Quatrième Commission: des délégations exigent que les contributeurs de troupes soient parties aux prises de décisions concernant le maintien de la paix

25 octobre 2011
CPSD/491

Quatrième Commission: des délégations exigent que les contributeurs de troupes soient parties aux prises de décisions concernant le maintien de la paix

25/10/2011
Assemblée générale
CPSD/491
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Quatrième Commission

15e séance – matin

QUATRIÈME COMMISSION: DES DÉLÉGATIONS EXIGENT QUE LES CONTRIBUTEURS DE TROUPES

SOIENT PARTIES AUX PRISES DE DÉCISIONS CONCERNANT LE MAINTIEN DE LA PAIX

Un maintien de la paix légitime doit être accepté par le pays hôte, rester impartial,

et ne recourir à la force qu’en cas de légitime défense ou d’application de son mandat

Les pays contributeurs de troupes aux opérations de maintien de la paix doivent être consultés et impliqués dans les processus de mise en place de ces opérations, y compris dans les étapes de préparation, de planification, d’élaboration des mandats, de prise de décisions et d’évaluation.  C’est ce qu’ont demandé ce matin de très nombreuses délégations au cours du débat général tenu par la Commission des question politiques spéciales et de la décolonisation (Quatrième Commission) sur le point de son ordre du jour portant sur l’« Étude de toute la question des opérations de maintien de la paix sous tous leurs aspects ».

Satisfaire cette demande impérative suppose notamment que le Conseil de sécurité veille à ce qu’un cadre stratégique global, incluant un cadre de consultation avec les pays contributeurs de troupes, soit mis en place avec l’organisation de plus de sessions d’information périodiques portant sur des questions militaires par le Conseil de sécurité, le Comité spécial de l’ONU sur les opérations de maintien de la paix (Comité des 34), le Secrétariat et les pays contributeurs de contingents, a par exemple suggéré la délégation du Chili, qui s’exprimait au nom des États du Groupe de Rio.

Confier des mandats plus clairs et plus réalistes aux missions de maintien de la paix est indispensable pour leur réussite et serait en outre utile pour mettre fin aux controverses qui ont vu le jour sur cette question, a estimé le représentant du Népal, un pays contributeurs de troupes, résumant ainsi la position de nombreuses autres délégations.  Les mandats donnés aux missions ne doivent en outre pas être trop ambitieux, mais ils doivent, tout en étant réalistes, comprendre des stratégies de sortie de crise et de retrait des missions du théâtre d’opérations, une fois la paix revenue et la reconstruction postconflit entamée, a préconisé la délégation de la Thaïlande, agissant comme porte-parole des États de l’Association des nations d’Asie du Sud-Est (ANASE).

Par ailleurs, les délégations ont aussi rappelé que pour être légitime, une opération de maintien de la paix doit être menée conformément aux principes et aux buts de la Charte des Nations Unies, des résolutions pertinentes du Conseil de sécurité et des principes de base des opérations de maintien de la paix, à savoir: le consentement des parties, l’impartialité et le non-usage de la force, sauf en cas de légitime défense.  Les opérations de maintien de la paix doivent aussi respecter la souveraineté, l’intégrité territoriale et la non-ingérence dans les affaires intérieures des États.  À cet égard, les délégations du Soudan et de la Syrie ont ajouté qu’il faut que certains États évitent de manipuler l’ONU et d’utiliser des concepts comme celui de la « protection des civils » ou de la « responsabilité de protéger » pour contourner ces principes et s’ingérer dans les affaires intérieures d’autres pays, quand bien ceux-ci seraient pressentis pour accueillir une mission de l’ONU ou l’auraient déjà sur leur sol.

Enfin, les opérations de maintien de la paix ne constituent pas une panacée et ne doivent pas se substituer aux processus politiques.  Ainsi, après avoir remarqué que trois quarts du personnel et du budget des opérations de maintien de la paix sont déployés sur le continent africain, la représentante du Sénégal a estimé qu’il est indispensable de continuer de renforcer les capacités de l’Union africaine en matière de prévention des conflits, de médiation et de maintien de la paix.  Elle a souligné l’importance de la « diplomatie préventive ».

La Quatrième Commission poursuivra son débat général sur les opérations de maintien de la paix demain, mercredi 26 octobre, à 10 heures.

