L’Assemblée générale place l’appropriation nationale et le renforcement des capacités institutionnelles et humaines au cœur de la consolidation de la paix

26 mars 2013
AG/11351

L’Assemblée générale place l’appropriation nationale et le renforcement des capacités institutionnelles et humaines au cœur de la consolidation de la paix

26/03/2013
Assemblée générale
AG/11351
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Assemblée générale                                         

Soixante-septième session                                  

69e séance plénière – matin

L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE PLACE L’APPROPRIATION NATIONALE ET LE RENFORCEMENT DES CAPACITÉS INSTITUTIONNELLES ET HUMAINES

AU CŒUR DE LA CONSOLIDATION DE LA PAIX

L’examen, aujourd’hui, à l’Assemblée générale du rapport d’activité* de la Commission de consolidation de la paix (CCP) a été l’occasion pour de nombreuses délégations d’insister sur l’importance de l’appropriation nationale et du renforcement des capacités institutionnelles et humaines des pays sortant d’un conflit.  Ces commentaires ont été faits à la lumière de la situation en Guinée-Bissau et en République centrafricaine où l’ordre constitutionnel a été interrompu.  Ces deux pays font partie des six inscrits à l’ordre du jour de la CCP. 

L’Assemblée générale a également adopté sans vote une résolution** sur la coopération entre l’ONU et la Communauté des pays de langue portugaise (CPLP), dans laquelle elle se félicite, entre autres, des efforts déployés par les pays lusophones et la communauté internationale pour favoriser le rétablissement de l’ordre constitutionnel en Guinée-Bissau.  Ce texte a été présenté par le Mozambique.

En début de séance, les délégations ont rendu hommage à la mémoire de Zillur Rahman, Président du Bangladesh, mort le 20 mars 2013.  Le Secrétaire général de l’ONU, M. Ban Ki-moon, a salué le travail que Zillur Rahman a accompli en faveur de son peuple pendant plus de 50 ans, et les « contributions majeures » qu’il a faites à la transition démocratique de son pays. 

Se succédant à la tribune, les représentants des cinq groupes régionaux et du pays hôte, mais également du Sri Lanka et du Bangladesh, ont salué le « courage et l’abnégation » de celui qui a su faire avancer la démocratie et le développement économique et social dans son pays.

Au cours du débat sur la Commission de consolidation de la paix (CCP), plusieurs délégations, dont celle de l’Ukraine, se sont inquiétées de l’évolution de la situation en Guinée-Bissau et en République centrafricaine où l’ordre constitutionnel a été interrompu, neutralisant ainsi, a fait observer la représentante du Brésil, les efforts de consolidation de la paix et affaiblissant la confiance des partenaires internationaux.   

Alors que le Burundi, la Guinée-Bissau, le Libéria et la Sierra Leone sont également inscrits à l’ordre du jour de la CCP, le représentant du Nigéria a constaté avec inquiétude que « sept ans après la mise en place de l’architecture de consolidation de la paix des Nations Unies, les processus restent des entreprises fragiles ».  Mais l’accompagnement n’est possible que s’il existe un véritable engagement des autorités nationales à s’attaquer aux racines de l’instabilité, a souligné le représentant de l’Union européenne.

Son homologue du Japon a suggéré que l’on recherche des moyens plus souples de travailler avec le personnel des ambassades, « source précieuse d’expertise », puisqu’il travaille déjà dans l’aide au développement. 

Le représentant du Nigéria a appelé la CCP à concentrer son travail sur le renforcement des capacités institutionnelles et humaines afin que les pays puissent véritablement s’approprier les efforts de consolidation de la paix.  Son homologue de l’Union européenne a reconnu que le devoir de la communauté internationale est de s’aligner sur les stratégies nationales.  Le représentant de l’Indonésie a estimé que la tenue d’une session annuelle plus institutionnalisée du Comité d’organisation permettrait de renforcer la coordination avec les capitales.

