Kinshasa, Democratic Republic of the Congo

02 September 2019

Secretary-General’s press conference following meeting with President Felix Tshisekedi of Democratic Republic of the Congo [in French, scroll down for English translation]

Merci bien de votre présence. Dans les deux jours que j'ai passés dans le Kivu du Nord, j'ai pu constater qu'il y a un vent d'espoir qui souffle en RDC, qu'il y a une opportunité à saisir.  
 
Et mon appel à la communauté internationale tout entière, c'est qu'elle puisse s'unir pour appuyer le peuple congolais et pour appuyer les autorités congolaises pour que cette opportunité soit saisie, se transforme dans le renforcement des institutions, dans le développement durable et inclusif, dans la sécurité, dans la réponse aux problèmes humanitaires efficace ; et qu’en même temps, ce vent d'espoir puisse animer le peuple congolais à répondre à tous ces défis.
 
J'ai eu l'occasion de m'entretenir avec Monsieur le Président de la République et de lui exprimer notre conviction qu’il y a aujourd'hui au Congo un moment historique, un moment où l'on peut s'attendre à un développement des institutions démocratiques, à l'existence d'un gouvernement qui veut transformer le pays mais avec une opposition qui joue aussi un rôle important dans la vie politique du pays, avec un respect accru des droits de l'homme et avec une vision pour le futur du Congo.
 
Cette visite est une visite de solidarité ; solidarité premièrement avec le peuple congolais mais aussi avec les autorités congolaises. Une solidarité qui s'exprime premièrement face aux défis sécuritaires.
 
J'étais au Nord Kivu et j'ai pu voir la dimension de la menace de l’ADF et de ses actions terroristes intolérables face aux populations congolaises.
 
Nous sommes convenus que la Monusco va renforcer sa capacité d'action vis à vis l’ADF et va renforcer aussi sa coopération avec les Forces armées de la République démocratique du Congo pour mieux répondre aux préoccupations sécuritaires des populations face à cette menace qui est non seulement congolaise, mais vraiment déjà une menace internationale.
 
Deuxièmement, et sur le plan sécuritaire, on va renforcer notre coopération pour la démobilisation, le désarmement et la réintégration des anciens combattants. Et je vais faire un grand appel aux Congolais qui sont encore dans la brousse, dans des groupes armés, pour qu'ils laissent les armes et qu’ils acceptent de s'intégrer dans les communautés dans la perspective d'un nouveau Congo.
 
 Mais notre coopération va aussi s'intensifier dans les domaines du développement, du développement inclusif et du développement durable. Le Congo a un potentiel de richesse énorme. Il faut que ce potentiel puisse servir les intérêts du peuple congolais et dans le domaine humanitaire.
 
Nous avons aujourd'hui, comme vous le savez, un combat très important contre l'Ebola, pour éradiquer l'Ebola. Mais nous ne voyons pas l'Ebola isolément : j'ai parlé avec les populations et je suis conscient qu'il y a, outre Ebola, la malaria, la rougeole, le choléra… Il faut une réponse qui soit une réponse capable non seulement d'éradiquer l'Ebola mais aussi d'appuyer le Congo pour créer les services de base de santé et les services sociaux de base qui puissent être bien plus efficaces dans le combat contre toutes les autres maladies et dans la création de conditions pour que le pays puisse sortir d'une situation d’aide humanitaire pure pour une situation de prestation de services de base par des structures contrôlées ou coordonnées par l'Etat congolais.
 
Je tiens à vous exprimer mon énorme satisfaction : nous avons eu un débat très constructif avec Monsieur le Président de la République et je suis sûr que dans le cadre de la révision stratégique de la MONUSCO, le Conseil de sécurité décidera quelques ajustements qui puissent améliorer la MONUSCO et sa coopération avec le gouvernement congolais et que à terme, nous travaillerons ensemble avec le gouvernement du Congo pour créer les conditions qui puissent permettre, un jour, que la mission onusienne puisse n'être plus nécessaire, et que le rapport entre les Nations Unies et le Congo soit un rapport normal - avec une équipe de pays qui travaille avec le gouvernement pour le développement et le bien-être du peuple congolais.
 
