D. Promotion des droits de l'homme
88. Le mécanisme de défense des droits de l’homme des Nations Unies, qui consiste dans le Haut Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme, la Commission des droits de l’homme et le régime institué par les organes conventionnels, a aidé les États Membres à assumer les obligations internationales mises à leur charge par les normes et règles internationales. Afin d’améliorer
ce mécanisme, les États Membres sont convenus
dans le Document final du Sommet mondial de renforcer considérablement
le Haut Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme
et de créer le Conseil des
droits de l’homme qui remplacerait la Commission des
droits de l’homme (Voir paragraphes 123, 124 et 157
de la résolution 60/1).
Le Conseil des droits de l’homme ayant été
créé récemment, les divers mandats devraient
être rationalisés car la résolution de
l’Assemblée générale portant création
du Conseil dit que ce dernier « assumera, réexaminera
et au besoin améliorera et rationalisera tous les mandats,
mécanismes, fonctions et attributions de la Commission
des droits de l’homme de façon à maintenir
le régime des procédures spéciales, ainsi
qu’un mécanisme de conseil et de plainte […]
dans l’année suivant la tenue de sa première
session (Voir le paragraphe 6 de la résolution 60/251)
».
89. Parallèlement à cette entreprise d’amélioration
du mécanisme de défense des droits de l’homme,
les États Membres devraient mener un examen approfondi
des mandats existants qui prescrivent la présentation
de rapports ou d’autres formes de documents. La présentation
de rapports dans le domaine des droits de l’homme revêt
une importance particulière en ce sens que c’est
l’un des principaux moyens de suivre l’exercice
des droits de l’homme et d’amener les États
Membres à répondre de leurs obligations conventionnelles.
Or, à l’heure actuelle, le Secrétariat
et les États Membres croulent sous la masse de documentation,
qui vient occulter les questions à l’examen.
Pour faire en sorte que ces rapports restent des instruments
qui permettent aux États Membres de promouvoir et défendre
les droits de l’homme et s’assurer que le nouveau
mécanisme de défense des droits de l’homme
ne souffre pas du même mal, il convient de prendre immédiatement
des mesures.
Rapports à présenter
90. S’il est vrai que certains rapports et autres
formes de documents sont prescrits par des organes principaux,
la plupart d’entre eux sont demandés par la Commission
des droits de l’homme, ses organes subsidiaires ou des
organes conventionnels. C’est pourquoi il est nécessaire
que, outre les mandats émanant des principaux organes,
l’analyse dans cette section englobe les mandats prescrits
par les organes subsidiaires et les organes conventionnels.
91. Comme dans d’autres domaines, il y a pléthore
de mandats prescrivant l’établissement de rapports
dans le domaine des droits de l’homme. Il suffit, pour
mesurer la gravité du problème, de voir le seul
volume de la documentation découlant des divers mandats
énoncés dans ce domaine. C’est ainsi que,
en exécution de obligation de faire rapport en vertu
de différents mandats, le Haut Commissariat des Nations
Unies aux droits de l’homme a établi ou présenté
en 2004 plus de 44 000 pages de documents qui étaient
des originaux. Comme il veille à voir présenter
11 rapports demandés aux États parties en vertu
des six instruments internationaux relatifs aux droits de
l’homme et de leurs protocoles facultatifs qui intéressent
les activités des organes conventionnels et leurs procédures
et mécanismes de plainte, plus de la moitié
de ces pages consistait en des rapports et communications
des États parties destinés aux organes conventionnels.
92. Étant donné l’énorme volume
de la documentation, la charge du travail de traduction imposée
au Secrétariat est très lourde. En 2004 par
exemple, il a fallu traduire dans toutes les langues officielles
plus de 4 000 pages de comptes rendus analytiques destinées
aux organes créés en vertu de la Charte ou d’instruments
internationaux. De même, le Haut Commissariat des Nations
Unies aux droits de l’homme a reçu, pour traduction
dans l’une des trois langues de travail de la Commission
des droits de l’homme, bien plus de 1 000 pages de notes
verbales
(dénommées documents « officieux »)
émanant des gouvernements ou des missions permanentes.
93. Il est possible de prendre immédiatement un certain
nombre de mesures concrètes afin de réduire
le volume excessif de la documentation et l’écrasant
travail de traduction requis. D’abord, on pourrait décider
de limiter à 30 pages la longueur des rapports des
organes conventionnels destinés à l’Assemblée
générale ou au Conseil économique et
social. S’agissant des comptes rendus analytiques, une
résolution de l’Assemblée générale
limitant le nombre de langues dans lesquelles ils seraient
établis ne contribuerait pas peu à réduire
le travail de traduction imposé au
Secrétariat. En outre, les gouvernements devraient
soumettre leurs notes verbales dans l’une des langues
de travail ou joindre à leurs notes verbales la traduction
anglaise des documents qu’ils envoient pour publication.
94. Outre le volume de la documentation, il y a une autre
question épineuse : c’est le problème
des rapports faisant double emploi qui, outre qu’ils
absorbent énormément de temps et de ressources,
occultent les recommandations de fond y figurant. Il se peut
par exemple que des rapports traitent tous des mêmes
domaines thématiques et géographiques. Les domaines
thématiques ou géographiques où il est
le plus demandé de rapports en matière de droits
de l’homme sont les suivants : état d’application
des traités (18 rapports prescrits), racisme (8 rapports
prescrits), et questions autochtones (5 rapports prescrits).
Pour remédier à cette situation, les États
Membres devraient examiner plus avant les divers mandats afin
de réduire les doubles emplois d’une façon
équilibrée qui tienne compte de leurs différentes
priorités. À titre d’exemple, dans les
cas où il est demandé au Secrétaire général
aussi bien qu’au Haut Commissaire de faire rapport sur
la même question mais à différents organes,
l’Assemblée générale, la Commission
des droits de l’homme, la Sous-Commission (par exemple),
les rapports pourraient être regroupés. De même,
dans les cas où à la fois les titulaires de
mandats au titre des procédures spéciales et
le Secrétariat (Secrétaire général
ou Haut Commissaire) doivent faire rapport sur la même
question, on pourrait décharger le Secrétariat
de son obligation, à moins qu’il
ne soit demandé à ce dernier de faire rapport
sur tel ou tel aspect particulier.
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