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17 mai 2022

Point de presse quotidien du Bureau du Porte-parole du Secrétaire général de l’ONU: 17 mai 2022

(La version française du Point de presse quotidien n’est pas un document officiel des Nations Unies)

Ci-dessous les principaux points évoqués par M. Stéphane Dujarric, Porte-parole de M. António Guterres, Secrétaire général de l’ONU:

Développement

Ce matin, le Secrétaire général est intervenu lors du débat du Conseil économique et social (ECOSOC) consacré aux activités opérationnelles de développement.  Il a déclaré que, dans un monde en crise, sauver les objectifs de développement durable (ODD) est plus important que jamais.

« Le monde est en feu et jusqu’à présent, la coopération internationale n’a pas été à la hauteur de ceux qui en ont le plus besoin », a-t-il déclaré, ajoutant que nous n’avons pas d’autre alternative que de continuer à pousser nos limites et intensifier nos efforts.

Le Secrétaire général a décrit cinq domaines nécessitant une attention urgente de la part des équipes de pays des Nations Unies.  Il s’agit de: veiller à ce que les équipes puissent accompagner les transitions des pays dans les domaines de l’énergie, des systèmes alimentaires et de la connectivité numérique; aider les gouvernements à élargir et à améliorer les partenariats; changer notre approche en matière de collaboration lorsque les défis humanitaires, de développement et de sécurité interagissent; et améliorer l’efficacité de nos opérations commerciales et renforcer la collaboration au niveau régional.

Il devait également participer, cet après-midi à 15 heure, à la cérémonie commémorative pour Madeleine Albright, ancienne Secrétaire d’État et Représentante permanente des États-Unis auprès des Nations Unies.

Climat

Demain, le Secrétaire général fera une annonce sur le climat, énonçant cinq actions urgentes et concrètes pour relancer la transition vers les énergies renouvelables.  Cela accompagnera le lancement du rapport sur l’état du climat mondial 2021 de l’Organisation météorologique mondiale (OMM). 

Libye

La Mission d’appui des Nations Unies en Libye (MANUL) a exprimé sa vive inquiétude suite aux affrontements armés de dimanche marqués par des tirs aveugles et l’utilisation présumée d’armes lourdes dans la zone de Janzour, un quartier densément peuplé de Tripoli.  La mobilisation actuelle des forces affiliées à différents groupes armés crée des tensions et augmente le risque d’affrontements qui pourraient dégénérer en conflits armés.

Selon la MANUL, de tels incidents soulignent une fois de plus la nécessité urgente de s’attaquer à la prolifération et à l’utilisation d’armes échappant au contrôle de l’État.  La Mission appelle tous les acteurs libyens à maintenir le calme sur le terrain en ce moment critique pour le pays.  La MANUL appelle également toutes les parties à faire preuve d’un maximum de retenue et à recourir au dialogue pour résoudre les questions litigieuses.  Elle rappelle à toutes les parties leurs obligations d’assurer la protection des civils et des infrastructures civiles, et de veiller au calme public.

Ukraine

Les agences humanitaires indiquent que les hostilités ont continué d’affecter gravement l’est et le sud de l’Ukraine au cours de la journée écoulée, faisant des victimes civiles et aggravant encore la crise humanitaire déjà désespérée.  La région de Louhansk, dans l’est, demeure l’épicentre des affrontements en cours.

Les autorités locales signalent que l’eau et l’électricité n’ont pas été disponibles depuis plus d’une semaine, car l’accès à ces zones pour les organisations humanitaires reste extrêmement limité.  Cela empêche également l’évacuation des civils à plus grande échelle.

L’accès à l’eau courante demeure un problème critique dans les zones non contrôlées par le Gouvernement dans la région de Donetsk, située dans l’est, les réserves d’eau ne devant durer que quelques semaines.

