Assemblée générale: catastrophes naturelles, dossier nucléaire iranien, crise nord-coréenne et terrorisme suscitent des interventions vigoureuses

AG/11949
20 septembre 2017
Soixante-douzième session, 7e à 10e séances plénières, matin, après-midi & soir

Assemblée générale: catastrophes naturelles, dossier nucléaire iranien, crise nord-coréenne et terrorisme suscitent des interventions vigoureuses

Au deuxième jour du débat général annuel de l’Assemblée générale, une trentaine de chefs d’État et de gouvernement ont défendu leur vision du monde, dans le contexte des crises liées au climat, au nucléaire et au terrorisme international.  

La succession récente de catastrophes naturelles, comme les ouragans Harvey, Irma, José et Maria, en Amérique du Nord et dans les Caraïbes, et le tremblement de terre meurtrier qui a secoué le Mexique hier, pour la deuxième fois en 13 jours, ont conduit les délégations à mettre l’accent sur le défi des changements climatiques.  Le Président de la soixante-douzième session de l’Assemblée générale, M. Miroslav Lajčák, a ouvert la séance en présentant ses condoléances au peuple et au Gouvernement mexicains.

Pour le Président du Panama, M. Juan Carlos Varela Rodríguez, les catastrophes naturelles sont un message clair: les États doivent s’aider les uns les autres et non pas s’affronter.  Les changements climatiques, a lancé à son tour le Président du Guyana, M. David Arthur Granger, ne sont ni une fiction ni l’invention d’une poignée d’extrémistes. « Nous devons prendre soin de notre maison commune, afin d’assurer la survie de notre planète », a renchéri le Président de l’Équateur, M. Lenin Moreno Garces, avant de préciser que ce sont les pays en développement qui payent le prix le plus fort.

Alors que le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires, adopté le 7 juillet dernier, s’ouvrait à la signature, le Président de l’Iran profitait du débat général pour répondre aux propos prononcés hier par son homologue américain.

L’Iran ne sera pas le premier à violer le Plan d’action global commun de 2015 sur son programme nucléaire, a affirmé M. Hassan Rouhani.  Mais, a-t-il prévenu, mon pays réagira avec détermination à sa violation par l’une ou l’autre partie.  Entériné par la résolution 2231 du Conseil de sécurité, cet accord « appartient à la communauté internationale dans son ensemble et pas seulement à un ou deux pays », a-t-il fait valoir.  Il serait regrettable, a-t-il poursuivi, qu’il vienne à être détruit par des « nouveaux venus sans scrupules » dans la politique car le monde perdrait une chance unique. 

En violant ses engagements internationaux, a fustigé le Président iranien, la nouvelle Administration américaine ne fait que détruire sa propre crédibilité et saper la confiance des autres qui auront du mal à négocier avec elle et à croire en ses paroles et en ses promesses.  Hier à l’Assemblée, le Président américain, M. Donald Trump, avait dénoncé l’accord comme l’« une des pires et des plus partiales transactions que les États-Unis aient jamais signées ».

À l’instar de nombreux dirigeants, le Président du Conseil des ministres de l’Italie, M. Paolo Gentiloni, a engagé la communauté internationale à veiller à ce que l’accord sur le Plan d’action global commun sur le programme nucléaire iranien demeure une « success story ».

La montée des tensions après les essais nucléaires et les tirs de missiles balistiques de la République populaire démocratique de Corée ont aussi été l’occasion pour plusieurs pays de rappeler l’importance du régime international de non-prolifération.  Pour le Premier Ministre du Japon, M. Shinzo Abe, la Corée du Nord n’a jamais eu l’intention de renoncer à son arsenal nucléaire.  Elle participait aux pourparlers à six pour gagner du temps.  Avec quel espoir de succès, devrions-nous aujourd’hui risquer un troisième échec? s’est-il alors impatienté.  Ce qu’il faut pour obtenir que la Corée du Nord renonce à tous ses programmes nucléaire et balistique de manière complète, vérifiable et irréversible, ce n’est pas un dialogue mais des pressions.  

Le Japon, a promis M. Abe, fera face à la menace nucléaire et balistique de la Corée du Nord, dans le cadre de son alliance avec les États-Unis et « dans l’unité ».  « Toutes les options sont sur la table », a-t-il dit, en paraphrasant le Président américain et en se félicitant une nouvelle fois de la dernière résolution du Conseil de sécurité qui « clarifie » l’intention de tous d’intensifier les pressions sur la Corée du Nord pour la forcer à changer fondamentalement sa politique. 

Mme Theresa May, Premier Ministre du Royaume-Uni, frappé à cinq reprises par le terrorisme cette année, a demandé au Secrétaire général de faire de la question de l’emploi d’Internet par les terroristes le thème central de l’Assemblée générale l’année prochaine pour « frapper un grand coup » car en dépit de tous ses efforts, la communauté internationale n’a pas encore trouvé le moyen d’affronter cet « enjeu majeur ».  Nous ne permettrons à personne de détruire notre mode de vie, a-t-elle prévenu, en déplorant les centaines de milliers d’innocents tués par le terrorisme, « une tragédie mondiale ».

Le Président du Conseil de l’Union européenne, M. Donal Tusk, a souhaité que l’Europe travaille de concert avec les pays africains.  Pour M. Alassane Ouattara, Président de la Côte d’Ivoire, qui accueillera en novembre prochain le Sommet Afrique-Europe, il est impératif de faire en sorte que « l’Afrique ne soit plus le ventre mou de la lutte antiterroriste mondiale ».  Il a demandé aux grandes puissances d’intensifier leur engagement en Afrique et de soutenir davantage le continent dans ce domaine, notamment le G5 Sahel.

La non-résolution du conflit israélo-palestinien a continué d’interpeller les dirigeants.  Que reste-t-il aujourd’hui de l’espoir suscité il y a 24 ans par les Accords d’Oslo entre Palestiniens et Israéliens, a demandé le Président de l’État de Palestine, M. Mahmoud Abbas.  Il a promis que les Palestiniens allaient donner toutes les chances possibles aux efforts entrepris par le Président américain, le Quatuor et la communauté internationale pour arriver à la solution des deux États.  Mais, si jamais cette solution est détruite du fait de la réalité de l’existence d’un seul État et d’une politique d’apartheid, alors ni la communauté internationale ni les Palestiniens n’auraient d’autre choix que de continuer la lutte, a-t-il averti.

Le Vice-Président du Myanmar, M. Henry Van Thio, est revenu sur les propos prononcés hier par la Conseillère d’État, Daw Aung Suu Kyi, sur l’État rakhine, « une situation complexe » où les dernières attaques des terroristes d’ARSA ont été à l’origine d’une nouvelle vague de violence.  Le Vice-Président a annoncé la mise sur pied d’un comité chargé de mettre en application les recommandations de la Commission Kofi Annan, lequel comité est tenu de publier tous les quatre mois un rapport d’étape.

L’Assemblée générale poursuivra son débat général demain, jeudi 21 septembre, à partir de 9 heures.

Suite du débat général

M. SAULI NIINISTÖ, Président de la Finlande, a salué d’emblée la volonté de réforme du Secrétaire général ainsi que l’accent que ce dernier place sur la prévention des conflits, la Finlande étant un fervent défenseur de la médiation pour régler les crises.  Donner une voix aux personnes et groupes marginalisés, comme les femmes et les enfants qui sont ceux qui paient le prix fort des conflits, est une autre priorité pour la Finlande qui a d’ailleurs contribué à la mise en place d’un réseau nordique de médiatrices dont l’objectif est de pérenniser la paix par une participation inclusive et réelle des femmes à toutes les étapes des processus de paix.

Ayant participé aux opérations de maintien de la paix depuis 1955 et significativement augmenté sa contribution depuis 2015, la Finlande soutient les efforts de réforme engagés par le Secrétaire général dans ce domaine, a précisé son Président qui a défendu la politique de tolérance zéro car il est inacceptable qu’un quelconque membre du personnel de l’ONU soit associé à la violence sexuelle ou à d’autres formes de mauvaise conduite. 

« Dans les guerres, il n’y a pas de vainqueurs et pourtant elles se poursuivent », a constaté le Président Niinistö qui a rappelé le chiffre actuel de 68 millions de réfugiés dans le monde, d’où son constat d’échec: « la communauté internationale n’a pas réussi à maintenir la paix.  À ce titre, il a abordé la situation tendue avec la Corée du Nord et a soutenu, d’une part, les sanctions et, d’autre part, un processus de négociation auquel le Gouvernement nord-coréen devrait, selon lui, participer sans conditions préalables.  Pour ce qui est du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP), il a demandé à tous les États nucléaires de prendre rapidement des mesures concrètes de désarmement et de participer à toutes les négociations. 

Abordant également la question de la lutte contre le terrorisme et de l’extrémisme violent, qui est une priorité pour tous, le Président a salué la mise en place du nouveau Bureau de lutte contre le terrorisme des Nations Unies.  Une autre priorité majeure est la sécurité en matière de santé, a-t-il poursuivi, en appelant à une collaboration multipartite pour pouvoir faire face aux prochaines pandémies et doter les pays des capacités requises.

Face à l’augmentation constante de la population mondiale, la Finlande, a-t-il dit, redoute les effets négatifs qui y sont souvent associés, notamment une urbanisation rapide qui, mal gérée, peut engendrer la radicalisation et le désespoir.  L’antidote requiert des opportunités économiques, le respect des droits de l’homme et l’accès à l’éducation et aux services de base.

« La mise en œuvre rapide de l’Accord de Paris est urgente », a souligné le Président, dont le pays préside actuellement le Conseil de l’Arctique.  Il s’est alarmé du fait que « nous ne sommes pas sur la bonne voie ».  Il faut redoubler d’efforts pour limiter l’augmentation de la température mondiale et les émissions de gaz à effet de serre.  « L’Arctique est au premier rang des changements climatiques puisqu’il se réchauffe deux fois plus vite que le reste du monde » et « si nous perdons l’Arctique, nous perdons le monde », a averti le Président qui a lancé un appel à des mesures déterminées pour réduire les émissions d’autant plus que les solutions technologiques sont là.

M. ALMAZBEK ATAMBAEV, Président du Kirghizistan, a évoqué les idéaux nationaux qui ont poussé le peuple kirghize à avancer sur le chemin de l’histoire depuis 1 000 ans.  Le pays, qui a obtenu sa souveraineté en 1991, s’est lancé sur la voie du développement durable, enregistrant un PIB à croissance stable, ces dernières années.

De grands projets d’infrastructures ont été mis en œuvre, sortant le pays de l’impasse pour devenir un pays en transition.  La pauvreté extrême a été réduite et le Gouvernement lutte systématiquement contre la corruption.  « Aujourd’hui, il n’y a plus de cercles de privilégiés et d’intouchables », s’est félicité le Président, avant d’annoncer que son pays a élaboré des objectifs stratégiques d’ici à 2040.  Il s’agit d’assurer à tous les citoyens un travail digne, des conditions de vie favorables, la sécurité, la prospérité, aidés par une société civile ouverte.

Le Kirghizistan accorde aussi une attention particulière à l’intégration régionale. « Le pays est devenu le premier et le seul de l’espace de l’ex-Union soviétique à mettre en place une démocratie parlementaire; c’est l’un des États les plus libres et les plus stables du continent eurasiatique », a déclaré M. Atambaev.  Les campagnes électorales y sont ouvertes et reconnues par tous les groupes politiques, a-t-il assuré, avant de rappeler que l’élection présidentielle aura lieu le 15 octobre prochain.

Le Président s’est enorgueilli de l’héritage culturel de la route de la soie.  Il a toutefois souligné que l’impact des changements climatiques représente une véritable menace pour tous les écosystèmes montagneux avec les coulées de boues, les glissements de terrain, les avalanches et les crues.  S’inquiétant de la fonte des glaciers, il a averti que d’ici à 2025 les glaciers du Kirghizistan pourraient diminuer de 30 à 40%, voire disparaitre à terme.  De même, la population des léopards des neiges a été divisée par 2, ce qui a conduit le pays à convoquer un forum mondial pour renforcer la protection de cette espèce.

« Dans un monde chaotique, nous devrions nous souvenir de ce qui nous unit plutôt que d’être divisés par des idées politiques », a affirmé le Chef d’État.  C’est dans cet esprit qu’il a lancé il y a deux ans « les jeux mondiaux nomades », reconnus par l’Assemblée générale comme une contribution au dialogue interculturel.  Il a en outre entrepris à travers diverses initiatives de faciliter les échanges entre les peuples de langue altaïque.  De plus, le pays organisera, à Bichkek, à la fin du mois de septembre, une réunion intitulée « L’islam dans un État laïc contemporain ». 

M. Atambaev a plaidé pour des mécanismes de gestion des ressources hydrauliques et énergétiques par le biais d’un dialogue ouvert et constructif.  Il a jugé « inadmissible que les organisations internationales et régionales exercent des pressions sur les pays d’Asie centrale » à ce sujet.  Préoccupé par les sites d’enfouissement des déchets d’uranium et de pollution radiologique en Asie centrale, il a également estimé qu’il faudra adopter une nouvelle résolution tenant compte des résultats déjà engrangés.

La communauté internationale ne doit ménager aucun effort pour lutter contre le terrorisme et l’extrémisme violent, a ajouté le Président.  Il a condamné toutes les violences contre des minorités ethniques du Myanmar et exhorté tous les pays à rester attachés à la non-prolifération des armes de destruction massive.  En conclusion, il s’est prononcé en faveur de l’adoption rapide de « mesures pour améliorer le Conseil de sécurité afin que les intérêts de la majorité des États soient pris en compte ».

M. ILHAM HEYDAR OGLU ALIYEV, Président de l’Azerbaïdjan, a dénoncé l’occupation arménienne de plus de 25% de son pays, depuis plus de 25 ans.  Il a accusé l’Arménie d’y mener depuis une véritable « politique de nettoyage ethnique » et d’avoir commis un génocide contre la population azerbaïdjanaise, accusant même son Président actuel d’être l’un des criminels responsables de ces actes.  Il s’est indigné de l’impunité dont bénéficie l’Arménie en dépit du fait que des organismes comme l’Organisation de la coopération islamique (OCI), le Mouvement des non-alignés et le Conseil de l’Europe aient adopté des décisions exigeant le retrait de l’Arménie de ces territoires, sans oublier les résolutions adoptées en 24 ans par le Conseil de sécurité et qui n’ont jamais été mises en œuvre.  Pour le Président, il s’agit là d’une approche de deux poids, deux mesures.  Il a donc exigé des sanctions à l’encontre de l’Arménie à laquelle il a également reproché de « tout faire pour bloquer les négociations ». 

« Comment ce Gouvernement corrompu dirigé par un régime despote et médiéval peut se permettre d’enfreindre ainsi le droit international? », s’est emporté le Président qui, compte tenu de l’évolution récente de la situation dont les provocations militaires de l’Arménie, a réaffirmé le devoir de son gouvernement de défendre ses citoyens et de libérer ses territoires.  Il a exigé de la communauté internationale qu’elle mette fin à cette terreur et à « ce fascisme arménien », conformément au droit international et aux résolutions pertinentes. 

Le Président a ensuite passé en revue les progrès significatifs enregistrés par son pays en dépit de ce conflit, notamment son développement rapide et la consolidation d’une démocratie stable respectueuse des libertés fondamentales et fondée sur le multiculturalisme en tant que politique d’État, « contrairement à l’Arménie qui est un bloc monoethnique ».  La diversité culturelle et religieuse constitue un grand atout pour le pays qui est à l’origine du processus de Bakou dont le but est de renforcer le dialogue entre le monde musulman et l’Europe.  Depuis 2004, le pays a vu sa croissance économique multipliée par 3 et son niveau de pauvreté baisser pour se situer actuellement autour de 5%.  L’Azerbaïdjan a également misé sur le développement de son industrie spatiale, la lutte contre la corruption et les investissements dans les secteurs de l’éducation et de la santé. L’Azerbaïdjan a aussi modernisé les infrastructures liées à l’exploitation du pétrole.  Tous ces efforts se sont traduits par une augmentation considérable des salaires et des pensions, a affirmé le Président, en saluant le succès de l’indépendance du pays.

M. DAVID ARTHUR GRANGER, Président du Guyana, s’est réjoui que le thème du débat général soit cette année centré sur l’être humain, à l’heure où le monde fait face à de nombreuses crises humanitaires graves.  Il a prévenu que la réalisation des objectifs de développement durable est obstruée par les violations des droits de l’homme, les migrations involontaires, les guerres et le terrorisme.  Le Président a souligné qu’une planète viable est « le patrimoine ultime de l’humanité ».  Les changements climatiques, a-t-il souligné, ne sont ni une fiction ni l’invention d’une poignée d’extrémistes.  Les petits États insulaires des Caraïbes et une partie de l’Amérique du Nord ont ressenti la furie dévastatrice d’une série d’ouragans dont la fréquence et la férocité ont été alimentées par une exploitation irréfléchie des ressources de la terre.  Le Guyana, qui dans les limites de ses ressources, aide les populations affectées des Caraïbes, renouvelle son engagement en faveur de l’Accord de Paris sur les changements climatiques, a dit le Président, qui a appelé les Nations Unies à contribuer à la protection et à la préservation du « Bouclier guyanais », un des derniers blocs mondiaux de forêt vierge et la source de 15% des réserves mondiales d’eau douce. 

Sur le chapitre de la paix, M. Granger est revenu sur le danger auquel sont exposées les frontières de son pays, compte tenu des revendications territoriales du Venezuela.  Le Guyana, a assuré le Président, veut que les Caraïbes soient « une zone de paix » mais cette zone est menacée aujourd’hui par le Venezuela.  Ce dernier, a-t-il rappelé, qui est quatre fois plus grand que le Guyana, continue de revendiquer deux tiers du territoire guyanais, y compris son espace maritime, et ce, après 51 ans d’indépendance.  Le Président a lancé au monde « une mise en garde »: la paix sera en jeu dans notre région, si la justice ne prend pas le dessus, non seulement au Venezuela mais aussi pour ce qui est du différend frontalier.  Le choix est simple: une solution juste et pacifique, conforme au droit international ou la guerre d’usure du Venezuela qui multiplie les fanfaronnades.  « Le statu quo est l’ennemi du règlement et l’allié du conflit », a prévenu le Président.  Il s’est donc réjoui que l’ancien Secrétaire général, M. Ban Ki-moon, et son successeur, M. António Guterres, aient décidé qu’en vertu de l’Accord de Genève de 1966, si à la fin de cette année, aucun progrès significatif n’est fait dans le règlement de ce différend, la Cour internationale de Justice (CIJ) serait la prochaine étape, à moins que le Guyana et le Venezuela n’en décident autrement d’un commun accord.

