Dans cet entretien, Carol Sanchez, Point focal pour l’engagement du secteur privé via l’initiative OCHA-UNDP Connecting Business, explique comment le secteur privé jamaïcain s’est engagé dans les efforts mis en place après le passage de l’ouragan de catégorie 5 Melissa en octobre 2025.
Comment le secteur privé s'est-il organisé pendant la période d'urgence ?
Je dois dire que le secteur privé était remarquablement organisé, ayant tiré les leçons de collaboration de la pandémie de COVID.
Les partenaires ont mis en place un Centre d’opérations d’urgence du secteur privé au sein duquel les entreprises délaissent la concurrence pour travailler ensemble.
Au départ, ils se coordonnaient principalement en interne, peinant à s'intégrer au système national d'intervention.
Après le passage de l'ouragan Melissa, l'autorité nationale de gestion des catastrophes a modifié sa structure et, grâce au soutien de l'initiative Connecting Business de l'OCHA et du PNUD, le secteur privé a pu s'intégrer à ce nouveau système et obtenir une place à la table des négociations.
Quel rôle OCHA a-t-il joué pour faciliter ce dialogue ?
En termes simple, OCHA a servi d’intermédiaire. Nous avons mis en place des connexions entre le Centre d’opérations d’urgence du secteur privé, les autorités nationales et les entités régionales telles que l’Agence caraïbe pour les secours d’urgence en cas de catastrophe naturelle (CDEMA).
Nous avons fait la promotion du site internet d’appui gouvernemental, Support Jamaica – Official Disaster Relief & Recovery Portal, qui regroupait les besoins. Cela a facilité les dons financiers.
Nous avons encouragé les contributions du secteur privé qui correspondaient à ces besoins.
Avant tout, il est important de souligner le rôle crucial joué par le gouvernement jamaïcain en publiant en ligne une liste précise des besoins. Cette approche a permis d'éviter les dons inadaptés et a permis aux entreprises de contribuer directement à des besoins spécifiques.
Comment le secteur privé a-t-il pu s'impliquer aussi rapidement dans les efforts de réponse à la crise ?
Cela s'explique par l'expérience historique de la Jamaïque face à l'ouragan Gilbert en 1988 et à la pandémie de COVID-19, qui ont influencé leur niveau de préparation.
Néanmoins, l'impact de l'ouragan Melissa, de catégorie 5, a été pire que prévu.
Le secteur privé a été gravement touché, notamment le tourisme, le secteur bancaire et les transferts de fonds, mais il a fait preuve d'une incroyable résilience.
Ils collaborent déjà avec le Programme des Nations Unies pour le développement, la CDEMA et l'Institut de planification de la Jamaïque pour concevoir des plans de reconstruction.
L'objectif n'est pas seulement de reconstruire des maisons, mais aussi d'investir dans des infrastructures durables et résilientes, ainsi que dans les économies locales.
Suivez l’initiative OCHA-UNDP Connecting Business sur LinkedIn et Instagram.



