New York

24 September 2020

Secretary-General's briefing to the Security Council on Global Governance Post-COVID-19

[Watch the video on webtv.un.org]

[Bilingual, as delivered is directly below; followed by all-English and all-French] 

Thank you for this opportunity to address the subject of global governance as it relates to the COVID-19 pandemic. 

A microscopic virus is now the number one threat in our world. 

The COVID-19 pandemic is a full-blown crisis in itself, unfolding against a backdrop of high geopolitical tensions and other global threats in unpredictable and dangerous ways. 

The pandemic is a clear test of international cooperation – a test we have essentially failed. 

It has killed nearly one million people around the world, infected over 30 million, and remains largely out of control.  

This was the result of a lack of global preparedness, cooperation, unity and solidarity. 

The 75thanniversary of the United Nations reminds us of the achievements of our founders – and calls on us to live up to their ambitions. 

We urgently need innovative thinking on global governance and multilateralism, so that they are fit for the 21stcentury. 

Monsieur le Président, 

Avant tout, nous avons besoin d’un multilatéralisme en réseau, fondé sur des liens et une coopération solides entre les organisations internationales et régionales, les institutions financières internationales et autres alliances et institutions mondiales. 

Depuis que j’ai pris mes fonctions de Secrétaire général, j’ai fait de notre partenariat stratégique avec l’Union africaine une priorité. Nos relations se caractérisent par des valeurs partagées, un respect mutuel et des intérêts communs. 

Le partenariat entre l’Union africaine et l’ONU est un modèle que nous devrions reproduire dans nos relations avec d’autres organisations régionales. 

Nous disposons désormais d’un cadre solide Union africaine-Organisation des Nations Unies pour la paix et la sécurité sur le continent. 

Je demande instamment à ce Conseil d’approfondir notre collaboration en créant des liens solides et officiels avec le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine et en communiquant régulièrement avec lui. 

Cela permettrait de répartir le travail de la façon la plus efficace possible : l’Union africaine pourrait mener des opérations d’imposition de la paix et de lutte contre le terrorisme, qui seraient appuyées par des mandats du Conseil de sécurité et bénéficieraient d’un financement prévisible, garanti par les contributions obligatoires. 

C’est la seule façon de construire la coalition dont nous avons besoin pour lutter contre le terrorisme sur le continent africain et de mener à bien l’initiative phare de l’Union africaine pour faire taire les armes. 

L’Organisation des Nations Unies a aussi la responsabilité d’améliorer l’efficacité de sa contribution à la gouvernance mondiale. 

L’accent que nous mettons sur la prévention, les efforts que nous déployons afin de renforcer l’architecture de paix et de sécurité, l’initiative Action pour le maintien de la paix en partenariat avec les États Membres et l’action que nous menons pour mettre fin à l’exploitation et aux atteintes sexuelles dans l’ensemble du système des Nations Unies sont autant de mesures qui visent à relever ce défi. 

Je me félicite de la résolution 2532 que le Conseil de sécurité a adoptée en juillet, en soutien de mon appel au cessez-le-feu mondial immédiat. 

Nous avons maintenant besoin d’un effort collectif, mené par ce Conseil, pour faire taire les armes dans le monde entier d’ici la fin de cette année. 

C’est aux États Membres, y compris ceux qui siègent dans ce Conseil, qu’incombe au premier chef la responsabilité de s’assurer du fonctionnement de la gouvernance mondiale. 

La réforme de la gouvernance mondiale ne saurait se substituer à l’action collective menée par les États Membres pour surmonter les défis communs. 

Monsieur le Président, 

Les conflits, les atteintes aux droits humains, les crises humanitaires et les retards dans le développement sont interconnectés et s’aggravent mutuellement, alors que la réponse mondiale que nous leur apportons est de plus en plus fragmentée. Nous ne sommes pas en phase avec la réalité du monde d’aujourd’hui. 

Les institutions de gouvernance mondiale devraient collaborer de façon coordonnée afin de contenir, d’atténuer et de réduire les risques de toutes sortes. 

Le multilatéralisme en réseau ne doit pas se limiter à la paix et à la sécurité, mais doit englober les institutions de Bretton Woods, les banques de développement, les alliances commerciales, etc. 

La pandémie accentue les risques dans tous les domaines. Les besoins humanitaires s’alourdissent, des décennies de progrès en matière de développement durable sont en jeu et les troubles sociaux se multiplient, contribuant ainsi aux risques sécuritaires. 

