Deuxième Commission: Les freins au développement durable et l’adaptation des méthodes de travail de la Commission au cœur du débat

AG/EF/3473
3 octobre 2017
Soixante-douzième session, 4e & 5e séances - Matin et après-midi

Deuxième Commission: Les freins au développement durable et l’adaptation des méthodes de travail de la Commission au cœur du débat

Le constat largement partagé par les délégations de la Deuxième Commission (questions économiques et sociales), lors de sa deuxième journée de débat général, a été peu encourageant quant au niveau de mise en œuvre du Programme de développement durable à l’horizon 2030.  Cela n’a pourtant pas empêché les délégations de soumettre des idées concrètes pour aller de l’avant à la fois dans la restructuration du système onusien chargé de soutenir le développement et dans le pari universel du développement durable.

Les défis de nature politique, économique, sécuritaire, environnementale et humanitaire, ainsi que les lenteurs dans l’application du Programme d’action d’Addis-Abeba, relatif au financement du développement, ont été à maintes reprises accusés de freiner la mise en œuvre du Programme 2030.  De plus, a remarqué la délégation de l’Afrique du Sud, il semblerait que l’optimisme et l’unité qui ont caractérisé l’adoption des accords internationaux en 2015 ont été remplacés par l’incertitude et la disparition de cette unanimité.

Face à ces difficultés, de nombreux États Membres ont réaffirmé le leadership à assumer par la Deuxième Commission pour faire avancer la cause du développement durable, même si certaines délégations l’ont incitée à adapter ses méthodes de travail.  Pour la délégation mexicaine, par exemple, les méthodes de travail de la Commission sont « d’une autre époque ».

Son homologue de la Suisse a espéré que la Deuxième Commission produirait des orientations normatives sur les défis mondiaux en matière de développement durable, qu’elle contribuerait à l’amélioration du système des Nations Unies chargé de soutenir le développement et qu’elle assurerait un suivi des conférences internationales qui n’ont pas leur propre processus de suivi. 

Autre exigence exprimée notamment par la Roumanie et le Brésil: les procédures de la Deuxième Commission doivent devenir les plus efficaces possible en essayant d’éviter les doublons.  Ainsi, ses différentes résolutions ne doivent pas se chevaucher et ses travaux ne doivent pas faire double emploi avec ceux menés dans le cadre d’autres processus ou organes onusiens, tels que le Conseil économique et social (ECOSOC).  Il a même été proposé de limiter le nombre de projets de résolution soumis à la Commission, en adoptant certains textes seulement tous les deux ans, et d’éliminer certains points de son ordre du jour.

Sur le fond, les freins au développement ont mobilisé l’attention des délégations.  Pour les uns, il s’agit de l’impact terrifiant des changements climatiques sur leurs économies, pour d’autres, de la baisse de l’aide publique au développement, de l’accès équitable aux marchés internationaux ou encore de la viabilité de leur dette extérieure.

D’ailleurs certaines délégations ont suggéré que la Commission se saisisse, au cours de la présente session, de la question de l’annulation de la dette des pays des Caraïbes qui ont récemment été affectés par des catastrophes naturelles d’un impact sans précédent.

Au-delà de l’application ferme de l’Accord de Paris sur les changements climatiques, l’idée d’un fonds d’affectation spéciale consacré à cette cause a été avancée notamment par le Maroc et la République dominicaine.

En outre, les changements climatiques étant souvent liés à la notion de viabilité de l’environnement et à la sécurité alimentaire, la délégation de la Slovénie a proposé la création d’une journée internationale des abeilles, soulignant que celles-ci, avec d’autres polinisateurs, étaient un chaînon essentiel des écosystèmes.

Parmi les autres suggestions, les pays à revenus intermédiaires, dont le Chili et les Philippines, ont appelé à revoir le critère du Produit intérieur brut (PIB) par habitant qui s’applique à eux pour déterminer leur éligibilité aux financements pour le développement, le jugeant insuffisant pour évaluer le niveau de développement d’un pays.  Ces pays abritent près de 70% de la population mondiale et revendiquent une place centrale dans les discussions de la Deuxième Commission.

Pour les pays les moins avancés, les petits États insulaires en développement et les pays en conflit ou sortant d’un conflit, l’une des préoccupations majeures reste la diminution du volume de l’aide publique au développement (APD).  De multiples appels ont exhorté leurs partenaires de développement à honorer leurs engagements à cet égard.  

Si l’on exige aussi des pays en développement qu’ils mobilisent des ressources domestiques pour financer les efforts de développement, notamment par le biais de la fiscalité, le représentant du Zimbabwe a néanmoins averti que cela ne devait pas servir de prétexte aux partenaires de développement pour se soustraire de leurs engagements au titre de l’APD. 

La Deuxième Commission, qui a ainsi achevé son débat général, organise demain après-midi, mercredi 4 octobre, une manifestation parallèle sur « L’avenir du travail: faire du travail décent une réalité ».  Sa prochaine séance plénière aura lieu jeudi 5 octobre à 10 heures.

Suite du débat général

M. WU HAITAO (Chine) a appelé à une coopération accrue pour la mise en œuvre des objectifs de développement durable, en soulignant que la réduction de la pauvreté doit être l’objectif numéro 1 de la communauté internationale.  Il a souhaité un renforcement de la coopération Nord-Sud, de la coopération Sud-Sud et de la coopération triangulaire, plaidant également pour le développement des partenariats avec le secteur privé. 

Le représentant a en outre appelé à agir pour améliorer la gouvernance économique mondiale, tout comme il a plaidé pour une mondialisation profitable à tous.  La réforme des institutions internationales, a-t-il argué, devrait permettre notamment d’augmenter la participation des pays en développement dans ces instances.  Dans la même veine, il a recommandé que ce soit les États Membres eux-mêmes qui mènent la réforme du système de développement des Nations Unies, pour garantir en particulier le bien et l’essor des pays en développement.   

La croissance de la Chine, deuxième plus grande économie du monde, a représenté 30% de la croissance mondiale en 2016, s’est vanté le représentant en expliquant que son pays avait incorporé tous les objectifs de développement durable dans ses propres plans de développement.  La Chine accorde du prix à leur mise en œuvre, a-t-il précisé.

M. JULIO CÉSAR ARRIOLA RAMÍREZ (Paraguay) a estimé que le Programme 2030 doit être mis en œuvre dans la cohérence et la synergie avec les autres programmes et instruments internationaux, comme le Programme de Vienne en faveur des pays en développement sans littoral.  Aussi les résolutions de la présente session devraient-elles refléter le plein respect des droits de l’homme, l’égalité entre les sexes, l’autonomisation des femmes et des filles, la protection de la planète et la paix mondiale.  Il ne peut y avoir de développement durable sans paix, ni de paix sans développement durable, a insisté la délégation.  Par ailleurs, elle s’est félicitée de la ratification par les deux tiers des membres de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), le 22 février 2017, de l’Accord sur la facilitation des échanges.

Le représentant a ensuite démontré que le Paraguay s’engageait dans la mise en œuvre des objectifs de développement durable.  Il a cité à cet égard les déclarations adoptées à Asuncion l’année dernière, l’une sur le Cadre de Sendai, qui identifie les défis et les progrès dans la politique de gestion des risques de catastrophe, l’autre dans le cadre de la Réunion des ministres et responsables du logement et de l'urbanisme de l'Amérique latine et des Caraïbes, qui s’aligne sur les résultats de la Conférence Habitat III.  Enfin, le Paraguay lance avec Itaipu Binacional, la plus grande usine hydroélectrique du monde gérée par le Paraguay et le Brésil, une alliance stratégique avec les Nations Unies, dont l’objectif est de réaliser les objectifs 6 et 7 du Programme 2030 sur l’eau et l’énergie.

M. TAKESHI MATSUNAGA (Japon) a estimé que la Deuxième Commission n’avait pas le temps de rouvrir des dossiers sur lesquels des accords ont été trouvés en 2015, tels que le Programme 2030 et le Programme d’action d’Addis-Abeba.  Il a loué l’amélioration des méthodes de travail de la Commission l’année dernière et rappelé que les projets de résolution devaient être présentés dans les délais prévus.  Le délégué a appelé la Commission à faire preuve d’une volonté politique forte afin de préserver l’élan autour de l’Accord de Paris sur les changements climatiques et de promouvoir sa mise en œuvre.

Soulignant la nécessité de réduire encore plus les risques de catastrophe, M. Matsunaga a demandé une mise en œuvre accélérée du Cadre de Sendai pour la réduction des risques de catastrophe.  Le délégué a en outre rappelé l’engagement de son pays en faveur du développement durable des pays les moins avancés, des pays les moins avancés sans littoral et des petits États insulaires en développement.  Le Japon, a-t-il souligné, a d’ailleurs apporté son soutien aux instruments internationaux concourant à cet objectif.  Enfin, il a souhaité que la réforme d’ONU-Habitat soit totalement alignée sur la réforme globale du système de développement onusien.

M. INIGO LAMBERTINI (Italie) a appelé à redoubler d’efforts pour se donner les moyens de réaliser les objectifs de développement durable que la communauté internationale s’est fixés, il y a deux ans.  Même si les défis à relever semblent aujourd’hui de plus en plus pressants, il ne doute pas des opportunités que ce Programme offre.  Arguant que les changements climatiques sont une réalité indéniable, il a jugé urgent d’y répondre en réaffirmant son attachement à l’Accord de Paris.  L’Italie, a-t-il dit, contribuera à la transition vers une économie verte et vers un monde dans lequel les énergies renouvelables sont accessibles à tous.  La question des déchets marins et de la protection de l’écosystème marin sont d’autres priorités pour l’Italie qui s’attèle à la tâche par le biais de l’Initiative 10 x 20.

Pour M. Lambertini, s’attaquer à la pauvreté et aux changements climatiques, ainsi qu’œuvrer en faveur d’une urbanisation soutenable et de la création d’emplois décents, nécessitent notamment de se pencher sur les causes profondes des migrations.  Pour sa part, l’Italie a l’intention de contribuer activement au Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières.  Elle part du principe que si tout le monde joue son rôle -gouvernements, société civile et secteur privé- en travaillant main dans la main, il sera possible de surpasser ce problème structurel par le truchement d’une stratégie qui allie solidarité et sécurité.