ÉTUDE D’ENSEMBLE DE TOUTE LA QUESTION DES OPÉRATIONS DE MAINTIEN DE LA PAIX SOUS TOUS LEURS ASPECTS

Suite du débat général

M. OCTAVIO ERRÁZURIZ (Chili), qui s’exprimait au nom des États du Groupe de Rio, a déclaré qu’il est impératif d’améliorer les capacités opérationnelles des opérations de maintien de la paix (OMP), ainsi que leur structure organisationnelle, à la fois au Secrétariat et sur le terrain.  La perception de leur légitimité est essentielle pour leur efficacité à long terme, a dit le représentant.  Cela passe par le respect des principes fondamentaux du maintien de la paix et par « l’universalisation » de la participation à ces missions.  Leur légitimité passe en outre par une coordination et une interaction efficaces entre toutes les parties concernées, notamment les pays contributeurs de contingents, les pays hôtes des missions et les États Membres de l’ONU par le truchement du Comité spécial des opérations de maintien de la paix (Comité des 34).  Il est important de renforcer un dialogue informel avec le Conseil de sécurité et la Cinquième Commission en vue d’améliorer les travaux du Comité spécial, a préconisé M. Errázuriz.  Par ailleurs, le Groupe de Rio appuie pleinement la stratégie d’appui aux missions, a-t-il ajouté.

Notant que la plus grande partie des effectifs militaires et de police des OMP sont originaires de pays en développement, le Groupe de Rio est d’avis que ces pays doivent être étroitement associés à tous les stades et aspects du maintien de la paix.  Cela suppose notamment qu’il y ait plus de sessions d’information périodiques sur des questions militaires entre le Conseil de sécurité, le Comité des 34, le Secrétariat et les pays contributeurs de contingents.  De plus ces missions doivent pouvoir disposer des capacités humaines et matérielles nécessaires et avoir des directives claires et des formations adéquates pour leur personnel, a ajouté le représentant.  Revenant également sur la question de la conduite morale du personnel de maintien de la paix, le représentant a réitéré l’attachement du Groupe de Rio à la politique de « tolérance zéro ».

Pour ce qui est du remboursement par les Nations Unies des pays contributeurs de contingents, le Groupe de Rio est préoccupé par le fardeau financier assumé par ces pays.  Les pays du Groupe de Rio estiment que cette situation remet en cause la viabilité de la participation des pays contributeurs de troupes aux opérations de maintien de la paix (OMP) à long terme.  Ils saluent la mise en place d’un Groupe consultatif de haut niveau pour étudier la question des taux de remboursement.  Ils saluent en outre les efforts faits pour assurer une formation et du matériel pédagogique adéquat au personnel de maintien de la paix par le biais des nouveaux modules de formation.

Enfin, le Groupe de Rio a insisté sur le lien indéniable qui existe entre paix et développement.  Par conséquent l’architecture de maintien de la paix des Nations Unies devrait reconnaitre cette réalité et veiller à ce qu’il y ait une bonne coordination avec les fonds et programmes des Nations Unies.

M. NATTAWUT SABYEROOP (Thaïlande), qui s’exprimait au nom de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ANASE), a déclaré que le maintien de la paix reste l’instrument prééminent pour la paix et la sécurité internationales.  Dans ce contexte, l’ANASE souligne qu’une opération de maintien de la paix légitime doit être menée conformément aux principes et aux buts de la Charte des Nations Unies, des résolutions pertinentes du Conseil de sécurité et des principes de base des opérations de maintien de la paix, à savoir, le consentement des parties, l’impartialité et le non-usage de la force, sauf en cas de légitime défense.  Les opérations de maintien de la paix doivent aussi respecter la souveraineté, l’intégrité territoriale et la non-ingérence dans les affaires intérieures, a ajouté le représentant.  M. Sabyeroop, colonel de l’armée thaïlandaise, a ensuite estimé que la paix et la sécurité durables dépendent de l’adoption d’une approche holistique.

Poursuivant son intervention, le représentant a plaidé pour une implication des pays contributeurs de troupes dans les processus de mise en place des opérations de maintien de la paix, y compris dans les étapes de planification, d’élaboration des mandats et d’évaluation.  De plus, les mandats ne doivent pas être trop ambitieux.  Ils doivent cependant être clairs, réalistes, et les missions doivent disposer de ressources suffisantes pour les mettre en œuvre, a-t-il ajouté.  De même, l’ANASE est d’avis que la coopération Sud-Sud devrait jouer un rôle en ce qui concerne les politiques adoptées pour faire face à la réduction des ressources.  Concluant son intervention, le représentant a rappelé que l’ANASE participe activement aux opérations de maintien de la paix et fournit actuellement 5 000 personnels de police et experts militaires aux missions de paix onusiennes.  À son échelle  nationale, la Thaïlande est disposée à envoyer plus de troupes, a enfin indiqué le colonel Sabyeroop.

