« Il n’est pas rare que les enfants nés d’un viol commis en temps de guerre soient encore aux prises, des dizaines d’années après la fin du conflit, avec des troubles de l’identité et des problèmes d’appartenance. (...) Leurs mères peuvent se retrouver marginalisées ou répudiées par leur famille et leur communauté. (...) À l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination de la violence sexuelle en temps de conflit, nous joignons nos voix à celles de ces victimes oubliées de la guerre, qui subissent la stigmatisation, l’opprobre et l’exclusion dans des sociétés déchirées par les conflits armés.  » — Message du Secrétaire général de l’ONU, António Guterres

Le sort tragique et les droits des enfants nés de la guerre

Les effets de la violence sexuelle liée aux conflits se répercutent entre générations, à travers les traumatismes, la stigmatisation, la pauvreté, la mauvaise santé et les grossesses non désirées. Les enfants dont l'existence résulte de cette violence ont été qualifiés de « mauvais sang » ou d '« enfants de l'ennemi », et associés au groupe social de leur mère. Les enfants conçus par le viol en temps de guerre ont souvent des problèmes d'identité et d'appartenance pendant des décennies après la fin de la guerre. Ils sont rarement acceptés par la société et l'avortement à risque reste l'une des principales causes de mortalité maternelle dans les situations de conflit.

La stigmatisation associée à la violence sexuelle peut avoir des répercussions à vie, et parfois mortelles, à la fois pour les survivantes du viol et les enfants qui en sont issus. Le soutien à la réintégration socioéconomique, qui vise à atténuer la stigmatisation et à réparer le tissu social, devrait donc contribuer à tous les efforts de reconstruction et de relèvement après un conflit.

En cette Journée internationale, nous marquons notre solidarité avec les survivants qui subissent des stigmates multiples et croisés à la suite de violences sexuelles, notamment la stigmatisation associée à un groupe armé ou terroriste et le fait d'avoir des enfants conçus par le viol. Souvent, ces femmes et ces enfants sont considérés comme des affiliés plutôt que comme des victimes de groupes extrémistes armés et violents. Ces enfants peuvent être laissés apatrides, dans un vide juridique, et vulnérables au recrutement, à la radicalisation, au trafic et à l'exploitation, avec des implications plus larges pour la paix et la sécurité, ainsi que pour les droits de l'homme. Cependant, la question des enfants nés de la guerre a été absente à la fois du cadre international des droits de l'homme et du discours sur la paix et la sécurité, faisant d'eux une catégorie de victimes sans voix.

Événements organisés au Siège des Nations Unies

Une table ronde aura lieu au Siège de l'Organisation des Nations Unies à New York le mardi 19 juin 2018, de 15h30 à 17h30 dans la salle de conférence 2.

Cet événement se penchera sur la façon dont les leçons de l'histoire peuvent être appliquées aux sociétés contemporaines en situation de conflit et de post-conflit, dans lesquelles les femmes et les enfants libérés des groupes extrémistes armés et violents luttent pour réintégrer leurs familles et leurs communautés. Cette table ronde abordera des stratégies telles que l'enrôlement de leaders religieux et traditionnels pour aider à changer les normes sociales nuisibles et dissiper la perception dont ces enfants et leurs mères sont victimes.

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