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SC/14419
21 janvier 2021

Conseil de sécurité: quatre ans après l’Accord qui a mis fin à 50 ans de conflit, la Colombie toujours confrontée à la protection des anciens combattants

Quatre ans après la conclusion, le 24 novembre 2016, de l’Accord final de paix qui a mis fin à 50 ans de conflit en Colombie, le Représentant spécial du Secrétaire général et Chef de la Mission de vérification des Nations Unies en Colombie a déclaré aujourd’hui devant le Conseil de sécurité, que le principal défi reste d’assurer la protection des anciens combattants, mais aussi des figures de la société civile et des défenseurs des droits humains. 

Présentant le rapport trimestriel* du Secrétaire général, qui porte sur la période allant du 26 septembre au 28 décembre 2020, M. Carlos Ruiz Massieu a mis l’accent sur cinq priorités pour 2021, à savoir la protection des ex-combattants, des populations touchées par le conflit, des figures de la société civile et des défenseurs des droits humains; la viabilité du processus de réintégration; la présence de l’État dans les zones touchées par le conflit; le lancement d’un dialogue plus constructif entre les deux parties; et l’établissement de conditions plus propices à la réconciliation. 

M. Massieu a précisé que la violence contre les anciens combattants des FARC, les dirigeants sociaux, les défenseurs des droits humains et les communautés autochtones et afro-colombiennes reste la menace la plus grave à la consolidation de la paix.  Illustrant son propos, il a indiqué que, depuis la publication du rapport du Secrétaire général, quatre anciens combattants ont été tués, portant le total à 252 depuis la signature de l’Accord de paix. 

Après avoir rappelé que 2021 est la cinquième année du calendrier de 15 ans pour la mise en œuvre de l’intégralité de l’Accord de paix, M. Massieu a jugé nécessaire de veiller à ce que cette année reste dans les mémoires comme celle au cours de laquelle des mesures audacieuses ont été prises pour concrétiser la promesse d’une paix durable inscrite dans l’Accord.  Dans ce contexte, il a exhorté les deux parties et tous les acteurs colombiens à œuvrer de concert pour protéger les progrès accomplis et à accélérer le rythme sur les questions en suspens, notamment les cinq priorités énoncées par le Secrétaire général. 

M. Massieu a relevé que les chances de paix et de développement qu’ont les Colombiens aujourd’hui auraient semblé « impensables », il y a 10 ans, lorsque le conflit entre la guérilla FARC-EP et l’État faisait rage.  Les Colombiens des zones rurales, qui ont été les plus touchés par le conflit, commencent à voir une augmentation des investissements et une présence de l’État dans leurs communautés. La société colombienne se réconcilie avec son passé, grâce à un système de justice transitionnelle centré sur les victimes alors que des milliers d’hommes et de femmes armés, il y a cinq ans, sont en train de bâtir une vie meilleure pour eux-mêmes et leurs familles, aux côtés des communautés locales. 

L’attachement de la Colombie à la promotion de la paix et à la primauté du droit a été confirmé par la Ministre colombienne des relations extérieures.  Mme Claudia Blum de Barberi a indiqué que la rencontre entre le Président, M. Ivan Duque et des ex-combattants, en novembre dernier à Bogota, a contribué à instaurer un dialogue constructif sur les mesures concrètes à prendre pour résoudre les problèmes liés au processus de réintégration et aux garanties de sécurité auxquels se heurtent 13 000 anciens combattants, dont 23% sont des femmes.   

La Ministre a vanté les mérites des plans de développement axés sur le territoire (PDET) qui ont amélioré la situation dans 170 municipalités, soit un tiers du territoire colombien et sept millions de personnes.  Le Gouvernement, a-t-elle ajouté, a consacré une somme de 4,2 millions de dollars à la cession de terre aux anciens combattants en 2020. 

« Gagner la paix, c’est aussi fournir des opportunités socioéconomiques viables et justes à tous et en finir "une fois pour toutes” avec l’emprise du narcotrafic », a insisté la France avant d’estimer que le programme de substitution des cultures illicites, qui a démontré son efficacité et qui représente un espoir immense pour des milliers de familles, mériterait d’être consolidé et soutenu.  La plupart des délégations ont reconnu les progrès enregistrés et noté la demande de la Colombie visant à proroger le mandat de la Mission de l’ONU. 

*S/2020/1301

En présentant le rapport du Secrétaire général, M. CARLOS RUIZ MASSIEU, Représentant spécial du Secrétaire général et Chef de la Mission de vérification des Nations Unies en Colombie, a déclaré que la Colombie avait fait des progrès remarquables sur le chemin de la paix durable pendant les quatre ans qui ont suivi l’Accord final de paix, malgré de grandes difficultés, dont la pandémie de COVID-19.  Les opportunités de paix et de développement dont jouissent aujourd’hui les Colombiens auraient semblé impensables il y a 10 ans, lorsque le conflit faisait rage entre la guérilla FARC-EP et l’État, a remarqué M. Massieu.  « Les Colombiens des zones rurales, qui ont été les plus touchés par le conflit, commencent à voir une augmentation des investissements et une présence de l’État dans leurs communautés », s’est-il félicité avant de noter que la société colombienne se réconcilie avec son passé grâce à un système de justice transitionnelle centré sur les victimes alors que des milliers d'hommes et de femmes qui étaient en armes il y a cinq ans sont en train de bâtir une vie meilleure pour eux-mêmes et leurs familles, aux côtés des communautés locales. 