Au niveau régional, le représentant de l’Égypte a rappelé que sa délégation avait proposé la création d’un centre de l’Union africaine pour la reconstruction et le développement postconflit afin de renforcer les capacités du continent en la matière.  Son homologue de la Sierra Leone a affirmé que l’engagement de son pays avec la CCP et le Fonds pour la consolidation de la paix a été pour le moins fructueux.  Il a rappelé que lors de sa dernière visite en Sierra Leone, qui est en train d’articuler ses priorités pour les cinq années à venir, le Président de la formation a fait ressortir la nécessité pour la CCP de continuer d’appuyer l’emploi des jeunes, la réforme du secteur de la sécurité, le processus de révision constitutionnelle, la gestion des ressources naturelles, la lutte contre le trafic de drogues et le développement du secteur privé .

À l’instar de l’Égypte et de l’Union européenne, plusieurs délégations ont estimé qu’en ces temps de crise financière, la Commission de consolidation de la paix doit trouver des voies alternatives de mobilisation des ressources en engageant le secteur privé et en forgeant des partenariats avec les institutions financières internationales. 

Dans son rapport***, le Secrétaire général se félicite de ce que le Fonds pour la consolidation de la paix ait reçu, en 2012, des contributions d’un montant total de 80,5 millions de dollars contre 58,1 millions de dollars en 2011.

L’Assemblée générale poursuivra son débat sur la CCP et le Fonds demain, mercredi 27 mars, à partir de 10 heures.

*   A/67/715-S/2013/63

**  A/67/L.54

*** A/67/711

DÉBAT SUR LE RAPPORT DE LA COMMISSION DE CONSOLIDATION DE LA PAIX (CCP) ET SUR LE RAPPORT DU SECRÉTAIRE GÉNÉRAL RELATIF AU FONDS POUR LA CONSOLIDATION DE LA PAIX (A/67/711 ET A/67/715)

Déclarations

M. RANKO VILOVIĆ (Croatie) a tout d’abord salué le nouveau format du rapport de la CCP et l’accent porté sur les résultats, ainsi que sur les défis qui persistent.  Il a fait observer que l’efficacité de la Commission de consolidation de la paix (CCP) dépend, dans une large mesure, de la responsabilité collective et individuelle et de la participation de l’ensemble de ses membres.  Il a donc encouragé une contribution plus volontariste aux travaux et aux objectifs de la CCP et réclamé une plus grande cohésion entre les composantes politiques, de sécurité et de développement du mandat de la CCP qui doit promouvoir la coopération et la participation du secteur privé et des fondations.  Il a jugé également important de renforcer les relations avec les institutions financières internationales. 

La CCP ne doit pas perdre de vue l’objectif principal qui est d’améliorer les conditions de vie des populations, de consolider la paix et de faciliter le développement économique des pays inscrits à son agenda.  Les travaux devraient être caractérisés par plus de prévisibilité et favoriser la continuité institutionnelle.

Le représentant s’est félicité de l’attention accordée par le Fonds pour la consolidation de la paix à l’autonomisation des femmes et a encouragé celui-ci à allouer 15% de son budget aux programmes allant dans ce sens.  Il s’est également dit favorable aux activités qui peuvent être complétées par la Banque africaine de développement (BAD) et la Banque mondiale.  Il a jugé crucial de veiller à l’impact des institutions nationales sur la consolidation de la paix.

M. MOHAMED KHALED KHIARI (Tunisie), au nom du Mouvement des non-alignés, a appuyé l’accent que la CCP met sur les relations avec les principaux organes des Nations Unies, la mobilisation des ressources, l’amélioration de la cohérence et de la coordination entre tous les acteurs, le travail de ses différentes configurations et la recherche d’une meilleure méthode de travail.  Il a également souligné la nécessité urgente d’une synergie plus étroite entre la CCP et le Fonds pour la consolidation de la paix.

M. THOMAS MAYR-HARTING, de l’Union européenne, a déclaré que la consolidation de la paix est une entreprise à long terme qui dépasse la gestion de la crise à court terme et englobe les efforts à long terme en faveur de la stabilité et de l’édification d’États fondée sur la prévention des conflits grâce au développement économique et social durable, qu’il s’agisse du renforcement des capacités institutionnelles et celles de la société civile ou des réformes structurelles.  Il n’y a pas de formule unique face à des situations fluctuantes et complexes, a reconnu M. Mayr-Harting, reconnaissant ainsi les grands défis à relever. 