Le représentant a également abordé la question de la sécurité alimentaire qui reste au cœur des politiques de développement.  En collaboration avec les agences internationales basées à Rome, l’Italie s’engage à promouvoir un monde sans faim, un monde où la production durable va de pair avec la consommation durable.  Enfin, le représentant a apporté le soutien de sa délégation aux efforts du Secrétaire général pour mettre en œuvre sa réforme ambitieuse des Nations Unies.

« Avec le Programme de développement durable à l’horizon 2030 qui a une portée universelle, et la formation de nouveaux forums, la Deuxième Commission doit également s’adapter et encore trouver ses marques », a estimé M. JÜRG LAUBER (Suisse) avant d’exprimer ce que sa délégation attend de la Commission: des orientations normatives sur les défis mondiaux en matière de développement durable, une contribution à l’amélioration du système des Nations Unies pour le développement et un suivi des conférences internationales qui n’ont pas leur propre processus de suivi.

Il est important pour la Suisse que les procédures de la Deuxième Commission soient le plus efficaces possible, a poursuivi son représentant qui a notamment demandé qu’on évite les doublons, que ce soit entre les différentes résolutions ou entre les travaux de la Deuxième Commission et ceux menés dans le cadre d’autres processus ou organes onusiens, tels que le Conseil économique et social (ECOSOC).  

La délégation suisse a en outre été d’avis qu’il fallait limiter le nombre de projets de résolution soumis à la Deuxième Commission.  Il faut être capable de traiter les questions avec la détermination requise, a-t-il ajouté avant de proposer d’adopter certaines résolutions seulement tous les deux ans.

Les thèmes prioritaires pour la Suisse sont les résolutions qui portent sur le financement du développement et celles relatives au suivi de l’examen quadriennal des activités opérationnelles, même si la discussion sur ce dernier point sera plus substantielle l’année prochaine à la lumière des rapports à paraître, a relevé le représentant.

Mme ELENE AGLADZE (Géorgie) a indiqué que les objectifs de développement durable ont été intégrés dans le document de stratégie nationale de son pays afin de guider les politiques mises en place.  Elle a ensuite détaillé les efforts entrepris par la Géorgie en vue de réaliser l’objectif 16 relatif notamment à la promotion de sociétés pacifiques et ouvertes à tous et à la mise en place d’institutions efficaces, responsables et ouvertes à tous.  La Géorgie organisera la tenue d’un atelier sur cet objectif du 30 octobre au 1er novembre prochains, a-t-elle dit.

La déléguée a affirmé que son pays a enregistré une croissance économique considérable ces dernières années.  Le taux de croissance devrait être de 5% cette année et de 7% les années suivantes, s’est-elle félicitée.  Elle a expliqué cette réussite par la mise en place de réformes d’ampleur dans les domaines de la gouvernance, de la fiscalité, du financement innovant et du développement rural.  « Mais beaucoup reste encore à faire », a poursuivi la représentante, en ajoutant que la pauvreté et un taux de chômage élevés sont les deux principaux défis que la Géorgie doit relever.  En conclusion, elle a souligné la nécessité d’une rationalisation et d’une revitalisation du travail de la Deuxième Commission.

Mme ENKHTSETSEG OCHIR (Mongolie) a appelé à la conclusion du cycle des négociations commerciales de Doha, afin de permettre au système commercial multilatéral de pouvoir contribuer au développement durable.  Elle a relevé que le nombre de décès dus aux catastrophes naturelles ne cessait de croître, soulignant ainsi le besoin de renforcer la résilience sociale, environnementale et économique aux niveaux local et mondial.  C’est dans ce cadre que la Mongolie va accueillir, du 16 au 19 juillet prochain, la Conférence ministérielle d’Asie sur la mise en œuvre du Cadre de Sendai pour la réduction des risques de catastrophe.

La représentante a souligné que les pays en développement sans littoral font face à des défis structurels qui sapent leurs efforts de réalisation des objectifs de développement durable.  Elle a expliqué que leur situation géographique les isole des marchés mondiaux.  En outre, ces pays souffrent souvent d’un déficit en infrastructures et d’une faible résilience face aux chocs internes et externes.  Pour y remédier, la Mongolie avait proposé, dès 2006, la création d’un groupe de réflexion sur cette catégorie de pays, ce qui sera finalement une réalité le 6 octobre prochain, s’est-elle félicitée.  Elle a également cité un certain nombre de mesures adoptées par son gouvernement pour sortir de son isolation géographique et participer plus activement au commerce mondial.

M. THEODORO LOCSIN JR (Philippines) a demandé la pleine mise en œuvre du Programme de développement durable à l’horizon 2030, du Programme d’action d’Addis-Abeba, du Cadre de Sendai pour la réduction des risques de catastrophe 2015–2030, de l’Accord de Paris sur les changements climatiques et de la Déclaration de New York pour les réfugiés et les migrants.  L’éradication de la pauvreté est la priorité de mon pays, a-t-il dit.  Les Philippines étant un pays à revenu intermédiaire, il est très vulnérable aux conséquences négatives des changements climatiques, a-t-il indiqué en ajoutant que près du dixième de la population travaille à l’étranger.

Le représentant a souhaité que les défis spécifiques des pays à revenu intermédiaire, le renforcement de la coopération Sud-Sud et la réduction des catastrophes soient au cœur des discussions de la Deuxième Commission.  Le délégué a en outre souhaité que les migrations soient tout en haut de son ordre du jour, « les migrations étant un vecteur du développement ».  L’engagement substantiel de tous les États Membres est vital pour préserver la pertinence de la Commission, a-t-il conclu.

M. FRANCISCO CORTORREAL (République dominicaine) a rappelé que la menace des changements climatiques oblige à conjuguer les efforts de tous.  Ce sont des menaces contre l’économie des pays qui rencontrent déjà de grands enjeux de développement, a-t-il noté.  « Que peut-on faire face à une réalité aussi angoissante pour tant de nations, y compris la République dominicaine, et quel est le rôle des Nations Unies pour alléger les souffrances et les incertitudes de ceux qui ont tout perdu » ? a demandé le représentant avant de lancer à la salle: « Ça suffit les discours et les accords!  Nous avons besoin d’action ».

Face à ce problème croissant qui ne connaît pas de frontières, il est urgent, selon lui, de pouvoir compter sur la coopération et la solidarité de tous, mais plus particulièrement sur celles des pays les plus développés, les pays donateurs.  Sa délégation propose par conséquent de créer un fonds spécial pour faire face aux catastrophes, un outil qui permettrait de préserver la vie en mettant en place des systèmes d’alerte rapide.  Pour les Caraïbes, cela signifie aussi évaluer les stratégies de prévention et de renforcement des infrastructures.

La République dominicaine connaît des problèmes structurels qui ne pourront pas être mesurés par le critère du revenu par habitant, a poursuivi le représentant pour lequel la généralisation de ce critère dans la catégorie des pays à revenu intermédiaire est pénalisante.  Il a expliqué que beaucoup de ces pays restent particulièrement vulnérables à l’impact des changements climatiques qui affectent directement leur croissance économique, des défis qu’ils ne peuvent pas maîtriser.  Il a salué les instruments comme le Cadre de Sendai pour la réduction des risques de catastrophe et le Nouveau Programme pour les villes, mais insisté sur la nécessité de revoir les critères applicables aux pays à revenu intermédiaire.

M. JUAN SANDOVAL MENDIOLEA (Mexique) a appelé les États Membres à être audacieux et souples pour accompagner le Secrétariat de l’ONU au moment où l’on procède à une réforme du système.  Il a déploré que les méthodes de travail de la Deuxième Commission soient « d’une autre époque ».  Il a ainsi dénoncé l’approche suivie lors des négociations, qui oppose le bloc des pays en développement à celui des pays développés.  Ces divisions ne reflètent pas les réalités du monde, a-t-il estimé.  Pour améliorer ces méthodes de travail, il a proposé de fusionner les questions connexes pour les examiner ensemble et d’éliminer des points de l’ordre du jour qui ne sont plus pertinents.  

Le représentant a en outre appelé la Commission à tabler, au cours de la présente session, sur la question de l’annulation de la dette des pays des Caraïbes qui ont récemment été affectés par des catastrophes naturelles. 

Le représentant a aussi déploré la disparition des emplois du fait de la robotisation, appelant également la Commission à se saisir de cette question urgente.  Il a enfin plaidé pour la mise en œuvre de tous les aspects de l’Accord de Paris sur les changements climatiques.

Mme J. M. MATJILA (Afrique du Sud) a relevé que l’optimisme et l’unité qui ont caractérisé l’adoption de certains accords internationaux en 2015, ont été remplacés aujourd’hui par l’incertitude et la disparition de cette unanimité qui rassemblait la communauté internationale.  Cette situation est visible dans le cadre des efforts nécessaires pour le financement du développement, a-t-elle fait observer.  Dans ce contexte, elle a prôné le renforcement de la coopération Sud-Sud et de la coopération triangulaire, soulignant qu’ils se complètent et ne remplacent aucunement la coopération Nord-Sud.  Ces formes de coopération ne se substituent donc pas aux obligations historiques des pays développés, a-t-elle insisté.  De ce fait, l’augmentation de l’aide publique au développement (APD) doit être de rigueur.

La déléguée a aussi appelé à lutter contre les flux financiers illicites, particulièrement ceux qui dépouillent l’Afrique.  Le continent, a-t-elle en effet noté, perd chaque année des milliards de dollars qui auraient pu être utilisés dans le cadre de son développement.  Elle a par ailleurs salué la récente nomination des membres du Groupe spécial d’experts de la coopération internationale en matière fiscale, se félicitant de l’amélioration de la représentation géographique dans la composition de cet organe.

