UN Headquarters

04 May 2020

Remarks to High-Level Dialogue on Press Freedom and Tackling Disinformation in the COVID-19 Context

António Guterres

[English version; scroll down for bilingual as delivered and French versions]

Excellencies, distinguished panel members, dear friends,
 
Good morning, good afternoon and good evening.
 
It is a great pleasure to speak to you, and I hope you are all keeping safe and well.  
 
We mark World Press Freedom Day every year as an important moment to focus on media freedom and the protection of journalists.
 
This cause remains essential.
 
I have spent time in war zones and refugee camps; I have seen how journalists risk their lives to make sure people’s stories are heard. I could not do my job without the courageous, creative and often deeply moving work of the media.
 
Reporters regularly bring to light major cases of corruption and nepotism, human rights violations, ethnic cleansing, sexual and gender-based violence. These reports are crucial in the pursuit of justice, laying the foundations for more detailed investigations that may lead to prosecutions.
 
But the media has come under increasing pressure in recent years. Many journalists face threats, harassment and violent attacks. Last year, 57 journalists were killed around the world.
 
Women are often targeted for attack. The winner of this year’s World Press Freedom Day award, the Colombian journalist Jineth Bedoya Lima, is one such courageous woman reporter.
 
When journalists are attacked, societies as a whole pay a price. No democracy can function without press freedom, which is the cornerstone of trust between people and their institutions.
 
So today, we pay tribute to all journalists working under hazardous and difficult conditions around the world.
 
This year on World Press Freedom Day, the world, including the media, faces an entirely new challenge: COVID-19, which is affecting everyone, everywhere.
 
Along with the pandemic, we are seeing a dangerous outbreak of misinformation, from harmful health advice and hate speech to wild conspiracy theories.
 
Blatant lies spread online at a terrifying rate. A recent analysis found that more than 40 percent of posts about COVID-19 on one major social media platform were posted by bots – automated programmes disguised as people.
 
The antidote to this pandemic of misinformation is fact-based news and analysis.
 
It depends on media freedom and independent reporting.
 
And it is rooted in a fundamental tenet: “journalism without fear or favour”.
 
This is much more than a slogan. It’s a matter of life and death.
 
Journalists and media workers of all kinds are crucial to helping us make informed decisions. In a pandemic, those decisions can save lives. Now more than ever, we need the media to document what is happening; to differentiate between fact and fiction; and hold leaders accountable.
 
But since the pandemic began, around the world, many journalists have been subjected to increased restrictions and disproportionate punishments simply for doing their jobs.
 
While temporary constraints on freedom of movement are essential to beating COVID-19, they must never be used as a pretext for cracking down on journalists’ ability to do their work.
 
People are scared. They want to know what to do and where to turn for advice. They need science, and solidarity.   
 
So I thank the journalists and others who are reporting and fact-checking stories and social media posts, particularly those women and men covering public health.  The United Nations stands with you.
 
The use of social media has risen dramatically since the crisis began, as it provides unparalleled ways for people to connect and to access information. It is gratifying that social media platforms are beginning to take their responsibilities seriously.
 
I welcome recent commitments by social platforms to amplify factual content and combat disinformation -- particularly those that are proactively removing harmful material. I urge them to build on these efforts which are helping to prevent the spread of dangerous rumours and fake cures.
 
We at the United Nations are working with social platforms to promote messages that keep people safe and healthy. And we have launched our own initiative to flood digital spaces with facts and science while countering lies and misinformation of all kinds.
 
International organizations, and indeed governments, have an important role in promoting facts and scientific approaches. But no one can take the place of the media during this pandemic in providing the public with information and analysis, and in countering rumours and distortions.
 
I urge governments and leaders of all kinds to do everything in their power to protect journalists and media workers, and to strengthen press freedom, throughout the COVID-19 pandemic and beyond. 
 
Thank you.

***************************************************************************************

[French version]

Excellences, Mesdames et Messieurs les intervenants, Chers amis,
 
Bonjour, bonsoir.
 
C’est un grand plaisir de m’adresser à vous tous. J’espère que vous vous portez bien et que vous êtes en sécurité.
 
Chaque année, la Journée mondiale de la liberté de la presse représente une opportunité pour porter toute notre attention à la question de la liberté des médias et de la protection des journalistes.
 
Cette cause demeure essentielle.
 
J’ai passé du temps dans des zones de guerre et dans des camps de réfugiés ; j’ai vu comment les journalistes risquent leur vie afin que les histoires de chacun soient entendues. Je ne pourrais pas faire mon travail sans celui, courageux, créatif et souvent profondément émouvant des médias.
 