M. DRAGAN COVIĆ, Président de la Présidence de la Bosnie-Herzégovine, préoccupé par les souffrances du peuple syrien, a appelé à une solution pacifique et politique à travers des négociations, sous l’égide des Nations Unies.  De même, il a estimé que les deux parties du conflit israélo-palestinien devaient respecter leurs obligations, le but étant la création de deux États.  Le terrorisme, a-t-il poursuivi, représente « le plus grand mal de notre temps » et la Bosnie-Herzégovine continuera de contribuer à la mise en œuvre de la Stratégie antiterroriste mondiale de l’ONU et de lutter contre Daech.

La réalisation des objectifs de développement durable requiert davantage que la volonté politique, a poursuivi le Président, en rappelant que de nombreux États Membres de l’ONU ont besoin d’une assistance pour formuler des stratégies et des politiques, de transfert de technologies et de ressources financières.  Pour sa part, la Bosnie-Herzégovine a pleinement compris l’interdépendance entre les dimensions économique, sociale et environnementale du développement durable, a-t-il assuré.  Le pays a ainsi ratifié l’Accord de Paris sur les changements climatiques et met également l’accent sur la parité des sexes et la réduction du chômage des jeunes. 

La diplomatie préventive peut contribuer à faire taire les armes, a affirmé M. Cović.  Il s’est félicité de la participation de son pays aux missions de maintien de la paix de l’ONU au Soudan du Sud, à Chypre, en Afghanistan, en République démocratique du Congo (RDC) et au Mali.  « La Bosnie-Herzégovine a tiré les leçons de son passé difficile », a-t-il expliqué.  Elle a choisi la voie de l’Europe et de la coopération au lieu de la confrontation, et son engagement au sein des organisations régionales fait partie des priorités de sa politique étrangère.  « La Bosnie-Herzégovine fait tout ce qui est son pouvoir pour accélérer ses progrès, dans le cadre de la famille européenne dont elle partage les valeurs », a insisté le Président.  Il a espéré que le pays aura le statut de candidat à l’Union européenne au début de l’année prochaine.  Le pays devant amender sa législation électorale d’ici à la fin de l’année, conformément aux décisions de la Cour constitutionnelle de Bosnie-Herzégovine, il a dit compter sur l’appui de la communauté internationale.      

Pour M. JUAN CARLOS VARELA RODRÍGUEZ, Président du Panama, les dernières catastrophes naturelles comme les ouragans Irma, José, Harvey et Maria et les deux tremblements de terre au Mexique, sont un message clair: les États doivent s’aider les uns les autres et non pas s’affronter.  La paix, a-t-il argué, est une « construction humaine pour une coexistence dans le respect mutuel, la satisfaction des besoins élémentaires et la sauvegarde de notre planète commune ».  Pour y parvenir, il est essentiel de placer l’Homme au cœur de toutes les décisions et de toutes les politiques, une voie que le Panama poursuit depuis 39 mois.  Comme l’a souligné le pape François lors de sa visite en 2015, « la situation géographique du Panama au centre du continent américain en fait un point de rencontre entre le Nord et le Sud, entre le Pacifique et l’Atlantique et représente un appel à promouvoir un nouvel ordre mondial de paix, de justice et de solidarité, dans le respect de l’autonomie de chaque nation », a rappelé le Président qui tient à ce rôle de médiateur et de facilitateur de dialogue pour trouver des solutions communes aux problèmes de sa région. 

Après avoir salué la mise en œuvre de l’Accord de paix en Colombie, il a abordé le problème transfrontalier majeur auquel est confronté son continent à savoir l’augmentation de la production et du trafic de drogues.  Pour y faire face, il faut, selon lui, faire front commun. « Nous ne pouvons pas laisser le trafic de drogues nous voler une paix qui a été si difficile à trouver en Amérique centrale et en Colombie », a-t-il averti, exigeant une lutte commune avec des ressources suffisantes et demandant le soutien des pays producteurs et consommateurs.  Abordant aussi la crise au Venezuela, le Président a souhaité une feuille de route claire pour des élections libres et transparentes en 2018 et a estimé que ce serait une grande erreur que de vouloir imposer un modèle politique à parti unique. 

Il a condamné toutes les formes de terrorisme et a lancé un appel aux pays membres du Conseil de sécurité pour qu’ils trouvent des moyens concrets de parvenir à la paix en Syrie et en Iraq.  Il a aussi condamné les « dirigeants irresponsables » qui tentent de déstabiliser le monde, citant notamment la Corée du Nord.  Le Panama, a-t-il dit, soutient le processus de réforme préconisé par le Secrétaire général pour faire de l’ONU une organisation plus transparente et plus efficace.  Il a d’ailleurs défendu l’idée de créer un siège régional de l’ONU au Panama. 

Le Président a, en effet, fait état des derniers progrès enregistrés par son pays dont le moindre n’a pas été de récupérer des centaines de millions de dollars détournés et de rétablir l’honnêteté du Gouvernement.  Cela s’est accompagné d’une croissance économique soutenue qui profite à tous les Panaméens, comme en attestent l’augmentation des salaires et des pensions, les projets d’infrastructure et les investissements dans l’éducation, la santé, l’assainissement et les transports en commun. 

Le Président a également mis l’accent sur la transparence et la lutte contre la corruption dans la gestion des affaires publiques, au nom de l’intérêt général et du développement durable.  « Présider un gouvernement honnête qui répartit les richesses sur la base de la justice sociale et de l’équité est la voie à suivre pour la paix sociale, une vie digne et un monde juste où tous sont égaux », a affirmé le Président Varela Rodríguez, qui a insisté sur la responsabilité fiscale et la lutte contre l’évasion fiscale et la corruption dans la mesure où cela affecte directement les revenus publics et les capacités de l’État à servir le peuple et à œuvrer au développement durable pour tous.

M. PAUL KAGAME, Président du Rwanda, a avoué le sentiment partagé, malgré le travail qu’elle effectue, que l’ONU ne répond ni à nos besoins ni à nos attentes.  Le Président a donc salué les deux « importantes » initiatives que le Secrétaire général a défendues cette semaine, à savoir, la réforme de l’ONU et la lutte contre les abus et l’exploitation sexuels.  Ces mesures vont « au cœur de la question », a estimé le Président qui a pointé le doigt sur « le déficit de confiance et de redevabilité ».  Pour véritablement offrir « une vie décente à tous », a-t-il estimé, l’ONU doit traiter tous les peuples qu’elle sert « avec impartialité et respect » et gérer « en bon père de famille » les biens qui lui sont confiés.  Les abus et les gaspillages ne sont pas des problèmes de relations publiques mais bien « une menace existentielle » qu’il faut affronter, a insisté le Président.

Nous avons, a-t-il poursuivi, les outils et les mandats pour relever les défis de notre temps, qu’il s’agisse des changements climatiques, de la consolidation de la paix, de l’égalité entre les hommes ou du développement.  Là où le bât blesse, c’est quand il faut lancer l’action, a-t-il constaté.  Une réforme institutionnelle, ce n’est pas comme appliquer une couche de peinture.  L’essence d’une réforme, s’est expliqué le Président, c’est un état d’esprit où l’on s’efforce constamment d’améliorer les performances et les produits, en se sentant responsable des échecs et des résultats.  Le Président s’est réjoui que l’esprit de la réforme ait commencé à s’enraciner aux Nations Unies et à l’Union africaine, mettant les deux organisations dans la position de travailler ensemble.  Des deux côtés, a-t-il prôné, des mesures concrètes doivent être prises pour améliorer la qualité de la coordination et des consultations.  L’ONU et l’UA peuvent faire plus et faire mieux, a tranché le Président, avant d’insister sur le fait que son pays tient aussi aux objectifs de développement durable, à l’Agenda 2063 et à l’émancipation des femmes.  Une collaboration plus étroite contribuera à combler le fossé numérique grâce à un accès universel à l’Internet de haut débit, qui permet de connecter les populations à des réseaux de « connaissances et de prospérité ».

Le Canada, le Rwanda et d’autres parties prenantes, a encore expliqué le Président, travaillent à sensibiliser l’opinion publique à l’énorme impact qu’on peut avoir tout de suite en ratifiant et en mettant en œuvre l’Amendement de Kigali au Protocole de Montréal.  C’est, a-t-il insisté, l’action la plus importante qu’un pays puisse lancer pour s’attaquer directement aux changements climatiques et réaffirmer son engagement à l’Accord de Paris.  Il faut moins de 15 ratifications pour que l’Amendement de Kigali entre en vigueur en 2019, a rappelé le Président.

M. HORACIO MANUEL CARTES JARA, Président du Paraguay, a voulu que l’on persiste dans les efforts visant à trouver un équilibre raisonnable entre tous les pays.  La pauvreté, les inégalités, les changements climatiques, la criminalité transnationale organisée, le trafic de drogues qui ronge les institutions démocratiques, ainsi que le terrorisme, doivent être abordés de manière collective.  Le Président a réaffirmé le ferme engagement de son pays en faveur de l’Accord de Paris sur les changements climatiques et a encouragé les autres États, particulièrement les plus grands pollueurs, à préserver notre planète par tous les moyens possibles.

Rappelant que la fin de son mandat présidentiel interviendra en août 2018, M. Cartes Jara a souligné qu’il s’adressait pour la dernière fois devant l’Assemblée générale mais non sans avoir rappelé que son pays s’est doté d’une démocratie représentative, avec une réelle division des pouvoirs, un processus électoral au-dessus de tout soupçon et un État de droit valide.  Les politiques visant la réduction de la pauvreté, une croissance économique inclusive et l’intégration internationale du Paraguay ont permis de transformer une culture du clientélisme politique en un modèle de transparence et d’accès à l’information publique.

Le Président a aussi rappelé que son pays a été accepté à l’unanimité à l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et qu’il est membre du Comité consultatif sur l’application des droits de l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI).  Pour le Président, ce sont là les preuves de l’implication grandissante de son pays sur la scène internationale.

Le Président a aussi insisté sur le MERCOSUR, l’intégration régionale présentant des avantages « inégalables ».  Il s’est enorgueilli de la signature, avec les Présidents du Congrès et de la Cour Suprême, d’une déclaration reconnaissant l’engagement de son pays en faveur du Programme de développement durable à l’horizon 2030.

Le Paraguay, a affirmé le Président, vit un processus de transformation inédit, lequel met fin à des pratiques telles que la corruption qui a si longtemps retardé le développement économique et social.  Ces dernières années, la croissance économique a enregistré une moyenne annuelle de 5,2%, soit une des plus élevées d’Amérique du Sud.  Le Chef de l’État a mentionné différentes réformes dans les secteurs de l’éducation, des infrastructures et de la réduction de la pauvreté.

Il a conclu en réaffirmant l’attachement de son pays à la paix et à la sécurité internationales et à la promotion et à la protection efficace des droits de l’homme avant de finir par un mot sur la situation au Venezuela.  Il a ainsi réitéré son message de solidarité envers le peuple vénézuélien, aux victimes de persécutions politiques et de violations des droits de l’homme du pays, en espérant que « ce peuple frère » puisse trouver bientôt une solution pacifique à la profonde crise qu’il vit.

Il y a quatre mois, a rappelé M. HASSAN ROUHANI, Président de la République islamique d’Iran, 73% des électeurs iraniens se sont rendus aux urnes pour élire leur douzième président et ont, une fois de plus, exprimé leur confiance dans son programme qui appelle à la modération, au respect des droits de l’homme, à la prospérité et à un engagement constructif dans le monde.  Le vote a représenté, selon lui, « un investissement politique de grande envergure ».  La quête de justice et de valeurs islamiques sont les exigences du peuple iranien, notamment depuis la révolution de 1979, a précisé M. Rouhani, et la promulgation de la Charte des droits des citoyens, lors de son premier mandat, a été conforme à ces exigences.

Le Président a déclaré que « la modération est l’aspiration et la voie choisie par le peuple iranien ».  La modération, a-t-il élaboré, ne veut pas dire isolement ou hégémonie, intransigeance ou indifférence, c’est la voie de la paix, mais une paix juste et inclusive, pas la paix pour une nation et la guerre et les troubles pour les autres.  La modération, c’est la liberté et la démocratie.  Ce n’est pas la promotion des libertés là-bas et l’appui aux dictatures ici.  C’est « la synergie des idées et pas la danse du sabre ».  En Iran, a insisté M. Rouhani, nous nous efforçons de rétablir la paix et de promouvoir les droits de l’homme et des peuples.  Nous condamnons la tyrannie et défendons-les sans voix.  « Nous ne menaçons personne et nous ne tolérons aucune menace », a-t-il lancé, ajoutant « nous sommes insensibles aux menaces et aux intimidations.  Nous croyons au dialogue et à la négociation sur un pied d’égalité et dans le respect mutuel ».

Dans le monde globalisé d’aujourd’hui, il n’est pas possible qu’un régime raciste et félon foule aux pieds les droits fondamentaux des Palestiniens, et que les usurpateurs de cette terre vivent dans la sécurité, s’est indigné le Président.  Il est tout simplement impossible, s’est-il expliqué, d’aspirer à une stabilité à long terme, à la prospérité et au développement quand des Musulmans au Yémen, en Syrie, en Iraq, à Bahreïn, en Afghanistan, au Myanmar et ailleurs croupissent dans la misère, les guerres et la pauvreté.

Aujourd’hui, l’Iran qui a toujours défendu les opprimés, est aux premières lignes de la lutte contre la terreur et l’extrémisme religieux au Moyen-Orient et pas pour des raisons sectaires ou ethniques mais pour une raison éthique, humanitaire et stratégique, a souligné M. Rouhani.  L’Iran, a-t-il assuré, « ne cherche pas à restaurer son ancien empire, à imposer sa religion officielle à d’autres ou à exporter sa révolution par la force des armes ».  Pour promouvoir sa culture, sa civilisation, sa religion et sa révolution, l’Iran « entre dans les cœurs et parle aux esprits ».  Le Président a poursuivi: « Nos ambassadeurs sont nos poètes, nos mystiques, nos philosophes.  Nous avons atteint les rives de ce côté-ci de l’Atlantique grâce à Roumi et élargi notre influence grâce à Asia et à Saadi.  Nous avons déjà conquis le monde avec Hafez.  Nous n’avons pas besoin de nouvelles conquêtes ». 

L’Iran ne prêche pas la modération mais la pratique, a martelé le Président, en prenant pour exemple le Plan d’action global commun (JCPOA).  Cet accord, a-t-il rappelé, est le résultat de deux ans de négociations multilatérales intenses.  Il a été entériné par la résolution 2231 du Conseil de sécurité.  Par conséquent, « cet accord appartient à la communauté internationale dans son ensemble et pas seulement à un ou deux pays ».  Il peut devenir un nouveau modèle d’interactions internationales mais malheureusement certains se sont privés de cette chance unique.  « En réalité, ils n’ont imposé de sanctions qu’à eux-mêmes et maintenant ils se sentent trahis. »  « Nous n’avons pas été trompés et nous n’avons trompé personne », s’est défendu M. Rouhani.  « Nous n’avons jamais recherché la dissuasion par les armes nucléaires. »  Certains ont prétendu priver l’Iran d’armes qu’il n’a en fait jamais voulues, a-t-il assuré.  Le Président a donc jugé « répréhensible » qu’un régime sioniste félon, qui menace la sécurité régionale et internationale avec son arsenal nucléaire et qui n’est tenu par aucun instrument international, ait « l’audace » de faire des sermons à des nations pacifiques.  Je déclare devant vous, a-t-il dit, que l’Iran ne sera pas le premier à violer l’accord mais qu’il réagira avec détermination à sa violation par l’une ou l’autre partie.  Il serait regrettable, a-t-il poursuivi, que cet accord vienne à être détruit par des « des nouveaux venus sans scrupules » dans la politique car le monde perdrait une occasion énorme.  En violant ses engagements internationaux, a précisé le Président, la nouvelle Administration américaine ne fait que détruire sa propre crédibilité et saper la confiance des autres qui auront du mal à négocier avec elle et à croire en ses paroles et en ses promesses.

Il y a quatre ans, a rappelé M. Rouhani, l’Iran a parrainé l’initiative intitulée: Le monde en lutte contre la violence et l’extrémisme (WAVE).  D’après lui, « la rhétorique ignorante, absurde et haineuse », remplie d’allégations ridiculement infondées, qui a été prononcée hier dans cette enceinte non seulement ne méritait pas d’être entendue aux Nations Unies, siège de la promotion de la paix et du respect entre les nations, mais était en réalité en contradiction avec l’exigence de cet organe mondial de réunir les gouvernements contre la guerre et la terreur.

Or, l’instabilité et la violence extrémiste ont été exacerbées dans la région par les interventions militaires d’acteurs extérieurs, a affirmé le dirigeant iranien.  Les interventions étrangères et l’imposition d’un agenda étranger aux peuples de la région ne feront qu’approfondir et aggraver les crises, a-t-il averti.  Les crises en Syrie, au Yémen et à Bahreïn n’ont pas de solution militaire.  Elles ne peuvent être réglées que par la cessation des hostilités et l’acceptation de la volonté et des souhaits des populations. 

Le Gouvernement américain, a encore dit le Président, doit expliquer à son peuple pourquoi, après avoir dépensé les milliards de dollars dudit peuple et de notre région, au lieu de contribuer à la paix et à la stabilité, n’a répandu que guerre, misère, pauvreté et montée du terrorisme et de l’extrémisme.  En Iran, a assuré le Président, les sanctions économiques n’ont fait que renforcer la détermination du peuple à augmenter la production nationale.  En 20 ans, a-t-il estimé, l’Iran peut devenir la nouvelle économie émergente avec 1 000 milliards de dollars de croissance.  Avec les réserves de pétrole et de gaz les plus vastes du monde, le pays est prêt à entreprendre une coopération à long terme pour faire avancer la sécurité énergétique dans le monde entier.  J’invite tous les amoureux de la paix, de la sécurité et du progrès par le partenariat et la coopération à venir en Iran et à nous rejoindre dans l’édification d’un avenir d’espoir.