Mais pour le moment, nous restons engagés avec la République démocratique du Congo et je dois dire d’une façon très claire : les Nations unies n'abandonneront pas le peuple congolais.
 
Question sur la persistance des groupes armés à l’est de la RDC :

C'est évident que nous sommes loin d'avoir résolu les problèmes d'insécurité en République démocratique du Congo. Ensemble, la MONUSCO et la RDC n'ont pas encore été capables de résoudre ces problèmes pleinement.
 
Mais je dois vous dire aussi en toute sincérité que je pense que si la Monusco n'existait pas, la situation serait [bien] pire.
 
 En tout cas, un des résultats de cette visite, c'est la décision que nous avons prise en coopération avec Monsieur le Président de la République que, non seulement nous allons renforcer la capacité d'opération de la MONUSCO notamment face à l’ADF, mais que nous allons [aussi] renforcer la coopération entre la MONUSCO et les Forces armées de la République démocratique du Congo pour être plus efficaces dans la réponse face aux actes terroristes qui sont inacceptables, qui sont intolérables, et qui font souffrir énormément les populations.
 
Il ne faut pas oublier que 27 soldats onusiens sont déjà tombés dans la lutte contre les ADF. On ne va [pas] commencer à partir de rien mais on va tout faire pour améliorer ce qu'on fait et améliorer notre coordination avec les Forces armées de la République démocratique du Congo pour faire face d'une façon plus efficace à la menace du terrorisme.
 
Question sur le soutien des bailleurs de fonds à la riposte Ebola en RDC.
 
J'ai eu aujourd'hui l'occasion de parler au corps diplomatique, où les bailleurs de fonds les plus importants sont représentés, et de faire un appel très clair.
 
Premièrement dans le domaine de l'Ebola, il faut reconnaître que les engagements pris par les pays donateurs correspondent jusqu'à la fin de l'année plus ou moins aux besoins existants. Mais il faut transformer les engagements en paiements effectifs. Et là nous n'avons eu jusqu'à présent que 15 % de nos besoins jusqu'à la fin de l'année.
 
Or, si dans une action humanitaire normale, il n'y a pas de problème s'il y a un retard d'une semaine (on adapte le programme pour résoudre cette difficulté), dans le cas de l'Ebola, une semaine sans ressources, une semaine sans réponse, cela ne veut pas dire qu'on perd une semaine, cela veut dire qu'on perd la guerre avec l'Ebola parce que les choses peuvent immédiatement se développer hors de contrôle.
 
Alors j'ai fait un appel pour que les bailleurs de fonds puissent rapidement faire les paiements correspondant aux engagements qu'ils ont pris.
 
Mais en même temps, nous allons organiser avec le gouvernement congolais en novembre une conférence qui s'adresse non seulement au problème de l'Ebola mais surtout au problème des services médicaux , des services de santé de base. Parce qu’il nous faut avoir une capacité de répondre simultanément de façon plus efficace, non seulement à l'Ebola, mais à la rougeole, mais à la malaria, mais au choléra, et à tous les autres problèmes de santé de base du peuple congolais.
 
Et j'espère que la communauté internationale puisse répondre positivement à cet appel qu’on va lancer dans cette conférence. La conférence aura lieu en principe à Goma.
 
Question sur les efforts des Nations Unies pour répondre à la détresse des populations de Beni.
 
Premièrement, ce n'est pas la première fois qu'on entend le cri de détresse. Quand j'étais à Beni, quand j'étais à Mangina, c'est évident qu’il y a déjà longtemps que nous travaillons activement dans la région pour protéger la population de la menace de l'Ebola.
 
Ce que cette visite va nous permettre, c'est de renforcer notre capacité de réaction, notamment en matière de sécurité. J'ai discuté avec nos collègues qui sont responsables des Forces, notamment de la Brigade d'intervention, comment on peut être plus efficace dans notre action et surtout comment on peut [agir] – j’étais avec les chefs d'état-major des forces armées - pour améliorer la coordination sur le terrain entre les actions des Forces armées de la RDC et la MONUSCO.
 