M. JOÃO AUGUSTO COSTA VARGAS (Brésil) a axé son intervention sur trois points, à savoir: les moyens pour garantir la « viabilité » de la paix; les capacités humaines et matérielles du maintien de la paix; et l’avenir du Comité spécial des opérations de maintien de la paix (Comité des 34).  Pour M. Vargas, les Casques bleus ne peuvent pas, à eux seuls, régler les conflits.  Il faut pour cela que les conditions d’une paix durable existent, ce qui suppose que sécurité et développement aillent « main dans la main ».  Le Brésil soutient, par conséquent, la proposition du Secrétaire général qui suggère que les missions de maintien de la paix fournissent des informations sur l’impact économique qu’elles ont au plan local.  Parallèlement, ces missions doivent s’efforcer de faire respecter l’état de droit dans tous les secteurs, y compris dans la gestion des ressources naturelles et des droits fonciers, et dans la mise en place des structures économiques.  Par ailleurs, il faut pouvoir compter sur des ressources humaines et matérielles de haut niveau pour pouvoir mener à bien les mandats des opérations de maintien de la paix (OMP), a estimé M. Vargas, ce qui s’avère être une tâche difficile dans l’environnement économique actuel.

Il n’en demeure pas moins que le maintien de taux de remboursement trop bas, en ce qui concerne les dépenses engagées par les pays contributeurs de troupes, ne contribue pas à limiter le coût du maintien de la paix, a-t-elle estimé.  Le Brésil estime qu’il y a un problème sérieux, car le fardeau du maintien de la paix à travers les OMP semble avoir été mis sur les épaules des pays contributeurs de troupes.  L’insuffisance des ressources qu’on leur donne n’encourage en rien l’amélioration de la formation et des capacités des personnels déployés, a dit M. Vargas.

La délégation brésilienne estime en outre qu’il faut veiller à une meilleure représentation des femmes parmi le personnel de maintien de la paix, de même qu’une représentation géographique plus équitable.  En ce qui concerne la pertinence des travaux du Comité des 34, M. Vargas a préconisé que son rapport soit plus orienté sur des actions concrètes à mener.  Par ailleurs, il est important de permettre à tous les États Membres de participer aux négociations menées au sein de ce Comité, a-t-il ajouté.  Á ce titre, le Brésil salue les efforts conjoints déployés par le Maroc et le Canada en vue de renforcer les méthodes de travail du Comité spécial.

Mme YUSRA KHAN (Indonésie) a rappelé que, depuis 1957, l’Indonésie a été contributeur de troupes aux opérations de maintien de la paix (OMP) de l’ONU et continuera à le faire.  La délégation indonésienne est d’avis que, depuis un certain temps, le Comité spécial du maintien de la paix n’a pas été à la hauteur des attentes des États Membres, a dit Mme Khan.  Elle a insisté sur le fait que les missions de l’ONU doivent impérativement respecter les trois principes de base qui sont: le consentement des parties, l’impartialité, et le non-recours à la force, sauf en cas d’autodéfense et pour défendre le mandat du Conseil de sécurité.  De plus, compte tenu de leur complexité croissante, ces missions doivent avoir des directives claires, des ressources humaines et matérielles adéquates et des formations appropriées.

La délégation de l’Indonésie estime que le manque de ressources peut avoir des conséquences graves pour la sécurité du personnel de maintien de la paix, ainsi que pour sa capacité à garantir la protection des civils.  À ce titre, Mme Khan a précisé que la responsabilité première de la protection des civils incombait au gouvernement du pays hôte de la mission, et que les mandats des missions devaient en tenir compte.  Toute paix durable repose sur une approche globale des causes du conflit et ne saurait être le simple fait du maintien de la paix.  Il est important de s’attaquer aux causes profondes des conflits, et la consolidation de la paix postconflit est une étape clef pour la période de transition des sociétés concernées vers une paix durable.  À ce titre, la représentante a salué le rôle assumé par la Commission de consolidation de la paix des Nations Unies.

M. PHAM VINH QUANG (Viet Nam) a déclaré soutenir les recommandations contenues dans le rapport du Comité des opérations de maintien de la paix visant à préserver l’unité de commandement dans les missions et la cohérence des politiques stratégiques.  Dans ce cadre, le Viet Nam est convaincu que les mandats et le processus de réforme des opérations de maintien de la paix doivent se faire en stricte conformité avec les principes de la Charte des Nations Unies et les principes universellement reconnus, comme le consentement des parties, le non-usage de la force, sauf en cas de nécessité et de légitime défense, la totale impartialité, ou encore le respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale des États.  Le Viet Nam estime par ailleurs que les pays contributeurs de troupes doivent être associés au processus de préparation, de surveillance, d’évaluation et de prise de décision concernant la conduite des opérations.  De même, les procédures de communication avec le Conseil de sécurité doivent être renforcées, a ajouté le représentant vietnamien.  En outre, le Viet Nam pense aussi que la coopération entre les Nations Unies et les organisations sous-régionales de paix et de sécurité peut apporter une valeur ajoutée.  Enfin, le maintien de la paix ne saurait constituer une panacée ni se substituer aux processus politiques locaux, a encore déclaré le représentant.

