploi et de services, notamment dans les pays en développement où se trouve la majorité des « mégavilles ».  Elle a voulu que l’on réponde à ces défis en promouvant la coopération internationale, et en renforçant les capacités et le transfert de technologies, entre autres.  La représentante a ensuite insisté sur la responsabilité première des gouvernements, s’agissant de l’élaboration des politiques urbaines et migratoires, notamment en ce qui concerne les exigences d’entrée, de résidence et d’emploi.

Elle a indiqué que plus de 70% de la population de l’Iran vit dans une zone urbaine, ce qui est largement au-dessus de la moyenne mondiale.  Face à ce phénomène, le Gouvernement a mis sur pied de nombreuses initiatives axées, entre autres, sur l’autonomisation des femmes, des jeunes et des personnes âgées, ainsi que sur l’élimination de la pauvreté et des inégalités dans les zones urbaines.  Elle a par ailleurs indiqué que son pays accueillera, du 22 au 24 octobre, à Téhéran, la septième Conférence ministérielle Asie-Pacifique sur le logement et le développement urbain.

Mme SANDRA MORENO (Honduras) a souligné que la migration est une composante essentielle de la transition urbaine.  Elle appelé au renforcement des synergies entre migration et développement à tous les niveaux et à la promotion de politiques migratoires planifiées et bien gérées.  Elle a indiqué que dans la région d’Amérique latine et des Caraïbes, le taux d’urbanisation, qui était de 41% en 1950, est passé à 70% en 2010 et que dans 20 ans, 90% de la population de la région vivra en zone urbaine.

Au Honduras, 40% de la population vit en zone urbaine, un taux qui devrait doubler à l’avenir.  Cette situation nécessite l’élargissement de l’accès des personnes vulnérables aux services de base et l’élimination des bidonvilles.  La représentante a parlé de la situation à Tegucigalpa, qui connaît le taux de pauvreté urbaine le plus important du pays.  Une stratégie a été lancée pour garantir l’accès de tous à des logements et à des services adéquats afin de prévenir, notamment, la prolifération des bidonvilles.  Grâce à ces initiatives, la capitale hondurienne est sur le point de devenir une ville durable, s’est-elle félicitée.

Mme ANAT FISHER-TSIN (Israël) a dit que son pays avait mis en œuvre un processus d’absorption fiable centré sur des services sociaux améliorés, la formation linguistique et la construction de communautés.  Dans les années 90, Israël a accueilli près d’un million de juifs de l’ancienne Union soviétique.  Afin d’absorber sans heurt cette vague de nouveaux immigrés, les dirigeants israéliens ont organisé des programmes d’intégration et adapté les services sociaux.  Le Gouvernement a créé des bourses de soutien pour les nouveaux migrants, des programmes de formation linguistique pour les enfants et les adultes, et a alloué aux autorités locales des fonds pour développer les services en faveur des immigrés.  Israël a encouragé les immigrés à s’établir dans des villes fortes et améliorées.  Le Gouvernement les a aidés à trouver et acheter des maisons et encouragé les propriétaires à louer leurs appartements aux immigrés, en offrant des exemptions fiscales sur les revenus tirés des loyers. 

Les employeurs qui ont recruté des immigrés ont reçu des aides financières et de nombreux programmes de formation professionnelle.  Cette approche promeut non seulement la cohésion sociale et l’intégration économique mais aussi la viabilité, en particulier pour les plus jeunes générations.  Israël donne la priorité à l’accès à l’éducation.  Les enfants des migrants ont droit à des aides scolaires de la maternelle au lycée.  Les étudiants migrants ont droit aux bourses d’études et peuvent participer aux cours préparatoires aux universités et recevoir des conseils gratuits.  C’est le succès des jeunes qui permet aux sociétés de prospérer.

La représentante a estimé que l’autonomisation des femmes est la priorité des priorités.  Le Gouvernement donne aux femmes migrantes des programmes de formation qui leur permettent d’acquérir des compétences professionnelles et de poursuivre des opportunités économiques et d’être des leaders.  Aujourd’hui, près des 40% de la population israélienne sont de la première génération d’immigrés et 40% sont de la deuxième génération née en Israël.  Notre population d’immigrés fait partie intégrante de notre société et a contribué à la croissance économique, aux découvertes scientifiques et aux développements technologiques.  Elle a enrichi notre pays avec son art, sa musique et sa cuisine.  En 70 ans, les immigrés ont tissé des fils encore plus colorés dans le riche tissu d’Israël, s’est réjouie la représentante. 

