Élection présidentielle en Côte d’Ivoire: des questions doivent encore être réglées, affirme le Chef de l’ONUCI devant le Conseil de sécurité

21 janvier 2010
CS/9850

Élection présidentielle en Côte d’Ivoire: des questions doivent encore être réglées, affirme le Chef de l’ONUCI devant le Conseil de sécurité

Plusieurs fois reportée, l’élection présidentielle en Côte d’Ivoire aura lieu au printemps 2010 si, d’ici là, « des solutions sont trouvées sur les questions de la seconde liste électorale et de la réunification », a affirmé, ce matin devant le Conseil de sécurité, le Représentant spécial du Secrétaire général et Chef de l’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire (ONUCI), M. Choi Young-Jin.

 

De son côté, le Représentant permanent de la Côte d’Ivoire auprès des Nations Unies, M. Alcide Djedje, a assuré que les Ivoiriens étaient « pressés d’aller à des élections transparentes et crédibles avec une liste électorale fiable, conformément aux critères de certification définis par les Nations Unies ».

 

M. Choi, qui présentait le rapport du Secrétaire général, a souligné que, depuis son dernier exposé devant le Conseil de sécurité, en septembre 2009, le processus électoral ivoirien avait enregistré des progrès remarquables dans un environnement pacifique. 

 

Le Représentant spécial a indiqué que la Commission électorale indépendante (CEI) avait publié le 23 novembre 2009 une liste électorale provisoire répertoriant 5,3 millions de personnes, l’inscription restant à être confirmée pour environ un million d’autres.  « Cette liste provisoire était bien équilibrée, crédible et faisait l’objet d’un consensus de la part des principaux protagonistes politiques », a-t-il souligné.

 

Toutefois, a poursuivi M. Choi, un problème est survenu concernant la procédure de recours alors que la CEI, procédant à une vérification du million de personnes non identifiées, publiait une seconde liste de 429 000 personnes identifiées. 

 

Le contentieux qui entoure cette seconde liste n’est pas encore réglé, a-t-il poursuivi, précisant qu’il faudra encore quelques semaines pour que le processus électoral soit relancé.  « L’ONUCI fera de son mieux avec la collaboration des protagonistes de l’Accord politique de Ouagadougou, en particulier avec le Bureau du Facilitateur, pour minimiser le retard et établir la liste électorale définitive », a déclaré le Représentant spécial.

 

M. Choi a, de même, relevé des progrès « extrêmement lents » sur la question de la réunification du pays, lesquels constituent un « obstacle supplémentaire » au calendrier électoral.  « Si des solutions sont trouvées sur les questions de la seconde liste électorale et de la réunification, l’élection présidentielle tant attendue aura finalement lieu au printemps 2010 », a affirmé le Chef de l’ONUCI.

 

Pour le représentant de la Côte d’Ivoire, qui rendait compte, de son côté, des derniers développements dans la mise en œuvre de l’Accord politique de Ouagadougou, « les conditions pour la tenue d’un scrutin présidentiel transparent et juste sont liées à la confection d’une liste électorale crédible qui soit au-dessus de tout soupçon, et également à l’organisation du vote dans un environnement sécurisé ».

 

M. Djedje a ajouté, à cet effet, que pour « pallier le déficit en nombre des Casques bleus et celui des brigades mixtes du Centre de commandement intégré », le Président de la Côte d’Ivoire, M. Laurent Gbagbo, et le Facilitateur du dialogue direct, le Président du Burkina Faso, M. Blaise Compaoré, avaient « sollicité le déploiement rapide d’un contingent militaire burkinabè ».

 

Cette requête, a-t-il expliqué, a été « soumise au Conseil de sécurité avec les recommandations favorables du Secrétaire général ».  « Ces troupes participeront à la sécurisation du processus électoral et seront sous mandat onusien pendant trois mois », a-t-il précisé, indiquant que le Gouvernement ivoirien sollicitait l’appui du Conseil de sécurité pour leur déploiement effectif.

