Syrie: pour répondre à l’urgence, le Conseil de sécurité reconduit son Mécanisme de surveillance de l’aide transfrontalière humanitaire

CS/13620
13 décembre 2018
8423e séance – après-midi

Syrie: pour répondre à l’urgence, le Conseil de sécurité reconduit son Mécanisme de surveillance de l’aide transfrontalière humanitaire

Confronté à une situation humanitaire en Syrie toujours aussi alarmante, le Conseil de sécurité a adopté aujourd’hui, une résolution qui proroge de 12 mois, jusqu’au 10 janvier 2020, le Mécanisme de surveillance de l’acheminement de l’aide transfrontalière, initié par sa résolution 2165 (2014).

Par la résolution 2449 (2018), adoptée par 13 voix pour et les abstentions de la Chine et de la Fédération de Russie, le Conseil décide de reconduire ce Mécanisme chargé de contrôler, avec l’accord des pays voisins de la Syrie, le chargement de toutes les expéditions de secours humanitaires des agences humanitaires des Nations Unies vers la Syrie, par les points de passage frontaliers de Bab al-Salam, Bab al-Hawa, Al-Yarubiyah et Al-Ramtha, sur notification de l’ONU aux autorités syriennes.

Soucieux de garantir qu’une aide humanitaire « plus efficace » sera fournie à la Syrie en 2019, le Conseil exige de nouveau que toutes les parties, « en particulier les autorités syriennes », s’acquittent sans délai des obligations que leur impose le droit international et exige également qu’elles appliquent sans délai l’ensemble des dispositions des résolutions pertinentes, notamment les sept textes adoptés entre 2014 et 2018.

Le Conseil exige, en outre, que toutes les parties accordent aux convois humanitaires des entités des Nations Unies et de leurs partenaires d’exécution, notamment ceux qui transportent des fournitures médicales et chirurgicales, un accès « sûr, durable et sans entrave » à toutes les zones et populations recensées dans le cadre de l’évaluation des besoins réalisée par les entités de l’ONU dans toutes les régions de la Syrie.

Dans ce contexte, le Conseil déclare de nouveau qu’en l’absence de règlement politique du conflit syrien, « la situation continuera de se détériorer » et exige que toutes les dispositions de la résolution 2254 (2015) soient appliquées sans délai pour « faciliter une transition politique conduite par les Syriens et prise en main par eux », conformément au Communiqué de Genève et comme énoncé dans les Déclarations du Groupe international de soutien pour la Syrie.

Enfin, soulignant que « c’est au peuple syrien qu’il appartient de décider de l’avenir de son pays », le Conseil prie le Secrétaire général de lui faire chaque mois le point de la situation et de lui soumettre régulièrement, et au moins tous les 60 jours, un rapport sur l’application des résolutions pertinentes ainsi que sur le respect de leurs dispositions par toutes les parties concernées en Syrie.

L’adoption de ce texte intervient alors que, comme l’a signalé M. Mark Lowcock, Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires, l’insécurité demeure en de nombreux points du territoire syrien et que « des incidents concernant des civils sont signalés tous les jours ».  La région d’Edleb est ainsi « au bord de la catastrophe humanitaire », a-t-il averti, estimant par ailleurs à plus de 6 000 le nombre des personnes prises au piège dans les zones sous contrôle de l’État islamique d’Iraq et du Levant (EIIL), à l’est de l’Euphrate, dans la province de Deïr el-Zor.   

M. Lowcock a par ailleurs indiqué que les Nations Unies redoublaient d’efforts pour permettre le passage et l’accès d’un second convoi humanitaire au camp de Roukban, où 40 000 civils « souffrent toujours et meurent ».  Après le succès du premier convoi, arrivé sur place en novembre, le Secrétaire général adjoint a appelé les parties à fournir « les autorisations et les lettres nécessaires » pour permettre à ce nouvel envoi d’atteindre sa destination « sans délai ni entrave ».  

Face à cette impasse, la plupart des délégations ont réaffirmé leur engagement en faveur du Mécanisme de surveillance de l’acheminement de l’aide transfrontalière en Syrie.  Rappelant leur position de premier bailleur de l’aide humanitaire en Syrie, soit 9 milliards de dollars, les États-Unis ont assuré qu’ils continueraient à l’honorer.  Ils se sont toutefois dits conscients que la situation sur le terrain « ne s’améliore pas, contrairement à ce qu’affirment certains pays ».

À l’inverse, la Fédération de Russie a justifié son abstention en jugeant que le Mécanisme « manque de transparence et ne tient pas compte de la réalité sur le terrain ».  Pour la délégation russe, « la nouvelle réalité plaide pour que l’on procède à un retrait de ce Mécanisme « critiqué et tronqué ».  De surcroît, la résolution adoptée ne fait pas mention des efforts du Gouvernement syrien, notamment pour permettre le retour de 250 000 déplacés et réfugiés, a-t-elle constaté, déplorant la « politisation des questions humanitaires ».

À l’unisson, la Chine a fait valoir qu’en vertu de la Charte de l’ONU, il faut s’en tenir aux « principes d’impartialité et de non-politisation ».  L’assistance transfrontalière étant « un mécanisme spécifique qui répond à des exigences spécifiques », le Conseil de sécurité devrait faire montre de « davantage de transparence » et travailler en coordination avec le Gouvernement syrien pour éviter que l’aide humanitaire ne tombe aux mains de groupes terroristes, a-t-elle professé, non sans regretter que ses revendications ne soient pas reflétées dans le texte.

La République arabe syrienne a, pour sa part, estimé que les États-Unis, la France, le Koweït, le Royaume-Uni et la Suède, coauteurs de la résolution, s’étaient concentrés sur l’extension de l’assistance transfrontalière afin de « bafouer la souveraineté syrienne ».  La délégation en a voulu pour « preuves » que le Mécanisme ne fournit que 5% de l’assistance humanitaire en Syrie et le fait que, selon elle, des convois qui devaient acheminer de l’aide humanitaire transportaient des armes.

Les membres du Conseil se sont, en revanche, accordés pour reconnaître qu’il n’y aura pas de solution humanitaire durable sans un processus politique crédible. La France a ainsi jugé indispensable de permettre le lancement par l’ONU d’une première réunion du Comité constitutionnel avant la fin de l’année, conformément aux engagements pris à Istanbul le 27 octobre dernier.  Selon la Fédération de Russie, les négociations seraient aujourd’hui « en phase intensive », sous l’impulsion des garants du processus d’Astana.     