Après avoir rappelé que 2021 est la cinquième année d’un calendrier de 15 ans envisagé pour la mise en œuvre de l’intégralité de l'Accord de paix, M. Massieu a jugé nécessaire de veiller à ce que cette année reste dans les mémoires comme celle au cours de laquelle des mesures audacieuses ont été prises pour concrétiser la pleine promesse d’une paix durable inscrite dans l’Accord.  Dans ce contexte, il a exhorté les deux parties et tous les acteurs colombiens à œuvrer de concert pour protéger les progrès accomplis jusqu’à présent et à accélérer le rythme sur les questions en suspens, notamment les cinq priorités énoncées par le Secrétaire général. 

M. Massieu a précisé que la violence contre les anciens combattants, les leaders communautaires, les défenseurs des droits humains et les communautés reste la menace la plus grave à la consolidation de la paix en Colombie.  Ainsi, depuis la publication du rapport du Secrétaire général, quatre anciens combattants ont été tués, soit un total de 252 depuis la signature de l’Accord de paix.  « Parmi les victimes figurent l’ex-combattante Yolanda Zabala, 22 ans, qui a été tuée par balle avec sa sœur de 17 ans dans le département d’Antioquia le 1er janvier », a-t-il relevé avant de préciser que des leaders communautaires, des défenseurs des droits humains et des membres de partis politiques continuent également d’être assassinés. 

Parmi les avancées, M. Massieu a indiqué que la Vice-Présidente Marta Lucía Ramírez a, le 5 janvier, annoncé des mesures visant à renforcer la protection des membres du Forum spécial sur l’égalité des sexes, à la suite de menaces signalées contre 10 de ses 16 membres.  Le 12 janvier, le Gouvernement et l’équipe de pays des Nations Unies en Colombie ont annoncé conjointement un investissement de 3,1 millions de dollars du Fonds multipartite des Nations Unies pour soutenir la prévention et la protection collective des anciens combattants, des leaders communautaires, des défenseurs des droits humains et des responsables de programmes de substitution des cultures illégales dans trois régions prioritaires: Chocó, la côte pacifique de Nariño et Catatumbo au nord de Santander. 

M. Massieu a indiqué que le Secrétaire général s’est inquiété à plusieurs reprises des insuffisances budgétaires persistantes pour la sous-direction de l’Unité nationale de protection qui fournit des programmes de protection rapprochée collectifs et individuels aux anciens combattants.  Plus de 550 postes de gardes du corps restent vacants et plus de 1 000 demandes de protection rapprochée sont toujours en attente d’examen.  « Cette question doit être priorisée car elle a des implications directes pour la sécurité des anciens combattants », a insisté M. Massieu avant de souligner aussi l’importance de veiller à ce que les femmes ex-combattantes aient un accès égal à la protection rapprochée. 

En ce qui concerne la deuxième priorité –« la durabilité du processus de réintégration– M. Massieu a cité des développements prometteurs depuis la réunion qu’a tenue en novembre le Président Duque avec d’anciens combattants qui sont venus à pied à Bogota en provenance de toutes les régions du pays.  M. Massieu a salué un effort conjoint d’institutions à tous les niveaux, qui a permis d’octroyer des parcelles de terrain à 300 anciens combattants du département de Huila. 

En ce qui concerne la troisième priorité -la consolidation de la présence intégrée de l’État dans les zones touchées par le conflit-, M. Massieu a prévenu des risques de voir les groupes armés illégaux et les organisations criminelles profiter d’une présence limitée de l’État.  Rappelant que la mise en œuvre de l’Accord de paix représente une menace pour leurs activités criminelles, M. Massieu a prévenu qu’ils sont déterminés à chasser les institutions de l’État et à étouffer la voix des leaders communautaires par la violence et l’intimidation.  « On ne peut pas leur permettre de réussir », a lancé M. Massieu avant d’exhorter les autorités à rester fermes dans la mise en œuvre d’instruments tels que les programmes de développement à vocation territoriale, le Programme national global pour la substitution des cultures illicites et le Programme global de sécurité et de protection des communautés.  Il a jugé indispensables des mécanismes de résolution des conflits qui offrent des opportunités économiques légales aux populations vulnérables. 

S’agissant du « renforcement du dialogue », la quatrième priorité du Secrétaire général, M. Massieu a salué la décision des parties de proroger le mandat de la Commission pour le suivi, la promotion et la vérification de la mise en œuvre de l’Accord final.  Il a exhorté les parties à ne ménager aucun effort pour travailler ensemble, y compris dans le cadre du mécanisme tripartite avec la Mission, en gardant à l’esprit que le but ultime de ce processus est de contribuer aux réparations pour victimes du conflit. 