M. RUMEN RADEV, Président de la Bulgarie, a regretté que les conflits dans de nombreuses régions du monde affaiblissent la paix internationale, la sécurité et les valeurs fondamentales de l’humanité.  Il a souligné que les enfants étaient les personnes les plus affectées par les situations de crise et a appelé à mettre en œuvre pleinement les objectifs de développement durable pour que le Programme 2030 ne soit pas qu’une simple déclaration politique.

M. Radev s’est dit préoccupé par la situation au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, et a demandé que l’on ne perde pas de vue le processus de paix au Moyen-Orient.  Il a réitéré le soutien de son pays à la solution des deux États et a jugé essentiel de trouver une solution au conflit en Syrie, affirmant qu’un dialogue politique sous les auspices des Nations Unies est la seule voie possible.  Le Président s’est également dit inquiet de la situation dans l’est de l’Ukraine, qui demeure extrêmement volatile malgré les accords de cessez-le-feu. Il a voulu que les accords de Minsk soient pleinement mis en œuvre, soulignant qu’il n’y a pas d’autre alternative viable.  La Bulgarie, a-t-il ajouté, soutient les activités multilatérales, telles que le « Normandy Four » ou le Groupe de contact trilatéral de l’OSCE et considère qu’ils jouent un rôle clef dans la résolution du conflit.  M. Radev a indiqué que la Bulgarie s’engage pleinement à soutenir le processus de paix et de stabilisation en Afghanistan et considère la réconciliation comme une condition indispensable.

Concernant le désarmement, la non-prolifération et le contrôle des armes, piliers essentiels de la sécurité mondiale, il a réaffirmé l’engagement de son pays en faveur du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires et a pointé la nécessité de prendre une série de mesures pour parvenir graduellement à un monde exempt d’armes nucléaires.  M. Radev a ensuite insisté sur l’importance historique du Plan d'action global commun sur le programme nucléaire iranien, essentiel pour la stabilité régionale et internationale.  Il a dûment condamné les essais nucléaires et les tirs de missiles de la République populaire démocratique de Corée, qui mènent à une escalade des tensions régionales.  Concernant le terrorisme, il a salué la mise en place du nouveau Bureau de lutte contre le terrorisme, étape incontournable pour mettre en œuvre la Stratégie antiterroriste mondiale de 2006 et une meilleure coordination.

M. Radev s’est particulièrement dit inquiet du trafic des biens culturels en Syrie, en Iraq, en Libye et dans d’autres pays en conflit.  Il a décrit ce phénomène comme une tactique de guerre et une source de financement du terrorisme et a appelé à la mise en œuvre de la législation existante au niveau des Nations Unies, de l’Union européenne et de l’UNESCO.

M. Radev a par ailleurs prôné une approche équilibrée de la question migratoire, rappelant que les États ont le droit et la responsabilité de contrôler leurs frontières pour assurer leur sécurité.  Sa priorité principale, a-t-il confié, est la gestion effective et le contrôle des frontières extérieures de l’Union européenne.  Après avoir assuré de l’engagement de son pays à respecter les Accords de Paris, M. Radev a terminé son intervention en mettant en évidence la question des droits de l’enfant.  « Comme Vice-Président du Groupe des Amis des enfants et des objectifs de développement durable, et conformément aux objectifs de développement durable, la Bulgarie défend avec force l’intégration des enfants dans tous les processus intergouvernementaux majeures, car ils sont les vrais agents d’un changement social positif. »

M. ALASSANE OUATTARA, Président de la Côte d’Ivoire, a commencé par rappeler que son pays avait été élu au Conseil de sécurité pour la période 2018-2019 en tant que membre non permanent, un mandat pendant lequel il entend œuvrer à la promotion de compromis justes et pragmatiques dans le règlement de crises.  En dépit des évolutions encourageantes de l’architecture antiterroriste de l’ONU depuis 2001 et du succès des opérations antiterroristes menées par les grandes puissances au Moyen-Orient et dans une moindre mesure en Afrique, le monde peine à trouver une réponse collective satisfaisante contre le terrorisme, a regretté M. Ouattara.  Pour lui, il est impératif de faire en sorte que « l’Afrique ne soit plus le ventre mou de la lutte antiterroriste mondiale ».  Il a donc demandé aux grandes puissances d’intensifier leur engagement en Afrique et de soutenir davantage le continent dans ce domaine, notamment le G5 Sahel, affirmant qu’il s’agit là de l’une de ses priorités au sein du Conseil de sécurité.

Le réchauffement climatique constitue une autre réelle préoccupation, d’autant plus qu’aucun pays n’est à l’abri.  Par conséquent, a dit le Président, il faut agir vite et avec responsabilité « pour préserver nos cadres de vie et notre planète ».  Il s’est engagé à respecter l’Accord de Paris.  Dans la même dynamique, il a invité les pays développés à honorer leurs engagements en matière de financement de l’adaptation des économies des pays du Sud et de nombreux petits États insulaires aux effets du réchauffement climatique.  Pour M. Ouattara, « les changements climatiques sont une véritable menace à la paix et la sécurité internationales » et il est impératif de prendre des mesures adéquates notamment par le biais du pacte international sur l’environnement et le développement proposé par la France.

Constatant l’échec des mesures prises pour lutter contre l’immigration clandestine et le trafic des êtres humains, le Président Ouattara a même estimé qu’elles ont contribué à la fragilisation de la démocratie et à la montée de sentiments extrêmes, y compris dans les démocraties occidentales.  Pour mettre fin à ces migrations périlleuses, les pays développés, notamment ceux des régions d’accueil, doivent, selon lui, mobiliser les investissements et ressources nécessaires au financement du développement des pays d’origine et de transit, afin de leur permettre de créer des emplois et d’offrir des opportunités aux jeunes.  La lutte contre les passeurs devra également s’intensifier.  En Côte d’Ivoire, la riposte contre ce fléau privilégie la prévention par la sensibilisation et l’assistance au retour des candidats à l’immigration clandestine ainsi que par le démantèlement des réseaux de passeurs.  Dans le cadre de cette lutte, il ne faut cependant pas perdre de vue les obligations juridiques internationales qui garantissent les droits et libertés fondamentales des migrants, a encore estimé M. Ouattara.

Il a ensuite passé en revue les réalisations économiques de son pays et cela en dépit de la chute des cours du cacao.  À ce titre, la Côte d’Ivoire a enregistré un taux de croissance de 9% en moyenne sur les cinq dernières années et s’attèle actuellement à en répartir les fruits efficacement et équitablement.  C’est là tout l’enjeu du Plan national de développement 2016-2020, a affirmé le Président Ouattara.

M. PETRO POROSHENKO, Président de l’Ukraine, a appelé à une action collective robuste face aux menaces collectives auxquelles le monde est confronté, notamment la montée du terrorisme et de l’extrémisme violent et la lutte contre le réchauffement climatique.  Les Nations Unies doivent être à l’avant-plan de ces efforts, a estimé le Président qui a soutenu le programme de réforme complet proposé par le Secrétaire général, et en particulier celle du Conseil de sécurité.  Rappelant que l’Ukraine reste pleinement attachée à la notion de souveraineté garantie et pleinement respectée, telle que stipulée dans la Charte des Nations Unies, le Président a répété que cette notion a été bafouée en Ukraine par l’un des cinq membres permanents du Conseil de sécurité.  Depuis le début de l’agression russe, plus de 1 000 personnes ont perdu la vie, 7% du territoire est occupé et l’économie est détruite, a-t-il poursuivi.  La Crimée est devenue une terre de répression depuis son annexion comme en atteste le cas particulier de certains activistes, en dépit des appels du Haut-Commissaire aux droits de l’homme pour le déploiement d’une mission d’enquête.  Ce manque de coopération de la part de la Fédération de Russie exige, selon le Président, une réaction de la communauté internationale pour aider les Tatars de Crimée et prévenir la militarisation de la péninsule.  Dans le Donbass, la situation sécuritaire et celle des droits de l’homme est tout aussi inquiétante, a poursuivi le Président ukrainien qui a, de nouveau, donné des exemples concrets de la répression russe sur place.

« La Russie est le seul pays au monde qui a un conflit potentiel ou gelé avec la quasi-totalité de ses voisins », a fait observer M. Poroshenko, accusant cette dernière de vouloir échanger la paix contre la liberté, un choix inacceptable.  Le Président a ainsi critiqué la dernière proposition de paix faite par la Fédération de Russie.  Toute mission des Nations Unies doit couvrir l’intégralité du territoire occupé, y compris la zone frontalière avec la Russie.  Le personnel « de l’agresseur » ne saurait y participer, a déclaré le Président, en ajoutant qu’il y va de la paix au cœur même de l’Europe.

L’Ukraine reste déterminée à faire comparaître en justice les responsables de l’explosion en vol de l’avion de la Malaysia Airline, il y a trois ans.  Elle est favorable au désarmement nucléaire et soutient toute mesure permettant de mettre fin aux activités illégales de la Corée du Nord.  Pour ce qui est de la Syrie, M. Porochenko a appelé au plein respect de l’accord de Genève et s’est dit préoccupé par le fait que la Fédération de Russie utilise la « Crimée occupée » pour acheminer des armes en Syrie.

Que reste-t-il aujourd’hui de l’espoir suscité il y a 24 ans par les Accords d’Oslo entre Palestiniens et Israéliens? a demandé le Président de l’État de Palestine, M. MAHMOUD ABBAS.  Nous avons reconnu l’État d’Israël sur la base des frontières de 1967, a-t-il poursuivi, en regrettant le refus d’Israël de les reconnaître, mettant à mal le principe de la reconnaissance mutuelle agréé à Oslo en 1993.  Au lieu de faire face aux causes profondes du conflit, Israël a essayé d’orienter l’attention de la communauté internationale vers des sujets de moindre importance qui découlent de ses politiques coloniales, a-t-il dénoncé.  Il a accusé Israël de prétendre qu’il n’y a pas de partenaire palestinien, alors qu’il est conscient que l’occupation des terres palestiniennes conduit aux provocations et à la violence. 

Pour lui, si Israël est le premier à porter la honte de l’occupation, la communauté internationale doit aussi la porter.  Les Nations Unies, a-t-il rappelé, ont l’obligation légale, politique, morale et humanitaire de mettre fin à l’occupation et d’aider le peuple palestinien à vivre dans la liberté et la prospérité dans un État indépendant, avec Jérusalem-Est comme capitale, et dans les frontières du 4 juin 1967.  Le Président a expliqué que la fin de l’occupation coloniale des terres palestiniennes aura un impact positif sur la lutte contre le terrorisme, car elle ôtera aux terroristes l’un de leurs messages de ralliement qu’ils exploitent pour promouvoir leur idéologie répugnante.

M. Abbas a souligné que toutes les pistes ont été examinées et des efforts consentis pour arriver à la paix avec le voisin.  Il a cité l’adhésion au Plan de paix arabe, à la Feuille de route du Quatuor et à d’autres initiatives similaires comme la proposition française faite à la Conférence de Paris en début d’année, ou encore celle des Présidents chinois et russe et la dernière en date, celle du Président des États-Unis.  Il a invité le Premier Ministre israélien à prouver son engagement en faveur de la solution des deux États et à s’asseoir à la table des négociations pour délimiter les frontières entre les deux États, ce qui permettrait d’ouvrir la voie à des négociations concrètes visant à résoudre toutes les questions liées au statut final. 

Selon M. Abbas, Israël continue de bloquer les efforts de paix, assurant l’échec du processus par ses activités de colonisation qui sapent la perspective de la solution des deux États.  « Ces actions constituent une menace pour nos deux peuples, Palestiniens et Israéliens, et nous obligent à entreprendre un examen global et stratégique de tout le processus », a affirmé le Président Abbas, tout en annonçant dans un futur proche une réunion du Conseil national palestinien à cet effet.

Il a par ailleurs averti que les politiques israéliennes à Jérusalem-Est suscitaient des tensions religieuses et pourraient conduire à un conflit religieux violent.  Il a prévenu que « Jérusalem est une ville occupée et que les décisions qui y sont prises par Israël sont nulles et non avenues et complètement illégales ».  Il a indiqué que les tentatives d’Israël de changer le statut historique de Jérusalem, et notamment le statut et l’intégrité de la mosquée Al-Aqsa, s’apparentaient à « jouer avec le feu » et représentaient une violation des responsabilités palestiniennes et jordaniennes. 

« Nous ne pouvons continuer d’être une Autorité sans autorité », a-t-il lancé, ajoutant que les Palestiniens ne peuvent rester les bras croisés face à la menace sur leur existence nationale, politique et sociale et sur leurs terres.  Nous devons prendre des mesures différentes pour préserver notre existence nationale et laisser ouverts les horizons de paix et de sécurité.  Parmi ces mesures, il a rappelé que la Palestine a invité la Cour pénale internationale (CPI) à ouvrir une enquête et à poursuivre les autorités israéliennes impliquées dans les colonies de peuplement et les agressions contre le peuple palestinien.  Il a aussi indiqué que la Palestine va poursuivre son processus d’accession aux conventions, protocoles et organisations internationales, en droite ligne du statut d’Observateur qu’il a acquis auprès des Nations Unies.

Le Président a promis que les Palestiniens allaient donner toutes les chances possibles aux efforts entrepris par le Président Donald Trump et le Quatuor, ainsi que la communauté internationale pour arriver à la solution des deux États.  Mais, si jamais cette solution est détruite du fait de la réalité de l’existence d’un seul État et d’une politique d’apartheid, alors ni la communauté internationale ni les Palestiniens n’auraient d’autre choix que de continuer la lutte et d’arracher les mêmes droits pour tous les habitants de la « Palestine historique ».  « Ce n’est pas une menace, mais plutôt un avertissement sur les réalités qui sont le résultat de la politique israélienne qui sape gravement la solution des deux États », a-t-il précisé.  Dans un style direct, il a dit aux populations israéliennes que les Palestiniens veulent vivre en paix et leur a conseillé de ne pas écouter ceux qui veulent les convaincre que la paix entre les deux peuples n’est pas possible.  « Notre problème c’est l’occupation coloniale israélienne et non pas le judaïsme en tant que religion », a-t-il affirmé.

Il a par ailleurs relevé que depuis la division de 2007, l’Autorité palestinienne a continué à remplir ses obligations envers les populations de Gaza, insistant sur le fait que Gaza ne sera pas l’État palestinien, et qu’il n’y aura pas d’État palestinien sans Gaza.  Il a également rappelé que dans son discours devant l’Assemblée générale l’an dernier, il avait invité le Gouvernement britannique à rectifier la grave injustice faite au peuple palestinien du fait de la Déclaration Balfour de 1917 qui avait promis un territoire national aux juifs en Palestine, en dépit du fait que les Palestiniens y étaient installés et n’auraient pas dus être colonisés ni placés sous le mandat d’une grande puissance. 

Il a regretté que jusqu’à ce jour, le Gouvernement britannique n’ait pas pris de mesure pour corriger cette injustice historique, ni présenter des excuses au peuple palestinien et encore moins accorder des indemnisations ou reconnaître leur État.  La communauté internationale est-elle acquise à l’idée qu’Israël est un pays au-dessus des lois? a-t-il demandé, en s’interrogeant sur les raisons de ce double standard. 

Pour sauver le processus de paix et la solution des deux États, M. Abbas a proposé de mettre fin à l’occupation par Israël des territoires palestiniens « dans un délai donné », car il ne suffit plus de le clamer de manière générique sans donner de date limite.  Ensuite, il a appelé à des actions pour arrêter les activités de peuplement dans les territoires palestiniens, y compris Jérusalem-Est.  Le Président de l’Autorité palestinienne a également demandé une protection internationale pour les territoires et le peuple palestiniens jusqu’à la fin de l’occupation.  Il faut aussi qu’Israël s’engage à respecter les frontières de 1967 comme base des deux États, a-t-il suggéré, tout en enjoignant les États ayant reconnu l’État d’Israël à préciser qu’ils l’ont fait en se basant sur les frontières de 1967 et ceci en droite ligne des résolutions internationales sur la question.  Il a aussi appelé les États qui n’ont pas encore reconnu l’État de Palestine à le faire, par principe d’égalité, ce qui pourrait augmenter les chances de parvenir à la paix. 

Il a en outre invité le Conseil de sécurité à approuver la demande faite par la Palestine de devenir un membre à part entière des Nations Unies, arguant que tous ceux qui soutiennent la solution des deux États doivent de facto reconnaître l’autre État qui est celui de Palestine. 

Il a plaidé pour un soutien continu de la communauté internationale à l’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA).  Il a mis en garde contre les tentatives de supprimer le point 7 du programme de travail du Conseil des droits de l’homme sur « la situation des droits de l’homme en Palestine et dans les autres territoires arabes occupés », ou encore ceux qui empêchent la publication de la liste des entreprises qui opèrent dans les colonies israéliennes situées dans les territoires palestiniens occupés. 

Il a annoncé que ces questions centrales pour la préservation de la solution des deux États seront contenues dans un projet de résolution qu’il a invité l’Assemblée générale à adopter. 

M. DONALD TUSK, Président du Conseil européen de l’Union européenne, s’est prononcé en faveur de la liberté et d’un ordre mondial fondé sur des règles, conditions sine qua non de la paix, de la stabilité et d’une économie qui profite à tous.  Les Nations Unies, a-t-il poursuivi, constituent le meilleur outil que nous avons pour faire face aux conflits, à la famine, aux déplacements forcés et à la menace nucléaire. 

Après avoir rappelé que les États membres de l’Union européenne fournissent le tiers du budget de l’ONU et des opérations de maintien de la paix, il a exprimé le souhait que les Nations Unies deviennent une organisation « plus énergique et moins bureaucratique ».  Les plans de réforme de l’ONU présentement à l’étude sont le « minimum requis », a déclaré M. Tusk.

Malgré un « déclin dans l’estime populaire » au cours des dernières années, l’ONU demeure un outil important de notre « volonté collective », a-t-il poursuivi, citant en exemple la décision du Conseil de sécurité d’imposer des sanctions à la République populaire démocratique de Corée à la suite de tests nucléaires, un signe de « vrai leadership et d’unité ».  « Mais ce n’est pas suffisant », a averti M. Tusk, appelant, avec le Japon et la République de Corée, à une dénucléarisation pacifique de la péninsule coréenne, ainsi qu’à la pleine mise en œuvre du Plan d’action global commun avec l’Iran, qui « renforce notre sécurité à tous ».