M. MONZER FATHI SELIM (Égypte) a déclaré que l’augmentation croissante des activités de maintien de la paix des Nations Unies nécessite une meilleure capacité d’évaluation des situations de conflits; une planification plus efficace qui se base sur des informations justes; et une capacité de réponse rapide aux situations d’urgence.  « Les missions de maintien de la paix ne devraient jamais être utilisées comme une alternative au règlement des causes profondes des conflits », a-t-il poursuivi.  Le maintien de la paix devrait se baser sur une approche globale et une vision cohérente dont la mise en œuvre passe par des instruments politiques, sociaux et de développement, de manière à assurer une transition fluide vers une paix et un développement durables, a dit le représentant.

La délégation égyptienne réitère l’importance de parvenir à un consensus entre États Membres sur les politiques de maintien de la paix et de veiller à ce que seules des approches ayant été validées collectivement soient retenues.  Il s’agit aussi de garantir les ressources financières, logistiques et humaines nécessaires aux missions qui doivent avoir un mandat clair et réaliste du Conseil de sécurité, a dit M. Selim.  La délégation égyptienne insiste également sur l’importance de la pleine participation des pays fournisseurs de contingents à la formulation des politiques et à la prise de décision en matière de maintien de la paix en vue de parvenir à un véritable partenariat.  Elle plaide pour qu’une plus grande importance soit accordée aux stratégies de sortie, de manière à éviter que les missions de maintien de la paix ne se transforment en missions de « gestion des conflits ».  L’Égypte souhaite en outre une plus grande intégration entre maintien de la paix et consolidation de la paix, de manière à accompagner les efforts de paix de moyens permettant d’assurer une reprise économique et la consolidation des capacités nationales.

M. Selim a également averti qu’il ne fallait pas que les Nations Unies utilisent le prétexte de la protection des civils pour justifier des interventions militaires.  Il a également plaidé en faveur d’une plus grande coopération avec les organisations régionales, et en particulier avec l’Union africaine, notamment par le biais d’un soutien financier et logistique de ses opérations.

M. ABUZIED SHAMSELDIN AHMED MOHAMED (Soudan) a déclaré que son pays a tenu tous ses engagements relatifs à l’Accord de paix global, en organisant notamment le référendum d’autodétermination du Soudan du Sud et en reconnaissant le nouvel État du Soudan du Sud.  Le Soudan a aussi pris plusieurs initiatives pour faire la paix au Darfour.  Dans ce contexte, il a invité la communauté internationale à faire pression sur les parties qui refusent d’appliquer cette paix, en particulier au Darfour.  Poursuivant son intervention, le représentant a estimé que les opérations de maintien de la paix doivent respecter les principes et buts de la Charte de Nations Unies et les principes même des opérations de maintien de la paix.  Dans ce contexte, M. Ahmed Mohamed a estimé qu’il faut éviter d’utiliser des concepts comme celui de la protection des civils pour contourner ces principes et s’ingérer dans les affaires intérieurs des pays hôtes des missions de l’ONU.  Les opérations de maintien de la paix ne peuvent pas remplacer les processus politiques, a-t-il ajouté, estimant que celles-ci doivent avoir un mandat et une stratégie clairs, y compris pour la sortie.

Mme FATOU ISIDORA MARA NIANG (Sénégal) a rappelé que 115 pays fournissent des contingents pour la formation des Casques bleus des Nations Unies, dont le nombre a été multiplié par neuf depuis 1999, avant de demander que leurs conditions de travail sur le terrain soient améliorées pour leur permettre de mener à bien leur mission.  Avec des missions de plus en plus complexes qui couvrent désormais les fonctions militaires, politiques, humanitaires, voire de consolidation de la paix, il est impératif que tous les acteurs du maintien de la paix s’engagent plus pour l’efficacité de ces opérations.  C’est dans cet esprit que le Sénégal plaide pour la mise en place d’une sérieuse amélioration du dialogue triangulaire et pour un partage d’informations entre le Secrétariat, le Conseil de sécurité et les pays contributeurs de troupes.  « Ces exercices qui devraient garantir la responsabilisation de chacun à tous les niveaux, sont fondamentaux pour que le Conseil définisse des mandats clairs et réalisables, des objectifs à atteindre, ainsi que des tâches à accomplir par les missions», a estimé la représentante.