Pour ce qui est de la cinquième priorité qui consiste à continuer de jeter les bases de la réconciliation dans tout le pays, M. Massieu s’est félicité que les victimes et la société colombienne en général aient prévu d’examiner cette année le Système global de vérité, justice, réparations et non-répétition.  Il a aussi souligné la poursuite des travaux de la Commission de la vérité pour soutenir les efforts de réconciliation et les progrès réalisés par le Groupe spécial pour la recherche des personnes réputées disparues dont il a salué le travail: le Groupe spécial a notamment pu réunir une mère et sa fille qui étaient toutes deux portées disparues depuis 17 ans. 

Le Royaume-Uni a remercié la Ministre Blum et le Président Duque d’avoir demandé au Conseil, par courrier, que le mandat de la Mission de vérification soit élargi pour inclure la vérification du respect des peines prononcées par la Juridiction spéciale pour la paix.  Satisfait de voir que les trois composantes du système de justice transitionnelle aient continué à progresser malgré les défis posés par la COVID-19, le Royaume-Uni a encouragé toutes les parties à assumer leur responsabilité envers les victimes du conflit en reconnaissant leur rôle et en faisant en sorte qu’on arrive à un tableau le plus complet possible de la vérité, ouvrant ainsi la voie à la réconciliation et à une paix durable.  Cependant, la réconciliation sera beaucoup plus difficile pour les communautés qui continuent d'être touchées par l’insécurité, ainsi que pour les leaders communautaires, les défenseurs des droits de l’homme et les anciens combattants qui sont quotidiennement confrontés à de graves menaces et à la violence meurtrière de groupes armés.  La délégation a mise en garde contre la frustration croissante en Colombie face à la menace que cette instabilité représente pour la paix et la sécurité.  Elle s’est félicitée de la volonté du Gouvernement colombien à écouter ceux qui expriment ces frustrations et a espéré que les engagements pris seront mis en œuvre dès que possible.  Appelant à ne pas oublier les femmes, les membres des communautés autochtones et LGBTI, le Royaume-Uni s’est inquiété que plus de 1 000 demandes de protection restent en suspens. 

En outre, ceux qui mettent en danger la paix en Colombie en organisant et en menant ces attaques doivent être traduits en justice le plus rapidement possible pour en dissuader d’autres, a plaidé le Royaume-Uni qui a félicité l’Unité des enquêtes spéciales pour son travail et pour les condamnations qu’elle a obtenues jusqu’à présent.  Il a recommandé une coopération plus poussée des forces de sécurité et une plus grande capacité judiciaire dans les zones rurales où cette violence est concentrée, pour garantir le succès de nombreuses enquêtes.  Enfin, la Colombie a besoin d’un plan réaliste à long terme pour démanteler ces groupes armés et organisations criminelles et pour offrir les services de l’État, la sécurité et la justice à tous les citoyens.  À défaut, une paix durable restera hors de portée dans les zones où cette violence est concentrée, a mis en garde la délégation.  Quant à la Commission nationale, des garanties de sécurité continuent de se réunir.  Le Royaume-Uni a jugé encourageant qu’elle continue de se réunir mais estimé qu’« il est maintenant temps d’agir sérieusement ». 

En tant que nouveau membre du Conseil de sécurité, la Norvège s’est dite impatiente de contribuer aux travaux de cet organe visant à préserver l’intégrité et à assurer la mise en œuvre de l’Accord de paix colombien, dont elle est l’un des pays garants avec Cuba.  Elle s’est félicitée des « résultats significatifs » enregistrés par l’Accord de paix au cours des quatre premières années, saluant notamment la transformation des FARC « d’un groupe de guérilla en un acteur politique », les progrès de la réintégration des ex-combattants et du développement rural dans les zones de conflit, et le travail des institutions du Système de justice transitionnelle au bénéfice des victimes.  Elle a aussi salué l’implication de la grande majorité des anciens combattants des FARC dans le processus de réintégration, qui témoigne de leur engagement et de l’appui du Gouvernement à cette réintégration.  Pour aller de l’avant, la délégation a encouragé les autorités colombiennes à prendre de nouvelles mesures afin de garantir l’accès à la terre, au logement et aux projets productifs, de combattre la stigmatisation et d’instaurer la confiance entre les anciens combattants, les institutions étatiques et les communautés, et de veiller à ce que les femmes ex-combattantes puissent participer autant que les hommes aux projets de réintégration. 

Rappelant que, lors des négociations de paix, un « tournant » a été atteint lorsque les victimes, des deux côtés du conflit, ont été placées « au centre des discussions », la Norvège a souhaité qu’il en soit de même en 2021.  Dans l’attente de la publication du rapport final de la Commission vérité et des premiers jugements de la Juridiction spéciale pour la paix, elle a exhorté les deux parties à coopérer pleinement avec ces institutions et à leur permettre de mener à bien leur travail de manière indépendante et sans ingérence politique.  Les principes de justice, de vérité, de réparation et de non-répétition doivent rester au-dessus des idéologies et de la polarisation politique, a-t-elle plaidé, avant d’inviter le Conseil de sécurité à examiner rapidement la demande d’extension du mandat de la Mission de vérification pour s’assurer du respect des peines qui seront prononcées par la juridiction spéciale. 

