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AG/12401
21 janvier 2022
Soixante-seizième session, 56e séance - matin & après-midi

Le Secrétaire général présente devant l’Assemblée générale ses « cinq priorités urgentes » pour éteindre « cinq foyers d’incendie » en 2022

Dans le contexte d’une pandémie de COVID-19 qui a dominé l’année 2021 et qui représente le plus grand défi d’envergure mondiale à relever collectivement depuis la création de l’ONU, le Secrétaire général António Guterres a présenté aujourd’hui devant l’Assemblée générale son rapport sur l’activité de l’Organisation et ses « cinq priorités urgentes » pour 2022, qui détermineront le sort des peuples et de la planète pour des décennies.

Appelant à « agir au lieu de se lamenter, le Secrétaire général a invité à passer en mode urgence pour: combattre la pandémie de COVID-19; réformer le système financier mondial et assurer une reprise équitable; lutter contre la crise climatique; placer l’humanité au centre du monde numérique et des technologies; et assurer une paix durable.  

« Nous devons éteindre ces cinq foyers d’incendie », a insisté le Secrétaire général en faisant remarquer que ces problèmes découlent des échecs de la gouvernance mondiale, parce que de nombreux cadres multilatéraux actuels ne sont plus adaptés.  Proposant de relever ces défis de gouvernance, il a rappelé que son rapport sur « Notre Programme commun » –qui renforce le Programme 2030 et les objectifs de développement durable– offre une feuille de route pour rassembler le monde, dans la solidarité.  Il a invité à relancer le « multilatéralisme », un appel repris par une grande partie des 25 délégations participant à la séance publique de l’après-midi, après un échange informel dans la matinée.

Plaidant pour gagner la bataille contre la COVID-19 et atteindre l’objectif de vacciner 70% de la population mondiale avant la mi-2022, M. Guterres a appelé à faire beaucoup plus pour préparer notre monde à la prochaine épidémie, en renforçant l’autorité de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).  Alors que les taux de vaccination dans les pays à revenu élevé sont sept fois plus élevés que dans les pays d’Afrique et sachant qu’à ce rythme, l’Afrique n’atteindra pas les 70% avant août 2024, il a réclamé une répartition plus équitable du 1,5 milliard de doses de vaccins produites chaque mois.

Le Président de la soixante-seizième session de l’Assemblée générale, M. Abdallah Shahid, a, justement, souligné la solidarité des États dans ce domaine.  Il s’est félicité qu’un total de 989 millions de doses de vaccin aient déjà été envoyées à 149 pays participants au Mécanisme COVAX.  Parmi les participants à ce débat, beaucoup, dont l’Arménie, ont reconnu la coopération et le soutien du système des Nations Unies dans la mise en route de ce mécanisme pour le déploiement des vaccins dans de nombreux pays.

La nécessité de réformer la finance mondiale, alors qu’elle est « en faillite morale parce qu’elle favorise les riches et pénalise les pauvres » selon les mots du Secrétaire général, a été soulignée par de nombreux intervenants.  Il faut, a résumé M. Guterres, un système fiscal mondial plus équitable, pour partager une partie de la richesse amassée par les milliardaires pendant la pandémie.  Il a également invité à s’attaquer aux flux financiers illicites, qui dérobent plus de 88 milliards de dollars par an rien qu’à l’Afrique.  

En ce qui concerne l’urgence climatique, qui a contraint 30 millions de personnes à fuir leur foyer en 2020, trois fois plus que les personnes déplacées par la guerre et la violence, il a rappelé l’impératif de réduire les émissions mondiales de CO2 de 45% d’ici à 2030.  « Plus aucune nouvelle centrale à charbon, plus aucune expansion de l’exploration pétrolière et gazière », a scandé le Secrétaire général en estimant que l’heure est venue pour une augmentation sans précédent des investissements dans les infrastructures d’énergies renouvelables.  Il a aussi exhorté les pays riches à honorer leur engagement de financer l’action climatique dans les pays en développement (100 milliards de dollars par an), dès 2022.  La Bolivie a rappelé à cet égard les « responsabilités communes, mais différenciées ».   

La perte de biodiversité a également été mentionnée par le Royaume-Uni qui a misé sur la COP15 à Kunming en espérant qu’elle débouchera sur un résultat ambitieux.  L’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN), région vulnérable à cause des changements climatiques, a dit pour sa part attendre avec impatience la convocation de la rencontre internationale « Stockholm+50: Une planète saine » qui doit avoir lieu en juin 2022.  

Placer l’humanité au centre du monde numérique a été le quatrième appel du Secrétaire général, soucieux de connecter en toute sécurité les 2,9 milliards de personnes qui sont encore privées d’accès à Internet.  Raccorder les écoles à Internet peut faire augmenter le PIB de 20%, a-t-il argué.  Il n’en a pas cependant oublié la face cachée -les risques d’exploitation des informations personnelles- et il a proposé l’établissement d’un pacte numérique mondial dans le cadre du Sommet sur l’avenir qui se tiendra en 2023.  Il a aussi proposé l’élaboration d’un code de conduite mondial visant à mettre fin à l’infodémie. 

Le dernier appel à l’urgence, mais pas le moindre, a été en faveur d’une paix durable.  Sachant que le monde connaît un nombre de conflits violents sans précédent depuis 1945, coïncidant avec un recul des droits humains, M. Guterres a appelé à revoir sérieusement les priorités et les ressources dans ce domaine et à renforcer les investissements dans la prévention et la consolidation de la paix.  L’Afrique du Sud a salué l’accent mis par le Secrétaire général sur les jeunes, l’importance de l’éducation et le rôle des femmes, pour notamment promouvoir la paix et prévenir les conflits. 

Le Japon, en tant que seul pays à avoir jamais subi des bombardements atomiques, a assuré ne vouloir ménager aucun effort pour parvenir à un résultat significatif vers un monde sans armes nucléaires.  L’Éthiopie, elle, a tenu à rappeler que la situation dans son pays est une affaire intérieure et que les Éthiopiens seront capables de préserver la paix et l’indépendance.  Le Liechtenstein a, pour sa part, dénoncé l’échec du Conseil de sécurité à adopter une résolution sur le climat et la sécurité.

L’Assemblée générale se réunira à nouveau lundi 24 janvier, à 10 heures, pour terminer ce débat.

RAPPORT DU SECRÉTAIRE GÉNÉRAL SUR L’ACTIVITÉ DE L’ORGANISATION (A/76/1)

Exposé du Secrétaire général sur ses priorités pour 2022

M. ABDALLAH SHAHID, Président de la soixante-seizième session de l’Assemblée générale, a rappelé que l’année 2021 a été marquée non seulement par des crises sanitaires et climatiques mais aussi par l’invincibilité de l’esprit humain et par des actes de gentillesse incroyables.   Le Président a également noté l’esprit de collaboration sur de nombreux fronts dans lequel nous envisageons l’année 2022.  M. Shahid a dit que, dans son rapport, le Secrétaire général expose des résultats concrets réalisés par notre Organisation dans les domaines du développement durable, de la sécurité, du développement de l’Afrique, des droits de la personne, de l’aide humanitaire, de la justice, du droit international, du désarmement, de la lutte contre la toxicomanie, de la criminalité, du terrorisme.  J’attends vos idées et vos réflexions sur ce rapport, a lancé le Président à l’Assemblée.

