New York

10 March 2022

Secretary-General's remarks to the General Assembly Fifth Consultation on Our Common Agenda [bilingual, as delivered; scroll down for all-English and all-French versions]

Je remercie le Président et les vice-présidents de l’Assemblée générale d’avoir organisé ces consultations. Monsieur le Président, je vous remercie infiniment. Et merci à vous, les États Membres, pour votre participation active et constructive. Merci, enfin, aux parties prenantes externes, dont les points de vue divers ont enrichi ces discussions.

Nous vivons dans un monde complexe et sous tension. De nombreux foyers d’incendie font rage et les pressions géopolitiques, technologiques, environnementales et autres nous éloignent les uns des autres – alors même que le besoin de faire front commun n’a jamais été aussi pressant. 

J’en suis parfaitement conscient : nous discutons aujourd’hui de ces défis majeurs avec pour toile de fond la guerre en Ukraine. 

La paix est le bien public mondial le plus important pour lequel les Nations Unies ont été créées. 

La guerre entraîne la mort, des souffrances humaines et des destructions inimaginables, à un moment où nous ne pouvons pas nous permettre d’ajouter de la difficulté aux immenses défis mondiaux qui se dressent devant nous. 

Ce conflit nous invite également à nous rassembler, dans un esprit de coopération et de solidarité, pour venir en aide à toutes les personnes touchées et mettre fin à cette violation du droit international. 

Si nous voulons transmettre aux générations futures un monde libéré de la misère et de la peur, un monde qui offre à toutes et à tous la possibilité d’exprimer pleinement leur potentiel, nous devons de toute urgence nous attacher à construire et à renforcer les fondations du système multilatéral. 

Nous devons nous montrer à la hauteur de cette énorme responsabilité historique. 

Votre Déclaration à l’occasion du soixante-quinzième anniversaire de l’ONU comprend une série d’engagements à travailler ensemble pour relever certains de ces défis. 

Mon rapport sur Notre programme commun constitue – en réponse à votre demande – une contribution à la recherche de solutions. 

Les propositions qu’il contient représentent un premier pas. Les États Membres ont maintenant un rôle crucial à jouer pour les faire avancer à travers de nouvelles consultations, des compromis et des décisions. 

Mais ne vous y trompez pas : trouver des solutions est essentiel et urgent. 

Nous devons prendre les décisions difficiles qui nous permettront d’aller de l’avant. 

Ces consultations nous ont permis de parvenir à une compréhension commune des défis auxquels nous faisons face, de réfléchir aux propositions qui ont été faites et de suggérer de nouvelles idées. Je vous remercie du fond du cœur de vos contributions précieuses tout au long des quatre derniers cycles de consultations. 

Je pense que ces discussions nous ont permis de renouveler notre détermination à accélérer la mise en œuvre des Objectifs de développement durable et d’autres cadres qui accusent un retard dangereux.  

Nous avons progressé dans l’identification des outils et des instruments qui nous permettront d’agir. 

J’espère que ces discussions nous ont rapprochés de la percée que j’appelle de mes vœux dans le rapport – et qu’elles contribuent à nous éloigner du risque d’effondrement. 

J’espère surtout qu’elles auront permis à chacun de mieux se saisir de ces questions, afin que ce rapport devienne effectivement notre programme commun. 

Ces consultations nous ont permis de cerner les propositions de mon rapport qui bénéficient d’un large soutien, celles pour lesquelles ce n’est pas nécessairement le cas, et celles qui nécessitent de poursuivre le dialogue. 

Permettez-moi de récapituler. 

Notre première consultation a porté sur l’accélération et l’intensification des Objectifs de développement durable, sans laisser personne de côté. Mon rapport sur Notre programme commun a été décrit comme une « piqûre de rappel » pour les ODD, qui pourrait nous aider à les remettre sur la bonne voie. 

Nous avons convenu que l’éducation était une priorité urgente, en particulier après le COVID‑19. Je me réjouis de votre soutien résolu en faveur du Sommet sur la transformation de l’éducation que je convoquerai en septembre. 

Nous avons entendu s’exprimer des soutiens pour un Sommet social mondial intergouvernemental, et cette piste doit être approfondie. 

L’ensemble du système des Nations Unies est à la disposition des États Membres pour faire avancer mes propositions sur le contrat social, la protection sociale et les mesures transformatrices pour faire progresser l’égalité des genres, si vous choisissez de faire cela au niveau national. Ce sont là des domaines d’action à l’échelle de chaque pays, en accord avec les caractéristiques propres de chaque pays. 

Nous avons également vu un fort soutien en faveur d’une participation plus importante des jeunes, notamment à travers la création d’un Bureau des Nations Unies pour la jeunesse. 

D’autres propositions, comme la création d’un indicateur sur « les jeunes en politique », doivent faire l’objet de discussions plus approfondies. 

La deuxième consultation a essentiellement porté sur les questions liées au financement durable et inclusif, et au rétablissement de la confiance. 

Elle a donné lieu à un riche débat d’idées sur la recherche d’indicateurs destinés à compléter le Produit intérieur brut. Les petits États insulaires en développement nous ont rappelé que la façon dont nous choisissons de mesurer le progrès pouvait avoir des conséquences de vie ou de mort. 

Il est grand temps d’utiliser des indicateurs complémentaires, de façon systématique et dans tous les domaines. 

Je tiens à rassurer celles et ceux qui craignent que le sommet biennal que je propose d’organiser entre les pays du G20, les institutions financières internationales et le Conseil économique et social ne soit un sommet excluant. 

Ce sommet vise au contraire à renforcer l’inclusion, en combinant l’autorité économique des institutions financières et le caractère universel et la légitimité de l’Organisation des Nations Unies. 

L’un des objectifs de ces sommets biennaux serait de réformer un système financier mondial en faillite morale et de réduire les inégalités systémiques entre le Nord et le Sud. 

Pendant la pandémie, de nombreux pays en développement ont subi des pertes économiques catastrophiques. 

Mais selon les règles actuelles, les gouvernements qui ont le plus besoin de financement ne peuvent y accéder. 

Nous avons besoin d’une Nouvelle donne mondiale pour rééquilibrer le pouvoir et les ressources financières, afin de permettre aux pays en développement d’investir dans le Programme 2030 et les Objectifs de développement durable. 

Cela demande notamment de changer le système d’évaluation du crédit et la manière dont les droits de tirage spéciaux sont émis, et d’établir un cadre opérationnel d’allègement et de restructuration de la dette. 