LA SITUATION AU MOYEN-ORIENT

Projet de résolution S/2018/1110

Le Conseil de sécurité,

Rappelant ses résolutions 2042 (2012), 2043 (2012), 2118 (2013), 2139 (2014), 2165 (2014), 2175 (2014), 2191 (2014), 2209 (2015), 2235 (2015), 2254 (2015), 2258 (2015), 2268 (2016), 2286 (2016), 2332 (2016), 2336 (2016), 2393 (2017) et 2401 (2018), et les déclarations de sa présidence des 3 août 2011 (S/PRST/2011/16), 21 mars 2012 (S/PRST/2012/6), 5 avril 2012 (S/PRST/2012/10), 2 octobre 2013 (S/PRST/2013/15), 24 avril 2015 (S/PRST/2015/10) et 17 août 2015 (S/PRST/2015/15),

Réaffirmant son ferme attachement à la souveraineté, à l’indépendance, à l’unité et à l’intégrité territoriale de la Syrie, ainsi qu’aux buts et principes énoncés dans la Charte des Nations Unies,

Exprimant son indignation devant l’escalade de la violence, qui a atteint un niveau inacceptable, et devant la mort, dans le conflit syrien, de centaines de milliers de personnes, dont des dizaines de milliers d’enfants,

Se disant à nouveau profondément affligé par la persistance de la situation humanitaire effroyable que connaît la Syrie et le fait que le nombre de personnes y ayant besoin d’une aide humanitaire d’urgence, notamment d’une assistance médicale, dépasse 13 millions – dont 6,2 millions, y compris des réfugiés palestiniens, sont des déplacés, et plus d’un million vivent toujours dans des zones difficiles d’accès,

Exprimant sa grave préoccupation devant le fait que les dispositions de ses résolutions 2139 (2014), 2165 (2014), 2191 (2014), 2258 (2015), 2332 (2016), 2393 (2017) et 2401 (2018) ne sont toujours pas pleinement appliquées et rappelant à cet égard les obligations qui incombent à toutes les parties en vertu du droit international humanitaire et du droit international des droits de l’homme, ainsi que de toutes ses décisions pertinentes, notamment celle de mettre fin aux attaques visant des civils et des installations civiles, en particulier les attaques contre des écoles et des installations médicales, le recours sans discrimination à des moyens armés tels que l’artillerie, les barils d’explosifs et les frappes aériennes, les bombardements aveugles au mortier, les attentats à la voiture piégée, les attentats-suicides et la pose de bombes dans des tunnels, ainsi que le recours généralisé à la torture, aux mauvais traitements, aux exécutions arbitraires, aux exécutions extrajudiciaires, aux disparitions forcées, à la violence sexuelle et sexiste, ainsi qu’aux violations et exactions graves commises sur la personne d’enfants,

Notant les progrès accomplis, puisque des zones de la Syrie ont été reprises à l’État islamique d’Iraq et du Levant (EIIL, également connu sous le nom de Daech) et au Front el-Nosra, mais se déclarant vivement préoccupé par le fait que certaines zones demeurent sous leur contrôle et que leur présence, leur idéologie extrémiste violente et leurs agissements sont préjudiciables à la stabilité de la Syrie et de la région, et ont des conséquences dévastatrices, notamment sur le plan humanitaire, qui ont causé le déplacement de centaines de milliers de civils et la destruction illégale du patrimoine culturel, réaffirmant sa volonté de répondre à la menace, sous tous ses aspects, que constituent l’EIIL (également connu sous le nom de Daech), le Front el-Nosra et tous les autres individus, groupes, entreprises et entités associés à Al-Qaida, ainsi que les autres groupes terroristes qu’il a qualifiés comme tels ou qui pourraient par la suite être considérés comme tels par le Groupe international de soutien pour la Syrie et qualifiés comme tels par lui, et demandant que les dispositions de ses résolutions 2170 (2014), 2178 (2014), 2199 (2015), 2249 (2015), 2253 (2015), 2347 (2017), 2354 (2017), 2368 (2017) et 2370 (2017) soient appliquées intégralement,

Se déclarant également gravement préoccupé par les mouvements de combattants terroristes étrangers et d’autres terroristes et groupes terroristes à destination et en provenance de la Syrie et demandant de nouveau à tous les États de prendre, en conformité avec le droit international, des mesures visant à prévenir et endiguer l’afflux de combattants terroristes étrangers qui rejoignent l’EIIL, le Front el-Nosra et tous les autres individus, groupes, entreprises et entités qui sont associés à l’EIIL ou à Al-Qaida, ainsi que les autres groupes terroristes qu’il a qualifiés comme  tels ou qui pourraient par la suite être considérés comme tels par le Groupe international de soutien pour la Syrie et qualifiés comme tels par lui,

Réaffirmant que les États Membres doivent veiller à ce que les mesures qu’ils prennent pour lutter contre le terrorisme soient conformes aux obligations que leur impose le droit international, en particulier le droit international des droits de l’homme, le droit international des réfugiés et le droit international humanitaire,

Réaffirmant que c’est aux autorités syriennes qu’il incombe au premier chef de protéger la population en Syrie, déclarant de nouveau que les parties au conflit armé sont tenues de prendre toutes les mesures possibles pour protéger les civils et rappelant à cet égard qu’il exige que toutes les parties au conflit armé s’acquittent intégralement des obligations que leur impose le droit international pour ce qui est de la protection des civils en temps de conflit armé, y compris les journalistes, les professionnels des médias et le personnel associé,

Rappelant qu’il a fermement condamné toutes les formes de violence et d’intimidation auxquelles continuent d’être exposés ceux et celles qui participent à des opérations humanitaires, ainsi que les attaques contre les convois humanitaires et les actes de destruction et de pillage de leurs biens, et demandé instamment à toutes les parties impliquées dans un conflit armé de favoriser la sûreté, la sécurité et la libre circulation du personnel humanitaire, en particulier le personnel médical et les agents humanitaires dont l’activité est d’ordre exclusivement médical, et du personnel des Nations Unies et du personnel associé, ainsi que de leurs biens, exprimant son admiration pour le zèle et le dévouement des volontaires du Croissant-Rouge syrien et des autres agents humanitaires qui travaillent dans des conditions extrêmement difficiles, et exhortant toutes les parties à prendre toutes les mesures qui s’imposent pour garantir la sûreté et la sécurité du personnel des Nations Unies et du personnel associé, du personnel des institutions spécialisées du système et de toutes les autres personnes participant à des activités de secours humanitaires,

Notant que les entités des Nations Unies et leurs partenaires d’exécution ont apporté une aide humanitaire à 5,4 millions de personnes en moyenne chaque mois en 2018, dont une partie vitale et salvatrice a été acheminée à travers les frontières, y compris la fourniture d’une aide alimentaire à un million de personnes en moyenne par mois, et qu’elles ont notamment distribué, depuis le début des opérations en 2014, des articles non alimentaires à 6 millions de personnes, apporté une aide médicale sous forme de 25 millions de traitements et approvisionné en eau et en matériel d’assainissement plus de 5 millions de personnes,

Redisant la grave préoccupation que lui inspirent les obstacles de toutes sortes qui gênent l’acheminement de l’aide humanitaire, notant que l’EIIL (également connu sous le nom de Daech), le Front el-Nosra et tous les autres individus, groupes, entreprises et entités associés à Al-Qaida entravent la fourniture de l’aide humanitaire et se livrent à des manœuvres visant à perturber et à bloquer l’acheminement de l’aide,

Redisant également la grave préoccupation que lui inspirent les entraves continues à l’acheminement d’une aide humanitaire durable et adaptée aux besoins dans tout le pays par les voies les plus directes, notamment vers les zones difficiles d’accès, et à travers les lignes de front,

