Les crimes contre les journalistes

En reconnaissance des profondes conséquences de l’impunité, notamment en ce qui concerne les crimes commis contre les journalistes, l’Assemblée générale des Nations Unies a adopté, lors de sa 68e session en 2013, une résolution intitulée « La sécurité des journalistes et la question de l’impunité » (A/RES/68/163), qui proclame le 2 novembre « Journée Internationale de la fin de l’impunité pour les crimes commis contre les journalistes ».

Près de 90% des responsables des assassinats de 1 109 journalistes dans le monde entre 2006 et 2018 n'ont pas été punis, selon l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO).

Ce chiffre n’inclut pas les nombreux autres journalistes qui, quotidiennement, subissent des agressions non mortelles, y compris la torture, la disparition forcée, la détention arbitraire, l’intimidation et le harcèlement, que ce soit en situation de conflit ou non. En outre, il existe, pour les femmes journalistes, des risques spécifiques, notamment les agressions sexuelles.

Cette impunité non seulement enhardit les criminels, mais aussi décourage la société, y compris les journalistes eux-mêmes. L’impunité favorise l’impunité et alimente un cercle vicieux.

Lorsqu’elles restent impunies, les agressions de journalistes envoient aux gens ordinaires un message très négatif selon lequel s’ils diffusent une « vérité embarrassante » ou des « opinions indésirables », ils s’attireront des problèmes. En outre, la société perd confiance dans son propre système judiciaire, censé défendre les droits de chacun. Les auteurs de crimes contre des journalistes s’enhardissent donc lorsqu’ils se rendent compte qu’ils peuvent agresser leurs cibles sans jamais être traduits en justice.

La société tout entière pâtit de cette impunité. Le genre d’information qui est « passé sous silence » est exactement le genre que le public a besoin de connaître. L’information, qu’elle soit économique, sociale ou politique, est essentielle pour prendre des décisions optimales. Cet accès à une information fiable et de qualité est la pierre angulaire de la démocratie, de la bonne gouvernance et d’institutions efficaces.

Plan d’action des Nations Unies sur la sécurité des journalistes et la question de l’impunité

Le Plan d’Action des Nations Unies sur la sécurité des journalistes et la question de l’impunité est un plan méthodique à l’échelle des Nations Unies qui vise à créer un environnement libre et sûr pour les journalistes, les professionnels des médias et les médias sociaux produisant une quantité significative de contenu médiatique d’intérêt public en vue de renforcer la paix, la démocratie et le développement dans le monde. Le Plan couvre à la fois les situations de conflit et de non-conflit.

Piloté par le Conseil intergouvernemental du Programme international pour le développement de la communication (PIDC) de l’UNESCO, et approuvé en 2012 par Conseil des chefs de secrétariat des Nations Unies, mécanisme de coordination le plus élevé du système des Nations Unies, le Plan d’Action des Nations Unies apporte un cadre général pour une coopération entre toutes les parties concernées, y compris les organes des Nations Unies, les autorités nationales, les acteurs médiatiques ainsi que les organisations nationales, régionales et internationales.