Des sommets biennaux entre les pays du G20, les institutions financières internationales et le Conseil économique et social permettraient de lever les obstacles qui empêchent ces institutions de coopérer pour financer la mise en œuvre des Objectifs de développement durable. 

De tels sommets permettraient également d’étudier les améliorations à apporter à la coopération fiscale internationale et de combattre les flux financiers illicites et la corruption. Nous avons entendu vos appels pressants au cours de cette consultation pour éviter que cette initiative ne fasse double emploi avec le Programme d’action d’Addis-Abeba et d’autres mécanismes. 

Nous avons également entendu des suggestions qui vont au-delà de mon rapport sur Notre programme commun, notamment en ce qui concerne les besoins des personnes âgées et les risques liés au terrorisme. 

The third consultation focused on frameworks for a more peaceful world. These included the peace and security architecture, digital cooperation, outer space, human rights, and international law.  

There was strong support for the proposed global digital compact with special emphasis on connecting the 2.9 billion people who are not yet online, and on working towards recognition of internet access as a human right.  

Many Member States agreed that we need to articulate a new Agenda for Peace that takes account of the many ways in which our concept of security has changed since the United Nations was founded. 

Since that consultation, the war in Ukraine has reinforced the need for a renewed, much stronger focus on peace in all its forms. I will speak at greater length on this in a moment.

There was strong emphasis in this consultation on the fundamental importance of international law, including the United Nations Charter, international humanitarian and human rights law, and the need to work towards consistent implementation.

The fourth consultation looked towards the future, while accelerating action to address some of today’s existential challenges.  

We considered the threat from a changing climate and discussed how better to protect our planet. 

The climate emergency and unchecked environmental degradation represent an existential threat to the world as we know it.  

Just last week, the Intergovernmental Panel on Climate Change issued an alarming report that showed climate impacts are already devastating every region of the world, but particularly developing countries and small island states.  

The session considered the irreversible impacts of the climate crisis, which could render some parts of the earth uninhabitable. We cannot allow the territories of some Member States of the United Nations to be diminished or even disappear because of rising sea levels. 

We need urgent, transformative efforts to reduce and eliminate emissions, keep warming to 1.5 degrees celsius, and build resilience against the impacts that are already happening through effective adaptation.  

G20 countries account for 80 per cent of global emissions and have a special responsibility to lead.     

We need a massive boost in technical and financial support to accelerate the phaseout of coal and create a just transition to renewable energy and green jobs. 

Wealthier countries must make good on their $100 billion climate finance commitment; adaptation finance must be doubled; and we must reform eligibility systems so the most vulnerable communities can access it. 

We also considered the lessons of the COVID-19 pandemic for our global health architecture, and for the response to future large-scale crises. It is well past time to embed long-term thinking into our systems, to improve global risk anticipation and foresight, and to take the interests of future generations seriously. 

We heard strong support for the proposals in our Common Agenda report to think and act more robustly on behalf of future generations, and we look forward to working with you on developing these ideas along with the concept of the Emergency Platform that needs to be clarified among us.  

This brings us to today’s debate, on international cooperation.  

Over the past two weeks, the state of multilateral cooperation has assumed even greater importance.   

We have been brought back to the foundational promise of the United Nations Charter, to save succeeding generations from the scourge of war. 

Many people around the world are asking how this could happen in the 21st century.  

How are we still staring into the nuclear abyss, as millions of people flee across borders and the most fundamental tenets of international law are trampled?  

In the face of such developments, there is renewed pressure to consider whether global governance systems are fit for purpose, and how they could be improved.   

Even as we reconsider traditional threats to peace and security, we need to update these concepts for our more complex world, in which local threats may quickly become global, existential, and intergenerational.  

The conflict in Ukraine could have serious global implications on several fronts.  

First, it will stretch humanitarian funding even thinner, increasing the suffering of many of the most vulnerable around the world.  

Second, it could indirectly increase global hunger. Ukraine is one of the world’s biggest sources of grain; the Russian Federation is the second, and the conflict could cause prices to spike.  

Third, this conflict is deeply linked with the climate crisis, demonstrating how our continued reliance on fossil fuels puts the global economy and energy security at the mercy of geopolitical shocks.   

The economic impact of the war, particularly increased energy and food prices, will hit developing countries hardest. Many of these countries are already struggling to recover from the pandemic and deal with rising inflation and high interest rates.   

Around the world, weak institutions and a lack of accountability go hand-in-hand with both climate and security risks.  

And record military spending will not protect anyone from climate catastrophe.  

Improving international cooperation must look at all non-traditional threats, together with cyber warfare, disinformation campaigns, the threats from weapons of mass destruction, and more.  

The Common Agenda report is a wake-up call about the risks we face and the dangerous fiction that the status quo is a viable option.   

But you don’t need to read my report to wake up. You just need to look around.  

The climate crisis has passed the point of no return -- even though we had plenty of warning and could have acted earlier. 

Much of the impact of the COVID-19 pandemic could have been prevented or mitigated. Instead, millions of people have died, hunger and poverty are rising, and the economic impact of the pandemic is still playing out.  

A multi-faceted war is raging in the heart of Europe, in violation of the United Nations Charter. 

We need a serious effort to improve global governance, manage risks and safeguard the global commons and global public goods.  

This is not only about the United Nations, or any other institution.   

It is about working together to solve our biggest problems, through existing structures if they are fit for purpose, and new or reinvigorated frameworks where needed.  

Failure to do so increases the likelihood that our children, or their children, are forced to rebuild the international order in the aftermath of catastrophe.  

I have therefore asked my High-Level Advisory Board on Global Public Goods to provide us with concrete recommendations for improved global governance.  

I am delighted that Former President of Liberia Ellen Johnson Sirleaf and former Prime Minister of Sweden Stefan Löfven have accepted my invitation to co-lead this Advisory Board. 

I have asked the Board to build on the ideas in the report on Our Common Agenda, as well as on the consultations undertaken during the UN75 process and the preparation of the report, and these recent discussions led by the President of the General Assembly.  

I have also asked the Board to make their recommendations in light of existing institutional and legal arrangements, bearing in mind the strong calls we have heard not to duplicate or supplant arrangements that are working well.  

The Board will consider governance gaps, emerging priorities and levels of urgency, as well as relevant deliberations under the other tracks leading to the proposed intergovernmental Summit of the Future in September 2023. 