La Norvège, préoccupée de la situation sécuritaire des anciens combattants, a prôné un processus politique inclusif pour instaurer une paix durable.  La délégation s’est également alarmée du niveau croissant de violence, de menaces, de stigmatisation et de discrimination à l’égard des femmes, des dirigeants autochtones et afro-colombiens, des militants environnementaux et LGBTI et des défenseurs des droits humains.  Pour ce Conseil, qui supervise la mise en œuvre de l’Accord de paix, il devrait être intolérable que plus de 250 ex-combattants, signataires de l’Accord de paix, aient été tués depuis sa signature, a-t-elle souligné, faisant état de la mort de quatre ex-combattants depuis le début de cette année.  Il reste encore beaucoup à faire, a observé la délégation en souscrivant à l’appel du Secrétaire général aux autorités pour qu’elles redoublent d’efforts, notamment en renforçant les régimes de protection et en pourvoyant les postes vacants au sein de l’Unité de protection nationale.  La Norvège a également souhaité que les autorités permettent à la Commission nationale des garanties de sécurité de finaliser et de mettre en œuvre une politique publique de démantèlement des groupes armés illégaux, renforcent les capacités de l’Unité spéciale d’enquête du bureau du procureur général et accélèrent la mise en œuvre du Programme global de garanties pour les femmes dirigeantes et les défenseurs des droits de l’homme.  Enfin, la Norvège a encouragé le Gouvernement et les FARC à faire un meilleur usage des mécanismes de dialogue prévus dans l’Accord, à commencer par la Commission de suivi, de promotion et de vérification de la mise en œuvre de l’Accord de paix final et le Conseil national de réincorporation.  

Saint-Vincent-et-les Grenadines, au nom du Kenya, du Niger et de la Tunisie (A3+1), se sont déclarés extrêmement préoccupés par les conditions sécuritaires désastreuses auxquelles sont confrontées les anciens combattants, les femmes dirigeantes sociales, les défenseures des droits de l’homme, ainsi que des dirigeantes autochtones et afro-colombiennes.  Ils ont fermement condamné l’assassinat de 25 anciens combattants qui attendaient une réponse à leurs demandes de protection par l’Unité nationale de protection. 

La délégation a réitéré son appel en faveur de la tenue de réunions régulières de la Commission nationale des garanties de sécurité afin d’achever le démantèlement des organisations criminelles et de leurs réseaux de soutien, et l’élaboration du Plan stratégique de sécurité et de protection.  Elle a aussi exhorté les autorités à améliorer la mise en œuvre du Plan d’action du Programme complet pour la protection des femmes dirigeantes et défenseuses des droits de l’homme.  Le processus de paix doit en outre inclure la participation et la protection efficaces des autochtones et des Afro-colombiens, a-t-elle ajouté. 

Sur le plan socioéconomique, la délégation a encouragé le Gouvernement à progresser dans la résolution des défis prolongés auxquels sont confrontés les 9 500 ex-combattants résidant en dehors des anciens secteurs territoriaux de formation et de réintégration.  La délégation a également exhorté le Gouvernement à donner la priorité au développement des infrastructures rurales, ainsi qu’à la mise en œuvre du Programme national intégral de substitution des cultures illicites.  La réinstallation réussie d’anciens combattants ne peut être maintenue que s’ils sont tenus à l’écart des activités illégales de stupéfiants, a-t-elle insisté. 

L’Irlande a salué le fait que malgré la pandémie de COVID-19, les progrès continuent d’être réalisés dans la mise en œuvre de l’Accord, notamment l’achat de terrains pour le logement et la mise sur pied de projets productifs pour les anciens combattants.  Elle a également cité les progrès réalisés dans le cadre de la vérité, la justice et les réparations en faveur des victimes.  L’Irlande a rappelé qu’il est essentiel d’assurer la protection et la sécurité des anciens combattants, ainsi que des dirigeants communautaires et des défenseurs des droits de l’homme.  « Il est impossible de maintenir la paix quand les artisans de paix vivent dans la peur, subissent des dommages ou même perdent la vie », a-t-elle affirmé. 

La délégation s’est ensuite inquiétée des informations faisant état de recrutement d’enfants, ainsi que des menaces contre les jeunes leaders, de la part de groupes armés illégaux et d’organisations terroristes.  Elle a donc encouragé l’adoption et la mise en œuvre rapides d’une politique publique globale de démantèlement des organisations criminelles et de leurs réseaux de soutien.  De plus, des stratégies efficaces pour la réinsertion continue, la redistribution des terres et la mise à disposition d’autres moyens de soutien aux activités économiques, y compris des cultures de substitution, seront vitales pour stabiliser les zones éprouvées par la violence, a estimé la délégation. 

