Mangina

01 September 2019

Secretary-General’s press encounter at Ebola Treatment Centre in Mangina, DR Congo [in French, scroll down for English translation]

Nous sommes à l’épicentre de la crise de l’Ebola qui reste une menace sérieuse pour la santé publique, pour le pays et pour la population.

Je tiens à exprimer toute mon admiration pour le courage et la résilience et l’engagement de la communauté et de celles et ceux qui sont guéris et qui sont, aujourd’hui, je dirais, le témoignage le plus important qui démontre qu’il y a une solution pour l’Ebola et qu’il faut que tout le monde se présente quand il y a des symptômes pour pouvoir être traité.

Mais c’est évident qu’il nous faut une réponse avec plusieurs volets : un volet sécuritaire. Pour combattre l’Ebola, il faut la liberté de mouvement, il faut l’accès, il faut la sécurité. Et notre solidarité doit s’exprimer par une coopération accrue entre la MONUSCO et les Forces armées de la RDC capables premièrement de contenir, et si possible de battre la menace d’actes terroristes des ADF, mais aussi de tout faire pour la démobilisation des autres groupes armés de nature locale etpour les convaincre qu’il faut abandonner la brousse et qu’il faut se réintégrer dans la société.

Avec un effort accru en matière de sécurité il nous faut aussi un effort accru en matière de combat contre l’Ebola dans toutes les régions affectées et de prévention dans d’autres régions à l’intérieur et à l’extérieur du Congo.

Il nous faut mobiliser toutes les capacités et toutes les réponses du pays et de la communauté internationale pour vaincre cette bataille et il faut reconnaître aussi que pour les populations congolaises, il y a d’autres maladies qui doivent être soignées : la rougeole, la malaria, le choléra. Sans oublier que la rougeole et la malaria font plus de victimes en RDC que l’Ebola elle-même, même si Ebola représente une menace qualitativement bien plus sérieuse au niveau national et au niveau régional.

Et pour tout faire dans ce domaine, il nous faut une solidarité accrue de la communauté internationale. La communauté internationale a bien répondu à nos appels en matière de financements. Les financements promis jusqu’à la fin de l’année correspondent plus ou moins aux besoins en matière de lutte contre l’Ebola mais seulement 15 % a été versé jusqu’à présent. Ça veut dire qu’il y a un problème de liquidités dans la réponse, qui est extrêmement sérieux. Et quand il n’y a pas de cash, même s’il y a des promesses, la réponse contre l’Ebola s’arrête. Et si on perd une semaine dans la réponse contre l’Ebola, on ne perd pas qu’une semaine : on peut perdre la guerre contre l’Ebola.
L’Ebola n’attend pas. Alors il faut que tous les pays et toutes les organisations qui se sont compromis à des engagements financiers pour appuyer la réponse à l’Ebola puissent très rapidement dépenser ce qui correspond à leurs promesses pour que cette réponse vigoureuse que j’ai constatée ici et qui se répand dans toutes les zones infectées puisse continuer sans interruption.

Un mot aussi de solidarité vis à vis de toutes les victimes et surtout un mot d’admiration pour ceux qui ont été déjà guéris, ce qui démontre que ça vaut la peine de faire le traitement, que ça vaut la peine de se présenter à des centres de traitement comme celui-ci.

Demain, je serai à Kinshasa et je vais en profiter naturellement pour parler au Président de la République, au Premier ministre, aux leaders parlementaires et à des représentants de l’opposition dans cette logique de solidarité et de mobilisation de toutes nos ressources et du point de vue de la sécurité, et du point de vue de l’Ebola.

Q&A.
(Question sur le financement du quatrième plan de riposte Ebola.)
Secrétaire général : Comme je vous l’ai dit, le financement pour la réponse jusqu’à la fin de l’année a été promis plus ou moins au niveau des besoins. Mais le problème c’est que les versements sont encore très limités - seulement 15 % de ce qui a été promis a été versé. Et comme je l’ai indiqué, on ne peut pas arrêter une réponse en attendant que l’argent vienne parce que si cette réponse est interrompue, on peut avoir une défaite tragique dans la guerre contre l’Ebola.