I have asked them specifically to seek equity and fairness in global decision-making, as well as approaches that are more networked, more inclusive and, above all, more effective.  

Board members will be independent and will bring their own considerable experience to bear on these essential questions. 

I hope that their recommendations will enrich discussions at the proposed Summit of the Future.  

The Summit of the Future would be an opportunity for leaders to commit to move away from the dangerous course we are on, through multilateral cooperation, based on the values enshrined in the United Nations Charter.   

The outcome of the summit could be a Pact for the Future, turbocharging the 2030 Agenda, the Paris Agreement and the Addis Ababa Action Agenda.  

While it will be for Member States to decide what is included in such a pact, my Common Agenda report proposes several elements: 

First, a new Agenda for Peace, that would unite us around a common vision of peace and security in the face of new threats and vulnerabilities;  

Second, a Global Digital Compact aimed at ensuring digital technology is a force for human wellbeing, solidarity and progress;  

Third, key principles for the peaceful and sustainable use of Outer Space;  

Fourth, the protocols around an Emergency Platform, which would enable us to more effectively manage global risks;  

And fifth, a Declaration outlining our promise to take account of the interests and needs of future generations in the decisions we take today, and mechanisms to do so.   

Other areas that might be considered for such a pact are the proposed code of conduct for integrity in public information, a global plan to eradicate violence against women and girls, and agreement on moving beyond Gross Domestic Product as a measure of progress.  

These will be decisions for you, the Member States, as you follow up these consultations.  

For such a Summit of the Future to succeed, it will require energetic ownership and participation of all Member States, with the engagement also of civil society, the private sector and others, not putting into question the intergovernmental character of the Summit of the Future.   

It will also require a collective shift in mindset and a willingness to work together towards innovative solutions to the most acute challenges we face.  

Today we will also consider how the Secretariat can more systematically include the views of other stakeholders, to create a more networked and inclusive multilateralism.  

Our Common Agenda proposes annual meetings with heads of regional organizations; active dialogue with international financial institutions; the re-establishment of the Scientific Advisory Board; and upgrading the ability of the United Nations to offer solutions through UN 2.0, including through support to multilingualism.  

Building on these reforms, and on past reforms, we will continue to make the Organization more effective, accountable and results oriented.  I have asked the system to make better use of available resources, harmonize our budgeting and funding requests and improve transparency in our reporting on results.   

And I stand ready to support your discussions with respect to the intergovernmental organs or bodies of the United Nations, including the Security Council, ECOSOC, the Peacebuilding Commission and the Trusteeship Council. 

The proposals in my report on Our Common Agenda are not about creating new bureaucracies. They are about Member States coming together to define the issues of concern that require governance improvements.  

The starting point needs to be respect for and compliance with international law; its progressive development; the strengthening of existing institutions and frameworks; and the engagement of all. 

Ultimately, our efforts are aimed not only at averting catastrophe, but improving the lives and prospects of billions of people who are left behind: children who have missed years of schooling; women whose precarious livelihoods have disappeared; refugees and migrants forced on dangerous journeys. 

The next steps depend on decisions by you, as Member States. 

We stand ready to support, by providing more details on my proposals, and through further discussions.  

The authors of the United Nations Charter identified multilateral cooperation as the antidote to the populist nationalism, narrow interests and unilateral actions that caused immense suffering in the three decades that preceded the creation of the United Nations.  

Today, we need to build on their vision, based on the universal and timeless values they set out.  

I look forward to continuing our journey together to deliver on Our Common Agenda. 

Thank you.

*****

[English]

My thanks to the President and Vice Presidents of the General Assembly for convening these consultations; to you, the Member States, for your constructive and active engagement; and to the external stakeholders whose diverse perspectives enriched these discussions.  

We face a fraught and complex world; a five-alarm fire in which geopolitical, technological, environmental and other pressures are driving us apart, when we most urgently need to come together.

I am acutely aware that we are discussing these major challenges against the backdrop of the war in Ukraine.  

Peace is the most important global public good the United Nations was created to deliver.  

War brings death, human suffering and unimaginable destruction, at a time when we cannot afford to add to the major global challenges we face.   

This conflict also calls on us to come together in cooperation and solidarity to support everyone affected, and to overcome this clear violation of international law.  

If we are to bequeath to future generations a world free from want and fear, and full of opportunities to fulfil their potential, we must focus urgently on building and strengthening the foundations of the multilateral system.  

We must rise to this enormous historical responsibility.  

Your UN75 Declaration made a series of commitments to work together on some of these challenges.  

My report on Our Common Agenda was a contribution to finding solutions, in response to your request.

The proposals in the report are a first step. Member States now have a crucial role in taking them forward through further consultation, compromise and decisions.   

But make no mistake: solutions are essential, and urgent.  

We must take the difficult decisions that will enable us to move forward. 

These consultations have allowed us to build a shared understanding of the challenges we face, to reflect on the proposals, and to suggest new ideas. I am deeply grateful for your very substantial engagement over the past four rounds of consultations.  

Through these discussions, I believe we have renewed our resolve to accelerate implementation of the SDGs and other frameworks that are lagging dangerously behind. 

We are closer to identifying the tools and instruments for action.  

I hope these discussions have brought us closer to the breakthrough scenario I set out in the report – and away from a breakdown.  

Above all, I hope they have forged greater ownership by all, so that the report is indeed our common agenda.  

These consultations have given us a sense of the proposals in my report that enjoy broad support; those where this may not necessarily be the case; and those where more dialogue is needed. 

Allow me to recap.  

Our first consultation was on Accelerating and Scaling Up the SDGs, leaving no-one behind. My report on Our Common Agenda was described as a “booster shot” for the SDGs that could help get them back on track. 

We agreed that education is an urgent priority, particularly in the wake of COVID-19. I welcome your strong support for the Transforming Education Summit that I will convene in September.  

There was support for an intergovernmental World Social Summit, which requires further elaboration.  

The entire United Nations system is at the disposal of Member States to take forward my proposals on the social contract, social protection and transformative measures to advance gender equality, should you choose to do so at the national level. These are areas of action at country level, in accordance with the specific characteristics of each country.  

We also heard strong support for greater engagement with young people, including through a proposed Youth Office.  

Other proposals, including the Youth in Politics index, require further discussion.  

The second consultation focused on issues related to sustainable and inclusive financing, and to rebuilding trust.  