Il a estimé pour sa part que le rapport va dans le droit fil des « cinq lueurs d’espoir » de sa présidence pour ce qui est du relèvement post-COVID-19.  Les États Membres, a-t-il salué, ont contribué à fabriquer et distribuer les vaccins, plus de 989 millions de doses ayant été envoyées à 149 pays participants au Mécanisme COVAX à la date 12 janvier.  Il a aussi noté que l’ONU a permis à cinq millions de personnes de trouver un emploi ou de mieux gagner leur vie dans des pays affectés par des crises, notant aussi que les Nations Unies ont travaillé avec les gouvernements pour améliorer l’inclusion sociale et lutter contre la pauvreté.  L’ONU a assuré l’accès à une énergie propre abordable et fiable à 800 ménages dirigés par des femmes dans 16 pays, a ajouté le Président qui s’est également félicité de voir rétablir 344 millions d’hectares de terre et d’habitation maritime.  S’agissant des droits des personnes, il a fait valoir que l’ONU a aidé plus de 8 000 personnes victimes des formes contemporaines d’esclavage, dans 23 pays.  

En ce qui concerne la revitalisation des Nations Unies, les nouvelles structures de réformes dans le domaine du développement, de la paix, de la sécurité et de la gestion ont facilité une réponse souple et cohérente face à la pandémie, a poursuivi M. Shahid en se félicitant du gain de temps et d’argent.  Il a aussi mentionné la signature de la première déclaration de contrôle interne, qui a donné des garanties aux États Membres que les activités du Secrétariat prévues par les mandats sont réalisées d’une façon efficace et efficiente.

Pour le Président de l’Assemblée générale, ces résultats montrent que, malgré la pandémie, l’espoir existe; les communautés se développent et les sociétés continuent d’aspirer à un monde meilleur.  À ses yeux, le progrès et les résultats sont possibles étant donné la volonté politique des États Membres et le leadership du Secrétaire général, qui construit des ponts et met constamment l’accent sur la nécessité de placer « la dignité humaine au centre de notre travail et de notre bien commun ».  M. Shahid a promis à cet égard la coopération entre son bureau et le Secrétariat de l’ONU.  Il a terminé en annonçant la tenue du premier débat thématique informel pour le 10 et le 11 février. 

M. ANTÓNIO GUTERRES, Secrétaire général de l’ONU, a déclaré que nous n’avons aucune certitude actuellement, avec cette pandémie de COVID-19 qui continue de bouleverser nos vies et nos projets et de frustrer nos espoirs.  « Les inégalités se creusent, l’inflation augmente, la crise climatique, la pollution et la perte de biodiversité se déchaînent, des troubles politiques et des conflits féroces agitent le monde, et la méfiance entre les puissances mondiales atteint son paroxysme », a expliqué M. Guterres avant d’appeler à agir au lieu de se lamenter.

Il a estimé que tous ces problèmes traduisent les échecs de la gouvernance mondiale, parce que de nombreux cadres multilatéraux actuels sont dépassés et ne sont plus adaptés, dans les domaines allant de la santé mondiale au numérique.  Le Secrétaire général a dit vouloir commencer l’année en tirant la sonnette d’alarme dans cinq domaines: COVID-19, finance mondiale, action climatique, anarchie dans le cyberespace, et paix et sécurité.  « Les cinq foyers d’incendie qui brûlent dans le monde exigent que tous les pays se mobilisent pleinement », a-t-il lancé à l’Assemblée générale.  

« Premièrement, nous devons passer en mode d’urgence dans la bataille contre le COVID-19 », a-t-il dit en insistant sur la priorité absolue qui est d’arrêter la propagation du virus partout.  Mais il a prévenu que le virus ne doit pas servir de prétexte pour bafouer les droits humains, réduire l’espace civique et réprimer la liberté de la presse, avant de noter que les gouvernements ont imposé des restrictions disproportionnées qui pénalisent les pays en développement, parlant d’« apartheid du voyage ».  

Appelant à des actions fondées sur la science, le Secrétaire général a martelé que la science est claire et que les vaccins sauvent des vies.   Tout en saluant la stratégie de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) pour vacciner 70% de la population mondiale avant mi-2022, le Secrétaire général a regretté que nous soyons loin du compte puisque les taux de vaccination dans les pays à revenu élevé sont sept fois plus élevés que dans les pays d’Afrique et qu’à ce rythme, l’Afrique n’atteindra pas les 70% avant août 2024.  

Bien que 1,5 milliard de doses soient produites chaque par mois, le Secrétaire général a fustigé une répartition scandaleusement inégale.  Il a exhorté tous les pays et tous les fabricants à fournir en priorité des vaccins au Mécanisme COVAX, et les sociétés pharmaceutiques à partager plus rapidement les licences, le savoir-faire et la technologie.  Après avoir appelé à lutter contre le fléau de la désinformation sur les vaccins, M. Guterres a appelé à faire beaucoup plus pour préparer notre monde à la prochaine épidémie, en renforçant l’autorité de l’OMS.  

« Deuxièmement, nous devons passer en mode d’urgence pour réformer la finance mondiale », a dit le Secrétaire général en estimant que le système financier mondial est en faillite morale parce qu’il favorise les riches et pénalise les pauvres.  Il a souligné l’échec de ce système à garantir la stabilité, parce que les investissements déséquilibrés conduisent à une reprise déséquilibrée.  Illustrant son propos, M. Guterres a expliqué que les pays à faible revenu ont la croissance la plus lente qu’ils aient connue depuis une génération, sachant qu’en Afrique subsaharienne la croissance économique cumulée pour les cinq prochaines années pourrait être inférieure de 75% à celle du reste du monde.  Si nous n’agissons pas maintenant, a prévenu le Secrétaire général, une inflation record, une flambée des prix de l’énergie et des taux d’intérêt exorbitants pourraient entraîner de fréquents défauts de paiement de la dette en 2022, ce qui aurait des conséquences désastreuses pour les plus pauvres.   

Aux agences de notation, le Secrétaire général a demandé de rendre des comptes et d’agir en toute transparence.  Et il a fustigé le décalage entre l’économie réelle et l’économie financière.  « Depuis le début de la pandémie, je demande que le système financier mondial soit réformé, dans le cadre d’un processus inclusif et transparent, en vue de mieux répondre aux besoins des pays en développement », a-t-il insisté avant d’exhorter les gouvernements à adopter des budgets et des plans nationaux fondés sur les objectifs de développement durable (ODD).  

Il est nécessaire de revoir en profondeur les mécanismes chargés de la gouvernance financière mondiale, qui sont dominés par les économies les plus riches du monde, a-t-il recommandé en conseillant notamment de recourir à des indicateurs financiers autres que le produit intérieur brut, comme la vulnérabilité, le climat et les risques d’investissement.  Pour réformer l’architecture financière mondiale, le Secrétaire général a jugé nécessaire d’établir un cadre opérationnel d’allègement et de restructuration de la dette, ce qui implique de réaffecter les droits de tirage spéciaux aux pays qui ont un besoin urgent d’assistance.  

Cela implique de mettre en place un système fiscal mondial plus équitable, pour partager une partie des milliers de milliards amassés par les milliardaires pendant la pandémie, et de s’attaquer aux flux financiers illicites, qui dérobent plus de 88 milliards de dollars par an rien qu’à l’Afrique.  M. Guterres a annoncé qu’il continuera d’insister en 2022 pour que ces réformes fondamentales voient le jour, et qu’il fera appel au pouvoir de mobilisation de l’ONU afin de stimuler l’investissement en faveur des ODD.   

