Imprimer
AG/12400
20 janvier 2022
Soixante-seizième session, 55e séance – matin

L’Assemblée générale rejette et condamne sans réserve toute négation de l’historicité de l’Holocauste

Quatre-vingts ans, jour pour jour, après la Conférence de Wannsee au cours de laquelle a été présentée la solution finale, l’Assemblée générale a adopté sans vote une résolution par laquelle elle rejette et condamne sans réserve toute négation de l’historicité de l’Holocauste, « qu’elle soit totale ou partielle ».  

Présenté par Israël et l’Allemagne, ce texte intitulé « Négation de l’Holocauste », et adopté en la présence d’un groupe de survivants des camps de concentration nazis, prie notamment les États Membres d’élaborer des programmes éducatifs « qui graveront dans l’esprit des générations futures » les enseignements de l’Holocauste afin d’aider à prévenir les actes de génocide.   

De plus, l’Assemblée générale demande instamment aux États Membres et aux entreprises de médias sociaux de prendre des mesures actives pour lutter contre l’antisémitisme et le négationnisme ou la déformation de l’Holocauste au moyen des technologies de l’information et des communications (TIC) et de faciliter le signalement de pareils contenus.   

Lors de la présentation de cette résolution, le représentant d’Israël a notamment condamné la « pandémie de déformations et de mensonges » qui se propage aux quatre coins du globe à une vitesse incroyable par l’intermédiaire des réseaux sociaux, appelant ces plateformes « qui n’en font pas assez pour combattre ce phénomène pervers », à ne pas rester les bras croisés face à la propagation de cette haine.

« Après le plus grand crime de l’histoire, nous faisons aujourd’hui face au plus grand effort de dissimulation de l’histoire.  Et à mesure que le nombre de survivants de l’Holocauste diminue, la négation de l’Holocauste augmente à une vitesse terrifiante », s’est alarmé le délégué qui a indiqué que seulement 54% de la population mondiale a entendu parler de l’Holocauste et qu’un tiers de ces personnes sont sceptiques quant aux faits.  Ce qui est encore plus choquant, a-t-il ajouté, c’est que seulement un tiers des jeunes européens, qui vivent sur le continent où ce mal inimaginable s’est produit, peut expliquer ce qu’est l’Holocauste.  « Si tel est l’état du monde à une époque où des survivants de l’Holocauste sont toujours parmi nous, que nous réserve l’avenir? » 

Invoquant le « devoir de mémoire », l’Allemagne a rappelé que la Conférence de Wannsee avait été convoquée pour planifier « le pire crime contre l’humanité » qui a coûté la vie à presque six millions de Juifs.  Ignorer les faits historiques ne fait qu’augmenter les risques de les voir se répéter, a averti la délégation.  La République islamique d’Iran, jouant sa propre partition, a affirmé en revanche que ce texte reflète l’idéologie raciste et les intentions malveillantes du « régime israélien ».

Notant avec inquiétude la situation engendrée par la pandémie de COVID-19 et ses répercussions sans précédent, l’Assemblée générale a par ailleurs décidé de reporter à nouveau la cinquième Conférence des Nations Unies sur les pays les moins avancés à une date qui sera fixée dès que possible. 

Elle a également décidé par 92 voix pour, 18 contre et 41 abstentions, que la première session de négociations du Comité spécial chargé d’élaborer une convention internationale générale sur la lutte contre l’utilisation des technologies de l’information et des communications à des fins criminelles aura lieu à New York, le 18 avril 2022 au plus tard, « selon les conditions sanitaires et l’espace disponible ».  Cette décision a été prise suite à l’adoption d’un texte présenté par la Fédération de Russie qui a été amendé après l’adoption, également par vote, d’un amendement de la République dominicaine.  La proposition dominicaine, adoptée par 86 voix pour, 18 contre et 45 abstentions, avait elle-même été l’objet d’un projet d’amendement du Bélarus, ce dernier texte ayant fini par être rejeté par 60 voix contre, 42 pour et 49 abstentions.   

Fait inhabituel, la Fédération de Russie a expliqué avoir voté contre l’adoption de sa propre résolution qui ne stipule plus que le Comité spécial tiendra sa première session de négociations à New York, du 24 janvier au 4 février 2022.  La délégation russe a regretté que la tenue des réunions programmées soit conditionnée par des critères d’espace, « ce qui est nouveau », constatant un décalage entre la situation épidémiologique à New York et les décisions du Secrétariat. 

