Le travail des enfants

Le concept de « travail des enfants » regroupe l'ensemble des activités qui privent les enfants de leur enfance, de leur potentiel et de leur dignité, et nuisent à leur scolarité, santé, développement physique et mental.

Il fait référence à des travaux dangereux pour la santé et le développement physique, social ou mental des enfants, qui compromettent leur éducation, en les privant de toute scolarisation, en les contraignant à abandonner prématurément l'école ou en les obligeant à accumuler des activités scolaires et professionnelles excessivement longues et trop pénibles pour eux.

Dans ses formes les plus extrêmes, le travail des enfants concerne les enfants réduits en esclavage, séparés de leur famille, exposés à des risques et des maladies graves, et/ou livrés à eux-mêmes dans les rues des grandes agglomérations, souvent dès leur plus jeune âge.

Que cette forme particulière de travail rentre ou non dans la dénomination « travail des enfants » dépend de l'âge de l'enfant, de la nature des travaux exécutés, des conditions dans lesquelles ils s'exercent et les objectifs poursuivis par chaque pays. La réponse varie d'un pays à l'autre et d'un secteur économique à l'autre.

Des 152 millions d'enfants astreints au travail des enfants: 48% ont entre 5-11 ans, 28% entre 12 et 14 ans et 24% entre 15 et 17 ans; 58% (ou 88 millions) sont des garçons et 42% (ou 64 millions) sont des filles; 70,9% travaillent dans l'agriculture, 11,9% dans l'industrie et 17,2% dans les services.

Source: OIT, 2016

La Convention sur les droits de l'enfant

L'article 32 de la Convention des droits de l'enfant réaffirme le droit de l'enfant d'être protégé contre l'exploitation économique et tout travail mettant en danger sa santé, son éducation ou son développement physique, mental ou spirituel.

Avec 196 ratifications sur 197 États signataires, la Convention constitue le traité relatif aux droits humains le plus largement ratifié de l'histoire. Juridiquement contraignant pour les Etats signataires, il pousse ces derniers à réglementer les conditions d'accès à l'emploi pour les enfants, en déterminant par exemple des âges minimaux d'admission au travail, comme spécifié dans la Convention n°138 .

Ceux-ci s'engagent à défendre et à garantir les droits de tous les enfants sans distinction et à répondre de ces engagements devant les Comité des droits de l'enfant des Nations Unies .

Programme international pour l'abolition du travail des enfants

Outre la Convention des droits de l'enfant, l'Organisation Internationale du Travail (OIT) adopte en 1999 la Convention sur les pires formes de travail des enfants (ou Convention n°182), mettant l'accent sur l'importance d'une éducation de base gratuite pour l'enfant et sur la nécessité de le soustraire des pires formes de travail tout en assurant sa réadaptation et son intégration sociale.

L'Organisation internationale du Travail (OIT) lance aussi le Programme international pour l'élimination du travail des enfants (IPEC) , avec comme objectif global "l'élimination progressive du travail des enfants par le biais du renforcement des capacités des pays à s'attaquer au problème et la promotion d'un mouvement mondial de lutte contre le travail des enfants".

Bien que l'objectif du programme soit l'élimination progressive du travail des enfants, l'IPEC s'est fixé comme cibles prioritaires les pires formes de travail des enfants, telles que définies dans la Convention n°182, c'est à dire:

  • toutes les formes d'esclavage ou pratiques analogues;
  • telles que la vente et la traite des enfants;
  • la servitude pour dettes et le servage ainsi que le travail forcé ou obligatoire, y compris le recrutement forcé ou obligatoire des enfants en vue de leur utilisation dans des conflits armés;
  • l'utilisation, le recrutement ou l'offre d'un enfant à des fins de prostitution, de production de matériel pornographique ou de spectacles pornographiques;
  • l'utilisation, le recrutement ou l'offre d'un enfant aux fins d'activités illicites, notamment pour la production et le trafic de stupéfiants, tels que les définissent les conventions internationales pertinentes;
  • les travaux qui, par leur nature ou les conditions dans lesquelles ils s'exercent, sont susceptibles de nuire à la santé, à la sécurité ou à la moralité de l'enfant.

Source: Organisation Internationale du Travail (OIT)