Pour M. DAMINAO BELEFFI (Saint-Marin), le niveau de complexité et d’interconnexion des défis d’aujourd’hui exige que les pays travaillent ensemble pour être plus efficaces dans la lutte contre les changements climatiques et la pauvreté et pour construire des sociétés plus justes, inclusives et sûres.  Par conséquent, les Nations Unies, de par leur participation universelle, ont une légitimité incontestable pour assumer un rôle central dans le règlement de ces problèmes mondiaux, la Deuxième Commission occupant pour sa part une place privilégiée pour faire avancer la cause du Programme de développement durable à l'horizon 2030.

Pour sa délégation, ce Programme, ainsi que l’Accord de Paris, définissent la vision d’un monde pacifique, inclusif et sûr où la prospérité est partagée et où chacun peut avoir un emploi décent.  La mise en œuvre du Programme 2030 incombe à chaque État individuellement, a-t-il rappelé en soulignant que les pays doivent incorporer les objectifs de développement durable dans leurs politiques de développement et législations.  Ce Programme ambitieux et universel requiert la participation de tous, et notamment celle du secteur privé et de la société civile pour ce qui est de la mobilisation des ressources nécessaires à sa pleine mise en œuvre.  À cet égard, Saint-Marin reconnaît les résultats obtenus suite à l’adoption du Programme d’action d’Addis-Abeba, mais insiste sur l’urgence de faire davantage pour répondre aux attentes des 700 millions de personnes qui vivent toujours dans la pauvreté extrême et souffrent de la faim.

M. CRISTIAN BARROS MELET (Chili) a jugé urgent d’améliorer les méthodes de travail de la Deuxième Commission afin d’éliminer les doublons, souhaitant aussi que les projets de résolution soient adoptés par consensus.  Le Chili accorde une importance particulière aux questions portant sur les pays à revenu intermédiaire, lesquels abritent près de 70% de la population mondiale.  Il a plaidé pour qu’un texte soit adopté par la Commission afin de jeter les bases d’une franche collaboration entre ces pays et le système de développement onusien. 

M. Barros Melet a en outre appelé à redéfinir le concept de pauvreté, afin qu’il ne soit plus seulement circonscrit au niveau de revenu par habitant, mais qu’il tienne davantage compte d’autres dimensions du phénomène.  Dans le cadre de la lutte contre les changements climatiques, il a appelé la communauté internationale à modifier ses modèles de production et de consommation.  C’est ce chemin que le Chili entend suivre en créant par exemple des zones marines protégées, a-t-il argué.

M. JA SONG NAM (République populaire démocratique de Corée) a estimé que le Programme de développement durable à l'horizon 2030 marquait une étape importante pour l’élimination de la pauvreté et la prospérité du genre humain.  Il a rappelé que la création d’un environnement pacifique était la base fondamentale du développement durable.  « La paix, le développement et les droits de l’homme sont les trois objectifs principaux mis en avant par les Nations Unies, et parmi eux la paix est le plus important », a-t-il insisté avant de regretter que, « par la faute de certains États, la paix et la prospérité mondiales étaient gravement violées ».  « Sous le prétexte de guerre contre le terrorisme, de droits de l’homme et de démocratie, les États-Unis continuent de rechercher des changements de régime dans des États souverains », a continué le représentant, déplorant que d’innombrables humains aient été victimes de ces changements de régime.  Il a également souligné que les États-Unis avaient positionné tous types d’armes nucléaires sur la péninsule coréenne et se livraient à de multiples exercices militaires dans le but d’obtenir un changement de régime.  Il a encore dénoncé « les barrières économiques et les sanctions illégales imposées à son pays », estimant que de telles actions de la part des États-Unis étaient un défi à l’esprit fondamental des objectifs de développement durable.

Pour parvenir aux objectifs de développement durable, le représentant a mis en avant deux priorités.  D’une part, effacer immédiatement les mesures arrogantes des États-Unis, dont les sanctions imposées aux pays en développement.  D’autre part, détruire la position de monopole de quelques pays spécifiques dans le système monétaire et commercial international.  Le représentant a par ailleurs indiqué que son pays avait fait des progrès vigoureux dans la mise en œuvre d’un plan quinquennal de développement de l’économie nationale, dont le but est de revitaliser l’économie et d’atteindre les objectifs de développement durable.  « Le Gouvernement déploiera de grands efforts pour abolir le vieil ordre mondial et établir de nouvelles relations économiques fondées sur la justice, l’égalité et l’impartialité, et pour contribuer aux efforts internationaux destinés à remplir les objectifs de développement durable », a-t-il conclu.

M. MODEST JONATHAN MERO (République-Unie de Tanzanie) a indiqué que son pays avait intégré les objectifs de développement durable dans la deuxième phase de son Plan quinquennal de développement qui couvre la période 2016-2021 en mettant l’accent sur l’industrialisation, le développement des infrastructures et l’innovation.  Cette approche s’inscrit également dans le programme à l’horizon 2063 de l’Afrique, a-t-il précisé, ajoutant que le but du Plan quinquennal est de combler les lacunes en termes d’infrastructures et d’augmenter les capacités de production du pays.

Par ailleurs, la Tanzanie a lancé des campagnes de communication en anglais et en kiswahili pour sensibiliser sa population aux objectifs de développement durable et pour faciliter la prise en compte des objectifs dans les politiques et stratégies locales ainsi que dans les budgets.

Le représentant a ensuite présenté un certain nombre d’expériences locales, expliquant que l’objectif de la Tanzanie est de passer dans la catégorie de pays à revenu intermédiaire d’ici à 2025.  Elle mise sur un taux de croissance de 7% d’ici là et espère faire baisser d’ici à 2020 le taux de chômage de 10,3% à 8% et celui de la pauvreté de 28%,2% à 16,7%.  Pour y arriver, la Tanzanie compte notamment investir dans l’emploi rural et urbain, apporter un soutien financier aux jeunes et aux femmes, renforcer les petites et moyennes entreprises et lutter contre la corruption, tout en contrôlant les dépenses publiques, a expliqué son représentant.

Tout en reconnaissant la responsabilité première des États dans le développement, le représentant a insisté sur le besoin de partenariats dans ce domaine et de moyens de financement pour les pays en développement.  Il est également revenu sur la menace des changements climatiques, qui touchent la Tanzanie par la fonte des glaces du Kilimandjaro, notamment.  Ils représentent un obstacle à l’élimination de la pauvreté et risquent de saper les acquis de dix années de développement, a-t-il mis en garde avant de lancer un appel pour un engagement sérieux en faveur des pays les moins avancés, pour permettre à ces pays de mettre leurs capacités à niveau pour faire face aux changements climatiques.

M. GHANIM AL-HUDAIFI AL-KUWARI (Qatar) a demandé que la communauté internationale respecte les priorités nationales de développement de chaque pays.  Le Qatar, a-t-il rappelé, avait présenté un examen national volontaire au cours de la dernière session du Forum politique de haut niveau pour le développement durable.  Son pays accueille d’ailleurs, les 18 et 19 novembre prochains, une réunion de préparation de la prochaine session du Forum politique de haut niveau.

Le représentant a salué le consensus qui a permis l’adoption de l’Accord de Paris sur les changements climatiques.  Il a relevé que le commerce joue un rôle majeur pour le développement, appelant à un système commercial multilatéral qui soit universel, ouvert, transparent, inclusif et non discriminatoire.

Affirmant que le Qatar fait face aujourd’hui au défi de mesures coercitives unilatérales et illégales, il a dénoncé un blocus commercial qui constitue « une violation des droits de l’homme et qui va à l’encontre des principes propres au commerce international ».  Malgré ces obstacles, le Qatar va continuer à apporter son soutien aux pays en développement comme il l’a toujours fait, a-t-il indiqué.

M. OMER DAHAB FADL MOHAMED (Soudan) a demandé que les pays en développement puissent accéder aux technologies modernes et a insisté sur l’importance de l’aide publique au développement (APD) qui reste la principale source de financement des pays les moins avancés (PMA).  Il s’est d’ailleurs dit inquiet de la baisse constatée dans l’APD au niveau mondial entre 2015 et 2016.  Face aux nombreux défis comme les conflits, les changements climatiques, le manque d’infrastructure, il faut accorder plus d’attention aux pays faisant face à des situations spéciales comme ceux sortant d’un conflit, les PMA, les petits États insulaires en développement (PIED) et également mettre fin aux mesures coercitives unilatérales qui entravent leur développement, a estimé le représentant.

Il a indiqué que le Soudan avait établi un plan national de lutte contre la pauvreté qui consiste notamment à renforcer l’esprit d’entreprenariat chez les jeunes.  Ce plan est également axé sur la santé et l’autonomisation des femmes, a-t-il dit en rappelant que 30% des sièges au Parlement sont réservés aux femmes.

Le représentant a également souligné que la dette extérieure reste un problème majeur pour les pays en développement dans la mesure où elle les empêche souvent d’accéder à l’aide publique au développement (APD), ralentissant de ce fait leur développement et sapant leur chance de sortir de la catégorie des pays les moins avancés (PMA).  Il a également appelé à une réforme du système de commerce international pour le rendre plus équitable et plus juste.  Le Soudan reste un fervent défenseur de la coopération Sud-Sud dans le but de parvenir aux objectifs de développement durable, a ajouté le représentant.

M. ALAHMAD (Koweït) a invité la Deuxième Commission à modifier ses méthodes de travail afin d’améliorer la qualité de ses projets de résolution.  Le Koweït, a-t-il souligné, fournit une assistance humanitaire aux pays se trouvant dans le besoin.  Une assistance aux des pays les moins avancés (PMA) est également octroyée par le biais du fonds koweitien pour le développement économique arabe, une aide qui représente plus de 2% de son produit intérieur brut (PIB).  Le représentant a saisi l’occasion pour inviter les pays développés à respecter leurs engagements de consacrer au moins 0,7% de leur PIB à la cause du développement international.

M. ABDELLAH LARHMAID (Maroc) a exprimé son soutien aux efforts de repositionnement du système des Nations Unies pour le développement, dans la mesure où cette réforme vise une plus grande cohérence entre les agences onusiennes.  Sa délégation considère que la performance de ce système dépendra de sa capacité à mobiliser les fonds nécessaires, des fonds qui doivent en outre être prévisibles.  En outre, la mutualisation des efforts de tous les partenaires demeure essentielle pour la réalisation des objectifs de développement durable, a estimé le représentant qui a également insisté sur le rôle primordial que joue toujours l’aide publique au développement (APD) pour de nombreux pays.  Il a donc exigé le respect des engagements pris dans ce domaine par les pays donateurs.