En début de séance, l’Assemblée générale a fait sienne la proposition du Secrétaire général de reconduire Mme Maimunah Mohd Sharif, de la Malaisie, au poste de Directrice exécutive d’ONU-Habitat pour un mandat de deux ans prenant effet le 20 janvier 2022 et s’achevant le 19 janvier 2024.

Elle a également pris note de l’Appel solennel lancé par son Président à l’occasion de la Trêve olympique.

Enfin, l’Assemblée générale a pris note du fait qu’Antigua-et-Barbuda, la République du Congo et le Soudan ont effectué les versements nécessaires pour ramener leurs arriérés en deçà du montant calculé selon l’Article 19 de la Charte des Nations Unies.

La prochaine réunion de l’Assemblée générale se tiendra vendredi 21 janvier, à partir de 10 heures.

CULTURE DE PAIX

Décision sur le projet de résolution (A/76/L.30)

M. GILAD MENASHE ERDAN (Israël) a raconté l’histoire de son grand père Chaim, de sa grand-mère Bracha et de sept de leurs enfants arrêtés, séparés et tués dans les chambres à gaz nazies à l’exception du grand-père.  C’était en 1944.  Plus de 160 000 Juifs de Transylvanie avaient subi le même sort, assassinés de la manière la plus horrible qui soit parmi six millions victimes de l’Holocauste.  Il a indiqué qu’outre les témoignages des survivants, les nazis ont laissé des preuves irréfutables de leur machine de mort bien huilée, notamment des registres consignant tous leurs crimes, faisant de l’Holocauste le génocide le plus méticuleusement documenté de l’histoire.  

Cependant, s’est inquiété le représentant, nous vivons à présent à une époque où la fiction se transforme en faits et où l’Holocauste est en train de devenir un souvenir lointain.  Après le plus grand crime de l’histoire, nous faisons aujourd’hui face au plus grand effort de dissimulation de l’histoire.  Et à mesure que le nombre de survivants de l’Holocauste diminue, la négation de l’Holocauste augmente à une vitesse terrifiante, s’est-il alarmé, relevant en outre que face aux preuves irréfutables de l’Holocauste, son déni s’est transformé en distorsion qui puise elle aussi sa source dans l’intolérance, la haine et un antisémitisme véhément.  Il a également dénoncé le fait que certaines nations qui siègent à l’Assemblée générale nient ouvertement l’Holocauste et ont même organisé des concours de dessins humoristiques pour s’en moquer.

Le représentant a aussi condamné la « pandémie de déformations et de mensonges » qui utilise les réseaux sociaux pour se propager aux quatre coins du globe à une vitesse incroyable, s’alarmant du nombre incalculable de groupes Facebook qui s’emploient à réfuter l’Holocauste, de la circulation de #holohoax sur Twitter, et de la popularité des vidéos qui circulent sur TikTok et YouTube « vues des centaines de milliers de fois ».  M. Erdan s’est également inquiété du fait que seulement 54% de la population mondiale a entendu parler de l’Holocauste et qu’un tiers de ces personnes sont sceptiques quant aux faits.  Ce qui est encore plus choquant, a-t-il ajouté, c’est que seulement un tiers des jeunes européens, qui vivent sur le continent où ce mal inimaginable s’est produit, peuvent expliquer ce qu’est l’Holocauste.  Si tel est l’état du monde à une époque où des survivants de l’Holocauste sont toujours parmi nous, que nous réserve l’avenir?

Le délégué israélien a appelé les géants des réseaux sociaux à ne pas rester les bras croisés face à la propagation de cette haine, affirmant que ces plateformes ignorent leurs responsabilités et n’en font pas assez pour combattre ce phénomène pervers.  « Au fur et à mesure que vous esquivez votre responsabilité, le mal grandit; et quand il n’y a pas de responsabilité, le mal triomphe. »  Après avoir présenté ses invités d’honneur et survivants de l’Holocauste, M. Erdan a par ailleurs rappelé que le principe même de l’ONU, créée après ce crime le plus grave de l’histoire, est d’empêcher que de telles atrocités ne se répètent contre qui que ce soit.  En venant au projet de résolution, il a indiqué que s’il préserve la mémoire des six millions de victimes du passé, son objectif est de protéger les futures victimes.

