AG/SHC/517

LES DELEGATIONS SE FELICITENT DE LA NOUVELLE APPROCHE DU VIEILLISSEMENT PRIVILEGIANT LA CONTRIBUTION D'UNE PERSONNE TOUT AU LONG DE SA VIE

10/10/2001
Communiqué de presse
AG/SHC/517


Troisième Commission

6e séance – après-midi


LES DELEGATIONS SE FELICITENT DE LA NOUVELLE APPROCHE DU VIEILLISSEMENT PRIVILEGIANT LA CONTRIBUTION D'UNE PERSONNE TOUT AU LONG DE SA VIE


Alors que les personnes de plus de 60 ans représentent 10% de la population mondiale et que cette proportion devrait s'accroître jusqu'à atteindre 13% en 2020 et 22% en 2050, la Troisième Commission, poursuivant son examen des questions relatives au développement social, a abordé, ce matin, le phénomène du vieillissement et ses conséquences sur les politiques socioéconomiques des Etats.  De nombreuses délégations se sont félicitées de la nouvelle approche privilégiant la contribution d’une personne tout au long de sa vie, comme cela est le cas dans les sociétés traditionnelles où les personnes âgées sont considérées comme un puits de sagesse et de connaissances.  Les délégations ont attiré l'attention sur la vulnérabilité des personnes âgées et sur la nécessité de veiller à assurer leur sécurité, à les protéger de l'exploitation et à empêcher leur marginalisation.


Partageant l'expérience de son pays dans ce domaine, la représentante de Singapour a fait part des résultats des travaux de deux commissions gouvernementales respectivement chargées d'étudier les besoins des personnes âgées et le vieillissement de la population.  Elle a mis l'accent sur la médecine préventive et sur l'information en matière de santé.  Si l'Etat est au premier chef responsable des politiques de prévention et de la fourniture de services de santé de qualité, ce sont les familles qui sont principalement chargées des soins de base à apporter aux personnes âgées qu'il faudrait maintenir le plus longtemps possible dans leurs communautés, ne réservant l'institutionnalisation qu'en dernier recours. 


La représentante de la Corée a observé qu'avec le recul de la famille élargie, les personnes âgées sont le plus souvent livrées à leur sort, dépossédées de leur rôle traditionnel sans trouver de nouvelle place dans la société.  Sur ce point, il importe de ne pas considérer les personnes âgées comme un fardeau, mais comme des contributeurs à part entière et de tirer parti de leurs capacités productives.  A l'instar du Pakistan, de nombreuses délégations ont estimé indispensable de préserver l'accès des personnes âgées à des activités génératrices de revenus, afin qu'elles puissent partager leurs capacités et leurs talents.  Certains ont fait part de mesures favorisant la création de microentreprises, la participation des personnes âgées aux institutions éducatives et aux services de médiation et de conseil.  Toutefois les délégations se sont également inquiétées des conséquences dévastatrices de l'épidémie du VIH/sida qui laisse les personnes âgées seules pour s'occuper des orphelins de la pandémie. 


(à suivre – 1a)


Les représentants des pays suivants ont pris la parole : Angola, Sainte-Lucie, Bangladesh, Singapour, Indonésie, République de Corée, Myanmar, Philippines, Mongolie, Pakistan, Namibie, République arabe syrienne, Venezuela.  Des représentants de l'UNESCO et de la Banque mondiale ont également pris part aux débats. 


La Commission poursuivra son examen de ce point demain, jeudi 11 octobre, à 10 heures. 


Suite du débat général


M. ISMAEL GASPAR MARTINS (Angola) a précisé que sept ans après le Sommet de Copenhague, les priorités ont changé de façon importante mais inégale. Pour favoriser le développement des sociétés et le bien-être des citoyens, il faudrait, a indiqué le représentant, mettre l'accent sur les ressources humaines grâce à l'éducation, un meilleur niveau de santé et la cohésion sociale.  Le développement social repose sur ces fondements, ainsi que sur les politiques des gouvernements, la coordination des pays donateurs, et des nouveaux rôles de partenariats. Il existe cependant certains écarts entre ce que nous avons appris, a précisé le représentant, et la manière dont les pays s'engagent sur la voie du développement social.  Nous apprécions les pays qui ont honoré leurs engagements en fournissant les moyens nécessaires à la promotion du développement social.  Nous félicitons aussi les institutions spécialisées de l'ONU qui effectuent les recommandations pour des initiatives plus poussées dans le domaine du développement social.