En conséquence, les efforts doivent continuer pour exploiter le plein potentiel, en matière de consolidation de la paix, du rétablissement et du respect de l’ordre constitutionnel en Guinée-Bissau et de l’organisation des élections en Guinée.  La situation en République centrafricaine mérite toute notre attention, a-t-il rappelé, en arguant aussi que les modifications apportées à la présence des Nations Unies en Sierra Leone et au Burundi doivent être surveillées de très près. 

Nous ne devons pas non plus perdre de vue l’élément le plus important qui est l’appropriation nationale.  Le devoir de la communauté internationale, a insisté le représentant, est de s’aligner sur les stratégies nationales.  L’accompagnement ne peut être possible que s’il existe un véritable engagement des autorités nationales à s’attaquer aux racines de l’instabilité.  En ces temps de crise financière, a conclu le représentant, la consolidation de la paix doit trouver des voies alternatives de mobilisation des ressources en engageant le secteur privé et en forgeant des partenariats avec les institutions financières internationales. 

M. OSAMA ABDELKHALEK MAHMOUD (Égypte) a vu dans la stratégie de sortie de la Mission de consolidation de la paix en Sierra Leone (UNIPSIL), l’occasion pour la CCP de faire la liaison entre les équipes de pays de l’ONU, le Conseil de sécurité et l’Assemblée générale, mais également de tirer profit de l’expérience accumulée pour empêcher les pays concernés de sombrer à nouveau dans un conflit.  Le représentant a insisté sur la nécessité de poursuivre les efforts visant à améliorer les méthodes de travail de la CCP. 

Il a à son tour mis l’accent sur l’importance de l’appropriation nationale et des cadres de coopération avec les institutions financières régionales et internationales.  Il importe également, a-t-il poursuivi, de trouver des méthodes de financement novatrices et de renforcer la coordination avec le Fonds pour la consolidation de la paix, le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque africaine de développement, a-t-il aussi estimé.

À l’instar du rapport de la CCP, M. Mahmoud a engagé les membres de la CCP à être plus actifs et à renforcer la coordination avec le Conseil de sécurité, l’Assemblée générale et le Conseil économique et social. L’amélioration des méthodes de travail de la CCP devait déboucher sur une plus grande efficacité et une plus grande crédibilité de la Commission.  Le représentant a rappelé que son pays a proposé la création d’un centre de l’Union africaine pour la reconstruction et le développement postconflit afin de renforcer les capacités du continent en la matière.

M. WANG MIN (Chine) a estimé incontournable que la CCP respecte la souveraineté des pays qui doivent avoir la latitude de prendre les rennes des efforts.  La CCP doit donc établir ses priorités en fonction des priorités identifiées par les pays eux-mêmes.  Il faut donc renforcer les capacités institutionnelles et humaines pour que la CCP puisse s’y appuyer.

Le représentant a engagé la CCP à renforcer sa coordination avec les autres organes de l’ONU, notamment l’Assemblée générale, le Conseil de sécurité et l’ECOSOC; ainsi qu’avec la Banque mondiale, le FMI, l’Union africaine et les organisations sous-régionales.  La CCP doit revoir certaines de ses méthodes de travail et renforcer notamment son interaction avec les représentants du Secrétaire général et les missions qui opèrent sur le terrain.  Le représentant a, à son tour, jugé important d’explorer des moyens de financement novateurs.

Mme MARIA LUIZA RIBEIRO VIOTTI (Brésil) a salué les importantes contributions que la Commission de consolidation de la paix (CCP) et le Fonds pour la consolidation de la paix ont réalisées en 2012 pour améliorer la coordination au sein du système de l’ONU, pour renforcer les partenariats avec les acteurs extérieurs au système, pour stimuler le développement des capacités nationales et pour mieux mobiliser les ressources en faveur des pays sortant d’un conflit.  La représentante a cependant estimé qu’il y avait encore de la marge pour de plus amples améliorations, en ajoutant que la meilleure définition de la consolidation de la paix était le développement des capacités nationales dans le souci de permettre aux pays concernés de pouvoir progressivement concevoir et mettre en œuvre eux-mêmes leurs politiques nationales. 