(Question sur l’avenir de la MONUSCO et de sa Force en RDC et dans l’Est en particulier.)
Secrétaire général : C’est une décision naturellement du Conseil de sécurité mais c’est mon avis que la MONUSCO a un rôle très important à jouer en RDC.
Un jour naturellement, ce sera possible que la MONUSCO puisse fermer ses portes, comme ça s’est passé au Liberia, en Côte d’Ivoire et dans d’autres pays qui ont résolu leurs problèmes.

Pour le moment, je crois que l’on doit faire une révision stratégique qui est en cours pour améliorer ce que la Monusco fait, la rendre encore plus utile au peuple congolais dans tous les domaines - sécurité mais aussi dans le domaine politique. Et en améliorant cette action de la MONUSCO, je compte sur le Conseil de sécurité pour qu’on puisse renouveler le mandat avec les ajustements considérés nécessaires.

Mais il y a une chose qui est évidente quand on parle avec les Congolais : même les Congolais qui sont critiques sur l’action de la MONUSCO (tout le monde voudrait que la MONUSCO puisse faire plus, surtout dans le domaine sécuritaire), même ceux qui sont critiques, tous reconnaissent que sans la présence de la MONUSCO dans cette région, on serait dans une situation bien plus difficile.

(Question sur les raisons de la résistance à la riposte Ebola, notamment l’échec de la MONUSCO à protéger les civils des ADF.)
Secrétaire général : Premièrement, il faut reconnaître que 27 soldats de la MONUSCO sont déjà morts en combattant les ADF. Alors, si on ne faisait rien, on ne comprend pas comment on a 27 personnes tuées.  Ce que je reconnais, c’est qu’il faut faire plus dans la coopération entre la MONUSCO et les Forces armées de la République démocratique du Congo et ce sera au centre de mes discussions à Kinshasa.

Je crois qu’on peut améliorer la réponse du point de vue sécuritaire. A mon avis ce n’est pas une question du nombre de troupes, c’est une question de la stratégie d’actions conjointes des forces que, à mon avis, on peut et on doit améliorer dans la réponse contre les ADF.

Ce n’est pas seulement les ADF : il y a aussi les autres groupes Mayi Mayi. Là, il faut un grand effort pour la démobilisation. J’ai été hier dans un centre de démobilisation et j’ai pu voir qu’il y a beaucoup de gens qui veulent sortir de la brousse mais qui veulent aussi qu’on puisse leur garantir une intégration harmonieuse dans la société.

Nous allons travailler ensemble pour améliorer cette défense.

En tout cas, il faut dire que ce n’est pas seulement ça. La résistance des communautés [à la réponse Ebola] a beaucoup d’autres raisons.

Il ne faut pas oublier que cette région était toujours une région relativement périphérique et abandonnée sur beaucoup d’aspects. Il ne faut pas oublier la question qui a été très compliquée de l’ajournement des élections dans cette zone qui a été vu par quelques-uns comme utilisant l’Ebola comme un instrument politique etc.

Il faut clarifier toutes ces situations. Il faut investir à fond dans le rétablissement de la confiance. Et ce que nous avons vu aujourd’hui, c’est que ce travail est en train d’être fait et qu’il y a un engagement communautaire, notamment ici, qui est absolument exemplaire.

 
[English translation]
 
We are at the epicenter of the Ebola crisis, which remains a serious threat to public health, the country and the people.
 
I wish to express my admiration for the courage, resilience and commitment of the community and of those who are healed and who today I would say are the most important testimony that demonstrates there is has a solution for Ebola and that everyone needs to come in when they have symptoms in order to be treated.
 
But it is obvious that we need an answer with several components: a security component. To fight Ebola, we need freedom of movement, we need access, we need security. And our solidarity must be expressed through increased cooperation between MONUSCO and the Armed Forces of the DRC first able to contain, and if possible to beat the threat of terrorist acts by the ADF, but also to do everything possible to demobilize other local armed groups and to convince them to abandon the bush and to reintegrate into the society.
 