« Troisièmement, nous devons passer en mode “urgence” pour faire face à la crise climatique », a dit le Secrétaire général en expliquant que la bataille pour l’objectif de 1,5 degré sera gagnée ou perdue au cours de cette décennie.  Il a indiqué que la planète s’est déjà réchauffée d’environ 1,2 degré avec des conséquences dévastatrices, et que les chocs climatiques ont contraint 30 millions de personnes à fuir leur foyer en 2020.  « C’est trois fois plus que les personnes déplacées par la guerre et la violence. »   

« Si nous voulons atteindre la neutralité carbone au milieu du siècle, nous devons réduire les émissions mondiales de 45% d’ici à 2030 », a-t-il prévenu, regrettant que ces émissions soient au contraire prévues à la hausse -de près de 14%- au cours de cette décennie, au regard des engagements actuels.  « Plus aucune nouvelle centrale à charbon, plus aucune expansion de l’exploration pétrolière et gazière »! a scandé le Secrétaire général en estimant que l’heure est venue pour une augmentation sans précédent des investissements dans les infrastructures d’énergies renouvelables, qui doivent tripler et atteindre 5 000 milliards de dollars par an d’ici à 2030.  Il a aussi exhorté les pays riches à honorer leur engagement de financer l’action climatique dans les pays en développement à hauteur de 100 milliards de dollars par an, et ceci dès 2022.   

L’engagement pris à Glasgow de doubler le financement de l’adaptation –par rapport à son niveau de départ de 20 milliards de dollars– est une priorité urgente et constitue un premier pas important, mais même dans ce cadre nous serons loin derrière, a-t-il mis en garde.  Il a misé sur la COP27 en Égypte ainsi que les conférences à venir sur la biodiversité et les océans, d’autres occasions importantes de protéger notre planète.

Il a insisté sur l’urgence d’une meilleure gouvernance mondiale pour rétablir l’équité, sauver les ODD et respecter l’engagement que nous avons pris de défendre les droits égaux et inaliénables de tous les membres de la famille humaine.  

En quatrième point, le Secrétaire général a appelé à passer en mode d’urgence pour mettre l’humain au cœur de la technologie, un enjeu qui échappe presque totalement à la gouvernance mondiale.  « Nous devrions être les maîtres de la technologie et non ses esclaves », a-t-il dit avant de s’inquiéter d’un chaos qui envahit l’espace numérique et profite aux forces les plus destructrices en privant les gens ordinaires d’opportunités.  « Dans les pays où l’accès à une connexion haut débit est limité, le simple fait de raccorder les écoles à Internet peut faire augmenter le PIB de 20% », a alerté le Secrétaire général avant d’appeler à connecter en toute sécurité les 2,9 milliards de personnes qui sont encore privées d’accès à Internet.  Il a dit que le Sommet 2022 sur la transformation de l’éducation sera l’occasion de réduire la fracture numérique et de garantir des services Internet abordables, sûrs et sécurisés pour toutes et tous.  

M. Guterres s’est aussi inquiété des risques liés à l’exploitation de nos informations personnelles pour nous contrôler ou nous manipuler, pour nous priver de notre liberté de choix sans même que nous le sachions.  Pour remédier à ces problèmes, il a proposé l’établissement d’un Pacte numérique mondial dans le cadre du Sommet sur l’avenir qui se tiendra en 2023 et proposé l’élaboration d’un code de conduite mondial visant à mettre fin à l’infodémie et à la guerre menée contre la science, et à promouvoir l’intégrité de l’information publique, notamment en ligne.  Il a exhorté les États Membres à accélérer leurs efforts en vue d’interdire les armes létales autonomes et à commencer à réfléchir à l’établissement de cadres de gouvernance applicables aux biotechnologies et aux neurotechnologies.    

En cinquième point, le Secrétaire général a appelé à passer en mode « urgence » pour apporter la paix à un monde où elle se fait rare en notant que le nombre de conflits violents qui ont cours dans le monde est sans précédent depuis 1945 et que le recul des droits humains se poursuit.  Alors que la crise climatique alimente les conflits et exacerbe les crises humanitaires et que le terrorisme reste une menace constante, déstabilisant les pays les plus fragiles du monde, le Secrétaire général a assuré que la prévention des conflits est au centre de son projet de Nouvel agenda pour la paix.  Nous persévérerons dans nos efforts afin de prévenir les conflits, protéger les civils et consolider la paix, des Balkans occidentaux au Caucase, de la République centrafricaine à Chypre et à la République démocratique du Congo, de l’Iraq à la péninsule coréenne et au Liban, du Mozambique à la Somalie, du Soudan du Sud au Venezuela et au Sahara occidental, et partout ailleurs.   

« Ce monde est trop petit pour autant de points chauds », a-t-il prévenu avant d’appeler de ses vœux un Conseil de sécurité uni, pleinement engagé dans la résolution de ces problèmes.  Il a aussi demandé de renforcer les investissements dans la prévention et la consolidation de la paix.  

En conclusion, le Secrétaire général a indiqué que son rapport sur Notre Programme commun –qui renforce le Programme 2030 et les ODD– propose une feuille de route pour rassembler le monde, dans la solidarité, afin de relever ces défis de gouvernance et relancer le multilatéralisme pour le XXIe siècle.  « Ensemble, faisons de 2022 l’année qui verra l’avènement d’une nouvelle voie, plus porteuse d’espoir, plus équitable. »  

Débat

M. SOVANN KE (Cambodge), qui s’exprimait au nom de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN), a assuré que l’ASEAN continuera à travailler en étroite collaboration avec le Secrétaire général et tous les États Membres pour soutenir une relance globale et multisectorielle, dans le contexte des efforts visant à réaliser le Programme 2030.  Au milieu de la crise sanitaire mondiale actuelle, il a plaidé pour une réponse efficace, pour le renforcement du multilatéralisme vaccinal et pour l’accélération de la production des vaccins contre la COVID-19 ainsi que leur distribution équitable.  À ce stade, l’ASEAN va continuer à mettre en œuvre son cadre de relance global, qui sert de stratégie de sortie de la pandémie consolidée pour la région, a expliqué le représentant.  Alors que l’ASEAN soutient constamment le travail des Nations Unies dans la promotion d’une croissance économique soutenue et du développement durable, M. Ke a précisé que l’Association cherche à rendre tangible les avantages pour les peuples à travers l’ensemble de la région, sans laisser personne de côté.  Au titre des actions concrètes, il a parlé de l’initiative de complémentarité entre la Communauté de l’ASEAN Vision 2025 et le Programme 2030 de l’ONU.  Il a aussi mentionné le plan régional global et le partenariat économique pour une région hautement compétitive et intégrée, qui optimise l’utilisation des accords de libre-échange régionaux. 

Au chapitre « paix et sécurité », il a soutenu l’appel lancé par le Secrétaire général à un cessez-le-feu pendant la crise de COVID-19 et assuré que l’ASEAN soutient la cause de la paix et de la sécurité.  Il a réitéré son soutien pour les efforts en faveur de la sécurité des forces de maintien de la paix.  Pour ce qui est de la lutte contre les changements climatiques, le représentant a indiqué que l’ASEAN ne manquera jamais à son engagement de mettre en œuvre l’Accord de Paris, en tenant compte des circonstances nationales différentes.  L’ASEAN est une région vulnérable à cause des changements climatiques, a-t-il souligné avant de dire attendre avec impatience la convocation de la rencontre internationale « Stockholm+50: Une planète saine » qui doit avoir lieu en juin 2022.  Avant de conclure, le représentant a salué l’adoption par consensus de la résolution procédurale sur le rapport « Notre Programme commun » et a dit que l’ASEAN se tient prête à participer aux consultations constructives.

