AL-HARAMAYN FOUNDATION (TANZANIA)

QDe.106
AL-HARAMAYN FOUNDATION (TANZANIA)
Date à laquelle le résumé a été mis en ligne sur le site du Comité: 
30 October 2009
Motifs ayant présidé à l'inscription sur la Liste: 

La Fondation Al-Haramayn (Tanzanie) [Al-Haramayn Foundation (Tanzania)] a été inscrite sur la liste des sanctions contre Al-Qaida le 26 janvier 2004, en application des dispositions des paragraphes 1 et 4 de la résolution 1455 (2003), comme associée à Al-Qaida, à Oussama ben Laden ou aux Taliban en raison de sa participation au financement, à l'organisation, à la facilitation, à la préparation ou à l'exécution d'actes ou d'activités en association avec Al-Qaida (QDe.004) et l'Union islamique [Al-Itihaad al-Islamiya] (QDe.002), sous leur nom, pour leur compte ou pour les soutenir.

Renseignements complémentaires: 

La Fondation Al-Haramayn (Tanzanie) [Al-Haramayn Foundation (Tanzania)] a fourni un appui financier, matériel et logistique au réseau Al-Qaida (QDe.004).

La Fondation Al-Haramayn (Tanzanie) était une antenne de la Fondation islamique Al-Haramain, sise en Arabie saoudite, qui se faisait passer pour une organisation non gouvernementale à vocation éducative et caritative. Lorsqu'on examine Al-Haramain sous l'angle d'une entité unique, on s'aperçoit qu'elle était une des principales organisations non gouvernementales actives dans le monde à fournir un appui au réseau Al-Qaida. Le financement provenait généralement de bienfaiteurs privés ou de fonds collectés à la suite de campagnes spéciales ciblant des entreprises du monde entier.

Les branches d'Al-Haramain en Bosnie-Herzégovine (QDe.071), en Somalie (QDe.072), en Indonésie, au Kenya (QDe.105), en Tanzanie (QDe.106), au Pakistan (QDe.104), en Afghanistan (QDe.110), en Albanie (QDe.111), au Bangladesh (QDe.112), en Éthiopie (QDe.113), aux Pays-Bas (QDe.114), et aux Comores (QDe.116) ont fourni un appui financier, matériel ou technologique au réseau Al-Qaida, y compris à la Communauté islamiste [Jemaah Islamiyah] (QDe.092), à l'Union islamique [Al-Itihaad al-Islamiya] (QDe.002), au Jihad islamique égyptien [Egyptian Islamic Jihad] (QDe.003) et à Lashkar-e-Toiba [Lashkar-e-Tayyiba] (QDe.118). Ces organisations terroristes ont été financées par Al-Haramain et l'ont utilisée comme écran pour collecter des fonds et mener des activités opérationnelles.

Les bureaux de la Fondation Al-Haramain au Kenya et en Tanzanie ont soutenu l'Union islamique et Al-Qaida ou ont agi sous leur nom ou pour leur compte. L'Union islamique a entretenu des liens avec Al-Qaida sur les plans idéologique, financier et de la formation, ainsi que des liens financiers avec plusieurs sociétés et organisations non gouvernementales dont la Fondation Al-Haramain, dont elle s'est servie pour transférer des fonds.

Un ancien directeur tanzanien de la Fondation Al-Haramain, associé à Oussama ben Laden, a été mis en cause pour avoir servi de facilitateur dans les attentats du 7 août 1998 contre les ambassades des États-Unis à Dar es-Salaam et à Nairobi, qui ont fait plus de 200 morts.

Peu avant les attentats au Kenya et en Tanzanie, un ancien cadre de la Fondation Al-Haramayn (Tanzanie) a rencontré un autre conspirateur et l'a mis en garde contre toute divulgation d'information sur les préparatifs des attentats. Au même moment, quatre personnes agissant sous l'autorité d'un responsable de la Fondation Al-Haramain ont été arrêtées en Europe. Elles ont admis avoir d'étroits liens avec le Jihad islamique égyptien.

Wadih el-Hage, un des chefs de la cellule d'Al-Qaida en Afrique de l'Est, faisant également fonction de secrétaire personnel d'Oussama ben Laden, a visité les bureaux de la Fondation Al-Haramain au Kenya avant les attentats de 1998 contre les ambassades des États-Unis à Nairobi et à Dar es-Salaam. El-Hage avait les coordonnées d'un haut cadre de la Fondation Al-Haramain qui dirigeait le comité africain administrant les bureaux de la Fondation au Kenya et en Tanzanie.

Au début de 2003, des personnes affiliées à la Fondation Al-Haramayn (Tanzanie) ont évoqué l'état d'avancement des préparatifs en vue d'attentats contre plusieurs hôtels de Zanzibar. Les autorités locales ayant renforcé la sécurité, les attentats prévus n'ont pas eu lieu mais les préparatifs se sont poursuivis.

La Fondation Al-Haramayn (Tanzanie) a été dissoute en décembre 2003, non sans avoir transféré ses biens au profit d'autres organisations non gouvernementales existantes.