Et là, je crois qu'il y a un chemin à parcourir et je crois qu'il y a des changements qu'on peut introduire ensemble et qui peuvent se traduire, je l'espère, par une amélioration de la capacité à répondre aux défis sécuritaires.
 
Question sur la nature de la riposte Ebola.
 
Il y a une vaccination très importante qui est est en train d'être faite. Il y a des centres de dépistage mais aussi des centres de traitement que j'ai visités d’ailleurs, et il y a maintenant un traitement qui peut [soigner] Ebola. Et ça c'est un changement radical.
 
Aujourd'hui, nous avons la capacité de [soigner] Ebola, pas seulement de la prévenir avec la vaccination qui va se développer, mais d'apporter rapidement [un traitement]. Et j'ai eu hier l'énorme joie de me réunir avec quelques vainqueurs de l'Ebola - des personnes qui ont subi les traitements et qui ont réussi à être aujourd'hui libres de la maladie.
 
Alors cette réponse robuste qui est sur le terrain et en coopération avec les autorités congolaises, en coopération avec des organisations de la société civile - cette réponse robuste va encore se renforcer et je dois dire que j'ai beaucoup d'admiration, et pour la résilience du peuple congolais, et pour le courage et le dévouement de tous les travailleurs de santé -congolais et étrangers - qui acceptent de travailler notamment dans des endroits où il y a des attaques, et qui continuent à travailler même si quelques-uns d'entre eux ont déjà subi la perte de leur vie.
 
Merci.

[English translation]
 
Thank you for your presence. In the two days I have spent in North Kivu, I noticed there is a wind of hope that is blowing in the DRC, that there is an opportunity to seize.
 
And my call to the international community as a whole is to unite to support the Congolese people and to support the Congolese authorities so that this opportunity is seized, transforms into the strengthening of institutions, in sustainable and inclusive development, in security, in the effective response to humanitarian problems; and at the same time, this wind of hope can animate the Congolese people to respond to all these challenges.
 
I had the opportunity to meet with the President of the Republic and to express our conviction that today there is a historic moment in the Congo, a moment when we can expect the development of democratic institutions, the existence of a government that wants to transform the country, but with an opposition that also plays an important role in the political life of the country, with greater respect for human rights and with a vision for the future of Congo.
 
This visit is a solidarity visit; solidarity firstly with the Congolese people but also with the Congolese authorities. A solidarity that expresses itself first and foremost in the face of security challenges.
 
I was in North Kivu and I could see the dimension of the threat of the ADF and its intolerable terrorist actions against the Congolese people.
 
We have agreed that MONUSCO will strengthen its capacity for action towards the ADF and will also strengthen its cooperation with the Armed Forces of the Democratic Republic of the Congo to better respond to the security concerns of the population in the face of this threat that is not only Congolese, but also already an international threat.
 
Secondly, and in terms of security, we will strengthen our cooperation for the demobilization, disarmament and reintegration of former combatants. And I will make a great appeal to the Congolese who are still in the bush, in armed groups, so that they lay down their weapons and agree to integrate into the communities in the perspective of a new Congo.
 
But our cooperation will also intensify in the areas of development, inclusive development and sustainable development. Congo has a huge wealth potential. This potential must serve the interests of the Congolese people and in the humanitarian field.
 
We have today, as you know, a very important fight against Ebola, to eradicate Ebola. But we do not see Ebola in isolation: I have spoken with the population and I am aware that there is, besides Ebola, malaria, measles, cholera ... We need a response that is a response capable not only to eradicate Ebola but also to support the Congo to create basic health services and basic social services that can be much more effective in the fight against all other diseases and in creating conditions for the country to come out of a situation of pure humanitarian aid for a situation in which basic services are provided by structures controlled or coordinated by the Congolese State.
 
I wish to express my enormous satisfaction to you: we had a very constructive debate with the President of the Republic and I am sure that within the framework of MONUSCO’s strategic review, the Security Council will decide on some adjustments that could improve the MONUSCO and its cooperation with the Congolese government, and that in the long run, we will work together with the Government of Congo to create the conditions that will allow, one day, for the UN mission to no longer be necessary; and that the relationship between the United Nations and Congo will become a normal relationship - with a country team working with the government for the development and well-being of the Congolese people.
 