M. AMIR HAMZAH BIN MOHD NASIR (Malaisie) a souligné que la riposte à la pandémie de COVID-19, le maintien de l’ordre et de la sécurité internationale, la lutte contre les changements climatiques et la promotion des droits humains exigent des efforts collectifs et la solidarité.  Le rapport du Secrétaire général nous rappelle que le multilatéralisme est aujourd’hui plus indispensable que jamais, a-t-il relevé, assurant que son pays continuera de faire sa part pour préserver le multilatéralisme ainsi que la primauté et la crédibilité de l’ONU.  À l’instar du Secrétaire général, le représentant s’est inquiété de la persistance des divisions entre les principales puissances et des fragmentations au sein des États, insistant sur l’importance d’instaurer un cessez-le-feu mondial et de s’abstenir de prendre des mesures provocatrices susceptibles d’attiser les tensions.  Il a salué l’entrée en vigueur du Traité sur l’interdiction des armes nucléaires en janvier 2021, et a encouragé les États qui n’en sont par partie à accélérer leur ratification ou adhésion.

M. Mohd Nasir a par ailleurs appelé à placer les droits humains au centre des plans de réponse socioéconomique à la pandémie, précisant que la Malaisie s’est engagée à faire avancer le droit à la santé et aux soins pour les groupes marginalisés et vulnérables.  Il a également réclamé un accès abordable, accessible et équitable aux vaccins contre la COVID-19.  Une action urgente et collective s’impose par ailleurs pour faire face aux défis des changements climatiques, notamment ceux auxquels doivent faire face les pays les moins développés, les petits états insulaires en développement et les pays à revenu intermédiaire, a-t-il ajouté, soulignant en outre le rôle de chef de file qui revient aux pays développés en matière d’aide financière et de transfert de technologies.  Insistant en outre sur l’importance pour le Secrétariat de disposer de ressources adéquates, il a appelé les États Membres à honorer leurs obligations financières.

M. YASEEN LAGARDIEN (Afrique du sud) a regretté le fait que malgré l’optimisme suscité par le déploiement des vaccins, le monde reste confronté au défi de la pandémie de COVID-19.  Ne laisser personne de côté dans la distribution équitable des vaccins est une question de la plus haute importance, a souligné le représentant en plaidant pour un multilatéralisme revigoré, fondé sur l’idée fondamentale qu’aucun pays ne peut résoudre tout seul les problèmes du monde d’aujourd’hui.  Il a aussi souligné l’importance de la coopération internationale et de la solidarité face aux intérêts nationaux.  M. Lagardien a estimé que le rapport du Secrétaire général rappelle l’importance de la confiance en tant qu’ingrédient vital pour une gouvernance qui répond aux besoins des populations. 

L’ONU a été créée, entre autres, pour sauver les générations suivantes du fléau de la guerre, a-t-il ajouté appelant à des investissements dans la prévention et la consolidation de la paix.  Il faut réaffirmer notre engagement en faveur du désarmement nucléaire et de la non-prolifération, et mettre un terme aux tendances à la modernisation des armes de destruction massive, a-t-il réclamé.  Il a soutenu le renforcement des partenariats, notamment en renouvelant les synergies entre les priorités régionales telles que l’Agenda 2063 de l’Afrique et le Programme 2030.  Il a salué l’accent mis par le Secrétaire général sur les jeunes, l’importance de l’éducation, et le rôle des femmes pour promouvoir la paix et prévenir les conflits, le développement durable, les droits de l’homme et la protection de notre planète.  Le délégué a fait part de son impatience d’insuffler un nouveau souffle aux négociations intergouvernementales sur la réforme du Conseil de sécurité de l’ONU, poursuivre les efforts de revitalisation des travaux de l’Assemblée générale, renforcer le Conseil économique et social, et faire revivre l’architecture de consolidation de la paix.  

M. KIMIHIRO ISHIKANE (Japon) a estimé que l’ONU a besoin d’efforts supplémentaires pour communiquer ses priorités.  Il a abordé six domaines dans lesquels le Japon a l’intention de travailler en étroite collaboration avec l’Organisation tout au long de cette année, le premier étant la santé mondiale.  Le Japon continuera de soutenir les efforts de diffusion des vaccins contre la COVID-19 et de diriger l’effort international visant à parvenir à la couverture sanitaire universelle en vue de la Réunion de haut niveau sur ce sujet en 2023, a ajouté le représentant.  S’agissant du Programme 2030, M. Ishikane a invité à ne pas perdre de temps pour atteindre les 17 objectifs et 169 cibles des ODD.  Il s’est félicité de la référence spéciale au développement de l’Afrique dans le rapport du Secrétaire général et, en vue de la huitième Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l’Afrique cette année, s’est réjoui de travailler en étroite collaboration avec les coorganisateurs.  Le Japon, a ajouté le représentant, reste déterminé à traduire ses engagements climatiques pris lors de la COP26 en mesures concrètes, soutenant les efforts de décarbonisation et d’adaptation dans le monde entier.  Le Japon travaillera en étroite collaboration avec l’ONU pour accélérer la mise en œuvre du Cadre de Sendai pour la réduction des risques de catastrophe en vue de son examen à mi-parcours en 2023. 

Au chapitre « paix et sécurité », il s’est inquiété des tirs répétés de missiles balistiques effectués ces dernières semaines par la Corée du Nord, en violation flagrante des résolutions pertinentes du Conseil de sécurité, et a dit vouloir travailler en étroite collaboration avec l’ONU pour atteindre l’objectif de parvenir à un démantèlement complet, vérifiable et irréversible des armes de destruction massive et des missiles balistiques de toutes les portées de la Corée du Nord.  En tant que membre actif de la Commission de consolidation de la paix, le Japon engagera de nouvelles discussions pour maintenir la paix en mettant l’accent sur la promotion des institutions et le renforcement des capacités, a-t-il poursuivi.  Nous continuerons de contribuer au renforcement des capacités des opérations de maintien de la paix par le biais du Programme de partenariat triangulaire, a-t-il ajouté en espérant que la dixième Conférence d’examen du TNP aura lieu le plus rapidement possible.  « En tant que seul pays à avoir jamais subi des bombardements atomiques, le Japon ne ménagera aucun effort pour parvenir à un résultat significatif et demander à tous les États parties de contribuer à l’objectif commun de réaliser un monde sans armes nucléaires. » 

Le représentant a ensuite plaidé pour le respect des valeurs universelles, telles que les droits de l’homme, la liberté, la démocratie et l’état de droit.  Le Japon, a-t-il dit, soutiendra les travaux de l’ONU visant à aider les États Membres à renforcer leur capacité à défendre ces valeurs universelles, dont l’égalité des sexes, un domaine prioritaire.  Le représentant a aussi demandé d’investir davantage pour la sécurité humaine.  Enfin, il a demandé que soit mise en place la réforme du Conseil de sécurité: « c’est maintenant ou jamais ».  Il a espéré que le Secrétaire général pourrait tirer parti de l’élan pris pour réaliser des progrès tangibles d’ici à la fin de la présente session. 