Explications de position

Avant l’adoption de la résolution, la République islamique d’Iran a rejeté la tentative du « régime israélien » de distordre les concepts au cœur de la notion de « la culture de la paix ».  La délégation a déploré qu’en dépit des appels de la communauté internationale, le « régime israélien » reste le seul régime d’apartheid au monde avec des politiques et des pratiques racistes et expansionnistes.  Ce projet reflète cette idéologie raciste ainsi que les intentions malveillantes de promouvoir des intérêts expansionnistes par tous les moyens, a-t-elle affirmé.

La Fédération de Russie a salué l’initiative d’Israël qui a pris la peine d’associer l’Allemagne à l’élaboration du projet de résolution, rappelant que l’Holocauste est une des pages les plus tragiques de la Deuxième Guerre mondiale.  La délégation a également saisi l’occasion pour souligner le rôle et le sacrifice de l’ex-Union soviétique dans la lutte contre l’Allemagne nazie.  

La résolution A/76/L.30 a ensuite été adoptée sans mise aux voix.

À l’issue de l’adoption, l’Allemagne a rappelé que la Conférence de Wannsee, qui a eu lieu il y a 80 ans aujourd’hui, avait été convoquée pour planifier « le pire crime contre l’humanité » qui a coûté la vie à presque six millions de juifs.  L’Assemblée générale a aujourd’hui envoyé unanimement un message fort contre toute tentative de négation ou de déformation de ces faits historiques, s’est félicitée la délégation qui a insisté sur l’importance du « devoir de mémoire » de l’Allemagne.  Ignorer les faits historiques ne fait qu’augmenter les risques de les voir se répéter, a-t-elle mis en garde, saluant l’adoption d’une résolution qui envoie un message fort aux survivants de l’Holocauste et à leurs descendants.  

La Conférence de Wannsee a marqué le début d’un chapitre noir pour l’Europe, a déclaré l’Union européenne qui a rappelé que l’Holocauste, le crime le plus odieux de l’histoire, s’est produit sur le sol européen, précisant que près de six millions de juifs, dont 1,5 million d’enfants, ainsi que des millions de membres d’autres nationalités, minorités et groupes vulnérables, ont été tués dans les camps de concentration et d’extermination nazis allemands.  « L’Holocauste a marqué un tournant dans notre histoire et son héritage est profondément ancré dans l’ADN de l’Union européenne. »  La mémoire de l’Holocauste est une pierre angulaire des valeurs européennes, et le souvenir du passé tragique de l’Europe devrait continuer à nous inciter à relever les défis d’aujourd’hui, a poursuivi la délégation qui a prôné la création de sociétés ouvertes, inclusives et tolérantes, et la promotion de la démocratie et des droits humains.  Elle a par ailleurs félicité Israël et l’Allemagne pour leur coopération « exemplaire » sur cette importante résolution.  

Les États-Unis ont rappelé l’attaque dont a été victime, la semaine dernière, une communauté juive du Texas, notant qu’une vague pernicieuse d’antisémitisme a entraîné des violences aux États-Unis et ailleurs dans le monde.  La délégation a exhorté à lutter contre cette haine antisémite, insistant sur l’importance d’honorer la mémoire des six millions de victimes juives et de toutes les autres victimes de l’Holocauste.  Cette résolution affirme notre engagement en faveur de l’éducation des prochaines générations comme moyen d’empêcher la répétition des atrocités horribles du passé et de réaffirmer les valeurs et les principes qui ont conduit à la création des Nations Unies, a poursuivi la délégation.  Nous devons entendre encore une fois cette promesse de « plus jamais ça », a-t-elle insisté, appelant à se montrer très vigilant face à la négation de l’Holocauste et l’antisémitisme.

La République tchèque a souligné que ce n’est que par l’éducation et par une véritable connaissance de l’histoire que l’on peut tirer les leçons du passé, reconnaître les nouvelles menaces et lutter contre elles avant qu’elles ne nous submergent à nouveau.  La délégation a appelé à élaborer des plateformes internationales consacrées à la mise au point de propositions législatives et de programmes d’éducation spécifiques pour y parvenir.  Elle a également recommandé d’élaborer un cadre législatif et une stratégie mondiale de lutte contre l’antisémitisme en ligne avec la participation de la jeunesse.  

