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POP/1097
21 avril 2021

Population et développement: la Commission entend de multiples arguments et recommandations en faveur d’une alimentation saine et durable

Des chercheurs de Thaïlande, du Liban, des Pays-Bas, des ONG impliquées dans la nutrition et la santé ainsi que de nombreux États Membres ont défendu divers arguments, aujourd’hui à la Commission de la population et du développement, pour améliorer l’accès aux aliments sains, dans le cadre de systèmes alimentaires durables. 

Après des années de déclin, la faim dans le monde est à nouveau en hausse, tandis que le surpoids et l’obésité continuent d’augmenter dans toutes les régions du monde, ont constaté les participants à la table ronde multipartite tenue dans la matinée.  « Les trois maux des systèmes alimentaires en ce moment à travers le monde sont la malnutrition, la sous-nutrition et l’obésité », a résumé un enseignant de l’Université américaine de Beyrouth.  Parmi les nombreuses causes invoquées, une experte de l’Université de Mahidol a pointé les lacunes en matière nutritionnelle des adolescentes qui sont mariées précocement et qui se retrouvent désarmées pour lutter contre l’insécurité alimentaire de leur famille. 

L’Organisation mondiale de la Santé a posé les six actions multisectorielles qu’elle juge indispensables pour remédier à la situation, à commencer par la reformulation des aliments pour les rendre plus sains ainsi que leur enrichissement.  D’autres recommandations sont de nature juridique, comme la réglementation du marketing sur les produits alimentaires ciblant enfants et adolescents, ou l’étiquetage nutritionnel facile à comprendre pour déterminer si les aliments sont sains.  L’OMS prône aussi des mesures fiscales pour inciter à la consommation d’aliments plus sains et recommande de promouvoir l’achat et le service de tels aliments.

Tout au long du débat général qui a suivi la table ronde, les États Membres ont signalé les plans d’action nationaux qu’ils ont adoptés pour améliorer la santé nutritionnelle, ainsi que les stratégies mises en œuvre pour lutter contre les différentes formes que peut prendre la malnutrition, comme les carences en iode, l’anémie, l’obésité.

Beaucoup ont attiré l’attention sur la nécessité de rendre les systèmes agricoles plus rentables et plus sûrs en termes de sécurité alimentaire, mais dans la limite de la durabilité.  Les efforts des agriculteurs en ce sens ont été salués, notamment ceux qui luttent contre les pertes en biodiversité et contre les effets des changements climatiques, comme au Costa Rica.

Si l’on peut compter également sur les femmes qui jouent un rôle clef pour garantir la sécurité alimentaire et lutter contre la malnutrition, il faut en même temps leur apporter tout l’appui dont elles ont besoin, dès l’adolescence et en particulier lorsqu’elles sont enceintes et quand elles allaitent, a souligné notamment le Paraguay.  Il faut aussi leur donner accès à la santé sexuelle et reproductive, a plaidé le Canada en demandant que cela reste un sujet central dans les travaux de la Commission.

Les deux séances de la journée se sont déroulées en format virtuel, avec certaines difficultés pour les interprètes lorsque la qualité du son s’altérait.

Les travaux se poursuivront demain, jeudi 22 avril, à 10 heures, avec des débats sur le programme de travail en matière de population et le rôle futur de la Commission.

MESURES POUR LA POURSUITE DE LA MISE EN ŒUVRE DU PROGRAMME D’ACTION DE LA CONFÉRENCE INTERNATIONALE SUR LA POPULATION ET LE DÉVELOPPEMENT AUX NIVEAUX MONDIAL, RÉGIONAL ET NATIONAL

POPULATION, SÉCURITÉ ALIMENTAIRE, NUTRITION ET DÉVELOPPEMENT DURABLE

Table ronde multipartite sur la population, la sécurité alimentaire et le développement durable

Après des années de déclin, la faim dans le monde est à nouveau en hausse, tandis que le surpoids et l’obésité continuent d’augmenter dans toutes les régions du monde.  Ce constat fait par Mme MILKA SOKOLOVIĆ, Directrice générale de « European Public Health Alliance », a marqué l’entame de la table ronde sur « la population, la sécurité alimentaire et le développement durable » qu’elle animait.  Il est pourtant possible, a noté Mme Sokolović, de nourrir encore plus de personnes qu’aujourd’hui tout en préservant l’environnement.  Elle a suggéré pour cela de créer « des environnements alimentaires favorables » qui permettent aux gens de faire des choix contribuant à leur bonne santé, tout en restant dans les limites de la planète. 