En Angola, en raison du conflit qui se poursuit depuis plus de 30 ans, la population n'a pas accès aux services sociaux de base, ce qui est inacceptable et tragique.  Le Gouvernement angolais a mis en oeuvre un nouveau programme humanitaire d'urgence pour favoriser un meilleur développement social.  A titre d’exemple, il a cité les arrangements pris avec les compagnies pétrolières pour qu'elles versent un pourcentage de leurs revenus de production à des projets communautaires.  Le Gouvernement, a poursuivi le représentant, considère que l'éducation et la santé sont non seulement des atouts dans le développement économique et social, mais aussi des facteurs qui accroissent la capacité des citoyens de s'engager dans des emplois plus productifs.


S'exprimant au nom de la CARICOM, MME MICHELLE JOSEPH (Sainte-Lucie) a souligné les problèmes particuliers que la mondialisation pose aux petits États insulaires, alors même que les membres de la CARICOM s'efforcent de mettre en oeuvre des stratégies de développement.  À cet égard, la représentante a indiqué que les membres de la CARICOM attendaient beaucoup de la prochaine Conférence sur le financement du développement qui devrait permettre d'élaborer de nouvelles solutions en vue de remédier aux déséquilibres sociaux et économiques et aux inégalités face au développement.  Elle a espéré que cette Conférence tiendrait dûment compte de la vulnérabilité particulière des petits États insulaires.  Elle a ensuite attiré l'attention sur la question des migrations en relation avec le développement.  En effet, de nombreux experts ont montré que les migrations, motivées par les conflits ou les conditions économiques, sont un indicateur précieux de l'évolution de l'économie.  En outre, les migrations demandent une adaptation du système de protection sociale.  Ainsi, les membres de la CARICOM ont élaboré un mécanisme de libre circulation des compétences qui devrait permettre d'assurer rapidement la libre circulation des diplômés entre les 10 États membres de la CARICOM.  C'est un pas important dans le sens de l'intégration régionale, a-t-elle observé. 

La représentante a ensuite abordé la question des jeunes et s'est félicitée de l'adoption de la Stratégie de Dakar.  Pour leur part les États membres de la CARICOM ont mis au point un projet de Stratégie régionale pour le développement de la jeunesse et ont mis sur pied un partenariat régional pour protéger les jeunes du VIH/sida.  En accord avec la Stratégie de Dakar, la politique de la CARICOM vis-à-vis des jeunes prend en compte les dangers auxquels ils sont confrontés, notamment le VIH/sida, la pauvreté, le manque d'éducation et surtout le sous-emploi qui est une source de préoccupation particulière pour les membres de la CARICOM. 


S'agissant de la question du vieillissement, la représentante a fait savoir que les personnes de plus de 60 ans constituaient un segment croissant de la population et représenteront d'ici à 2005 plus de 10,6% de la population ; les personnes de plus de 75 ans représenteront plus de 28%.  Les préoccupations régionales concernant les personnes âgées portent notamment sur la sécurité des revenus, la sécurité et les relations avec les autres générations.  Elle a également remarqué que nonobstant le rôle important des personnes âgées dans la transmission des connaissances et de la sagesse, elles se retrouvaient souvent parmi les groupes les plus vulnérables de la population et les premières victimes de la pauvreté.  Elle a fait part des mesures adoptées par les États des Caraïbes, notamment en favorisant la création de micro-entreprises, la participation des personnes âgées aux institutions éducatives et aux services de médiation et de conseil.  Indiquant que les effets du vieillissement ne se feront réellement sentir dans les Caraïbes qu'à partir de 2030, la représentante a fait valoir que les membres de la CARICOM avaient le temps de s'y préparer et d'élaborer des stratégies novatrices. 