Les journalistes mettent régulièrement en lumière d’importants cas de corruption et de népotisme, de violations des droits humains, de nettoyage ethnique et de violence sexuelle et fondée sur le genre. Ces informations sont essentielles à la poursuite de la justice, car elles jettent les bases d’enquêtes plus approfondies pouvant déboucher sur des poursuites.
 
Mais les médias ont subi ces dernières années des pressions croissantes. De nombreux journalistes sont menacés, harcelés ou violemment attaqués. L’année dernière, 57 journalistes ont été tués dans le monde.
 
Les femmes sont souvent prises pour cibles. La lauréate du prix de la Journée mondiale de la liberté de la presse de cette année, la journaliste colombienne Jineth Bedoya Lima, est l’une de ces femmes journalistes courageuses.
 
Lorsque les journalistes sont attaqués, c’est la société tout entière qui en paie le prix. Aucune démocratie ne peut fonctionner sans la liberté de la presse, qui est la pierre angulaire de la confiance entre la population et ses institutions.
 
Aujourd’hui, nous rendons donc hommage à tous les journalistes qui travaillent dans des conditions dangereuses et difficiles, partout dans le monde.
 
Cette année, à l’occasion de la journée mondiale de la liberté de la presse, le monde entier, les médias y compris, est confronté à un défi totalement nouveau : le COVID-19, qui n’épargne personne, nulle part.
 
Parallèlement à la pandémie, nous assistons à une dangereuse vague de désinformation, allant de conseils de santé préjudiciables à d’extravagantes théories du complot en passant par des discours de haine.
 
Des mensonges flagrants se répandent en ligne à une vitesse terrifiante. Une analyse récente a révélé que plus de 40 % des messages concernant le COVID-19 diffusés sur un grand réseau social étaient publiés par des bots – des programmes automatisés se faisant passer pour des personnes.
 
L’antidote à cette pandémie de désinformation, c’est l’information et l’analyse fondées sur les faits.
 
Il dépend de la liberté des médias et de l’indépendance des journalistes.
 
Et tient à un principe fondamental : « le journalisme sans crainte ni complaisance ».
 
 
Il ne s’agit pas là d’un simple slogan, mais d’une question de vie ou de mort.
 
Les journalistes et les professionnels de tous médias sont indispensables pour nous aider à prendre des décisions éclairées. Dans une situation de pandémie, ces décisions peuvent sauver des vies. Aujourd’hui plus que jamais, nous avons besoin des médias pour nous informer de ce qui se passe ; pour séparer les faits de la fiction ; et pour demander des comptes aux dirigeants.
 
Mais depuis le début de la pandémie, partout dans le monde, de nombreux journalistes sont soumis à des restrictions plus sévères et à des sanctions disproportionnées simplement parce qu’ils font leur travail.
 
Si des limitations temporaires à la liberté de circulation sont essentielles pour vaincre le COVID-19, cela ne doit jamais servir de prétexte pour empêcher les journalistes de faire leur travail.
 
Les gens ont peur. Ils veulent savoir quoi faire et à qui demander conseil. Ils ont besoin de la science. Ils ont besoin de solidarité.
 
Je remercie donc les journalistes et tous ceux qui nous informent et qui vérifient les faits et les informations publiés sur les réseaux sociaux, en particulier les femmes et les hommes qui couvrent les questions de santé publique. L’Organisation des Nations Unies est à vos côtés.
 
L’utilisation des réseaux sociaux a augmenté de façon spectaculaire depuis le début de la crise, car ces réseaux offrent des moyens sans pareil pour communiquer et accéder à l’information. Il est encourageant de constater que les plateformes de médias sociaux commencent à prendre leurs responsabilités au sérieux.
 
Je salue les engagements récents de ces réseaux de mettre en avant les contenus factuels et de lutter contre la désinformation – en particulier ceux qui suppriment de manière proactive les contenus nuisibles. Je les exhorte à poursuivre ces efforts qui contribuent à éviter la propagation de rumeurs dangereuses et de faux remèdes.
 
A l’Organisation des Nations Unies, nous travaillons avec les plateformes de médias sociaux pour promouvoir des messages qui assurent la sécurité et la santé de tous. Et nous avons lancé notre propre initiative pour inonder internet de données factuelles et scientifiques tout en contrant la désinformation et les mensonges de toutes sortes.
 
Les organisations internationales, ainsi que les gouvernements, ont un rôle important à jouer pour promouvoir les faits et les méthodes scientifiques. Mais personne pendant cette pandémie ne peut se substituer aux médias pour transmettre au public des informations et des analyses, et pour contrer les rumeurs et la déformation des faits.
 
J’appelle les gouvernements et les dirigeants de tous bords à faire tout ce qui est en leur pouvoir pour protéger les journalistes et les professionnels des médias et renforcer la liberté de la presse, pendant la pandémie du COVID-19 et au-delà.
 
Je vous remercie.