Se déclarant gravement préoccupé de ce que l’accès aux soins médicaux demeure très limité, et réaffirmant qu’il faut respecter le principe de la neutralité du corps médical, faciliter le libre passage, dans toutes les zones, du personnel médical, du matériel, des transports et des fournitures connexes, y compris des articles chirurgicaux,

Réaffirmant qu’il faut aider les entités des Nations Unies et leurs partenaires d’exécution à acheminer l’aide humanitaire auprès de toutes les personnes qui en ont besoin en Syrie, et rappelant également qu’il a décidé dans sa résolution 2165 (2014) que toutes les parties syriennes au conflit devaient laisser ces entités et leurs partenaires d’exécution acheminer l’aide humanitaire dans toute la Syrie, directement et sans entrave, sur la base des évaluations des besoins effectuées par les entités des Nations Unies, cette aide étant dénuée de tous préjugés ou motivations politiques, et notamment lever immédiatement tous les obstacles à la fourniture de l’aide humanitaire,

Prenant note du rapport du Secrétaire général en date du 19 juin 2018 (S/2018/617) sur l’examen des opérations transfrontières des Nations Unies et prenant note également de l’action menée pour mettre en œuvre les recommandations qui y sont formulées, et soulignant qu’il importe de veiller à ce que l’aide et les services humanitaires soient fournis de façon impartiale, non discriminatoire et en fonction des besoins, y compris au stade de la distribution, et à ce que ce soit les personnes en ayant le plus besoin qui en bénéficient effectivement, et à que cette aide et ces services ne soient pas détournés à d’autres fins,

Saluant le travail accompli par le mécanisme de surveillance qui, conformément aux résolutions 2165 (2014), 2191 (2014), 2258 (2015), 2332 (2016) et 2393 (2017), contrôle les chargements et confirme leur nature humanitaire, le remerciant de ce qu’il fait pour aider les entités des Nations Unies et leurs partenaires d’exécution à faire passer l’aide humanitaire par les frontières, soulignant qu’il importe de contrôler plus rigoureusement la nature humanitaire des secours des entités des Nations Unies et leur livraison à l’intérieur de la Syrie, et encourageant ces entités et leurs partenaires d’exécution à continuer de prendre des mesures pour multiplier les livraisons d’aide humanitaire dans tout le pays, notamment dans les zones difficiles d’accès,

Rappelant qu’il faut que toutes les parties respectent les dispositions du droit international humanitaire sur la question et les principes directeurs de l’Organisation des Nations Unies relatifs à l’aide humanitaire d’urgence, soulignant qu’il importe, dans le cadre de l’aide humanitaire, de défendre les principes d’humanité, de neutralité, d’impartialité et d’indépendance, et rappelant qu’il importe également que les convois humanitaires parviennent à leurs destinataires,

Notant que les accords de cessez-le-feu qui sont conformes aux principes humanitaires et aux dispositions du droit international humanitaire peuvent contribuer à faciliter l’acheminement de l’aide et, par conséquent, à sauver la vie de civils, demandant à nouveau à toutes les parties de respecter et d’honorer les engagements qu’elles ont pris au titre des accords de cessez-le-feu conclus antérieurement et d’appliquer intégralement les résolutions 2268 (2016) et 2401 (2018), ce qui constituerait un pas vers un cessez-le-feu global à l’échelle nationale, et soulignant que l’accès humanitaire doit faire partie de ces efforts, conformément au droit international humanitaire,

Se déclarant vivement préoccupé par le fait que plus de 5,6 millions de réfugiés, dont plus de 4,2 millions de femmes et d’enfants, ont fui la Syrie en raison de la poursuite des violences,

Réaffirmant qu’il apprécie sincèrement les efforts importants et admirables que font les pays de la région, notamment le Liban, la Jordanie, la Turquie, l’Iraq et l’Égypte, pour accueillir les réfugiés syriens, et ayant conscience du coût très élevé que représente cette crise pour ces pays et des graves difficultés sociales qu’elle leur pose,

Rappelant qu’il faut créer dans tout le pays les conditions facilitant le retour volontaire des réfugiés et des déplacés à leur domicile en Syrie, dans la sécurité et la dignité, conformément au droit international, y compris les dispositions applicables de la Convention et du Protocole relatifs au statut des réfugiés, tout en tenant compte des intérêts des pays accueillant des réfugiés,

Demandant à la communauté internationale de renforcer son assistance à la Syrie en accroissant l’aide humanitaire qu’elle lui apporte, notant avec préoccupation que l’intervention de la communauté internationale face à la crise qui touche la Syrie et la région ne permet toujours pas de répondre aux besoins qu’ont évalués les gouvernements des pays d’accueil et les entités des Nations Unies, engageant de nouveau vivement tous les États Membres à prêter leur concours à ces entités et aux pays de la région, en vertu des principes régissant le partage des charges, notamment en prenant des mesures à moyen et à long terme pour atténuer les conséquences de la crise pour la population, en assurant un financement plus important, modulable et prévisible et en intensifiant les mesures de réinstallation, et prenant note de la deuxième conférence sur l’aide à apporter pour l’avenir de la Syrie et des pays de la région, tenue à Bruxelles en avril 2018 et coprésidée par l’Union européenne et l’Organisation des Nations Unies,

Demandant que soient accélérées de toute urgence les activités de déminage humanitaire menées sur tout le territoire syrien,

Condamnant fermement la détention arbitraire et la torture pratiquées en Syrie, notamment dans les prisons et autres lieux de détention, ainsi que les enlèvements, séquestrations, prises d’otages et disparitions forcées, et exigeant que ces pratiques cessent immédiatement et que toutes les personnes arbitrairement détenues, en premier lieu les femmes et les enfants, soient libérées, de même que les personnes malades, blessées, handicapées ou âgées, ainsi que le personnel des Nations Unies, les travailleurs humanitaires et les journalistes,

Notant avec une vive inquiétude que l’impunité qui règne en Syrie contribue à la généralisation des violations des droits de l’homme, des atteintes à ces droits et des infractions au droit international humanitaire, soulignant qu’il faut mettre fin à l’impunité de leurs auteurs et réaffirmant, à cet égard, que ceux qui en ont commis en Syrie ou en sont responsables de quelque autre manière doivent être traduits en justice,

Soulignant que la situation humanitaire continuera de se détériorer en l’absence d’un règlement politique du conflit syrien qui soit conforme aux dispositions de la résolution 2254 (2015), demandant à toutes les parties d’avancer dans ce sens et d’instaurer des mesures de confiance, et saluant l’action menée par le Bureau de l’Envoyé spécial de l’Organisation des Nations Unies et la communauté internationale, y compris dans le cadre du processus d’Astana, pour obtenir la libération rapide de toute personne détenue arbitrairement, en particulier les femmes et les enfants, la remise des corps et l’identification des personnes portées disparues,

Considérant que la situation humanitaire catastrophique qui règne en Syrie continue de faire peser une menace sur la paix et la sécurité dans la région,

Soulignant que l’Article 25 de la Charte des Nations Unies fait obligation aux États Membres d’accepter et d’appliquer ses décisions,

1.    Exhorte toutes les parties à garantir qu’une aide humanitaire plus efficace et respectueuse des principes établis sera fournie durablement à la Syrie en 2019 ;