C’est dans cette perspective que l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a proposé six actions clefs pour améliorer l’accès et la consommation d’aliments sains, comme l’a rappelé Mme LUZ MARIA DE-REGIL qui travaille dans cette organisation.  Il s’agit de reformuler les aliments pour les rendre plus sains, de réglementer le marketing sur les produits alimentaires ciblant enfants et adolescents, de veiller à un étiquetage nutritionnel facile à comprendre afin de déterminer si les aliments sont sains ou malsains, d’adopter des mesures fiscales pour inciter à la consommation d’aliments plus sains et taxer les produits malsains, de promouvoir l’achat et le service d’aliments sains, et enfin, de procéder à l’enrichissement des aliments.  Elle a expliqué que tous ces éléments nécessitent une action multisectorielle mais, surtout, des cadres juridiques solides. 

M. RAMI ZURAYK, de l’Université américaine de Beyrouth au Liban, a en outre plaidé pour des systèmes alimentaires « humains » qui tiennent compte de l’amélioration de la production tout en réduisant le gaspillage.  Selon cet enseignant, la malnutrition, la sous-nutrition et l’obésité sont les trois maux des systèmes alimentaires en ce moment à travers le monde.  Dans la région Asie-Pacifique spécifiquement, les adolescentes et les femmes sont les plus vulnérables sur le plan de la nutrition, a souligné le Centre de recherche Asie-Pacifique pour les femmes.  L’organisation a relevé que ce sont les femmes qui sont le plus souvent victimes d’anémie.  En dépit de leur statut de productrices agricoles, elles font face à l’obstacle de la propriété foncière à cause de l’héritage du patriarcat.  De ce fait, « assurer une bonne nutrition pour tous revient aussi à promouvoir l’égalité entre femmes et hommes ».

Pour parvenir à la parité des genres, il faut veiller à éliminer les mariages précoces qui contribuent à l’insécurité alimentaire, a pour sa part expliqué Mme EMORN UDOMKESMALEE, de l’Institut de nutrition de l’Université de Mahidol en Thaïlande.  Lorsque les adolescentes sont mariées sans avoir acquis des capacités en matière nutritionnelle, elles sont désarmées quand il faut lutter contre l’insécurité alimentaire de leur famille, a expliqué l’experte.  En répondant à une question des Philippines sur l’impact de la pandémie sur les systèmes alimentaires, elle a indiqué que la COVID-19 a créé des dysfonctionnements non seulement dans le système alimentaire, mais également dans les systèmes de santé et d’éducation.  Tout cela a conduit à l’aggravation des problèmes de nutrition maternelle et infantile, notamment en raison de l’augmentation de la pauvreté et, partant, de la faim.

Mme INGE D. BROUWER, enseignante à l’Université de Wageningen aux Pays-Bas, a aussi fait le lien entre les régimes alimentaires et la santé des adolescents.  Ces derniers doivent consommer assez de légumes et de fruits et peu d’aliments hypercaloriques comme des sodas, a-t-elle rappelé.  Peu de données sont disponibles sur les régimes alimentaires des adolescents, mais on constate qu’ils se nourrissent d’une manière peu saine, a-t-elle noté.  Ils sont en effet davantage tournés vers des aliments transformés et négligent les aliments frais.  Les adolescents dépendent également de leur foyer pour se nourrir et n’ont pas des choix à faire.  Mme Brouwer a suggéré d’établir des programmes de protection sociale ciblés pour les adolescents et touchant leurs besoins alimentaires.  Il faut également aider les pays en développement à établir des directives alimentaires ciblant les adolescents et les jeunes femmes, a-t-elle recommandé. 