S’agissant tout particulièrement de la Guinée-Bissau, la représentante a rappelé que le coup d’État militaire d’avril 2012 avait neutralisé les efforts de consolidation de la paix et affaibli la confiance des partenaires internationaux.  Mme Ribeiro Viotti a espéré que des mesures décisives soient prises pour rétablir la coopération entre ce pays et la communauté internationale.  Par ailleurs, elle s’est félicitée que le Fonds ait atteint en 2012 un nouveau record de contributions, ce qui démontre le niveau de confiance que lui accorde la communauté internationale.  Mme Ribeiro Viotti a appelé à une meilleure intégration des activités de consolidation de la paix au sein du système des Nations Unies, en espérant que l’année 2013 sera marquée par des échanges plus fréquents entre l’Assemblée générale et l’ECOSOC sur cette question.  Elle a également souhaité la tenue de débats réguliers entre le Conseil de sécurité et les configurations spécifiques aux différents pays inscrits à l’ordre du jour de la Commission de consolidation de la paix.

M. JUN YAMASAKI (Japon) a souligné que la CCP doit trouver des domaines concrets dans lesquels elle peut apporter sa valeur ajoutée, et l’un de ces domaines, d’après le représentant, est sa relation avec le Conseil de sécurité.  Maintenant que les missions de l’ONU en Sierra Leone, au Libéria et au Burundi sont en transition, il est de la plus haute importance, a estimé le représentant, que le Conseil de sécurité et les présidents des configurations travaillent étroitement pendant l’année. 

Le représentant a aussi estimé que la CCP doit s’engager beaucoup plus avec les acteurs sur le terrain.  Il a suggéré que l’on recherche des moyens plus souples de travailler avec le personnel des ambassades qui est source précieuse d’expertise en matière de consolidation de la paix puisqu’il travaille déjà à l’aide au développement. 

Enfin, le représentant a conseillé à la CCP de réaligner ses réunions autour des formations pour générer un impact sur le terrain.  Le travail du Comité d’organisation et du Groupe de travail sur les enseignements tirés devrait être organisé en relation étroite avec le travail des configurations qui, à leur tour, doivent essayer de mettre en évidence des mesures de suivi que leurs États membres pourraient mettre en œuvre. 

S’agissant du Fonds de consolidation de la paix, le représentant a appelé à l’amélioration de son positionnement stratégique par le renforcement du dialogue et de la coopération avec les partenaires pertinents sur le terrain.   

M. SYLVIE LUCAS (Luxembourg) a rappelé les trois piliers de la « nouvelle » architecture de consolidation de la paix, que sont la coopération intergouvernementale de la Commission, l’appui pratique du Secrétariat fourni par le Bureau d’appui à la consolidation de la paix et le financement catalytique du Fonds de consolidation de la paix.  C’est aux États Membres, a-t-il dit, de donner à cette architecture les moyens de faire son travail et la chance  de faire ses preuves, y compris en s’engageant pleinement dans ses formations spécifiques.  Le Bureau d’appui doit, de son côté, continuer à renforcer son assise dans l’architecture institutionnelle des Nations Unies, en utilisant efficacement les moyens dont il dispose.  La Commission, a fait remarquer le représentant, tire sa légitimité en grande partie du fait que l’accompagnement politique, l’appui à la mobilisation des ressources et à la cohérence des partenaires internationaux est apporté à la demande des pays inscrits à son ordre du jour.

Le représentant du Luxembourg, qui préside la Formation Guinée, a indiqué que lorsque les parties prenantes se seront mis d’accord sur les modalités pour les élections et que la Commission électorale nationale indépendante (CENI) aura présenté un nouveau calendrier, le Président pourra convoquer les élections.   C’est à ce moment, a-t-il dit, que la communauté internationale et les membres de la Formation Guinée devront assister dans l’organisation de ces élections.  La Guinée a franchi des étapes importantes pour son développement en 2012, en parvenant au point d’achèvement de l’initiative des pays pauvres très endettés et en signant l’accord pour accéder aux crédits du 10ème Fonds européen de développement.  Des efforts ont également été entrepris dans les secteurs de la sécurité et de défense, lesquels bénéficient d’une appropriation au plus haut niveau.  Les défis auxquels est confrontée la Guinée en matière de consolidation de la paix sont communs à ceux des pays de la sous-région, a fait observer le représentant.  Les Formations Guinée, Sierra Leone et Libéria - trois pays membres de l’Union du Fleuve Mano-  ont entamé un échange avec la Secrétaire générale de cette organisation afin d’identifier des priorités et sujets qui représentent un intérêt partagé au niveau régional.  Avant de conclure, il a assuré que le Luxembourg versera 520 000 dollars au Fonds de consolidation de la paix pour l’année 2013.