2.    Exige de nouveau que toutes les parties, en particulier les autorités syriennes, s’acquittent sans délai des obligations que leur impose le droit international, notamment, selon les cas, le droit international humanitaire et le droit international des droits de l’homme, exige également qu’elles appliquent sans délai l’ensemble des dispositions de ses résolutions pertinentes, notamment les résolutions 2139 (2014), 2165 (2014), 2191 (2014), 2258 (2015),2332 (2016), 2393 (2017) et 2401 (2018), et réaffirme que certaines des exactions commises en Syrie pourraient constituer des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité ;

3.    Décide de prolonger l’application des mesures prises aux paragraphes 2 et 3 de sa résolution 2165 (2014) pour une nouvelle période de douze mois, à savoir jusqu’au 10 janvier 2020 ;

4.    Exige que toutes les parties accordent aux convois humanitaires des entités des Nations Unies et de leurs partenaires d’exécution, notamment ceux qui transportent des fournitures médicales et chirurgicales, un accès sûr, durable et sans entrave à toutes les zones et populations recensées dans le cadre de l’évaluation des besoins réalisée par les entités des Nations Unies dans toutes les régions de la Syrie ;

5.    Déclare de nouveau qu’en l’absence de règlement politique du conflit syrien, la situation continuera de se détériorer et exige à nouveau que toutes les dispositions de la résolution 2254 (2015) soient appliquées sans délai pour faciliter une transition politique conduite par les Syriens et prise en main par eux, conformément au Communiqué de Genève et comme énoncé dans les Déclarations du Groupe international de soutien pour la Syrie, en vue de mettre un terme au conflit, et souligne une fois encore que c’est au peuple syrien qu’il appartient de décider de l’avenir de son pays ;

6.    Prie le Secrétaire général de lui faire chaque mois le point de la situation et de lui soumettre régulièrement, et au moins tous les 60 jours, un rapport sur l’application des résolutions 2139 (2014), 2165 (2014), 2191 (2014), 2258 (2015), 2332 (2016), 2393 (2017) et 2401 (2018) et celle de la présente résolution ainsi que sur le respect de leurs dispositions par toutes les parties concernées en Syrie, et le prie également de continuer de lui faire part, dans ses rapports, de l’évolution d’ensemble de l’accès humanitaire transfrontière et à travers les lignes de front, et d’informations plus détaillées sur l’aide humanitaire fournie dans le cadre des opérations transfrontières humanitaires des entités des Nations Unies, comme l’autorise la résolution 2165 (2014), y compris le nombre de bénéficiaires, les lieux de livraison de l’aide dans les districts et le volume et la nature des marchandises livrées ;

7.    Réaffirme qu’en cas de non-respect de la présente résolution ou des résolutions 2139 (2014), 2165 (2014), 2191 (2014), 2258 (2015), 2332 (2016), 2393 (2017) et 2401 (2018), il prendra d’autres mesures, en vertu de la Charte des Nations Unies,

8.    Décide de rester activement saisi de la question.

Déclaration de vote avant le vote

Coauteur de la résolution avec son homologue de la Suède, M. MANSOUR AYYAD SH. A. ALOTAIBI (Koweït) a souligné que le processus de négociations a été fructueux.  Treize millions de personnes ont besoin d’une aide humanitaire en Syrie et le Conseil de sécurité contribue à alléger leur souffrance en demandant l’autorisation de l’aide transfrontière, qui constitue un complément à d’autres soutiens, a fait observer le représentant, avant d’appeler tous les membres du Conseil à voter pour le projet de résolution.

Déclarations

S’exprimant également au nom du Koweït, M. OLOF SKOOG (Suède) a souligné qu’avec cette résolution, « le Conseil s’est acquitté de ses obligations envers des millions de personnes en Syrie » car, le renouvellement des modalités de la résolution 2165 (2014) pour 12 mois supplémentaires permettra d’alléger les souffrances quotidiennes dans le pays.  La situation sur le terrain a certes beaucoup changé, a-t-il convenu, mais les besoins demeurent énormes et cette résolution a pour objectif d’assurer l’acheminement le plus direct de l’aide humanitaire.

S’exprimant ensuite en tant que représentant de la Suède, M. Skoog a ajouté que les peuples sont trop souvent oubliés dans les délibérations et il a estimé que le conflit syrien servait de « piqûre de rappel » en raison de la catastrophe humanitaire qui va bien au-delà des frontières de la Syrie.  Le Conseil de sécurité a fait face à une crise après l’autre depuis le début du conflit qui, selon lui, s’est caractérisé par un mépris de la dignité humaine.  Il est essentiel de garantir le cessez-le-feu à Edleb pour éviter toute nouvelle catastrophe, a souligné le représentant.

M. Skoog a fait observer que le Conseil a aussi lancé un appel aux parties à maintes reprises pour obtenir un accès humanitaire, mais malheureusement le fait est que les acteurs humanitaires ne disposent pas de cet accès.  « L’intégrité de l’ordre juridique international dépend de nous », a-t-il lancé, et les responsables des crimes doivent en répondre devant la justice et rendre des comptes.  « Défendre un ordre assis sur les règles internationales est essentiel pour mettre un terme au conflit », a-t-il ajouté.  Comme cofacilitateur de la résolution, il a dit avoir toujours insisté pour « dépolitiser la question humanitaire », tout en comprenant ceux qui se disent que la communauté internationale n’a pas été à la hauteur des attentes du peuple syrien.  En conclusion, il a plaidé pour une solution politique pilotée par les Syriens.

Intervenant en sa qualité de représentant national, M. MANSOUR AYYAD SH. A. ALOTAIBI (Koweït) a profité de l’adoption de la résolution 2449 (2018), dont son pays est coauteur avec la Suède, pour dire son appui aux personnels humanitaires qui travaillent sur le terrain afin d’apporter une assistance au peuple syrien.  Cette résolution, a-t-il souligné, est le résultat de semaines de discussions et de consultations, au cours desquelles tous les points de vue ont été entendus, a déclaré le représentant, qualifiant le texte d’initiative de grande envergure pour permettre l’acheminement de l’aide par les voies les plus directes.

Alors que le conflit syrien se poursuit et menace la paix et la sécurité internationales, le représentant s’est dit préoccupé par la dernière escalade à Edleb, laquelle pourrait se traduire par une catastrophe humanitaire.  À ses yeux, il faut que toutes les parties honorent leurs engagements en vertu du droit international et du droit international humanitaire.  Il convient aussi de garantir le retour des déplacés et des réfugiés dans leurs foyers, a-t-il plaidé.  « Nous sommes aux portes de 2019 et près de 13 millions de personnes ont besoin d’une aide d’urgence.  Il faut donc redoubler d’efforts pour résoudre cette crise qui est déjà deux fois plus longue que la Seconde Guerre mondiale », a-t-il constaté.

M. MARK LOWCOCK, Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires et Coordonnateur des secours d'urgence, a entamé son exposé en soulignant que l’aide humanitaire transfrontière constitue une planche de salut pour des millions de Syriens.  « Vous avez fait ce que vous aviez à faire, à nous de faire arriver cette aide de la façon la plus responsable possible », a-t-il lancé aux membres du Conseil de sécurité.

