Conférence de presse du Rapporteur spécial des Nations Unies sur la liberté de religion ou de conviction, M. Heiner Beilefeldt

20 octobre 2011
Conférence de presse

Conférence de presse du Rapporteur spécial des Nations Unies sur la liberté de religion ou de conviction, M. Heiner Beilefeldt

20/10/2011
Communiqué de presse
Conférence de presse
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CONFÉRENCE DE PRESSE DU RAPPORTEUR SPÉCIAL DES NATIONS UNIES SUR LA LIBERTÉ

DE RELIGION OU DE CONVICTION, M. HEINER BEILEFELDT

« Les méthodes de communication et de connexion doivent être diverses et multidimensionnelles pour créer un environnement véritablement favorable à la tolérance religieuse et au dialogue » a déclaré, cet après-midi, le Rapporteur spécial des Nations Unies sur la liberté de religion ou de conviction, au cours d’une conférence de presse au Siège de l’ONU. 

Nommé en 2010 aux fonctions de Rapporteur spécial, M. Heiner Beilefeldt s’est dit particulièrement choqué par le « degré extrême de haine » dont il a été témoin presque quotidiennement dans le cadre de sa mission.  Il a souligné que la liberté de religion était un droit fondamental et devait être approchée comme un droit de l’homme.  Il a indiqué que la haine se manifeste de différentes manières selon les endroits, en visant différents groupes, parfois en opposant des religions ou des identités. 

La communication est l’élément le plus important pour traiter les causes profondes de la haine en mettant l’accent sur la nécessité d’une communication à tous les niveaux.  Pour faciliter la communication interreligieuse, il est important d’encourager le dialogue, formel ou informel, et la présence d’une participation très diverse, notamment de spécialistes des questions théologiques et de représentants locaux.  Dans ce contexte, il a jugé essentiel de mettre en place une plate-forme qui permette de connecter tous ces éléments.

« Nous savons par expérience que la communication ne mène pas toujours à des résultats positifs », a reconnu M. Beilefeldt, tout en soulignant que les efforts sont plus productifs quand certaines conditions sont réunies, par exemple, lorsque l’on s’assure que tous les participants se rencontrent sur un pied d’égalité et ne se limitent pas à se serrer la main. 

Le Rapporteur spécial a mis l’accent sur l’importance d’identifier des intérêts communs et des projets concrets de coopération.  Les États doivent, a-t-il dit, garantir la liberté de religion ou de conviction et protéger activement contre toute ingérence indue de la part de tiers.  Il est indispensable, a-t-il ajouté, de protéger et de promouvoir cette liberté en créant un climat propice au respect de la diversité, au dialogue et à la tolérance.  Ceci pourrait être réalisé, par exemple, par le biais d’un appui financier à des projets de promotion de dialogue et de la tolérance entre les religions, a-t-il dit.

Si le dialogue interreligieux fait souvent référence au dialogue entre Chrétiens et Musulmans, ou entre Chrétiens et Juifs, on parle moins de dialogue entre Musulmans et Bahaïs en Iran ou entre les églises chrétiennes dominantes et les Mormons, a fait observer M. Bielefeldt.  Il s’est dit inquiet de situations où le dialogue interreligieux initié par un État aboutit finalement à une marginalisation plus grande des groupes minoritaires.  Pour promouvoir le pluralisme, il faut donner la parole à la plus grande diversité possible d’acteurs religieux afin de ne pas limiter le dialogue aux papes, rabins et cheikhs.  En outre, il a mis l’accent sur la marginalisation des femmes qui semblait être une constante de toutes les traditions religieuses.

Répondant à une question sur les moyens de faire face aux discours intolérants de certains imams fustigeant les non-croyants, infidèles ou modérés, M. Beilefeldt a précisé que les communautés religieuses n’étaient jamais monolithiques. 

Évoquant la discrimination systématique visant la religion des Bahaïs en Iran, M. Bielefeldt a regretté que les résolutions des Nations Unies fassent toujours référence à l’islamophobie ou à la phobie des Chrétiens, mais jamais à celle des « Bahaïs ».  Une des difficultés de faire face à ce problème est que le Gouvernement de l’Iran ne considère pas les Bahaïs, comme la plus grande minorité religieuse non musulmane, mais comme un « culte maléfique » qui devrait être éliminé de la surface de la terre.  Il a indiqué qu’il allait travailler sur cette question avec le nouveau Rapporteur spécial sur la situation des droits de l’homme (en République islamique d’Iran) dont le mandat vient d’être rétabli. 

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