Mme ALBANA DAUTLLARI (Albanie) a souligné que face à la COVID-19, une vaccination sûre et effective peut renforcer les systèmes de santé, estimant en outre que la préparation internationale aux futures pandémies doit rester une priorité.  Elle a partagé les préoccupations énoncées dans « Notre Programme commun » et a par ailleurs appelé à intégrer le pilier des droits humains aux piliers développement et paix et sécurité de la plateforme de prévention du Secrétaire général.  La représentante a fait savoir que l’Albanie a adopté une déclaration d’engagement à faire du Programme pour les femmes et la paix et la sécurité une priorité durant sa présidence du Conseil de sécurité.  Nous appuyons aussi toutes les propositions favorables aux jeunes, a-t-elle ajouté, précisant que l’Albanie a une des populations les plus jeunes d’Europe.

Mme PASCALE CHRISTINE BAERISWYL (Suisse) a exprimé son plein soutien au Secrétaire général et salué le nouveau format « innovant, très lisible, clair et bien structuré » de son rapport.  Exprimant le soutien concret que la Suisse apporte aux priorités du Secrétaire général, elle a signalé que son pays a contribué avec plus d’un milliard au redressement de la COVID-19 et qu’il continue de s’engager en faveur des pays les plus touchés pour surmonter les impacts négatifs de la pandémie.  La Suisse soutient aussi les efforts de lutte contre les changements climatiques sous tous ses aspects, a poursuivi la représentante en mentionnant une feuille de route claire pour une sortie durable de la crise actuelle.  Elle a dit être convaincue qu’il est plus important que jamais de se reconcentrer sur le Programme 2030, en s’appuyant sur la digitalisation et l’évolution rapide des technologies.  La Suisse s’engagera activement dans le processus de « Notre Programme commun », a-t-elle ajouté.  Concernant la paix et la sécurité ainsi que les droits humains, elle a dit combien bâtir la paix de manière durable continuera à être au centre de l’engagement international de son pays et encore plus en vue de sa candidature pour le Conseil de sécurité en 2023-2024. 

La représentante s’est dite également honorée de pouvoir offrir -avec la Genève internationale– une plateforme de dialogue à la communauté internationale.  Les priorités traditionnelles de son pays demeurent le respect du droit international humanitaire, la prévention des conflits et la consolidation de la paix – en impliquant femmes et hommes de façon égalitaire.  La Suisse entend contribuer avec son expertise aux discussions sur un « nouvel agenda pour la paix », a-t-elle ajouté avant de féliciter le Secrétaire général pour les efforts déployés au travers de l’Appel à l’action en faveur des droits de l’homme, dont sept domaines spécifiques sont représentés au sein du programme commun.  Nous continuerons à nous engager pour que les droits de l’homme restent au centre du travail de l’ONU, a-t-elle aussi assuré avant de rappeler l’importance d’écouter les jeunes pour prendre leurs soucis et idées au sérieux et ainsi investir dans l’avenir du multilatéralisme.

M. JAMES KARIUKI (Royaume-Uni) a déclaré que l’ONU est confrontée à trois principaux défis, à savoir la riposte à la pandémie, le relèvement durable et le renouvellement du multilatéralisme.  En ce qui concerne la COVID-19, il a appelé à redoubler d’efforts pour parvenir à une vaccination mondiale équitable, renforcer les systèmes de santé et prendre des mesures en vue d’un accord mondial pour prévenir de futures pandémies. 

S’agissant du climat, et dans la perspective de la COP27, il a appelé à maintenir l’élan en matière d’atténuation et accélérer l’action internationale en matière de financement et d’adaptation qui demeurent critiques pour de nombreux pays vulnérables au climat.  Il a également fait part de l’engagement de son gouvernement à inverser la perte de biodiversité, et espéré que la COP15 à Kunming débouchera sur un résultat ambitieux.  Le représentant a par ailleurs souligné que les femmes et les filles doivent être à l’avant-garde de la reprise mondiale.

M. CHRISTIAN WENAWESER (Liechtenstein) a déclaré que les réponses aux crises mondiales les plus urgentes, la pandémie en premier lieu, doivent être fondées sur la solidarité internationale, sous-tendue par une perspective des droits humains et guidée par un engagement à réduire les inégalités.  Malheureusement, la pandémie a démontré que nous allons dans la mauvaise direction dans certains domaines clefs, a déploré M. Wenaweser, évoquant notamment l’incapacité d’assurer une distribution mondiale équitable des vaccins.  Il s’est félicité des efforts en cours pour assurer la continuité des activités au Siège de l’ONU malgré la situation volatile liée à la COVID-19 et a souhaité voir à l’avenir, un accès sûr de la société civile aux locaux de l’ONU qui, a-t-il ajouté, doit accroître la participation significative de la société civile à ses travaux.

Poursuivant, M. Wenaweser a appelé à considérer les ODD de manière holistique, plutôt que d’adopter une approche fragmentaire dans leur mise en œuvre, afin de pouvoir exploiter tout leur potentiel.  Il s’est inquiété du manque de confiance dans les institutions nationales, notant que celle-ci ne pourra être rétablie qu’en renforçant la participation et la reddition de comptes, « ce qui est souvent laborieux et nécessite un effort collectif de taille ».  Le représentant a ensuite dénoncé l’échec du Conseil de sécurité à adopter une résolution sur le climat et la sécurité et souligné que l’Assemblée générale a le mandat et la responsabilité de s’occuper des questions de paix et de sécurité lorsque le Conseil de sécurité s’en montre incapable.

M. OSAMA MAHMOUD ABDELKHALEK MAHMOUD (Égypte) a déclaré que la riposte à la COVID-19 nécessite de renouveler le multilatéralisme.  La lutte contre la pauvreté et le maintien de la paix et de la stabilité nécessitent aussi de renforcer la coopération internationale.  Il a appelé à assurer la disponibilité et la distribution équitable de vaccins dans tous les pays du monde, insistant en outre sur l’importance du transfert de cette technologie aux pays en voie de développement.  Il a indiqué qu’en sa capacité de pays hôte de la COP27, l’Égypte travaille en étroite collaboration avec le Royaume-Uni pour maintenir l’élan de la Conférence de Glasgow, notamment en matière de mise en œuvre des mesures d’atténuation et d’adaptation.  

S’agissant des droits humains, M. Mahmoud a noté que la pandémie de COVID-19 a accentué la vulnérabilité des droits économiques et au développement et à la santé, ainsi que la ségrégation raciale, la désinformation, les discours de haine et l’extrémisme.  M. Mahmoud a aussi souligné l’importance de la Conférence sur la création au Moyen-Orient d’une zone exempte d’armes nucléaires et d’autres armes de destruction massive.

M. DIEGO PARY RODRÍGUEZ (Bolivie) a jugé impératif, en période de pandémie, d’œuvrer à la libération des brevets et de lever d’autres restrictions afin d’assurer un accès équitable aux médicaments et notamment aux vaccins.  Il a estimé que la vie et la santé ne peuvent continuer à être des instruments de profit.  Le représentant s’est particulièrement inquiété des conséquences des changements climatiques qui exacerbent la pauvreté et les inégalités en affectant le rendement des cultures et la disponibilité des ressources en eau et en nourriture.  « Nous sommes convaincus que si nous voulons sauver notre Terre Mère et augmenter la résilience de communautés, nous devons travailler pour renforcer la mise en œuvre de la Convention et de l’Accord de Paris, et non réinterpréter leur contenu ou affaiblir les accords déjà atteints », a déclaré le représentant en appelant à assurer la mise en œuvre complète et effective des principes d’équité et de responsabilités communes, mais différenciées.  