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[Bilingual as delivered version]

Excellencies, distinguished panel members, dear friends,
 
Good morning, good afternoon and good evening.
 
It is a great pleasure to speak to you, and I hope you are all keeping safe and well.  
 
We mark World Press Freedom Day every year as an important moment to focus on media freedom and the protection of journalists.
 
This cause remains essential.
 
I have spent time in war zones and refugee camps; I have seen how journalists risk their lives to make sure people’s stories are heard. I could not do my job without the courageous, creative and often deeply moving work of the media.
 
Reporters regularly bring to light major cases of corruption and nepotism, human rights violations, ethnic cleansing, sexual and gender-based violence. These reports are crucial in the pursuit of justice, laying the foundations for more detailed investigations that may lead to prosecutions.
 
But the media has come under increasing pressure in recent years. Many journalists face threats, harassment and violent attacks. Last year, 57 journalists were killed around the world.
 
Women are often targeted for attack. The winner of this year’s World Press Freedom Day award, the Colombian journalist Jineth Bedoya Lima, is one such courageous woman reporter.
 
When journalists are attacked, societies as a whole pay a price. No democracy can function without press freedom, which is the cornerstone of trust between people and their institutions.
 
So today, we pay tribute to all journalists working under hazardous and difficult conditions around the world.
 
This year on World Press Freedom Day, the world, including the media, faces an entirely new challenge: COVID-19, which is affecting everyone, everywhere.
 
Along with the pandemic, we are seeing a dangerous outbreak of misinformation, from harmful health advice and hate speech to wild conspiracy theories.
 
Blatant lies spread online at a terrifying rate. A recent analysis found that more than 40 percent of posts about COVID-19 on one major social media platform were posted by bots – automated programmes disguised as people.
 
The antidote to this pandemic of misinformation is fact-based news and analysis.
 
It depends on media freedom and independent reporting.
 
And it is rooted in a fundamental tenet: “journalism without fear or favour”.
 
 Mesdames et Messieurs,
 
Il ne s’agit pas là d’un simple slogan, mais d’une question de vie ou de mort.
 
Les journalistes et les professionnels de tous médias sont indispensables pour nous aider à prendre des décisions éclairées. Dans une situation de pandémie, ces décisions peuvent sauver des vies. Aujourd’hui plus que jamais, nous avons besoin des médias pour nous informer de ce qui se passe ; pour séparer les faits de la fiction ; et pour demander des comptes aux dirigeants.
 
Mais depuis le début de la pandémie, partout dans le monde, de nombreux journalistes sont soumis à des restrictions plus sévères et à des sanctions disproportionnées simplement parce qu’ils font leur travail.
 
Si des limitations temporaires à la liberté de circulation sont essentielles pour vaincre le COVID-19, cela ne doit jamais servir de prétexte pour empêcher les journalistes de faire leur travail.
 
Les gens ont peur. Ils veulent savoir quoi faire et à qui demander conseil. Ils ont besoin de la science. Ils ont besoin de solidarité.
 
Je remercie donc les journalistes et tous ceux qui nous informent et qui vérifient les faits et les informations publiés sur les réseaux sociaux, en particulier les femmes et les hommes qui couvrent les questions de santé publique. L’Organisation des Nations Unies est à vos côtés.
 
L’utilisation des réseaux sociaux a augmenté de façon spectaculaire depuis le début de la crise, car ces réseaux offrent des moyens sans pareil pour communiquer et accéder à l’information. Il est encourageant de constater que les plateformes de médias sociaux commencent à prendre leurs responsabilités au sérieux.
 
Je salue les engagements récents de ces réseaux de mettre en avant les contenus factuels et de lutter contre la désinformation – en particulier ceux qui suppriment de manière proactive les contenus nuisibles. Je les exhorte à poursuivre ces efforts qui contribuent à éviter la propagation de rumeurs dangereuses et de faux remèdes.
 
A l’Organisation des Nations Unies, nous travaillons avec les plateformes de médias sociaux pour promouvoir des messages qui assurent la sécurité et la santé de tous. Et nous avons lancé notre propre initiative pour inonder internet de données factuelles et scientifiques tout en contrant la désinformation et les mensonges de toutes sortes.
 
Les organisations internationales, ainsi que les gouvernements, ont un rôle important à jouer pour promouvoir les faits et les méthodes scientifiques. Mais personne pendant cette pandémie ne peut se substituer aux médias pour transmettre au public des informations et des analyses, et pour contrer les rumeurs et la déformation des faits.
 
J’appelle les gouvernements et les dirigeants de tous bords à faire tout ce qui est en leur pouvoir pour protéger les journalistes et les professionnels des médias et renforcer la liberté de la presse, pendant la pandémie du COVID-19 et au-delà.
 
Je vous remercie.