Mme Niang a également plaidé en faveur de campagnes de sensibilisation sur les objectifs visés afin de favoriser l’appui des populations locales aux missions, et notamment l’appui des femmes.  Par ailleurs, il est essentiel que ces missions puissent compter sur la disponibilité de ressources financières et logistiques adéquates et prévisibles.  S’agissant des pays contributeurs de troupes, la représentante a estimé qu’ils devaient porter une plus grande attention à la formation et à la préparation des soldats de la paix mis à la disposition de l’ONU, de manière à doter les OMP de personnels qualifiés, bien intégrés et bien outillés, et prêts à respecter les us et coutumes en vigueur dans les zones d’opération.  La déléguée a également proposé que les États Membres constituent, en leur sein, des forces de réserve spécialisées dans le domaine du maintien de la paix, et susceptibles d’être déployées rapidement en cas de besoin.  Après avoir remarqué que trois quart du personnel et du budget des OMP sont déployés sur le continent africain, elle a estimé qu’il devient indispensable de continuer de renforcer les capacités de L’Union africaine en matière de prévention des conflits, de médiation et de maintien de la paix.  Par ailleurs, elle a défendu l’intérêt de la diplomatie préventive et des systèmes d’alerte rapide qui peuvent être « d’un grand secours » pour neutraliser certains conflits dès les premiers signes.

M. GYAN CHANDRA ACHARYA (Népal) a estimé que la clarté conceptuelle s’agissant des mandats des opérations de maintien de la paix serait plus qu’utile pour faire taire les controverses qui ont vu le jour sur cette question.  En tant qu’activité phare des Nations Unies, les opérations de maintien de la paix doivent faire l’objet d’une coopération accrue au sein du système, a préconisé M. Acharya. Pour cela, il faut que le Conseil de sécurité veille à ce qu’un cadre stratégique global, incluant un cadre de consultation avec les pays contributeurs de troupes, soit mis en place.  Cela est essentiel pour la réussite des opérations de maintien de la paix sur le terrain, a-t-il ajouté, estimant aussi que mettre des ressources adéquates à la disposition des missions accroît les chances de succès des opérations de maintien de la paix.

Mme MONICA BOLAÑOS-PEREZ (Guatemala) a déclaré que toutes les propositions, s’agissant de la stratégie globale d’appui aux opérations de maintien de la paix, devraient être analysées en profondeur, en tenant compte des besoins spécifiques de chaque mission et de son mandat.  La représentante a ensuite estimé que les pays contributeurs de troupes doivent être consultés à toutes les étapes des opérations de maintien de la paix, et, en particulier, lorsqu’il s’agit de discuter de changements ou d’ajustement des mandats, ou encore du nombre des effectifs à déployer sur le terrain.  Par ailleurs, pour appliquer ces mandats, il est nécessaire d’aborder la question du manque ou de la diminution des ressources, à travers une meilleure coordination entre le Conseil de sécurité, le Secrétariat et les pays contributeurs de troupes.

La représentante est également revenue sur le coût des opérations de maintien de la paix, relevant que 90% du budget qui leur sont alloués proviennent de moins de 10 pays industrialisés, alors que 90% des troupes déployées proviennent de pays en développement.  Cette situation crée des tensions de nature à compromettre cette activité, a-t-elle averti.  Dans ce contexte, a indiqué la représentante, le Guatemala a plaidé pour une rationalisation des remboursements de frais aux pays contributeurs de troupes.  Même si cela ne constitue pas une activité lucrative pour son pays, la représentante a indiqué que le Guatemala est cependant attaché au remboursement des frais qu’il a engagés pour l’engagement de ses troupes en République démocratique du Congo.

Mme MARIA WALESKA VIVAS MENDOZA (Venezuela) a souligné que les défis auxquels sont confrontées les opérations de maintien de la paix (OMP) appellent urgemment une évaluation critique de ces missions.  La délégation du Venezuela a constaté un processus de « transformation » de la nature des mandats, confiés à ces OMP, qui sont devenus des mandats complexes de missions intégrées ayant des composantes civiles, militaires et de police.  Mme Vivas Mendoza a dit qu’il faut garantir une meilleure intégration et un passage en douceur entre le maintien de la paix et la consolidation de la paix, ce qui suppose, selon elle, que l’on comprenne les priorités nationales des pays touchés par les conflits.