Se tournant vers l’Afrique, il a souhaité que l’Europe travaille de concert avec les pays africains sur les questions de sécurité, de lutte antiterroriste et de croissance économique.  Il s’est en outre réjoui de l’occasion de discuter de ces sujets au Sommet Afrique-Europe, qui se tiendra en novembre en Côte d’Ivoire.  M. Tusk a également souligné la participation de l’Union européenne aux opérations de maintien de la paix de l’ONU et à l’aide humanitaire en République centrafricaine, au Mali, au Soudan du Sud ainsi que dans le bassin du lac Tchad.  Cependant, a-t-il ajouté, nous devons faire plus avant qu’il ne soit « vraiment trop tard ». 

S’agissant de la crise mondiale des réfugiés, il a estimé que l’Europe « continue d’assumer ses responsabilités » en accueillant les réfugiés et en apportant une aide aux États situés à proximité des zones de conflit.  L’Union européenne appuie à cet égard le processus de développement par les Nations Unies d’un pacte mondial sur les réfugiés et la migration, et appelle la communauté internationale à accroître sa participation au financement de l’aide humanitaire et à la réinstallation des réfugiés et des déplacés.  Le Président du Conseil européen s’est par ailleurs félicité de la décision du Procureur de la Cour pénale internationale (CPI) d’ouvrir une enquête pour crimes contre l’humanité contre les passeurs en Libye.

Malgré la défaite attendue de Daech « en tant qu’entité territoriale », la poursuite des attaques terroristes en Europe montre que la menace persiste, a poursuivi le Président du Conseil européen, appelant à un renforcement de la lutte mondiale contre le terrorisme et l’extrémisme violent.  Après avoir salué la mise sur pied du Forum mondial de l’Internet contre le terrorisme, en collaboration avec les Nations Unies, il a appelé les entreprises en ligne à effacer les contenus de nature extrémiste.  Il a aussi invité les leaders musulmans à dénoncer avec force l’extrémisme islamiste. 

En ce qui concerne les changements climatiques, le Président Tusk a réaffirmé la détermination de l’Union européenne à mettre en application, le plus rapidement possible, l’Accord de Paris sur les changements climatiques, en tant que pierre angulaire des efforts internationaux visant à mettre en œuvre le Programme de développement durable à l’horizon 2030. 

Le monde, a poursuivi M. Tusk, « louvoie entre l’espoir et la peur ».  Alors que l’économie et les échanges sont en expansion, les tensions sécuritaires sont à la hausse et la pertinence de la coopération internationale est remise en question.  Nous devons relever le défi de faire de l’action internationale un outil « robuste, crédible et transformatif », a-t-il insisté, rappelant que l’UE et l’ONU ont été créées en réponse aux « atrocités de la Seconde Guerre mondiale ».  Devant les situations en « noir et blanc », comme le chantage nucléaire nord-coréen, le terrorisme ou l’agression de l’Ukraine, l’ONU et l’Union européenne ne peuvent se montrer hésitantes.  Les Nations Unies ne doivent pas « lâchement chercher un compromis » avec le « mal », a-t-il conclu, mais plutôt mobiliser la communauté internationale pour le combattre.

M. MARK RUTTE, Premier Ministre des Pays-Bas, a débuté son discours en reconnaissant que les problèmes auxquels le monde fait face aujourd’hui semblent écrasants: les attaques terroristes, les conflits au Myanmar, en Syrie, en Centrafrique et au Yémen, et les catastrophes naturelles qui ont touché les États-Unis et l’Asie, ainsi que les Caraïbes.  Mais il a tenu à affirmer qu’il y avait tout de même de la place pour l’optimisme.  Le monde d’aujourd’hui est un monde bien meilleur qu’au moment où les Nations Unies ont été créées, a-t-il dit en substance, en pointant les énormes progrès réalisés dans la lutte contre l’extrême pauvreté, la mortalité maternelle et infantile et l’éducation des enfants, qui pour 90% d’entre eux reçoivent une éducation primaire.  M. Rutte a insisté sur le rôle joué par les Nations Unies dans ces réussites, en rappelant également à quel point la coopération internationale était importante pour les Pays-Bas et ses partenaires de Curaçao, Aruba et Saint-Martin, mais aussi pour les victimes du vol MH17.  Changements climatiques, migration, sécurité alimentaire, terrorisme et cybercrime: les problèmes auxquels le monde est confronté aujourd’hui, a-t-il ajouté, sont par nature internationaux.

M. Rutte a indiqué que les Pays-Bas débuteront, en janvier 2018, un mandat d’un an au Conseil de sécurité, remplaçant à ce poste l’Italie, ce qui est pour lui un bon exemple de partenariat européen au sein des organisations internationales.  Les Pays-Bas ont fixé trois priorités et d’abord, la réforme et la modernisation des Nations Unies, pour laquelle ils apportent leur ferme soutien au Secrétaire général.  Le Premier Ministre a insisté sur la nécessité d’un effort de la part de tous les États Membres et a attiré l’attention sur quelques chantiers, comme une meilleure coopération entre les agences de l’ONU et le renforcement du rôle des coordinateurs résidents.  Comme deuxième priorité, il a cité la sécurité, avec un mot clef: la prévention.  « Nous n’avons pas accordé assez d’attention aux premières étapes des conflits. »  Il a ainsi salué le travail de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA), à laquelle son pays participe et qu’il voit comme un modèle pour les futures missions.  Il a cependant souligné que la Mission a besoin de services de renseignement, de formation et d’équipements de pointe, ainsi que d’un mandat clair.  En matière de contre-terrorisme, M. Rutte a cité comme bon exemple le Forum mondial de lutte contre le terrorisme, dont les Pays-Bas assurent la coprésidence avec le Maroc.  « Soixante pays et les Nations Unies collaborent maintenant avec Interpol au profilage des terroristes étrangers. »

M. Rutte a ensuite décrit la troisième priorité de son pays: la durabilité, qui est étroitement liée à la prévention de la violence et des conflits.  Il a rappelé, à cet égard, l’importance des objectifs de développement durable, que les Pays-Bas, avec ses partenaires de Curaçao, Aruba et Saint-Martin, travaillent à mettre en œuvre.  Il a longuement insisté sur la question de l’eau, un domaine dans lequel les Pays-Bas ont une grande expertise.  Rappelant les catastrophes qui ont touché New York, le Texas et l’Asie, il a insisté sur l’imbrication de la question climatique avec celle de l’eau.  Il a dit combien la population de Saint-Martin, dans la partie néerlandaise de l’île, lutte encore pour faire face aux dégâts provoqués par l’ouragan Irma.  En 2050, les Nations Unies prédisent que 200 millions de personnes seront déplacées à cause des changements climatiques, a-t-il ajouté, en précisant que les Pays-Bas déploient leur expertise dans le monde entier et sont membres du Groupe de haut niveau sur l’eau.  Après avoir réaffirmé son soutien aux réformes proposées par le Secrétaire général, M. Rutte a conclu en appelant le monde à regarder ce qu’il avait accompli dans les décennies précédentes et ce que ces résultats comportaient comme promesses pour le futur.

Après avoir annoncé l’organisation d’une conférence sur la couverture santé universelle à Tokyo, au Japon, en décembre 2017, M. SHINZO ABE, Premier Ministre du Japon, a déclaré: « ce que veut le Japon, c’est sauvegarder un ordre international libre, libéral, ouvert et des cadres multilatéraux ».  Le monde a des attentes élevées vis-à-vis de l'ONU en tant que porte-drapeau de ces idéaux.  C'est pourquoi le Conseil de sécurité devrait être réformé sans délai, en réponse aux exigences du temps.  Le Japon s'efforcera avec ses amis de réaliser ces réformes.  La détermination du Japon est de jouer un rôle actif pour la paix mondiale en tant que membre permanent du Conseil de sécurité.

Toutefois, a poursuivi M. Abe, « je n’ai pas d’autres choix que de me focaliser sur une seule question: la Corée du Nord » qui a effectué le 3 septembre dernier, un autre essai nucléaire.  Avant et après cela, soit le 29 août et le 15 septembre, sans attendre que l’encre de la résolution 2375 (2017) ne sèche, la Corée du Nord a lancé des missiles, chaque fois au-dessus du Japon, dans ce qui était une menace d’une gravité sans précédent et indiscutablement, une urgence.  La dernière crise est très différente de celles que nous avons vues quand un dictateur a tenté d’acquérir des armes de destruction massive.  Les armes nucléaires de la Corée du Nord sont déjà ou sont sur le point de devenir des bombes à hydrogène.  Leurs vecteurs seront tôt ou tard des missiles balistiques intercontinentaux.  

La situation actuelle n’est pas due à une absence de dialogue, a rappelé le Premier Ministre, soulignant que ce dialogue a commencé dans les années 90 et a même donné lieu à la création entre les États-Unis, le Japon et République de Corée ont créé l’Organisation pour le développement énergétique de la péninsule coréenne (KEDO).  Devant les trahisons répétées de la Corée du Nord, la Chine et la Fédération de Russie se sont jointes en 2003, aux membres du KEDO, qui avait entretemps suspendu leur Organisation, pour lancer les pourparlers à six.  En 2005, ils ont pu publier une déclaration commune aux termes de laquelle la Corée du Nord abandonnait armes et programmes nucléaires et réintégrait le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) et le système de garanties de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).  En 2007, ils sont parvenus à un accord sur ce que chacun d’entre eux devait faire pour mettre en œuvre la déclaration conjointe.  Alors même qu’ils négociaient cet accord, la Corée du Nord déclarait être en possession d’armes nucléaires et effectuait dès octobre 2006, son premier essai nucléaire, suivi d’un deuxième en 2009, et la même année, de son retrait des pourparlers à six, sans compter ses tirs répétés de missiles balistiques.

La Corée du Nord n’a jamais eu l’intention de renoncer à son arsenal nucléaire.  Elle gagnait du temps, a dénoncé le Premier Ministre.  Avec quel espoir de succès devrions-nous, aujourd’hui, risquer un troisième échec? s’est-il impatienté.  Ce qu’il faut pour obtenir que la Corée du Nord renonce à tous ses programmes nucléaires et balistiques de manière complète, vérifiable et irréversible, ce n’est pas un dialogue mais des pressions.  Le Japon, a-t-il promis, fera face à la menace nucléaire et balistique de la Corée du Nord, dans le cadre de son alliance avec les États-Unis et « dans l’unité ».  « Toutes les options sont sur la table », a-t-il dit en paraphrasant le Président américain.  

M. Abe a dit avoir accueilli la résolution 2375 (2017) du Conseil de sécurité comme « une clarification » de l’intention de tous d’intensifier les pressions sur la Corée du Nord pour la forcer à changer fondamentalement sa politique.  La résolution n’est rien d’autre qu’un début, la Corée du Nord ayant déjà lancé un autre missile. 

Nous devons, a conclu le Premier Ministre, empêcher l’acheminement vers la Corée du Nord des biens, des fonds, des gens et de la technologie nécessaires au développement des armes nucléaires et des missiles.  Nous devons faire en sorte que la Corée du Nord respecte pleinement les multiples résolutions du Conseil de sécurité.  Tous les États doivent assurer la mise en œuvre stricte et complète de ces résolutions.  Ce qui est nécessaire, c’est l’action.  La fin des provocations de la Corée du Nord dépend de la solidarité de la communauté internationale.  Le temps presse, a alerté M. Shinzo Abe.  « Pour changer la politique nord-coréenne, nous devons renforcer notre unité. » 

M. ANTÓNIO LUÍS SANTOS DA COSTA, Premier Ministre du Portugal, a commencé par présenter ses condoléances et exprimer sa solidarité au peuple et au Gouvernement du Mexique, après les évènements tragiques d’hier.  Je suis profondément ému, a-t-il poursuivi, de m’adresser à cette Assemblée en présence du premier Secrétaire général de nationalité portugaise.

« Réformer l’architecture de la paix et de la sécurité de l’ONU est une absolue priorité », a-t-il déclaré.  À ce propos, il a attiré l’attention sur le monde lusophone, qui dénombrera, au milieu du siècle, plus de 400 millions de locuteurs et sur le fait que de nombreux pays membres de la Communauté des pays de langue portugaise (CPLP) souhaitent que le portugais figure parmi les langues officielles des Nations Unies.

Promouvoir la paix et la sécurité va de pair avec la promotion du développement, a prévenu le Premier Ministre.  Les deux dimensions sont complémentaires et se renforcent l’une l’autre.  Pour cette raison, la médiation diplomatique sur laquelle le Secrétaire général met à juste titre l’accent, et les opérations de maintien de la paix dans les zones de conflit exigent aussi un appui humanitaire, une coopération au développement et le renforcement des capacités institutionnelles des pays et peuples affectés.  Une des priorités « les plus claires » de la politique étrangère du Portugal est la participation aux opérations de maintien de la paix et au renforcement des institutions dans le cadre des Nations Unies.  En tant que pays européen de l’Atlantique, qui a su préserver des liens culturels et historiques profonds avec l’Afrique, le Portugal accorde une attention particulière aux partenariats entre les deux continents. 

Le premier Sommet Union européenne (UE)/Afrique de 2000 a eu lieu sous la présidence portugaise, a rappelé le Premier Ministre.  Le cinquième Sommet, qui se tiendra en novembre 2017 à Abidjan, doit être l’occasion de définir aux mieux les priorités du Partenariat stratégique entre l’Afrique et l’Union européenne, et le thème choisi « la jeunesse », permettra de trouver l’approche intégrée tant recherchée pour s’attaquer aux questions de l’éducation, de l’emploi, des dynamiques démographiques, de la croissance économique, de l’égalité entre les sexes et de la participation civique.  Si le continent africain avance, il reste beaucoup d’obstacles à surmonter, a reconnu le Premier Ministre, avant de donner les exemples de la participation du Portugal aux efforts internationaux qu’il s’agisse des opérations de maintien de la paix, de la lutte contre la piraterie ou encore de la protection du commerce international. 

Le Premier Ministre a défendu une « diplomatie des droits de l’homme » et a attiré l’attention sur la Plateforme mondiale pour les étudiants syriens, une initiative de l’ancien Président du Portugal, M. Jorge Sampaio, pour garantir l’accès des jeunes syriens à l’enseignement supérieur, ce qui est « un droit universel ».  Il a invité tous les pays à rejoindre cette initiative et à appuyer le Mécanisme de réaction rapide pour l’enseignement supérieur.  Poursuivant sur les changements climatiques, le Premier Ministre a promis que son pays se conformera à l’engagement volontaire de l’Union européenne à réduire de 40% ses émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2030 et contribuera au Fond vert pour le climat. 

Si tous les 17 objectifs du Programme 2030 sont extrêmement importants, le Portugal, en raison de son histoire, est tout particulièrement attaché à l’objectif 14 sur la protection des océans.  La semaine dernière, le pays a d’ailleurs accueilli une autre « Réunion sur les océans » avec pour thème « L’océan et la santé humaine », après avoir été cofacilitateur, avec Singapour, des négociations sur le document final de la Conférence des Nations Unies sur les océans.  Le Premier Ministre a d’ailleurs réitéré l’intention de son pays d’accueillir la Conférence de suivi en 2020 et estimé que les Nations Unies devraient, dès 2018, lancer les négociations sur un nouvel instrument juridiquement contraignant pour la conservation et l’utilisation durables de la biodiversité marine au-delà des limites de la juridiction nationale.

Mme THERESA MAY, Premier Ministre du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord, a débuté son discours en présentant ses condoléances au peuple du Mexique, touché par un tremblement de terre et en exprimant sa sympathie aux victimes des ouragans.  Elle a ensuite abordé plusieurs défis qui mettent le Royaume-Uni et les citoyens du monde à l’épreuve et qui ne connaissent pas de frontières géographiques.  Le terrorisme, d’abord, qui a frappé son pays à cinq reprises cette année.  Elle a appelé à désamorcer cette menace et à s’attaquer à ceux qui propagent une idéologie de haine.  Les changements climatiques, ensuite, qui provoquent des déplacements massifs de population.  Mme May a également pointé l’utilisation d’armes chimiques en Syrie, ainsi que la prolifération d’armes nucléaires en Corée du Nord.

Pour elle, la seule façon de répondre à cet éventail d’enjeux est de défendre l’ordre international que les États Membres se sont efforcés de créer.  Les valeurs d’équité, de justice et des droits de l’homme ont créé des causes communes entre les nations, a-t-elle rappelé.  « Ce ne sont pas des idéaux, ils sont au cœur de nos intérêts, pour assurer notre sécurité et notre prospérité. »  Mais elle a mis en garde: si le système international n’est plus capable d’affronter les défis d’aujourd’hui, il risque d’y avoir une crise de confiance qui nuira à l’intérêt des peuples.  Elle a donc appelé à la réforme des Nations Unies et du système international pour contribuer à relever les défis du XXIe siècle, et a insisté pour que ceux qui bafouent les règles répondent de leurs actes. 

Rappelant le rôle pionnier de son pays dans la création des Nations Unies, elle a souligné combien l’ONU avait, durant toute son histoire, souffert d’un écart entre la noblesse de ses objectifs et l’efficacité de ses actions.  Elle a également indiqué que le multilatéralisme pouvait être miné par les abus commis par des Casques bleus et par ceux qui espèrent l’aide qui ne vient pas dans les périodes les plus sombres.  Mme May a affirmé son soutien aux réformes proposées par le Secrétaire général et s’est félicitée de la création d’un Groupe de travail chargé de renforcer la réponse de l'Organisation aux cas d’exploitation et d’abus sexuels. Elle a rappelé que le Royaume-Uni consacrait une grande partie de son PIB au système international, mais qu’en retour, l’ONU devait se montrer digne de confiance.  Elle a précisé que dorénavant, son pays répartirait les fonds en fonction des résultats obtenus par les différents organismes.

Mme May a poursuivi en rappelant que dans cette même Assemblée, l’année dernière, les États s’étaient engagés à traiter des causes des migrations massives, à protéger les réfugiés et ceux qui les accueillent, mais qu’en dépit des efforts, ils n’avaient pas réussi à relever le défi.  « Les efforts ne suffiront pas si les populations qui migrent ne trouvent pas d’emplois.  Elles continueront à se tourner vers nous. »

Sur le chapitre du terrorisme, Mme May a indiqué que le pont de Londres avait retrouvé ses touristes et que les Londoniens prenaient à nouveau le métro.  « Nous ne permettrons à personne de détruire notre mode de vie », a-t-elle déclaré, en déplorant que des centaines de milliers d’innocents soient tués par le terrorisme, « une tragédie mondiale ».  Elle a salué au passage la mémoire de Bénazir Bhutto, assassinée il y a 10 ans parce qu’elle défendait la démocratie, la tolérance et parce que elle était une femme.  « Je pense aux amis, aux familles des victimes ravagés par ce mal.  Cela suffit! » a-t-elle tonné, assurant que le Royaume-Uni restera au premier rang des efforts pour lutter contre ce fléau.  L’emploi d’Internet par les terroristes est, selon elle, un enjeu majeur et elle s’est réjouie de la création du Forum mondial de l’Internet contre le terrorisme par le secteur privé.  « Il faut aller plus loin pour éliminer le contenu terroriste en ligne. »  Elle a remarqué qu’en dépit de tous ces efforts, la communauté internationale n’avait pas encore trouvé le moyen d’affronter cette menace.  Elle a ainsi demandé au Secrétaire général de faire de la lutte contre le terrorisme le thème central de l’Assemblée générale l’année prochaine, pour pouvoir frapper un grand coup mais dans le respect de l’équilibre entre la protection des peuples et le respect de leur liberté.