Faisant état de bombardements, notamment autour de la zone démilitarisée, M. Lowcock a noté que l’insécurité demeure et que des incidents concernant des civils sont signalés tous les jours en Syrie.  Plusieurs milliers de personnes sont ainsi déplacées dans la région d’Edleb, laquelle est toujours au bord de la catastrophe humanitaire.  Pour le Secrétaire général adjoint, les parties au conflit doivent redoubler d’efforts pour épargner les populations civiles.

Dans ce contexte, a-t-il précisé, les organisations humanitaires estiment à plus de 6 000 le nombre des personnes prises au piège dans les zones sous contrôle de l’État islamique d’Iraq et du Levant (EIIL), à l’est de l’Euphrate dans le Gouvernorat de Deïr el-Zor.  En outre, des frappes auraient touché, le 29 novembre, un hôpital de campagne dans ce secteur, faisant de nombreux blessés.  Si 9 000 personnes ont été autorisées à quitter la zone depuis septembre, elles n’ont qu’un accès limité aux soins et aux services de base.  Dans le même temps, a-t-il poursuivi, les 40 000 civils présents dans le camp de fortune de Roukban souffrent toujours et meurent.

Persuadé que cette situation pourrait changer si la volonté politique y contribuait, M. Lowcock a assuré que l’aide humanitaire peut être acheminée.  D’ores et déjà, a-t-il dit, nous pouvons affréter un nouveau convoi pour protéger les populations durant l’hiver.  Ce convoi devrait nous permettre d’assurer des opérations de vaccination, a-t-il indiqué, notant que le premier acheminement a été couronné de succès.  Nous redoublons d’efforts pour permettre le passage et le contrôle de la distribution du second convoi.

À cette fin, a souligné le Secrétaire général adjoint, le message adressé aux parties est simple: « fournissez les autorisations et les lettres nécessaires pour que le convoi atteigne sa destination sans délai ni entrave ».  À l’heure actuelle, a-t-il précisé, 8,7 millions de personnes ont besoin d’une assistance humanitaire à l’échelle du pays.  Une aide est fournie chaque mois à quelque 3,2 millions d’entre elles mais la priorité est, selon lui, d’atteindre les plus vulnérables.  À cet égard, certaines zones assiégées depuis des années n’ont pas assisté à une reprise des services de base depuis le changement de contrôle de ces sites.  Environ 1,6 million de personnes vivent dans des zones qui ont changé de contrôle depuis le début de l’année.  Nous avons pu acheminer une aide pour 40% de ces zones mais nombre d’entre elles restent inaccessibles, a poursuivi M. Lowcock, avant d’appeler à une amélioration de la qualité de l’aide humanitaire, notamment en évaluant les besoins et en garantissant la protection des plus faibles. 

Nous continuons à travailler avec toutes les parties au conflit pour assurer que l’aide arrive effectivement aux gens qui en ont besoin, a soutenu M. Lowcock, rappelant les demandes qu’il avait formulées il y a deux mois au Conseil: permettre un accès humanitaire sûr et sans entrave, respecter l’accord de cessez-le-feu dans le respect des infrastructures civiles, éviter une escalade à Edleb et dans les zones alentours, apporter un soutien au prochain convoi à Roukban, évaluer les besoins et finaliser le financement de notre plan.  À ce sujet, il a indiqué que ce plan, qui nécessite des contributions de 2,5 milliards de dollars cette année, n’est pour l’heure financé qu’au deux-tiers.

M. STEF BLOK, Ministre des affaires étrangères des Pays-Bas, a déclaré que neuf mois après les bombardements de civils dans la Ghouta orientale, la fin des horreurs n’était pas en vue pour les Syriens.  Les travailleurs humanitaires n’ont encore qu’un accès limité au terrain.  Beaucoup de réfugiés et de déplacés ne peuvent pas revenir, craignant pour leur sécurité, et les conditions du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) ne sont pas encore remplies.  La population des territoires tenus par l’opposition est encore privée de nourriture, de traitements médicaux et d’accès à l’éducation.  Pire encore, elle vit dans la peur des vengeances et des persécutions par les services de sécurité du Gouvernement, a-t-il déploré.

Chiffrant à 6 millions le nombre de Syriens déplacés dans le pays, dont 2,5 millions d’enfants, le Ministre des affaires étrangères a pris à parti les membres du Conseil: « Combien d’années encore la Syrie sera à l’ordre du jour du Conseil de sécurité?  Combien d’années encore allons-nous laisser le régime syrien violer systématiquement les droits humains et recourir à la violence institutionnalisée?  »  Exhortant le Conseil à agir, M. Blok a réclamé l’accès sans restriction des travailleurs humanitaires à tous les Syriens dans le besoin et une solution durable au fragile cessez-le-feu d’Edleb.  Il a exigé que le sort de tous les Syriens disparus soit découvert avec l’aide du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) et du HCR, et l’établissement de la Commission constitutionnelle syrienne d’ici à la fin de l’année.

M. FRANÇOIS DELATTRE (France) s’est déclaré extrêmement préoccupé par la situation en Syrie, et en particulier dans la région d’Edleb, où les violations des cessez-le-feu se multiplient et où le risque d’une catastrophe humanitaire ne peut toujours pas être écarté.  Il a, à ce propos, indiqué qu’il fallait rester mobilisé autour de trois priorités essentielles: « l’impératif de protection des civils, la garantie des accès humanitaires et une solution politique durable en Syrie ».  Sur le premier point, le représentant a insisté sur le fait que la cessation des hostilités ne devait pas être une solution temporaire mais au contraire permettre de stabiliser durablement la situation à Edleb, car cela est « la seule manière de protéger les civils, y compris les personnels humanitaires et médicaux ».  « Toutes les parties doivent respecter leurs obligations telles qu’elles résultent du droit international humanitaire.  Cet impératif n’est pas négociable », a-t-il tonné.

Sur le second point, M. Delattre a rappelé qu’il était impératif que les 13 millions de personnes dans le besoin bénéficient d’aide humanitaire et qu’il était inadmissible que le régime continue à bloquer les convois à destination des zones difficiles d’accès.  Il a appelé les acteurs ayant de l’influence sur le régime à ce qu’ils garantissent un accès humanitaire sûr, complet et sans entraves sur l’ensemble du territoire syrien et en particulier dans le camp de Rukban.  « Il est essentiel que les Nations Unies puissent rapidement acheminer un nouveau convoi pour venir en aide aux dizaines de milliers de personnes coincées dans ce camp et y vivant dans des conditions calamiteuses », a-t-il martelé.  Le Conseil venant d’adopter la résolution reconduisant le mécanisme créé par la résolution 2165 (2014), il a tenu à rappeler qu’il n’y avait pas d’alternative à l’aide transfrontalière pour une livraison efficace et impartiale de l’assistance aux millions de personnes dans le besoin.

