INTERVENTION DE LA FRANCE A L'OCCASION DE LA CONFERENCE DE SIGNATURE, PAR DES PERSONNALITES POLITIQUES DE HAUT RANG, DE LA CONVENTION DES NATIONS UNIES CONTRE LA CORRUPTION
Mérida
(Mexique) 9-11 décembre
Monsieur le Président,
Je suis particulièrement
heureux de me trouver
à Mérida aujourd'hui pour
l'ouverture à la signature de la
Convention des Nations Unies contre la corruption. Mon pays se réjouit
que, conformément au mandat donné par l'Assemblée générale et moins de deux ans
après le début de ses travaux, le Comité spécial chargé de l'élaboration de cette Convention ait pu mettre au
point le premier instrument
universel en la matière.
Ce résultat n'était pas acquis d'avance.
La convention,
d'une nature multidisciplinaire, est un instrument riche, qui traite du problème
de la corruption tant
dans ses aspects
préventifs que répressifs.
Elle touche à des sujets
délicats, complexes, qui intéressent tous les secteurs de la société. La convention que nous avons aujourd'hui
entre nos mains constitue
un apport substantiel
au droit international
en vigueur. Elle viendra
renforcer les dispositifs régionaux de lutte contre la corruption et fournira aux Etats parties
un outil efficace de prévention et de lutte contre ce
fléau, établissant entre eux des possibilités de coopération renforcées. Cette convention prévoit en effet un large éventail d'incriminations et de mesures préventives
touchant aussi bien le
secteur public que le secteur privé et instaure des mécanismes
de coopération pénale efficaces.
Mais surtout elle établit des mécanismes juridiques nouveaux de portée obligatoire en matière de recouvrement des avoirs illicites issus de la corruption. Ces dispositions de coopération judiciaire permettront aux Etats affectés par les différentes formes de corruption
de recouvrer les avoirs
dont ils sont
propriétaires auprès de
l'Etat où ils
se trouvent. Ce domaine
est sans aucun
doute celui dans lequel la convention constitue l'avancée la plus significative
par rapport au droit existant. Le succès des travaux du Comité spécial qui a tenu sept
sessions à Vienne tient à la forte volonté politique qui a animé le différentes délégations dans la négociation. Celle-ci leur a permis
de surmonter leurs divergences et de parvenir à un
consensus pour doter la communauté internationale d'un instrument de standard élevé et exigeant de lutte contre le fléau de la corruption. La France est heureuse d'avoir
contribué à ce résultat,
d'abord en déposant, lors de la réunion préparatoire qui s'est tenue à Buenos Aires en décembre
200, une première proposition portant
sur différents chapitres
du projet de convention,
ensuite en formulant,
en janvier 2003, une proposition novatrice dans le domaine de la restitution des fonds publics détournés.
Cet instrument apportera une contribution notable
au renforcement de l'état
de droit, complétant le
dispositif prévu par la Convention
contre la criminalité
transnationale organisée,
récemment entrée en vigueur. Appelée de ses voeux par le Sommet des Chefs dEtat et de Gouvernement du G8 à Evian, la Convention des
Nations Unies contre la
corruption illustre, une
fois encore, la capacité du système des Nations Unies à remplir
sa fonction normative
et à relever les défis
lancés à la communauté internationale, ce dont nous
ne pouvons tous que nous
féliciter. La France se réjouit que cet instrument de toute première importance soit ouvert à la signature.
J’ai en maitenant
l'honneur, au nom de la France, d'apposer ma signature
au bas de cette Convention. Nous espérons que cet instrument entrera rapidement en vigueur et invitons les Etats qui n'auront
pu le faire ici à Mérida
à le signer dès que possible et aux Etats signataires à entreprendre sans tarder la procédure de ratification. Je ne voudrais pas
terminer cette intervention sans exprimer mes remerciements à M.
Antonio Costa, Directeur Exécutif
de l'Office contre la drogue et le crime de Vienne ainsi qu'au Secrétariat
de l'Office, en particulier
M. Eduardo Vetere et M Dimitri Vlassis.
Malgré les ressources
limitées de l'Office, ses responsables ont apporté aux délégations
un appui précieux et constant. Leur dévouement et leur compétence ont contribué de manière significative à l'élaboration du produit que nous avons aujourd'hui
entre nos mains et je
tenais à le souligner.
Monsieur le Président, je vous remercie.