Le représentant a continué en indiquant que le Maroc intègre les objectifs de développement durable dans son cadre de régionalisation, ainsi que dans ses réformes institutionnelles.  Son gouvernement a adopté en juin dernier sa stratégie de développement à l’horizon 2030 qui définit les principales orientations du pays aux plans national et régional.  Il alloue plus de 54% de son budget au secteur social, a précisé le représentant.

Sur la question des changements climatiques, il a rappelé que la vingt-deuxième Conférence des Parties à la Convention-cadre (COP 22) avait eu lieu au Maroc et réitéré l’appel à coopérer collectivement pour réduire les émissions de gaz à effet de serre.  Le Maroc propose de mettre en place un mécanisme international pour le financement climatique.  La vingt-troisième Conférence des Parties à la Convention-cadre (COP 23) s’annonce, selon le représentant, comme une étape intermédiaire qui doit se concentrer sur les moyens de mise en œuvre de l’Accord de Paris.  Le Maroc souhaite par ailleurs que la onzième Conférence de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) puisse déboucher sur un compromis entre les États Membres pour enfin sortir de l’impasse actuelle en vue d’assurer aux pays en développement les moyens de générer des revenus à travers un système de commerce international équitable.  En outre, le Maroc accorde une attention capitale à la coopération Sud-Sud, en particulier avec l’Afrique.

M. MEYER (Brésil) a réitéré son engagement en faveur du Programme de développement durable à l'horizon 2030, insistant sur la nécessité de se concentrer sur sa mise en œuvre effective.  Il a rappelé le rôle crucial de la

Deuxième Commission dans le dialogue pour le développement durable, insistant sur la nécessité d’éviter les doublons et de favoriser les synergies entre l’Assemblée générale, l’ECOSOC et le Forum politique de haut niveau pour le développement durable.

Le délégué a également insisté sur la nécessité pour les pays en développement de disposer des moyens de mettre en œuvre le Programme 2030.  Il a défendu une coopération internationale étendue, appelant les États à tenir les engagements pris en termes d’aide.  Il a également souligné l’importance de mieux mobiliser les ressources domestiques dans les pays en développement.  Enfin, il a insisté sur le rôle central du commerce et des transferts de technologies vers ces pays.

M. TALAL ALI RASHED ALJAMALI (Yémen) a rappelé que son pays avait signé l’Accord de Paris l’an dernier, en soulignant l’importance du respect du principe des responsabilités communes mais différenciées.  Il a déploré le fait que son pays soit aujourd’hui en proie à des « putschistes houthistes » qui ont déstabilisé le pays.  Il a souhaité que l’aide humanitaire soit bientôt capable de se muer en aide pour la reconstruction du Yémen.  Le représentant a également plaidé pour la réforme du système de développement des Nations Unies, afin de le rendre plus efficace et plus à même de soutenir les pays en développement.

M AMRITH ROHAN PERERA (Sri Lanka) a estimé qu’il était temps de se concentrer sur la réalisation du Programme de développement durable à l'horizon 2030.  Il a ensuite rappelé que son pays avait été le premier pays d’Asie-Pacifique à créer un ministère du développement durable et à faire adopter par son Parlement une loi destinée à mettre en place un conseil du développement durable.  Le représentant a souligné que ces objectifs ne pouvaient pas être atteints sans éradication de la pauvreté.

Rappelant que son pays avait été frappé par des catastrophes naturelles et un conflit armé de plusieurs décennies, M. Perera a mis en avant les initiatives lancées sur le plan national pour stimuler une croissance économique et la rendre inclusive, en particulier dans les zones rurales.  Il a aussi fait part des efforts déployés pour offrir une éducation sans discrimination et pour faire des progrès dans la réconciliation postconflit.  Le système de couverture sociale universelle mis en place par son pays reste une priorité, a indiqué le représentant en soulignant les difficultés de financement existantes pour assurer sa pérennité.  Au chapitre des réalisations, il a également mis en avant la protection et la préservation des forêts de mangrove, qui peuvent retenir cinq fois plus de gaz carbonique que des forêts classiques.

En conclusion, il a réitéré son adhésion à l’objectif de transformation du monde grâce au Programme 2030, tout en insistant sur les obstacles à surmonter en matière de financement, notamment, et en termes de volonté politique, celle-ci étant cruciale pour renforcer les actions collectives et la coopération. 

M. TEKEDA ALEMU (Éthiopie) a jugé que le niveau actuel de mise en œuvre du Programme de développement durable à l’horizon 2030 n’est pas encourageant, en raison de défis de nature politique, économique, sécuritaire, environnemental et humanitaire.  Il s’est tout particulièrement inquiété de voir que la faim dans le monde touche désormais 815 millions de personnes.  C’est la raison pour laquelle sa délégation s’aligne sur la recommandation du Secrétaire général, à savoir qu’il y a urgence à réaliser les objectifs de développement durable.   Pour y parvenir, a dit le représentant, un « partenariat mondial sincère et revitalisé », alliant toutes les parties prenantes, est indispensable, de même qu’un changement de paradigme et des réformes à l’appui de pays en développement.   Aussi a-t-il émis l’espoir que cette session de la Deuxième Commission contribue à l’accélération de la mise en œuvre du Programme 2030, en identifiant progrès, lacunes et défis.

Au niveau national, a indiqué M. Alemu, l’Éthiopie s’emploie à hâter l’application de son Plan de transformation et de croissance, qui intègre les objectifs de développement durable.  En outre, les programmes de développement urbain et rural sont axés sur le bien-être de la population, a-t-il poursuivi, faisant également état d’investissements massifs dans l’agriculture et d’une stratégie de développement verte.

M. ALI NASEER MOHAMED (Maldives) a indiqué que son pays avait grandement bénéficié de ses partenariats avec l’ONU et avec les autres acteurs internationaux.  Ces partenariats nous ont permis d’avoir accès aux ressources financières et à l’expertise technique nécessaire à la mise en œuvre de projets de développement ambitieux, a expliqué la délégation.  « Il est crucial pour les petits États insulaires en développement de recevoir une aide initiale afin d’atteindre la première étape de l’échelle de développement », a affirmé le représentant.

Afin de parvenir à l’échelon supérieur, le délégué a souligné l’importance d’investissements étrangers accrus.  Cependant, le cadre de prêt des institutions financières internationales ne favorise pas les petits États, a-t-il déploré, en soulignant le rôle important de l’ONU pour y remédier.  Le représentant des Maldives a souligné l’importance de l’innovation pour surmonter les défis du développement et renforcer la résilience du pays et de l’économie.  « Notre pays a été mis à rude épreuve avec le tsunami qui a frappé en 2004 mais nous avons surmonté ce défi et construit un pays plus résilient », a-t-il dit. Enfin, il a indiqué que les Nations Unies étaient « dans une position extraordinaire » pour aider les États Membres à renforcer leurs capacités.

Mme FADUA ORTEZ (Honduras) a invité à tenir compte des trois dimensions du développement durable -économique, sociale et environnementale.  Sur le plan social, elle a parlé du besoin de se focaliser sur la question de la pauvreté.  Ce problème ne résulte pas seulement d’un déficit de revenu, a-t-elle fait observer en insistant sur le caractère multidimensionnel du phénomène. 

Sur le plan économique, elle a prôné la création d’emplois décents pour se diriger vers un développement économique durable.  Il faut également améliorer les termes des échanges commerciaux entre les pays, a-t-elle ajouté. 

Au sujet de la dimension environnementale, elle a relevé que les changements climatiques représentent l’un des plus grands dangers du développement.  De ce fait, le développement durable ne sera pas effectif tant que des mesures ne seront pas prises pour faire face aux conséquences des changements climatiques.

M. MAX HUFANEN RAI (Papouasie-Nouvelle-Guinée) a indiqué que son pays était préparé pour la mise en œuvre du Programme de développement durable à l'horizon 2030, indiquant avoir mis en place le cadre politique, législatif et institutionnel nécessaire pour cela.  Il a estimé que l’un des éléments critiques de ce travail était la décentralisation des efforts vers les niveaux inférieurs du gouvernement, pour garantir l’inclusion de tous les citoyens dans la poursuite de l’éradication de la pauvreté et la pérennité du développement.  Il a souligné que l’un des problèmes importants dans la voie du développement résidait dans les institutions financières multilatérales, telles que la Banque mondiale. 

Il a suggéré que celles-ci élargissent la définition de la « fragilité » et de la « vulnérabilité », afin d’y introduire notamment les petits États insulaires en développement.

« Développer les partenariats pour renforcer les capacités, renforcer les institutions, l’assistance technique et les transferts de technologie est aussi important », a-t-il poursuivi, tout en mettant en garde contre le risque de créer un syndrome de dépendance.  Il a également souhaité que les réformes du fonctionnement des Nations Unies faites au nom de la rentabilité ne se fassent pas aux dépens d’États dans une situation spéciale tels que les petits États insulaires.

Le représentant a aussi souligné le défi que rencontre son pays pour disposer de statistiques crédibles, soulignant avoir là un besoin criant de coopération en termes d’assistance technique et de renforcement des capacités.  Il a estimé que la création d’une banque centralisant les données et les statistiques faciliterait le processus de suivi et de révision.   

Mme DARJA BAVDAZ KURET (Slovénie) a rappelé les défis auxquels fait face l’humanité, citant notamment la production durable d’une alimentation suffisante, la lutte contre le réchauffement climatique ou la diminution des ressources telles que les terres fertiles et l’approvisionnement en eau.  Relever ces défis, a-t-elle dit, repose sur la capacité des décideurs politiques à transformer cette responsabilité en stratégies appropriées et efficaces.

La représentante a indiqué que l’année 2017 était une grande étape pour son pays, avec la préparation d’une nouvelle stratégie nationale incluant les 17 objectifs de développement durable.  Il a ajouté que la Slovénie travaillait à accroître la part du revenu national brut consacré à l’assistance internationale dans le cadre du Programme de développement durable à l'horizon 2030.  Il a également souligné que son pays avait été classé parmi les 10 meilleurs États pour la mise en œuvre des objectifs de développement durable.