With increased security efforts, we also need increased efforts to combat Ebola in all affected areas and to also increase prevention efforts in other areas within and outside Congo.
 
We need to mobilize all the capacities, the country and the
international community’s response to overcome this battle and we must also recognize that for the Congolese people, there are other diseases that must be cured: measles, malaria, cholera. Not to mention that measles and malaria kill more people in the DRC than Ebola itself, even though Ebola is a much more serious threat at the national and regional levels.
 
And to do everything in this area, we need greater solidarity from the international community. The international community has responded well to our calls for funding. The pledges up to the end of the year are more or less in line with the need for Ebola control, but only 15% has been paid so far. That means there is a liquidity problem in the response, which is extremely serious. And when there is no cash, even if there are promises, the Ebola response stops. And if we lose a week in the response to Ebola, we do not only lose a week: we can lose the war against Ebola.
 
Ebola does not wait. So all the countries and organizations that have made financial commitments to support the Ebola response must be able to honor their promises very quickly so that the vigorous response I've seen here spreads in all affected areas and can continue without interruption.
 
A word also of solidarity with all the victims and especially a word of admiration for those who have already been cured, which shows that it is worthwhile to do the treatment, that it is worth it to go to treatment centers like this one.
 
Tomorrow, I will be in Kinshasa and I will naturally take the opportunity to speak to the President of the Republic, the Prime Minister, the House leaders and opposition representatives in this logic of solidarity and mobilization of all our resources and from a security point of view, and from the point of view of Ebola.
 
Q & A.

[Question on the financing of the fourth Ebola response plan.]
Secretary-General:

As I told you, the funding for the response until the end of the year has been promised more or less at the level of needs. But the problem is that the payments are still very limited - only 15% of what has been promised has been paid. And as I said, we cannot stop a response until the money comes because if this response is interrupted, we can have a tragic defeat in the war against Ebola.
 
[Question on the future of MONUSCO and its Force in the DRC and in the East in particular.]
Secretary-General:
It is a decision of the Security Council, of course, but it is my opinion that MONUSCO has a very important role to play in the DRC. One day, naturally, it will be possible for MONUSCO to close its doors, as happened in Liberia, Côte d'Ivoire and other countries that have solved their problems.
 
For the moment, I believe that we need to make a strategic review that is under way to improve what Monusco is doing, to make it even more useful to the Congolese people in all areas - security, but also in the political sphere. And by improving this action of MONUSCO, I count on the Security Council to renew the mandate with the adjustments considered necessary.
 
But there is one thing that is obvious when speaking with the Congolese: even the Congolese who are critical of MONUSCO’s action (everyone would like MONUSCO to do more, especially in the security field), even those critics, all recognize that without MONUSCO's presence in this region, we would be in a much more difficult situation.
 
[Question on the reasons for resistance to the Ebola response, including the failure of MONUSCO to protect civilians from ADF.]
Secretary-General:
First, it must be recognized that 27 MONUSCO soldiers have already died fighting the ADF. So, if we did nothing, how did we end up with 27 people killed. What I recognize is that more needs to be done in the cooperation between MONUSCO and the Armed Forces of the Democratic Republic of the Congo and this will be the focus of my discussions in Kinshasa.
 
I think we can improve the response from a security point of view. In my opinion it is not a question of the number of troops, it is a question of the strategy of joint actions of the forces that, in my opinion, one can and one must improve in the answer against the ADF.
 
It's not just the ADFs; there are also other Mayi Mayi groups. There must be a great effort for demobilization. I was in a demobilization center yesterday and I saw that there are many people who want to get out of the bush but who also want to be guaranteed a harmonious integration into society.
 
We will work together to improve this defense.
 
In any case, it must be said that it is not only that. Community resistance [to the Ebola response] has many other reasons.
It should not be forgotten that this region was still a relatively peripheral region and abandoned in many ways.
 
We must not forget the very complicated question of the postponement of elections in this area, which has been seen by some as using Ebola as a political instrument and so on. It is necessary to clarify all these situations. We must invest deeply in restoring confidence. And what we have seen today is that this work is being done and that there is community engagement, particularly here, which is absolutely exemplary.