New York

26 June 2020

Secretary-General's video message marking the 75th Anniversary of the Adoption of the Charter of the United Nations [scroll down for French version]

I send my warmest greetings to “we the peoples”.
 
Those first three words of our founding Charter, adopted 75 years ago today, give the United Nations its vision and its mission.
 
We exist to serve people -- and we work as one for the benefit of all.
 
The Charter was adopted as the Second World War was in its final months and winding down.
 
We mark the anniversary of that milestone as global pressures are spiraling up.  
 
The Charter brought rules and hope to a world in ruins. 
 
It remains our touchstone for a world mired in a pandemic, torn by discrimination, endangered by climate change and scarred by poverty, inequality and war.
 
Agreement on the Charter closed one era and opened another. 
 
Gone were the genocidal Nazi regime and their allies; in came the prospect of human rights. 
 
Out went the rampant nationalism and precarious balance of power that produced two catastrophic world wars; in came the promise of collective security and the peaceful resolution of disputes. 
 
And where an earlier attempt at international organization dissolved, the new United Nations started life on firmer ground built on norms and the lessons of hard experience.
 
The post-war multilateral arrangements have compiled a solid record of service – saving millions of lives, advancing the human condition and fulfilling its cardinal task of preventing World War Three.
 
But there have been painful setbacks. 
 
And today’s realities are as forbidding as ever. 
 
COVID-19 has touched everyone, everywhere – precisely the kind of global challenge for which the United Nations was founded. 
 
At the same time, people continue to lose trust in political establishments.  Today’s marches against racism were preceded by widespread protests against inequality, discrimination, corruption and lack of opportunities all over the world – grievances that still need to be addressed, including with a renewed social contract. 
 
Meanwhile, other fundamental fragilities have only grown: the climate crisis, environmental degradation, cyberattacks, nuclear proliferation, a pushback on human rights and the risk of another pandemic.  It is not difficult to imagine a new virus transmitted as easily as COVID-19 but as deadly as Ebola. 
 
The delegates in San Francisco in 1945, having themselves lived through a global pandemic, depression and war, seized their opportunity to plant the seeds of something better and new. 
 
Today, we must do the same. 
 
To achieve that watershed moment, we need to reimagine multilateralism, give it teeth to function as the founders intended, and ensure that effective global governance is a reality when it is needed. 
 
We must also bring others to the table in an inclusive and networked multilateralism, since governments are only part of today’s political realities.  Civil society, cities, the private sector and young people are essential voices in shaping the world we want.
 
Like those who drafted the Charter, we must look without illusion at today’s injustices, their roots and the suffering they engender.
 
Yet there is also much to encourage us and drive us onward:
 
The heroism and solidarity of the pandemic response;
 
The global embrace of the Sustainable Development Goals;
 
The millions of young activists and global citizens pushing to advance equality, climate action, a green economy -- and to take control of their destiny.
 
I am inspired by so much that has been built and achieved across 75 years.
 
I pay tribute to the service and sacrifice of thousands of United Nations peacekeepers, staff and others who, across the world and across the years, gave their lives while advancing the causes and values of the United Nations.
 
The Charter’s vision stands the test of time and its values will continue to carry us forward.
 
Now is the time to persevere, press ahead, pursue our goals, show responsibility for our world, and take care of each other.
 
It is up to us to rise to the test of this pivotal moment for our future.
 
Thank you.

*****
C’est à « nous, les peuples » que j’adresse mes salutations les plus chaleureuses.
 
Les trois premiers mots de notre charte fondatrice, adoptée il y a 75 ans aujourd’hui, donnent à l’ONU sa vision et sa mission.
 
Si nous sommes là, c’est pour servir les gens – et travailler ensemble pour le bénéfice de toutes et de tous.
 
La Charte a été adoptée à la fin la Seconde Guerre mondiale, dans ses tout derniers mois.
 
Nous célébrons l’anniversaire de ce moment majeur alors même que les difficultés s’accumulent à travers la planète. 
 
La Charte a apporté des règles à un monde en ruines et lui a redonné espoir. 
 