Insistant sur la nécessité de renforcer encore la coopération internationale, la représentante a rappelé son attachement au multilatéralisme, notamment via l’Accord de Paris et le Programme 2030.  Il a également attiré l’attention de la communauté internationale sur deux priorités: la sécurité alimentaire et la durabilité de l’environnement.

En conclusion, le représentant a proposé la création d’une journée internationale des abeilles, soulignant que celles-ci, avec d’autres polinisateurs, étaient un chaînon essentiel des écosystèmes.  « Les abeilles sont indispensables à la préservation de la biodiversité », a-t-elle insisté, appelant les États Membres à soutenir cette initiative.

M. KHASOON (Arabie saoudite) a fait part des efforts déployés par son Gouvernement en vue de faciliter la réalisation des objectifs de développement durable.  Au plan national, le pays a misé sur une meilleure gouvernance pour assurer le suivi de la mise en œuvre du Programme de développement durable à l’horizon 2030.  Il a également développé un programme de développement ambitieux appelé « Vision 2030 » qui comprend un volet de gestion des nouveaux projets et un autre pour mettre en place des indicateurs du développement durable.  L’Arabie saoudite, a ajouté le représentant, est également déterminée à contribuer au développement du monde, notamment en renforçant ses partenariats pour venir en aide aux pays en développement.

M. ION JINGA (Roumanie) a appuyé les efforts du Secrétaire général visant à renforcer la transparence et l’efficacité du système onusien de développement.  La nature intégrée et ambitieuse des objectifs de développement durable exige des « changements audacieux » de ce système si l’on veut leur bonne mise en œuvre, a-t-il prévenu.  M. Jinga a donc souhaité que ces changements mettent l’accent sur la « substance et les implications financières » desdits objectifs.

Le représentant a ensuite salué le lancement par la France d’un pacte mondial pour l’environnement et la création d’un groupe de travail ouvert en vue de l’élaboration d’un document.  Ce pacte devrait souligner la dimension environnementale du développement durable et montrer notre détermination à agir ensemble pour mettre un terme à la destruction de la planète, a-t-il poursuivi.  Enfin, le délégué a exhorté la Commission à se conformer aux règles et procédures de l’Assemblée générale, à respecter les délais de soumission des textes et à éviter tant les résolutions ayant des incidences financières que la duplication de mandats.

M. AL SHAIKHLI (Iraq) a assuré que son pays avait engagé des réformes structurelles pour rendre son économie plus performante.  Étant donné la place cruciale du commerce dans l’optique du développement, le délégué a plaidé pour que les pays observateurs de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), tel le sien, puissent en devenir des membres à part entière.

L’aide publique au développement (APD) est également essentielle pour la mise sur pied d’infrastructures vitales, notamment dans les pays en conflit comme l’Iraq qui a vu ses infrastructures détruites du fait du terrorisme.  En outre, dans un contexte de baisse des prix des hydrocarbures, l’Iraq a du mal à mobiliser des fonds pour son développement sur les marchés financiers internationaux, a fait valoir le représentant.

Le Gouvernement iraquien accorde la plus grande importance aux questions d’environnement, c’est pourquoi son pays a signé l’Accord de Paris sur les changements climatiques.  Il a appelé les pays développés à fournir des fonds pour l’adaptation et l’atténuation aux changements climatiques.  L’Iraq est également engagé dans la lutte contre la pollution, a-t-il dit en invitant les délégations à soutenir un projet de résolution sur cette question en ce qui concerne les zones de conflit armé et les zones en proie au terrorisme.

M. KHIANE PHANSOURIVONG (République démocratique populaire lao) a passé en revue les initiatives lancées par son pays pour mettre en œuvre le Programme de développement durable à l'horizon 2030.  Il a ensuite insisté sur l’importance de voir les pays développés tenir leurs engagements en consacrant 0,7% de leur revenu national brut à l’assistance aux pays en développement. 

Les agences onusiennes et les organisations internationales doivent apporter un soutien accru aux pays en développement, a aussi demandé le représentant avant de saluer le rôle du système de développement des Nations Unies pour le développement.  Les réformes proposées concernant ce système devaient répondre aux objectifs de développement durable et se concentrer sur la mobilisation des ressources nécessaires à la réalisation du Programme 2030, a-t-il estimé.

M. AKINREMI BOLAJI (Nigéria) a indiqué que les politiques nationales du Nigéria ont été alignées sur les divers accords internationaux adoptés en 2015.  L’objectif poursuivi de « ne laisser personne de côté » nécessite de trouver de

toute urgence de nouvelles pistes de collaboration, a-t-il noté avant d’appeler à mettre en œuvre au plus vite le Nouveau Programme pour les villes et à soutenir le travail d’ONU-Habitat.

Le délégué a indiqué que le Nigéria avait mis en place une politique nationale de lutte contre la désertification, rappelant que le lac Tchad qui procurait des moyens de subsistance à des millions de personnes a perdu 10% de sa superficie au cours des dernières décennies, provoquant ainsi de larges mouvements de population et créant des conflits dans la région.

Il a en outre signalé que le Nigéria et la Norvège, en lien avec des organisations internationales, avaient organisé, en juin dernier à Abuja, une conférence portant sur le suivi de la résolution adoptée par l’Assemblée générale sur la lutte contre les flux financiers illicites.  Il a imploré les États à renforcer la coopération contre ce fléau et à aider au retour des fonds vers les pays d’origine.

Mme GABRIELA MARTINIC (Argentine) a indiqué que son pays avait d’ores et déjà présenté son examen national volontaire au Forum politique de haut niveau pour le développement durable, ce qui témoigne de sa volonté de réaliser les objectifs de développement durable dans les délais impartis.   Le pays s’est fixé pour objectif de parvenir à la pauvreté zéro, en faisant des investissements publics dans la santé, l’éducation inclusive, le travail décent et les droits de l’homme.

La représentante a rappelé que l’Argentine allait accueillir la Conférence mondiale sur l’élimination du travail des enfants du 14 au 16 novembre prochain.  Les estimations sur cette question prouvent que les progrès sont insuffisants puisque plus de 151 millions d’enfants de 5 à 17 ans travaillent, dont 72 millions dans des emplois dangereux.  L’Argentine espère pouvoir compter sur une large participation à cette Conférence pour stimuler la volonté politique nécessaire à l’élimination de ce fléau qui fait partie des cibles du développement durable.

Le prochain Sommet du G20 aura également lieu en Argentine, une première pour l’Amérique du Sud, a encore annoncé la représentante.  En ce qui concerne la gouvernance du commerce international, l’Argentine espère obtenir des résultats positifs lors de la prochaine conférence ministérielle de l’OMC qui aura également lieu en décembre à Buenos Aires.  Elle reste attachée à la coopération sud-sud et la coopération triangulaire.

M. RAFAEL DARÍO RAMÍREZ CARREÑO (Venezuela) a estimé que, pour avancer dans la mise en œuvre du Programme de développement durable, le monde avait besoin d’un système commercial juste.  À son avis, le financement du développement doit être géré en tenant compte du fait qu’il n’y a pas de modèle unique, ce qui oblige à tenir compte des priorités de chaque État.

La gestion souveraine des ressources nationales est un tremplin pour le développement, a ensuite souligné le représentant en dénonçant au passage les mesures économiques unilatérales visant à saper la souveraineté des États tiers.  « Elles sont contraires à la Charte des Nations Unies et hypothèquent l’autodétermination des peuples », a-t-il insisté en mettant l’accent sur le fait qu’elles ont en outre une incidence sur le développement des pays.  Il a également fait référence à la situation des peuples vivant sous occupation qui voient leur développement ainsi freiné. 

M. Ramírez Carreño a rappelé que le Venezuela apporte son soutien à certains des pays touchés par les récentes catastrophes naturelles.  Il a appelé à trouver des solutions multilatérales à ces phénomènes météorologiques, notamment par le biais des dispositions de l’Accord de Paris sur les changements climatiques.

Mme VESNA BAUS (Croatie) a lancé un appel pour que la Deuxième Commission joue pleinement son rôle de leadership dans la mise en œuvre du Programme de développement durable à l’horizon 2030, en mettant l’accent sur la coordination qui est indispensable.  Elle a salué la Conférence mondiale sur les océans, sachant que la protection des mers constitue l’un des objectifs de développement durable.

Sur le plan de l’environnement, la représentante a relevé que la lutte contre les changements climatiques, l’économie verte et l’économie bleue sont des approches interconnectées.  Elle a invité tout le monde à contribuer à la lutte contre les changements climatiques, soulignant que l’Accord de Paris sur les changements climatiques exige de la part de la communauté internationale une application ferme sur la base d’une responsabilité commune et partagée.  La Croatie, qui a ratifié cet Accord, mise sur la technologie pour faire face à ce fléau.

Venant au nouveau Programme pour les villes, la représentante y a vu la volonté commune de renforcer les capacités pour gérer les zones urbaines de façon durable.  La Croatie a mis en place une planification urbaine pour que les villes soient adaptées à toutes les générations, a-t-elle expliqué. 

Mme ABDULMOHSEN (Bahreïn) a rappelé que son pays avait réalisé les Objectifs du Millénaire pour le développement et entendait faire de même en ce qui concerne les objectifs de développement durable.  À cet effet, le Bahreïn entend suivre les indicateurs de mise en œuvre élaborés par l’ONU.  Le royaume du Bahreïn, en collaboration avec le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), a déjà préparé un programme de développement pour 2017-2020, tandis qu’il a lancé des initiatives de promotion des objectifs de développement durable sur le plan international.

Le représentant a également mentionné la création d’un prix royal, lancé en janvier 2017 en collaboration avec le Conseil économique et social (ECOSOC), pour renforcer la contribution des jeunes au processus de développement durable.  Un autre prix portant le nom de l’épouse du Roi vise également à promouvoir le développement durable.