La Pologne a indiqué que la lutte contre la négation de l’Holocauste revêt une importance particulière pour elle parce que trois millions des victimes étaient des Polonais.  Pour lutter contre ce phénomène, il faut combattre la désinformation croissante et la déformation de la vérité sur la Deuxième Guerre mondiale, a estimé la délégation qui a rappelé que la Pologne a été la première victime de l’Allemagne nazie.  Saluant l’adoption d’une résolution qui honore à la fois les victimes, les survivants et ceux qui ont lutté contre les nazis et qui ont libéré les camps de concentration nazis, elle a invité à écouter les voix des survivants. 

L’humanité entière est touchée par la culpabilité de l’Holocauste, a déclaré l’Ukraine.  Son représentant, qui s’est présenté en tant que petit fils d’un survivant du camp de Buchenwald, a rappelé que des millions d’Ukrainiens se sont sacrifiés et ont contribué à la victoire sur le nazisme.  Il a également appelé ses homologues à l’ONU à se rendre à Yad Vashem pour réfléchir à leur mission.  Il faut trois mois pour entendre l’intégralité de l’enregistrement des noms des personnes tuées durant l’Holocauste, s’est-il ému.  Il a par ailleurs condamné dans les termes les plus fermes le néonazisme. 

L’Italie a salué une résolution qui arrive à point nommé étant donné le nombre grandissant de dénis et de distorsions de l’Holocauste qui circulent sur les réseaux sociaux.  La délégation a aussi souligné la nécessité préserver le souvenir du plus grave crime contre l’humanité de l’histoire.  

Chypre a relevé que cette résolution garantit le principe de responsabilité face au négationnisme et permet de lutter contre l’impunité de ceux qui nient ces atrocités et de prévenir le génocide, évoquant un devoir moral envers les victimes.  

Le Guatemala, après avoir indiqué que le 14 mai marque chaque année la journée de l’amitié entre le Guatemala et Israël, a estimé que la résolution a une teneur symbolique importante, puisqu’elle rappelle l’engagement mondial à remémorer les souffrances indicibles de l’Holocauste et honorer la mémoire des victimes.  Il est de la responsabilité commune de défendre la liberté de conscience et de religion pour qu’une telle atrocité ne se reproduise plus jamais, a affirmé la délégation.  

Le Royaume-Uni s’est indigné qu’aujourd’hui, des milliers de personnes nient la réalité historique de l’Holocauste et cherchent à en minimiser les faits.  Indiquant avoir accompagné la Reine Elizabeth lors de la visite d’un camp de concentration en Allemagne, le représentant a dit se souvenir de « la procession interminable de visages émaciés et des victimes » qui avaient été documentés.  Nier ou déformer l’Holocauste est une forme d’antisémitisme et on ne saurait rester les bras croisés devant cette mouvance, a-t-il affirmé.  Il a également indiqué que le Royaume-Uni est fier de faire partie des premiers pays à reconnaître la définition de l’Holocauste, et a invité d’autres pays à en faire de même.  

Au nom du Groupe des États arabes, l’Égypte a estimé que la résolution doit rappeler au monde que des crimes tels que l’Holocauste ne doivent pas se reproduire contre qui ce soit et a prié l’Assemblée générale de faire preuve de consensus lors de l’adoption d’autres résolutions traitant de la discrimination envers les personnes sur la base de la religion ou de l’appartenance.  

Le Bélarus a dit avoir connu les horreurs des génocides hitlériens et les assassinats de masse, précisant que 260 camps de concentration et plus de 70 ghettos juifs se trouvaient sur son territoire.  Plus de 500 monuments aux morts ont été érigés et de nouveaux charniers continuent d’être découverts.  Les nouvelles générations doivent se souvenir des leçons du passé pour qu’une telle tragédie ne se reproduise plus à l’avenir, a insisté la délégation qui a dénoncé la falsification de l’histoire de la Deuxième Guerre mondiale, la justification des crimes du Troisième Reich et la glorification des bourreaux nazis.