 

Par ailleurs, le représentant a, au nom de son gouvernement, présenté ses condoléances aux familles des employés des Nations Unies tués la semaine dernière dans le tremblement de terre qui a ravagé Haïti.  Il a en particulier rendu hommage au Représentant spécial du Secrétaire général et Chef de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH), Hédi Annabi, qui, a-t-il dit, « aura tant fait pour le retour de la paix en Côte d’Ivoire ».  « Pendant toutes ces années, il a contribué de manière significative au succès du processus de paix ivoirien », a déclaré M. Djedje. 

 

*     S/2010/15

 

LA SITUATION EN CÔTE D’IVOIRE

 

Vingt-troisième rapport du Secrétaire général sur l’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire (S/2010/15)

 

Le Secrétaire général de l’ONU, M. Ban Ki-moon, dans ce vingt-troisième rapport sur l’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire (ONUCI), qui porte sur les trois derniers mois, souligne que la situation générale en matière de sécurité en Côte d’Ivoire est demeurée stable, et il recommande au Conseil de sécurité de proroger de six mois le mandat de l’ONUCI, jusqu’au 31 juillet 2010.

 

En dépit du report de l’élection présidentielle, qui aurait dû avoir lieu le 29 novembre dernier, le processus électoral s’est déroulé comme prévu et les préparatifs ont progressé à un rythme encourageant, affirme M. Ban.  En maintenant le dialogue entre elles et en œuvrant de manière concertée, les parties et les institutions ivoiriennes ont facilité les progrès, écrit-il, engageant les parties à poursuivre sur cette voie et les institutions nationales responsables à exécuter dans les meilleurs délais les tâches restant à accomplir.

 

Le Secrétaire général estime que la publication de la liste électorale provisoire est une étape importante sur la voie de la tenue de l’élection et que les progrès accomplis jusqu’à présent dans le traitement des appels sont eux aussi encourageants.  M. Ban engage la Commission électorale indépendante et ses partenaires techniques à parachever la liste électorale définitive de manière transparente et crédible.

 

Pour que les derniers préparatifs des élections puissent être menés à bien, il faudra que la communauté internationale maintienne son engagement, y compris pour ce qui est de sécuriser le processus, recommande le Secrétaire général.  Il invite ainsi les parties ivoiriennes à faire progresser le déploiement des brigades mixtes dans tout le pays.  L’ONUCI, qui continuera d’appuyer ces efforts, est en train d’adapter la planification de sa sécurité interne à l’évolution des critères de sécurité, précise Ban Ki-moon.

 

Le Secrétaire général, qui indique avoir reçu une lettre datée du 19 décembre, dans laquelle le Président Gbagbo et le Facilitateur, le Président Compaoré, proposent le déploiement à l’ONUCI, pour une période limitée à trois mois, d’une unité militaire du Burkina Faso comptant jusqu’à 500 hommes, exprime son intention de faire part au Conseil de sécurité et aux pays fournisseurs de contingents de ses recommandations à cet égard.

 

Au-delà des élections, de grosses difficultés demeurent en lien avec les aspects inachevés de l’Accord politique de Ouagadougou, en particulier ceux qui ont trait à la réunification du pays telle qu’elle est envisagée dans le quatrième accord complémentaire, observe également M. Ban, citant notamment le désarmement des ex-combattants des Forces nouvelles et le démantèlement des milices, la réunification des forces de défense et de sécurité ivoiriennes, le redéploiement effectif de l’administration de l’État sur l’ensemble du territoire et la centralisation du Trésor.  Il engage vivement les parties ivoiriennes à poursuivre leur collaboration en vue de continuer de progresser dans ces domaines.

 

La tenue d’élections concluantes et pacifiques au premier semestre de 2010 permettrait de définir de quelle manière l’Organisation des Nations Unies devrait agir à l’avenir en Côte d’Ivoire pour y appuyer la consolidation de la paix et le relèvement, note le Secrétaire général, qui prévoit d’envoyer en Côte d’Ivoire, immédiatement après l’élection présidentielle, une mission d’évaluation technique. 

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