There was a rich discussion on finding metrics to complement Gross Domestic Product. Small Island Developing States reminded us of the life-or-death consequences of how we choose to measure progress.  

It is clearly beyond time to make complementary measures a standard tool for use across the board.  

I would like to reassure those who fear that my proposed Biennial Summit between G20 governments, international financial institutions, and ECOSOC, would be exclusionary.  

The aim of such a summit is to be more inclusive, by combining the economic authority of financial institutions with the universality and legitimacy of the United Nations.  

One goal of these biennial summits would be to reform our morally bankrupt global financial system and reduce systemic inequality between north and south.  

Many developing countries have suffered devastating economic losses during the pandemic.  

But under current rules, the governments that need finance most cannot access it.  

We need a New Global Deal to rebalance power and financial resources, enabling developing countries to invest in the 2030 Agenda and the SDGs. 

This should include changes to credit rating, the way Special Drawing Rights are issued, and the creation of an operational debt relief and restructuring framework.  

Biennial summits between G20 governments, international financial institutions and ECOSOC would break down barriers that prevent these institutions from working together to finance implementation of the SDGs.  

These summits should also consider improvements to international tax cooperation, and address corruption and illicit financial flows. We heard your strong calls during this consultation to avoid duplication with the Addis Ababa Action Agenda and other bodies.  

We also heard suggestions that go beyond the Common Agenda report – concerning the needs of older people and the risks of terrorism.  

The third consultation focused on frameworks for a more peaceful world. These included the peace and security architecture, digital cooperation, outer space, human rights, and international law.  

There was strong support for the proposed global digital compact with special emphasis on connecting the 2.9 billion people who are not yet online, and on working towards recognition of internet access as a human right.  

Many Member States agreed that we need to articulate a new Agenda for Peace that takes account of the many ways in which our concept of security has changed since the United Nations was founded. 

Since that consultation, the war in Ukraine has reinforced the need for a renewed, much stronger focus on peace in all its forms. I will speak at greater length on this in a moment.

There was strong emphasis in this consultation on the fundamental importance of international law, including the United Nations Charter, international humanitarian and human rights law, and the need to work towards consistent implementation.  

The fourth consultation looked towards the future, while accelerating action to address some of today’s existential challenges.  

We considered the threat from a changing climate and discussed how better to protect our planet. 

The climate emergency and unchecked environmental degradation represent an existential threat to the world as we know it.  

Just last week, the Intergovernmental Panel on Climate Change issued an alarming report that showed climate impacts are already devastating every region of the world, but particularly developing countries and small island states.  

The session considered the irreversible impacts of the climate crisis, which could render some parts of the earth uninhabitable. We cannot allow the territories of some Member States of the United Nations to be diminished or even disappear because of rising sea levels. 

We need urgent, transformative efforts to reduce and eliminate emissions, keep warming to 1.5 degrees celsius, and build resilience against the impacts that are already happening through effective adaptation.  

G20 countries account for 80 per cent of global emissions and have a special responsibility to lead.     

We need a massive boost in technical and financial support to accelerate the phaseout of coal and create a just transition to renewable energy and green jobs. 

Wealthier countries must make good on their $100 billion climate finance commitment; adaptation finance must be doubled; and we must reform eligibility systems so the most vulnerable communities can access it. 

We also considered the lessons of the COVID-19 pandemic for our global health architecture, and for the response to future large-scale crises. It is well past time to embed long-term thinking into our systems, to improve global risk anticipation and foresight, and to take the interests of future generations seriously. 

We heard strong support for the proposals in our Common Agenda report to think and act more robustly on behalf of future generations, and we look forward to working with you on developing these ideas along with the concept of the Emergency Platform that needs to be clarified among us.  

This brings us to today’s debate, on international cooperation.  

Over the past two weeks, the state of multilateral cooperation has assumed even greater importance.   

We have been brought back to the foundational promise of the United Nations Charter, to save succeeding generations from the scourge of war. 

Many people around the world are asking how this could happen in the 21st century.  

How are we still staring into the nuclear abyss, as millions of people flee across borders and the most fundamental tenets of international law are trampled?  

In the face of such developments, there is renewed pressure to consider whether global governance systems are fit for purpose, and how they could be improved.   

Even as we reconsider traditional threats to peace and security, we need to update these concepts for our more complex world, in which local threats may quickly become global, existential, and intergenerational.  

The conflict in Ukraine could have serious global implications on several fronts.  

First, it will stretch humanitarian funding even thinner, increasing the suffering of many of the most vulnerable around the world.  

Second, it could indirectly increase global hunger. Ukraine is one of the world’s biggest sources of grain; the Russian Federation is the second, and the conflict could cause prices to spike.  

Third, this conflict is deeply linked with the climate crisis, demonstrating how our continued reliance on fossil fuels puts the global economy and energy security at the mercy of geopolitical shocks.   

The economic impact of the war, particularly increased energy and food prices, will hit developing countries hardest. Many of these countries are already struggling to recover from the pandemic and deal with rising inflation and high interest rates.   

Around the world, weak institutions and a lack of accountability go hand-in-hand with both climate and security risks.  

And record military spending will not protect anyone from climate catastrophe.  

Improving international cooperation must look at all non-traditional threats, together with cyber warfare, disinformation campaigns, the threats from weapons of mass destruction, and more.  

The Common Agenda report is a wake-up call about the risks we face and the dangerous fiction that the status quo is a viable option.   

But you don’t need to read my report to wake up. You just need to look around.  

The climate crisis has passed the point of no return -- even though we had plenty of warning and could have acted earlier. 

Much of the impact of the COVID-19 pandemic could have been prevented or mitigated. Instead, millions of people have died, hunger and poverty are rising, and the economic impact of the pandemic is still playing out.  

A multi-faceted war is raging in the heart of Europe, in violation of the United Nations Charter. 

We need a serious effort to improve global governance, manage risks and safeguard the global commons and global public goods.  

This is not only about the United Nations, or any other institution.   

It is about working together to solve our biggest problems, through existing structures if they are fit for purpose, and new or reinvigorated frameworks where needed.  

Failure to do so increases the likelihood that our children, or their children, are forced to rebuild the international order in the aftermath of catastrophe.  

I have therefore asked my High-Level Advisory Board on Global Public Goods to provide us with concrete recommendations for improved global governance.  

I am delighted that Former President of Liberia Ellen Johnson Sirleaf and former Prime Minister of Sweden Stefan Löfven have accepted my invitation to co-lead this Advisory Board. 