Les agences humanitaires notent que, tout en étant satisfaits de la reprise des évacuations à petite échelle dirigées par le Gouvernement depuis les zones durement touchées de l’est de l’Ukraine, les habitants de la région de Kherson, dans le sud, sont désormais confrontés à d’énormes difficultés pour se réinstaller dans des zones plus sûres.  Des informations indiquent que des civils attendraient depuis des jours sans succès de traverser la frontière administrative de cette région pour se rendre dans la région de Dnipropetrovsk située plus au centre du pays.

L’acheminement de l’aide humanitaire dans la région de Kherson est également difficile, laissant les civils dans des conditions désastreuses.  Les autorités locales préviennent que les médicaments pourraient s’épuiser dans deux semaines si un passage sûr pour l’acheminement de l’aide humanitaire n’est pas ouvert.

Pour rappel, les parties au conflit ont l’obligation, en vertu du droit international humanitaire, de protéger les civils et les infrastructures civiles et de veiller à ce que les civils puissent quitter en toute sécurité les zones touchées par le conflit dans la direction qu’ils souhaitent.  De nouvelles souffrances humaines ne peuvent être évitées que si les parties au conflit honorent ces obligations.

Malnutrition

Le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) a averti aujourd’hui qu’une combinaison de chocs mondiaux sur la sécurité alimentaire dans le monde -dus à la guerre en Ukraine, aux difficultés économiques en temps de relèvement postpandémique et aux conditions de sécheresse persistantes dans certains pays découlant des changements climatiques- crée les conditions conduisant à une augmentation significative des niveaux mondiaux de malnutrition sévère.

L’UNICEF a déclaré qu’à l’heure actuelle, au moins 10 millions d’enfants gravement amaigris n’ont pas accès au traitement le plus efficace contre l’émaciation, c’est-à-dire les aliments thérapeutiques prêts à l’emploi.  Dans le même temps, le prix des aliments thérapeutiques prêts à l’emploi devrait augmenter jusqu’à 16% au cours des six prochains mois en raison d’une forte augmentation du coût des matières premières.

Le Fonds note que si les niveaux de dépenses actuels n’augmentent pas, jusqu’à 600 000 enfants supplémentaires pourraient se retrouver sans accès à un traitement vital.  Les frais d’expédition et de livraison devraient également rester élevés.

Syrie

Hier, un convoi de l’ONU a traversé la ligne d’Alep pour se rendre dans le nord-ouest de la Syrie.  Organisé dans le cadre du plan interorganisations élargi pour le passage à travers les lignes de front, le convoi a acheminé de la nourriture pour 43 500 personnes dans le besoin dans le nord-ouest de la Syrie.  Il se composait de 14 camions transportant 13 200 colis alimentaires et sacs de farine de blé du Programme alimentaire mondial (PAM).

Il s’agit du quatrième convoi à passer les lignes de front dans le cadre du plan opérationnel interinstitutions de l’ONU.

Les conditions humanitaires se détériorent dans le nord-ouest en raison des hostilités en cours et de l’aggravation de la crise économique.  Environ 4,1 millions de personnes dépendent de l’aide pour subvenir à leurs besoins fondamentaux, dont 80% sont des femmes et des enfants.

Des missions qui opèrent à travers les lignes de front complètent l’opération transfrontalière, qui comprend 800 camions par mois livrant de la nourriture et d’autres secours vitaux à 2,4 millions d’hommes, de femmes et d’enfants.

Nous demandons instamment un meilleur accès à toutes les communautés en Syrie qui ont besoin d’aide humanitaire.

République démocratique du Congo

Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA) s’est déclaré préoccupé par l’insécurité persistante dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), notamment par les attaques perpétrées contre des sites accueillant des personnes déplacées, qui constituent de graves violations du droit international humanitaire.

Depuis le début de la semaine dernière, près de 100 civils ont été tués dans une série d’attaques dans la province de l’Ituri, dont des femmes et des enfants.

Dans la province, plus de 500 civils auraient été tués depuis le début de l’année.  Au moins 12 attaques contre des écoles et des hôpitaux ont également été signalées.