La représentante a ensuite abordé la question des personnes handicapées, notamment des enfants, et a fait part des initiatives entreprises dans la CARICOM pour instituer une société pour tous.  Ainsi Sainte-Lucie a pu ouvrir une école accessible aux enfants handicapés.  Elle a également fait part des politiques menées en faveur de la famille et s'est déclarée favorable à la célébration, en 2004, du dixième anniversaire de l'Année internationale de la famille. 


M. SHAMEEM AHSAN (Bangladesh) a indiqué que le défi consiste aujourd'hui à renforcer la capacité des Etats à s'entendre et à coordonner leurs efforts sur la question de la protection sociale, particulièrement pour les groupes vulnérables. Le défi consiste aussi à mettre sur pied une coopération internationale capable d'aider les pays en développement - et surtout les pays les moins développés - à poursuivre leurs investissements dans le secteur social. Le défi, enfin, réside dans la capacité à réduire l'impact négatif des turbulences financières internationales, dans les domaines sociaux et économiques. Ce sont des pratiques, a indiqué le représentant, qui permettraient d'avancer certainement sur le chemin du développement social.


Le rapport 2001 sur la situation sociale n'est pas très encourageant, a-t-il dit, et la vulnérabilité des pays les moins avancés sera plus grande si la situation continue à se détériorer.  Le Programme d'action de Bruxelles pour les pays les moins développés définit les mesures à prendre, au nombre desquelles figurent par exemple la formation des prestataires de services sociaux ou l’amélioration des programmes et des installations de santé.  Les pays les moins développés vont continuer à prendre avec toute la détermination voulue les mesures qui s’imposent pour aider notamment les plus pauvres à accéder aux services sociaux de base.  Mais les efforts ne seront pas suivis d'effet si les partenaires au développement, dont les institutions financières, ne remplissent pas leur rôle.  Les partenaires au développement devront augmenter leurs efforts, promouvoir des sources de financement innovantes et fournir une aide technique.  Les pays les moins développés ont besoin d'aide pour mettre en place des filets de protection et des mécanismes de réponse rapide afin de réagir rapidement aux catastrophes naturelles et affronter les chocs socioéconomiques.


MME KOK LI PENG (Singapour) s'est associée à la déclaration faite par l'Iran au nom du Groupe des 77 et de la Chine et s'est félicité du changement de mentalité face au vieillissement, ce qui est particulièrement heureux compte tenu des chiffres qui indiquent que les personnes de plus de 60 ans représenteront quelque 13% de la population.  Ainsi la représentante s'est félicitée de l'approche privilégiant la contribution d’une personne durant toute la vie, comme cela est le cas dans les sociétés traditionnelles où les personnes âgées sont considérées comme un puits de sagesse et de connaissances.  Il est essentiel de restituer leur rôle traditionnel aux personnes âgées, a-t-elle observé.  Au vu de cette révolution démographique que constitue le vieillissement de la population, la représentante s'est félicitée de l'attention croissante qui est portée à ce phénomène et de la tenue en 2002 de la deuxième Assemblée mondiale sur le vieillissement. 


La représentante a ensuite dressé le bilan de l'expérience de Singapour face au vieillissement de la population.  D'ici à 2030, la proportion de la population de Singapour âgée de plus de 65 ans devrait tripler, passant de 7% en 2010 à 19% en 2030.  Le Ministère de la santé a estimé que les personnes âgées utiliseraient plus de 20% des équipements médicaux, cliniques, services d'urgence, centres de soins, etc.  C'est pourquoi, le gouvernement a mis en place deux commissions chargées, respectivement, d'étudier d’une part les besoins des personnes âgées pour s'assurer que le Gouvernement pourra y subvenir à l'avenir et, d’autre part le vieillissement de la population.  Les travaux de ces commissions ont permis de déterminer qu'il importe de mettre l'accent sur la médecine préventive et l'information sur la santé.  Il convient également de maintenir les personnes âgées dans leur communauté aussi longtemps que possible, ne réservant l'institutionnalisation qu'en dernier recours.  Troisièmement, les familles devraient être les premières responsables des soins à apporter aux personnes âgées, l'État ne devant jouer qu'un rôle secondaire.  Toutefois, l'État est au premier chef responsable des politiques de prévention et de la fourniture de services de santé de qualité.  Il faut également garder à l'esprit que les soins et les services sociaux doivent être envisagés sur le long terme.