M. Pary Rodríguez a souligné que les populations vulnérables, dont les femmes, les filles et les populations autochtones, ont été touchées de manière disproportionnée par la crise sanitaire et humanitaire et ses graves effets économiques et sociaux.  Par conséquent, il a mis l’accent sur l’urgence de créer des systèmes solides de protection sociale et de santé, en particulier pour garantir le droit à l’éducation.   Enfin, le délégué s’est dit conscient que la Décennie d’action est de nature à nous permettre d’atteindre les objectifs de développement durable à travers une stratégie réaliste.  Avant de conclure, il a appelé l’ONU à mettre l’accent sur l’investissement dans les industries vertes et durables, sur la réduction des inégalités et de l’exclusion, sur la promotion de l’égalité entre les genres et sur la prévention des conflits.

M. ANDREAS HADJICHRYSANTHOU (Chypre) s’est inquiété du creusement du clivage entre l’Est et l’Ouest, alertant du risque de voir émerger un système mondial fragmenté.  La polarisation géopolitique illustre à quel point la règle du plus fort n’a pas été atténuée par une approche coopérative au niveau mondial, a estimé le représentant pour qui le multilatéralisme demeure néanmoins le meilleur cadre pour un système international de sécurité collective.  Le représentant a ensuite espéré que le Secrétaire général sera en mesure de nommer dès que possible un envoyé pour faciliter la reprise du processus de paix à Chypre.

Alertant du « gouffre dangereux » que crée la concentration des richesses entre les mains de quelques-uns, M. Hadjichrysanthou a appelé à concevoir davantage et de meilleurs égaliseurs, appelant notamment à tenir compte de la situation des femmes.  Il s’est inquiété des menaces que font peser les changements climatiques sur la paix et la sécurité, relevant que l’incapacité à partager le fardeau des flux migratoires soulève des questions quant à la manière dont les déplacements massifs de personnes dus aux changements climatiques sera traitée.

Le délégué a par ailleurs recommandé de synchroniser l’énoncé des priorités, la publication du rapport sur l’activité de l’Organisation et les discussions sur l’état de l’Organisation au début de chaque année civile.  Il a aussi conseillé de décaler les sessions de l’Assemblée générale pour qu’elles coïncident avec les années civiles, « afin de discuter où nous en sommes et où nous voulons aller au début de la session et faire le point pendant la semaine de haut niveau vers la fin de la session ».

Mme MARÍA DEL CARMEN SQUEFF (Argentine) a salué le travail fait par l’ONU pendant l’année écoulée en dépit de la crise sanitaire liée à la pandémie.  Elle a appelé à renforcer les engagements envers le multilatéralisme et à assurer un accès équitable pour tous aux vaccins contre la COVID-19.  Une bonne partie des pays à revenu faible et intermédiaire ont été plus vulnérables aux impacts de la pandémie et cherchent toujours un équilibre, a-t-elle fait remarquer, notant que leur surendettement les empêche d’avancer dans la réalisation du Programme 2030.  La représentante a salué le fait que le Secrétaire général ait mis les droits humains au cœur de son action et a fait savoir que l’Argentine attache une attention particulière au respect des droits des femmes, passant en revue les différentes enceintes internationales dans lesquelles elle œuvre en ce sens.  Après avoir appelé la communauté internationale à lutter contre le creusement des inégalités, la représentante a regretté le report, du fait de la pandémie, de la Conférence d’examen des parties au Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires et a demandé au Secrétariat de faire son possible pour qu’elle puisse avoir lieu en 2022.

M. CRISTIAN ESPINOSA CAÑIZARES (Équateur) a indiqué qu’un grand nombre des priorités du Secrétaire général coïncide avec la politique étrangère du Président Guillermo Lasso, citant notamment la riposte à la pandémie de COVID-19.  Ces efforts devraient être renouvelés pour éradiquer la pauvreté, les inégalités, les changements climatiques, renforcer les droits humains, la paix et la sécurité internationales.  Si le Programme 2030 n’est pas atteint, ce sera une nouvelle déception pour le multilatéralisme, a prévenu le représentant.  

Après avoir informé que l’Équateur est candidat au Conseil de sécurité pour la période 2022-2023, le représentant a appelé à une meilleure coopération pour lutter contre la criminalité organisée, le terrorisme et le trafic de stupéfiants au niveau international.  S’agissant des changements climatiques et de la biodiversité, les efforts d’adaptation et d’atténuation doivent être renforcés, à commencer par l’élimination des subventions des énergies fossiles et l’investissement dans les énergies renouvelables.  Il faut aussi respecter le principe de la responsabilité commune, mais différenciée, a-t-il ajouté, appelant les pays développés à tenir leurs engagements, notamment en matière de financement, de création de capacités et de transfert de technologies vers les pays en développement.  Il faut en outre prêter davantage attention à la question des vulnérabilités spécifiques des pays à revenus intermédiaires et inférieurs, notamment grâce au recours à l’indice de vulnérabilité multidimensionnelle.  

M. MD MONWAR HOSSAIN (Bangladesh) a déclaré que la variante omicron a porté un terrible coup aux efforts de reconstruction mais aussi à la réalisation des ODD.  Il a appelé à réduire le « terrible fossé » de l’accès vaccinal en garantissant à tous un accès abordable aux vaccins partout dans le monde.  L’objectif de vacciner 70% de la population mondiale d’ici à la mi-2022 doit être une priorité absolue, a-t-il affirmé.  Alors que la moitié des étudiants et élèves du monde sont touchés par des fermetures partielles ou totales des écoles, le représentant a souligné les difficultés des pays en développement, notamment les pays les moins avancés (PMA) à disposer des technologies nécessaires à l’éducation en ligne.  C’est pourquoi l’éducation en ligne doit être considérée comme un bien public, a-t-il affirmé, invitant ensuit à assurer le succès de la cinquième Conférence des Nations Unies sur les pays les moins avancés.  Enfin, rappelant que son pays a accueilli un million de Rohingya qui ont fui le Myanmar, le représentant du Bangladesh s’est inquiété de l’absence de progrès dans cette crise.

M. PAHALA RALLAGE SANATHANA SUGEESHWARA GUNARATNA (Sri Lanka) a relevé que la sécurisation de la santé publique oriente les réponses politiques vers des solutions militaires, des quarantaines et des contrôles aux frontières qui ne sont pas propices à la fourniture de réponses durables à la santé des communautés et a appelé à identifier une politique de santé mondiale qui ait la capacité de répondre à ces préoccupations.  Il a salué la création et l’opérationnalisation de l’Accélérateur ACT et du Mécanisme COVAX, soulignant que l’équité vaccinale est essentielle pour surmonter la pandémie.  Il a appelé à promouvoir une croissance et un développement économiques durables grâce à des partenariats et à la coopération. 

Le représentant a également appelé à doter le pilier développement de ressources suffisantes provenant du budget ordinaire de l’ONU, sans aucune réserve, à intensifier les efforts de financement du développement et à tenir compte des défis spécifiques de chaque pays.  Des ressources doivent en outre être mises à disposition pour appuyer les efforts de relance, en particulier dans les secteurs les plus durement touchés, tels que le tourisme.  Partisan d’un relèvement « plus vert et plus propre », M. Gunaratna a également estimé que les changements climatiques doivent être considérés comme une question liée aux droits humains.