Mme MUNDANDA (Zambie) a mis l’accent sur le rôle crucial de la Deuxième Commission pour promouvoir la coopération et les partenariats dans le cadre de la mise en œuvre du Programme de développement durable à l’horizon 2030.  Soulignant que l’éradication de la pauvreté reste un défi majeur pour les pays en développement, il a indiqué que le taux de pauvreté était de 76,6% dans les zones rurales et de 54,4% en moyenne en Zambie.  La représentante a ensuite vanté l’approche multisectorielle adoptée par le Gouvernement qui a adopté un plan de lutte contre ce problème, en mettant l’accent sur l’égalité entre les sexes et l’autonomisation des femmes. 

La représentante a également insisté sur le rôle des politiques macroéconomiques pour renforcer l’accès aux marchés internationaux pour les pays en développement, comme la Zambie, y compris le commerce intrarégional entre pays africains.  « La Zambie demande un système commercial multilatéral, ouvert, juste, prévisible et transparent dans le cadre de l’OMC et tel que reconnu par le Plan d’action d’Addis-Abeba. »  La Zambie a mené des pourparlers avec différentes parties prenantes pour avoir un accès aux marchés préférentiels, a encore indiqué son représentant.  En ce qui concerne l’industrialisation, plusieurs mesures d’incitation ont été mises en place comme des investissements dans les infrastructures et les TIC.  Enfin, la déléguée s’est associée aux appels pour que la dette extérieure des pays en développement devienne viable et pour que l’APD destinée aux PMA et aux PIED soit augmentée.

Mme SOFYA SIMONYAN (Arménie) a jugé plus que jamais importants les partenariats régionaux et internationaux, dans l’optique de la réalisation des objectifs de développement durable.  En tant que pays en développement sans littoral, l’Arménie souligne l’importance d’établir des couloirs de transport et de transit accessibles et sans entraves afin d’améliorer les possibilités de commerce, de connectivité, de mobilité et de tourisme pour le pays.  

L’Arménie a récemment lancé son premier laboratoire national d’innovation en ce qui concerne les objectifs de développement durable, a indiqué la représentante en espérant ainsi que l’innovation permettrait de mettre en œuvre un développement intelligent.  Elle a également annoncé que l’Arménie allait présenter son premier examen national volontaire au cours de la prochaine session du Forum politique de haut niveau pour le développement durable.   

M. NIRMA RAJ KAFLE (Népal) a appelé à donner la priorité aux plus nécessiteux que l’on trouve chez les pays les moins avancés et les pays en développement sans littoral.  « Ils exigent notre attention immédiate et spéciale. »  Il faut les mettre au centre et en haut des priorités dans les discussions de la Deuxième Commission, a-t-il recommandé, souhaitant ainsi mettre en évidence le fossé entre les promesses et la réalité du terrain.  À son avis, le même esprit devrait être de mise dans tous les processus et les mécanismes de mise en œuvre du Programme 2030 et les autres programmes d’action internationaux. 

Au plan national, le représentant a rappelé que la sortie de la catégorie des pays les moins avancés avait été l’objet des programmes gouvernementaux récemment.  À cet égard, il a souligné l’importance d’assurer un processus de transition doux et durable tel que prévu dans la Déclaration de Katmandou de 2014, en assurant un appui international renforcé, prévisible et continu.    

M. FREDERICK MUSIIWA MAKAMURE SHAVA (Zimbabwe) a jugé essentiel de débloquer suffisamment de ressources à l’échelle internationale afin de mettre en œuvre le Programme de développement à l’horizon 2030.  Un partenariat international revitalisé est également de la première importance, a-t-il dit. Il s’est dit préoccupé par la diminution de l’APD et a exhorté les pays à honorer leurs promesses faites dans ce domaine.

La mobilisation des ressources domestiques par les pays en développement devrait être facilitée par la mise en place d’un système fiscal, commercial et monétaire international qui soit stable, cohérent et non-discriminatoire, a poursuivi le délégué.  Lorsque les pays en développement arrivent à mobiliser des ressources domestiques importantes pour les consacrer au développement, cela ne doit pas servir de prétexte aux partenaires de développement pour qu’ils se dédouanent de leurs engagements au titre de l’APD, a-t-il insisté.  Enfin, il a souhaité des efforts accrus en vue de conclure le cycle de négociations commerciales de Doha afin de créer un système commercial multilatéral ouvert, transparent et inclusif.

M. OMAR A. A. ANNAKOU (Libye) a constaté les multiples défis à relever par les pays en développement dans la mise en œuvre du Programme de développement durable à l'horizon 2030, notamment la hausse du chômage des jeunes.  Il a également insisté sur la particularité des pays en situation de conflit ou sortant d’un conflit qui doivent, selon lui, bénéficier d’une attention toute spéciale de la part des Nations Unies car ils ne sont pas en mesure de réaliser les objectifs de développement durable sans stabilité et sans paix.  La Libye, qui se trouve dans cette situation, fait actuellement face à l’instabilité et à des flux migratoires importants, ainsi qu’à la traite de personnes, a expliqué le représentant en le justifiant par les difficultés à contrôler les frontières.  Il ne faut pas que la responsabilité incombe uniquement aux pays de transit, comme la Libye, mais il faut associer les pays d’origine des migrants aux stratégies de lutte contre ce phénomène, a-t-il estimé. 

La Libye exige en outre que les pays qui détiennent toujours des fonds libyens illégalement transférés les lui restitue, pour que le pays puisse les utiliser pour financer ses efforts de développement.  Elle demande aussi que les pays membres des Nations Unies s’abstiennent de devenir des paradis fiscaux en vue d’attirer des fonds illégitimes.  Le représentant a préconisé à cet égard la mise en place d’un mécanisme international pour localiser ces fonds et les reverser aux pays d’origine.  Enfin, il a signalé que la Libye appuie les efforts de réforme de la structure des Nations Unies chargée d’appuyer le développement, dans le but de la rendre plus efficace et en phase avec le monde actuel.  Il faut passer de la gestion des crises à la prévention, a aussi prôné le représentant en faisant remarquer que le meilleur moyen pour y arriver reste le développement.

M. MAHMOUD SAIKAL (Afghanistan) a insisté sur la détermination de son pays à mettre en œuvre le Programme de développement à l’horizon 2030, malgré les défis considérables auxquels il est confronté, tels que le terrorisme et l’extrémisme violent.  Mon pays prend les mesures nécessaires pour que chaque communauté soit impliquée dans la mise en œuvre des objectifs de développement durable, a-t-il assuré.

M. Saikal a insisté sur les défis spécifiques auxquels les pays émergeant d’un conflit font face, avant de déplorer la lenteur des progrès accomplis par les PMA pour réaliser lesdits objectifs.  Il s’est dit préoccupé par la diminution du volume de l’APD et a exhorté les partenaires de développement à honorer leurs engagements à cet égard.  Enfin, le délégué s’est félicité de l’opérationnalisation de la Banque de technologies pour les PMA et a souhaité que la réforme du système de développement de l’ONU participe au renforcement du lien entre paix et développement.

M. RUSLAN BULTRIKOV (Kazakhstan) a souligné que son pays est le plus vaste des pays sans littoral du monde.  De ce fait, le Kazakhstan a pris des mesures idoines pour s’ouvrir au monde.  L’une de ces mesures est l’implication du pays dans le projet de la « Route de la soie » initiée par la Chine.  Le Kazakhstan est également engagé dans la promotion des sources d’énergie vertes, ce qui est d’ailleurs le thème de l’exposition universelle d’Astana qui a pris fin le mois dernier.  Le Kazakhstan vient également de mettre sur pied un Centre international sur les énergies vertes, en collaboration avec les Nations Unies.  Le délégué a également salué les réformes engagées par le Secrétaire général de l’ONU afin de donner un nouveau souffle à l’Organisation.

M. AMANUEL GIORGIO (Érythrée) a déclaré qu’alors que l’on entre dans la seconde année de la mise en œuvre du Programme du développement durable à l’horizon 2030, il est important que le travail de la Deuxième Commission soit axé sur le soutien à cette mise en œuvre, d’autant que celle-ci exige une réorientation et un alignement des politiques, de même qu’une mobilisation de moyens financiers et humains.  C’est dans cet esprit que l’Érythrée a adopté une stratégie de développement tournée vers le développement du capital humain à travers une éducation gratuite de l’école maternelle à l’enseignement supérieur.

Pour éradiquer la pauvreté, créer de meilleures opportunités d’emplois pour la jeunesse et assurer la justice sociale, l’Érythrée a par ailleurs pris des mesures pour mobiliser des ressources nationales et promouvoir l’investissement, comme l’élargissement de l’assiette fiscale et la lutte contre la corruption.  Les revenus générés sont investis dans le secteur minier, dans les infrastructures, l’agriculture, l’eau ou le développement rural.  En tant que pays situé dans une région sensible aux changements climatiques et à la désertification, l’Érythrée fait également de la sécurité alimentaire une priorité.  Après les mesures de conservation de l’eau prises il y a une décennie, le pays est maintenant entrée dans une phase d’introduction de l’agriculture irriguée, à tel point que les récoltes ont été multipliées par trois, voire quatre, a assuré la délégation. 

M. COURTENAY RATTRAY (Jamaïque) a mis en garde quant à l’insuffisance des modes de financement traditionnel pour réaliser les objectifs de développement durable.  Il faudra par exemple mobiliser entre 3 000 à 5 000 milliards de dollars par an pour la mise en œuvre de ces objectifs dans les pays à revenu intermédiaire, a-t-il illustré.  Il a fait savoir que la mobilisation des ressources nationales ne représentait que 7 700 milliards de dollars dans les pays en développement en 2012, selon une étude de la Banque mondiale, alors que, dans le même temps, les pays à revenu intermédiaire tel que la Jamaïque n’ont pas droit à l’APD, et encore moins à des prêts concessionnels.  Il a donc prôné une mobilisation des capitaux privés nationaux.  Mais les fonds seuls ne suffiront pas, a-t-il averti en expliquant que la qualité des financements est également cruciale.  Il faut en effet cibler les domaines dans lesquels les fonds auront un effet multiplicateur transversal sur plusieurs objectifs de développement.