De nombreux pays du Sud ont été laissés à leur désespoir, sans ressources financières ou pratiques. Certains pays à revenu intermédiaire sont écrasés par le fardeau de la dette alors qu’ils tentent de répondre à la crise. 

D’emblée, j’ai plaidé pour un plan de relance mondial et pour une action coordonnée en matière de dette, mobilisant tous les partenaires. 

Il faut également que le Fonds Monétaire International reçoive des ressources plus importantes et qu’un appui renforcé soit apporté au Groupe de la Banque mondiale et à d’autres institutions financières et mécanismes bilatéraux pour mieux soutenir les Etats membres en leur donnant un meilleur accès au dispositif et aux outils. 

En mai, de concert avec les Premiers Ministres du Canada et de la Jamaïque, j’ai réuni des chefs d‘État et de gouvernement, des dirigeants d’organisations internationales, des représentants du secteur privé et de la société civile pour lancer une initiative sur le financement du développement dans le cadre du COVID-19 et en général. 

Cette initiative est axée sur des domaines qui sont essentiels à la survie et à la mise en œuvre d’une relance forte, notamment la liquidité mondiale, la stabilité financière et la vulnérabilité liée à la dette, et c’est avec le plus grand intérêt que j’attends ses conclusions, prévues pour la semaine prochaine. 

Mais nous ne pouvons pas continuer à répondre de la sorte à des risques globaux systémiques et prévisibles par des solutions ad hoc. 

Cette pandémie est un signal d’alarme pour des catastrophes plus graves encore qui pourraient survenir, à commencer par la crise climatique. Si nous y répondons avec la désunion et la désorganisation dont nous avons été témoins cette année, je crains le pire. 

Nous avons besoin d’une gouvernance mondiale qui soit déterminée, coordonnée, souple et prête à réagir à l’éventail des défis auxquels nous devons faire face. 

Dans un monde où les menaces sont interconnectées, la solidarité est dans l’intérêt de chacun. 

Mr. President, 

Many of the cross-border challenges we face today, from the climate crisis to rising inequality to cybercrime, involve interest groups, businesses, organizations and entire sectors that are outside traditional concepts of global governance.  

These challenges cannot be addressed effectively by states alone. We need to broaden our idea of global governance, to take in businesses, civil society, cities and regions, academia and young people. 

International conventions are not the only way to reach binding agreements for the common good.  

We need flexible mechanisms in which different stakeholders come together, adopt protocols and codes of conduct, define red lines and create conditions for successful cooperation which is particularly relevant in the digital world. 

Global governance must also recognize our responsibilities to our planet and to future generations. Civil society movements, particularly those led by young people, are global leaders on these issues. 

Let’s face it: global governance mechanisms until now have been exclusive, and the largest group left out in the cold is women – half of humanity. Women watching this week’s General Debate have a perfect right to feel that they are not represented, and their voices are not valued.   

The COVID-19 pandemic has proven what is obvious: women’s leadership is highly effective. We cannot hope to turn the climate crisis around, reduce social divisions or make sustained peace without the full contributions of all of society.  

Reformed global governance is about approaches, and institutions – which must be reformed and strengthened. 

We need more, and better, multilateralism that works effectively and delivers for the people we serve. 

We need more, and better, global governance based on national sovereignty and expressed through our shared ideals, eloquently expressed in the United Nations Charter.  

The pandemic has illustrated beyond dispute the gaps in our multilateral system.  

As countries go in different directions, the virus goes in every direction. 

A rational and equitable approach to vaccination would reduce preventable deaths by prioritizing frontline workers and the most vulnerable.  

But we have struggled to mobilize the resources needed to ensure a vaccine as a global public good, available and affordable to all. 

We urgently need multilateral institutions that can act decisively, based on global consent, for the global good. 

And we need multilateral institutions that are fair, with better representation of the developing world, so that all have a proportional voice at the global table. 

Mr. President, 

The General Assembly Declaration on the 75thAnniversary of the United Nations has created space fora process of reflection on the future of multilateral cooperation on the post-COVID world.
 
I will report back with analysis and recommendations, guided by a common thread of solidarity within and between societies at the national and international levels, and with future generations. 
Our world is no longer bipolar or unipolar; it is moving towards multipolarity. 