I have asked the Board to build on the ideas in the report on Our Common Agenda, as well as on the consultations undertaken during the UN75 process and the preparation of the report, and these recent discussions led by the President of the General Assembly.  

I have also asked the Board to make their recommendations in light of existing institutional and legal arrangements, bearing in mind the strong calls we have heard not to duplicate or supplant arrangements that are working well.  

The Board will consider governance gaps, emerging priorities and levels of urgency, as well as relevant deliberations under the other tracks leading to the proposed intergovernmental Summit of the Future in September 2023. 

I have asked them specifically to seek equity and fairness in global decision-making, as well as approaches that are more networked, more inclusive and, above all, more effective.  

Board members will be independent and will bring their own considerable experience to bear on these essential questions. 

I hope that their recommendations will enrich discussions at the proposed Summit of the Future.  

The Summit of the Future would be an opportunity for leaders to commit to move away from the dangerous course we are on, through multilateral cooperation, based on the values enshrined in the United Nations Charter.   

The outcome of the summit could be a Pact for the Future, turbocharging the 2030 Agenda, the Paris Agreement and the Addis Ababa Action Agenda.  

While it will be for Member States to decide what is included in such a pact, my Common Agenda report proposes several elements: 

First, a new Agenda for Peace, that would unite us around a common vision of peace and security in the face of new threats and vulnerabilities;  

Second, a Global Digital Compact aimed at ensuring digital technology is a force for human wellbeing, solidarity and progress;  

Third, key principles for the peaceful and sustainable use of Outer Space;  

Fourth, the protocols around an Emergency Platform, which would enable us to more effectively manage global risks;  

And fifth, a Declaration outlining our promise to take account of the interests and needs of future generations in the decisions we take today, and mechanisms to do so.   

Other areas that might be considered for such a pact are the proposed code of conduct for integrity in public information, a global plan to eradicate violence against women and girls, and agreement on moving beyond Gross Domestic Product as a measure of progress.  

These will be decisions for you, the Member States, as you follow up these consultations.  

For such a Summit of the Future to succeed, it will require energetic ownership and participation of all Member States, with the engagement also of civil society, the private sector and others, not putting into question the intergovernmental character of the Summit of the Future.   

It will also require a collective shift in mindset and a willingness to work together towards innovative solutions to the most acute challenges we face.  

Today we will also consider how the Secretariat can more systematically include the views of other stakeholders, to create a more networked and inclusive multilateralism.  

Our Common Agenda proposes annual meetings with heads of regional organizations; active dialogue with international financial institutions; the re-establishment of the Scientific Advisory Board; and upgrading the ability of the United Nations to offer solutions through UN 2.0, including through support to multilingualism.  

Building on these reforms, and on past reforms, we will continue to make the Organization more effective, accountable and results oriented.  I have asked the system to make better use of available resources, harmonize our budgeting and funding requests and improve transparency in our reporting on results.   

And I stand ready to support your discussions with respect to the intergovernmental organs or bodies of the United Nations, including the Security Council, ECOSOC, the Peacebuilding Commission and the Trusteeship Council. 

The proposals in my report on Our Common Agenda are not about creating new bureaucracies. They are about Member States coming together to define the issues of concern that require governance improvements.  

The starting point needs to be respect for and compliance with international law; its progressive development; the strengthening of existing institutions and frameworks; and the engagement of all. 

Ultimately, our efforts are aimed not only at averting catastrophe, but improving the lives and prospects of billions of people who are left behind: children who have missed years of schooling; women whose precarious livelihoods have disappeared; refugees and migrants forced on dangerous journeys. 

The next steps depend on decisions by you, as Member States. 

We stand ready to support, by providing more details on my proposals, and through further discussions.  

The authors of the United Nations Charter identified multilateral cooperation as the antidote to the populist nationalism, narrow interests and unilateral actions that caused immense suffering in the three decades that preceded the creation of the United Nations.  

Today, we need to build on their vision, based on the universal and timeless values they set out.  

I look forward to continuing our journey together to deliver on Our Common Agenda. 

Thank you.

*****

[French]

Je remercie le Président et les vice-présidents de l’Assemblée générale d’avoir organisé ces consultations. Monsieur le Président, je vous remercie infiniment. Et merci à vous, les États Membres, pour votre participation active et constructive. Merci, enfin, aux parties prenantes externes, dont les points de vue divers ont enrichi ces discussions. 

Nous vivons dans un monde complexe et sous tension. De nombreux foyers d’incendie font rage et les pressions géopolitiques, technologiques, environnementales et autres nous éloignent les uns des autres – alors même que le besoin de faire front commun n’a jamais été aussi pressant. 

J’en suis parfaitement conscient : nous discutons aujourd’hui de ces défis majeurs avec pour toile de fond la guerre en Ukraine. 

La paix est le bien public mondial le plus important pour lequel les Nations Unies ont été créées. 

La guerre entraîne la mort, des souffrances humaines et des destructions inimaginables, à un moment où nous ne pouvons pas nous permettre d’ajouter de la difficulté aux immenses défis mondiaux qui se dressent devant nous. 

Ce conflit nous invite également à nous rassembler, dans un esprit de coopération et de solidarité, pour venir en aide à toutes les personnes touchées et mettre fin à cette violation du droit international. 

Si nous voulons transmettre aux générations futures un monde libéré de la misère et de la peur, un monde qui offre à toutes et à tous la possibilité d’exprimer pleinement leur potentiel, nous devons de toute urgence nous attacher à construire et à renforcer les fondations du système multilatéral. 

Nous devons nous montrer à la hauteur de cette énorme responsabilité historique. 

Votre Déclaration à l’occasion du soixante-quinzième anniversaire de l’ONU comprend une série d’engagements à travailler ensemble pour relever certains de ces défis. 

Mon rapport sur Notre programme commun constitue – en réponse à votre demande – une contribution à la recherche de solutions. 

Les propositions qu’il contient représentent un premier pas. Les États Membres ont maintenant un rôle crucial à jouer pour les faire avancer à travers de nouvelles consultations, des compromis et des décisions. 

Mais ne vous y trompez pas : trouver des solutions est essentiel et urgent. 

Nous devons prendre les décisions difficiles qui nous permettront d’aller de l’avant. 

Ces consultations nous ont permis de parvenir à une compréhension commune des défis auxquels nous faisons face, de réfléchir aux propositions qui ont été faites et de suggérer de nouvelles idées. Je vous remercie du fond du cœur de vos contributions précieuses tout au long des quatre derniers cycles de consultations. 