La Malaisie a indiqué que l’Holocauste, qui marque « l’un des chapitres les plus sombres de l’histoire humaine », avait commencé bien avant la Conférence de Wannsee, évoquant la diffusion de certains discours et caricatures et mettant en garde contre les risques de voir cela se reproduire.  Les Nations Unies ont été créées en partie pour éviter qu’une telle tragédie ne se répète, a-t-il souligné, déplorant que le monde n’est toujours pas à la hauteur de l’esprit de la Charte des Nations Unies.  Appelant à tirer les leçons des tragédies humaines, la délégation a espéré que les Nations Unies et la communauté internationale appuieront également d’autres résolutions qui vont dans le même esprit que ce texte et qui luttent contre l’intolérance, la xénophobie et le racisme.

SUIVI DE LA QUATRIÈME CONFÉRENCE DES NATIONS UNIES SUR LES PAYS LES MOINS AVANCÉS

Décision sur le projet de décision (A/76/L.32)

L’Assemblée générale a adopté sans vote la résolution A/76/L.32 par laquelle, notant avec inquiétude la situation engendrée par la pandémie de COVID-19 et ses répercussions sans précédent, elle décide de reporter à nouveau la cinquième Conférence des Nations Unies sur les pays les moins avancés à une date qui sera fixée dès que possible.

LUTTE CONTRE L’UTILISATION DES TECHNOLOGIES DE L’INFORMATION ET DES COMMUNICATIONS À DES FINS CRIMINELLES

Décisions sur les projets d’amendement (A/76/L.33/Rev.1, A/76/L.34/Rev.1) et le projet de décision (A/76/L.31)

L’Assemblée générale était saisie de deux projets d’amendement relatifs au projet de décision A/76/L.31 se rapportant au « Comité spécial chargé d’élaborer une convention internationale générale sur la lutte contre l’utilisation des technologies de l’information et des communications à des fins criminelles ».  Présenté par la Fédération de Russie, ce texte déciderait que la première session de négociations du Comité spécial se tiendrait à New York, du 24 janvier au 4 février 2022.

Le premier projet d’amendement (A/76/L.34/Rev.1), présenté par la République dominicaine, propose notamment que le Comité spécial tienne sa première session de négociations à New York, le 18 avril 2022 au plus tard, « selon les conditions sanitaires et l’espace disponible ».

Le Bélarus a de son côté souhaité amender le projet d’amendement susmentionné (A/76/L.34/Rev.1), notamment en remplaçant une partie de son libellé par « le Comité spécial tiendra sa première session de négociations à New York, le 18 avril 2022 au plus tard ».

Nous sommes confrontés à un cas de force majeure, a déclaré la France au nom de l’Union européenne pour qui le principal objectif est de faire en sorte que le processus de négociations soit ouvert, inclusif et transparent, ce qui signifie que le plus grand nombre d’États Membres doit pouvoir participer aux négociations sans risque sanitaire.  Compte tenu de cela, l’UE ne voit aucune autre option viable que celle proposée par la République dominicaine dans son amendement et appelle toutes les délégations à le soutenir et à voter contre le texte du Bélarus. 

Jugeant nécessaire de renforcer la coopération entre les États Membres pour contrecarrer l’utilisation des TIC à des fins criminelles, la République islamique d’Iran a dit comprendre les préoccupations liées à la pandémie, tout en notant que celle-ci a également créé des conditions propices à l’augmentation de la criminalité en ligne.  Favorable à l’organisation des négociations dès que possible, elle a appuyé la proposition de la Fédération de Russie et du Bélarus, arguant que la réunion d’aujourd’hui prouve bien qu’il est possible de se réunir en personne en respectant les protocoles sanitaires nécessaires. 

Estimant que l’impact que la pandémie de COVID-19 demande de renforcer la lutte contre la cybercriminalité qui s’est accrue au cours des deux dernières années, le Venezuela a apporté son appui aux propositions de la Fédération de Russie et du Bélarus concernant le début rapide des travaux du Comité spécial.

Le Royaume-Uni a estimé que face à « l’exigence absolue » du Bélarus que la session débute le 18 avril 2022 au plus tard, la proposition de la République dominicaine semble plus raisonnable.

