Les femmes, la paix et la sécurité

UN Photo/Ky Chung
UN Photo/Ky Chung

Les femmes et la paix et la sécurité

L’amplification de la participation effective des femmes dans les efforts de rétablissement de la paix et de prévention des conflits est l’une des grandes priorités du Département des affaires politiques. C’est en 2000 que le Conseil de sécurité s’est saisi pour la première fois de cette question, en adoptant sa résolution 1325 sur les femmes et la paix et la sécurité. Cependant, malgré les multiples initiatives et engagements qui ont été pris depuis à l’échelle mondiale et régionale, le nombre de femmes contribuant aux processus officiels de rétablissement de la paix reste faible et bien des accords de paix sont dénués de dispositions relatives à la problématique femmes-hommes qui répondent comme il se doit aux besoins des femmes en matière de sécurité et de consolidation de la paix.

Des conseillers pour la problématique femmes-hommes et des responsables de la coordination des questions d’égalité des sexes sont présents dans les missions politiques spéciales du Département des affaires politiques pour conseiller et accompagner sur le terrain les équipes de direction des missions et les envoyés et représentants spéciaux du Secrétaire général, qu’ils orientent sur les moyens de promouvoir la participation politique des femmes, d’associer davantage ces dernières aux processus de paix et aux efforts de prévention et de faire en sorte que la problématique femmes-hommes soit au cœur de l’action politique de l’Organisation des Nations Unies. Les contacts avec la société civile, en particulier les associations de femmes, peuvent contribuer à prévenir ou à régler les conflits, les réseaux et la présence de ces associations dans les zones d’accès restreint leur permettant généralement d’avoir une bonne connaissance des dynamiques en jeu sur le terrain. Ces associations peuvent aider les fonctionnaires participant au rétablissement de la paix à traiter les plaintes et à déceler les causes profondes des conflits à un stade précoce, avant que ceux-ci ne s’aggravent.

Dans les pays où l’ONU appuie un processus de paix, les conseillers pour la problématique femmes-hommes tiennent des consultations avec la société civile et les associations de femmes et donnent des conseils sur les meilleurs moyens d’ouvrir le processus aux femmes et à leurs opinions, comme la création d’un mécanisme consultatif parallèle, par exemple un conseil consultatif composé de femmes. En outre, dans le cadre de ses activités d’appui électoral, le Département promeut la participation politique des femmes aux élections, en donnant par exemple des conseils sur les mesures temporaires spéciales, notamment les quotas électoraux. Afin d’appuyer les efforts déployés par les acteurs de la médiation et les États Membres pour que les processus de paix soient plus ouverts aux femmes et tiennent compte de la problématique femmes-hommes, il a élaboré deux documents d’orientation à l’intention des médiateurs et des spécialistes de la médiation, intitulés « Prise en considération de la violence sexuelle liée aux conflits dans les accords de cessez-le-feu et les accords de paix » (2012) et « Directives pour des stratégies de médiation tenant compte de la problématique hommes‑femmes » (2017).

En 2016, le Département a créé le Groupe égalité des sexes, paix et sécurité, qui supervise l’exécution de son programme pour les femmes et la paix et la sécurité. Ce Groupe est chargé d’élaborer des politiques, de renforcer les capacités du personnel du Département participant au rétablissement de la paix et d’appuyer le personnel du Département présent dans les missions et leur siège dans l’application des résolutions du Conseil de sécurité relatives aux femmes et à la paix et la sécurité et aux violences sexuelles liées aux conflits. Le Département s’attache à mettre en œuvre son programme pour les femmes et la paix et la sécurité en tenant compte de la problématique femmes-hommes dans l’ensemble de ses travaux, c’est-à-dire que les activités qu’il mène dans le cadre de ce programme ne relèvent pas seulement de la responsabilité des conseillers spécialisés, mais aussi de celle de chacun des membres de son personnel, de la direction aux assistants d’équipe.