La représentante a ensuite abordé le financement de la protection sociale des personnes âgées et détaillé le système appliqué à Singapour qui met l'accent sur la couverture individuelle obligatoire, représentant environ 6 à 8% des revenus.  Ainsi à l'heure de la retraite, les habitants se sont constitué une épargne médicale qui devrait être suffisante pour financer les besoins des personnes âgées.  Elle a également indiqué que la part du budget de l'État représentait 0,8%. 

M. MAKMUR WIDODO (Indonésie) a indiqué qu'en dépit d'une décennie de forte croissance économique, les disparités économiques ont augmenté et nombre de pays n'ont pu s'attaquer comme ils le souhaitaient à la question du développement social.  Les engagements pris à Copenhague n'ont, pour une large part, pas été réalisés.  Au niveau national, a poursuivi le représentant, des efforts ont été entrepris avec les moyens disponibles pour améliorer le développement social, notamment dans les secteurs de l'emploi, de la réduction de la pauvreté, et de l'intégration sociale.  Si la responsabilité du développement social incombe aux Etats, la communauté internationale cependant doit aider à lever les obstacles.  Les pays ont besoin de ressources adéquates pour le développement social et une assistance technique.  C'est aussi au niveau international que l'on pourra répondre aux problèmes causés par la mondialisation.


Le monde doit prendre en compte les changements démographiques.  L'Indonésie observera avec attention le deuxième Sommet mondial sur le vieillissement.  L'augmentation du nombre des personnes âgées pose un défi dans les domaines humanitaire et du développement, comme cela a été mentionné dans le Plan d'action sur le vieillissement pour l'Asie et le Pacifique.  Le plan se concentre sur quatre secteurs: compréhension de la question et de ses implications sur la société, préparation de la population au processus de vieillissement, qui doit être productif et satisfaisant, développement d'une infrastructure et d'un environnement basé sur un mélange d'institutions modernes et anciennes, et mise en oeuvre des services essentiels nécessaires pour les personnes âgées.  En ce qui concerne les jeunes, l'Indonésie assiste, à cause des crises économiques et des effets de la mondialisation, à un rajeunissement de la pauvreté.  La population jeune a cependant joué un rôle important pour surmonter les récents défis politiques et d'ordre constitutionnel auxquels le pays a dû faire face.  Le représentant a mentionné l'aspect essentiel du soutien international, expliquant que seule une action concertée   au niveau national, avec une aide extérieure, pouvait assurer un meilleur avenir aux jeunes du pays.  L'éducation, a-t-elle ajouté, est tout aussi importante.


MME KANG KYUNG-WHA (République de Corée) a estimé que le défi posé par le vieillissement de la population doit être abordé en conjonction avec la réduction de la pauvreté, l'intégration sociale, le développement durable et la parité entre les sexes.  Dans ce contexte, elle s'est déclarée très favorable à la tenue la deuxième Assemblée mondiale sur le vieillissement à Madrid en 2002.  Elle a espéré que le Plan d'action révisé qui serait adopté à cette occasion tiendra dûment compte de l'évolution démographique et socioéconomique.  Elle a ensuite attiré l'attention sur la nécessité de respecter la dignité des personnes âgées, ce qui dans les sociétés traditionnelles était assuré par la famille élargie qui se chargeait également de la protection des groupes vulnérables.  Avec le recul de la famille élargie provoqué par la modernisation, les personnes âgées ont été le plus souvent livrées à leur sort, dépossédées de leur rôle traditionnel sans trouver de nouvelle place dans la société. 

La représentante a indiqué que les personnes de plus de 60 ans représentaient déjà 12,2% de la population coréenne.  Ainsi, le gouvernement s'efforce-t-il de tirer parti des capacités productives des personnes âgées et de leur permettre de vivre dignement en essayant de créer des opportunités professionnelles pour cette catégorie de personnes.  En effet, il importe de reconnaître les personnes âgées comme des contributeurs à part entière de la société et non pas comme des dépendants.  À cet égard, il faut s'efforcer de construire "une société pour tous".  En dernier lieu, la représentante s'est à nouveau félicitée de la perspective offerte par la prochaine Assemblée mondiale sur le vieillissement et a indiqué que sa délégation prendrait une part active au processus préparatoire. 