Enfin, elle a appelé à mettre fin aux violences dans le nord du Myanmar et demandé que soient mis en œuvre les accords humanitaires et les recommandations de la « Commission Annan ».  Mme May a terminé son intervention en dénonçant les États qui s’ingèrent dans les affaires des pays tiers via des intermédiaires.  Elle a mentionné le Hezbollah, le soutien aux séparatistes en Ukraine et les cyberattaques.  Ses derniers mots ont été pour Bashar Al-Assad qui, selon elle, déjoue les efforts des Nations Unies pour rétablir la paix et la prospérité en Syrie.  Elle a dénoncé l’utilisation d’armes chimiques contre le peuple syrien.  Soulignant la responsabilité particulière du Conseil de sécurité dans ce conflit, elle a fustigé l’attitude d’un pays membre qui « utilise abusivement son droit de veto pour empêcher les mesures contre un régime méprisable qui assassine son propre peuple avec des armes chimiques ».

M. PAOLO GENTILONI, Président du Conseil des ministres de l’Italie, a commencé par rappeler que, ces deux dernières années, l’Union européenne a été contrainte de faire face aux plus grands défis depuis l’après-guerre.  Mais aujourd’hui, j’ai la profonde conviction qu’un nouvel élan européen est là, porteur d’un projet qui renforce le rôle de l’Union dans le monde, inspiré par le multiculturalisme, le libre-échange et le respect de l’état de droit, a confié le Président.  Ce que l’Italie veut, a-t-il précisé, c’est de reconstruire une Europe qui peut, une nouvelle fois, offrir au monde un exemple de solidarité, de progrès, de prospérité et d’efficacité.  Pour l’Italie, le développement de l’intégration sociale, économique et politique et la lutte contre la pauvreté et la marginalisation veulent dire aussi, contribuer à une gestion plus efficace des migrations. 

Nous devons répondre avec compassion, intelligence et vision à la réalité des mouvements de populations considérables, a-t-il ajouté.  L’Italie est et entend rester un pays d’accueil, consciente du lien inévitable entre les principes de solidarité et la sécurité.  Mais, a prévenu le Président, pour consolider notre action, il nous faut une réponse globale au phénomène migratoire qui a commencé dans l’Union européenne et qui s’étend à la communauté internationale dans son ensemble.  Nous devons, a-t-il voulu, trouver des solutions à long terme à un défi qui, a-t-il affirmé, non seulement nous touche mais aussi chaque pays et les futures générations.

L’Italie participe donc activement aux négociations sur les futurs pactes mondiaux relatifs aux migrations et aux réfugiés.  La proposition italienne de traiter ensemble du phénomène migratoire se base sur trois piliers: investir, protéger et valoriser.  Il faut, s’est expliqué le Président, investir dans l’appui aux pays d’origine et de transit, protéger les migrants et les réfugiés les plus vulnérables et valoriser les aspects positifs et les opportunités de la migration.  L’Italie est déjà promotrice d’un vrai partenariat avec les pays africains car « l’avenir de l’Europe est en Afrique ».  C’est en investissant en Afrique que nous pourrons répondre aux causes profondes de la migration et surtout aux inégalités économiques et démographiques.

Compte tenu de sa géographie et de son histoire, l’accent que place l’Italie sur une gestion responsable et solidaire des mouvements des personnes s’accompagne d’un accent tout aussi important sur la sécurité, la stabilité, le développement durable et la croissance dans la région de la Méditerranée et sur le continent africain dans son ensemble.  C’est dans cette perspective que s’inscrit la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme violent, a expliqué M. Gentiloni.  L’Italie est un partenaire actif de la Coalition mondiale contre Daech mais la lutte contre le terrorisme exige une force multidimensionnelle tirant parti de chaque outil de la coopération internationale, dont les initiatives contre l’utilisation d’Internet et des médias sociaux par les terroristes et contre leur financement.

Personne ne peut y arriver seul, a prévenu le Président.  Il faut une collaboration entre les États et toutes les parties prenantes régionales.   La Libye, a-t-il poursuivi, est la clef pour rétablir la Méditerranée centrale dans son rôle historique de moteur de la civilisation, de la paix et de la sécurité.  Il a donc appuyé le Président Serraj et les institutions prévues par l’Accord politique libyen.  Il faut, a-t-il poursuivi, aider les communautés libyennes à se développer par des investissements qui offrent des alternatives aux trafics illicites.  Il faut travailler avec le HCR et l’OIM pour améliorer les processus d’enregistrement et de rapatriement des migrants. 

Le Président a aussi parlé de la Syrie et appuyé les efforts de l’Envoyé spécial, M. Staffan de Mistura.  Dans son tour du monde, il a voulu que le dossier sur le nucléaire iranien reste « une success story ».  Il a réitéré l’engagement de son pays en faveur du Programme 2030 et appuyé fermement les plans de réforme du Secrétaire général.

Le Président du Conseil des ministres a également parlé des changements climatiques, faisant savoir que l’Italie axera sa politique de coopération pour le développement sur des stratégies d’adaptation et d’atténuation des effets des changements climatiques.

M. LENIN MORENO GARCÉS, Président de l’Équateur, s’est félicité de ce que le Président de cette Assemblée générale a choisi comme thème annuel « priorité à l’être humain », un thème qui coïncide avec notre philosophie de gouvernement dans le sens où nous nous occupons de nos citoyens toute la vie, du moment de leur conception, jusqu’à ce que Dieu décide de leur fermer les yeux.

Listant les différentes étapes de la vie d’un individu, le Président équatorien a souligné l’importance, dans le cadre de cette vision garantissant les droits de la personne tout au long de son existence, d’éradiquer toutes les formes de violence.  « L’humanité entière a le devoir moral et éthique de refuser que des milliers de femmes et de jeunes filles soient maltraitées ou assassinées », a-t-il martelé.

M. Moreno Garcés a ensuite expliqué que les Équatoriens avaient hérité des peuples autochtones l’idée d’un monde centré autour de l’être humain et de sa relation avec la nature, dont l’objectif est la satisfaction des besoins de tous dans le cadre d’une vie digne.  « Mes frères autochtones m’ont appris que nous naissons pour être heureux.  C’est conformément à ce principe que nous devons gouverner, vivre, administrer et agir », a-t-il commenté.

Au vu de la nécessité de nous engager au service de la paix, il a expliqué que l’Équateur avait signé aujourd’hui le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires.  Il a, à ce propos, appelé tous les pays à signer ce traité « historique ».

Mentionnant les sanctions contre Cuba, M. Moreno Garcés a dit croire fermement que la paix et le développement se construisent avec le dialogue, insistant sur l’importance du respect de la souveraineté des États et du principe de non-ingérence dans leurs affaires intérieures.

« Nous appelons au dialogue comme mécanisme de règlement des différends dans le monde, dans le respect du droit international.  Le militarisme n’est pas la réponse.  Il n’apporte que souffrance, douleur et mort », a-t-il ajouté, avant de préciser qu’il soutient le dialogue qui continue en « République sœur » de Colombie entre le Gouvernement et l’Armée de libération nationale.  Le Président équatorien s’est d’ailleurs félicité de l’Accord de Quito, prévoyant un cessez-le-feu bilatéral et temporaire en Colombie.

Il a également signifié que la lutte contre la corruption passait par une plus grande culture de la transparence, notamment grâce à des mesures fiscales justes.  Il a mentionné l’exemple équatorien où, après consultation populaire, le pays a décidé d’interdire aux fonctionnaires le recours aux paradis fiscaux. 

M. Moreno Garcés s’est ensuite attardé sur la thématique des changements climatiques et de la crise migratoire.  Il a déploré les dégâts causés par les phénomènes climatiques de ces dernières semaines et a renouvelé l’expression de sa solidarité envers les peuples affectés.  « Nous devons prendre soin de notre maison commune, afin d’assurer la survie de notre planète », a-t-il proclamé, avant de préciser que ce sont les pays en développement qui en payent le prix le plus élevé.

Sur la question migratoire, il a insisté sur l’importance de la mobilité humaine qui « enrichit les peuples et contribue à combattre toutes les formes de discrimination et de xénophobie ».  Il a renouvelé son soutien à l’élaboration d’un pacte mondial sur les migrations car « fermer les frontières n’est pas la solution, cela ne l’a jamais été ».  « Au vu de l’échec du modèle de développement basé sur l’accumulation des richesses, les inégalités et la guerre, nous pouvons et nous devons promouvoir une société nouvelle, basée sur la construction du bien commun », a conclu le Président.

Mme GABRIELA MICHETTI, Vice-Présidente de l’Argentine, a indiqué que son gouvernement s’était fixé l’objectif d’avancer de façon déterminée vers l’élimination totale de la pauvreté.  L’Argentine a d’ailleurs présenté, en juillet 2017, son premier rapport d’examen volontaire sur la mise en œuvre du Programme de développement durable à l’horizon 2030. 

La création d’emploi et l’éducation pour tous sont des objectifs pour son pays qui cherche à consolider l’égalité des chances.  La Vice-Présidente a signalé à cet égard que l’Argentine accueillerait en novembre la quatrième Conférence mondiale sur le travail des enfants.

La promotion et la protection des droits de l’homme constituent en Argentine une politique d’État depuis la restauration de la démocratie en 1983, ce qui exige de travailler de concert avec les acteurs régionaux et internationaux.  Mme Michetti a rappelé au passage que son pays était candidat au Conseil des droits de l’homme pour la période 2019-2021.

La Vice-Présidente a poursuivi en abordant le fléau du terrorisme, qui a touché son pays dans les années 1990.  L’attentat contre le siège de l’Association des mutuelles israéliennes argentines, en 1994, fait toujours l’objet d’une enquête, a-t-elle dit, en espérant que justice serait enfin rendue.  Elle a sollicité à cet effet la coopération de la communauté internationale pour appuyer sa demande d’entraide judiciaire à la République islamique d’Iran.

Pour démontrer la volonté de son pays de s’intégrer au monde, elle a indiqué que l’Argentine serait le siège de la onzième Conférence ministérielle de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) en décembre prochain et qu’elle assumerait en 2018 la présidence du G20.  « Le Marché commun du Sud (MERCOSUR) est notre principal instrument d’insertion internationale », a-t-elle aussi fait valoir.  Un des objectifs est de faire de l’Argentine un pays plus attirant pour les investissements étrangers.

La Vice-Présidente a ensuite réitéré « les droits légitimes et imprescriptibles de souveraineté sur les îles Malvinas, Géorgie du Sud, Sandwich du Sud et les espaces maritimes avoisinants », appelant à nouveau le Royaume-Uni à reprendre les négociations bilatérales pour trouver une solution pacifique et définitive respectueuse du mode de vie des insulaires et des résolutions de l’Assemblée générale et du Comité spécial de la décolonisation.  « Notre gouvernement a initié un nouveau climat dans sa relation avec le Royaume-Uni », a-t-elle assuré.

Mme Michetti a terminé son propos en voulant que l’on place les gens au centre des efforts de mise en œuvre du Programme 2030, plaidant en faveur de l’inclusion de tous, des femmes notamment, afin de parvenir à une société mondiale plus prospère et surtout plus juste.

M. DENIS SASSOU NGUESSO, Président du Congo, a rappelé que, chaque fois que les circonstances le permettent, le Congo s’emploie à défendre les idéaux de paix et de justice en Afrique et dans le reste du monde.  C’est dans ce cadre que le pays va accueillir, le 19 octobre prochain, le septième Sommet de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs et la réunion de haut niveau du Mécanisme de suivi de l’Accord-cadre pour la paix, la sécurité et la coopération pour la République démocratique du Congo et la région.  Relevant les crises en cours en Afrique, il a souligné que le soutien du Congo au Gouvernement et au peuple centrafricains est acquis, ajoutant que la mise en œuvre de la feuille de route pour la paix et la réconciliation en RCA devrait donner une nouvelle impulsion en vue de la stabilisation de ce pays.  Il a aussi relevé que la recherche de la paix en Libye progresse sous l’égide du Congo qui assure la présidence du Comité africain de haut niveau sur ce pays.  Il a exhorté la communauté internationale à appuyer les efforts du Congo en faveur de ces initiatives propices à un dénouement heureux de ces différentes crises.

Le Président a affirmé que la pauvreté constituera toujours un défi planétaire durable, tant que ne sera brisé le cycle de la dépendance et des contingences dramatiques imposées par l’évolution préoccupante des écosystèmes naturels.  Sur la question des migrations qui touche particulièrement l’Afrique, il a estimé que nous sommes tous interpelés et qu’il faut agir en profondeur, de manière solidaire et dans la compréhension mutuelle, pour contenir ces exodes vers l’incertitude et préserver la vie des milliers d’Africains.  Il a également exprimé sa compassion et sa solidarité à l’endroit des populations victimes des conséquences néfastes des changements climatiques, plaidant pour le respect des engagements issus de l’Accord de Paris.  Il a de ce fait rappelé que la protection de l’environnement est une obligation commune et incontournable.  C’est pour cette raison que le Congo a initié le Fonds bleu pour le bassin du Congo, un instrument financier visant à assurer une meilleure qualité de vie aux peuples et protéger les forêts du bassin du Congo, deuxième poumon vert du monde après l’Amazonie.

M. Sassou-Nguesso a en outre souligné que la vie décente pour tous passe également par une bonne santé des populations, s’inquiétant à ce propos de l’expansion du fléau des médicaments contrefaits et sous-standards, notamment dans les pays en développement.  Il a rappelé que selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), 800 000 décès par an sont dus aux faux médicaments.  Il a invité l’Assemblée générale à définir une stratégie globale de lutte contre ce fléau.  Il a aussi assuré qu’en dépit de la conjoncture née de la chute drastique des cours pétroliers, le Congo poursuit sa marche résolue vers la consolidation de la démocratie, ajoutant que les forces vives de la nation exercent leurs prérogatives en totale liberté.

Mme MICHELLE BACHELET JERIA, Présidente du Chili, a constaté que la scène internationale était caractérisée par l’incertitude.  « Soit nous laissons chaque État essayer de s’imposer et tirer le plus d’avantages possibles de sa position, soit nous œuvrons en faveur de la stabilité et de la paix commune », grâce au renforcement des instruments multilatéraux et à la coopération.

« J’apporte aujourd’hui la voix du Chili, un pays qui a appris de son histoire. »  La Présidente a ainsi voulu transmettre un message d’optimisme réaliste en soulignant que l’on pouvait améliorer la vie des gens en agissant de concert et en mettant en commun les forces de tous.

Elle a indiqué que le Chili avait lancé son Plan d’action national sur les changements climatiques, dans la droite ligne de l’objectif 14 de développement durable relatif aux océans.  Elle a cité à cet égard un impôt vert sur les émissions de CO2 provenant de sources fixes, ainsi que la transformation du pays en matière énergétique.  Le Chili est en effet passé de 6,3% à 17% d’énergies renouvelables non conventionnelles, avec pour objectif d’atteindre le taux de 90% en 2050.

Le Chili, qui prend une part active à l’initiative « Notre océan », a créé de nouveaux parcs marins protégés.  Il faut encore s’attaquer au problème des plastiques, une autre menace aux écosystèmes marins, a signalé la Présidente en annonçant un projet de loi pour interdire leur utilisation dans les villes côtières, une première en Amérique.  Le Chili est en outre un des premiers pays à ratifier l’Amendement de Kigali au Protocole de Montréal.  Comme autres mesures écologiques, la Présidente a mentionné la création d’un réseau de parcs en Patagonie.

Passant aux progrès en matière de démocratie, Mme Bachelet Jeria a indiqué que son pays avait entrepris une profonde réforme du système électoral hérité de la dictature en fixant notamment un quota de 40% de candidatures féminines.  Elle a également souligné les efforts pour garantir les libertés individuelles, en citant l’accord d’union civile qui légalise l’union de personnes de même sexe.

En matière d’éducation, Mme Bachelet Jeria a parlé de la réforme menée pour offrir une éducation gratuite, en commençant par les familles à faible revenu.

Face à la crise que traverse le Venezuela, le Chili et 11 autres pays de la région ont lancé un appel au dialogue entre le Gouvernement et l’opposition, voulant jouer un rôle pour « arriver à des résultats concrets et restaurer pleinement la démocratie dans ce cher pays ».

La Présidente a exprimé ses préoccupations en ce qui concerne les menaces à la paix dans d’autres parties du monde et les actions de la République populaire démocratique de Corée.  Elle a dit avoir participé activement aux négociations sur le Traité d’interdiction complète des essais nucléaires que le Chili a signé aujourd’hui.  S’agissant d’Haïti, elle a mentionné la participation du Chili au maintien de la paix et au développement dans ce pays, avant de parler aussi du rôle du Chili dans le processus de paix en Colombie.

Venant au Programme de développement durable à l’horizon 2030, Mme Bachelet Jeria a indiqué avoir lancé une initiative appelée « Resilient 20 » pour promouvoir la résilience des pays vulnérables de la région.  Enfin, elle a appuyé les propositions du Secrétaire général sur la gestion de l’ONU et fait remarquer que la réforme du Conseil de sécurité restait en suspens.

M. RAIMONDS VĒJONIS, Président de la Lettonie, a débuté son exposé en regrettant que les Nations Unies aient été trop souvent incapables d’empêcher les conflits, les atrocités.  Elles doivent regagner la confiance des États Membres, a-t-il estimé, avant de souligner la responsabilité particulière du Conseil de sécurité et d’appeler les membres dotés du droit de veto à dépasser leurs intérêts domestiques pour relever les défis globaux.  La confiance dans les Nations Unies continuera de s’éroder si le Conseil de sécurité ne fonctionne pas, a-t-il relevé tout en appelant à une réforme attendue depuis longtemps.

