New York

30 October 2017

Secretary-General's remarks at Security Council meeting on Sahel [as delivered, scroll down for English]

Watch the video on webtv.un.org:

Je remercie le gouvernement français d’avoir initié ce débat, qui fait suite à la visite du Conseil de sécurité au Sahel. Je remercie aussi les Ministres des pays membres du G5 Sahel pour leur présence aujourd’hui.

Et permettez-moi de rendre hommage aux trois casques bleus tchadiens de la MINUSMA décédés ce jeudi ainsi qu’à leurs collègues blessés. Je veux saluer leur courage et leur dévouement à ramener la paix et la sécurité au Mali.

Leur sens du sacrifice nous oblige à trouver urgemment des solutions permettant de lutter contre le terrorisme au Mali, tout en assurant la sécurité et la sûreté des contingents de la MINUSMA.

La situation dans le Sahel nous interpelle tous.

La pauvreté, le sous-développement et le changement climatique ont contribué aux crises humanitaires et sécuritaires.

La faiblesse des institutions, l’exclusion et la marginalisation de certains groupes sont exploitées par les extrémistes et les terroristes.

Les frontières poreuses facilitent la traite des êtres humains, les trafics de drogue et d’armes, et d’autres activités criminelles.

Les récentes attaques mortelles contre les gendarmes nigériens et les soldats américains, et les attaques incessantes contre les Forces maliennes de défense et de sécurité, les casques bleus de la MINUSMA, et les soldats de la Force Barkhane, illustrent l’ampleur de la menace sécuritaire.

La crise humanitaire s’aggrave. Près de cinq millions de personnes sont déplacées. Vingt-quatre millions ont besoin de l’aide humanitaire.

Les taux de natalité sont parmi les plus élevés au monde. Mais des millions d’enfants sahéliens n’ont pas accès aux soins de santé et ne vont pas à l’école.

Face à l’urgence de la situation, il faut réfléchir à des actions innovantes en soutien aux efforts du G5 Sahel dans le domaine sécuritaire, mais aussi dans les domaines du développement et de la gouvernance.

Le temps joue contre nous. Nous devons de toute urgence aligner nos efforts afin de juguler les causes profondes de l'instabilité dans la région.

La création de la Force conjointe démontre la volonté des pays du G5 Sahel de coopérer étroitement  afin de faire face, ensemble, à la menace.

Nous avons aujourd’hui l'opportunité de les soutenir et d’ensemble inverser le cours des évènements.

Nous le devons aux populations du Sahel.

Nous le devons aux Etats du G5 Sahel qui ont pris cette initiative courageuse. J’ai soutenu dès leur appel une force dotée d’un mandat à la hauteur des menaces auxquelles elle sera confrontée et d’un financement pérenne.

Nous le devons aussi à tous ceux qui ont payé de leur vie leur engagement contre la menace terroriste et en faveur de la paix au Sahel.

Au vu de l'évolution rapide de la situation et des risques de contagion généralisée, ne pas agir pourrait avoir de graves conséquences pour la région et au-delà.

J’invite donc ce Conseil à faire preuve d’ambition dans le choix qu’il doit faire. Un soutien politique fort au G5 Sahel et un soutien matériel et opérationnel à la mesure des défis sont indispensables.

Le Conseil de sécurité est saisi de quatre options contenues dans mon rapport.

Les Nations Unies pourraient mobiliser rapidement un soutien essentiel, en complément de l’action des partenaires bilatéraux.

Un tel soutien viendrait non seulement renforcer utilement la force G5 Sahel, mais contribuerait également à atténuer les menaces qui affectent directement la MINUSMA. Tout comme la MINUSMA, la Force conjointe opèrera en soutien au processus de paix malien. Les deux forces sont profondément complémentaires et peuvent se renforcer mutuellement.

Mais seule la mise en œuvre intégrale de l’accord de paix pourrait rétablir l’autorité de l’Etat et la stabilité. Je renouvelle mon appel aux parties signataires pour qu’elles accélèrent la mise en œuvre de l’accord et de ses réformes institutionnelles clés.    

Pendant ma dernière rencontre informelle avec le Conseil, j’ai eu l’occasion de vous transmettre mes opinions et mes préférences. Naturellement quelle que soit votre décision, le Secrétariat fera de son mieux pour appuyer le G5 Sahel dans le cadre défini par le Conseil.

Ce soutien à la Force conjointe s'inscrirait aussi dans le cadre du partenariat stratégique en vue de renforcer les réponses africaines aux crises affectant le continent.