MME MAW MAW (Myanmar) a souligné que l'instance chargée du développement social dans le pays était le Ministère du secours et du réaménagement, établi en 1953, et qui a depuis joué un rôle important dans le développement du progrès social, en collaboration avec les organisations non gouvernementales.  Pour atteindre les objectifs poursuivis, il est important de mentionner le rôle joué par les coopératives.  La nouvelle loi de 1992 sur les sociétés coopératives a d'ailleurs permis aux coopératives de production, et aux coopératives agricoles et industrielles dans tout le pays de se multiplier.  Il y a à l'heure actuelle 18 129 coopératives.  Elles sont aussi présentes dans le secteur de l'éducation et ont, par exemple, formé des spécialistes des affaires.


La clef pour atteindre les objectifs, a précisé la représentante, est dans l'éducation et le pays accorde une importance capitale à ce domaine.  Le pays a mis en place un plan pour que 80% des enfants finissent l'école primaire, avec l'aide de l'UNICEF.


M. ENRIQUE A. MANALO (Philippines) a passé en revue les efforts déployés en faveur de l'intégration des personnes handicapées.  Ainsi les Philippines s'attachent à lever les barrières qui entravent cette intégration.  C'est dans cette optique que le pays s'est doté d'une loi obligeant les institutions, notamment les écoles et les universités, à procéder à des réaménagements structurels pour faciliter l'accès des personnes handicapées.  D'autre part, des programmes de sensibilisation et d'information ont été lancés afin de faciliter leur intégration dans le monde du travail.  Il a indiqué que les femmes et les filles handicapées constituaient le plus souvent le groupe le plus vulnérable de la population et a émis l'espoir que les prochaines conférences mondiales prendraient cet élément en compte.  À cet égard, le représentant a estimé que l'examen du programme d'action mondial pour les personnes handicapées permettrait d'identifier les domaines qui demandent de nouvelles initiatives.  Il a indiqué qu'il présenterait une résolution dans ce sens. 


MME O. ENKHTSETSEG (Mongolie) a rappelé que la mondialisation aggrave les inégalités, la marginalisation et l'exclusion dans nombre de pays.  Les années 90 ont été une décennie d'engagements, sans apporter les progrès attendus.  Il est donc vital que toutes les parties prenantes redoublent d’efforts pour remplir les engagements internationaux en matière de développement et pour réduire de moitié la pauvreté d'ici à 2015.

Le Gouvernement de la Mongolie s'est engagé sur la voie du développement social, pour assurer la reprise économique et la croissance, et réduire la pauvreté.  Un programme national de bonne gouvernance a été élaboré pour la sécurité humaine.  Abordant la question de l'éducation, la représentante a rappelé son importance et son lien évident avec le développement.  Le but du Forum de Dakar, consistant à fournir une éducation primaire obligatoire à tous les enfants d'ici à 2015 est essentiel.  Il existe cependant plus de 113 millions d'enfants qui n'ont pas accès à l'école primaire.  L'éducation primaire universelle continue donc d'être un grand défi pour la communauté internationale.  Si les objectifs de scolarisation sont atteints, des millions de personnes pourront sortir de leur condition de pauvreté; faute de quoi, il faudra faire face à une crise sociale grave.  Ainsi, la Mongolie juge important de lancer une décennie des Nations Unies pour l'alphabétisation.  Au sujet des coopératives, la représentante a indiqué qu'elle remerciait le Secrétariat de l'ONU pour les lignes directrices fournies dans le développement de ces coopératives, attirant l’attention sur le potentiel de ces coopératives et leur contribution au développement social.