Sur le plan de la sécurité, M. Vējonis s’est inquiété de la prolifération des armes de destruction massive et de la menace des armes nucléaires.  Il a noté combien les actions de la République populaire démocratique de Corée avaient aggravé l’insécurité mondiale et a appelé ce pays à renouer le dialogue avec la communauté internationale.  Les États doivent mettre en œuvre les résolutions du Conseil de sécurité, a-t-il insisté, avant d’estimer que l’utilisation des armes chimiques en Syrie est une autre de préoccupations, « un crime déplorable sur lequel il faut enquêter et dont les auteurs doivent être tenus responsables ».  La Lettonie continuera à soutenir le peuple syrien et le processus politique mené par les Nations Unies pour parvenir au règlement pacifique d’un conflit sanglant qui dure depuis trop longtemps.  M. Vējonis a ensuite évoqué le terrorisme global et s’est félicité des efforts de la Coalition mondiale contre Daech, et particulièrement de la libération de Mossoul en Iraq.  Il a cependant souligné que la lutte n’était pas finie et qu’il fallait penser à de nouvelles stratégies.  Il s’est dit heureux que le Protocole de Riga sur les combattants terroristes étrangers soit entré en vigueur en juillet et a encouragé tous les États à adhérer à cet instrument.

Le Président a ensuite insisté sur le respect de l’intégrité territoriale des États indépendants, y compris par la Fédération de Russie.  Il a dénoncé l’agression russe dans l’est de l’Ukraine et l’annexion illégale de la Crimée et de Sébastopol.  M. Vējonis a appelé à soutenir les efforts pour résoudre la crise dans le cadre du « format Normandie » et du Groupe de contact trilatéral, ainsi que la mise en œuvre des accords de Minsk.  Les observateurs internationaux doivent pouvoir entrer en Crimée et les violations des droits de l’homme, particulièrement contre les Tatars, doivent cesser, a-t-il précisé.  Il a aussi demandé que les Nations Unies restent impliquées dans le règlement des conflits larvés en Nagorno-Karabakh, en Transnistrie, en Abkhazie et en Ossétie du Sud.

M. Vējonis a réitéré l’engagement de son pays à mettre en œuvre l’Accord de Paris.  La Lettonie présentera également de manière volontaire, l’année prochaine, un rapport sur ses avancées concernant le Programme 2030 au Groupe de haut niveau sur le développement durable.  M. Vējonis a terminé son intervention en attirant l’attention sur le problème de la désinformation et de la propagande menés par des acteurs étatiques et non étatiques et a déclaré qu’il soutenait, aux niveaux national et international, le développement d’une presse indépendante, professionnelle, transparente et objective.

Deux ans après l’adoption des objectifs de développement durable, beaucoup reste à faire pour promouvoir un ordre économique plus juste afin de réaliser tous les objectifs de développement durable, a noté M. JACOB ZUMA, Président de l’Afrique du Sud.  Il a estimé qu’une volonté et un engagement politiques des dirigeants du monde étaient nécessaires pour faire face aux défis et obstacles structurels de l’économie mondiale.  Il a déploré le fait que de nombreux pays développés continuent de profiter des ressources tirées du continent africain, un continent qui continue de perdre une bonne partie de ses ressources du fait des flux illicites de capitaux; des milliards de dollars qui auraient pu être utilisés pour le développement, l’éducation, la santé, le logement et autres services de base aux populations.  Le Président a estimé que le blanchiment d’argent, l’évasion fiscale, la corruption et le prix des transferts de fonds des multinationales sont parmi les plus grands défis de la croissance économique et de la stabilité.  Dans ce contexte, il a affirmé que les pays développés ont l’obligation historique et morale de contribuer à l’avènement d’un environnement économique mondial juste et d’éradiquer le fléau des flux financiers illicites qui partent du continent africain.

Le Président a salué la coopération entre les Nations Unies et les organisations régionales et sous-régionales, particulièrement l’Union africaine (UA), dans le cadre du maintien de la paix et la sécurité internationales.  Il s’est félicité du soutien apporté par l’Organisation aux efforts de gestion des conflits de l’Union africaine à travers la promotion des « solutions africaines aux problèmes et défis africains ».  Il a déclaré que les Africains entendent faire taire les armes sur le continent d’ici à l’année 2020, en droite ligne de l’Agenda 2063 de l’Union africaine.  Il a ainsi souhaité que le peuple libyen connaisse bientôt la paix et l’harmonie, rappelant qu’en 2011, l’UA avait appelé au dialogue pour résoudre la crise dans le pays, malheureusement « certains Membres de l’ONU ont opté pour la solution des armes et des bombes ».  Or aujourd’hui, ces mêmes pays font peu d’efforts pour promouvoir la stabilité en Libye, a-t-il déploré.  Il a relevé que le problème des flux de migrants en provenance d’Afrique et du Moyen-Orient n’est qu’un symptôme de la crise libyenne.  Une crise qui a largement contribué, a-t-il affirmé, à la déstabilisation du Sahel jusqu’en Afrique centrale, créant un corridor pour le commerce illicite d’armes et les activités terroristes.  Il a indiqué qu’en Libye comme en Syrie, l’Afrique du Sud a mis en garde contre l’idée de résoudre les défis internes d’États souverains en imposant des solutions externes par la voie militaire.

Au sujet de la crise dans la péninsule coréenne, M. Zuma a dit qu’en tant que pays ayant volontairement démantelé son programme d’armement nucléaire, l’Afrique du Sud assure qu’il ne peut y avoir de mains sûres quand il s’agit d’armes de destruction massive.  « La seule solution viable est de procéder à leur élimination totale comme cela est indiqué dans le récent Traité d’interdiction complète des essais nucléaires, a-t-il affirmé.  Il a du reste invité tous les États Membres à signer ce Traité.

Le Président a par ailleurs appelé à la réforme du Conseil de sécurité, cet organe essentiel des Nations Unies.  Il a argué qu’une absence de progrès sur cette question entacherait la légitimité de l’Organisation.  Il a aussi déclaré que tous les efforts doivent être axés sur la mobilisation des ressources requises pour la mise en œuvre de l’Accord de Paris sur les changements climatiques. 

Il a souligné que cette session de l’Assemblée générale coïncidait avec le centenaire d’Oliver Reginald Tambo qui a dirigé le mouvement de libération en Afrique du Sud, à l’African National Congress (ANC).  Il a saisi cette occasion pour remercier les Nations Unies et la communauté internationale pour le soutien apporté à la lutte de libération.  Il a laissé entendre que si Oliver Tambo était encore vivant, il aurait demandé à l’Assemblée générale de soutenir la lutte des Palestiniens et des populations du Sahara occidental.  Il a plaidé pour que l’Assemblée générale fasse montre de la même détermination qu’elle a eue dans le soutien à la lutte sud-africaine.  Il a aussi fait part de sa déception face à la décision de l’Administration américaine de faire machine arrière sur les progrès enregistrés ces deux dernières années sur la question de l’embargo contre Cuba.

Les Nations Unies doivent inclure davantage l’Afrique au plus haut niveau décisionnel de l’Organisation, a estimé M. HAGE G. GEINGOB, Président de la Namibie.  « Si elle n’y parvient pas, l'ONU risque de perdre sa respectabilité », a-t-il mis en garde.  À ses yeux, le moyen le plus sûr de « restaurer la confiance » dans les Nations Unies serait de réformer le Conseil de sécurité afin d’en faire une instance « plus ouverte ».

Pour le Président namibien, l’Afrique ne devrait pas seulement être perçue comme une « source précieuse de matières premières », mais bien comme un « partenaire important » qu’il faut traiter « sur un pied d’égalité avec le reste de la communauté internationale ».  Dans cette perspective, il s’est félicité de l’accord récemment conclu entre le Secrétaire général de l’ONU et le Président de la Commission de l’Union africaine (UA) pour renforcer la coordination entre les deux organisations. 

M. Geingob a également salué le « partenariat institutionnel » qui s’est forgé entre le Conseil de sécurité et l’Union africaine pour le maintien de la paix et la sécurité internationales, comme en témoigne le fait que, sur 52 opérations de maintien de la paix et missions politiques spéciales des Nations Unies, 26 sont actuellement déployées sur le continent africain.  « Cela contribue à accroître non seulement la coopération entre les deux institutions, mais également la légitimité des décisions prises par le Conseil de sécurité en Afrique », a-t-il estimé.

La plus grande menace à la paix, a toutefois déclaré le Président, demeure les disparités grandissantes entre et à l’intérieur des nations.  Pour cette raison, a-t-il déclaré, la Namibie a fait du développement une priorité.  « Nous avons réalisé des progrès significatifs dans la lutte contre la pauvreté absolue et relative au cours des 27 dernières années », s’est-il enorgueilli, précisant que le taux de pauvreté du pays était passé de 70% en 1993 à 18% en 2015. 

Malgré ces progrès, M. Geingob a reconnu que, sur la même période, les inégalités de revenus n’avaient pas diminué à un rythme aussi soutenu que celui de la pauvreté.  Pour y parvenir, la Namibie a « déclaré une guerre totale » aux inégalités, qui consiste notamment à faire en sorte que les femmes ne soient pas exclues du développement.  C’est dans cette perspective, a-t-il expliqué, que le parti au pouvoir a instauré la parité électorale entre hommes et femmes, de sorte que l’Assemblée nationale du pays compte aujourd’hui 48% d’élues, soit l’un des cinq taux de représentation politique des femmes les plus élevés au monde.

M. FILIP VUJANOVIĆ, Président du Monténégro, a d’abord affirmé que son pays, devenu récemment État Membre de l’ONU, contribuait activement au maintien de la paix et de la sécurité internationales dans la région des Balkans et avait placé la coopération régionale et les bonnes relations de voisinage au cœur de sa politique étrangère.  Il a annoncé l’organisation, l’année prochaine, d’une conférence régionale pour tenter de dépasser les désaccords et de parvenir à une paix durable.  De même, engagé en faveur de la coopération internationale, le Monténégro considère comme un facteur très important sa récente entrée à l’Alliance de l’Atlantique Nord, ce qui lui permettra de renforcer sa coopération avec les Nations Unies dans le domaine du maintien de la paix et de la stabilité.  De même, le Monténégro entend devenir un partenaire fiable de l’Union européenne. Les négociations d’accession ont d’ores et déjà apporté au pays d’importants avantages économiques, a ajouté M. Vujanović.

Face à des défis complexes, les Nations Unies doivent se réformer plus rapidement, a estimé le Président, qui a en outre estimé que ces dernières devaient assumer de nouvelles responsabilités, tout comme les organisations économiques régionales.  Il a préconisé une réforme non seulement des Nations Unies mais aussi du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale afin de garantir une croissance économique équitable.  Le Monténégro est notamment favorable au renforcement du rôle de l’Assemblée générale et à l’élargissement du Conseil de sécurité selon le principe de représentation géographique équitable.

M. Vujanović a également salué la création du Bureau de lutte contre le terrorisme et a apporté un soutien sans équivoque à la non-prolifération nucléaire.  Il a condamné les essais nucléaires de la République populaire démocratique de Corée, appelé ce pays à respecter ses obligations internationales et a appuyé les efforts diplomatiques visant à apaiser les tensions.

Le multilatéralisme est essentiel pour la paix, la croissance durable et le respect des droits de l'homme, a estimé le Président du Monténégro, pour qui le Programme de développement durable à l’horizon 2030, le Cadre de Sendai pour la réduction des risques de catastrophe et l’Accord de Paris sur les changements climatiques représentent une plateforme universelle pour la transformation et le progrès et doivent être intégralement mis en œuvre et dotés de ressources considérables.  Estimant que l’Accord de Paris est le fondement des futurs efforts pour préserver la stabilité à long terme du système climatique, il a rappelé que son pays apporte sa contribution au Fonds d’affectation spéciale du Groupe d'experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC).

Les droits de l’homme sont une condition préalable de la paix, de la stabilité et du développement, a aussi rappelé M. Vujanović, qui a dit attacher une importance particulière à l’éradication de la pauvreté et à la lutte contre les discriminations, ainsi qu’à la promotion des femmes et la protection des enfants, avant d’annoncer la candidature de son pays à un siège au Conseil des droits de l’homme pour la période 2022-2024.  Il a par ailleurs apporté son soutien aux projets de pactes mondiaux en faveur des réfugiés et des migrants.

M. KLAUS WERNER IOHANNIS, Président de la Roumanie, a estimé que, même si certains estiment que les Nations Unies ne gèrent pas bien la multitude des nouvelles crises, il n’existe pas de voie plus efficace que le multilatéralisme pour rechercher des solutions fiables aux défis mondiaux.  Le monde a plus que jamais besoin d’un système international fondé sur l’état de droit et les Nations Unies doivent être dotées des moyens nécessaires à leur efficacité.  En même temps, les États Membres doivent renforcer leur engagement en faveur des Nations Unies.

L’ordre du jour des Nations Unies ne concerne pas seulement les conflits et leur prévention, a rappelé M. Iohannis.  Il touche aussi au développement et aux droits de l'homme: il faut bâtir une vie décente pour chacun sur une planète durable.  La Roumanie, a rappelé son Président, a choisi d’associer tous les acteurs politiques, de la société civile, du secteur privé et de la communauté scientifique à l’élaboration de politiques permettant la mise en œuvre du Programme de développement durable à l'horizon 2030.  Elle se soumettra à son premier examen volontaire du Forum politique de haut niveau pour le développement durable, en juillet 2018.

Quelle que soit la forme que prendra finalement le Conseil de sécurité réformé, nous avons besoin de Nations Unies dotées de solides capacités de planification et capables de projeter la vision d’une paix mondiale bien au-delà des vicissitudes présentes, a poursuivi M. Iohannis.  C’est pourquoi la Roumanie soutient les efforts de réforme du Secrétaire général et en particulier la création d’une structure institutionnelle intégrée permettant une approche holistique de la gestion des crises.  Elle appuie également le renforcement de l’efficacité des opérations de maintien de la paix et les priorités du Secrétaire général en matière de réforme: prévention des conflits, développement durable, réforme de la direction et refonte du Secrétariat.  Elle salue en outre la réforme de l’architecture de lutte contre le terrorisme et la création du Bureau de lutte contre le terrorisme. Par ailleurs, la Roumanie reste favorable, avec l’Espagne, à la création d’un tribunal international contre le terrorisme.  Enfin, elle appuie le renforcement de la dimension des droits de l'homme au sein de l’Organisation.

M. Iohannis a ensuite mis l’accent sur l’éducation pour la paix, estimant qu’une éducation de qualité est le seul moyen de lutter contre les tendances extrémistes qui menacent aujourd’hui la jeunesse.  Il a rappelé qu’il venait de présider un débat sur ce thème en marge du débat général de l’Assemblée générale.

Le Président roumain s’est enfin inquiété des conflits prolongés dans la région de la mer Noire, qui perturbent la coopération régionale alors même que la communauté internationale devrait stimuler ce type de coopération.  Rappelant que la Roumanie avait parrainé une résolution en ce sens au Conseil de sécurité en 2005 alors qu’elle en était membre non permanent, le Président a annoncé la candidature de son pays pour un cinquième mandat de deux ans au Conseil pour la période 2020-2021, en rappelant la contribution de son pays aux effort de paix et de sécurité des Nations Unies, y compris sa contribution depuis 26 ans aux opérations de maintien de la paix, dans lesquelles ont servi plus de 10 000 Casques bleus roumains dans 20 missions.

M. ARTHUR PETER MUTHARIKA, Président de la République du Malawi, a souligné que l’élimination de la pauvreté et la recherche de la prospérité dans le monde doivent se fonder sur l’élévation du potentiel des peuples.  Aucune communauté ne peut prendre de l’élan sur le plan socioéconomique sans que sa population soit autonomisée pour orienter son propre agenda pour le développement, d’où l’importance d’investir dans le capital humain, a-t-il indiqué.

Après avoir appelé à une action concertée de la part de tous les États Membres, M. Mutharika a insisté sur l’importance d’autonomiser les femmes, notamment en mettant l’accent sur la situation des jeunes filles.  Il a appelé à mettre un terme aux mariages précoces, précisant que le Malawi avait adopté une loi qui interdit le mariage de toute personne âgée de moins de 18 ans.  La législation du pays permet également aux jeunes filles de prendre des décisions informées concernant leur éducation et leur avenir.

Le Malawi a aussi pris des « mesures décisives » pour permettre aux jeunes qui ne peuvent pas se rendre à l’université d’obtenir une éducation technique et entrepreneuriale, ainsi que pour élargir l’accès à l’enseignement supérieur.  Le Malawi, a par ailleurs ajouté le Président, a également réalisé des progrès dans la lutte contre les attaques « brutales et irrationnelles » dont sont victimes les personnes atteintes d’albinisme.  Il fut un temps où ces attaques étaient répandues dans certaines parties du pays, mais aucune n’a été signalée au cours des six derniers mois, s’est-il félicité.

Tournant ensuite son attention sur la question du développement, le Président a indiqué que la majorité de la population du Malawi dépend de l’agriculture pour subvenir à ses besoins.  Alors que ce secteur fait face à de nombreux défis en raison des changements climatiques, le Malawi est en train de mettre en place des programmes de protection sociale afin de protéger les plus vulnérables, moyennant, notamment, des programmes de transfert de fonds ou de travail contre nourriture, ainsi que des programmes de cantines scolaires et de subventions agricoles.

Il a expliqué que dans son pays, où 85% de la population vit dans des communautés agraires, les mauvaises récoltes sont toujours une tragédie.  Le Malawi a été victime, pendant deux années consécutives, d’inondations et de sécheresse qui ont provoqué des pertes de récoltes et la famine.  Tout le monde, a-t-il souligné, doit ressentir le besoin urgent de procéder collectivement à la gestion durable de nos ressources naturelles.  Si cette planète meurt, a-t-il averti, nous périrons avec elle!

Le Président du Malawi a également abordé la question du nucléaire pour exprimer son « désaccord catégorique » avec la prolifération de la technologie des missiles balistiques.  Il a aussi appelé à la pleine représentation du continent africain au sein du Conseil de sécurité.  « Notre Afrique en ascension est toujours prête à jouer son rôle au sein de la communauté internationale », a-t-il lancé avant de conclure.

