YAZID SUFAAT

QDi.124
YAZID SUFAAT
Date à laquelle le résumé a été mis en ligne sur le site du Comité: 
21 May 2009
Date(s) de mise(s) à jour du résumé: 
11 October 2016
3 March 2021
Motifs ayant présidé à l'inscription sur la Liste: 

           Yazid Sufaat a été inscrit sur la Liste des sanctions d’Al-Qaida le 9 septembre 2003, en application des dispositions des paragraphes 1 et 2 de la résolution 1390 (2002), comme associé à Al-Qaida, à Oussama ben Laden et aux Taliban en raison de sa participation au financement, à l’organisation, à la facilitation, à la préparation ou à l’exécution d’actes ou d’activités en association avec la Communauté islamiste [Jemaah Islamiyah] (QDe.092) et Al-Qaida (QDe.004), sous leur nom, pour leur compte ou pour les soutenir, parce qu’il fournissait, vendait ou transférait à celles-ci des armes et des matériels connexes, et parce qu’il soutenait, de toute autre manière, des actes commis par celles-ci ou des activités auxquelles elles se livraient.

Renseignements complémentaires: 

         Yazid Sufaat a appartenu à la Communauté islamiste [Jemaah Islamiyah] (QDe.092) dès sa création. Il a obtenu en 1987 une licence de biologie et de chimie à la California State University de Sacramento (États-Unis d’Amérique). Il a collaboré au programme d’armes biologiques d’Al-Qaida (QDe.004) après avoir été présenté à Aiman al-Zawahiri [Aiman Muhammed Rabi al-Zawahiri] (QDi.006) par Hambali [Nurjaman Riduan Isamuddin] (QDi.087), à Kandahar (Afghanistan).

           En janvier 2000, les hauts responsables d’Al-Qaida se sont réunis à Kuala Lumpur (Malaisie) (à l’occasion de ce que l’on a appelé le « sommet d’Al-Qaida de 2000 ») pour évoquer de futurs complots terroristes. Deux des terroristes ayant participé aux attentats du 11 septembre 2001 étaient présents, tout comme Khalid Sheikh Mohammed (non inscrit sur la Liste des sanctions d’Al-Qaida) et Ramzi Binalshibh [Ramzi Mohamed Abdullah Binalshibh] (QDi.081). À la demande d’Hambali, Sufaat a hébergé dans son appartement des agents d’Al-Qaida.

           Par l’intermédiaire de son laboratoire de pathologie Green Laboratory Medicine (non inscrit sur la Liste des sanctions d’Al-Qaida), Sufaat s’est procuré à la fin de l’année 2000 quatre tonnes de nitrate d’ammonium destinées à Fathur Rohman al-Ghozhi (décédé), artificier de la Jemaah Islamiyah, en prévision d’une série d’attentats à Singapour.

           En octobre 2000, Sufaat a rencontré Zacarias Moussaoui (non inscrit sur la Liste des sanctions d’Al-Qaida), qui a été condamné le 4 mai 2006 aux États-Unis d’Amérique à la prison à perpétuité sans remise de peine possible pour sa participation aux préparatifs des attentats perpétrés le 11 septembre 2001 sur le sol américain. Outre une allocation mensuelle de 2 500 dollars, Sufaat lui a remis 35 000 dollars à utiliser pour mettre la dernière main aux préparatifs des attentats. Sufaat a également permis à Moussaoui d’obtenir un visa de travail aux États-Unis en le faisant embaucher comme expert-conseil en commercialisation dans la société — aux activités légitimes — de son épouse.

           Sufaat a participé aux attentats perpétrés par la Jemaah Islamiyah en décembre 2000 contre des églises en Indonésie.

           En 2001, Sufaat s’est efforcé pendant plusieurs mois de cultiver le bacille du charbon pour Al-Qaida dans un laboratoire qu’il avait aidé à mettre sur pied à proximité de l’aéroport de Kandahar, en Afghanistan.

           Du 9 décembre 2001 au 24 novembre 2008, Sufaat a été arrêté puis gardé en détention en vertu de la loi malaisienne sur la sécurité intérieure.

           Le 7 février 2013, Sufaat a été arrêté avec deux autres personnes; ils ont été tous les trois été accusés d’être membres du Tanzim Al-Qaida en Malaisie et d’avoir incité à des actes de terrorisme.

           Le 27 janvier 2016, Yazid Sufaat et Muhammad Hilmi Hasim (non inscrits sur la Liste) ont plaidé coupables, d’après la section 130M du Code pénal, d’avoir passé sous silence des informations relatives à des actes de terrorisme et ont été condamnés à une peine de sept années d’emprisonnement. Ils devraient être libérés en février 2020.