I. Introduction
1. En septembre 2005, les dirigeants du monde ont mis en branle
un mouvement sans doute historique en décidant de «
renforcer et actualiser le programme de travail de l’Organisation
des Nations Unies de sorte qu’il réponde aux besoins
présents des États Membres ». À cette
fin, ils ont demandé aux États Membres de l’Organisation
de « réexaminer tous les mandats découlant de
résolutions de l’Assemblée générale
et d’autres organes qui remontent à plus de cinq ans
» (Voir résolution
60/1, par. 163 b). Pour faciliter cette entreprise, ils ont
demandé au Secrétaire général de présenter
une analyse accompagnée de recommandations. Le présent
rapport vient proposer aux États Membres un cadre et les
premiers outils nécessaires à cette tâche. Il
ne se veut pas exhaustif, le Secrétariat se tenant prêt
à faire d’autres propositions le moment venu. (Le présent
rapport et le répertoire des mandats qui l’accompagne
sont le fruit d’efforts concertés des organismes d’exécution
du Secrétariat et d’autres organismes du système
des Nations Unies. Ce processus a donné une occasion unique
aux diverses entités de réfléchir sur les mandats
qu’elles mettent en œuvre et de faire des propositions
en vue d’y apporter des améliorations. )
2. L’examen s’intéresse à l’essence
même de l’Organisation. L’adoption de multiples
mandats au cours des 60 années d’existence de l’ONU
a conduit au dispositif opérationnel et aux programmes que
nous connaissons aujourd’hui. Nombre de ces rouages n’ont
pas évolué avec les priorités nouvelles, d’où
le caractère essentiel de cet examen si l’on veut conserver
son efficacité à l’Organisation. En 1954 déjà,
on s’accordait à considérer qu’il fallait
réexaminer périodiquement l’activité
de l’Organisation.
3. Cette année-là – l’Organisation n’avait
que neuf ans – le Secrétaire général,
Dag Hammarskjöld, a compris combien il importait de «
réévaluer, en consultation et en accord avec les organes
concernés, le rôle que le Secrétariat peut jouer
de la manière la plus appropriée et la plus constructive
possible en vue de la réalisation des objectifs énoncés
dans la Charte et de [ ... ] réexaminer la nature et la portée
des activités qu’il peut entreprendre avec le plus
d’efficacité » (Voir l’introduction du
neuvième rapport annuel du Secrétaire général
aux États Membres sur l’activité de l’Organisation
des Nations Unies pour la période allant du 1 er juillet
1953 au 30 juin 1954 (A/2663)). En application des décisions
prises par l’Assemblée générale à
sa huitième session, Hammarskjöld s’est senti
le devoir de « prêter conseils et de donner des avis
» sur l’activité de l’Organisation.
4. Dag Hammarskjöld est arrivé à trois conclusions
principales : premièrement, que la contribution du Secrétariat
à l’action des Nations Unies était des plus
efficace et durable lorsque leurs activités se renforcent
mutuellement et se complètent; deuxièmement, que la
nature même des responsabilités que le Secrétaire
général et les hauts responsables devaient assumer
imposait une limite aux tâches qui peuvent être entreprises
efficacement; et, troisièmement, qu’au-delà
d’un certain seuil, certains gouvernements ont du mal à
digérer la masse de documents et d’autres informations
émanant de l’Organisation. Aussi, pensait-il que les
organes intergouvernementaux responsables devaient opérer
un choix entre les mandats urgents et ceux qui ne l’étaient
pas.
5. Plus de 50 ans plus tard, les réflexions de Dag Hammarskjöld
sont plus que jamais d’actualité. L’examen actuel
nous offre une nouvelle occasion de rapporter les aspirations dont
notre organisation est porteuse aux difficultés pratiques
auxquelles nous faisons face, en sorte de lui donner les moyens
de relever les défis d’aujourd’hui, chose qui
est loin d’être facile.
6. Nombreuses sont les difficultés qui tiennent à
l’ampleur de la tâche et au manque d’éléments
d’information suffisants sur chaque mandat propres à
fonder un examen complet. Au moment où nous entreprenons
de revitaliser l’Organisation de sorte qu’elle puisse
être véritablement comptable de son action devant ses
membres et remplir sa mission vis-à-vis des peuples du monde,
il nous faudrait disposer d’éléments d’information
sur l’utilité des mandats pour être en mesure
d’apprécier en quoi ils concourent aux objectifs d’ensemble
de l’Organisation.
7. Cette entreprise vient, à bien des égards, en
compléter d’autres en cours, notamment la réforme
de la gestion, l’examen de la gouvernance et du dispositif
de contrôle, l’examen de la cohérence à
l’échelle du système et la revitalisation de
l’Assemblée générale elle-même.
La réforme de la gestion et un meilleur contrôle peuvent
permettre au Secrétariat de mieux mettre en œuvre les
mandats et d’en être comptable. De même, l’étude
et les recommandations sur la cohérence à l’échelle
du système ouvriront la voie à un mécanisme
d’exécution plus efficace pour l’ensemble du
système des Nations Unies. Les décisions prises par
les États Membres sur la revitalisation de l’Assemblée
générale auront une incidence sur l’ordre du
jour de l’Assemblée et, par suite, sur les résolutions
relevant des différents points inscrits à l’ordre
du jour, mais aussi sur les mandats qui en découlent. Autrement
dit, la revitalisation offrira aux États Membres une base
solide aux fins de l’examen des mandats.
8. Le Secrétariat apportera son concours tout au long de
l’entreprise, par des moyens appropriés et dans le
même esprit de collaboration, afin d’aider à
adapter l’Organisation aux exigences de l’époque.
Une occasion singulière s’offre ainsi aux États
Membres de renforcer et rationaliser notre organisation. À
eux de la saisir.
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