Elle reste notre compas dans un monde pris au piège d’une pandémie, déchiré par les discriminations, menacé par les changements climatiques et subissant la pauvreté, les inégalités et la guerre.
 
L’accord sur la Charte a clos une époque et en a ouvert une autre. 
 
Le régime génocidaire nazi et ses alliés ont disparu ; l’ère des droits de l’homme a commencé. 
 
Le nationalisme triomphant et l’équilibre précaire des pouvoirs à l’origine de deux guerres mondiales catastrophiques ont cédé la place à une promesse de sécurité collective et de règlement pacifique des conflits. 
 
Là où la précédente tentative d’organisation internationale avait échoué, la nouvelle Organisation a vu le jour sur un terrain plus solide, en s’appuyant sur des normes et en tirant les leçons du passé.
 
L’architecture multilatérale de l’après-guerre a produit de beaux résultats – elle a sauvé des millions de vies, fait progresser la condition humaine et permis d’éviter une troisième guerre mondiale, ce qui était son but premier.
 
Il y a eu toutefois des revers douloureux. 
 
Aujourd’hui, la situation est plus sombre que jamais. 
 
La COVID-19 frappe n’importe qui à tout endroit du monde – exactement le type de situation planétaire pour laquelle l’ONU a été créé. 
 
Parallèlement, les populations se méfient de plus en plus des institutions politiques. Les marches d’aujourd’hui contre le racisme ont été précédées de grandes protestations contre les inégalités, la discrimination, la corruption et le manque d’opportunités partout dans le monde – des griefs auxquels il nous faut remédier, notamment par un nouveau contrat social. 
 
Par ailleurs, d’autres périls fragilisent la planète : la crise climatique, la dégradation de l’environnement, les cyberattaques, la prolifération nucléaire, le recul des droits de l’homme et le risque d’une autre pandémie. On peut sans peine imaginer l’apparition d’un nouveau virus aussi contagieux que la COVID-19 et aussi létal qu’Ebola. 
 
Les représentants des États présents à San Francisco en 1945, qui avait eux-mêmes connu une pandémie, une dépression et une guerre, ont saisi l’occasion qui s’offraient à eux de planter les graines d’un monde meilleur. 
 
La même tâche nous incombe aujourd’hui. 
 
Pour la réaliser, il nous faut réinventer le multilatéralisme, lui donner les moyens de fonctionner comme le voulaient ses fondateurs et veiller à ce que la gouvernance mondiale puisse réellement s’exercer lorsque cela est nécessaire. 
 
Nous devons également ouvrir nos instances à d’autres acteurs, dans le cadre d’un multilatéralisme inclusif et en réseau, les État n’étant plus aujourd’hui qu’une partie de l’équation politique. La société civile, les villes, le secteur privé et les jeunes doivent être entendus dans l’élaboration du monde auquel nous aspirons.
 
Comme l’ont fait en leur temps les rédacteurs de la Charte, nous devons examiner sans complaisance les injustices d’aujourd’hui, leurs racines et les souffrances qu’elles engendrent.
 
Beaucoup de choses nous encouragent toutefois et nous invitent à persévérer :
 
l’héroïsme et la solidarité qui se sont manifestées dans la lutte contre la pandémie ;
 
l’adhésion universelle aux objectifs de développement durable ;
 
les millions de jeunes militants et de citoyens du monde qui s’engagent en faveur de l’égalité, de l’action climatique et de l’économie verte et veulent prendre leur destin en main.
 
Je suis admiratif de tout ce qui a été construit et réalisé en 75 ans.
 
Je rends hommage au service et au sacrifice des milliers de casques bleus et de membres du personnel des Nations Unies qui, dans le monde entier et depuis l’origine, ont donné leur vie pour faire avancer les causes et les valeurs de l’Organisation.
 
La Charte a su résister à l’épreuve du temps et la vision et les valeurs qu’elle porte continueront de nous inspirer.
 
Il nous faut maintenant persévérer, aller de l’avant, poursuivre nos objectifs, faire preuve de responsabilité vis-à-vis de la planète et prendre soin des uns des autres.
 
Il nous appartient d’être à la hauteur de ce moment décisif pour l’avenir.
 
Je vous remercie.