M. ISHTIAQ HUSSAIN ANDRABI (Pakistan) a indiqué que son pays accordait une importance particulière à la famille qui est la cellule de base de la société.  En outre, la famille multigénérationnelle élargie s'acquitte de son rôle traditionnel qui est de prendre soin des groupes vulnérables de la société.  La famille est le filet de sécurité traditionnel des sociétés, c'est une défense contre l'exclusion et la marginalisation.  À cet égard, le représentant s'est inquiété de l'imposition de modèles qui ne reconnaissent pas ce rôle à la famille et viennent déstabiliser les sociétés traditionnelles.  Il a déploré les assauts modernes contre l'institution de la famille, qui visent à établir un cadre homogène et à imposer certains comportements à toutes les sociétés, sous le prétexte du développement social. 


S'agissant de la question des personnes âgées, le représentant a expliqué que celles-ci doivent être considérées comme un réservoir de sagesse et de connaissances.  Il convient donc d'élaborer un programme d'action qui veille à assurer leur dignité et leur sécurité, à les protéger de l'exploitation et à empêcher leur marginalisation.  Il convient également de préserver l'accès des personnes âgées à des activités génératrices de revenus, afin qu'elles puissent contribuer à la vie en société dans toute la mesure de leurs capacités et de leurs talents.  Se félicitant de la perspective de la deuxième Assemblée mondiale sur le vieillissement, le représentant a remercié le Gouvernement d'Espagne qui accueillera cette Assemblée en 2002.  Rappelant que le Pakistan compte plus de 7 millions de personnes âgées, le représentant a indiqué que son pays veillait à leur bien-être en respectant les principes de l'Islam et que les jeunes du Pakistan étaient fiers de prendre soin de leurs aînés.  Cela étant, le gouvernement a néanmoins mis sur pied une force spéciale, chargée de mener des études et de recommander des politiques à suivre face au vieillissement de la population. 


M. MARTIN ANDJABA (Namibie) a souligné que le Sommet de Copenhague a notamment chargé les instances gouvernementales de s'occuper du développement social.  Avec l'aide de l'ONU et de la Banque mondiale, la Namibie a mis en place une stratégie de réduction de la pauvreté, qui présente la vision d'une économie prospère.  La Namibie a créé, dans le cadre de certains programmes, des activités liées à la participation de la population à des grands travaux.


D'importants efforts continuent d'être déployés, mais la Namibie se heurte à d'importants obstacles.  En effet, la pauvreté est à la fois le principal obstacle et la cause de la plupart des problèmes que connaît le pays.  Il est difficile, a ajouté le représentant, de parler de développement social sans parler de la pauvreté et du développement économique.  Peu après son indépendance, la Namibie a été classée pays à revenus moyens.  Quarante-sept pour cent des Namibiens sont relativement pauvres, et 13% sont extrêmement pauvres.  La pandémie du VIH/sida constitue aujourd'hui une grave menace, car ce fléau réduit à néant certains des efforts entrepris.  Alors qu'on ne s'occupe guère des personnes âgées, ce sont pourtant elles qui prennent soin des enfants orphelins.  Les ressources consacrées au VIH ont des répercussions budgétaires sur d'autres programmes.  C'est pourquoi, avec la coopération internationale, des programmes ont été mis en place pour traiter spécifiquement du problème du VIH/sida.  Enfin, a poursuivi le représentant, la mondialisation a renforcé les inégalités pour les habitants de la région.  Les  pays développés et en développement devraient chercher ensemble des solutions collectives pour que la mondialisation profite à l'ensemble de la planète.


MME RANIA AL HAJ ALI (République arabe syrienne) a insisté sur le fait que la responsabilité du développement social incombe aussi bien aux gouvernements nationaux qu'à la communauté internationale.  Elle a déploré les déséquilibres causés par la mondialisation et la marginalisation croissante des pays en développement.  Ainsi, le fossé continue à se creuser entre les pays du Nord et ceux du Sud, dans un contexte où la coopération internationale fait défaut ou est soumise à des conditions souvent inacceptables.  Il importe de créer des mécanismes correcteurs pour limiter l'impact des crises sur les pays en développement, a-t-elle indiqué.


