Point de presse quotidien du Bureau du Porte-parole du Secrétaire général de l’ONU: 1 septembre 2013

1 septembre 2013
Point de presse

Point de presse quotidien du Bureau du Porte-parole du Secrétaire général de l’ONU: 1 septembre 2013

1/9/2013
Communiqué de presse
Point de presse
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

POINT DE PRESSE QUOTIDIEN DU BUREAU DU PORTE-PAROLE DU SECRÉTAIRE GÉNÉRAL DE L’ONU: 1 SEPTEMBRE 2013

(La version française du Point de presse quotidien n’est pas un document officiel des Nations Unies)

Ci-dessous les principaux points évoqués par M. Martin Nesirky, Porte-parole du Secrétaire général de l’ONU, M. Ban Ki-moon:

Syrie-Sellström

Le Secrétaire général a eu une conversation téléphonique avec M. Åke Sellström, chef de la Mission des Nations Unies chargée de l’enquête sur les allégations liées à l’utilisation d’armes chimiques en Syrie.

M. Sellström, qui vient d’arriver à La Haye avec le reste de son équipe d’experts, après avoir travaillé en Syrie du 19 au 31 August, a informé le Secrétaire général des prochaines étapes du processus de l’enquête.

Tous les préparatifs pour la classification des échantillons avancent bien.  Lesdits échantillons commenceront à être transférés demain aux laboratoires.  M. Sellström a dit au Secrétaire général que deux responsables syriens ont observé le processus et que l’ensemble dudit processus sera strictement conforme aux normes les plus élevées de vérification, reconnues par l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques.

Compte tenu de l’ampleur horrible de l’incident qui s’est produit le 21 août dans la zone de Ghouta à Damas, le Secrétaire général a demandé à M. Sellström d’accélérer l’analyse des échantillons et des informations que la Mission a collectés, sans pour autant compromettre les délais scientifiques nécessaires à une bonne analyse, et de l’informer des résultats aussi tôt que possible.

Les deux hommes ont discuté des moyens d’accélérer encore le processus.

Le Secrétaire général a personnellement remercié M. Sellström pour son travail et la performance de son équipe, qui s’est rendue en Syrie malgré des conditions difficiles et dangereuses.

Syrie-Humanitaire

Les Nations Unies continuent leur travail humanitaire essentiel en Syrie, où et quand c’est possible, ainsi que dans les pays voisins.

Par exemple, le Programme alimentaire mondial (PAM) a fourni à 3 millions de personnes de la nourriture, durant le mois d’août.  La semaine dernière, il a distribué 2 000 rations prêtes à consommer à 10 000 personnes à Latakia.  À Alep, où les combats et la hausse des prix ont provoqué une pénurie alimentaire, le PAM a apporté une aide à plus de 350 000 personnes durant le mois d’août.

Ces sept premiers mois de l’année, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a coordonné la fourniture de l’aide à 3,7 millions de personnes en Syrie.  Le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) a atteint plus de 180 000 enfants déracinés, en apportant un appui aux cliniques.  L’UNICEF a aussi aidé plus de 10 millions de personnes en Syrie, à avoir accès à l’eau potable.

Pour sa part, le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) et ses partenaires ont pu fournir de l’aide à plus d’1,5 million de personnes et naturellement beaucoup d’autres Syriens reçoivent de l’aide dans les pays voisins.

Syrie-France

Le Secrétaire général a parlé ce matin avec le Ministre français des affaires étrangères, M. Laurent Fabius.  Il poursuivra ses contacts avec les dirigeants du monde dans les jours à venir.

Questions-réponses

Deux représentants du Gouvernement syrien ont observé le processus d’établissement des faits mais aucun représentant de l’opposition n’y a été invité, s’est étonné un journaliste.  La Mission tiendra-t-elle compte de cette absence dans l’analyse des informations qu’elle a collectées?  La procédure en vigueur, a répondu le Porte-parole, autorise la présence d’observateurs syriens.  Il est évident que le choix des représentants de l’opposition aurait été difficile puisque la Syrie compte plus d’un groupe opposant, a rappelé le Porte-parole.  La Mission, a-t-il insisté, a pu se rendre sur tous les sites qu’elle a identifiés comme prioritaires et mener toutes les activités d’établissement des faits qu’elle a voulues.