La Suisse a appuyé la proposition d’amendement de la République dominicaine en raison de la réalité pandémique, de sa flexibilité, et du fait qu’elle accorde un temps suffisant entre les sessions pour garantir un processus inclusif et permettre à toutes les délégations d’y participer.  Nous avons une date fixe pour la première session et nous garantissons la santé des délégués et du personnel de l’ONU, a souligné le représentant. 

Tout en partageant la déception de nombreuses délégations face au possible report des négociations, les États-Unis ont invité à reconnaître la situation exceptionnelle provoquée par la pandémie, regrettant que les mesures de précautions ne semblent figurer parmi les priorités de certains.  Il faut fixer des dates qui permettent à tous les États Membres de participer aux travaux sur un pied d’égalité, a souligné la délégation avant d’appuyer le projet d’amendement de la République dominicaine.  Elle a aussi appelé à ne pas s’attarder sur des questions de calendrier.

Évoquant les records battus par la ville de New York en matière de transmission de la COVID-19, le Brésil a jugé imprudent de tenir la session en ce moment, estimant en outre que son report de courte durée ne devrait pas modifier le fond des négociations.  Il a fait observer qu’en vertu du projet de la République dominicaine, s’il s’avère impossible de respecter la date butoir du 18, la première session de négociations devrait se tenir à Vienne, en mai.  

L’Australie a appuyé le projet de la République dominicaine, estimant que celui-ci ne compromet pas la santé et la sécurité des délégations et du personnel Nations Unies, tout en marquant son empressement à entamer les travaux de fond du Comité spécial dès que possible.

Le Mexique a appuyé l’amendement proposé par la République dominicaine parce que ce texte donne au Secrétariat la souplesse nécessaire pour relever les défis liés à la pandémie, notant en outre que dans sa version révisée, cet amendement tient compte des délais proposés dans le projet du Bélarus.

La République arabe syrienne a estimé que les dispositions du droit international en vigueur ne sont pas suffisantes pour faire face au mauvais usage des TIC à des fins criminelles et terroristes, regrettant l’absence de convention internationale sur cette question.  Elle a fait part de son appui à la proposition du Bélarus.

L’Assemblée générale a ensuite adopté par 86 voix pour, 18 contre et 45 abstentions le projet d’amendement de la République dominicaine.

Le texte du Bélarus a été rejeté par 60 voix contre, 42 pour et 49 abstentions.

La résolution dans son ensemble a été adoptée tel qu’amendée par 92 voix pour, 18 contre et 41 abstentions.

Soulignant qu’elle ne dispose pas de représentants à Vienne, l’Éthiopie a jugé important, à l’issue du vote, que les réunions prévues à New York y aient lieu.  Nous ne voulons pas que cette session se déroule ailleurs qu’à New York, a insisté la délégation.

Au nom de la Communauté des Caraïbes (CARICOM), la Jamaïque a jugé essentiel de limiter la perte de la dynamique quant au progrès des délibérations sur une éventuelle convention.  Elle a fait part de son appui à l’amendement de la République dominicaine, y voyant une approche pratique face à la situation actuelle.  Elle a également demandé de financer les délégations des pays en développement qui n’ont pas de représentation à Vienne.  

La Turquie s’est préoccupée du fait de séparer une réunion d’une journée de la session principale.  Elle a en outre estimé que la décision relative à la participation d’autres parties prenantes concernées est une question de fond, qui ne devrait pas être abordée uniquement dans le contexte des règles de procédure.

L’Indonésie a insisté sur l’importance d’avoir des consultations inclusives et d’obtenir des décisions par consensus, regrettant cela n’ait pas été possible aujourd’hui.  Elle a expliqué s’être abstenue de voter en raison du temps limité dont les délégations disposaient pour étudier les différentes propositions, tout en affirmant accepter le résultat du vote. 

La Fédération de Russie a dit avoir voté contre « son propre projet L.31 tel qu’amendé » pour des raisons de principe.  Elle a regretté que la tenue des réunions programmées soit conditionnée par des critères d’espace, « ce qui est nouveau », constatant un décalage entre la situation épidémiologique à New York et les décisions du Secrétariat.

L’Algérie a estimé que compte tenu de la pandémie et de son impact sur le calendrier des Nations Unies, une décision consensuelle aurait été une meilleure voie.

À l’intention des organes d’information • Document non officiel.