Sur le troisième et dernier point, le représentant a réitéré le fait qu’il n’y aura pas de solution humanitaire durable sans un processus politique crédible et qu’il est indispensable de permettre le lancement par l’ONU d’une première réunion du comité constitutionnel avant la fin de l’année, conformément aux engagements pris à Istanbul le 27 octobre dernier.  « Ce comité, à condition que sa composition soit crédible et équilibrée, serait une première étape positive d’un processus politique qui doit être conduit sous la supervision des Nations Unies, dans le cadre de la résolution 2254 », a-t-il précisé.  La réalité des chiffres montre bien que ce n’est pas l’absence de reconstruction qui empêche le retour volontaire et sûr des réfugiés, mais bien l’absence de garanties contre les arrestations arbitraires, les expropriations forcées, la dépossession des titres d’identité, la conscription forcée et plus largement l’absence d’avancées crédibles dans le processus politique.

Affirmant se fonder sur la réalité du terrain et non sur des considérations politiques, M. RODNEY M. HUNTER (États-Unis) s’est déclaré fier du vote de son pays en faveur d’une prorogation du mécanisme transfrontière de l’ONU pour l’acheminement de l’aide humanitaire en Syrie, dont il a vanté la transparence.  Rappelant que les États-Unis sont le premier bailleur de l’aide humanitaire à la Syrie, avec 9 milliards de dollars d’assistance, il a assuré que leur engagement était infaillible et qu’ils continueraient à l’honorer.  Toutefois, a-t-il dit, « nous sommes aussi conscients que la situation ne s’améliore pas, contrairement à ce qu’affirment certains pays ».  Des millions de personnes ont besoin d’une aide, souvent dans des zones sous contrôle du régime syrien.  De fait, l’examen de la situation sur le terrain montre clairement que les conditions de vie sont encore dangereuses et ne sont pas propices au retour des déplacés dans leurs foyers, a observé le représentant.

Dans ce contexte, a plaidé le représentant, « nous avons besoin d’un processus politique irréversible ».  Or, « le régime continue de prendre en otage l’acheminement de l’aide », plongeant les occupants du camp de déplacés internes de Roukban dans l’incertitude quant à l’accès d’un second convoi humanitaire.  Voilà pourquoi le renouvellement de la résolution 2165 (2014) était nécessaire, a souligné M. Hunter, qualifiant le mécanisme de l’ONU de « planche de salut pour des millions de Syriens ».  De plus, le risque existe d’une escalade à Edleb, laquelle aurait des conséquences catastrophiques pour la population civile.  Il faut donc aller de l’avant sur la formation du comité constitutionnel le plus rapidement possible car le peuple syrien compte sur ce comité, a-t-il affirmé.  Avant de conclure, le représentant a appelé le régime Assad et la Fédération de Russie à favoriser l’arrivée du second convoi humanitaire, non sans rappeler que Russes et Américains avaient fait du premier acheminement un succès.  Cette fois, nous ne pouvons pas nous permettre un retard, a-t-il commenté.

Mme KAREN PIERCE (Royaume-Uni) s’est félicitée de l’adoption de la résolution 2449 (2018) qui vise à ouvrir des routes à l’aide humanitaire, ce qui constitue une planche de salut pour les civils et ceux qui se trouvent dans des zones difficiles d’accès.  Toutefois, s’est insurgée la représentante, « tous les mois, les membres du Conseil se retrouvent sur cette question, tous les mois, ils répètent les mêmes discours et, tous les mois, négligence quasi criminelle, le Gouvernement syrien refuse d’accéder aux demandes d’accès ».  Nous devrions exiger de sa part une réponse complète, a-t-elle lancé aux autres membres du Conseil. 

La représentante a ensuite voulu préciser que cette résolution, comme la France et les États-Unis l’ont signalé, n’est pas un appel au retour des réfugiés, c’est au régime d’en assurer leur retour sûr et volontaire.  « Le régime utilise toujours l’aide comme une arme », a-t-elle continué, lui lançant un appel pour participer au processus et parvenir à une solution au conflit.  Quant aux fonds pour la reconstruction, elle a spécifié que son gouvernement ne les débloquera pas sans processus viable et durable.

Mme JOANNA WRONECKA (Pologne) s’est dit alarmé qu’après la relative période de calme de ces deux derniers mois, les combats aient repris dans plusieurs zones, impactant les civils.  La Pologne considère que l’accord russo-turc sur le cessez-le-feu d’Edleb va dans le bon sens, celui d’une désescalade pouvant potentiellement éviter une nouvelle catastrophe humanitaire, tant que toutes les parties prenantes s’y tiennent dans les faits.  Insistant sur la mise en œuvre de mesures concrètes, la Pologne a appelé au développement de l’assistance humanitaire transfrontalière et a salué le vote d’aujourd’hui en ce sens. 

Soulignant qu’il n’existait pas de solution militaire au conflit, seulement une solution politique, Mme Wronecka a réclamé une transition politique, dans la ligne de la résolution 2254 (2015) et des négociations de Genève.  Il a enfin regretté que le sommet d’Astana n’ait pas permis de sortir du statu quo et de progresser dans l’élaboration d’une commission constitutionnelle syrienne.

M. VASSILY A. NEBENZIA (Fédération de Russie) a justifié l’abstention de sa délégation lors du vote de la résolution 2449 (2018) par le fait que le mécanisme transfrontière de l’ONU « manque de transparence et ne tient pas compte de la réalité sur le terrain ».  La nouvelle réalité plaide pour que l’on procède à un retrait de ce mécanisme critique et tronqué, a-t-il souligné.  La Fédération de Russie n’a pas bloqué ce texte bien qu’il ne reflète pas la réalité, a-t-il insisté, affirmant toutefois vouloir suivre de près la façon dont l’aide humanitaire se fera dans ce cadre.  Observant par ailleurs qu’il n’est pas fait mention dans le texte des efforts du Gouvernement syrien, notamment pour permettre le retour de 250 000 déplacés et réfugiés ou assurer le déminage des zones, il a appelé ses collègues du Conseil à revoir leur approche et à contribuer à la reconstruction des infrastructures syriennes détruites par les terroristes.  Pour le représentant, « la politisation des questions humanitaires est inacceptable ».  On ne peut pas dénigrer le Gouvernement syrien en se ralliant aux vues de certaines parties au conflit, s’est-il indigné.  Il faut plutôt s’atteler à deux questions critiques: obtenir que certains États lèvent leurs sanctions unilatérales, et geler l’occupation illégale de la Syrie, non seulement pour la souveraineté du pays mais aussi pour la sécurité des pays voisins.

Évoquant la crise humanitaire à Roukban, M. Nebenzia a constaté que la population locale est prise en otage par des groupes liés à Daech.  Dans ce contexte, la Fédération de Russie a appuyé l’envoi d’un convoi humanitaire en coopération avec le Gouvernement.  Malheureusement, a-t-il déploré, la réalisation de cette opération n’a pas été satisfaisante, le personnel de l’ONU et du Croissant-Rouge syrien n’ayant qu’un accès limité au centre de distribution de l’assistance.  De fait, il faut réexaminer les paramètres permettant un niveau élevé de transparence.  « Pour permettre cela, la partie responsable de l’occupation, à savoir les États-Unis, doit rendre des comptes », a-t-il martelé.  S’agissant de la désinformation mentionnée par les États-Unis au sujet d’une attaque chimique perpétrée près l’Alep, elle n’a pas été commise par le Gouvernement syrien, a assuré le représentant, relevant que les résultats de l’enquête ne sont pas encore connus.  « Après la provocation du mois d’avril qui a servi de prétexte à des frappes, on utilise maintenant une nouvelle tactique en accusant la Syrie et la Fédération de Russie de désinformation ».  Le Gouvernement a invité les experts de l’Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) à se rendre en Syrie, « mais ils ne sont pas pressés ».  Ils étudient la question à distance, a constaté M. Nebenzia, appelant que ces activités de propagande cessent.

