Le travail des enfants

Les chiffres

Les estimations de l’Organisation internationale du Travail (OIT) indiquent que 168 millions d’enfants sont en situation de travail des enfants partout dans le monde.

Plus de la moitié des 168 millions d’enfants qui travaillent dans le monde sont engagés dans des activités dangereuses, activités qui mettent directement en péril leur santé, leur sécurité et leur développement moral.

Le concept de « travail des enfants » regroupe l’ensemble des activités qui privent les enfants de leur enfance, de leur potentiel et de leur dignité, et nuisent à leur scolarité, santé, développement physique et mental.

Il fait référence à des travaux dangereux pour la santé et le développement physique, social ou mental des enfants; qui compromettent leur éducation, en les privant de toute scolarisation, en les contraignant à abandonner prématurément l’école ou en les obligeant à accumuler des activités scolaires et professionnelles excessivement longues et trop pénibles pour eux.

Dans ses formes les plus extrêmes, le travail des enfants concerne les enfants réduits en esclavage, séparés de leur famille, exposés à des risques et des maladies graves, et/ou livrés à eux-mêmes dans les rues des grandes agglomérations, souvent dès leur plus jeune âge.

Que cette forme particulière de travail rentre ou non dans la dénomination «travail des enfants» dépend de l’âge de l’enfant, la nature des travaux exécutés, les conditions dans lesquelles ils s’exercent et les objectifs poursuivis par chaque pays. La réponse varie d’un pays à l’autre et d’un secteur économique à l’autre.

Programme international pour l'abolition du travail des enfants (IPEC)

Le Programme international pour l’élimination du travail des enfants (IPEC) de l’OIT a été créé en 1992 avec comme objectif global l’élimination progressive du travail des enfants par le biais du renforcement des capacités des pays à s’attaquer au problème et la promotion d’un mouvement mondial de lutte contre le travail des enfants.

La majorité des pays ont adopté une législation interdisant ou apportant des mesures restrictives sévères à l’emploi ou au travail des enfants, motivés et guidés par les normes adoptées par l’Organisation internationale du Travail (OIT). La Convention no. 182 de l’OIT sur les pires formes de travail des enfants (1999) a permis de focaliser l’attention internationale sur l’urgence des actions à entreprendre. Une des méthodes les plus efficaces pour s’assurer que les enfants ne commencent pas à travailler trop jeunes est de déterminer l’âge légal auquel ils sont susceptibles d’être employés ou autorisés à travailler, c’est l’objet de la Convention no. 138 de l’OIT sur l’âge minimum d’admission à l’emploi et au travail.

Bien que l’objectif du programme soit l’élimination progressive du travail des enfants, l’IPEC s’est fixé comme cibles prioritaires les pires formes de travail des enfants, telles que définies dans la convention no 182 :

  • toutes les formes d’esclavage ou pratiques analogues,
  • telles que la vente et la traite des enfants,
  • la servitude pour dettes et le servage ainsi que le travail forcé ou obligatoire, y compris le recrutement forcé ou obligatoire des enfants en vue de leur utilisation dans des conflits armés;
  • l’utilisation, le recrutement ou l’offre d’un enfant à des fins de prostitution, de production de matériel pornographique ou de spectacles pornographiques;
  • l’utilisation, le recrutement ou l’offre d’un enfant aux fins d’activités illicites, notamment pour la production et le trafic de stupéfiants, tels que les définissent les conventions internationales pertinentes;
  • les travaux qui, par leur nature ou les conditions dans lesquelles ils s’exercent, sont susceptibles de nuire à la santé, à la sécurité ou à la moralité de l’enfant.

Source : Organisation Internationale du Travail (OIT)