Je pense que ces discussions nous ont permis de renouveler notre détermination à accélérer la mise en œuvre des Objectifs de développement durable et d’autres cadres qui accusent un retard dangereux.  

Nous avons progressé dans l’identification des outils et des instruments qui nous permettront d’agir. 

J’espère que ces discussions nous ont rapprochés de la percée que j’appelle de mes vœux dans le rapport – et qu’elles contribuent à nous éloigner du risque d’effondrement. 

J’espère surtout qu’elles auront permis à chacun de mieux se saisir de ces questions, afin que ce rapport devienne effectivement notre programme commun. 

Ces consultations nous ont permis de cerner les propositions de mon rapport qui bénéficient d’un large soutien, celles pour lesquelles ce n’est pas nécessairement le cas, et celles qui nécessitent de poursuivre le dialogue. 

Permettez-moi de récapituler. 

Notre première consultation a porté sur l’accélération et l’intensification des Objectifs de développement durable, sans laisser personne de côté. Mon rapport sur Notre programme commun a été décrit comme une « piqûre de rappel » pour les ODD, qui pourrait nous aider à les remettre sur la bonne voie. 

Nous avons convenu que l’éducation était une priorité urgente, en particulier après le COVID‑19. Je me réjouis de votre soutien résolu en faveur du Sommet sur la transformation de l’éducation que je convoquerai en septembre. 

Nous avons entendu s’exprimer des soutiens pour un Sommet social mondial intergouvernemental, et cette piste doit être approfondie. 

L’ensemble du système des Nations Unies est à la disposition des États Membres pour faire avancer mes propositions sur le contrat social, la protection sociale et les mesures transformatrices pour faire progresser l’égalité des genres, si vous choisissez de faire cela au niveau national. Ce sont là des domaines d’action à l’échelle de chaque pays, en accord avec les caractéristiques propres de chaque pays. 

Nous avons également vu un fort soutien en faveur d’une participation plus importante des jeunes, notamment à travers la création d’un Bureau des Nations Unies pour la jeunesse. 

D’autres propositions, comme la création d’un indicateur sur « les jeunes en politique », doivent faire l’objet de discussions plus approfondies. 

La deuxième consultation a essentiellement porté sur les questions liées au financement durable et inclusif, et au rétablissement de la confiance. 

Elle a donné lieu à un riche débat d’idées sur la recherche d’indicateurs destinés à compléter le Produit intérieur brut. Les petits États insulaires en développement nous ont rappelé que la façon dont nous choisissons de mesurer le progrès pouvait avoir des conséquences de vie ou de mort. 

Il est grand temps d’utiliser des indicateurs complémentaires, de façon systématique et dans tous les domaines. 

Je tiens à rassurer celles et ceux qui craignent que le sommet biennal que je propose d’organiser entre les pays du G20, les institutions financières internationales et le Conseil économique et social ne soit un sommet excluant. 

Ce sommet vise au contraire à renforcer l’inclusion, en combinant l’autorité économique des institutions financières et le caractère universel et la légitimité de l’Organisation des Nations Unies. 

L’un des objectifs de ces sommets biennaux serait de réformer un système financier mondial en faillite morale et de réduire les inégalités systémiques entre le Nord et le Sud. 

Pendant la pandémie, de nombreux pays en développement ont subi des pertes économiques catastrophiques. 

Mais selon les règles actuelles, les gouvernements qui ont le plus besoin de financement ne peuvent y accéder. 

Nous avons besoin d’une Nouvelle donne mondiale pour rééquilibrer le pouvoir et les ressources financières, afin de permettre aux pays en développement d’investir dans le Programme 2030 et les Objectifs de développement durable. 

Cela demande notamment de changer le système d’évaluation du crédit et la manière dont les droits de tirage spéciaux sont émis, et d’établir un cadre opérationnel d’allègement et de restructuration de la dette. 

Des sommets biennaux entre les pays du G20, les institutions financières internationales et le Conseil économique et social permettraient de lever les obstacles qui empêchent ces institutions de coopérer pour financer la mise en œuvre des Objectifs de développement durable. 

De tels sommets permettraient également d’étudier les améliorations à apporter à la coopération fiscale internationale et de combattre les flux financiers illicites et la corruption. Nous avons entendu vos appels pressants au cours de cette consultation pour éviter que cette initiative ne fasse double emploi avec le Programme d’action d’Addis-Abeba et d’autres mécanismes. 

Nous avons également entendu des suggestions qui vont au-delà de mon rapport sur Notre programme commun, notamment en ce qui concerne les besoins des personnes âgées et les risques liés au terrorisme. 

La troisième consultation a porté sur les cadres nécessaires pour un monde plus pacifique. Il s’agissait notamment de l’architecture de paix et de sécurité, de la coopération numérique, de l’espace extra-atmosphérique, des droits humains et du droit international. 

Le projet de pacte numérique mondial a reçu un large soutien. Celui-ci met l’accent sur l’élargissement de l’accès à Internet aux 2,9 milliards de personnes qui en sont toujours privées et la reconnaissance de l’accès à Internet comme un droit humain. 

De nombreux États Membres ont convenu de la nécessité d’élaborer un nouvel Agenda pour la paix, qui tienne compte des nombreuses évolutions qu’a connues le concept de sécurité depuis la création de l’Organisation des Nations Unies. 

Depuis cette consultation, la guerre en Ukraine a renforcé la nécessité de se consacrer à la paix sous toutes ses formes, avec bien plus de détermination. J’y reviendrai plus longuement dans un instant. 

Lors de cette consultation, l’accent a été mis sur l’importance capitale du droit international, notamment la Charte des Nations Unies, le droit international humanitaire et le droit international des droits de l’homme, et sur la nécessité d’œuvrer à leur application systématique. 

La quatrième consultation était tournée vers l’avenir, tout en cherchant des moyens d’accélérer les efforts visant à résoudre les problèmes existentiels d’aujourd’hui. 

Nous sommes revenus sur la menace du changement climatique et avons discuté des moyens de mieux protéger la planète. 

L’urgence climatique et la dégradation effrénée de l’environnement constituent une menace existentielle pour le monde tel que nous le connaissons. 

La semaine dernière, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat a publié un rapport alarmant montrant que les effets du climat sont déjà dévastateurs dans toutes les régions du monde, mais plus particulièrement dans les pays en développement et les petits États insulaires. 