M. HERY MARTIAL RAJAONARIMAMPIANINA RAKOTOARIMANANA, Président de Madagascar, a estimé que le thème du débat général, « Priorité à l’être humain: paix et vie décente pour tous sur une planète préservée », fait écho « au sens même de la raison d’être de chaque État » d’assurer le bien-être de son peuple par les « voies et moyens » qui lui sont propres.  Le Président a noté que son pays, au terme d’une longue crise politique aggravée par l’imposition de sanctions internationales et un taux de pauvreté atteignant 92% de la population, a « franchi un cap et atteint une étape qui permet tous les espoirs ».

Depuis 2016, des investissements et l’octroi d’une aide internationale totalisant 6,4 milliards de dollars ont permis à Madagascar de réinvestir dans des secteurs clefs de son économie, s’est félicité le Président.  Les chantiers se multiplient à travers tout le pays, réduisant la pauvreté des populations les plus vulnérables.  Il a souligné que la création du Conseil de réconciliation nationale a permis au pays de parvenir à une « normalisation institutionnelle » et de faire des progrès en matière de gouvernance, en plus d’apaiser le climat politique.

En outre, a poursuivi le Président, la mise en œuvre du Plan national de développement a favorisé la mise en place d’infrastructures de base dans les domaines de l’agriculture, de l’élevage, de l’énergie et de la pêche, ce qui a permis une « redynamisation » de l’économie et une « réelle valorisation de nos richesses ».  Nous comptons poursuivre dans cette voie en instaurant des zones économiques spéciales dans deux régions, a-t-il poursuivi, ajoutant que des projets de création d’une « ville pilote numérique » et d’accélération de la transition énergétique sont en cours. 

Par ailleurs, en assumant « haut la main » la présidence des sommets du Marché commun de l'Afrique de l’Est et de l’Afrique australe (COMESA) et de l’Organisation internationale de la Francophonie, Madagascar a montré qu’il « peut jouer sa partition sur l’échiquier mondial », selon le Président. 

Dans le contexte des objectifs de développement durable, Madagascar a élaboré un plan sectoriel de l’éducation et réalisé des investissements importants dans un système de santé « réduit à néant pendant les années sous sanctions ».  Le Président s’est aussi réjoui de la mise en place d’un système de surveillance épidémiologique électronique, ajoutant que son gouvernement envisage la création d’une couverture de santé universelle. 

Madagascar a également investi dans son industrie touristique afin de créer des emplois et préserver sa biodiversité « unique et inestimable », a ajouté le Président, soulignant à cet égard l’importance d’assurer une gestion responsable des ressources naturelles et de lutter contre les changements climatiques. 

Concluant son intervention, le Président malgache a déclaré que l’Assemblée générale dispose des outils nécessaires pour relever les défis mondiaux relatifs à pérennisation de la paix, de la sécurité et de la réduction des inégalités.  Il s’agit maintenant de les renforcer, a-t-il conclu, en mettant l’accent sur la prévention et en mettant en place un « nouveau modèle » de développement durable répondant aux préoccupations et attentes des peuples.

« En ces temps de turbulence et d’incertitudes, l’idéal d’un monde meilleur pour tous se heurte aux urgences d’un monde de conflits et en conflit avec lui-même » a déclaré M. MACKY SALL, Président du Sénégal. Ce dernier s’est inquiété des urgences sécuritaires et humanitaires, alimentaires, environnementales, mais aussi éthiques et morales, pointant notamment du doigt les dérives extrémistes, racistes et xénophobes qui refont surface.  Rien, encore moins la religion, ne saurait justifier le fanatisme violent, a affirmé le Président qui a toutefois dit ne pouvoir accepter que l’islam soit assimilé à la violence et que les musulmans soient tenus pour responsables « d’une violence dont ils sont eux-mêmes victimes ».  Il a appelé à travailler ensemble à la recherche de solutions concertées contre le fléau du terrorisme, précisant que ce sera l’objet du Forum international de Dakar sur la paix et la sécurité en Afrique, dont la quatrième édition se tiendra les 13 et 14 novembre 2017.  Il a ensuite salué les efforts du G5 Sahel et des pays partenaires dans la lutte contre le terrorisme.

Poursuivant son intervention, M. Sall a averti que le monde ne peut être en paix avec lui-même tant qu’il reproduira un système d’échanges inégaux, « où ceux qui ont plus gagnent toujours plus, et ceux qui ont moins perdent toujours plus ».  Il a appelé à travailler à des échanges mutuellement bénéfiques, qui protègent l’investissement, rémunèrent au juste prix les matières premières et génèrent une prospérité partagée.  Au titre de la présidence en exercice du Nouveau partenariat pour le développement de l'Afrique (NEPAD), il a salué l’initiative Compact avec l’Afrique lancée par l’Allemagne pour stimuler l’investissement sur le continent.  Il a également annoncé que le Sénégal accueillera prochainement trois évènements majeurs de l’agenda international, à savoir le troisième Forum sur l’investissement en Afrique, du 25 au 27 septembre; la Conférence internationale sur les infrastructures de haute qualité, en janvier 2018 et, enfin, la Conférence de reconstruction du fonds du Partenariat mondial pour l’éducation, le 8 février 2018.

M. Sall a également souligné qu’il est temps de donner à l’Afrique la place qu’elle mérite au Conseil de sécurité.  Il est temps de ne plus considérer l’Afrique comme un continent du futur, qui se contente de promesses aléatoires que d’autres conçoivent, écrivent et interprètent à sa place.  L’Afrique, a déclaré le Président du Sénégal, se veut partie prenante d’un présent qui tienne compte de ses intérêts et besoins d’émergence, par des partenariats rénovés et mutuellement avantageux.

« En dépit des incertitudes et des difficultés de notre temps, a poursuivi le Chef d’État sénégalais, nous devons continuer à avoir foi dans le multilatéralisme.  Les générations avant nous ont eu la sagesse de comprendre que l’isolationnisme et l’état de belligérance sont une voie sans issue ».

MSWATI III, Roi du Swaziland, a commencé par réitérer son souhait de voir l’Afrique représentée au Conseil de sécurité par un membre permanent.  Il a pressé à cet effet l’ONU « d’écouter la voix des millions d’Africains qui veulent contribuer au bien-être de la communauté internationale en tant que partenaire à part entière ».

Après cette entrée en matière, il s’est félicité des initiatives de l’ONU s’agissant du développement durable. Rappelant le thème de la session « Mettre l’accent sur les personnes: lutter pour la paix et une vie décente pour tous sur une planète durable », et pointant sa transversalité intrinsèque, il a expliqué que ces objectifs ne pourront être atteints qu’au prix d’une lutte acharnée contre la menace nucléaire et le terrorisme, mais aussi grâce à des décisions prises en toute transparence, après consultation avec tous.

Le Chef d’État a rappelé que le Swaziland s’était engagé à réaliser les objectifs de développement durable, au point de les intégrer dans sa Stratégie nationale de développement.  Rappelant à chacun qu’aucun pays n’est à l’abri des effets dévastateurs du réchauffement climatique, il est revenu sur la sécheresse qui a durement frappé son pays et toute l’Afrique australe en 2015 et en 2016.  S’il a remercié la communauté internationale pour son aide, il a toutefois réaffirmé la nécessité pour tous les États non seulement de contribuer au Fonds vert pour le climat mais aussi de trouver « le bon équilibre entre produire des produits essentiels et maintenir un environnement durable afin de préserver le monde pour les futures générations ».

Embrayant sur l’éducation, Mswati III s’est réjoui des progrès de son pays en matière de scolarisation.  Il a notamment indiqué que 97,7% des enfants étaient inscrits à l’école primaire en 2015, contre seulement 79,2% il y a 15 ans.  L’accent mis sur les orphelins et les jeunes les plus vulnérables grâce à de nombreux programmes a permis de scolariser davantage d’élèves mais aussi d’améliorer leur nutrition.  Ces objectifs destinés à « ne laisser personne sur le côté » sont alignés avec ceux du Programme 2030 et l’Agenda 2063 de l’Union africaine, a-t-il rappelé.

D’un point de vue socioéconomique, le Roi du Swaziland a expliqué comment son pays comptait sur le « dividende démographique » pour assurer son développement.  Un investissement dans la jeunesse qui passe, a-t-il expliqué, par la création des parcs d’innovation qui doteront les jeunes des compétences nécessaires pour accompagner le pays sur la voie du développement durable.  Rappelant que ces parcs étaient à la recherche de partenariats, il a enjoint le secteur privé à profiter de cette initiative.  Dans la même veine, il a évoqué la future « Université de l’innovation et de la technologie » qui permettra de créer une force de travail qualifiée, mais qui a besoin de l’appui de la communauté internationale pour « devenir réalité ».

Plus globalement, il a assuré que la lutte contre la famine, la pauvreté et les maladies était au cœur de la Stratégie nationale de développement, dans le sens où cette action conduit mécaniquement à la croissance économique et à la prospérité.  C’est ainsi que le pays a fait du combat contre le VIH/sida et le paludisme des priorités nationales.  « La charge virale a été réduite de 70% chez les adultes contaminés par le sida », s’est-il notamment félicité.  Il a par ailleurs souligné que son pays allait présider l’Alliance des présidents africains contre le paludisme.

Le Roi du Swaziland a conclu par un appel en faveur de l’entrée de la République de Chine de Taiwan aux Nations Unies, estimant que ce pays avait montré son attachement aux idéaux de l’ONU « de manière significative ».

Après avoir rappelé la situation qui prévaut en Libye depuis la révolution de 2011, M. FAIEZ MUSTAFA SERRAJ, Président du Conseil de la Présidence du Gouvernement d’entente nationale de la Libye, a dit qu’aucun progrès ne peut se faire sans l’aide des pays partenaires de la Libye.  L’Accord politique qui vient d’être conclu entre les différentes parties libyennes reste la pierre angulaire pour édifier les nouvelles institutions politiques et la transition en Libye.  Cette transition est nécessaire pour parvenir à la stabilité.  Le Conseil de la Présidence du Gouvernement d’entente nationale, qui est le fruit de l’Accord, est chargé de concrétiser la réconciliation nationale. 

Le Président a annoncé que toutes les parties sont prêtes à relever les défis dont le moindre n’est pas l’insécurité.  Il a affirmé que le Conseil a mis fin aux troubles à Tripoli et dans d’autres villes libyennes.  La Mission de l’ONU s’installera bientôt dans la capitale suivie par des ambassades.  Les déplacés reviennent et nous faisons tout pour nous débarrasser les fauteurs de troubles, a assuré le Président qui a ajouté, au titre des bonnes nouvelles, que la production de pétrole a atteint un million de barils.  Il a saisi l’occasion pour demander la reprise de l’aide financière internationale et la restitution des avoirs financiers libyens à l’étranger qui font perdre au pays un milliard de dollars par an.

M. Serraj a ajouté que l’Accord conclu à Paris en juillet dernier constitue aussi la feuille de route pour l’organisation de l’élection présidentielle en 2018, l’amnistie et le consensus sur la marche démocratique.  Mais il exclut la lutte contre le terrorisme.  Dans le cadre de cette lutte, M. Serraj a salué la libération de Benghazi et de Syrte.  Il a réitéré la nécessité de partenariats stratégiques avec les pays amis, en particulier les États-Unis.  Il a également attiré l’attention sur le travail en cours pour unifier l’armée libyenne et la rendre capable de combattre les terroristes.

S’agissant des migrations clandestines, il a invoqué le manque de ressources de son gouvernement qui ne peut faire face, seul, à ce problème.  L’aide internationale ne suffit pas, a-t-il martelé.  Il s’est montré rassurant et a affirmé que des lois ont été adoptées pour protéger les droits de l’homme en Libye qui a reçu l’appui technique de l’ONU.  Avant de terminer, le Président a déclaré qu’il n’y a pas de solution militaire en Libye tout en demandant à ce que l’on arrête de traiter avec des acteurs autres que les autorités du Conseil de la Présidence.

M. BARON DIVAVESI WAQA, Président de Nauru, a dit que le système économique mondial avait été créé sans penser aux petits États insulaires.  Il est revenu sur les caractéristiques qui font de ces États un cas particulier du développement: une petite population, des territoires exigus et géographiquement isolés, peu de ressources naturelles et une grande vulnérabilité aux chocs économiques et environnementaux.  Nos peuples ont soif de prospérité mais l’accès au développement est tout simplement fermé.

Nos perspectives d’avenir, a souligné le Président, dépendent d'une planète stable, y compris un climat sûr et des océans sains.  C’est pourquoi Nauru a été parmi les premiers à ratifier l’Accord de Paris et à faire de sa mise en œuvre une de ses priorités.  La mise en œuvre de l’Accord est une responsabilité collective, a martelé le Président.  Nous avons démontré notre volonté politique de participer à l’effort mondial mais beaucoup d’entre nous n’ont pas les ressources pour contribuer pleinement.  Le Président a donc appelé les amis et partenaires au développement à intensifier leurs programmes d'assistance. 

Les quatre priorités climatiques de Nauru sont l’énergie renouvelable, la réhabilitation des terres, la sécurité de l’eau et la résilience des infrastructures.  Nous attendons de bâtir un véritable partenariat durable pour réaliser nos objectifs, a confié le Président, en insistant sur l’objectif central de l’Accord de Paris qui est de maintenir le réchauffement de la planète en-deçà de la barre de 1,5°C.  L’échec serait dévastateur pour les petits États insulaires, a-t-il prévenu.

Après avoir rappelé les quatre questions qu’il avait posées au Sommet mondial sur l’action humanitaire de l’année dernière, le Président a avoué qu’il est difficile de voir comment nous réaliserions notre vision d’une planète pacifique sans les réponses à ces questions: comment allons-nous nourrir une planète de neuf milliards d’habitants alors que les rendements agricoles devraient diminuer?  Comment allons-nous partager les ressources en eau douce en recul alors que les glaciers disparaissent et la sécheresse devient monnaie courante dans beaucoup de régions?  Comment allons-nous protéger les millions de futurs sans-abris des zones côtières inondées?  Comment ces problèmes-ci et d’autres pourront-ils être gérés efficacement de façon à éviter la défaillance des gouvernements et la multiplication des États faillis?  Les changements climatiques seront le principal enjeu sécuritaire qui définira le siècle et nous ne sommes tout simplement pas prêts pour la vie sur une planète plus chaude.  C’est la raison pour laquelle, a répété le Président, Nauru appuie la proposition de nommer un représentant spécial de l’ONU sur le climat et la sécurité dont le travail doit commencer avec une évaluation de la capacité de l’Organisation à répondre aux catastrophes climatiques.

La prospérité du peuple de Nauru dépend de la santé des océans.  À cet égard, nous devons nous montrer ambitieux.  Le cas particulier des petits États insulaires en développement doit être au cœur de notre action s’agissant de la protection des océans et pris en compte dans les futurs accords de mise en œuvre, au titre d’un nouvel instrument pour la conservation et l’utilisation durables de la biodiversité marine au-delà des limites de la juridiction nationale.  Ouvrir d’urgence une conférence intergouvernementale pour élaborer un nouvel accord de mise en œuvre conforme au principe de patrimoine commun de l’humanité et qui permettra la protection et la préservation des océans, doit être une priorité.

Après avoir exprimé sa sympathie au Gouvernement et au peuple du Mexique suite au séisme meurtrier d’hier, M. HENRY VAN THIO, Vice-Président du Myanmar, a estimé que l’intensité et la fréquence des catastrophes naturelles sont la preuve des changements climatiques, une réalité qui « menace notre planète ».  Sujet à des tempêtes, à des inondations et à des sécheresses, le Myanmar est un pays « hautement vulnérable », a-t-il poursuivi, avant de souligner que son pays vient de déposer les instruments de ratification de l‘Accord de Paris sur les changements climatiques et de l’Amendement de Doha au Protocole de Kyoto sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre.

Hier, a-t-il rappelé, la Conseillère d’État a informé le corps diplomatique des efforts du Gouvernement visant la réconciliation nationale et la paix.  Elle s’est réjouie des progrès réalisés ces 18 derniers mois, sans cacher les défis qui restent à relever.  S’agissant de l’État de Rakhine, elle a souligné que le Myanmar « partage les préoccupations » de la communauté internationale face aux déplacements et aux souffrances « de toutes les communautés » touchées par le dernier cycle des attaques terroristes.  Elle a aussi souligné que « nous condamnons toutes les violations des droits de l’homme et les actes de violence illégaux ».  Le Myanmar, a assuré le Vice-Président, est déterminé à rétablir la paix, la stabilité et l’état de droit dans tout le pays.  Les forces de sécurité ont d’ailleurs reçu l’ordre de s’en tenir strictement au Code de conduite dans leurs opérations sécuritaires, de faire preuve de retenue et de prendre toutes les mesures nécessaires pour éviter les « dommages collatéraux ».  Les violations des droits de l’homme et tous les autres actes qui compromettent la stabilité, l’harmonie et l’état de droit seront traités conformément aux normes strictes de la justice.  Nous ressentons profondément les souffrances de toutes les personnes qui ont été piégées dans ce conflit », a ajouté le Vice-Président.  

La situation dans l’État de Rakhine est une priorité du Gouvernement qui s’efforce de restaurer la paix et la stabilité et de promouvoir l’harmonie entre les communautés, a poursuivi M. Van Thio.  Le Comité central sur la mise en place de la paix, de la stabilité et du développement de l’État de Rakhine, que préside la Conseillère d’État elle-même, a d’ailleurs été créé le 30 mai 2016 pour répondre aux besoins spécifiques de l’État.  En août 2016, la Conseillère d’État a aussi mis en place une Commission présidée par M. Kofi Annan pour conseiller le Gouvernement sur des solutions durables à la situation « complexe » de l’État de Rakhine.  Nous faisons tout, a affirmé le Vice-Président, pour assurer le développement de l’État de Rakhine tout en assurant la paix, la stabilité et la cohésion sociale.  Ce n’est pas une tâche facile, a avoué le Vice-Président, en invoquant la profonde méfiance qui s’est enracinée depuis des décennieS et qu’il faut faire disparaître progressivement. 

Nous aurions voulu, a-t-il dit, vous faire part des progrès dans la mise en œuvre des recommandations de la Commission Kofi Annan mais c’est « avec un grand regret» que j’ai dû parler de la situation actuelle après les dernières attaques des terroristes de l’Armée du salut des Rohingya de l’Arakan (ARSA), le mois dernier, lesquelles attaques ont été à l’origine de la nouvelle vague de violence dans la région, donnant lieu à des pertes en vies humaines, à des souffrances généralisées et à des déplacements massifs « de toutes les communautés » et pas seulement les musulmans et les Rakhine.  Or, le monde continue d’ignorer les autres minorités, s’est étonné le Vice-Président.  Le Gouvernement du Myanmar est vivement préoccupé par la situation actuelle dans l’État de Rakhine, a-t-il précisé, et reconnaît l’ampleur du problème ».  Mais la situation s’est améliorée, aucune attaque n’a été signalée depuis le 5 septembre, s’est réjoui M. Van Thio, avant de s’interroger sur les raisons de l’exode des populations musulmanes vers le Bangladesh.  Mais ce qui est moins connu, c’est que la majorité a décidé de demeurer dans ses villages.