Évoquant sa propre expérience de conflits et de consolidation de la paix, l’Irlande a en outre estimé qu’une approche innovante en matière de justice transitionnelle est au cœur du processus de paix colombien.  La délégation a insisté sur la participation des femmes au processus politique, voyant dans la Colombie un modèle d’inclusion des genres dans la consolidation de la paix.  Le processus de paix en Colombie est à juste titre un exemple de consolidation de la paix réussie pour les autres pays touchés par le conflit, a-t-elle estimé. 

Le Mexique s’est félicité du rapport du Secrétaire général qui reconnaît les progrès notables accomplis dans la réalisation de la paix en Colombie, la promotion d’une participation politique inclusive et le processus de réintégration sociale des anciens combattants, grâce au succès des projets productifs.  Dans ce contexte, le Mexique a souligné l’importance de fournir des services de santé mentale pour surmonter les graves conséquences psychosociales du conflit. 

Les progrès des politiques publiques du logement et les initiatives législatives résultant du dialogue, dans un esprit de coopération entre les parties, sont louables » a ajouté le Mexique, avant d’appeler à la mise en œuvre de programmes de développement sous un angle territorial.  Nous espérons que les feuilles de route pour la stabilisation des régions qui sont encore en suspens seront finalisées, a insisté la délégation. 

Le Mexique s’est dit persuadé que la participation de la société civile colombienne, notamment des jeunes, en tant qu’agent de changement, aux initiatives de réconciliation a été fondamentale pour la mise en œuvre de l’Accord de paix.  Il a tout de même dénoncé les niveaux de violence qui persistent dans diverses régions du pays, avant de condamner les attaques contre les ex-combattants, les défenseurs des droits humains, les communautés autochtones et afro-colombiennes et les membres de la communauté LGBTI.  Le Mexique a particulièrement condamné le meurtre de dirigeants sociaux et le recrutement d’enfants autochtones par des groupes dissidents des ex-FARC.  Répondre à la demande de protection et de sécurité, pour offrir des chances de développement à ces communautés, sera incontournable pour consolider les progrès réalisés, a prévenu le Mexique. 

La Chine a remarqué que la consolidation de la paix en Colombie engrange des progrès notables et que divers axes de l’Accord de paix, comme la reforme rurale, avancent bien.  Elle a applaudi le Gouvernement et les parties colombiens pour les efforts consentis.  Cependant dans plusieurs régions, les crimes contre des anciens combattants et des leaders communautaires se poursuivent, a noté la délégation, en soulignant que la pauvreté extrême est intrinsèquement liée à ces actes criminels.  Dès lors, la Chine a encouragé le Gouvernement colombien à miser sur le développement durable et inclusif en donnant notamment la priorité aux efforts pour combler l’écart entre les zones rurales et urbaines. 

Heureuse de constater que le Gouvernement s’efforce de renforcer les infrastructures et les services publics sur tout le territoire, la Chine a estimé que ces efforts commencent déjà à porter des fruits.  Elle a exprimé l’espoir que le Gouvernement colombien pourra avancer dans la mise en œuvre de l’Accord de paix, tout en combattant la pandémie de COVID-19 qui a durement frappé le pays.  La Chine a appuyé le travail du Représentant spécial et a appelé la Mission de vérification des Nations Unies à renforcer sa coopération avec l’équipe de pays des Nations Unies en Colombie. 

L’Estonie a constaté que, quatre ans après la signature de l’Accord de paix, d’importants progrès ont été enregistrés mais que beaucoup reste à faire pour garantir la pleine mise en œuvre de cet Accord « essentiel ».  Alors que la Colombie est aujourd’hui durement frappée par la pandémie de COVID-19, la délégation estonienne a salué les efforts du Gouvernement pour atténuer ces retombées sur sa population.  Elle a également encouragé le Gouvernement à œuvrer avec les FARC à la réalisation effective des principales dispositions de l’Accord de paix, notamment l’accès des anciens combattants à la terre et le processus de leur réintégration. 

Pour l’Estonie, la question sécuritaire demeure la principale préoccupation, comme en attestent les 71 assassinats d’anciens combattants enregistrés en 2020. Il est essentiel de poursuivre en justice ceux qui tuent ces personnes et mettent en péril la mise en œuvre de l’Accord de paix, a plaidé la délégation, jugeant également impératif de progresser dans la mise en œuvre des dispositions hommes-femmes de l’Accord et de remédier aux difficultés que rencontrent les Afro-Colombiens et les autochtones. 

L’Estonie a par ailleurs souligné l’importance du mécanisme de justice transitionnel, qui joue un rôle essentiel pour garantir les droits des victimes. Tout cela ne peut se faire qu’avec l’appui de toutes les composantes de l’État, a-t-elle insisté.  Dans ce contexte, l’Estonie a rappelé que 2021 sera une année cruciale avec la publication du rapport final de la Commission vérité et des premiers jugements de la Juridiction spéciale pour la paix.  Avertissant en conclusion que le processus de paix colombien reste fragile et exige « notre soutien constant », elle a appelé les deux parties à poursuivre sans relâche la mise en œuvre de l’Accord de paix final.  