M. ARTHUR AMAYA ANDAMBI (Kenya) a appelé à accélérer le rythme de la mise en œuvre du Programme 2030 en soulignant cinq priorités.  La première consiste à gérer les problèmes liés à l’environnement et en particulier aux changements climatiques qui coûtent près de 3% du produit intérieur brut annuel à son pays.  Pour montrer combien il prend au sérieux la gestion de l’environnement, le Kenya a récemment interdit les sacs en plastique.

L’agriculture est la deuxième priorité, selon le représentant du Kenya.  Son gouvernement confère à ce secteur la plus haute importance en faisant un outil de promotion du développement national.  Il a notamment instauré des subventions pour les intrants agricoles, amélioré les infrastructures agraires et mis l’accent sur le développement des marchés.

Le Gouvernement kényan fait de l’inclusion financière sa troisième priorité.  Ainsi, les Kényans ont un large accès aux services financiers par la téléphonie mobile, a indiqué M. Andambi: 58,7% des Kényans vivent dans un rayon de 3 km d’un service financier par téléphonie mobile, tandis que 21,2% de la population vit près des banques.  La quatrième priorité est le rôle de la technologie de l’information et de la communication, a-t-il dit en expliquant que 1,7 million de personnes se sont inscrites sur la plate-forme de paiement citoyenne où ils disposent de 115 services de différentes agences de l’État.  Enfin, la cinquième priorité est la coopération Sud-Sud. 

M. MOHAMED KHALED KHIARI (Tunisie) a indiqué que son pays avait adhéré au Partenariat pour un gouvernement ouvert, ainsi qu’à diverses initiatives visant à soutenir la mise en œuvre de l’objectif de développement durable 16 (paix, justice et institutions efficaces).  Il a détaillé le plan de développement 2016-2020 de la Tunisie, qui vise à mieux intégrer les régions intérieures du pays notamment par la modernisation de l’infrastructure, la promotion de l’investissement et la facilitation de l’accès des jeunes au travail décent.  Ce plan vise également à faire de la Tunisie une plateforme régionale entre l’Europe, l’Afrique et le Moyen-Orient, a-t-il poursuivi.

Le délégué a plaidé pour une revitalisation du Partenariat mondial pour le développement durable et pour une coopération renforcée afin d’atteindre les objectifs de développement durable.  Les pays en transition devraient faire l’objet d’une attention particulière, a-t-il ajouté.  Enfin, le délégué s’est dit en faveur d’une coopération plus étroite en matière fiscale afin notamment de faciliter le « recouvrement des fonds spoliés qui privent nos pays de fonds importants ».

M. ADNAN ALTAY ALTINÖRS (Turquie) a indiqué que la Turquie faisait partie des 10 pays les plus performants au monde dans la mise en œuvre des objectifs de développement durable.  Il a ensuite rappelé que l’APD était la plus importante et critique source de financement, ajoutant que l’APD fournie par son pays était de 6,2 milliards de dollars en 2016, soit plus que la cible de 0,7% du revenu national brut arrêtée par l’ONU.  En excluant l’aide humanitaire, près de 20% de l’APD de la Turquie est versée au bénéfice des pays les moins avancés, a-t-il précisé.

Se réjouissant que la Banque des technologies soit devenue une réalité, il a indiqué que la Turquie, pays hôte de ladite Banque, s’était engagée à lui verser deux millions de dollars chaque année sur cinq ans.  Par ailleurs, il s’est dit convaincu par l’utilité de l’ONU pour améliorer la gouvernance mondiale des ressources en eau.  Cependant, il ne paraît pas nécessaire d’avoir une entité intergouvernementale onusienne qui en serait chargée spécifiquement, a-t-il souligné.  « Un tel organe, s’il devait être établi, créerait un silo et viendrait briser la nature intégrée et indivisible du Programme de développement à l’horizon 2030. »

M. LUKE DAUNIVALU (Fidji) a fait observer que les petits États insulaires en développement font face à une liste de défis spécifiques pour le développement du fait des catastrophes naturelles.  À cet égard, il a souligné la nécessité de disposer de mécanismes de financement adéquats pour relever ces défis.  Le représentant a aussi appelé à mobiliser un financement significatif pour l’éducation universelle, le transfert de technologie et afin de mettre en place des partenariats durables qui aideront à atteindre le Programme 2030.

« Un suivi rigoureux de nos efforts de développement seront essentiels pour que nous restions sur la bonne voie », a poursuivi le représentant.  Il a rappelé qu’il y avait eu près de 14 000 engagements de partenariats à l’issue de la Conférence sur les océans de 2015, encourageant tout le monde à rester vigilant pour assurer que ces engagements volontaires portent des fruits.  Il faut maintiennent l’élan créé par la Conférence, a-t-il demandé en saluant l’Appel à l’action qui en est résulté et qui a ensuite été adopté par l’Assemblée générale.  Les Fidji continueront de souligner l’importance des océans au sein de la Deuxième Commission, a promis le représentant.     

« De toute évidence, les 17 objectifs de développement durable que nous nous sommes assignés ne sauraient être atteints sans un financement adéquat, c’est-à-dire prévisible et efficace », a affirmé M. ABDOULAYE BARRO (Sénégal).  La mise en place d’un tel financement requiert, selon lui, la création de partenariats multipartites « plus viables », établis sur la base du Programme d’action d’Addis-Abeba, dont l’ambition est d’aligner les flux de capitaux et les politiques de financement du développement. 

Pour ce faire, a estimé le représentant, il convient d’œuvrer « résolument » à la mobilisation de flux d’investissements productifs à partir des secteurs public et privé internationaux.  « Il va s’en dire que l’aide publique au développement garde toute sa pertinence et que les différents partenaires ont le devoir de mettre en œuvre leurs engagements souscrits en la matière », a-t-il spécifié.  Dans le même registre, le délégué sénégalais a appelé à mettre l’accent sur la lutte contre les flux financiers illicites, ainsi que contre la fraude et l’évasion fiscale qui constituent, à ses yeux, un « sérieux frein » au développement des pays comme le sien.

 Le représentant a également appelé à faire preuve davantage de transparence dans la gestion des ressources extractives, ainsi qu’à promouvoir des mécanismes innovants de financement du développement, aux côtés d’une coopération Sud-Sud et triangulaire « revigorée ».  Il a aussi plaidé en faveur d’un renforcement de la collaboration avec les banques multilatérales et régionales, demandant également plus de coopération en matière de transfert de technologie et de renforcement des capacités.  « Il est aussi important de rendre plus viable la dette souveraine, à travers l’assouplissement des conditions d’accès au crédit, son allègement et la simplification des procédures de financement », a-t-il enfin déclaré.

Mme JEMUOVIC (Serbie) a indiqué, qu’avec l’adoption du Programme de développement à l’horizon 2030, l’Accord de Paris sur les changements climatiques et le Programme d’action d’Addis-Abeba, « la communauté internationale n’avait jamais placé la barre aussi haut ».  « Nous devons maintenant les mettre en œuvre, sachant que l’échec n’est pas une option envisageable », a-t-il prévenu.  Il a insisté sur les progrès considérables enregistrés par son pays dans le domaine économique et dans la promotion d’une société gouvernée par l’état de droit.

« La Serbie, qui s’est engagée sur la voie de l’intégration européenne, est un partenaire crédible et fiable, en faveur de la paix, de la stabilité et de la réconciliation dans la région. »  Il a ensuite rappelé que son pays, frappé par des inondations massives il y a quelques années, avait ratifié l’Accord de Paris sur les changements climatiques.  Enfin, il a exhorté le système de développement onusien à procéder à un examen critique de ses capacités d’appui aux pays dans la mise en œuvre du Programme à l’horizon 2030.

M. MOURAD MEBARKI (Algérie) a fait observer qu’en dépit de l’adoption du Programme 2030 et du Programme d’action d’Addis-Abeba, la communauté internationale peinait encore à atteindre un consensus dans l’optique de la réforme des systèmes financier et commercial internationaux.  Il en est de même pour certains projets de résolutions débattus au sein de la Deuxième Commission, a-t-il noté, tout en invitant les délégations à se servir du pouvoir et des mandats dévolus à l’ECOSOC pour adopter des politiques économiques mondiales visant le développement.  Il a expliqué que l’ECOSOC et l’Assemblée générale étaient les deux instances les plus représentatives et démocratiques de l’ONU.  De ce fait, ces instances ont la légitimité voulue pour délibérer sur la très attendue politique mondiale de développement. 

M. Mebarki a en outre appelé à faire avancer la réforme du système de développement des Nations Unies, arguant que la reddition des comptes et la transparence étaient les clefs de l’efficacité de ce processus de réforme.  Il a également souhaité fournir au système de développement des Nations Unies les moyens humains, financiers et logistiques nécessaires.

Mme ELISENDA VIVES BALMAÑA (Andorre) a mis l’accent sur l’éducation qui est, de son avis, une question transversale dans le développement.  Elle peut constituer la base pour la promotion des objectifs de développement et permettre de consolider les acquis, a-t-elle estimé.  Elle a également considéré les changements climatiques comme une question majeure.  Si l’Andorre produit peu de gaz à effet de serre, le pays a toutefois opté pour des sources d’énergie propres et renouvelables afin de contribuer aux efforts mondiaux de préservation de la planète. 

La représentante a ensuite souligné le caractère crucial de l’égalité entre hommes et femmes dans l’optique du développement durable.  Elle a annoncé que son pays allait présenter son examen volontaire national au cours de la session du Forum politique de haut niveau pour le développement durable, en juillet 2018.    

M. ROBERT SISILO (Îles Salomon) a indiqué que les types d’énergie renouvelable variaient de pays à pays dans la région Pacifique.  Certains pays utilisent l’énergie éolienne, d’autres de l’huile de noix de coco en guise d’essence ou encore l’énergie solaire et hydraulique, a-t-il dit. Il a souligné l’importance d’un soutien fort de la part de la communauté des donateurs pour appuyer le développement de l’énergie renouvelable dans les Îles Salomon.

