ISNILON TOTONI HAPILON

QDi.204
ISNILON TOTONI HAPILON
Date à laquelle le résumé a été mis en ligne sur le site du Comité: 
26 August 2009
Date(s) de mise(s) à jour du résumé: 
4 October 2017
17 April 2018
Motifs ayant présidé à l'inscription sur la Liste: 

Isnilon Totoni Hapilon a été inscrit sur la Liste le 6 décembre 2005 en application des dispositions des paragraphes 1 et 2 de la résolution 1617 (2005), comme associé à Al-Qaida, à Oussama ben Laden ou aux Taliban pour avoir concouru à financer, organiser, faciliter, préparer ou exécuter des actes ou activités du Groupe Abu Sayyaf (QDe.001), en association avec ce groupe, sous son nom, pour son compte ou pour le soutenir.

Renseignements complémentaires: 

Isnilon Totoni Hapilon est l’un des chefs du Groupe Abu Sayyaf (QDe.001). Depuis 1997, il a occupé plusieurs postes à la direction opérationnelle du Groupe et, avant le décès de son fondateur Abdurajak Abubakar Janjalani, en décembre 1998, Hapilon était membre du comité central du Groupe. Hapilon assure actuellement la protection de membres de la Jemaah Islamiyah (QDe.092), notamment d’Umar Patek (QDi.294). Hapilon a commis plusieurs actes de violence brutale, notamment l’enlèvement de ressortissants philippins et étrangers. En novembre 1997, Hapilon était l’un des commandants du Groupe. À la fin de 1999, Hapilon était instructeur dans un camp du Groupe Abu Sayyaf, qui dispensait notamment des cours sur les tactiques militaires. Au début de 2000, Hapilon était conseiller du chef Khadafi Abubakar Janjalani (décédé), jeune frère du fondateur du Groupe Abu Sayyaf. Il était également son adjoint. En août 2000, Jeffrey Schilling, un ressortissant des États-Unis, a été enlevé par des membres du Groupe Abu Sayyaf qui l’ont retenu en otage pendant plus de sept mois sur l’île de Jolo aux Philippines; on croit savoir que Hapilon faisait partie des membres armés du Groupe Abu Sayyaf qui l’ont gardé en 2000. Schilling a été libéré de ses geôliers en avril 2001. En mai 2001, Hapilon et d’autres membres du Groupe Abu Sayyaf ont pris en otage et emmené 17 Philippins et 3 Américains du complexe de Dos Palmas aux Philippines pour le compte du Groupe Abu Sayyaf. En juin 2001, deux des otages philippins et un otage américain ont été décapités. Hapilon et d’autres membres du Groupe Abu Sayyaf ont dissimulé et déplacé les otages pendant plus d’un an dans la jungle touffue et les montagnes de l’Ile de Basilan, aux Philippines. Au cours de cette période, le Groupe a occupé une église et un hôpital de l’île de Basilan et a retenu 200 personnes en otages, dont les trois Américains enlevés par le Groupe Abu Sayyaf dans le complexe de Dos Palmas. En 2002, Isnilon Totoni Hapilon et quatre autres membres du Groupe Abu Sayyaf, dont Khadafi Janjalani (décédé) and Jainal Antel Sali Jr. (décédé), ont été inculpés aux États-Unis pour leur participation présumée à des actes terroristes contre des ressortissants de ce pays et d’autres ressortissants étrangers aux Philippines et dans des pays voisins. En août 2003, Hapilon et une centaine de membres du Groupe Abu Sayyaf se trouvaient à « Camp Oussama », un camp d’entraînement du Groupe créé en 2002 par Hapilon dans le sud des Philippines. En août 2004, Hapilon commandait environ 70 partisans armés. Depuis la mort de Khadafi Janjalani en 2006, Isnilon Hapilon, tout comme Radulan Sahiron (QDi.208), fait partie du haut commandement du Groupe Abu Sayyaf. En 2007, Hapilon et Zulkifli Abdul Hir (décédé) auraient organisé l’évasion d’un bailleur de fond du Groupe qui est bien connu localement et de dizaines d’autres détenus d’une prison de Mindanao (Philippines). En 2014, Hapilon et les membres de sa faction du Groupe Abu Sayyaf, ainsi que d’autres militants, ont prêté allégeance au dirigeant de l’EIIL, Abu Bakr al-Baghdadi, inscrit sur la Liste sous le nom d’Ibrahim Awwad Ibrahim Ali al-Badri al-Samarrai (QDi.299), et Hapilon a été sacré « émir » des partisans de l’EIIL aux Philippines. En 2016, Hapilon et sa faction se sont installés à Mindanao et ont établi des liens avec un groupe local affilié à l’EIIL dans la Province de Lanao del Sur. En mai 2017, alors que les autorités philippines cherchaient à l’appréhender dans la ville de Marawi, à Mindanao, Hapilon, les membres de sa faction et ceux du groupe local affilié à l’EIIL se sont engagés dans des combats prolongés contre les forces gouvernementales.