Cela fait désormais plus de quatre ans que l’Accord de paix a été conclu, a rappelé la France pour laquelle bâtir la paix est un chemin long et exigeant.  Au regard des ambitions de 2016, la mise en œuvre de plusieurs dispositions de l’Accord demeure insuffisante, a-t-elle dit, en parlant d’abord de la poursuite préoccupante des violences.  La France a voulu que l’on y mette un terme et que l’on traduise les responsables en justice.  La société colombienne aspire à davantage de sécurité, ce qui était le sens des marches et mobilisations de la fin d’année, dont nous avons été témoins, a noté la France.  La solution à long terme consiste à renforcer la présence de l’État sur l’ensemble du territoire, y compris dans les zones les plus reculées, a-t-elle estimé. 

Concernant le processus de réintégration des ex-combattants, elle a appelé à la poursuite des efforts, en mettant l’accent sur ceux qui résident en dehors des anciennes zones territoriales de formation et de réintégration.  La France a demandé la mise en œuvre intégrale de la réforme rurale, jugeant important de surmonter la question de l’accès à la terre, « qui se pose depuis longtemps ». 

Gagner la paix, a-t-elle ajouté, c’est aussi fournir des opportunités socioéconomiques viables et justes à tous et en finir « une fois pour toutes » avec l’emprise du narcotrafic.  Le programme de substitution des cultures illicites, qui a démontré son efficacité et qui représente un espoir immense pour des milliers de familles, mériterait d’être consolidé avec des ressources supplémentaires, a plaidé la France.  Les chapitres de l’Accord touchant aux questions ethniques et de genre doivent également faire l’objet d’une attention spécifique, de même que ceux liés à la réforme politique qui progresse « malheureusement bien trop lentement ». 

La France a enfin salué la demande du Gouvernement colombien de proroger le mandat de la Mission de vérification.  Nous sommes prêts, a promis la France, à y répondre favorablement.  La mise en œuvre de l’Accord de paix est un processus programmé sur 15 ans et nous n’en sommes qu’au début.  Il y a de nombreux défis, a reconnu la France, en estimant tout de même que le bilan de ces quatre années « nous invite à l’optimisme ».  La Colombie est « un exemple » pour la communauté internationale et avec l’Union européenne nous continueront d’apporter notre soutien à tous ceux qui, dans le pays, sont mobilisés au quotidien pour bâtir la paix, a assuré la France.  

Les États-Unis ont rappelé que la COVID-19 continue d’aggraver une situation humanitaire déjà complexe et de mettre à rude épreuve le secteur de la santé et les services sociaux.  Nous avons versé, ont-ils dit, plus de 23,5 millions de dollars d’aide à la riposte de la Colombie contre la pandémie et nous entendons maintenir notre soutien.  Les États-Unis ont salué le « grand impact » de l’Accord de paix sur la société colombienne.  Par rapport aux décennies précédentes, la Colombie a connu une baisse significative de la violence, y compris des taux d’homicides, d’enlèvements et d’autres indicateurs liés aux conflits.  Sachant que le conflit a fait rage pendant plus de 50 ans, avec une violence constante, les États-Unis ont estimé que « ce n’est pas une petite avancée ». 

Pourtant, ont-ils relevé, les rapports du Secrétaire général confirment que depuis la signature de l’Accord, des centaines de défenseurs des droits de l’homme, de dirigeants communautaires et d’anciens combattants ont été tués, dont 21 meurtres d’anciens combattants recensés, au cours de la dernière période couverte par le rapport.  Parmi les victimes, on dénombre également des membres des populations autochtones, des Afro-Colombiens, des LGBTI et d’autres groupes vulnérables, ainsi que les Colombiens qui s’emploient à résoudre les problèmes fonciers et environnementaux. 

Cette violence, ont prévenu les États-Unis, a un effet « direct et préjudiciable » sur le processus de réintégration et la mise en œuvre de l’Accord de paix.  « Cela doit cesser », se sont-ils impatientés avant de se féliciter de la rencontre entre le Président Duque et les anciens combattants, en novembre dernier et au cours de laquelle, il a renforcé son engagement en faveur du processus de réintégration et du renforcement des mesures de sécurité pour les anciens combattants. 

Les États-Unis ont en outre exhorté le Gouvernement colombien à continuer de renforcer sa présence dans les zones rurales et à faire en sorte que les responsables de la violence soient traduits en justice.  L’établissement des responsabilités est essentiel à la mise en œuvre de l’Accord de paix, en particulier la justice transitionnelle qui est au cœur du processus de paix et qui sera au cœur de son succès dans les années à venir, notamment avec les premières condamnations de la Juridiction spéciale pour la paix, attendues au cours de cette année.  Les États-Unis ont appelé toutes les parties à participer pleinement aux efforts de vérité et de réconciliation et à contribuer à garantir l’établissement des responsabilités pour que « la Colombie puisse panser ses plaies ». 

