RIYADUS-SALIKHIN RECONNAISSANCE AND SABOTAGE BATTALION OF CHECHEN MARTYRS (RSRSBCM)

QDe.100
RIYADUS-SALIKHIN RECONNAISSANCE AND SABOTAGE BATTALION OF CHECHEN MARTYRS (RSRSBCM)
Date à laquelle le résumé a été mis en ligne sur le site du Comité: 
7 September 2010
Date(s) de mise(s) à jour du résumé: 
6 September 2016
Motifs ayant présidé à l'inscription sur la Liste: 

Le Bataillon de reconnaissance et sabotage Riyadus-Salikhin des martyrs tchéchènes a été inscrit sur la liste des sanctions contre Al-Qaida le 4 mars 2003, en application des dispositions des paragraphes 1 et 2 de la résolution 1390 (2002) comme associé à l’organisation Al-Qaida (QDe.004), à Oussama ben Laden ou aux Taliban, en raison de « sa participation au financement, à l’organisation, à la facilitation, à la préparation ou à l’exécution d’actes ou d’activités en association avec cette organisation, sous son nom, pour son compte ou pour la soutenir ».

Renseignements complémentaires: 

Le Bataillon de reconnaissance et sabotage Riyadus-Salikhin des martyrs tchéchènes a été dirigé par Shamil Salmanovich Basayev (décédé) et est lié à la Brigade internationale islamique [Islamic International Brigade] (QDe.099) et au Régiment islamique spécial [Special Purpose Islamic Regiment] (QDe.101).

Le soir du 23 octobre 2002, des membres du Bataillon de reconnaissance et sabotage Riyadus-Salikhin des martyrs tchéchènes, de la Brigade internationale islamique et du Régiment islamique spécial agissant conjointement ont pris en otages plus de 800 personnes dans le théâtre de Podshipnikov Zavod (Doubrovka) à Moscou. Les assaillants ont menacé de tuer les otages si le Gouvernement russe ne se conformait pas à leurs exigences. Ils ont déclaré être prêts à se tuer en même temps que les otages en faisant exploser le théâtre. Cent vingt-neuf otages ont péri lors de l’opération de sauvetage organisée par le Gouvernement de la Fédération de Russie.

Basayev, qui dirigeait à l’époque à la fois le Bataillon de reconnaissance et sabotage Riyadus-Salikhin des martyrs tchéchènes et la Brigade internationale islamique a par la suite publiquement revendiqué l’attentat au nom du Bataillon. La revendication de l’attentat par Basayev a été confirmée par la diffusion sur Al Jazeera d’un enregistrement vidéo de l’incident du théâtre de Doubrovka, montrant l’un des preneurs d’otages se réclamant du « Groupe de sabotage et de surveillance militaire des martyrs de Riyadh al-Salikhin», pseudonyme du Bataillon.

Un site Web affilié à des groupes séparatistes tchétchènes, le Kavkaz Center, a également identifié Movsar Barayev, alors commandant du Régiment islamique spéciale et également commandant du Bataillon de reconnaissance et sabotage Riyadus-Salikhin des martyrs tchéchènes comme étant l’un des meneurs des preneurs d’otages (Barayev est mort lors de l’incident du théâtre Doubrovka). Le Régiment islamique spécial, qu’avaient dirigé Barayev et son oncle, feu Arbi Barayev, ont fourni au Bataillon l’encadrement et les effectifs nécessaires à la prise d’otages du théâtre de Doubrovka. En fait, la responsabilité de l’incident avait été initialement attribuée au seul Régiment islamique spécial étant donné que Barayev avait été le premier meneur de l’opération à avoir été publiquement identifié.

Inconnu avant la prise d’otages du théâtre de Doubrovka, le Bataillon a recruté ses membres et ses dirigeants auprès de la Brigade internationale islamique et du Régiment islamique spécial. Outre leur participation le 23 octobre 2002 à l’attentat terroriste contre le théâtre de Doubrovka, la Brigade internationale islamique, le Régiment islamique spécial et le Bataillon de reconnaissance et sabotage Riyadus-Salikhin des martyrs tchéchènes ont été liés à d’autres attentats terroristes visant des cibles civiles et gouvernementales, ou ont menacé d’en perpétrer.