Le Vice-Président s’est dit heureux d’annoncer la mise sur pied d’un comité chargé de mettre en application les recommandations de la Commission Kofi Annan.   Pour assurer « transparence et redevabilité », le comité est tenu de publier un rapport d’étape tous les quatre mois.  Le Myanmar s’est aussi doté d‘un conseil consultatif composé d’éminentes personnalités du pays mais aussi de l’étranger.  À présent, c’est l’aide humanitaire qui est la priorité, une aide qui sera distribuée sans discrimination et pour laquelle le Gouvernement a débloqué des fonds importants.  Ce dernier a aussi mis en place un nouveau mécanisme, en coopération avec la Croix-Rouge, qui a déjà commencé son action humanitaire.  En outre, le Gouvernement s’efforce de renforcer ses relations avec le Bangladesh et comme l’a dit hier la Conseillère d’État, le pays se prépare au processus de vérification des réfugiés. 

Le terrorisme ne doit pas nous empêcher de développer une stratégie à long terme pour résoudre les problèmes de l’État de Rakhine, a ajouté le Vice-Président.  Les recommandations de la Commission Kofi Annan nous offrent une feuille de route claire et le comité de mise en œuvre, qui a commencé son travail la semaine dernière, ne manquera d’inviter les observateurs étrangers pour témoigner des programmes.  L’engagement du Myanmar en faveur de la paix est aussi fort maintenant qu’il y a un an, lorsque que Daw Aung San Suu Kyi s’est adressée à vous pour la première fois du haut de cette tribune, a promis le Vice-Président.

S’agissant du processus de paix dans l’ensemble du pays, il a rappelé que la Conférence de paix de l’Union a tenu sa deuxième session en mai.  À cette occasion, les représentants du Gouvernement, des militaires, des groupes ethniques armés et des partis politiques se sont entendus sur 37 principes portant sur des questions politiques, économiques, sociales et environnementales.  Toutefois, a-t-il conclu, la route vers la paix, la prospérité et la démocratie demeure « longue et sinueuse », et le Myanmar aura besoin de l’appui de la communauté internationale pour y parvenir.

CHEIKH JABER AL-MUBARAK AL-HAMAD AL SABAH, Premier Ministre du Koweït, a tout d’abord renouvelé son appel à une réforme du Conseil de Sécurité qui devrait, selon lui, mieux refléter la réalité internationale de manière à renforcer sa crédibilité et sa légitimité. C’est pourquoi, étant donné le nombre et le rôle des États arabes, il a demandé à ce qu’un membre permanent puisse les représenter.

Il a ensuite exprimé son inquiétude face aux nombreuses situations à risque qui agitent différentes régions du globe.  Après avoir cité « les phénomènes de violence, d’extrémisme et de terrorisme, aussi bien que les risques de prolifération d’armes de destruction massive », il s’est attardé sur « les violations des droits de l’homme, comme celles qui ont actuellement lieu au Myanmar à l’égard des musulmans rohingya ».  Il a appelé à un arrêt immédiat de tous les actes de persécution perpétrés contre cette minorité.

Le Premier Ministre en a profité pour rappeler l’engagement du Koweït dans la lutte contre le terrorisme, expliquant que non seulement son pays le condamne, appuie les actions pour l’éradiquer, mais contribue significativement au support logistique de l’Alliance internationale contre les groupes extrémistes.  Citant en exemple les exactions de l’État islamique d’Iraq et du Levant (EIIL), il a estimé que comme le Moyen-Orient devait assumer la part la plus large ces défis, les efforts internationaux devaient venir en appui.

Le Premier Ministre a salué, à ce titre, les efforts et les victoires de l’Iraq qui fait face à plusieurs de ces défis, notamment « la confrontation avec des organisations terroristes » qui tentent de « distordre la doctrine islamique » pour « répandre le chaos ».  Nous espérons, a-t-il affirmé, que ces victoires se poursuivront jusqu’à la restauration de la paix et de la stabilité en Iraq. À cet effet, le Premier Ministre a annoncé que le Koweït allait organiser, avec son voisin et la communauté internationale, une conférence de donateurs pour aider l’Iraq à atteindre les objectifs fixés par les différentes résolutions du Conseil de Sécurité.

Enchaînant sur la situation en Palestine, il a regretté que malgré les nombreuses résolutions des Nations Unies et les initiatives tant internationales que régionales, aucune n’ait pu être mise en œuvre du fait de « l’intransigeance de l’occupation israélienne ».  Face à cette situation, le Koweït réitère sa condamnation des violations qui ont eu lieu dernièrement à la mosquée Al Aqsa, mais aussi, plus globalement, toutes les politiques illégales d’Israël qui « cherche à judaïser la ville sainte » et « effacer son identité arabe ».  Selon le Premier Ministre, ces violations représentent non seulement une menace pour la paix et la sécurité internationales, mais sont aussi contraires aux résolutions du Conseil de sécurité et à la Convention de Genève.  C’est pourquoi, il a appelé la communauté internationale à presser Israël de respecter les résolutions des Nations Unies qui conduiront, selon lui, « à la reconnaissance d’un État indépendant palestinien ».

Le Premier Ministre s’est ensuite attardé sur la situation en Syrie. Déplorant les destructions et les morts qui meurtrissent le pays, il a compté qu’une génération entière a été décimée dans cette guerre et que son coût humanitaire et social restera incalculable.  Il a, à cet égard, rappelé que le Koweït a accueilli ou coprésidé ces dernières années plusieurs conférences de donateurs pour soutenir les opérations humanitaires en Syrie et que sa propre participation financière s’élève à 1,7 milliard de dollars.  Le peu d’impacts que ces efforts ont eu sur le terrain ont néanmoins conduit le Premier Ministre à réaffirmer la position du Koweït: « cette crise ne peut pas être résolue par des moyens militaires ».  Il a appelé à une multiplication des rencontres entre les différentes parties impliquées pour déboucher sur une solution qui « maintiendra l’unité, l’indépendance et la souveraineté de la Syrie ».

Revenant longuement sur la situation au Yémen, le Premier Ministre a réaffirmé son soutien total à l’unité du pays et au respect « de sa souveraineté et de son indépendance ».  Il a soutenu que la solution politique devait s’appuyer sur les conclusions du dialogue national, l’initiative du Conseil de coopération du Golfe et ses mécanismes de mise en œuvre, mais aussi sur les résolutions du Conseil de sécurité.  Se disant prêt à poursuivre ses efforts politiques et humanitaires ainsi que son soutien à l’ONU dans le but de trouver un règlement pacifique à ce conflit, le Koweït estime que la meilleure manière d’aider le peuple yéménite reste de restaurer la paix et la stabilité tout en préservant sa souveraineté et son intégrité territoriale.

Par ailleurs, dans le cadre des efforts du Koweït pour entretenir des relations de bon voisinage au Moyen-Orient, le Premier Ministre a appelé à l’Iran à privilégier le respect et la coopération, les intérêts communs et la non-ingérence dans les affaires internes des États mais aussi à renoncer à des pratiques qui mettent en danger la sécurité et la stabilité de la région.

Qualifiant l’Accord de Paris d’« historique », le Premier Ministre a conclu avec un mot sur le Programme 2030.  Il a affirmé que le Koweït était prêt à le mettre en œuvre, en incorporant ses objectifs dans ses futurs plans de développement.  Évoquant à ce propos le projet Nouveau Koweït 2035 qui doit transformer le pays en « un centre financier, commercial, culturel et institutionnel majeur », il a rappelé que le Koweït n’avait cessé d’assumer ses responsabilités régionales et internationales, notamment en apportant de l’aide à 106 pays par le biais d’institutions telles que le Fonds koweïtien pour le développement économique des pays arabes.

Pour M. JOSAIA VOREQE BAINIMARAMA, Premier Ministre des Fidji, la communauté mondiale fait face à des grands défis dont les changements climatiques.  L’année dernière, nous avons perdu 44 de nos concitoyens et un tiers de notre produit intérieur brut (PIB) lorsque nous avons été frappés par le plus grand cyclone de l’hémisphère Sud.  Les changements climatiques sont une menace aussi grande pour la sécurité mondiale que les conflits.  Des millions de personnes sont déplacées à cause de la sècheresse et les changements dans l’agriculture menacent leur sécurité alimentaire.  Pour le peuple des Fidji, les changements climatiques sont « une réalité ».

La raison pour laquelle nos cœurs sont avec le peuple des Caraïbes aujourd’hui est notre peur de subir le même drame.  « Imaginez un autre tiers de notre PIB détruit en une année.  Imaginez un autre cyclone frappant et effaçant des décennies de développement », a dit le Premier Ministre.  Il est clair que le réchauffement climatique change la compréhension de nos intérêts nationaux.  La seule façon pour une nation de favoriser ses intérêts est de tendre la main aux autres et de progresser ensemble.  Il est évident que nous avons besoin de coopérer.

Nous serons tous perdants, si nous considérons que négocier c’est essayer de préserver ses propres intérêts.  L’action collective est l’unique voie pour aller de l’avant.  Les sages l’ont compris, a insisté M. Bainimarama avant de rappeler qu’il est le Président de la vingt-troisième Conférence des États parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques.  L’année prochaine, les Fidji passeront le flambeau à la Pologne, en sachant que les gouvernements ne pourront pas seuls relever le défi des changements climatiques.  C’est pourquoi nous mettons l’accent sur la notion de « Grande Coalition des gouvernements, de la société civile, du secteur privé et des citoyens ordinaires » pour faire avancer cette question.

À Bonn, nous ferons les choses différemment.  Dans la zone d’action climatique de Bonn, nous réunirons tous ceux qui ont un rôle à jouer pour faire de cette Grande Coalition une grande transformation.  Nous voulons que les pays du monde embrassent l’esprit des Fidji et le dialogue fondé sur la confiance.  C'est la meilleure façon de faire avancer les choses, surtout dans des circonstances difficiles.

Le Premier Ministre a aussi rappelé que l’Accord de Paris exige que le réchauffement climatique soit bien inférieur à 2°C par rapport à l’ère industrielle et aussi proche que possible de 1,5°C.  L’année dernière, a-t-il dit, j’ai lancé un appel pour faire du seuil de 1,5°C la cible.  Je le réitère aujourd’hui.  Il est urgent de faire de ce chiffre le principal objectif, et ce, dès que possible.  Nous devons prendre des dispositions spéciales pour les plus vulnérables et ceux qui ont le moins de ressources pour faire face aux conséquences catastrophiques auxquelles nous sommes témoins autour de nous. 

Nous sommes ravis de faire partie d’un engagement sérieux avec les gouvernements et le secteur privé afin de garantir un accès innovant et plus abordable à l’assurance et permettre aux personnes touchées par une catastrophe de se redresser plus rapidement.  C’est une question de justice et de développement.  Sans assurance, le relèvement et la reconstruction sont simplement un fardeau trop grand pour beaucoup de pays et de communautés. 

Nous sommes aussi encouragés par le développement rapide des solutions énergétiques alternatives propres et abordables partout dans le monde.  Cela offre une chance de réaliser la cible de 1,5°C.  Nous sommes tous dans le même bateau.  « À toutes les nations qui n’ont pas encore ratifié l’Accord de Paris, faites-le », a exhorté le Premier Ministre des Fidji. 

M. NASSER BOURITA, Ministre des affaires étrangères et de la coopération du Maroc, a appuyé la volonté du Secrétaire général des Nations Unies de réformer l’ONU et le secteur sécuritaire afin d’être mieux placé pour mettre en œuvre la Charte des Nations Unies.  Notre monde est à la croisée des chemins, a dit le Ministre, et cela a un impact sur le développement durable, la paix et la sécurité.  Il y a aujourd'hui moins de conflits et moins de victimes qu’auparavant, a-t-il noté, mais le danger persiste sous la forme du terrorisme, des migrations et des changements climatiques. 

La mondialisation a permis de développer les échanges mais a aussi mené à des différences économiques plus marquées entre les États et causé des crises à l’échelle mondiale, a estimé le Ministre, notant que les organisations terroristes en ont profité pour tenter de déstabiliser le monde et mettre les citoyens en péril.  Selon lui, il faut réformer nos mécanismes de coopération afin de les rendre plus prévisibles et plus efficaces, et créer une organisation véritablement multilatérale, à même de prendre en compte l’apport de tous pour améliorer les mécanismes internationaux.

L’Afrique n’occupe toujours pas la place qui lui revient dans l’ordre international, a dénoncé le Ministre, rappelant que le continent est riche en ressources humaines, en terres fertiles et en ressources hydriques.  Le Roi du Maroc, a ajouté M. Bourita, a fait de la coopération Sud-Sud un axe majeur de sa politique étrangère et un instrument important de son développement, soulignant que le Royaume du Maroc souhaite nouer des partenariats réalistes avec les pays de la région afin de développer le continent africain.  Il a précisé que le Roi ne voit pas l’Afrique comme un marché où écouler ses produits mais plutôt comme un continent dans lequel il est possible de développer une action commune.  « L’Afrique est mon continent, l’Afrique est ma maison », a dit le Roi du Maroc, et le Maroc continuera de s’impliquer sur le continent, notamment au sein de l’Union africaine, dont il est un membre fondateur.

Le Maroc, a poursuivi le Ministre, est engagé en faveur du multilatéralisme et souhaite s’attaquer aux problèmes internationaux avec la communauté internationale, notamment la lutte contre le terrorisme et les migrations.  Il est notamment impliqué dans le Forum mondial de lutte contre le terrorisme, dont il partage la présidence avec les Pays-Bas et au sein duquel il continue de lutter contre le terrorisme, notamment en appuyant ses partenaires africains avec des formations ciblées.  En outre, a poursuivi le Ministre, le Roi présentera sous peu une note conceptuelle sur une approche conjointe de l’Afrique au sujet des migrations et de leurs causes profondes.

M. Bourita s’est réjoui du succès de la Conférence de Marrakech de 2016 sur les changements climatiques et de la Déclaration de Marrakech qui en a résulté.  Il a plaidé pour la mise en œuvre d’une approche collaborative entre les pays, notamment africains.  Le Maroc, a-t-il souligné, s’est doté d’une politique ambitieuse pour lutter contre les changements climatiques et développer des sources d’énergie renouvelables.

Concernant les opérations de maintien de la paix, il a rappelé que le Maroc a déployé des troupes dans six opérations jusqu'à maintenant et que plus de 1 600 militaires sont déployés actuellement.  Il a fait part de sa « vive préoccupation » devant les attaques « irresponsables » menées contre les Casques bleus, et appelé le Secrétaire général à prendre les mesures qui s’imposent pour assurer leur protection.

Le Ministre a noté que la coopération entre les pays du Maghreb demeure limitée, entre autres en raison de la situation en Libye.  Concernant le Sahara occidental, il a déclaré que le Maroc est prêt à travailler avec les Nations Unies pour un règlement pacifique du conflit, pour autant que soit sauvegardée l’intégrité territoriale du pays et que la région soit débarrassée du fléau du séparatisme et du terrorisme.

M. MIGUEL VARGAS MALDONADO, Ministre des affaires étrangères de la République dominicaine, a exprimé sa solidarité avec les pays des Caraïbes récemment touchés par les ouragans dévastateurs, notamment la Barbade, où selon le Premier Ministre, 90% des infrastructures se sont effondrées.  Le Ministre a illustré l’étendue et la gravité des dommages en estimant que les pertes subies sont supérieures au produit intérieur brut (PIB) de la République dominicaine.  Déplorant la tendance à s’attarder sur les dégâts matériels plutôt que sur les souffrances humaines causées par les changements climatiques, il a souligné que les statistiques ne peuvent rendre justice au désarroi des victimes.  « Au-delà des débris matériels, il y a des vies brisées », a déclaré le Ministre.  

Nous devons reconnaître les dangers inhérents aux changements climatiques, qui sont beaucoup plus importants dans le contexte géographique des Caraïbes, a plaidé M. Vargas.  Nos économies, notre développement et notre mode de vie sont en danger, a-t-il poursuivi, et il s’agit là d’une menace à laquelle nous ne pouvons seuls faire face.  Il est impératif que les pays joignent leurs forces de façon cohérente et responsable afin de résoudre ce problème, a-t-il ajouté.  Il n’est pas suffisant de signer des accords sur les changements climatiques ou d’exprimer sa solidarité après une catastrophe naturelle: il faut développer et mettre en place des programmes concrets pour faire face à ces menaces.  

Le défi des changements climatiques ne connaît aucune frontière et rend chacun de nous vulnérable, a poursuivi M. Vargas. Il a réclamé la solidarité et la coopération de tous, notamment des pays développés.  Une fois de plus, a poursuivi le Ministre, la République dominicaine demande la création d’un fonds spécial visant à contrer les effets des catastrophes naturelles, à mener des activités de sensibilisation et de prévention et à développer des stratégies de résilience, afin de sauver des vies.

M. Vargas a illustré son propos en comparant la situation des pays des Caraïbes à celle des États américains touchés par des ouragans, où un fonds de 15 milliards de dollars a été affecté à la reconstruction et à l’aide aux victimes.  Quant à elles, les régions insulaires des Caraïbes ont dû composer avec des situations similaires sans moyens financiers.  En République dominicaine, a continué le Ministre, une tempête a inondé des routes, provoqué l’effondrement des ponts et des systèmes d’irrigation ainsi que la perte de terres arables.  Le pays a dû affecter 500 millions de dollars à l’aide d’urgence, repoussant de 10 ans le développement du pays.

Nous devons de toute urgence aider, par le biais des Nations Unies, les gouvernements qui ne sont pas en mesure de reconstruire leur pays dans ces moments de détresse, a-t-il plaidé, avant d’inviter les États Membres à trouver d’autres moyens de s’attaquer aux changements climatiques.  Il existe suffisamment de preuves scientifiques liant les activités humaines au réchauffement de la planète, a conclu le Ministre, ajoutant qu’il est temps que nous prenions acte de notre rôle dans ce phénomène et agissions en conséquence.

 

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