Qui dit partenariat stratégique dit engagement mutuel, accompagné de garanties, de critères et d’indicateurs de succès convenus entre les pays du G5 Sahel et les partenaires internationaux.
Les pays du G5 Sahel ont défini un cap et réalisé des progrès remarquables dans ce sens au cours des derniers mois, qu’il s’agisse de l’élaboration du Concept d’Opérations,  de la mise en conformité de certains instruments et cadres normatifs internes ou la mise à disposition de moyens nationaux, ainsi que la mobilisation des partenaires régionaux et internationaux.
Tous ces efforts démontrent  une volonté politique de définir une stratégie et de prendre les mesures nécessaires  en vue de la mettre en œuvre.
Certains aspects mériteraient néanmoins d’être davantage précisés et consolidés.
C’est dans cette optique que j’ai présenté des recommandations pour renforcer la direction politique de la Force conjointe et son insertion dans l’architecture de paix et de sécurité africaine. J’ai aussi suggéré d’introduire des mécanismes de suivi et d'accompagnement transparents et crédibles susceptibles de renforcer la légitimité et le cadre politique de la Force conjointe, ainsi que l’adhésion de la région et de ses partenaires.  
Il est notamment indispensable d’établir des mécanismes de contrôle pour assurer le respect des droits de l’homme et du droit international humanitaire, dans le cadre des opérations militaires. L’Union africaine et les Nations Unies peuvent appuyer le G5 Sahel dans la mise en place de systèmes adéquats, avec le concours de partenaires, notamment l'Union européenne.
Dans ce domaine, il est urgent de définir les modalités des poursuites transfrontalières ; des arrestations, détentions et actions judiciaires ; de réduction des risques ; et de la plus large protection des civils.
J’encourage les membres du G5 Sahel à travailler à la finalisation du concept d'opérations, clarifiant les objectifs et le calendrier de montée en puissance de la Force conjointe.

La coopération sécuritaire dans le Sahel est essentielle.
Mais seule une réponse multidimensionnelle pourra mettre un terme à l'instabilité.
J’ai chargé la Vice-Secrétaire générale de coordonner et de redynamiser la Stratégie intégrée des Nations Unies pour le Sahel. Nous devons ensemble renforcer notre action en faveur de la gouvernance, du développement et de la résilience.
A cette fin, nous présenterons en décembre, au cours de la conférence de Bruxelles, une stratégie d’investissements pour la région. J’espère pouvoir compter sur le soutien de tous nos partenaires.  
J’aimerais aussi appeler à une cohérence renforcée entre les différentes initiatives nationales, régionales et internationales.

Seule la présence effective et le renforcement de l’Etat de droit peuvent assurer la pérennité de ces initiatives.

Dans un contexte aussi difficile et complexe, cela implique aussi de soutenir l’action des personnels humanitaires et des agences œuvrant au développement durable.

Depuis ma prise de fonctions, la prévention est une priorité absolue.

Dans le Sahel, cela signifie empêcher la région de sombrer dans le chaos, qui pourrait avoir des conséquences dangereuses pour le continent et le monde entier.

J’appelle donc à un partenariat gagnant-gagnant : un cadre de responsabilité partagée qui formaliserait nos obligations mutuelles, en vue de remédier aux causes profondes de la crise.
 
Je vous remercie de votre attention.

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Mr. President,
 
Your Excellencies,
 
I would like to thank the Government of France for initiating this debate, which follows on from the Security Council’s visit to the Sahel. I would also like to thank the Ministers of the country members of the G-5 Sahel for their presence today. 
 
And alllow me to pay tribute to hte three Chadian Blue Helmets from MINUSMA who lost their lives Thursday as well as to their injured colleagues. I would like to commend them for their courage and dedication in working to bring peace and security to Mali.

Their sense of sacrifice makes it our duty to find solutions, urgently, to enable us to combat terrorism in Mali, while guaranteeing the security and safety of MINUSMA personnel.
 
Mr. President,
 
The situation in the Sahel concerns all of us. 
 
Poverty, underdevelopment and climate change have all contributed to the humanitarian and security crises. 
 
Weak institutions and the exclusion and marginalization of certain groups are exploited by extremists and terrorists. 
 
Porous borders facilitate human trafficking, the trafficking of drugs and weapons, and other criminal activities.
 
The recent fatal attack on Niger gendarmes and American soldiers, and the continuing attacks against the Malian defence and security forces, MINUSMA Blue Helmets and the troops forming Operation Barkhane illustrate the extent of the security threat.
 
The humanitarian crisis is becoming more acute. Nearly 5 million people have been displaced. 24 million are in need of humanitarian assistance.
 
