MOUVEMENT POUR L’UNIFICATION ET LE JIHAD EN AFRIQUE DE L’OUEST (MUJAO)

QDe.134
MOUVEMENT POUR L’UNIFICATION ET LE JIHAD EN AFRIQUE DE L’OUEST (MUJAO)
Date à laquelle le résumé a été mis en ligne sur le site du Comité: 
5 December 2012
Date(s) de mise(s) à jour du résumé: 
27 November 2013
9 October 2014
Motifs ayant présidé à l'inscription sur la Liste: 

Le Mouvement pour l’unification et le jihad en Afrique de l’Ouest (MUJAO) a été inscrit sur la Liste relative aux sanctions contre Al-Qaida le 5 décembre 2012, en application des dispositions des paragraphes 1 et 12 de la résolution 1989 (2011), comme associé à l’organisation Al-Qaida au Maghreb islamique [The Organization of Al-Qaida in the Islamic Maghreb] (QDe.014) pour avoir concouru à financer, organiser, faciliter, préparer ou exécuter des actes ou activités de cette entité en association avec elle, sous son nom, pour son compte ou pour la soutenir.

Renseignements complémentaires: 

Le Mouvement pour l’unification et le jihad en Afrique de l’Ouest (MUJAO) est un groupuscule de l’Organisation Al-Qaida au Maghreb islamique [The Organization of Al-Qaida in the Islamic Maghreb] (QDe.014), qui a officiellement annoncé son existence après l’enlèvement de trois humanitaires dans un camp de réfugiés sahraouis à Tindouf le 23 octobre 2011. Il s’est agi là de la première attaque menée par le MUJAO.

Le MUJAO coexiste et agit avec l’Organisation Al-Qaida au Maghreb islamique, qui lui procure ses moyens opérationnels. Le Mouvement opère dans la même zone géographique du Sahel et partage les mêmes objectifs que l’Organisation. Il s’est considérablement élargi au cours des 12 premiers mois de son existence.

Le MUJAO est issu de luttes intestines au sein de la Katibat al Moulathamoun (Brigade des hommes au turban), qui fait partie de l’Organisation Al-Qaida au Maghreb islamique et que dirige Mokhtar Belmokhtar (QDi.136), les causes de ces luttes étant liées à la direction du groupe, au partage des rançons versées pour la libération d’otages et au partage du produit du trafic de drogues.

Les chefs du MUJAO sont connus pour être des narcotrafiquants impliqués dans le trafic de drogue au Sahel et dans le sud de l’Algérie.

Le MUJAO a revendiqué la responsabilité des opérations suivantes :

  • L’enlèvement de trois humanitaires dans un camp de réfugiés sahraouis de la région de Tindouf (Algérie), le 23 octobre 2011;
  • L’enlèvement de sept diplomates algériens, dont le Consul, à Gao (Mali), le 5 avril 2012;
  • L’attentat perpétré contre la gendarmerie de Tamanrasset (Algérie), le 23 mars 2012;
  • L’attentat perpétré contre la gendarmerie de Ouargla (Algérie), le 29 juin 2012.

À la faveur du soulèvement des mouvements rebelles dans le nord du Mali au début de l’année 2012, le MUJAO s’est emparé des villes de Gao et de Bourem et a saisi des armes qui se trouvaient dans les arsenaux maliens. Il est donc lourdement armé et dispose, par exemple, de mitrailleuses lourdes (14,5 mm et 23 mm), de lance-roquettes antichar (RPG-7), de mortiers (60 mm et 82 mm), d’explosifs conventionnels (TNT) et artisanaux, de jumelles de vision nocturne ainsi que de moyens de communication (téléphones portables et satellitaire et radios VHF).

En novembre 2012, le MUJAO, Ansar Eddine (QDe.135) et AQMI ont conclu une alliance. Une mission composée d’éléments de ces trois mouvements a mis au point une stratégie commune et établi des bureaux au nord de Gao.

Dès le début de l’opération Serval, Iyad ag Ghali (QDi.316) s’est associé aux brigades d’AQMI et du MUJAO qui combattent les forces armées françaises et maliennes.