Il en va de la cohérence entre les lignes d’action des gouvernements nationaux et celles des missions de la paix.  Par ailleurs, il faut faire en sorte que les populations locales comprennent mieux les objectifs et mandats des missions, car leur légitimité sur le terrain en dépend, a dit Mme Vivas Mendoza.  La représentante est également revenue sur la question de la protection des civils et, en particulier, sur les tensions qu’elle suscite.  Ces tensions découlent du vide juridique en matière de délimitation entre la responsabilité des États, en ce qui concerne la protection de leurs populations civiles et celle que peuvent assumer les missions de maintien de la paix.  À la lumière d’expériences récentes, il est important de veiller à ce que les OMP continuent à respecter les principes fondamentaux du maintien de la paix, a souligné la représentante.  La délégation vénézuélienne appuie les efforts visant à améliorer le processus de travail du Comité spécial des opérations de maintien de la paix par le biais d’un dialogue franc et ouvert avec les diverses composantes des missions.  Un tel dialogue permettrait d’éviter des incohérences entre les recommandations du Comité et la réalité sur le terrain, a indiqué Mme Vivas Mendoza.

M. HASAN SH J Y A ABULHASAN (Koweït) a déclaré qu’il est nécessaire de définir clairement les missions et objectifs des opérations de maintien de la paix.  Il faut aussi procéder à des consultations et les poursuivre avec les pays contributeurs de troupes qui doivent être intégrés dans les processus d’élaboration de mandat et de prise de décision.  Le représentant a aussi plaidé en faveur d’un soutien financier accru aux opérations de maintien de la paix.  De même, il faut équiper les troupes en matériel technologique moderne, afin de garantir le succès des opérations de maintien de la paix, a-t-il poursuivi, avant d’estimer que des évaluations de terrain sont également nécessaires.  En conclusion, le représentant a indiqué que le Koweït avait triplé ses contributions financières en ce qui concerne les opérations de maintien de la paix.  Le représentant a donc invité les autres États Membres à s’acquitter de leurs engagements financiers.

M. NEBIL SAID IDRIS (Érythrée) a pris note des effets majeurs que les développements internationaux des 20 dernières années ont eu sur le maintien de la paix, soulignant plus particulièrement qu’a présent, il s’agit le plus souvent de conflits intra-étatiques.  Dans ce contexte, les Casques bleus sont souvent appelés à assumer des fonctions nouvelles, comme la protection des civils et la consolidation de la paix, a-t-il noté.  Compte tenu de cette complexité croissante des opérations de maintien de la paix (OMP), il faut réexaminer le concept même du maintien de la paix par le biais du dialogue entre toutes les parties concernées.  La délégation de l’Érythrée estime qu’il ne faut pas ignorer les principes fondamentaux du maintien de la paix, comme notamment l’impartialité, l’accord des parties, le respect de la souveraineté et la non-ingérence.  Le maintien de la paix ne doit pas non plus devenir un substitut aux solutions réelles à apporter aux causes profondes des conflits, a dit M. Said Idris.  Le représentant a également mis l’accent sur l’importance des arrangements régionaux en matière de maintien de la paix, dans la mesure où ils sont conformes à la Charte des Nations Unies et ne prétendent pas remplacer l’ONU dans son rôle et ses missions.  Abordant la question de la crédibilité du maintien de la paix, M. Said Idris a estimé qu’il fallait la  sauvegarder, et, que pour cela, il faut endiguer le phénomène de rejet et les doutes créés par la mauvaise conduite de certains Casques bleus et de veiller à ce que tout acte de mauvaise conduite soit jugé et puni.

M. PNG YAN DA (Singapour) a déclaré que le renforcement des capacités est la meilleure façon d’aider les communautés à sortir de conflits.  Il a souligné le rôle du développement dans ce processus.  Le représentant a ensuite estimé que la protection des civils ne saurait être de la seule responsabilité des soldats de la paix.  Il faut former les forces locales à cette tâche et leurs donner des ressources suffisantes pour qu’elles puissent s’acquitter de leurs tâches, a-t-il plaidé.  Le représentant a enfin estimé que les besoins spécifiques des femmes dans les situations postconflit doivent pris en compte.

M. HAIM ASSARAF (Israël) s’est félicité de la participation de policiers israéliens à la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH). « C’est le premier déploiement du genre pour Israël », a-t-il souligné, précisant que son pays était prêt à renforcer cette participation à l’avenir.  Remerciant ensuite la Force intérimaire de l’ONU au Liban (FINUL) pour son rôle important de stabilisation à la frontière libano-israélienne, il a réitéré l’engagement de son pays à respecter la résolution 1701 qui a mis fin à la guerre entre Israël et le Hezbollah libanais.