Birth rates are among the highest in the world. But millions of children in the Sahel are without access to health care and are not in school.
 
Mr. President,
 
Given the urgency of the situation, innovative measures are needed to support the efforts of the G-5 Sahel not just in the area of security but also in the areas of development and governance.  
 
Time is not on our side. We must align our efforts urgently in order to contain the root causes of instability in the region. 
 
The creation of the Joint Force demonstrates the willingness of the G-5 Sahel countries to cooperate closely to tackle the threat together.  
 
Today, we have the opportunity to support them and to reverse the course of events together. 
 
We owe it to the populations of the Sahel. 
 
We owe it to the States of the G-5 Sahel that have undertaken this courageous initiative. Since their call, I have supported the creation of a force that has a mandate that corresponds to the threats faced, as well as sustained funding.
 
We also owe it to all those who have paid with their lives for their commitment to combat the terrorist threat and promote peace in the Sahel. 
 
In view of the rapidly evolving situation and the risks of widespread contagion, failing to act could have serious consequences for the region and beyond.  
 
I therefore call on this Council to be ambitious in the choice it has to make. Firm political support for the G-5 Sahel is vital, together with material and operational support commensurate with the challenges faced. 
 
Mr. President,
 
My report places four options before the Security Council.
 
The United Nations could rapidly mobilize essential support to complement the action of the bilateral partners.
 
Such support would not only be a useful booster for the G-5 Sahel force but would also help to lessen the threats directly affecting MINUSMA.  Like MINUSMA, the Joint Force will work to support the Mali peace process.  The two forces are highly complementary and can be mutually reinforcing.
 
But only complete implementation of the peace agreement can restore the authority of the State and stability.  I renew my appeal to the signatory parties to accelerate the implementation of the agreement and its key institutional reforms.
 
During my last informal meeting with the Council, I had the opportunity to convey to you my opinions and my preferences.  Of course, whatever decision you reach, the Secretariat will make every effort to support the G-5 Sahel within the framework defined by the Council.
 
This support to the Joint Force would also fit into the strategic partnership aimed at strengthening African responses to the crises affecting the continent.
 
Strategic partnership implies joint commitment, accompanied by guarantees and by benchmarks and indicators of success agreed between the G-5 Sahel countries and the international partners.
 
The G-5 Sahel countries have set themselves a goal and in recent months have made remarkable progress towards meeting it.  This has involved drafting the concept of operations, aligning certain domestic instruments and regulations, making national resources available and mobilizing regional and international partners.
 
All these efforts demonstrate a political will to formulate a strategy and to take the necessary measures to implement it.
 
However, certain aspects need to be further clarified and consolidated.
 
To this end, I have made recommendations to strengthen the political leadership of the Joint Force and its insertion in the African peace and security architecture.   I have also suggested the introduction of transparent and credible follow-up and monitoring mechanisms to enhance the legitimacy and the political framework of the Joint Force, as well as the involvement of the region and its partners.
 
In particular, it is essential to provide oversight mechanisms to ensure respect for human rights and for international humanitarian law, in the context of the military operations.
 
The African Union and the United Nations can assist the G-5 Sahel to put in place appropriate systems, with the help of partners and particularly of the European Union.
 
At this point, there is an urgent need to define the procedure for cross-border investigations; arrests, detentions and legal action; risk reduction; and broadest protection of civilians.
 
I encourage the G-5 Sahel members to work on finalizing the concept of operations, clarifying goals and the timetable for the expanding role of the Joint Force.
 
Mr. President,
 
Security cooperation in the Sahel is essential.
 
But only a multidimensional response will be able to end the instability.
 
I have instructed the Deputy Secretary-General to coordinate and revitalize the United Nations Integrated Strategy for the Sahel.  Together we must work harder to promote governance, development and resilience.
 
To this end, in December at the Brussels Conference we shall submit an investment strategy for the region.  I am counting on the support of all our partners.
 
I should also like to appeal for greater consistency between the various national, regional and international initiatives.
 
Only the effective presence and the strengthening of the rule of law can ensure that these initiatives will bear lasting fruit.
 
In such a difficult and complex context, this also means supporting the activities of humanitarian workers and of the agencies working for sustainable development.
 
Mr. President,
 
Since I took office, prevention has been my absolute priority.
 
In the Sahel, this means preventing the region from sinking into chaos that could have dangerous consequences for the continent and for the whole world.
 
And so I am calling for a win-win partnership: a framework of shared responsibility defining our mutual obligations, with a view to solving the underlying causes of the crisis.
Thank you.