Le délégué a ensuite mentionné les conséquences considérables des changements climatiques pour son pays, avec des cyclones toujours plus dévastateurs, des océans plus acides et chauds et des sécheresses encore plus sévères qu’avant.  Le délégué a donc plaidé pour l’édification d’infrastructures côtières plus résilientes, une meilleure protection des barrières de corail et une amélioration du système de soins.  Enfin, il s’est dit en faveur de la création d’un fonds d’affectation spéciale pour faire face aux catastrophes.

Deux ans après l’adoption du Programme de développement durable à l’horizon 2030, du Programme d’action d’Addis-Abeba et de l’Accord de Paris sur les changements climatiques, seul un système multilatéral « fort » et à même d’autonomiser les États Membres permettra de réaliser pleinement le potentiel de ces différents accords, a estimé Mme GERALDINE BYRNE NASON (Irlande).  L’an dernier, a-t-elle poursuivi, par l’entremise de l’examen quadriennal complet des activités opérationnelles de développement du système des Nations Unies, la Deuxième Commission a « fortement » appelé à entreprendre des réformes, notamment afin d’améliorer la cohérence, l’efficacité et la responsabilité des actions de l’ONU au niveau des pays.

Mme Byrne Nason a, par ailleurs, indiqué que l’égalité entre les sexes était une priorité pour son pays, aux côtés de l’éradication de la pauvreté et de la faim.  « Notre histoire, en tant que petit État insulaire, témoigne d’une remarquable transformation, d’une terre affligée par une famine dévastatrice au XIX e siècle à l’un des premiers pays au monde en matière de sécurité alimentaire », s’est-elle enorgueillie, avant d’appeler la Deuxième Commission à jouer cette année un rôle moteur pour trouver des solutions aux problèmes mondiaux.

Mme ALDAHMANI (Émirats arabes unis) a souligné l’interdépendance entre les objectifs de développement durable et le plan de développement stratégique suivi par son pays.  Les Émirats arabes unis ont renforcé leurs partenariats internationaux, a-t-elle dit, avant d’indiquer que l’assistance globale de son pays en 2016 s’était élevée à six milliards de dollars.  La déléguée a demandé une mise en œuvre vigoureuse du Programme d’action d’Addis-Abeba et de l’Accord sur les changements climatiques.  Elle a en outre appuyé les efforts du Secrétaire général visant à rendre le système de développement onusien plus efficace.  En conclusion, la déléguée a appelé de ses vœux une plus grande égalité entre les sexes au sein des divers programmes de l’ONU.

M. JOAQUIM JOSE COSTA CHAVES (Timor-Leste) a indiqué que le plan de développement stratégique de son pays s’articulait autour de quatre priorités: le développement du capital social, les infrastructures, la croissance économique et la mise en place d’un cadre institutionnel propice au développement.  Il a souligné l’importance de la création d’emplois pour les jeunes, les moins de 25 ans représentant au moins 70% de la population du Timor-Leste.

Le représentant a ensuite détaillé les grands axes retenus par son pays dans la mise en œuvre du Programme 2030, parmi lesquels la promotion d’institutions publiques plus efficaces, la diversification de l’économie et la mise en place de partenariats transformateurs.  Mon pays espère entrer dans la tranche supérieure de la catégorie des pays à revenu intermédiaire d’ici à 2030, a-t-il affirmé.  Enfin, le représentant a demandé qu’une attention particulière soit portée aux défis que doivent relever les États fragiles et les États en proie à un conflit ou émergeant d’un conflit.

Mgr BERNARDITO CLEOPAS AUZA, Observateur permanent du Saint-Siège, s’est rappelé que l’année dernière avait prouvé l’importance critique d’une revitalisation de la Deuxième Commission et du travail du système des Nations Unies tout entier dans plusieurs domaines du développement mondial.  Partout, a-t-il fait remarquer, les institutions politiques, culturelles et sociales sont chaque fois plus en butte aux effets du système économique mondial qui, trop souvent, ne reconnaît pas que la personne humaine est au cœur de ses efforts.  Le nonce a ainsi souligné le désespoir de nombreuses personnes qui risquent leurs vies en quête d’un avenir meilleur, le paradoxe des sans-abris vivant dans des bâtiments abandonnés à l’ombre de gratte-ciel dans certaines des villes les plus riches du monde, l’écart qui se creuse entre les nantis et les autres, ainsi que la lutte entre les couches les plus vulnérables de la population pour l’accès aux services de base.

« Alors même que les objectifs de développement durable nous guident dans nos efforts communs, sans une vision renouvelée et un socle pour le développement mondial, nous courons le risque d’exacerber plutôt que d’apaiser le mécontentement croissant dans le monde. »  Mgr Auza a donc considéré essentiel que les dirigeants politiques, économiques et les leaders de la société civile bâtissent des communautés locales et mondiales à visage humain.  Cette approche centrée sur la personne est fondamentale, a-t-il insisté, jugeant inadmissible que les profits économiques individuels à court-terme se fassent au détriment d’un développement humain intégral.  Ce type de développement exige des politiques macroéconomiques, environnementales et sociales capables de reconnaître l’interaction entre les besoins de la personne, a-t-il précisé.

L’Observateur de la Palestine, M. ABUSHAWEESH, a estimé qu’on ne peut parler de développement de la Palestine dans le contexte de l’occupation de ses territoires par Israël.  « Il est impossible de parler de développement quand nous ne pouvons avoir accès aux marchés internationaux et ne pouvons non plus exploiter nos propres ressources », a-t-il relevé.  Il a noté que le revenu moyen en Israël dépassait de 11 fois celui de Palestine.  Il a appelé la communauté internationale à ne pas ouvrir les frontières aux produits venant de colonies israéliennes dans les territoires palestiniens.  « Ne prenez pas part à ce crime », a-t-il plaidé.  

M. BERTRAND DE LOOZ KARAGEORGIADES, Ordre souverain de Malte, a dit que l’Ordre considère comme un impératif l’avènement d’un environnement économique international favorable permettant des systèmes monétaires, financiers et commerciaux justes et durables.  Il a souligné l’importance du commerce international comme un moteur du développement et celle de l’APD dans le cadre du développement durable.  Il a promis que l’Ordre de Malte allait continuer de faire ce qu’il a toujours fait depuis 900 ans, c’est-à-dire aider les pauvres et les plus vulnérables et coopérer avec la communauté internationale pour avoir un impact positif et décisif dans le développement durable et le respect des droits de l’homme et de la dignité humaine.

Mme HIROKO MURAKI GOTTLIEB, Chambre de commerce internationale, a signalé que c’est la première fois que la Chambre, qui a reçu un statut d’observateur au sein de l’Assemblée générale en décembre 2016, s’exprime devant la Deuxième Commission.  La Chambre a été fondée en 1919 par un groupe de dirigeants de l’industrie, de la finance et du commerce, qui s’appelaient eux-mêmes « les marchands de paix », a-t-elle dit, ajoutant que la Chambre était désormais présente dans 120 pays.  La déléguée a souligné que cet organe vise à promouvoir un système commercial international ouvert en vue de stimuler la croissance des pays en développement et des pays développés.

M. KULESHOV, Fonds commun pour les produits de base, a reconnu l’écart qui existe entre les ressources disponibles pour mettre en œuvre les objectifs de développement durable et les projets potentiels garantissant une utilisation efficace de ces ressources.  Nous devons tout faire pour créer un pont entre tous les partenaires de développement, a-t-il plaidé.  Il a indiqué que son Fonds avait mis au point toute une série d’instruments de financement pour appuyer l’innovation, améliorer la structure des marchés et rendre le secteur des produits de base plus attractif pour d’éventuels investisseurs.  En conclusion, le délégué a rappelé que le Fonds, malgré ses ressources limitées, avait depuis 2013 financé 64 projets pour une valeur totale de 468,1 millions de dollars.

Mme CARLA MUCAVI, Directrice du Bureau de New York de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), a affirmé que son organisation avait intégré les objectifs de développement durable dans son programme de travail et son budget, avec l’intention d’en rendre compte.  Elle s’est inquiétée du fait que le nombre de personnes souffrant de malnutrition dans le monde était passé de 777 millions en 2015 à 815 millions en 2016.  Les conflits, la faiblesse des capacités institutionnelles, les chocs liés aux changements climatiques et la récession économique figurent parmi les causes de cette situation, a-t-elle expliqué. 

Soulignant le lien entre la pauvreté et la faim, Mme Mucavi a plaidé pour l’adoption d’une approche globale afin de réaliser l’objectif de développement 2 portant sur la faim, en faisant la corrélation entre cet objectif et les 16 autres objectifs.  Il faut transformer les systèmes alimentaires afin de les rendre plus inclusifs, durables et résilients, a-t-elle aussi prôné, tout en suggérant que la science, la technologie et l’innovation, dans le domaine agricole, tiennent davantage compte des besoins et demandes des paysans.

M. JAMIL AHMAD, (Programme des Nations Unies pour l’environnement – PNUE), a tiré la sonnette d’alarme deux années après l’adoption du Programme de développement durable à l’horizon 2030 et de l’Accord de Paris sur les changements climatiques, « deux réalisations remarquables dans l’histoire des négociations multilatérales ».  En effet, M. Ahmad a mis l’accent sur les pressions que subissent constamment les systèmes environnementaux de notre planète desquels dépendent la survie, le bien-être et la prospérité des communautés et des nations humaines.  Il a plus particulièrement pointé du doigt le rythme accéléré et l’intensité de la consommation des ressources naturelles, qui font que l’impact humain dépasse la capacité régénératrice de la Planète.

M. Ahmad a souligné, entre autres, que les années 2014, 2015 et 2016 étaient les plus chaudes jamais enregistrées, ce qui coïncide avec une augmentation de la fréquence et de l’intensité des catastrophes naturelles et de phénomènes liés au climat.  D’autre part, cet été a été particulièrement dramatique pour les populations des petits États insulaires en développement et autres territoires insulaires des Caraïbes, a-t-il rappelé.  M. Ahmad a toutefois souligné les effets prometteurs de la coopération multilatérale qui a déjà montré qu’il est possible d’inverser la tendance.  Il a illustré son propos en évoquant le Protocole de Montréal, administré par le PNUE, qui fut instrumental dans la restauration de la couche d’ozone.  Celle-ci pourrait être complètement restaurée en 2050, a-t-il précisé.    

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