Le représentant israélien s’est toutefois inquiété d’une série de défis auxquels était confronté la FINUL ces dernier mois. Il a cité en particulier des attaques à l’explosif lancées contre des convois de la force onusienne en mai et juillet dernier, et des obstructions répétées contre la mobilité de convois, « opérées par de soi-disant civils » qui en réalité obéissent au Hezbollah. M. Assaraf a demandé à la communauté internationale de dénoncer cette « tactique dangereuse », qui « empêche la FINUL de remplir son mandat ».  Il a rappelé le caractère « inacceptable et intolérable » des attaques contre des missions de maintien de la paix de l’ONU.

M. Assaraf a dénoncé également le renforcement des capacités militaires du Hezbollah au Sud-Liban, où des bâtiments publics servent, selon lui, de caches d’armes, en violation de la résolution 1701.  Dans ce contexte, le représentant israélien a appelé la FINUL et l’armée libanaise à entreprendre « des actions plus significatives » pour arrêter ce « dangereux réarmement ».

Concluant son intervention, le représentant a mis en avant « le rôle critique » qui incombe à la Force des Nations Unies chargée d’observer le désengagement (FNUOD) pour maintenir la stabilité à la frontière israélo-syrienne.  Rappelant les violentes attaques lancées par des manifestants syriens en mai et juin dernier contre Israël, il a fait part « des préoccupations grandissantes » de son pays face à ces incidents. « Cette Commission devrait être claire: l’usage de la violence contre des forces de maintien de la paix est inacceptable », a insisté M. Assaraf.

M. ONON SODOV (Mongolie) a rappelé que le maintien de la paix est un des domaines auquel la Mongolie attache une grande importance, car il représente un instrument clef de l’effort des Nation Unies pour maintenir la paix internationale et la sécurité –c’est-à-dire le but premier des Nations Unies.  Le représentant a souligné que la Mongolie apportait sa participation à différentes opérations de maintien de la paix en divers points chauds du monde, notamment au Darfour, en Iraq, et dans le Sud du Soudan.  M. Sodov a noté que l’étendue et la complexité des opérations de maintien de la paix avaient dramatiquement augmenté et que cette tendance semblait se poursuivre dans le futur.  Nous nous joignons aux autres États Membres qui demandent que soient comblés les manques et insuffisances pouvant exister d’un point de vue des ressources financières, logistiques, et d’équipement alors que le maintien de la paix, auquel œuvrent les Nations Unies, s’intensifie et que son étendue évolue dans un environnement complexe.  Pour la Mongolie, lorsque le Conseil de Sécurité prend des décisions sur la création de nouvelles missions et sur des nouveaux mandats, il est également important qu’il prenne en compte les vues des pays qui contribuent à l’envoi de troupes, cela de façon inclusive et consultative, a dit M. Sodov.  Enfin, le représentant a rappelé que la sûreté et la sécurité du personnel sur le terrain sont des priorités absolues.  À cet effet, la Mongolie a pris la décision de contribuer à la formation d’une unité de sécurité placée auprès de la Mission d’assistance des Nations Unies pour l’Iraq.  La protection des civils est également un impératif, a ajouté le représentant.

M. ROBERTO RODRIGUEZ (Pérou) a déclaré que son pays considère qu’il est important que toutes les parties prenantes maintiennent une coopération étroite en ce qui concerne la mise en œuvre de la Stratégie globale d’appui, de façon à poursuivre l’impératif de réussite des opérations de maintien de la paix.  Il est en outre nécessaire d’évaluer les opérations de maintien de la paix, a-t-il ajouté soulignant en cela le rôle de tous les organes pertinents en la matière, dont le Conseil de sécurité, le Comité spécial de l’ONU sur les opérations de maintien de la paix ou les pays contributeurs de troupes eux-mêmes.  En ce qui concerne les mandats des opérations de maintien de la paix, le représentant a indiqué qu’il fallait plus de clarté conceptuelle avant leur déploiement.  Ceci pourrait leur garantir plus de succès.

M. IHAB HAMED (République arabe syrienne) a réaffirmé la responsabilité primordiale qui incombe à l’ONU en matière de préservation de la paix et de la sécurité, notamment à travers le maintien de la paix.  Il a cependant insisté sur le fait que les principes de la Charte réaffirment l’importance du respect de la non-ingérence dans les affaires intérieures des États et de la souveraineté des États, et qu’il est impératif que les opérations de maintien de la paix (OMP) respectent ces principes, ceci sans exception.  « Il faut éviter toute interprétation ponctuelle et tendancieuse de la Charte », a-t-il précisé.  S’agissant des principes fondamentaux du maintien de la paix comme le consentement des parties et l’impartialité, il a fait remarquer qu’ils exigent explicitement l’accord préalable des États avant tout déploiement d’une mission de maintien de la paix sur leur territoire.  À ce titre, il a dénoncé les tentatives de certains États qui veulent contourner et mettre de coté ces principes.

