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Mesdames et messieurs,
Dès ma première visite en Centrafrique, il y a déjà des années et des années, je suis tombé amoureux du peuple centrafricain. Et je dois vous dire que cette visite n’a fait qu’augmenter cette émotion vis-à-vis de la République centrafricaine et du peuple centrafricain.
C’est vrai que la Centrafrique vit une grave crise sécuritaire et humanitaire. Mais c’est aussi vrai qu’il y a un point de repère solide. La Centrafrique a des institutions démocratiques légitimes qui peuvent diriger le pays vers un chemin visant la paix, la sécurité et le développement.
J’ai eu l’occasion de m’entretenir avec Monsieur le Président, Monsieur le Premier ministre et son gouvernement. J’ai été à l’Assemblée nationale. Je crois qu’il y a quatre domaines où on peut travailler ensemble, entre les autorités légitimes de Centrafrique, les Nations unies, la communauté internationale : la paix et la sécurité, la construction de l’Etat et son implantation dans le territoire tout entier, la réconciliation nationale, et le développement.
Et pour cela, je [ramène] avec moi quelques obligations.
Premièrement, de tout faire pour que le Conseil de sécurité puisse approuver le renforcement de la Force de la mission des Nations unies et tout faire pour augmenter son efficacité et sa capacité sur le terrain pour garantir la protection des civils.
Deuxièmement, tout faire pour aider à accélérer le processus de renforcement et redéploiement des forces armées centrafricaines, en étroite coopération avec la MINUSCA. Je suis clairement conscient qu’il faut qu’il y ait une MINUSCA plus robuste, mais il faut aussi qu’il y ait une force nationale centrafricaine.
Troisièmement, le besoin de faire un plaidoyer [auprès] de la communauté internationale pour augmenter l’aide humanitaire, qui malheureusement reste déficitaire d’une façon tragique, et pour appuyer le nouveau plan de redressement, de relèvement et de consolidation de la paix approuvé par le gouvernement et qui vise le développement de tous ces aspects que j’ai mentionnés – la croissance économique, le développement social, mais aussi la paix, la sécurité, la justice et la réconciliation.
Je ferai de mon mieux pour mobiliser la communauté internationale pour que le peuple centrafricain puisse avoir droit à une vie meilleure, une vie qu’il mérite, par sa résilience, par sa générosité, que j’ai toujours rencontrée quand j’ai rendu visite à des réfugiés d’autres pays ici en Centrafrique, avec une jeunesse qui m’a confirmé ce matin sa détermination à lutter pour un pays meilleur.
Merci beaucoup.
Question sur le sentiment du Secrétaire général après sa visite en Centrafrique.
Secrétaire général : Un sentiment de confiance. Je crois que nous allons tous travailler ensemble, le gouvernement, avec Monsieur le Président, l’appui du parlement, les Nations unies, l’Union africaine, dont le Représentant spécial est avec nous et qui va [mener] l’initiative africaine pour la paix et la réconciliation, mais aussi la communauté internationale.
Je crois que ce point de repère que j’ai mentionné -- la Centrafrique a des institutions démocratiques légitimes et ça permet que la communauté internationale s’articule autour de ces institutions démocratiques légitimes pour travailler ensemble pour la paix, la sécurité, la réconciliation et le développement.
Question sur le risque de génocide en Centrafrique et sur ce que peut espérer le peuple centrafricain à court terme après la visite du Secrétaire général.
Secrétaire général : Premièrement, je crois que, grâce notamment à la MINUSCA, et grâce à la détermination du gouvernement, je crois qu’aujourd’hui nous ne sommes pas face à une situation de génocide. Mais c’est vrai que la manipulation politique, que je vois très fermement condamnée, a quelques fois conduit à un esprit de division dans le peuple, notamment de division religieuse qui n’a jamais existé en Centrafrique. Et il faut à mon avis que tous les responsables politiques, communautaires, responsables des médias, responsables religieux, puissent contribuer à ce que chrétiens, musulmans, puissent comprendre qu’ils sont ensemble dans le même pays, qu’ils doivent se respecter, travailler en commun pour que le pays puisse se redresser.
En général, les conflits de nature religieuse ne sont que le résultat de manipulations politiques. Je crois qu’ici en Centrafrique nous avons assisté à la même situation. En même temps, je suis sûr que le peuple -- quand on parle avec le peuple, et je l’ai fait dans plusieurs endroits, le peuple vous donne toujours le même message : « nous voulons la paix ». Et ça c’est quelque chose qui me réconforte.
Ce que je ferai immédiatement, c’est ce que je vous ai dit : demander au Conseil de sécurité le renforcement de la MINUSCA et travailler pour qu’elle puisse aussi renforcer ses capacités sur le terrain. Deuxièmement, faire le plaidoyer pour la création de conditions qui permettent le rééquipement le plus rapide possible des FACA. Et troisièmement, [plaider] de façon intense auprès des donateurs et de la communauté internationale pour augmenter rapidement l’aide humanitaire et l’appui au plan de relèvement et de consolidation de la paix.
En même temps, nous travaillerons ensemble avec l’Union africaine, appuyant cette initiative, et j’essaierai aussi dans mes contacts avec les pays voisins d’aider à créer un esprit de coopération de toute la communauté internationale pour appuyer les institutions démocratiques centrafricaines.