Le mécanisme de réponse humanitaire sous 48 heures est un outil de financement accéléré qui permet aux acteurs humanitaires d'agir immédiatement, quelques jours seulement après le déclenchement d'une crise.
Meron Berhane, du Bureau de coordination des affaires humanitaires (OCHA), explique comment, de Gaza au Soudan, cette approche concilie rapidité et contrôle afin de garantir que les acteurs humanitaires puissent intervenir au moment où cela est le plus important.
Expliquez-nous ce mécanisme et la façon dont il fonctionne
Ce mécanisme a été introduit en 2022.
Au lieu d'attendre un nouveau processus d'attribution et un accord de subvention, ce qui peut prendre des semaines, les fonds sont prépositionnés à l'avance auprès de partenaires sélectionnés.
Ces partenaires sont choisis en fonction de leur couverture géographique et de leur capacité opérationnelle à fournir des réponses intégrées et multisectorielles.
Lorsqu'une crise survient ou s'aggrave, le partenaire en informe le bureau d'OCHA au niveau national, qui consulte ensuite le Coordonnateur humanitaire et les interlocuteurs concernés. Dans un délai de 48 heures, OCHA fournit une autorisation écrite, autorisant l'utilisation des fonds prépositionnés.
Les dépenses deviennent éligibles à partir de la date d'approbation, et dans un délai de 20 jours ouvrables, le projet est mis à jour afin d'intégrer les activités prévues.
En résumé, ce mécanisme comble le fossé entre la préparation et l'action immédiate, sans compromettre la responsabilité. L'autorisation explicite avant le déploiement garantit le contrôle, tandis que le remboursement des fonds non utilisés préserve l'intégrité financière.
Dans quelle mesure cette modalité est-elle efficace pour faire face aux situations d'urgence à déclenchement soudain ?
Il s'agit d'un moyen très efficace de fournir des financements essentiels à des moments critiques.
À Gaza, ce mécanisme a permis d'intensifier les activités humanitaires en quelques jours seulement après l'escalade du conflit en octobre 2023.
Au Soudan, ce mécanisme s'est avéré indispensable pour fournir des financements aux communautés touchées dans un contexte instable et complexe en raison de la guerre en cours.
Comment ce modèle s'inscrit-il dans le cadre de la « Réinitialisation humanitaire » ?
Le mécanisme d'intervention en 48 heures incarne l'appel de la « Réinitialisation humanitaire » [Humanitarian Reset] à transférer le pouvoir plus près des communautés touchées par les crises en permettant un financement rapide et flexible, directement par l'intermédiaire de partenaires locaux et nationaux de confiance.
Ce modèle renforce les capacités d'intervention locales tout en garantissant la responsabilisation, permettant ainsi aux acteurs de première ligne, souvent des organisations dirigées par des femmes et ancrées dans la communauté, d'agir immédiatement en cas d'urgence.
Ce faisant, cette approche promeut la vision de la « Réinitialisation humanitaire » en matière de dignité, d'équité et de résilience grâce à un leadership local.



