20 November 2017, Security Council Briefing on the Situation in Burundi, Special Envoy Michel Kafando (French)

Special Envoy Michel Kafando briefing the Council on Burundi. UN Photo/Eskinder Debebe

Monsieur le président, Permettez-moi, tout d’abord, vous féliciter pour votre accession à la présidence du Conseil pour le mois de novembre. Profitez de cette occasion, je salue les membres du Conseil.

 

Mesdames et Messieurs les membres du Conseil,

Mon exposé se propose, d’une part, de vous rendre compte des activités que j’ai menées depuis le dernier examen par le Conseil, de la question du Burundi et, d’autre part, de faire le point sur les derniers développements en la matière.

La mission assignée à l’Envoyé Spécial au Burundi est très claire: appuyer les efforts de la région, en d’autres termes, le médiateur et le facilitateur, pour faire avancer les négociations dont la finalité, je le rappelle est le dialogue inclusif inter burundais.

C’est ce que j’ai fait, en entreprenant les démarches suivantes:

  • rencontre avec les autorités et les acteurs politiques burundais;
  • rencontre avec l’opposition burundaise et représentants de la société civile, y compris ceux qui sont en exil;
  • rencontre avec des chefs d’Etat africains et partenaires du Burundi;

Mes premiers entretiens avec le médiateur, le Président Museveni, ont eu lieu en août 2017, à Entebbe. Ils ont porté sur la nécessité et l’urgence de convoquer un mini-sommet régional, aux fins d’évaluer les avancées des négociations et, si possible, les assortir de décisions. A l’issue de nos échanges, le médiateur m’a informé de son intention de rencontrer le Président Pierre Nkurunziza. Je sais que récemment il a dépêché un émissaire spécial porteur d’un message à son homologue du Burundi.

J’ai également rencontré un certain nombre de leaders africains toujours dans le but de les sensibiliser et solliciter leur soutien, compte tenu de leurs affinités avec les autorités burundaises.

Ma rencontre avec l’opposition burundaise de l’extérieur s’est déroulée à Bruxelles, le 14 octobre 2017 et a regroupé les responsables du CNARED ainsi que ceux de la société civile, en exil. Pour cette première entrevue, je leur ai surtout expliqué le sens de ma mission qui est essentiellement une mission de bons offices, cherchant, en appui aux efforts de la sous-région, à rapprocher les positions du gouvernement et de l’opposition en vue d’un dialogue inclusif inter- Burundians. Ma visite à Bruxelles m’a aussi donné l’opportunité d’avoir des échanges avec le Ministre des Affaires étrangères de Belgique et quelques représentants de l’Union Européenne sur la situation qui prévaut au Burundi.

Mon retour à Bujumbura a été l’occasion de recueillir les vues de deux autorités morales de l’église catholique du Burundi, très influentes, en l’occurrence les évêques de Bujumbura et de Gitega.

Ma rencontre le 2 novembre 2017 avec l’Ombudsman a essentiellement porté sur les échanges avec les opposants de l’extérieur, à Helsinki et l’adoption par le gouvernement de la nouvelle constitution révisée.

L’Ombudsman m’a assuré qu’en dehors de la non-limitation relative et la durée de 7 ans du mandat présidentiel, prévue par la nouvelle constitution, le gouvernement a respecté toutes les autres dispositions de l’Accord d’Arusha.

Toutes ces activités que j’ai eu à mener, ont fait l’objet d’un compte-rendu au Facilitateur, avec qui je me suis entretenu le 3 novembre dernier à Dar-Es Salam.

De la synthèse d’ensemble, le Facilitateur, en accord avec le Médiateur et le gouvernement burundais, a décidé de la convocation, le 27 novembre prochain, à Arusha, d’une session de dialogue entre les représentants du gouvernement et toutes les autres parties prenantes burundaises, y compris l’opposition en exil. Ces assises se dérouleraient du 27 novembre au 8 décembre 2017 comme je l’ai dit à Arusha. Nous avons été informés que le CNARED ne serait pas prêt à y participer.

Un sommet des Chefs d’Etat de la Communauté des Etats de l’Afrique de l’Est serait prévu en janvier 2018, qui entre autres, aurait à évaluer les conclusions de ces assises. Concernant la situation même au Burundi, il y a deux semaines, j’étais à Bujumbura et tout était apparemment calme, en dehors des manifestations de colère contre la décision de la CPI d’ouvrir des enquêtes sur les crimes contre l’humanité commis depuis 2015 au Burundi.

Les manifestations ont également dénoncé les rapports sur les abus et violations des droits de l’homme, dont les allégations portent sur les cas d’arrestation ou emprisonnement, les disparitions forcées, traitements inhumains et dégradants ou restrictions de liberté d’association, d’intimidation, et discours de haine.

Les autorités burundaises, s’attèlent déjà, à la préparation des prochaines élections, bien que la question du dialogue inclusif n’ait pas encore trouvé une juste solution.

En conclusion, les Nations Unies ont l’obligation, quelles que soient les difficultés qui persistent, de continuer leur mission de bons offices, aux côtés de la sous-région, afin d’aider le Burundi à sortir de la crise. Nous restons persuadé que le processus politique demeure la seule voie pour le dénouement de la crise burundaise.

S’agissant enfin des relations Nations Unies – Burundi, elles me semblent aller dans le bon sens. En effet, le Secrétariat des nations unies et le gouvernement poursuivent les négociations sur le projet d’Accord de siège. On notera, cependant, que le gouvernement n’a pas encore concrètement satisfait à sa décision de coopérer pleinement avec le Conseil des Droits de l’Homme et le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés. Les négociations se poursuivent également avec le Bureau du Haut-Commissaire aux Droits de l’homme.

Mesdames et Messieurs les membres du Conseil, tell sens les principaux faits, que j’ai noté depuis mon dernier briefing au conseil. Je vous remercie de votre attention.