Dans ce contexte adverse, la Syrie a néanmoins mis en oeuvre des politiques et des programmes économiques et sociaux qui visent à protéger les groupes vulnérables et à leur assurer les services sociaux de base, a-t-elle déclaré avant de présenter les mesures adoptées pour assurer un accès égal à l'éducation et le relèvement des revenus.  Au regard de l'égalité des sexes et de l'intégration des personnes handicapées, la représentante a indiqué que son pays avait adopté des lois garantissant l'égalité des chances pour tous.  Abordant ensuite la question des personnes âgées, la représentante s'est félicitée de la prochaine tenue de la deuxième Assemblée mondiale sur le vieillissement. 


La représentante a fait valoir que le développement social dépendait du respect des droits fondamentaux des personnes.  Ces principes deviennent vains, a-t-elle expliqué, lorsque des populations doivent vivre sous le joug de l'occupation étrangère comme c'est le cas dans les territoires arabes occupés par Israël.  En outre, on ne saurait oublier les séquelles de l'occupation israélienne du Golan syrien ou du Sud-Liban.  Il importe de faire pression sur Israël pour qu'il mette fin à l'occupation des territoires arabes et s'engage à respecter les résolutions des Nations Unies, a-t-elle conclu. 

M. MILOS ALCALAY (Venezuela), s'associant à la déclaration faite au nom du Groupe des 77 et de la Chine et à la déclaration faite au nom du Groupe de Rio, a limité son intervention à la description des mesures adoptées par le Venezuela en vue de l'application du Programme d'action de Copenhague.  Le Venezuela a établi un plan social qui s'appuie sur les principes de la solidarité et de la responsabilité, estimant que le développement social doit s'appuyer sur la famille et les valeurs locales pour assurer la participation de tous les citoyens.  Le Venezuela s'est attaché à développer les petites entreprises créatrices d'emplois par un programme de microcrédits visant à viabiliser de nouvelles formes de développement.  Ainsi, on a pu observer une réduction du chômage et du secteur informel de l'économie, a-t-il précisé. 


S'agissant des jeunes, le représentant a insisté sur le fait que l'État s'attache à faciliter leur entrée dans la vie active et leur accès à un premier emploi.  Le gouvernement a également élaboré un plan de réinsertion pour les jeunes exposés à de grands risques sociaux en facilitant leur intégration et en luttant contre la toxicomanie.  Le représentant s'est déclaré favorable à toutes mesures favorisant les échanges d'expériences entre les jeunes et augmentant leur participation à la société.  En ce qui concerne les jeunes, le représentant a indiqué que son gouvernement s'était engagé à Dakar à rattraper les retards accumulés par son système éducatif. 


Abordant la question des personnes handicapées, le représentant a indiqué que son gouvernement veillait particulièrement à leur intégration complète dans le respect de leur dignité de façon à ce qu'elles puissent apporter leur contribution à la société.  L'Etat s'attache à assurer l'égalité complète des chances des personnes handicapées, notamment en garantissant leur éducation, l'accès aux locaux et aux services sociaux de base.  Le représentant a ensuite fait part des mesures adoptées pour assurer un environnement propice au mouvement coopératif.  Il a aussi insisté sur le fait que les programmes sociaux et de développement doivent lutter contre la désintégration de la famille, cellule de base de la société.  Ainsi, l'État veille tout particulièrement à la protection des familles.  De la même manière, l'État veille à la protection des personnes âgées, notamment par le biais de l'Institut national de gériatrie et de gérontologie.  Les personnes de plus de 60 ans disposant de revenus limités peuvent ainsi recevoir des soins gratuits.  Des mesures ont également été prises pour favoriser l'emploi des personnes âgées, notamment dans le domaine agricole. 


M. JONES KYAZZE (UNESCO) a rappelé que l'alphabétisation pour tous, enfants, jeunes et adultes, est un objectif encore éloigné et que c'est de plus une cible mouvante.  Les progrès sont inégaux.  Les possibilités d'instruction augmentent dans le monde, et l'analphabétisme a été réduit à 20% dans le monde depuis 1990.  Les formes les plus évidentes d'analphabétisation touchent les plus pauvres parmi ses pauvres, et parmi eux, une majorité de femmes.  Il reste encore 875 millions de jeunes et d'adultes analphabètes et 113 millions d'enfants ne sont pas scolarisés.  Cela est inacceptable car ces chiffres impressionnants représentent une perte énorme de potentiel humain et traduisent l’impuissance des sociétés à s'acquitter de leurs responsabilités fondamentales.  Ces échecs alimentent la frustration, la perte de confiance et érodent l'espoir d'un avenir commun.  Ils créent des conditions propices à des économies instables, à des gouvernements inefficaces  et à des conflits civils.