Plus de 165 000 personnes ont été déplacées par des attaques le mois dernier dans le territoire de Djugu.

De plus, l’insécurité affecte l’accès humanitaire et restreint les mouvements des équipes.  Elle retarde aussi la distribution de l’aide qui est pourtant si nécessaire.

Liban

Dans une déclaration publiée aujourd’hui, la Coordonnatrice spéciale des Nations Unies pour le Liban, Mme Joanna Wronecka, a félicité le Liban pour la tenue, dimanche, des élections législatives.

Elle a dit que les élections ne sont pas une fin mais plutôt un point de départ.  La Coordonnatrice spéciale a exhorté les dirigeants politiques libanais à faire passer les intérêts du pays en premier et à s’engager de manière constructive pour veiller à ce qu’il n’y ait pas de vide ni de paralysie dans la prise de décisions institutionnelles indispensables, en particulier grâce à la formation rapide d’un gouvernement axé sur les réformes.

Dans une déclaration publiée hier après-midi, le Secrétaire général a également félicité le Liban et a déclaré qu’il attend avec intérêt la formation rapide d’un gouvernement inclusif qui pourra finaliser l’accord avec le Fonds monétaire international (FMI) et accélérer la mise en œuvre des réformes nécessaires pour mettre le Liban sur la voie de la reprise. 

Journée mondiale des télécommunications et de la société de l’information

On célèbre aujourd’hui deux journées mondiales.  L’une est la Journée mondiale des télécommunications et de la société de l’information.  Le thème de cette année sensibilise au rôle important des télécommunications et des technologies de l’information et des communications pour aider les gens à rester en bonne santé, connectés et indépendants.

L’Union internationale des télécommunications espère encourager les initiatives visant à accélérer l’accès aux technologies numériques pour les personnes âgées, afin de contribuer à la Décennie des Nations Unies pour un vieillissement en bonne santé.

Journée internationale contre l’homophobie, la biphobie et la transphobie

Aujourd’hui, c’est aussi la Journée internationale contre l’homophobie, la biphobie et la transphobie.

Dans un message, le Secrétaire général a déclaré que, dans le monde entier, des millions de personnes de la communauté LGBTIQ+ continuent d’être victimes d’injustices, pour le simple fait d’être elles-mêmes ou d’aimer la personne de leur choix.

Il exprime sa profonde préoccupation face à la poursuite des violences, de la criminalisation, des discours de haine et du harcèlement à l’encontre des personnes LGBTIQ+, ainsi que les nouvelles tentatives visant à les exclure davantage de l’éducation, de l’emploi, des soins de santé, des sports et du logement. 

Le Secrétaire général a également noté que les personnes LGBTIQ+ font partie des groupes marginalisés qui sont les plus touchés par les nombreuses crises intercorrélées de notre monde, comme la pandémie de COVID-19, la crise climatique, les conflits en cours et les inégalités qui se creusent. 

Il a souligné que nous devons combattre la violence à l’encontre des personnes LGBTIQ+, interdire les pratiques nuisibles, dispenser protection et assistance aux victimes et mettre un terme aux persécutions, à la discrimination et à la criminalisation. 

Les chefs d’ONU-Femmes, du Bureau des droits de l’homme des Nations Unies, du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés et du Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP), entre autres responsables des Nations Unies, ont également publié des déclarations.

Invité du point de presse

Demain, le premier invité du point de presse sera M. Shantanu Mukherjee, Directeur de la Division de l’analyse économique et des politiques au Département des affaires économiques et sociales (DAES).  M. Hamid Rashid, auteur principal et Chef de la Direction de la surveillance économique mondiale du DAES, sera le deuxième invité.  Les deux responsables discuteront du lancement du Rapport sur la situation et les perspectives de l’économie mondiale, à la date de mi-2022.

Contribution financière

La République du Congo a réglé sa contribution au budget ordinaire, ce qui porte à 100 le nombre d’États Membres à jour de leurs cotisations.

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