Pour finir, le représentant russe a assuré que la situation à Edleb est au cœur des préoccupations des garants du Processus d’Astana, des efforts majeurs étant notamment réalisés par la Turquie pour faire la distinction entre groupes radicaux et modérés.  De plus, a-t-il dit, la Fédération de Russie et les autres garants sont prêts à travailler de concert pour garantir la formation du comité constitutionnel. Les négociations sont en phases intensives et il n’y a pas d’autre solution viable pour le peuple syrien, a-t-il conclu.

Malgré la récente décrue de la violence, des civils demeurent affectés par les hostilités, parfois mortellement, ainsi que par les bombardements et les destructions à Edleb, s’est inquiété M. TAYE ASKESELLASIE AMDE (Éthiopie).  Réitérant son soutien à la Fédération de Russie et à la Turquie pour leurs efforts dans le cessez-le-feu d’Edleb, l’Éthiopie a appelé à la collaboration de tous les États Membres pour renforcer la coordination dans le combat contre les organisations considérées comme terroristes par les Nations Unies.  Il a aussi appelé au renforcement de l’assistance humanitaire transfrontalière et réclamé une solution politique au conflit, la seule valable, selon le représentant.

M. SACHA SERGIO LLORENTTY SOLÍZ (Bolivie) a déploré la poursuite des attaques de groupes armés non étatiques d’opposition et de groupes terroristes en Syrie et rappelé que toute initiative impliquant la lutte contre le terrorisme doit prendre en considération le droit international.  La Bolivie a voté pour la résolution, jugeant que l’aide humanitaire pour le peuple syrien est urgente, en particulier pour ceux qui se trouvent dans des zones difficiles d’accès et pour la population la plus vulnérable.  Le représentant a salué l’accord souscrit entre la Fédération de Russie et la Turquie pour créer une zone démilitarisée qui a permis l’accès de l’aide humanitaire, l’évacuation médicale d’urgence et la remise d’armement lourd de la part de certains membres de groupes terroristes.  Il a encouragé ce type d’accord, comme celui souscrit à Istanbul le 27 octobre entre la Turquie, la Russie, l’Allemagne et la France.  Il a également salué le dernier compromis entre l’ONU, le Gouvernement syrien, la Jordanie, la Russie et les États-Unis, qui a permis l’accès d’un convoi d’aide humanitaire pour 50 000 personnes dans le camp de Roukban.

Enfin, M. Llorentty Solíz a rejeté « toute tentative de fragmentation ou de sectarisme » en Syrie, de même que la présence de forces militaires étrangères sans autorisation du Gouvernement syrien, et ce, conformément au droit international et aux principes de souveraineté, d’indépendance et d’intégrité territoriale.  Pour lui, la seule solution passe par un processus politique inclusif et dirigé par la Syrie qui satisfasse les aspirations légitimes du peuple syrien, dans le cadre de la résolution 2254 (2015) et du processus de Genève, sous les auspices de l’ONU et conformément à la déclaration de Sotchi.

M. ANATOLIO NDONG MBA (Guinée équatoriale) a déploré que la situation sur le terrain en Syrie demeure inquiétante, malgré les ressources humaines et économiques conséquentes mobilisées par l’ONU et ses partenaires humanitaires.  Le Gouvernement de la Guinée équatoriale est particulièrement préoccupé par l’escalade récente de la violence dans plusieurs parties du pays, comme à Edleb, où il faut redoubler d’efforts pour protéger la population civile.  En outre, les rapports sur une attaque présumée à l’arme chimique à Alep fin novembre, les cibles habituelles à Deïr el-Zor, ainsi que les opérations de lutte contre le terrorisme à Edleb exigent des réponses rapides et décisives du Conseil pour protéger des milliers de familles. 

M. Ndong Mba a insisté sur la nécessité pour les parties au conflit de respecter leurs obligations par rapport au droit international humanitaire.  « Rien ne justifie l’utilisation délibérée d’armes explosives dans des zones peuplées, comme l’emploi de substances chimiques comme arme de guerre », a-t-il asséné.  Le représentant a indiqué avoir voté en faveur de la résolution car, comme le décrit le Secrétaire général dans son rapport et selon les données d’OCHA, « l’accès humanitaire transfrontière reste une bouée de sauvetage pour des centaines de milliers de personnes en Syrie ».

M. MA ZHAOXU (Chine) a expliqué que son pays s’est abstenu sur le projet de résolution car les opérations humanitaires doivent respecter le droit international.  Pour la Chine, a-t-il fait valoir, il faut s’en tenir aux principes d’impartialité et de non-politisation.  L’assistance transfrontière est en effet « un mécanisme spécifique qui répond à des exigences spécifiques », a relevé le représentant, invitant le Conseil de sécurité à faire montre de davantage de transparence et à travailler en coordination avec le Gouvernement syrien pour éviter que l’aide humanitaire tombe aux mains de groupes terroristes.  La Chine félicite néanmoins la Suède d’avoir tenu compte des efforts de la partie syrienne, notamment pour permettre le retour des réfugiés.  Cela étant dit, certaines de nos revendications n’ont pas été reflétées, a constaté M. X, pour qui il existe des possibilités d’amélioration pour renforcer le consensus.

S’agissant de la situation humanitaire en Syrie, « elle demeure morose », a constaté le délégué.  Si des années de conflit ont laissé la population en situation de souffrance, les conditions sur le terrain sont néanmoins plus propices à un acheminement de l’aide, a-t-il observé, sans nier le risque d’une détérioration de la situation humanitaire à Edleb.  De fait, a-t-il poursuivi, l’assistance humanitaire doit changer en tenant compte de cette amélioration relative, marquée par le retour annoncé de 250 000 déplacés.  Dans ce contexte, a-t-il dit, les parties syriennes doivent mettre l’accent sur le bien-être de la population, tout en se conformant aux résolutions du Conseil.  Par ailleurs, la communauté internationale doit renforcer son assistance financière, à la Syrie comme à ses voisins.  Quant au processus politique, nous avons une marge limitée pour le faire réussir, a conclu le représentant. À ses yeux, il convient de trouver une solution sur la base du principe « pour les Syriens, par les Syriens ».

M. KAIRAT UMAROV (Kazakhstan) a insisté sur l’importance des principes humanitaires de neutralité et d’impartialité, avec une assistance fournie à tous, que ce soit dans des zones contrôlées par le Gouvernement ou non.  Reconnaissant l’aide humanitaire apportée par la Jordanie, il a cependant déploré les provocations de la part d’organisations terroristes qui menacent les missions d’aide humanitaires de l’ONU.  Selon les chiffres d’OCHA, près de 2,4 millions de femmes, enfants et hommes en Syrie souffrent du froid, a-t-il encore ajouté.  Il a toutefois reconnu que la campagne de vaccination de l’UNICEF et de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) avait permis de mettre un terme à l’épidémie de polio et autres virus dans et autour de Deïr el-Zor.  Il a également déploré le manque de contrôle sur la distribution efficace et juste de nourriture, carburant, eau potable et médicaments, notamment quand les ressources tombent entre les mains de groupes armés et non des populations civiles.