 

Résolution du Conseil de sécurité

C’est une coalition variée d’États Membres représentant des régions diverses, tels que le Bangladesh, le Canada, la Jamaïque et la Namibie, qui, aux côtés d’un grand nombre d’organisations de la société civile composées de femmes et rayonnant à l’échelle mondiale, présente pour la première fois au Conseil de sécurité un projet de résolution sur les femmes et la paix et la sécurité, qui deviendra la résolution 1325, adoptée en 2000 : pour la première fois dans une résolution du Conseil, un lien est établi entre les femmes et la question de la paix et de la sécurité, et les conséquences de la guerre sur les femmes sont prises en compte, ainsi que leur contribution au règlement des conflits et à la pérennisation de la paix.

La résolution repose sur quatre piliers : 1) le rôle des femmes dans la prévention des conflits, 2) leur participation à la consolidation de la paix, 3) la protection de leurs droits pendant et après les conflits, et 4) leurs besoins spécifiques lors du rapatriement et de la réinstallation et pendant les périodes de relèvement, de réintégration et de reconstruction postérieures aux conflits. Au total, huit résolutions ont été adoptées au titre du programme pour les femmes et la paix et la sécurité, lesquelles peuvent être réparties en deux groupes. Dans celles du premier groupe, le Conseil de sécurité a souligné la nécessité d’une participation active et effective des femmes dans le rétablissement de la paix et la consolidation de la paix ; il s’agit des résolutions 1325 (2000), 1889 (présentée par le Viet Nam en 2009), 2122(présentée par l’Azerbaïdjan en 2013) et 2242 (présentée par l’Espagne en 2015).

Le second groupe comprend notamment la résolution 1820 (2008) – première résolution relative aux violences sexuelles liées aux conflits –, dans laquelle le Conseil de sécurité a souligné que la violence sexuelle utilisée comme tactique de guerre pouvait être une menace pour la paix et la sécurité internationales. Aujourd’hui, le viol et les autres formes de violence sexuelle ne sont plus considérés comme d’inévitables effets secondaires des conflits armés, mais bien traités comme des crimes contre l’humanité. Les médiateurs et les États Membres sont enjoints de prévoir que l’interdiction des actes de violences sexuelles liées aux conflits soit inscrite dans les accords de cessez-le-feu ou de paix.

 

Pourquoi l’Organisation des Nations Unies met-elle les questions du genre et des femmes au cœur de son action en faveur de la paix et de la sécurité ?

Le genre désigne les caractéristiques, les rôles et les normes qui sont historiquement et culturellement attribués, dans une société, aux femmes et aux hommes en fonction de leur sexe. Les femmes et les hommes n’étant pas touchés par les situations de conflit de la même manière, il faut adopter une approche différenciée du rétablissement de la paix, qui permettrait de répondre aux besoins spécifiques des femmes et des hommes en matière de consolidation de la paix et de la sécurité. Les hommes ont pendant longtemps été considérés comme les seuls acteurs des conflits armés et de leur règlement. Pourtant, les femmes sont également fortement touchées et très actives dans les conflits, que ce soit en tant que membres d’une famille, soignantes, politiciennes, militantes pour la paix ou combattantes. Associer les femmes aux processus de paix élargit les perspectives et favorise l’ouverture et la diversité, et permet aux artisans de la paix de répondre aux préoccupations d’un plus large éventail de parties prenantes, ce qui conduit, de manière avérée, à une paix plus durable. C’est pourquoi l’ONU, attachée à être à la hauteur de ses responsabilités en matière de droits fondamentaux, est fermement résolue à associer les femmes aux activités qu’elle mène en faveur de la paix et de la sécurité.

 

Liens et ressources

Directives pour des stratégies de médiation tenant compte de la problématique hommes‑femmes: https://peacemaker.un.org/sites/peacemaker.un.org/files/DPA_GenderMediation-Guidance_2017%28FR%29.pdf

Guide à l’usage des médiateurs. Prise en considération de la violence sexuelle liée aux conflits dans les accords de cessez-le-feu et les accords de paix: https://peacemaker.un.org/sites/peacemaker.un.org/files/GuidanceAdressingConflictRelatedSexualViolence_UNDPA%28French%29.pdf

 

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