La Mission, a tenu à souligner le Porte-parole, est « d’une manière unique » capable d’établir les faits de façon crédible et impartiale, et directement à partir des preuves collectées sur le terrain.  Aucun délai ne peut être fixé pour la présentation de ses conclusions, compte tenu de l’obligation de respecter strictement les normes scientifiques les plus élevées et reconnues par l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques. 

Maintenant que le Président Barack Obama a décidé de saisir le Congrès avant toute décision sur des frappes en Syrie, le Secrétaire général voit-il là l’occasion  de faire avancer la diplomatie? a demandé un autre journaliste.  Le Porte-parole a répondu que le Secrétaire général voit là l’occasion de dégager un consensus international élargi sur la réaction face à l’utilisation des armes chimiques, laquelle est interdite dans tous les cas.  En la matière, a rappelé le Porte-parole en paraphrasant le Secrétaire général, il ne peut y avoir d’impunité mais il faut donner à la Mission la chance de réussir.

Le Porte-parole a ajouté que le Secrétaire général encourage tous les Etats Membres à partager les informations qu’ils disent détenir.  Il a dit ne pas savoir si les États-Unis l’ont fait et souligné qu’il revient à la Fédération de Russie de soumettre le document qu’elle dit avoir et qui prouverait que l’opposition syrienne a utilisé des armes chimiques, le 19 mars, à Khan-Al-Assan.  La Fédération devrait aussi partager les informations qu’elle dit détenir sur l’incident de Ghouta, le 21 août dernier.

Il est évident, a prédit le Porte-parole, que pendant le Sommet du G-20, prévu à Saint Petersburg, les 5 et 6 septembre, la situation en Syrie sera au centre des discussions.  Mais il n’a pas été en mesure de révéler les noms des dirigeants du monde que le Secrétaire général compte rencontrer.

À ce jour, a-t-il en revanche confié, aucune réunion du Conseil de sécurité n’est prévue.  Le Secrétaire général a déjà parlé avec les 5 membres permanents du Conseil et entend faire de même avec les 10 membres non permanents, dès mardi prochain.  Mais, a prévenu le Porte-parole, le Conseil peut toujours convoquer le Secrétaire général qui a déjà indiqué sa disponibilité.  Les réunions avec le Conseil de sécurité, a précisé le Porte-parole, ont pour objet principal d’expliquer à la communauté internationale ce que fait le Secrétaire général et comment il interagit avec la Mission d’enquête et la Haut-Représentante pour les affaires de désarmement.

Le Secrétaire général n’a jamais manqué de mettre l’accent sur le rôle primordial du Conseil de sécurité dans le maintien de la paix et de la sécurité internationales, y compris dans les cas d’utilisation d’armes chimiques.  Le Porte-parole a rappelé que le Secrétaire général a appelé le Conseil à rester ferme et uni dans sa réaction.

Le Secrétaire général a déjà parlé avec les Représentants permanents de l’Argentine et de l’Australie, Présidents sortant et entrant du Conseil de sécurité.  Il a dûment souligner la place centrale de la Charte des Nations Unies, a ajouté le Porte-parole, après une question sur la réponse que le Secrétaire général a réservé à la lettre que lui a adressée le Représentant permanent de la Syrie l’appelant à devenir le gardien de la Charte. 

Le Porte-parole a refusé de commenter la déclaration de la Ministre italienne des affaires étrangères selon laquelle toute intervention en Syrie en dehors du parapluie de l’ONU pourrait provoquer un conflit important voire une guerre mondiale.  Il a préféré réitérer la position du Secrétaire général qui est en faveur d’une solution politique car « la solution militaire ne saurait être une option ».

La Mission doit retourner en Syrie mais on ne sait ni quand ni quelle en sera la composition, a conclu le Porte-parole en rappelant qu’elle aura pour tâche d’enquêter sur toutes les allégations qui n’ont pas encore étudiées, y compris les évènements de Khan-Al-Assan.

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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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