Le Viet Nam a salué les développements « positifs et remarquables » observés en Colombie depuis la conclusion de l’Accord de paix final en 2016.  Les incidents violents ont considérablement diminué tandis que le processus de réintégration s’est élargi à tous les niveaux.  Les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) et d’autres parties concernées ont eu davantage d’occasions de participer à la vie politique, s’est félicité le Viet Nam avant de souligner les énormes efforts du Gouvernement pour promouvoir le développement socioéconomique. 

L’année 2021, a-t-il poursuivi, est importante pour la Colombie, en particulier pour préparer les élections de 2022.  Après avoir relevé que les groupes armés illégaux sont responsables de 77% des attaques contre les anciens combattants et les dirigeants sociaux, le Viet Nam a exhorté la Commission nationale des garanties de sécurité à adopter les politiques nécessaires pour démanteler ces groupes et à renforcer les enquêtes et l’application de la loi.  Nous appelons les parties concernées à utiliser pleinement les mécanismes prévus par l’Accord de paix final pour protéger les civils, en particulier les femmes et les enfants, dans les zones qui ont été touchées par le conflit, a insisté la délégation.  Encourageant les progrès dans la réintégration, le Viet Nam a souligné la nécessité de nouvelles mesures pour promouvoir le développement économique et inclusif, la cohésion sociale, le développement rural, le logement, l’éducation et l’emploi. 

Aujourd’hui, la démocratie prend racine en Colombie grâce à une participation politique accrue, a constaté d’emblée l’Inde.  Le système de justice transitionnelle destiné à garantir la vérité, la justice et les réparations aux victimes progresse et la violence diminue alors que la situation sécuritaire s’améliore lentement dans les zones rurales. 

Reconnaissant que la voie à suivre dans la mise en œuvre de l'Accord de paix reste à la fois complexe et difficile, la délégation a appelé à remédier à l’écart persistant en ce qui concerne la présence intégrée de l’État entre les zones urbaines et rurales, en particulier celles touchées par le conflit.  La présence accrue des autorités de l’État dans les zones reculées aidera à relever les défis posés par les groupes criminels organisés et les trafiquants de drogue.  Évoquant ensuite les meurtres récents d’anciens combattants, de dirigeants sociaux et de défenseurs des droits de l’homme, l’Inde a appelé à renforcer le mécanisme tripartite de protection et de sécurité et a estimé que le travail de la Cellule spéciale d’enquête du Bureau du Procureur général demeure critique. 

L’Inde a également mis l’accent sur la nécessiter de veiller à l’application des réformes rurales, la création d’infrastructures habilitantes, et la réintégration des ex-combattants dans tout le pays; ainsi que la fourniture de terre et la mise en œuvre efficace d’un programme de substitution des cultures illicites.  Cela est crucial pour décourager les activités des groupes dissidents des FARC-EP qui menacent le processus de réintégration, a-t-elle estimé.  La délégation a par ailleurs soutenu les cinq priorités proposées par le Secrétaire général pour 2021, et pris note de la demande de la Colombie d’élargir le mandat de la Mission de vérification pour y inclure le contrôle des condamnations prononcées par la Juridiction spéciale pour la paix.  

La Fédération de Russie a observé à son tour que, quatre ans après la signature de l’Accord de paix, la mise en œuvre de ses principales dispositions « se fait encore attendre ».  Il s’agissait pourtant d’un « document historique » qui avait reçu l’assentiment du Conseil de sécurité et constituait une feuille de route à appliquer sans attendre, a-t-elle rappelé, voyant dans ce retard une « source de grande préoccupation ».  

Dans ce contexte, a-t-elle noté, des centaines de représentants des Afro-Colombiens et des peuples autochtones ont pris part à des manifestations pour réclamer l’application de l’Accord.  Des ONG font en outre état de mesures d’intimidation et de menaces constantes à l’égard des défenseurs des droits de l’homme.  Ces agissements poussent une partie de la population à reprendre les armes et certains Colombiens rejoignent les rangs des groupes armés illégaux, s’est alarmée la délégation.  Selon elle, il est urgent de mettre en œuvre les volets relatifs à la réforme rurale, à l’inclusion politique et au problème des narcotrafiquants.   Elle s’est par ailleurs déclarée inquiète que le rapport évoque des projets productifs qui ne sont pas encore financés.  Pour remédier à ces difficultés, la Fédération de Russie a plaidé pour le dialogue entre les parties, et pour la concrétisation de la « volonté profonde de réconciliation nationale » des Colombiens.  

La délégation russe a ensuite souhaité obtenir du Représentant spécial davantage de données sur les membres dissidents de l’Armée de libération nationale (ELN) et sur les familles, lesquelles sont particulièrement vulnérables dans les situations de conflit.  Elle a également observé que certaines données font état d’une perte de confiance des Colombiens dans leur Gouvernement.  

Poursuivant, la délégation a déploré que la Citibank ait refusé de transférer des fonds que la Fédération de Russie destinait aux victimes des ouragans en Colombie.  Au bout de deux semaines, l’établissement bancaire nous a rendu les fonds sans explication et cela nous a empêchés d’acheminer une aide humanitaire, a-t-elle regretté.  Alors que certains assurent que les sanctions sont « ciblées » et ne portent pas atteinte à l’action humanitaire, cette péripétie prouve le contraire et mérite l’attention de la communauté internationale, a-t-elle conclu. 