Pour la Syrie, les OMP ne sauraient être un substitut à une solution durable des conflits par les acteurs impliqués.  Les OMP doivent être accompagnées par un processus durable du maintien de la paix, a souligné M. Hamed.  Notant que certaines missions sont actuellement « chargées de la protection des civils », M. Hamed a rappelé que cette responsabilité revient en premier lieu au pays hôte de la mission.  « Il ne faut pas utiliser ce concept comme prétexte pour s’ingérer grossièrement dans les affaires intérieures de l’État concerné », a-t-il averti.  Ainsi, a-t-il souligné, la Syrie engage le Secrétariat à ne pas présenter d’initiatives, en ce sens, sans consultation et accord préalables de tous les États Membres par le biais du Comité des 34.  Il a également regretté que les missions déployées au Moyen-Orient se prolongent depuis des décennies, et a affirmé que la paix au Moyen-Orient reste une possibilité lointaine du fait de l’occupation israélienne des territoires arabes et des violations flagrantes que commet Israël contre le droit international.  La Syrie demande donc à l’ONU de faire pression sur Israël pour qu’il mette un terme à l’occupation.

M. VINCENT NYAKARUNDI (Rwanda) a déclaré que les mandats des opérations de maintien de la paix doivent prendre en compte des données et facteurs réalistes, de façon à permettre aux soldats de la paix de mieux les considérer et les appliquer sur le terrain.  Ces mandats doivent en outre intégrer des stratégies de sortie de crise, a recommandé le représentant.  Il a aussi estimé que les soldats devraient être correctement équipés pour pouvoir exécuter leurs missions.  « La sécurité de nos soldats est une responsabilité commune », a ajouté M. Nyakarundi, estimant que les soldats de la paix devraient avoir les moyens de remplir leurs missions en matière de protection des civils.  Dans ce contexte, des ressources suffisantes sont nécessaires, a-t-il ajouté, estimant que beaucoup de débats avaient eu lieu sur la question, mais que peu de résultats tangibles avaient été obtenus.  Le représentant s’est ensuite félicité que le Comité consultatif se soit saisi de cette question.

M. MACHARIA KAMAU (Kenya) a estimé que les succès des missions de maintien de la paix dépendent du respect des trois principes fondamentaux que sont: le consentement des parties, l’impartialité de l’ONU et le non-recours à la force, sauf en cas d’autodéfense ou pour protéger le mandat donné par le Conseil de sécurité.  Constatant que les organisations régionales assument de plus en plus le rôle central dans le règlement de nombreux conflits, M. Kamau a exigé que cela se fasse conformément au Chapitre VII de la Charte des Nations Unies.  Il a également vanté les mérites de la diplomatie préventive et de la médiation, citant à ce titre les initiatives de l’Union africaine au Darfour, en Somalie, au Soudan, et au Soudan du Sud.  Cependant, pour pouvoir poursuivre sur cette voie, il est essentiel que les capacités de maintien de la paix de l’Union africaine bénéficient d’un soutien financier supplémentaire, a souligné le représentant.

Tout en saluant le rôle du Bureau d’appui de l’ONU pour la Mission de l’Union africaine en Somalie (UNSOA), la délégation kényane estime que la communauté internationale doit faire davantage pour appuyer la Mission de l’Union africaine en Somalie (AMISOM) et propose d’en faire soit une mission onusienne, soit une mission hybride, à l’instar de celle déployée au Darfour, a dit M. Kamau.  Le représentant s’est également dit préoccupé par les taux trop bas et les retards constatés dans les opérations de remboursement des frais engagés par les pays contributeurs de troupes.  Il a préconisé qu’un mécanisme d’examen de cette question soit mis en place avec l’accord des donateurs et des pays contributeurs de troupes.  Il a également insisté sur la notion de « qualité » du personnel mis à disposition de l’ONU, et sur l’importance de la formation de ce dernier par le biais de modules de formation standardisés avant même que les contingents ne soient déployés.  À cet égard, le Centre de formation pour le soutien de la paix du Kenya est un centre d’excellence en Afrique, a-t-il affirmé.  Pour ce qui est de la protection des civils, le Kenya souhaite que l’on définisse des directives claires pour délimiter la responsabilité des gouvernements des pays hôte en la matière et celles qui pourraient être assumées par les OMP à ce titre.

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