Le 20 novembre 2002, Basayev, en sa qualité de chef du Bataillon de reconnaissance et sabotage Riyadus-Salhikin des martyrs tchéchènes, a publiquement averti les États membres de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE), l’Union européenne (UE) et  l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN) qu’ils étaient désormais considérés comme les cibles de futurs attentats. Basayev a écrit ceci :

« Nous nous adressons à vous pour que vous ne veniez pas par la suite nous dire que vous n’aviez pas été mis en garde contre cette issue fatale… La position que vous adoptez est une position hypocrite fondée sur une politique de deux poids deux mesures et ouvertement prorusse… Toutes les installations militaires, industrielles et stratégiques sur le territoire russe, quels que soient ceux à qui elles appartiennent, constituent pour nous des cibles militaires légitime. »

Le Bataillon de reconnaissance et sabotage Riyadus-Salhikin des martyrs tchétchènes et Basayev sont demeurés actifs après l’incident du théâtre de Doubrovka. Le 27 décembre 2002, des kamikazes tchétchènes ont pénétré dans l’enceinte fortifiée de l’Administration tchétchène dans le centre-ville de Grozny avant de faire détoner leurs explosifs. La déflagration a fait plus de 80 morts et plus de 150 blessés. Basayev a affirmé dans un entretien que non seulement il était impliqué dans l’explosion, mais encore qu’il avait lui-même actionné le bouton de la télécommande du détonateur.

De nombreux liens unissent les responsables de ces entités à Al-Qaida (QDe.004), aux Taliban et à Oussama ben Laden (décédé). En octobre 1999, des émissaires de Basayev et d’Al-Khattab, qui était l’un des dirigeants de la Brigade internationale islamique, se sont rendus dans le fief d’Oussama ben Laden, dans la province afghane de Kandahar, où ce dernier a accepté de leur apporter une assistance militaire et une aide financière non négligeables, notamment en faisant envoyer plusieurs centaines de combattants en Tchétchénie pour lutter contre des soldats russes et perpétrer des actes de terrorisme. Plus tard dans l’année, ben Laden a fait parvenir à Basayev, Barayev et Al-Khattab des sommes d’argent considérables qui devaient servir exclusivement à la formation de tireurs, au recrutement de mercenaires et à l’achat de munitions. Avant sa mort en décembre 2002, Abu Tariq, l’un des chefs adjoints de la Brigade internationale islamique, qui participait également à l’acheminement à des extrémistes tchétchènes des fonds provenant de sources étrangères, avait reçu plusieurs millions de dollars émanant d’organisations terroristes internationales, dont Al-Qaida.

Al-Khattab (qui dirigeait alors la Brigade internationale islamique), a publiquement admis avoir séjourné en Afghanistan entre 1989 et 1994 et y avoir rencontré ben Laden. En mars 1994, Basayev est arrivé en Afghanistan et s’est rendu dans des camps d’entraînement de combattants de la province de Khost. Il est revenu en Afghanistan, accompagné du premier groupe de militants tchétchènes en mai 1994. Basayev a suivi un entraînement en Afghanistan et entretenait des liens étroits avec Al-Qaida. À terme, plusieurs centaines de Tchétchènes ont suivi un entraînement dans des camps d’Al-Qaida en Afghanistan. Grâce au soutien financier d’Al-Qaida, Al-Khattab a également mobilisé  des combattants originaires d’Ingouchie, d’Ossétie, de Géorgie et d’Azerbaïdjan pour combattre en Tchétchénie et au Daghestan. En août 1995, un bon nombre de ceux qui combattaient les troupes russes étaient des « Arabes afghans » (Arabes qui avaient acquis en Afghanistan une expérience du combat contre les troupes soviétiques), selon des rapports rendus publics. Leur soutien était généralement payé de retour. La « Brigade 055 », brigade d’élite d’Al-Qaida, qui a combattu l’Alliance du Nord en Afghanistan, comptait dans ses rangs un certain nombre de Tchétchènes, dont beaucoup étaient considérés comme des partisans de Basayev, de Barayev et d’Al-Khattab. En octobre 2001, Al-Khattab a envoyé d’autres combattants en Afghanistan et promis de verser aux familles des volontaires une allocation mensuelle substantielle ou un généreux forfait s’ils venaient à périr. En 2002, Al-Qaida a tenté de recueillir 2 millions de dollars des États-Unis pour soutenir Abou al-Walid, qui avait succédé à Ibn al-Khattab à la tête de la Brigade internationale islamique comme nouveau chef tchétchène arabe.

Le Bataillon de reconnaissance et sabotage Riyadus-Salhikin des martyrs tchétchènes, sous la direction d’Aslan Byutukaev (QDi.396), a été impliqué dans des attentats-suicides perpétrés à Moscou en 2003-2004, dans le siège de l’école de Beslan (Ossétie du Nord-Alania), en septembre 2004, et dans l’attentat terroriste perpétré à l’aéroport international de Moscou-Domededovo le 24 janvier 2011. Des membres du Bataillon et Aslan Byutukaev (QDi.396) ont personnellement organisé le meurtre de Yuriy D. Budaev, ancien colonel des forces armées de la Fédération de Russie, le 10 juin 2011 à Moscou.