Mme CLAUDIA BLUM DE BARBERI, Ministre des relations extérieures de la Colombie, a noté que dans son rapport, le Secrétaire général a reconnu la réduction considérable de la violence, les investissements sociaux au profit des communautés touchées par des décennies de violence, les progrès réalisés dans la réintégration des ex-combattants et d’autres aspects de la mise en œuvre de l’Accord de 2016.  Ces réalisations témoignent de l’engagement indéfectible du Président Ivan Duque en faveur de la paix en Colombie, du renforcement de l’état de droit et du développement des territoires qui ont vécu dans la pauvreté et la vulnérabilité, a déclaré la Ministre.  Le rapport annonce aussi d’autres défis pour 2021. 

Le plus grand défi, a estimé Mme Blum de Barberi, demeure la sécurité des communautés, des dirigeants sociaux, des défenseurs des droits de l’homme et des ex-combattants.  En 2020, le Gouvernement a mis en œuvre des mesures visant à renforcer la protection des ex-combattants des FARC.  Quelque 272 mécanismes de sécurité individuelle et collective ont été mis en œuvre et des enquêtes sont en cours sur les attaques contre d’ex-combattants.  Sur les 291 procédures en cours, 34 ont abouti à des condamnations, 21 affaires ont été jugées, 40 sont en cours d’instruction et 48 ont fait l’objet de mandats d’arrêt.  Cela représente un progrès dans plus de 50% des cas, s’est réjouie la Ministre.  La répression contre les organisations criminelles a été renforcée et quelque 412 membres du «  gang du Gofle » ont été arrêtés.  En 2020, le nombre de meurtres des personnes en cours de réintégration a baissé de 12% par rapport à 2019.  Le Gouvernement continuera ses efforts de prévention et de lutte contre les crimes au sein des communautés vulnérables, a promis Mme Blum de Barberi.

Les efforts socioéconomiques ont permis de renforcer l’état de droit et de transformer les territoires les plus touchés par la violence et la pauvreté.  Les progrès réalisés dans la stabilisation des 170 municipalités bénéficiant des programmes de développement territorial démontrent l’élan, l’engagement et l’efficacité du Gouvernement dans la mise en œuvre de l’Accord de 2016, a indiqué la Ministre.  Ces villes représentent un tiers du territoire national et abritent environ sept millions de Colombiens.  L’interconnexion électrique s’est répandue dans tout le pays et 8 348 projets de logement sociaux ont été mis en œuvre dont 6 140 dans le cadre du programme de développement territorial, grâce à un investissement de 52 millions de dollars.  Le Gouvernement, a-t-elle indiqué, est conscient du fait que la transformation en une société plus équitable, pacifique, juste et inclusive exige un effort à long terme.  Pour cette raison, a poursuivi la Ministre, le Gouvernement a mené un travail de planification judicieux, avec des feuilles de route régionales sur 15 ans pour assurer la continuité des actions engagées. 

La viabilité du processus de réintégration est une autre priorité du Président Ivan Duque, a dit la Ministre.  Le Plan national de développement 2018-2022 a incorporé des mesures visant à rendre durable cette réintégration.  Le recensement de la population a permis d’établir une stratégie durable, avec une vision globale des domaines économique, familial, éducatif, sanitaire et psychosocial, de logement et de bien-être communautaire.  Le Gouvernement a pris en compte l’accès des anciens combattants à la terre même si cela n’a pas été inclus dans l’Accord.  Pour 2021, le Gouvernement consacrera 4,2 millions de dollars pour l’acquisition de terres. 

Le Gouvernement a prolongé le mandat de la Commission de suivi, de promotion et de vérification de l’application de l’Accord final qui est la principale instance chargée de résoudre les différends concernant la mise en œuvre de l’Accord, a indiqué la Ministre qui a souligné le rôle des femmes et l’approche sexospécifique dans ce processus.  Le Gouvernement continue de mettre en œuvre les 51 indicateurs de genre inclus dans le Plan d’action du Programme complet pour la protection des femmes dirigeantes et défenseuses des droits de l’homme. 

Mme Blum a aussi annoncé la récente prolongation de la loi sur les victimes et la restitution des terres pour une période supplémentaire de 10 ans.  Le Gouvernement du Président Duque a procédé à plus de 220 000 dédommagements individuels en faveur des victimes, totalisant 498 millions de dollars, ainsi que des dédommagements collectifs.  Pour garantir le droit des victimes à la vérité, à la justice, à la réparation et à la non-répétition, le système de justice transitionnelle a été mis en place, a indiqué la Ministre.  En 2020, 148,4 millions de dollars ont été alloués à ce système.  Avant de conclure, la Ministre a attiré l’attention du Conseil sur la lettre du Président Ivan Duque dans laquelle il demande la prolongation du mandat de la Mission de vérification des Nations Unies en Colombie. 

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