We experienced fragmentation and polarization without effective mechanisms of multilateral governance one hundred years ago. The result was the First World War, followed by the second. 
COVID-19 is casting a dark shadow across the world. But it is also a warning that must spur us to action. 

We have no choice. 

Either we come together in global institutions that are fit for purpose, or we will be crushed by divisiveness and chaos.  

Thank you. 
*****
English version:

Thank you for this opportunity to address the subject of global governance as it relates to the COVID-19 pandemic.

A microscopic virus is now the number one threat in our world.

The COVID-19 pandemic is a full-blown crisis in itself, unfolding against a backdrop of high geopolitical tensions and other global threats in unpredictable and dangerous ways.

The pandemic is a clear test of international cooperation – a test we have essentially failed.

It has killed nearly one million people around the world, infected over 30 million, and remains largely out of control.  

This was the result of a lack of global preparedness, cooperation, unity and solidarity.

The 75th anniversary of the United Nations reminds us of the achievements of our founders – and calls on us to live up to their ambitions.

We urgently need innovative thinking on global governance and multilateralism, so that they are fit for the 21st century.

Mr. President,

First and foremost, we need a networked multilateralism based on strong links and cooperation between global and regional organizations, International Financial Institutions and other global alliances and institutions.

Since I became Secretary-General, I have prioritized our strategic partnership with the African Union. Our relations are characterized by shared values, mutual respect and common interests.

The AU-UN partnership is a model we should emulate in our relationships with other regional organizations.

We now have a strong African Union-United Nations framework on peace and security on the continent.

I urge this Council to deepen our engagement by creating strong, formalized links and regular communications with the African Union’s Peace and Security Council.

This would enable the most effective division of labour, allowing for AU peace enforcement and counter-terrorism operations, backed by Security Council mandates, with predictable funding guaranteed by assessed contributions.

That is the only way we will build the coalition we need to beat terrorism on the African continent and fulfil the African Union’s flagship initiative to Silence the Guns.   

The United Nations also has a responsibility to improve the effectiveness of global governance.

Our focus on prevention, our efforts to enhance the peace and security architecture, the Action for Peacekeeping initiative in partnership with Member States, and our drive to end sexual exploitation and abuse across the United Nations system, are all aimed at meeting this challenge.   

I welcome resolution, adopted by the Security Council 2532 in July, in support of my appeal for an immediate global ceasefire.

We now need a united effort, led by this Council, to silence the guns around the world by the end of this year.

The primary responsibility for making global governance work lies with Member States, including those on this Council.

Reform of global governance cannot be a substitute for collective action by Member States to confront common challenges.

Mr. President,

Conflict, human rights abuses, humanitarian crisis, and stalled progress on development reinforce each other and are interlinked, while our global response is more and more fragmented. We are not keeping pace with the world as it is.

The institutions of global governance should work together in coordination, to contain, mitigate and reduce risks of all kinds.

Networked multilateralism must extend beyond peace and security, encompassing the Bretton Woods institutions, development banks, trade alliances and more.

The pandemic is heightening risks across the board. Humanitarian needs are growing, decades of progress on sustainable development are at stake, and social unrest is increasing.

Many of the countries in the Global South have been left hanging, without financial and practical resources. Some Middle-Income countries face a crushing debt burden as they try to respond to the crisis.

I have advocated from the start for a comprehensive global response package, and for coordinated action on debt, through the mobilization of all partners.

We also need greater resources for the International Monetary Fund, and enhanced support for the World Bank Group and other financial institutions and bilateral mechanisms.  

In May, together with the Prime Ministers of Canada and Jamaica, I brought Heads of State and government, leaders, of international organizations, representatives from the private sector and civil society together to launch an initiative on Financing for Development in response to COVID-19 and in general.

This initiative is focusing on areas that are critical to survival and building a strong recovery, including global liquidity, financial stability and debt vulnerability, and I look forward to its conclusions next week.

But we cannot continue to respond with such ad hoc solutions to systemic, foreseeable global risks.

This pandemic is a wake-up call for even more catastrophic challenges that may arise, starting with the climate crisis. If we meet these with the same disunity and disarray we have seen this year, I fear the worst.

We need global governance that is resolute, coordinated, flexible, and ready to react to the full range of challenges we face.

In a world of interconnected threats, solidarity is self-interest.

Mr. President,

Many of the cross-border challenges we face today, from the climate crisis to rising inequality to cybercrime, involve interest groups, businesses, organizations and entire sectors that are outside traditional concepts of global governance. 