M. MHER MARGARYAN (Arménie) a salué d’emblée la coopération et le soutien du système des Nations Unies pour le développement dans la mise en route du Mécanisme COVAX pour assurer le déploiement des vaccins dans de nombreux pays, dont l’Arménie.  Un multilatéralisme efficace et responsable avec l’ONU en son centre est crucial pour répondre aux aspirations des peuples à reconstruire un monde meilleur, a-t-il affirmé, ajoutant que le Programme 2030 reste un cadre global pour y parvenir mais qu’il faut redoubler d’efforts dans la réalisation des objectifs de développement durable.  

Concernant le maintien de la paix et de la sécurité internationales, l’appel du Secrétaire général à un cessez-le-feu mondial immédiat était une initiative cruciale pour permettre l’accès et l’assistance humanitaires aux plus vulnérables, a-t-il rappelé, en citant particulier ceux qui sont piégés dans des conflits et des crises.  Malheureusement, a déclaré le représentant, l’appui écrasant de la communauté internationale à cette initiative opportune ne s’est pas traduit par la cessation des hostilités aux quatre coins du monde.  Au contraire, a-t-il poursuivi, dans notre région, nous avons été confrontés à une agression brutale contre le Haut-Karabakh à l’automne 2020, qui a dévasté des communautés entières, provoquant de nombreux morts, des milliers de déplacés, la destruction d’infrastructures cruciales et une crise humanitaire majeure.  Le délégué a déploré que l’obstruction et la politisation de l’accès humanitaire au Haut-Karabakh aient jusqu’à présent empêché la fourniture d’une assistance complète des Nations Unies aux personnes touchées.

Alors que la pandémie a exacerbé les divisions, les tensions et les inégalités structurelles, entraînant la montée des discours de haine, de la xénophobie, des violations des droits humains et des conflits, le représentant a noté que, parmi les nouvelles tendances, figurent la déformation et la manipulation du droit international pour justifier l’usage brutal de la force, les crimes et atrocités motivés par la haine de l’identité, l’emploi de terroristes et de mercenaires pour supprimer le droit inaliénable à l’autodétermination et les tentatives d’isolement des populations déchirées par la guerre.  Les défis au multilatéralisme soulignent l’importance du rôle renforcé de l’ONU en tant que gardienne du droit international et de ses valeurs fondamentales, a-t-il souligné.  Saluant le nouvel Agenda pour la paix du Secrétaire général, qui met fortement l’accent sur la prévention, il a noté qu’il met aussi en évidence le rôle des accords régionaux.  Dans ce contexte, il a dit apprécier le soutien constant du Secrétaire général et de l’ONU au rôle central du format mandaté au niveau international par le Groupe de Minsk de l’OSCE dans la promotion d’un règlement global et durable du conflit du Haut-Karabakh.

M. MOHAMMAD KURNIADI KOBA (Indonésie) a remercié le Secrétaire général pour avoir guidé l’ONU dans les périodes les plus troubles de son histoire et alors que le monde était aux prises avec la récession, la pandémie, la crise humanitaire, les changements climatiques et les crises politiques.  Prenant note du rapport de M. Guterres, le représentant a dit qu’en 2022, il faut mettre l’accent sur la transition durable et le maintien de la paix et de la sécurité internationales.  Il a ajouté en outre que l’Indonésie est attachée à la sûreté des Casques bleus qui travaillent dans des circonstances de plus en plus difficiles.

La préparation aux risques de catastrophes figure aussi sur la liste des priorités de l’Indonésie, a annoncé M. Koba annonçant la tenue en mai 2022 du Forum pour la réduction des risques de catastrophe dans son pays dont le thème est la gestion des risques et la résilience pour le développement durable.  Le représentant a, par ailleurs, réitéré son appui à la cause palestinienne et réaffirmé le droit inaliénable des Palestiniens à exercer leur droit à l’autodétermination. 

M. FERNANDO DE LA MORA SALCEDO (Mexique) a regretté les pratiques de certaines industries pharmaceutiques qui privilégient l’appât du gain à la vie humaine.  Il a estimé que la réussite d’un nouveau programme de la paix exige une prise de conscience de l’impact des changements climatiques, du manque d’état de droit et de l’abus des droits humains sur les causes des conflits.  Alors que la pandémie de COVID-19 a fait plonger 124 millions de personnes dans la pauvreté, le représentant a exhorté l’ONU à entendre les attentes des populations les plus vulnérables. 

S’agissant de la promotion de la parité entre les genres, il a cité en exemple Le Forum Génération Égalité lancé à Mexico en mars 2021, un rassemblement mondial intergénérationnel et intersectoriel pour l’égalité entre les femmes et les hommes, organisé par ONU-Femmes et coprésidé par les Gouvernements du Mexique et de la France, en partenariat avec la société civile.  Il a expliqué que ce forum a su recenser les attentes des intéressées et mobiliser 40 millions de dollars en faveur des femmes et des filles.  « L’ONU peut faire mieux », a dit le représentant du Mexique en estimant que la promotion d’un multilatéralisme plus effectif est le meilleur moyen de répondre aux besoins des plus démunis.  

M. BASSAM SABBAGH (République arabe syrienne) a appelé à tirer les leçons de la pandémie afin de constituer un pilier politique pour préparer la communauté internationale à mieux gérer de futures catastrophes sanitaires.  Il a regretté que le rapport du Secrétaire général omette de signaler le rôle des mesures unilatérales imposées par certains États Membres et leurs répercussions sur le développement et les services de base dans les pays visés.  En Syrie, il est impératif de lever le blocus économique « injuste » imposé par les États-Unis et l’Union européenne, a exigé le représentant en expliquant que cela entrave le relèvement rapide du conflit, le développement et la garantie d’un retour en toute sécurité des réfugiés syriens.  Il a également dénoncé les atteintes à la souveraineté nationale et à l’intégrité territoriale qui visent à semer le chaos, pointant notamment la situation dans le Golan syrien occupé par Israël, ou encore par la présence illégale des forces d’occupation américaine et turque en Syrie.

Notant que le rapport du Secrétaire général fait également référence aux questions de crime organisé et de terrorisme en citant de nombreux foyers de terrorisme dans le monde, le représentant s’est dit surpris qu’il n’y soit pas fait mention des organisations terroristes toujours présentes au Moyen-Orient et en Syrie, notamment Daech, le Front el-Nosra et d’autres.  Le représentant a également appelé à traiter du problème des combattants terroristes étrangers et de leurs familles, en particulier ceux qui se trouvent actuellement dans le camp de Hol en Syrie.  

M. MUNIR AKRAM (Pakistan) a prévenu de la possibilité d’un génocide à l’encontre des musulmans dans la région de Jammu-et-Cachemire, dénonçant les « tentatives flagrantes » de l’Inde d’imposer un « régime extrémiste » qui appelle la « solution finale ».  La tentative d’annexion, par l’Inde, du Jammu-et-Cachemire occupé et de le transformer en un territoire à majorité hindoue est une grave violation de la Charte des Nations Unies et des résolutions du Conseil de sécurité, a accusé le représentant qui a ensuite indiqué que ce jour marque l’anniversaire du massacre de Gaw Kadal du 21 janvier 1990 au cours duquel les forces d’occupation indiennes ont massacré brutalement au moins 52 manifestants pacifiques.  

