LE CONSEIL DE SÉCURITÉ PROROGE LE MANDAT DE LA MISSION DES NATIONS UNIES EN ÉTHIOPIE ET ÉRYTHRÉE JUSQU’AU 15 AVRIL 2006

14 mars 2006
CS/8659

LE CONSEIL DE SÉCURITÉ PROROGE LE MANDAT DE LA MISSION DES NATIONS UNIES EN ÉTHIOPIE ET ÉRYTHRÉE JUSQU’AU 15 AVRIL 2006

14/03/2006
Conseil de sécurité
CS/8659
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Conseil de sécurité

5384e séance – matin


LE CONSEIL DE SÉCURITÉ PROROGE LE MANDAT DE LA MISSION DES NATIONS UNIES EN ÉTHIOPIE ET ÉRYTHRÉE JUSQU’AU 15 AVRIL 2006


Au cours d’une brève séance ce matin, le Conseil de sécurité a décidé de proroger le mandat de la MINUEE pour une période d’un mois.  En adoptant à l’unanimité la résolution 1661 (2006), le Conseil exige que l’Éthiopie et l’Érythrée appliquent intégralement les demandes qui leur avaient été faites le 23 novembre 2005 et contenues dans la résolution 1640 (2005).  Il avait notamment été requis que les parties fassent preuve de la plus grande retenue et s’abstiennent de recourir à la menace ou à l’emploi de la force l’une contre l’autre; le Conseil avait exigé du Gouvernement érythréen qu’il annule sans plus tarder et sans préalable sa décision d’interdire les vols d’hélicoptère de la MINUEE; il avait exigé de l’Éthiopie qu’elle accepte pleinement et sans plus tarder la décision définitive et contraignante de la Commission du tracé de la frontière et prenne immédiatement des mesures concrètes pour remettre, sans préalable, à la Commission de procéder à l’abornement intégral et rapide de la frontière.



LA SITUATION ENTRE L’ÉRYTHRÉE ET L’ÉTHIOPIE


Projet de résolution S/2006/155


Le Conseil de sécurité,


Rappelant toutes ses résolutions et déclarations antérieures concernant la situation entre l’Éthiopie et l’Érythrée ainsi que les exigences qu’il y a formulées, notamment les résolutions 1622 (2005) du 13 septembre 2005 et 1640 (2005) du 23 novembre 2005 et la déclaration de son président en date du 24 février 2006 (S/PRST/2006/10),


Soulignant son engagement sans faille en faveur du processus de paix et de l’application prompte et intégrale des Accords d’Alger,


Soulignant également que l’instauration d’une paix durable entre l’Éthiopie et l’Érythrée (ci-après dénommées « les parties ») et dans la région passe par la démarcation complète de la frontière entre les  parties, et rappelant que ces dernières sont convenues d’accepter le caractère définitif et contraignant des décisions de la Commission du tracé de la frontière entre l’Érythrée et l’Éthiopie relatives au tracé et à l’abornement de la frontière,


Rappelant qu’il est fermement résolu à faire en sorte que les parties permettent à la Mission des Nations Unies en Éthiopie et en Érythrée (MINUEE) de s’acquitter sans restriction de son mandat et lui fournissent l’accès, l’assistance, l’appui et la protection nécessaires à l’accomplissement de ce mandat, et soulignant à ce sujet que la démarcation de la frontière ne peut se poursuivre efficacement sans que la MINUEE jouisse d’une entière liberté de mouvement à l’intérieur de sa zone d’opérations,


Saluant le bon déroulement de la réunion des témoins des Accords d’Alger, à New York le 22 février 2006, ainsi que la tenue de la réunion de la Commission du tracé de la frontière entre l’Érythrée et l’Éthiopie, à Londres le 10 mars 2006,


Ayant à l’esprit les rapports du Secrétaire général datés du 3 janvier 2006 (S/2006/1) et du 6 mars 2006 (S/2006/140) et les options qui y figurent en ce qui concerne l’avenir de la MINUEE,


Décide de proroger le mandat de la MINUEE pour une période d’un mois prenant fin le 15 avril 2006;


Exige que les parties appliquent intégralement la résolution 1640 (2005), en particulier ses paragraphes 1 et 5;


Décide de demeurer activement saisi de la question.


Rapport du Secrétaire général sur l’Éthiopie et l’Érythrée (S/2006/140)


Le Secrétaire général, dans son rapport, rend compte de l’évolution du processus de paix depuis la publication de son précédent rapport, daté du 3 janvier 2006, et décrit les activités de la Mission des Nations Unies en Éthiopie et en Érythrée (MINUEE), dont le mandat actuel vient à expiration le 15 mars 2006.


Le Secrétaire général, qui observe que l’impasse où en est encore la situation entre l’Érythrée et l’Éthiopie demeure une source de profonde préoccupation, recommande au Conseil de sécurité d’envisager de proroger le mandat de la Mission de deux ou trois mois pour laisser l’initiative diplomatique suivre son cours et la prochaine réunion de la Commission du tracé de la frontière entre l’Érythrée et l’Éthiopie donner ses fruits.


Il prie en outre instamment les deux parties de prendre les mesures nécessaires pour faire avancer le processus de paix.  Si rien n’est fait, toute erreur de la part des parties pourrait faire rapidement dégénérer la situation, écrit-il, précisant que ceci aurait des conséquences imprévisibles sur les deux pays et sur la stabilité régionale. 


La proposition de la Commission du tracé de la frontière entre l’Érythrée et l’Éthiopie de convoquer une réunion des parties au début mars vient à point nommé, estime le Secrétaire général, pour qui l’Érythrée et l’Éthiopie devraient saisir cette occasion unique qui leur est donnée et offrir toute la coopération nécessaire à la Commission pour qu’il soit procédé rapidement à la démarcation de leur frontière commune.


Le Secrétaire général estime également que, pour que l’initiative diplomatique des États-Unis en cours puisse aller de l’avant, toutes les restrictions frappant les opérations de la MINUEE doivent être levées.  Si elle doit pouvoir soutenir le processus de démarcation, la Mission doit être en mesure de s’acquitter de ses fonctions sans aucune restriction et être totalement libre de ses mouvements à l’intérieur de sa zone d’opérations, et notamment pouvoir faire appel à tous les moyens aériens et tout le personnel, quelle que soit sa nationalité, dont elle dispose dans les deux pays hôtes, souligne-t-il.


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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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