These challenges cannot be addressed effectively by states alone. We need to broaden our idea of global governance, to take in businesses, civil society, cities and regions, academia and young people.

International conventions are not the only way to reach binding agreements for the common good. 

We need flexible mechanisms in which different stakeholders come together, adopt protocols and codes of conduct, define red lines and create conditions for successful cooperation which is particularly relevant in the digital world.

Global governance must also recognize our responsibilities to our planet and to future generations. Civil society movements, particularly those led by young people, are global leaders on these issues.

Let’s face it: global governance mechanisms until now have been exclusive, and the largest group left out in the cold is women – half of humanity. Women watching this week’s General Debate have a perfect right to feel that they are not represented, and their voices are not valued. 

The COVID-19 pandemic has proven what is obvious: women’s leadership is highly effective. We cannot hope to turn the climate crisis around, reduce social divisions or make sustained peace without the full contributions of all of society.

Reformed global governance is about approaches, and institutions – which must be reformed and strengthened.

We need more, and better, multilateralism that works effectively and delivers for the people we serve.

We need more, and better, global governance based on national sovereignty and expressed through our shared ideals, eloquently expressed in the United Nations Charter. 

The pandemic has illustrated beyond dispute the gaps in our multilateral system.  

As countries go in different directions, the virus goes in every direction.

A rational and equitable approach to vaccination would reduce preventable deaths by prioritizing frontline workers and the most vulnerable.  

But we have struggled to mobilize the resources needed to ensure a vaccine as a global public good, available and affordable to all.

We urgently need multilateral institutions that can act decisively, based on global consent, for the global good.

And we need multilateral institutions that are fair, with better representation of the developing world, so that all have a proportional voice at the global table.

Mr. President, 

The General Assembly Declaration on the 75th Anniversary of the United Nations has created space for a process of reflection on the future of multilateral cooperation on the post-COVID world.

I will report back with analysis and recommendations, guided by a common thread of solidarity within and between societies at the national and international levels, and with future generations.

Our world is no longer bipolar or unipolar; it is moving towards multipolarity.

We experienced fragmentation and polarization without effective mechanisms of multilateral governance one hundred years ago. The result was the First World War, followed by the second.

COVID-19 is casting a dark shadow across the world. But it is also a warning that must spur us to action.

We have no choice.

Either we come together in global institutions that are fit for purpose, or we will be crushed by divisiveness and chaos.  

Thank you.
*****
French version:

Je vous remercie de me donner l’occasion d’aborder le sujet de la gouvernance mondiale en lien avec la pandémie de COVID-19. 

Un virus microscopique est aujourd’hui la principale menace dans notre monde. 

La pandémie de COVID-19 est une crise à part entière, qui se déroule de manière imprévisible et dangereuse dans un contexte de fortes tensions géopolitiques et d’autres menaces mondiales. 

La pandémiemet manifestement à l’épreuve la coopération internationale – épreuve à laquelle nous avons échoué. 

Le virus, qui a tué près d‘un million de personnes et en a infecté plus de 30 millions dans le monde, n’est pas encore maîtrisé. 

Cette situation a été créée par le manque de préparation, de coopération, d’unité et de solidarité à l‘échelle mondiale. 

Le 75eanniversaire de l’Organisation des Nations Unies nous rappelle ce que nos fondateurs ont accompli et nous invite à être à la hauteur de leurs ambitions. 

Nous devons de toute urgence mener une réflexion innovante sur la gouvernance mondiale et le multilatéralisme, afin de les adapter au XXIe siècle. 

Monsieur le Président, 

Avant tout, nous avons besoin d’un multilatéralisme en réseau, fondé sur des liens et une coopération solides entre les organisations internationales et régionales, les institutions financières internationales et autres alliances et institutions mondiales.  

Depuis que j’ai pris mes fonctions de Secrétaire général, j’ai fait de notre partenariat stratégique avec l’Union africaine une priorité. Nos relations se caractérisent par des valeurs partagées, un respect mutuel et des intérêts communs.  

Le partenariat entre l’Union africaine et l’ONU est un modèle que nous devrions reproduire dans nos relations avec d’autres organisations régionales.  

Nous disposons désormais d’un cadre solide Union africaine-Organisation des Nations Unies pour la paix et la sécurité sur le continent.  

Je demande instamment à ce Conseil d’approfondir notre collaboration en créant des liens solides et officiels avec le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine et en communiquant régulièrement avec lui.  