Cette année encore, a-t-il poursuivi, des centaines de Cachemiris ont été tués, des milliers de garçons ont été enlevés et certains d’entre eux torturés, et des villages et quartiers entiers ont été brûlés en guise de punition collective.  Mais le monde commence à prêter attention, a-t-il affirmé, se félicitant notamment des travaux du tribunal Russell sur le Cachemire, le mois dernier à Sarajevo.  La « dispute » du Jammu-et-Cachemire doit être résolue d’urgence, a-t-il insisté, exhortant le Conseil de sécurité et le Secrétaire général à promouvoir une résolution pacifique du conflit.  Le représentant a ensuite dénoncé la campagne Hindutva qui, selon lui, appelle au génocide des musulmans en Inde et a appelé le Secrétaire général à prendre des mesures décisives pour prévenir ce danger et lutter contre l’islamophobie.

M. PAVEL EVSEENKO (Bélarus) s’est félicité de l’action rapide prise par les Nations Unies dans les domaines sanitaire, humanitaire et socioéconomique grâce à la mobilisation constante de ressources pour trouver les moyens de se remettre de la pandémie tout en mettant en œuvre les ODD.  Rappelant que son pays est candidat à un siège de membre non permanent du Conseil de sécurité, il a particulièrement salué l’adoption par consensus d’une résolution sur la population, la sécurité alimentaire, la nutrition et le développement.  Préoccupé par les impacts négatifs de la pandémie de COVID-19, il a appelé à redoubler d’efforts pour réduire les inégalités dans le monde et faire avancer les ODD.  Dans cet esprit, il s’est félicité de la création d’une nouvelle plateforme pour les investisseurs dans les ODD, qui aidera à mobiliser des capitaux cruciaux du secteur privé.  Il a ensuite mis en lumière et exprimé son soutien à diverses activités de l’ONU dans les domaines du maintien et de la consolidation de la paix, de l'appui aux États qui luttent contre le terrorisme et de l’élimination des menaces potentielles liées à l’utilisation des technologies de l’information et des communications (TIC).

Tout en saluant les efforts des Nations Unies et d’autres partenaires pour juguler la pandémie de COVID-19, M. DESIRE WULFRAN G. IPO (Côte d’Ivoire) a fait part de ses préoccupations par rapport aux inégalités persistantes aggravées par cette crise sanitaire.  En effet, l’apparition de nouveaux variants encore plus contagieux et dangereux du virus nous interpelle sur la nécessité de parvenir à une équité vaccinale en vue de sauver des vies et de nous remettre de la pandémie, a-t-il déclaré en faisant siens les appels du Secrétaire général à faire du vaccin contre la COVID-19, « un bien commun » accessible partout et à tous, avec une attention particulière pour le continent africain.  Par ailleurs, la pandémie impacte négativement les avancées enregistrées dans la mise en œuvre des programmes de développement durable -Programme 2030 des Nations Unies et Agenda 2063 de l’Union Africaine-, a poursuivi le représentant.  Il a regretté que les défis interconnectés que les Nations Unies s’attellent à relever, notamment le terrorisme, la pauvreté, le financement du développement et les effets des changements climatiques, n’en soient devenus que plus complexes.  La dégradation et la restauration des terres est une autre question qui préoccupe la Côte d’Ivoire, a indiqué le représentant ajoutant que son pays fonde beaucoup d’espoir sur la tenue de la quinzième Conférence des Parties à la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification (COP15) qu’il se réjouit d’accueillir en mai prochain.  

Face à ces urgences qu’aucun État ne saurait résoudre seul, il revient aux États Membres d’adopter une approche globale, dans le cadre d’un multilatéralisme inclusif et revigoré dont les Nations Unies constituent la pierre angulaire, a conclu M. Ipo.  À cet égard, il a mis en exergue le programme commun du Secrétaire général, comme une feuille de route permettant la mise en œuvre diligente des programmes d’action afin de redonner de l’espoir à l’humanité.

M. TAYE ATSKE-SELASSIE AMDE (Éthiopie) s’est particulièrement inquiété de la situation politique et sécuritaire en Afrique marquée par des renversements de gouvernements, des agressions, des interventions dans des pays souverains, des nouvelles ruées vers les ressources naturelles.  Il a dit sa confiance en une ONU réformée adaptée à son époque et en un personnel de l’ONU qui travaille en respectant les normes les plus élevées d’efficacité, de compétence et d’intégrité.  Le représentant a fait remarquer que la pandémie de COVID-19 a révélé les failles fondamentales de notre système mondial, avec des mesures coercitives unilatérales qui ont fortement entravé la capacité des pays à lutter contre la pandémie.  Il a particulièrement apprécié l’accent mis sur les changements climatiques, avant de rappeler que la Corne de l’Afrique, qui vient de se remettre des conséquences d’une invasion dévastatrice de criquets pèlerins, est maintenant confrontée à une grave sécheresse.  Il a jugé indispensable que la communauté internationale aide les pays africains à utiliser leurs ressources naturelles au profit de leur population.

S’agissant des troubles auxquels fait face l’Éthiopie, il a rappelé que la situation qui règne dans son pays est une affaire intérieure.  Il a assuré que les Éthiopiens seront capables de préserver l’indépendance, la paix et la prospérité de leur pays.  À cet égard, le représentant a particulièrement salué l’approche du Secrétaire général appelant à respecter l’intégrité et le rôle de l’organisation régionale, l’Union africaine.

M. PAVEL EVSEENKO (République populaire démocratique lao) a salué le Secrétaire général et l’ONU pour les succès obtenus jusqu’ici et ce face aux difficultés, en particulier le déséquilibre dans le financement de la lutte et du relèvement après la pandémie.  Pour le représentant, de nombreuses cibles du Programme 2030 ne seront pas atteintes sans un financement adéquat.  Il faut en faire davantage pour aider ceux qui sont les plus vulnérables, a-t-il insisté.  En ce qui concerne les vaccins, le Gouvernement lao espère pouvoir vacciner 70% de sa population dans la première moitié de 2022.  

S’agissant de la recommandation qui a été faite de sortir son pays de la catégorie des PMA d’ici à 2026, le représentant a dit qu’il reste encore beaucoup à faire pour que ce changement de catégorie se fasse en douceur et soit irréversible.  Le Gouvernement est en train de formuler sa stratégie de changement de catégorie dans laquelle la lutte contre la pauvreté figure en priorité, a-t-il signalé.  Les changements climatiques et les catastrophes naturelles sont autant de sources d’inquiétude pour le délégué, qui a rappelé que son pays fait partie à la fois des pays en développement sans littoral et des pays les moins avancés (PMA).  Il a terminé en annonçant la candidature de la République populaire démocratique lao, pour la première fois, au Conseil économique et social (ECOSOC) pour la période 2023-2025. 

Droit de réponse

Le représentant de l’Inde a exercé son droit de réponse en réaction à l’intervention du Pakistan.  Il a qualifié celle-ci « d’injure et de réponse pavlovienne qui n’a rien à voir avec le débat d’aujourd’hui ».  Même s’il a dit ne pas être surpris, le représentant de l’Inde a jugé les allégations du Pakistan « sans fondement ».  Il a déclaré que « c’est le Pakistan qui est le cœur du terrorisme mondial » et a invité à ignorer tout simplement tout ce qui a été dit.  Il a, enfin, déclaré que le Jammu-et-Cachemire fera toujours intégralement partie de l’Inde.

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