Pour Mme HELENA DEL CARMEN YÁNEZ LOZA (Équateur), il est impératif de traiter correctement des questions du mouvement des populations des campagnes vers les villes, entre villes de taille différentes  ou encore d’un pays à un autre, en tenant compte du fait que les villes sont le centre de l’activité sociale, économique et politique et que s’y concentre une part toujours croissante de la population mondiale.  Elle a également rappelé que la Conférence mondiale sur la population et le développement de 1994 avait reconnu le lien étroit entre migration, urbanisation et développement, ainsi que les risques liés à une concentration excessive ou à une croissance effrénée de l’urbanisation.

La représentante a rappelé que la Conférence Habitat III a établi une nouvelle feuille de route pour faire de l’urbanisation le moteur d’une croissance économique durable et inclusive, du développement social et culturel et de la protection de l’environnement.  Elle a réitéré l’engagement de l’Équateur en faveur du Nouveau Programme des villes, dont la mise en œuvre contribuera à la réalisation du Programme de développement durable à l’horizon 2030.  Mme Yánez Loza a également rappelé le rôle joué par la Conférence de haut niveau de 2006 sur la migration internationale et le développement et la Déclaration adoptée lors de la seconde réunion de ce type en 2013, qui reconnaissait la mobilité humaine comme un facteur fondamental du développement durable.

La représentante a ensuite présenté les efforts de son pays pour incorporer le Programme de développement durable à l’horizon 2030 dans son système de planification nationale, dont le principal est le Plan national de développement « Toute une vie » qui porte sur la période 2017-2021.  De même, pour faciliter la mobilité humaine, l’Équateur a pris des initiatives pour que ses ressortissants et les étrangers sur son sol bénéficient sur un pied d’égalité des services sociaux, tels que l’éducation, la santé, la protection sociale ou l’emploi.

M. MARKUS SCHWYN (Suisse) a indiqué que le potentiel de développement qu’offre la migration peut être davantage utilisé si les questions de migration sont systématiquement intégrées dans les politiques sectorielles ou dans les stratégies de développement régionales, nationales ou locales.  Il a indiqué que la Suisse cible l’intégration des migrants et des réfugiés dans les mesures d’accompagnement concernant l’utilisation potentielle de leur force de travail.  À cette fin, le Gouvernement vise à relever le niveau de qualification des travailleurs « indigènes » et étrangers et à intégrer les réfugiés reconnus et les personnes admises à titre provisoire au marché du travail.  Il a expliqué qu’en Suisse, 2,5 millions de personnes âgées de 15 ans ou plus sont issues de la migration, et que leur intégration constitue un enjeu majeur de la société.  À cette fin, des données fiables et différenciées ont été établies.  Il a ensuite parlé du projet « City Statistics », établi pour le « monitorage » des villes durables et qui fournit des informations et des points de comparaison sur plusieurs aspects des conditions de vie dans les villes suisses et européennes.

Débat interactif

Cette discussion a été l’occasion pour le Président-Directeur général du GORA Corp, M. GORA MBOUP de faire un exposé sur l’urbanisation et la migration.  Les migrations sont essentielles pour les villes en particulier celles qui font face au vieillissement de leur population, a souligné l’ancien Chef de l’observatoire mondial des villes d’ONU-Habitat.  C’est la recherche d’emploi, l’accès à une meilleure éducation, les conflits et les catastrophes qui poussent les gens à partir pour les villes.  Dans des villes non préparées, l’afflux massif de nouveaux arrivants s’accompagnent de l’apparition des bidonvilles comme en Afrique où deux tiers des citadins vivent dans ce genre de quartiers, sans confort et risquant à tout moment d’être expulsés.  Dans certains pays africains, l’urbanisation accélérée a même fait chuter le PIB.  Pour contribuer au développement, l’urbanisation doit être règlementée.

Dans une ville comme Dubaï, 10% seulement de la population est émiratie, le reste est constitué de migrants qui forment le gros de la population active et font tourner l’économie.  Aux États-Unis, les migrants ont contribué à la renaissance de villes comme Detroit et dans les villes européennes, ils ont inversé la courbe du vieillissement de la population. 

Les migrants apportent aussi des solutions à leur pays d’origine: en 2016, leurs envois de fonds s’élevaient à 575 milliards de dollars, soit plus que l’aide publique au développement (APD).  Partenaires au développement, les migrants assurent un tiers du PIB dans certains pays, donc sans eux, les gens seraient encore plus tentés de fuir leur pays.  Mais tous les migrants ne sont pas des pourvoyeurs de fonds.  Il y a aussi les réfugiés qui désormais sont les boucs émissaires des partis politiques et de leurs discours populistes.  La crise des migrants continue de frapper, comme en atteste le chiffre de 3108 morts en 2017. 

M. GORA MBOUP a plaidé pour un partenariat mondial impliquant les gouvernements, les institutions financières, le secteur privé et les migrants qui devront être traités comme des partenaires.

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