« L’aide humanitaire ne doit pas être politisée » et il est nécessaire de mettre en œuvre un mécanisme de coordination des activités du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), de la société du Croissant-Rouge arabe syrien, des agences de l’ONU, du Gouvernement syrien et des pays garants.  Il est enfin revenu sur l’initiative de déminage des Nations Unies et de restauration des infrastructures des territoires libérés des terroristes de façon à permettre aux opérations humanitaires de commencer, dont il a reconnu la valeur.  Il a de plus encouragé les pays à soutenir et promouvoir les programmes de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) qui permettent aux agriculteurs syriens d’avoir accès à des graines gratuites ou subventionnées et à des engrais.  Il a conclu en revenant sur le processus d’Astana et sur l’importance d’un processus de paix mené par les Syriens qui réponde aux aspirations légitimes du peuple syrien.

M. GUSTAVO MEZA-CUADRA (Pérou) a déploré la persistance de la violence dans le nord-ouest de la Syrie et son impact sur la population civile.  Il a jugé fondamental d’éviter une autre tragédie humanitaire en préservant la zone démilitarisée à Edleb, en vertu de l’accord conclu par la Turquie et la Fédération de Russie en septembre dernier.  Pour lui, il faut aussi se préoccuper des conditions précaires dans lesquelles survit la population civile de Deïr el-Zor et la protéger des attaques contre des militants de Daech.  D’un autre côté, le représentant a voulu saluer les premières avancées du groupe d’Astana dans l’identification des personnes disparues, la remise de dépouilles mortelles et la libération de détenus et disparus.  Il faut néanmoins rester conscient du fait que seule une solution politique, jetant les bases d’une paix durable en Syrie, permettra de mettre un terme à la catastrophe humanitaire, a conclu le représentant, appelant à la convocation du Comité constitutionnel avant la fin de l’année.

M. KACOU HOUADJA LÉON ADOM (Côte d’Ivoire) s’est déclaré particulièrement préoccupé par la précarité de la situation humanitaire en Syrie, aggravée ces derniers temps, notamment par l’escalade militaire dans le nord-ouest du pays, y compris dans la zone démilitarisée dans le Gouvernorat d’Edleb.  « Cette nouvelle escalade militaire, consécutive aux allégations d’utilisation d’armes chimiques à Alep par des groupes armés constitue une entrave au processus de paix en cours et met en péril la vie et le bien être de millions de civils vivant dans la région » a-t-il encore insisté.  Il a, en outre, rappelé à toutes les parties prenantes leurs responsabilités de garantir un accès sûr, rapide, sans entrave et durable à l’aide humanitaire aux personnes en détresse sur toute l’étendue du territoire syrien et s’est, à ce propos, félicité de l’arrivée, le 3 novembre, d’un convoi humanitaire de l’ONU et du Croissant-Rouge arabe syrien dans le camp de déplacés internes de Roukban, après 10 mois d’interruption.

M. Adom a ainsi appelé à la reconduction, pour un an, du mécanisme d’acheminement de l’aide humanitaire transfrontalière, renouvelé par la résolution 2393 (2017) qui arrive à expiration le 10 janvier 2019.  Il a enfin conclu en appelant les belligérants à s’accorder sur la mise en place effective du comité constitutionnel censé rédiger une nouvelle constitution, « étape décisive » vers l’organisation d’élections transparentes, inclusives et apaisées en vue de restaurer durablement la paix et la stabilité en Syrie.

M. BASHAR JA'AFARI (République arabe syrienne) a dit avoir relevé un paradoxe dans la réunion du Conseil: selon lui, la Suède, le Koweït, le Royaume-Uni, les États-Unis et la France se sont concentrés sur des questions très restreintes de la résolution, comme l’extension de l’assistance transfrontière, et ce, afin de « bafouer la souveraineté syrienne ».  Il en a voulu pour preuves que le mécanisme ne fournit que 5% de l’assistance humanitaire en Syrie et le fait que des convois qui devaient acheminer de l’aide humanitaire ont acheminé des armes.  Huit ans après le début de la guerre, « initiée par une conjuration diabolique dont certains membres se trouvent dans la salle », il est grand temps pour le Conseil, après tant de résolutions et de réunions, de se poser les bonnes questions: « leur objectif est-il vraiment d’améliorer la situation humanitaire en Syrie ou de faire pression sur son gouvernement en exploitant la souffrance de la population? » a demandé le représentant.  S’il s’agit d’améliorer la situation, il faudrait aider le Gouvernement à lutter contre les derniers groupes armés restants à l’origine de la crise humanitaire et de son escalade.  Pour illustrer son propos, le représentant a fait observer que Damas compte 8 millions d’habitants et n’est pas confronté à une crise humanitaire.  « Les crises ne se trouvent que dans les zones sous contrôle des groupes armés et celles infiltrées par les colonisateurs étrangers. »

Poursuivant son propos, le représentant syrien a estimé que « le Conseil de sécurité doit assumer ses responsabilités en prenant des mesures contre la destruction des infrastructures qui sont le fait de la coalition menée par les États-Unis », dans ce qui constitue également une ingérence dans la souveraineté territoriale d’un État.  Quant aux mesures unilatérales adoptées par certains pays, dont des membres du Conseil, « elles ont hypothéqué les moyens de subsistance de nombreux Syriens », a-t-il dénoncé, précisant que ce ne sont pas des sanctions car elles n’ont pas été imposées par le Conseil de sécurité.  Le maintien de ces mesures est l’obstacle majeur sur la voie qui permettrait de répondre aux besoins majeurs des Syriens et d’assurer le retour des réfugiés, a-t-il assuré.

Ensuite, le représentant s’est prononcé contre la résolution, expliquant qu’il n’est plus nécessaire de garantir une assistance transfrontière, étant donné que le Gouvernement a regagné le contrôle des zones difficiles d’accès.  En outre, c’est depuis Damas qu’il faut acheminer l’aide, et non depuis la Turquie ou ailleurs.  Et il ne faut pas se contenter de consulter la Syrie, il faut aussi tenir compte de ses observations, ce qui n’a pas été le cas jusqu’à présent. Ce mécanisme d’assistance transfrontière a été utilisé, ces quatre dernières années par des pays voisins pour soutenir des groupes terroristes ou trafiquer des pièces remontant à l’Antiquité, a-t-il encore dénoncé.  Par ailleurs, le travail de l’OCHA n’a pas respecté les garanties de transparence.  En conclusion, M. Ja'afari a déclaré que le Gouvernement, l’armée et le peuple de Syrie savent très bien quels sont leurs ennemis.  « Lutter contre le terrorisme est un prétexte pour nous vider de notre substance », a-t-il accusé, ajoutant que le régime continuerait à lutter contre les terroristes et ceux qui ont envahi son pays de façon illégale.

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