Le plan d'action proposé par l'UNESCO, pour la Décennie des Nations Unies pour l'alphabétisation, vise à proposer des principes directeurs à tous les niveaux.  Il n'y a pas de solutions qui correspondent à toutes les situations et le succès se trouve au niveau des pays.  La Décennie devrait donc appartenir aux pays eux-mêmes, ce qui a été largement souligné au Forum de Dakar sur l'éducation.  L'un des défis principaux réside donc dans le fait que les gouvernements et la société civile doivent prendre en charge l'analphabétisation et définir des plans qui correspondent à leurs réalités.


La Décennie vise à fournir un cadre pour développer une nouvelle vision de l'alphabétisation.  Car même si les situations sont différentes, le cadre est commun.  Il est difficile de ne pas rappeler l'un des objectifs de la Déclaration du Millénaire qui est de veiller à ce que, d'ici à 2015, tous les garçons et toutes les filles aient un accès égal à tous les niveaux d'éducation et que les enfants puissent partout bénéficier d'un enseignement primaire.  Car l'alphabétisation est liée à la démocratie et au développement social, et c'est une question vitale si l'on veut que le développement humain soit durable et adapté à la situation de chaque pays.


M. ROBERT HOLZMANN, Directeur de la protection sociale de la Banque mondiale, a observé que la protection sociale figurait de nouveau au rang des priorités mondiales.  Il importe d'adopter une perspective d'avenir et de déterminer comment les gouvernements se préparent à gérer les crises éventuelles.  Il a insisté sur le fait que la croissance doit être équilibrée par des mesures de protection sociale.  En effet comme l'a démontrée la crise financière asiatique, en cas de choc, les filets de sécurité informels cèdent et en temps de crise, il est souvent trop tard pour adopter d'urgence des mesures de protection.  De la même manière la baisse de la croissance en 2001 montre à nouveau le manque de préparation de nombreux pays en développement qui ne disposent pas de filets de sécurité pour accuser les chocs imposés à leur économie par un changement de conjoncture internationale.  Il importe aussi de considérer que la protection sociale est un élément durable de la réduction de la pauvreté et constitue l'une des bases de la sécurité.  C'est par une protection sociale adéquate que l'on peut favoriser la mobilité sociale nécessaire.  Il faut également tenir compte des inégalités et de l'accroissement de la vulnérabilité générés par la mondialisation.  La mondialisation demande que l'on envisage la protection sociale comme un filet de sécurité et un tremplin pour les pauvres.  Elle doit mettre l'accent sur les causes de la pauvreté plutôt que sur ses symptômes. 


Le représentant a précisé que ces considérations ont présidé à l'élaboration de la Stratégie pour la protection sociale de la Banque mondiale afin de s'attacher à réduire la vulnérabilité à la pauvreté.  À cet égard, il convient de doter les pauvres d'un accès privilégié aux instruments de gestion des risques sociaux.  En effet, étant les plus vulnérables, les pauvres ont tendance à ne pas vouloir prendre de risques supplémentaires et une meilleure gestion de ces risques permettrait de rendre cette catégorie de population plus entreprenante.  Il convient également de veiller à protéger les segments vulnérables de la population tout au long de la vie, notamment dans l'enfance et au troisième âge lorsque la vulnérabilité s'accroît de nouveau.  Le représentant a indiqué que la Banque mondiale a assisté 60 pays à réformer leur régime de retraites afin de faire face au vieillissement de la population.  En conclusion, il a insisté sur le fait qu'il fallait surtout veiller à réduire la vulnérabilité, ce qui demande de solides partenariats entre le secteur public et privé.


*   ***   *

À l’intention des organes d’information. Document non officiel.