Les participants à la session ont examiné les effets irréversibles de la crise climatique, qui pourrait rendre inhabitables certaines parties du monde. Nous ne pouvons pas permettre que les territoires de certains États Membres de l’Organisation des Nations Unies se réduisent, voire disparaissent, à cause de l’élévation du niveau des mers. 

Nous devons de toute urgence mener des actions porteuses de changement afin de réduire et d’éliminer les émissions de gaz à effet de serre, de limiter le réchauffement de la planète à 1,5 degré Celsius et de renforcer la résilience face aux effets qui se font déjà sentir grâce à des mesures d’adaptation efficaces. 

Les pays du G20, qui sont responsables de 80 % des émissions mondiales, ont une responsabilité particulière à assumer. 

Nous devons renforcer massivement l’appui technique et financier pour accélérer l’élimination progressive du charbon et créer une transition juste vers des énergies renouvelables et des emplois verts. 

Les pays les plus riches doivent tenir leur engagement de financement climat à hauteur de 100 milliards de dollars. Les sommes allouées au financement de l’adaptation doivent être doublées et nous devons réformer les conditions d’accès à ces financements afin que les communautés les plus vulnérables puissent y avoir accès. 

Nous avons aussi examiné les enseignements de la pandémie de COVID-19 en ce qui concerne l’architecture sanitaire mondiale et la réponse aux futures crises de grande ampleur. Il est grand temps de penser nos systèmes à long terme, d’améliorer l’anticipation et la prévision des risques au niveau mondial, et de tenir compte des intérêts des générations futures. 

Les propositions contenues dans mon rapport sur Notre Programme commun qui visent à penser et à agir davantage dans l’intérêt des générations futures ont recueilli un large soutien, et il nous tarde de travailler avec vous pour faire avancer ces idées ainsi que le concept de Plateforme d’urgence qui doit encore être clarifié entre nous. 

Cela m’amène au débat d’aujourd’hui, qui est consacré à la coopération internationale. 

Au cours des deux dernières semaines, la coopération multilatérale a pris encore plus d’importance. 

Nous voici ramenés à la promesse fondatrice de la Charte des Nations Unies : préserver les générations futures du fléau de la guerre. 

Partout dans le monde, on se demande comment une telle chose a pu se produire au XXIème siècle. 

Comment se peut-il que nous soyons encore à regarder l’abîme nucléaire, pendant que des millions de personnes quittent leur pays et que les principes les plus élémentaires du droit international sont foulés aux pieds ? 

À la lumière de ces événements, nous devons à nouveau nous demander si les systèmes de gouvernance mondiale sont adaptés à l’objectif qui est le leur, et songer à des moyens de les améliorer. 

Et tandis que nous reconsidérons les menaces traditionnelles pour la paix et la sécurité, il nous faut actualiser ces concepts pour les adapter à la complexité de notre monde, dans lequel des menaces locales peuvent rapidement devenir mondiales, existentielles et intergénérationnelles. 

Le conflit en Ukraine pourrait avoir de graves répercussions mondiales sur plusieurs fronts. 

Premièrement, le financement de l’aide humanitaire s’en trouvera encore plus limité, ce qui contribuera à aggraver les souffrances d’un grand nombre de personnes parmi les plus vulnérables. 

Deuxièmement, le conflit pourrait indirectement accroître la faim dans le monde. L’Ukraine est l’un des premiers producteurs de céréales au monde -la Fédération Russe est le deuxième- , et le conflit pourrait provoquer une flambée des prix. 

Troisièmement, ce conflit est intrinsèquement lié à la crise climatique et montre à quel point notre dépendance aux combustibles fossiles met l’économie mondiale et la sécurité énergétique à la merci des chocs géopolitiques. 

C’est dans les pays en développement que les conséquences économiques de la guerre, en particulier l’augmentation des prix de l’énergie et des denrées alimentaires, se feront le plus durement sentir. Nombre de ces pays ont déjà du mal à se remettre de la pandémie et à combattre l’inflation croissante ainsi que la hausse des taux d’intérêts. 

Partout dans le monde, la faiblesse des institutions et l’absence de responsabilité vont de pair avec les risques climatiques et les risques en matière de sécurité. 

Et les dépenses militaires record ne protégeront personne de la catastrophe climatique. 

L’amélioration de la coopération internationale doit porter sur toutes les menaces non traditionnelles, y compris la cyberguerre, les campagnes de désinformation, les menaces liées aux armes de destruction massive, et d’autres encore. 

Mon rapport sur Notre Programme commun est un signal d’alarme sur les risques auxquels nous faisons face et sur l’illusion dangereuse selon laquelle le statu quo serait une solution viable. 

Mais vous n’avez pas besoin de lire mon rapport pour savoir ces choses-là. Il suffit de regarder autour de vous. 

La crise climatique a franchi le point de non-retour, alors que nous étions prévenus et que nous aurions pu agir plus tôt. 

Une grande partie des effets de la pandémie de COVID-19 aurait pu être évitée ou atténuée. Au lieu de cela, des millions de personnes sont mortes, la faim et la pauvreté augmentent, et les conséquences économiques de la pandémie se font toujours sentir. 

Une guerre protéiforme fait rage au cœur de l’Europe, en violation de la Charte des Nations Unies. 

Nous avons un important travail à faire pour améliorer la gouvernance mondiale, gérer les risques et préserver les communs mondiaux et les biens publics mondiaux. 

Ce travail n’est pas seulement celui de l’Organisation des Nations Unies ou d’une quelconque autre institution. 

Il s’agit de travailler ensemble pour résoudre nos principaux problèmes, par l’intermédiaire des structures existantes, si elles s’y prêtent, et de cadres nouveaux ou revigorés, si nécessaire. 

Si nous n’agissons pas, ce sont peut-être nos enfants, ou leurs enfants, qui seront obligés de reconstruire l’ordre international au lendemain d’une catastrophe. 

J’ai donc demandé à mon conseil consultatif de haut niveau sur les biens publics mondiaux de nous fournir des recommandations concrètes pour améliorer la gouvernance mondiale. 

Je suis ravi que l’ancienne Présidente libérienne, Ellen Johnson-Sirleaf, et l’ancien Premier Ministre suédois, Stefan Löfven, aient accepté mon invitation à coprésider ce conseil consultatif. 