Tout commence avec la nutrition infantile, notamment au cours des 1 000 premiers jours de vie d’un enfant, a fait remarquer Mme JANE NAPAIS LANKISA, nutritionniste à « Feed the Children » au Kenya.  S’intéressant également aux jeunes, elle a demandé qu’ils soient représentés à tous les niveaux de prise de décisions sur les questions concernant leur alimentation.  On peut aussi leur faire apprendre les bonnes pratiques en passant par la musique ou les réseaux sociaux, a-t-elle conseillé.

La plupart des intervenants à la table ronde ont argumenté en faveur d’une alimentation saine et durable.  Dans un monde postpandémique, on ne pourra reconstruire en mieux qu’en se basant sur des systèmes alimentaires capables d’assurer une alimentation saine et de préserver la santé des populations.

Suite du débat général

Le débat général entre les États Membres, qui a commencé lundi, a continué aujourd’hui de mettre en évidence les éléments clefs qui permettent d’arriver à la sécurité alimentaire: un secteur agricole conçu de manière durable, des modes de production alimentaire et de consommation tout autant respectueux de l’environnement, une protection sociale universelle, une attention particulière aux femmes -notamment le respect des droits de la santé sexuelle et reproductive– et aux enfants, le soutien aux familles et à l’éducation, une alimentation équilibrée, une eau potable garantie et, enfin, la solidarité internationale face aux conséquences de la pandémie.

Des écosystèmes sains et résilients pour garantir une alimentation sûre

La Gambie a fait un investissement à long terme dans le secteur agricole, en décidant de passer de l’agriculture de subsistance à une agriculture de marché.  Cette transformation est nécessaire pour faire face à l’impact de la pandémie sur tous les pans de l’économie, en particulier sur le tourisme qui représente plus de 20% du produit intérieur brut (PIB).  La Malaisie, obligée d’importer des vivres pour un montant avoisinant 8,3 milliards de dollars par an, a présenté les avantages de ses fermes aquacoles qui stimulent la production locale de poisson.  Le pays a dit vouloir également investir dans la biotechnologie pour améliorer la résistance des plantes produites localement.

Il est vrai que le monde a perdu plus de 60% de sa biodiversité florale, a reconnu le Costa Rica.  Parmi les causes, le pays a évoqué les changements climatiques, la dégradation des terres et la pollution.  Le Costa Rica a donc appelé à préserver la biodiversité, car les écosystèmes sains sont des facteurs clefs pour l’alimentation et la sécurité alimentaire.  Les mêmes problèmes sont visibles au Paraguay où les carences nutritionnelles sont assez prononcées, chez les enfants notamment.  C’est pourquoi un programme de transferts monétaires aux ménages les plus vulnérables a été mis en place.  Le Paraguay s’est aussi enorgueilli de son programme qui assure une bonne alimentation aux femmes enceintes et aux nourrissons.

La Côte d’Ivoire a assuré elle aussi faire des efforts pour renforcer les systèmes alimentaires durables.  Si le niveau de sous-alimentation et de faim a légèrement baissé dans le pays, passant de 17,6% à 15,4% entre 2000 et 2015 avec une projection de 12% à l’horizon 2030, le Directeur général de l’Office national de la population de la Côte d’Ivoire a exprimé ses craintes quant aux conséquences de la pandémie de COVID-19.  Le Gouvernement ivoirien vise donc une amélioration de l’accès à des aliments sains et nutritifs, une transition vers des modes de consommation durables, une promotion de production respectueuse de la nature, l’adoption de moyens de subsistance équitables et le renforcement de la résilience. 

La pandémie mondiale n’a pas épargné non plus le secteur agricole du Ghana, « l’épine dorsale de l’économie » qui emploie trois millions personnes de 15 ans ou plus.  Les conséquences se sont fait sentir dans les systèmes de production, les chaînes d’approvisionnement et les préférences en matière de produits alimentaires, entraînant des problèmes de santé et des morts dans certains segments de la population.  Afin de répondre à la demande croissante de sécurité alimentaire et de nutrition avec un taux de croissance démographique élevé et des conditions climatiques difficiles, le Gouvernement ghanéen s’efforce d’améliorer les systèmes de protection sociale et les filets de sécurité. 