But for the moment, we remain engaged with the Democratic Republic of the Congo and I must say in a very clear way: the United Nations will not abandon the Congolese people.

Q&A

[Question on the persistence of armed groups in eastern DRC]
Secretary-General: It is obvious that we are far from having solved the problems of insecurity in the Democratic Republic of the Congo. Together, MONUSCO and the DRC have not yet been able to solve these problems fully. But I must also tell you in all sincerity that I think that if Monusco did not exist, the situation would be [a lot] worse.
 
In any case, one of the results of this visit is the decision we have taken, in cooperation with the President of the Republic, that we will not only strengthen the operational capacity of MONUSCO, particularly in the face of the ADF, but that we will [also] strengthen the cooperation between MONUSCO and the Armed Forces of the Democratic Republic of the Congo to be more effective in the response to terrorist acts that are unacceptable, intolerable, and cause great suffering.

We must not forget that 27 UN soldiers have fallen already in the fight against the ADF. We will not start from scratch, but we will do everything we can to improve what we are doing and improve our coordination with the Armed Forces of the Democratic Republic of the Congo to deal more effectively with the threat of terrorism.

[Question on donor support for the Ebola response in the DRC.]
Secretary-General:
I had the opportunity today to speak to the diplomatic corps, where the most important donors are represented, and to make a very clear call.

Firstly, with regards to Ebola, it must be recognized that the commitments made by donor countries correspond more or less to existing needs until the end of the year. But we must transform the commitments into actual payments. And there, so far, we have only 15% of our needs until the end of the year.

However, if in a normal humanitarian action, a one week delay does not cause problems (we adapt the program to solve this difficulty). In the case of Ebola, a week without resources, a week without  response does not mean we lose a week, it means we lose the war with Ebola because things can immediately grow out of control.

So, I made a call so that donors can quickly make the payments corresponding to the commitments they made.

But at the same time, we will organize with the Congolese government, in November, a conference to address not only the problem of Ebola but especially the problem of medical services, basic health services. Because we need to have the capacity to respond simultaneously more effectively, not only to Ebola, but to measles, malaria, cholera, and all the other basic health problems of the Congolese people.

And I hope that the international community can respond positively to this appeal that will be launched in this conference. The conference will be held in principle in Goma.

[Question on UN efforts to respond to the plight of the people of Beni.]
Secretary-General:
First, it is not the first time that the distress cry has been heard. When I was in Beni, when I was in Mangina, it is obvious that we have been actively working in the region for a long time to protect the population from the threat of Ebola.

What this visit will allow us to do is to reinforce our reaction capacity, especially in terms of security. I discussed with our colleagues who are responsible for the Forces, particularly the Intervention Brigade, how we can be more effective in our work and especially how we can act - I was with the Chiefs of Staff of the armed forces - to improve coordination on the ground between the actions of the DRC Armed Forces and MONUSCO.

And here I think there is a way to go, and I think there are changes that can be introduced together that can, hopefully, translate into improved capacity to respond to security challenges.

[Question about the nature of the Ebola response.]
Secretary-General:
There is a very important vaccination [operation] that is being done. There are screening centers but also treatment centers that I have visited, and there is now a treatment that can [cure] Ebola. And that's a radical change.

Today, we have the capacity to [cure] Ebola, not just to prevent it with the vaccination that will expand, but to provide [treatment] quickly. And yesterday I had the enormous joy of meeting with some of the Ebola survivors - people who have undergone treatment and who have managed to be free of the disease today.

So this robust response that is on the ground and in cooperation with the Congolese authorities, in cooperation with civil society organizations - this robust response will further strengthen and I must say that I have a lot of admiration, both for the resilience of the Congolese people, and for the courage and dedication of all health workers - Congolese and foreign - who agree to work especially in places where there are attacks, and who continue to work even if some of them have already suffered the loss of their lives.

Thank you.