J’ai demandé au Conseil de s’appuyer sur les idées contenues dans mon rapport sur Notre Programme commun, sur les consultations menées à l’occasion du soixante-quinzième anniversaire de l’ONU et de la préparation de mon rapport, et sur ces récentes discussions menées sous la houlette du Président de l’Assemblée générale. 

J’ai également demandé au Conseil de formuler ses recommandations à la lumière des dispositions institutionnelles et juridiques existantes, en gardant à l’esprit les appels à ne pas dupliquer ou remplacer celles qui fonctionnent. 

Le Conseil se penchera sur les lacunes en matière de gouvernance, les nouvelles priorités et les niveaux d’urgence, ainsi que sur les délibérations pertinentes des forums qui se tiendront en préparation du projet intergouvernemental de Sommet de l’avenir, qui doit avoir lieu en septembre 2023. 

Je leur ai tout particulièrement demandé de rechercher l’équité et la justice dans la prise de décisions au niveau mondial, ainsi que des approches plus en réseau, plus inclusives et, surtout, plus efficaces. 

Les membres du Conseil seront indépendants et nourriront de leur expérience considérable les réflexions sur ces questions essentielles. 

Le cas échéant, j’espère que leurs recommandations enrichiront les débats du Sommet de l’avenir. 

Le Sommet de l’avenir serait l’occasion pour les dirigeants de s’engager à quitter la voie dangereuse sur laquelle nous nous trouvons actuellement, grâce à une coopération multilatérale fondée sur les valeurs énoncées dans la Charte des Nations Unies. 

Il pourrait déboucher sur un pacte pour l’avenir, qui permettrait d’accélérer l’application du Programme 2030, de l’Accord de Paris et du Programme d’action d’Addis-Abeba. 

Il appartiendra aux États Membres de décider du contenu d’un tel pacte, mais j’ai proposé plusieurs éléments dans mon rapport sur Notre programme commun. 

Premièrement, un nouvel agenda pour la paix, qui nous réunirait autour d’une vision commune de la paix et de la sécurité face aux nouvelles menaces et sources de vulnérabilité. 

Deuxièmement, un pacte numérique mondial visant à mettre la technologie numérique au service du bien-être, de la solidarité et du progrès humains. 

Troisièmement, l’établissement de grands principes visant à régir l’utilisation pacifique et durable de l’espace extra-atmosphérique. 

Quatrièmement, l’élaboration de protocoles relatifs à une Plateforme d’urgence, qui nous permettrait de gérer plus efficacement les risques mondiaux. 

Et cinquièmement, une déclaration énonçant la promesse que nous avons faite de tenir compte des intérêts et des besoins des générations futures dans les décisions que nous prenons aujourd’hui, et la mise en place des mécanismes nécessaires pour tenir cette promesse. 

Un tel pacte pourrait également inclure le projet de code de conduite visant à promouvoir l’intégrité de l’information, un plan mondial destiné à éliminer la violence contre les femmes et les filles, et un accord sur l’adoption d’indicateurs allant au-delà du produit intérieur brut pour mesurer les progrès accomplis. 

Ce sera à vous, les États Membres, d’en décider, dans le cadre de la suite que vous donnerez à ces consultations. 

Pour que le Sommet de l’avenir soit couronné de succès, il faudra que tous les États Membres se l’approprient et y participent activement, et que la société civile, le secteur privé et d’autres acteurs y soient associés, sans remettre en question le caractère inter-gouvernemental du Sommet de l’avenir. 

Il faudra également changer collectivement d’état d’esprit et témoigner d’une volonté d’œuvrer de concert à la recherche de solutions novatrices aux problèmes les plus graves que nous rencontrons. 

Aujourd’hui, nous examinerons également comment le Secrétariat peut tenir plus systématiquement compte des points de vue des autres parties prenantes, afin de créer un multilatéralisme qui fonctionne davantage en réseau et soit plus inclusif. 

Dans mon rapport sur Notre programme commun, j’ai proposé de tenir chaque année une réunion avec les chefs des organisations régionales, de dialoguer activement avec les institutions financières internationales, de rétablir le Conseil scientifique consultatif et de rendre l’ONU mieux à même d’offrir des solutions dans le cadre de l’initiative ONU 2.0, notamment en soutenant le multilinguisme. 

En nous appuyant sur ces réformes, et sur les réformes du passé, nous continuerons à rendre l'Organisation plus efficace, plus responsable et plus axée sur les résultats.  J'ai demandé au système de faire un meilleur usage des ressources disponibles, d'harmoniser notre budgétisation et nos demandes de financement et d'améliorer la transparence de nos rapports sur les résultats.   

Et je suis prêt à vous accompagner dans vos discussions concernant les organes ou organismes intergouvernementaux de l’ONU, notamment le Conseil de sécurité, le Conseil économique et social, la Commission de consolidation de la paix et le Conseil de tutelle. 

Les propositions que j’ai faites dans mon rapport sur Notre programme commun ne visent pas à créer de nouvelles bureaucraties. Il s’agit plutôt de permettre aux États Membres de déterminer ensemble quelles questions préoccupantes nécessitent que leur gouvernance soit améliorée. 

Le point de départ doit être le respect et l’application du droit international, son développement progressif, le renforcement des institutions et des mécanismes existants, et la participation de toutes les parties concernées. 

En fin de compte, nos efforts visent non seulement à éviter une catastrophe, mais également à améliorer la vie et les perspectives de milliards de personnes laissées de côté. Il s’agit notamment des enfants qui ont manqué des années de scolarité, des femmes dont les moyens de subsistance, qui étaient déjà précaires, ont disparu, ainsi que des réfugiés et des migrants contraints d’entreprendre des voyages périlleux. 

Les prochaines étapes dépendront des décisions que vous prendrez, en tant qu’États Membres. 

Nous sommes prêts à apporter notre contribution, en détaillant mes propositions et en poursuivant la discussion. 

Les auteurs de la Charte des Nations Unies ont reconnu que la coopération multilatérale était l’antidote au nationalisme populiste, aux intérêts égoïstes et aux mesures unilatérales qui ont causé d’immenses souffrances au cours des trois décennies qui ont précédé la création de l’Organisation des Nations Unies. 

Aujourd’hui, nous devons nous inspirer de leur vision, fondée sur les valeurs universelles et intemporelles qu’ils ont énoncées dans la Charte. 

Je me réjouis de poursuivre ce voyage avec vous tous pour réaliser Notre programme commun. 

Je vous remercie.