Cela permettrait de répartir le travail de la façon la plus efficace possible : l’Union africaine pourrait mener des opérations d’imposition de la paix et de lutte contre le terrorisme, qui seraient appuyées par des mandats du Conseil de sécurité et bénéficieraient d’un financement prévisible, garanti par les contributions obligatoires.  

C’est la seule façon de construire la coalition dont nous avons besoin pour lutter contre le terrorisme sur le continent africain et de mener à bien l’initiative phare de l’Union africaine pour faire taire les armes.  

L’Organisation des Nations Unies a aussi la responsabilité d’améliorer l’efficacité de sa contribution à la gouvernance mondiale.  

L’accent que nous mettons sur la prévention, les efforts que nous déployons afin de renforcer l’architecture de paix et de sécurité, l’initiative Action pour le maintien de la paix en partenariat avec les États Membres et l’action que nous menons pour mettre fin à l’exploitation et aux atteintes sexuelles dans l’ensemble du système des Nations Unies sont autant de mesures qui visent à relever ce défi.  

Je me félicite de la résolution 2532 que le Conseil de sécurité a adoptée en juillet, en soutien de mon appel au cessez-le-feu mondial immédiat.  

Nous avons maintenant besoin d’un effort collectif, mené par ce Conseil, pour faire taire les armes dans le monde entier d’ici la fin de cette année.  

C’est aux États Membres, y compris ceux qui siègent dans ce Conseil, qu’incombe au premier chef la responsabilité de s’assurer du fonctionnement de la gouvernance mondiale.  

La réforme de la gouvernance mondiale ne saurait se substituer à l’action collective menée par les États Membres pour surmonter les défis communs.  

Monsieur le Président,  

Les conflits, les atteintes aux droits humains, les crises humanitaires et les retards dans le développement sont interconnectés et s’aggravent mutuellement, alors que la réponse mondiale que nous leur apportons est de plus en plus fragmentée. Nous ne sommes pas en phase avec la réalité du monde d’aujourd’hui.  

Les institutions de gouvernance mondiale devraient collaborer de façon coordonnée afin de contenir, d’atténuer et de réduire les risques de toutes sortes.  

Le multilatéralisme en réseau ne doit pas se limiter à la paix et à la sécurité, mais doit englober les institutions de Bretton Woods, les banques de développement, les alliances commerciales, etc.  

La pandémie accentue les risques dans tous les domaines. Les besoins humanitaires s’alourdissent, des décennies de progrès en matière de développement durable sont en jeu et les troubles sociaux se multiplient, contribuant ainsi aux risques sécuritaires.  

De nombreux pays du Sud ont été laissés à leur désespoir, sans ressources financières ou pratiques. Certains pays à revenu intermédiaire sont écrasés par le fardeau de la dette alors qu’ils tentent de répondre à la crise.  

D’emblée, j’ai plaidé pour un plan de relance mondial et pour une action coordonnée en matière de dette, mobilisant tous les partenaires.  

Il faut également que le Fonds Monétaire International reçoive des ressources plus importantes et qu’un appui renforcé soit apporté au Groupe de la Banque mondiale et à d’autres institutions financières et mécanismes bilatéraux pour mieux soutenir les Etats membres en leur donnant un meilleur accès au dispositif et aux outils.  

En mai, de concert avec les Premiers Ministres du Canada et de la Jamaïque, j’ai réuni des chefs d‘État et de gouvernement, des dirigeants d’organisations internationales, des représentants du secteur privé et de la société civile pour lancer une initiative sur le financement du développement dans le cadre du COVID-19 et en général.  

Cette initiative est axée sur des domaines qui sont essentiels à la survie et à la mise en œuvre d’une relance forte, notamment la liquidité mondiale, la stabilité financière et la vulnérabilité liée à la dette, et c’est avec le plus grand intérêt que j’attends ses conclusions, prévues pour la semaine prochaine.  

Mais nous ne pouvons pas continuer à répondre de la sorte à des risques globaux systémiques et prévisibles par des solutions ad hoc.  

Cette pandémie est un signal d’alarme pour des catastrophes plus graves encore qui pourraient survenir, à commencer par la crise climatique. Si nous y répondons avec la désunion et la désorganisation dont nous avons été témoins cette année, je crains le pire.  

Nous avons besoin d’une gouvernance mondiale qui soit déterminée, coordonnée, souple et prête à réagir à l’éventail des défis auxquels nous devons faire face.  