M. YUSRA KHAN (Indonésie) a estimé que l’impact des travaux de la CCP sur le terrain s’était amélioré au cours de l’année écoulée.  Il a toutefois constaté, à l’instar du rapport de cet organe, qu’à moins de renforcer l’engagement et le leadership national et de répondre aux racines de l’instabilité, l’accompagnement politique de la CCP ne pourra être efficace.  Il a appelé la CCP à collaborer davantage avec les fondations et le secteur privé, mais également à identifier les domaines de collaboration susceptibles d’être renforcés et améliorés.  Le représentant a aussi appelé au renforcement de capacités des six pays qui figurent à son ordre du jour.  Il a appuyé l’appel de la CCP à une meilleure intégration des objectifs de consolidation de la paix et de développement, y voyant l’occasion d’améliorer la cohérence, l’allocation des ressources et les résultats, tout en simplifiant les procédures auxquelles doivent se soumettre les États concernés. 

M. Khan a par ailleurs estimé que la tenue d’une session annuelle plus institutionnalisée du Comité d’organisation permettrait de renforcer la coordination avec les capitales et d’améliorer le travail de la CCP.  À l’instar du rapport du Secrétaire général, il a appelé le Fonds pour la consolidation de la paix à accorder la priorité aux pays qui figurent à l’ordre du jour de la CCP.

M. EMMANUEL OKAFOR (Nigéria) s’est inquiété des événements récents survenus dans deux pays inscrits à l’ordre du jour de la CCP, soulignant ainsi le caractère non linéaire du processus de consolidation de la paix.  C’est un processus à facettes multiples qui doit se concentrer de façon active sur la paix durable, a-t-il dit.  Il a estimé que la nature de chaque conflit dépasse la capacité collective à répondre efficacement en termes de diplomatie préventive.  Sept ans après la mise en place de l’architecture de consolidation de la paix des Nations Unies, les processus dans ce domaine restent des entreprises fragiles, a-t-il fait remarquer.  Il a estimé que ces processus ne peuvent pas remplacer une stratégie pour une solution à long terme.  Le soutien de la communauté internationale aux processus de désarmement, démobilisation et réintégration (DDR) pour les deux pays cités plus haut n’est pas suffisamment fort, a-t-il dit, avant d’appeler les membres de la Commission à fournir un soutien financier, technique et institutionnel approprié aux processus de DDR dans ces pays.

M. Okafor a ensuite demandé que le travail de la CCP se concentre sur le renforcement des institutions nationales, afin que les pays puissent s’approprier les efforts de consolidation de la paix.  Il a aussi demandé aux membres de la CCP de soutenir ces pays par des contributions concrètes comme des ressources financières et le partage d’expériences.  La CCP devrait aussi renforcer davantage la coopération interinstitutions et les partenariats avec toutes les parties prenantes, a-t-il ajouté.  Enfin, Il a souligné l’importance cruciale du financement et, dès lors, du Fonds pour la consolidation de la paix.

M. HUSSEIN HANIFF (Malaisie) a souligné l’importance du renforcement des capacités nationales et de la mobilisation de ressources pour assurer le succès de la consolidation de la paix.  Sans capacités nationales, il ne peut y avoir de gouvernance; et sans ressources, il ne peut y avoir de développement, a-t-il insisté.  Il s’est félicité des progrès réalisés au Libéria, en Sierra Leone et au Burundi, avant d’engager la CCP à intensifier ses efforts dans les trois autres pays qui figurent à son ordre du jour afin de prévenir toute rechute dans un conflit.  M. Haniff a également estimé nécessaire de continuer à renforcer le rôle consultatif de la CCP auprès du Conseil de sécurité, ainsi que sa coordination, sur le terrain, avec les autres entités de l’ONU.  Il a aussi appelé la CCP à tirer davantage profit de l’expérience des pays émergeant d’un conflit, notamment en matière de revitalisation économique, de gouvernance et de réconciliation nationale.  M. Haniff a conclu en appelant à davantage de contribution au Fonds pour la consolidation de la paix.