Dans un monde où les menaces sont interconnectées, la solidarité est dans l’intérêt de chacun.  

Monsieur le Président, 

Nombre des problèmes transfrontières auxquels nous sommes en proie aujourd’hui, comme la crise climatique, la montée des inégalités ou encore la cybercriminalité, font intervenir des groupes d’intérêt, des entreprises, des organisations et des secteurs entiers, qui échappent aux concepts traditionnels de la gouvernance mondiale. 

Les États ne sont pas en mesure de répondre chacun isolément à tous ces problèmes. Nous devons élargir notre idée de la gouvernance mondiale, et y inclure les entreprises, la société civile, les villes et les régions, le monde universitaire et la jeunesse. 

Les conférences internationales ne sont pas le seul moyen de parvenir à des accords contraignants au service du bien commun. 

Nous avons besoin de mécanismes souples, par lesquels les différentes parties prenantes se réunissent, adoptent des protocoles et des codes de conduite, définissent des limites et créent les conditions d’une coopération fructueuse, ce qui est particulièrement important dans le monde numérique. 

La gouvernance mondiale doit également reposer sur la conscience de nos responsabilités envers notre planète et les générations futures. Les mouvements de la société civile, en particulier ceux qui sont dirigés par des jeunes, sont les chefs de file mondiaux pour ces questions. 

Il faut admettre la réalité : jusqu‘à présent, les mécanismes de gouvernance mondiale ont été exclusifs, et le plus grand groupe laissé pour compte est celui des femmes – soit la moitié de l’humanité. Les femmes qui regardent le débat général de cette semaine sont parfaitement en droit de sentir qu’elles ne sont pas représentées et que leurs revendications ne sont pas prises au sérieux. 

La pandémie de COVID-19 a rappelé l’évidence : les femmes sont éminemment efficaces lorsqu’elles prennent les rênes. Nous ne pouvons pas espérer surmonter la crise climatique, réduire les divisions sociales ou instaurer une paix durable sans la pleine contribution de toute la société. 

La réforme de la gouvernance mondiale concerne les approches, mais aussi les institutions, qui doivent être remaniées et renforcées. 

Nous avons besoin d‘un multilatéralisme plus fort et de meilleure qualité, qui fonctionne efficacement et bénéficie réellement aux populations que nous servons. 

Nous avons besoin d’une meilleure gouvernance mondiale, de plus grande portée, fondée sur la souveraineté nationale et exprimée à travers nos idéaux communs, qui sont consacrés avec éloquence dans la Charte des Nations Unies. 

La pandémie a illustré les carences incontestables de notre système multilatéral. 

Lorsque les pays choisissent de faire cavaliers seuls, le virus gagne du terrain. 

Pour réduire le nombre de décès évitables, il faut une approche rationnelle et équitable de la vaccination, qui donne la priorité aux travailleurs et travailleuses de première ligne et aux plus vulnérables. 

Mais nous avons eu grand peine à mobiliser les ressources nécessaires pour que le vaccin devienne un bien public mondial, d’accès universel et d’un coût abordable. 

Il nous faut d’urgence des institutions multilatérales qui soient en mesure d’agir de manière décisive, sur la base d’un consensus mondial, pour le bien de la planète. 

Et nous avons besoin d’institutions multilatérales qui soient équitables et représentent mieux les pays en développement, afin que toutes les parties aient leur place proportionnelle à la table mondiale. 

Monsieur le Président, 

La déclaration de l’Assemblée générale sur le 75eanniversaire de l’ONU a ouvert un espace de réflexion sur l’avenir de la coopération multilatérale et le monde post-COVID. 

Je présenterai des analyses et des recommandations, qui auront la solidarité pour fil conducteur : la solidarité, au sein des sociétés et entre elles, aux niveaux national et international, mais aussi envers les générations futures. 

Notre monde n’est plus ni bipolaire ni unipolaire : il s’oriente vers la multipolarité. 

Il y a cent ans, nous avons fait l’expérience de la polarisation et de la fragmentation sans mécanismes efficaces de gouvernance multilatérale. Cette situation a conduit à la Première Guerre mondiale, suivie de la deuxième. 

La pandémie de COVID-19 recouvre le monde d’une chape d’obscurité. Mais nous pouvons aussi la considérer comme l’avertissement qui nous pousse à agir et, de fait, nous n’avons pas d’autre choix.