M. JOSÉ ALBERTO BRIZ GUTIÉRREZ (Guatemala) s’est dit satisfait du nouveau format du rapport de la CPP qui, en application des recommandations de l’Examen de 2010, présente notamment une analyse approfondie.  En tant que pays ayant surmonté un conflit interne en 1996, le Guatemala appuie l’aide qu’apporte la communauté internationale à la consolidation de la paix, a-t-il dit.  Il a apprécié les travaux des formations de pays, insistant sur la nécessité pour les agents nationaux de faire preuve de détermination pour que les activités de la CCP aient les effets recherchés.  Il s’est félicité que la Commission ait redoublé d’efforts en matière de mobilisation des ressources.  Le suivi de la situation politique des pays par la CCP est également très important, a-t-il ajouté.

Le représentant a ensuite appelé, une nouvelle fois, la CCP à utiliser tout son poids politique pour garantir la cohésion de la communauté internationale sur le terrain.  Les résultats obtenus grâce à elle devraient lui permettre de promouvoir les mécanismes permettant de renforcer la cohérence internationale.  Le représentant a aussi lancé un appel aux États pour qu’ils fournissent un appui croissant au Fonds pour la consolidation de la paix. 

M. SHEKOU MOMODOU TOURAY (Sierra Leone) a souligné que l’engagement de la Sierra Leone avec la CCP et le Fonds pour la consolidation de la paix a été pour le moins fructueux.  Le pays est maintenant en train d’articuler ses priorités pour les cinq années à venir, en mettant déjà l’accent sur la croissance économique, les services sociaux et le renforcement du capital humain.  Le représentant a donc demandé à la CCP d’appuyer les aspirations de son pays.  Il a rappelé que lors de sa visite en Sierra Leone, en février dernier, le Président de la formation a fait ressortir la nécessité d’appuyer l’emploi des jeunes, la réforme du secteur de la sécurité, le processus de révision constitutionnel, la gestion des ressources naturelles, la lutte contre le trafic de drogues, et le développement du secteur privé .

M. THOMAS GÜRBER (Suisse), présidence de la « formation Burundi », a, dans un premier temps, estimé que les acteurs de consolidation de la paix devaient occuper une place plus centrale et plus stratégique dans l’architecture globale de l’ONU.  Les efforts de la CCP doivent se focaliser sur l’impact concret sur le terrain ainsi que sur le travail de ses six formations spécifiques.  Il a appelé au renforcement des partenariats avec les acteurs du système des Nations Unies et les institutions financières internationales. Les liens avec le secteur privé devraient également être davantage explorés, a-t-il ajouté. 

M. Gürber a aussi estimé que les résultats positifs de la Conférence des partenaires au développement du Burundi, qui s’est tenue au mois d’octobre dernier, avaient démontré à quel point des partenariats bien menés peuvent « faire la différence ».  En conséquence, la question de la transition des missions de l’ONU et du rôle de la CCP dans ce processus devait être mieux appréhendée.

Le représentant a engagé la CCP à mieux faire valoir sa capacité de principale tribune d’échanges sur la consolidation de la paix.  Il s’est notamment dit favorable à la prise en compte des questions liées à la consolidation de la paix dans le programme de développement post-2015 et a appelé la CCP à débattre de cette question.  Mais la Commission ne devrait pas se contenter que des processus onusiens.  Le potentiel du processus de Busan autour du G7+ et du « New Deal » pour la consolidation de la paix devait être exploré et discuté au sein de la CCP.  Après tout, les six pays figurant sur l’agenda de la Commission ont tous souscrit au « New Deal ».

M. YURIY SERGEYEV (Ukraine) a déclaré que la CCP doit se pencher sur la situation des deux pays inscrits à son ordre du jour où l’ordre constitutionnel a été interrompu.  La consolidation de la paix est un des piliers de la contribution de l’Ukraine dans la sécurité et la paix internationales.  L’Ukraine est présente dans plus de 20 missions des Nations Unies et compte envoyer une nouvelle génération d’unités de police à la Mission au Libéria.  C’est dans ce contexte que l’Ukraine espère servir la Commission pendant la période 2014-2015, dans la catégorie de l’Assemblée générale.   

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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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