Pour le Nigéria, l’impact de la pandémie sur les moyens de subsistance est clair.  En Afrique, plus de 50% de la population souffre d’insécurité alimentaire grave ou modérée, a rappelé l’Égypte.  Cet état de fait est aggravé par la pandémie et par les changements climatiques, notamment dans le bassin du Nil.  « La sécurité hydrique est une condition sine qua non pour parvenir à la sécurité alimentaire pour 100 millions d’Égyptiens. »  L’Égypte voit dans le prochain Sommet sur les systèmes alimentaires « une occasion en or » pour refaire de la sécurité alimentaire une priorité. 

Afin de faire face à la situation d’insécurité alimentaire, l’Argentine a de son côté lancé en janvier 2020 le « Plan Argentine contre la faim » qui se fonde sur une approche globale de consensus et de participation entre les différents acteurs de la société pour atteindre la population vulnérable.  Compte tenu de sa longue expérience dans l’exportation et la production de denrées alimentaires, l’Argentine s’engage à promouvoir et à renforcer les systèmes alimentaires durables dans leurs trois dimensions: économique, sociale et environnementale.

La santé sexuelle et reproductive pour éviter la malnutrition

Le Canada a réclamé la levée des obstacles systémiques qui pèsent sur la nutrition et les droits à la santé sexuelle, notamment en ce qui concerne les femmes.  Avec la COVID-19, nombre de femmes sont victimes de mariages forcés et de violence physique, a relevé la délégation qui a estimé que la santé sexuelle et reproductive doit être au cœur des discussions au sein de la Commission de la population et du développement.  Même son de cloche pour les États-Unis qui ont préconisé de lutter contre les grossesses non désirées qui conduisent parfois à la malnutrition des mères et des enfants.  Il faut aussi protéger l’autonomie des femmes qui doivent pouvoir gérer leur corps de manière indépendante, ont plaidé les États-Unis.  La délégation a aussi évoqué la pandémie de la faim liée aux conflits.  Les États-Unis entendent d’ailleurs rester engagés dans le combat contre la faim à travers le monde. 

À son tour, le Royaume-Uni a examiné l’impact de la COVID-19 sur la réalisation de la santé et des droits sexuels et reproductifs.  D’après le FNUAP, l’utilisation perturbée de la contraception a entraîné près de 1,4 million de grossesses non désirées en 2020.  « Les services d’avortement sécurisé sont particulièrement exposés pendant la pandémie.  Même là où l’avortement est légal et inclus dans les services de santé, de nombreuses femmes ont du mal à accéder à ces services. »  Selon le Royaume-Uni, les États Membres devraient envisager d’accorder la priorité au renforcement des systèmes de santé et explorer l’utilisation de modèles de prestation innovants tels que la télémédecine pour améliorer l’accès aux droits sexuels et reproductifs.

Le respect du droit inhérent à la vie dès la conception doit être au cœur des politiques en matière de développement, a défendu le Saint-Siège, rappelant que l’Église catholique est aux avant-postes sur le terrain à travers le monde pour combattre la faim.  La croissance démographique est compatible avec la prospérité partagée et le développement humain, a assuré la délégation.  « Pour que chaque personne reçoive son pain quotidien, il faut garantir une distribution équitable d’aliments sains. »

L’égalité des genres et les droits des femmes importants pour les jeunes

L’égalité des genres, les droits des femmes et des filles et la promotion de la santé et des droits sexuels et reproductifs sont également des priorités de longue date de la Belgique.  Ce pays contribue au budget d’organisations actives telles que le FNUAP, l’UNICEF et ONU-Femmes.  La délégation a aussi vanté les mérites de sa coopération internationale qui est très engagée dans le domaine de la santé et des droits sexuels et reproductifs, par le biais des programmes de coopération gouvernementale et des organisations de la société civile belges actives dans les pays du Sud.  Enfin, « par son investissement en tant que gouvernement champion au sein du mouvement She Decides, la Belgique continue à porter haut les droits des femmes et des filles de décider pour leur corps, leur vie et leur futur ». 

C’est grâce justement à l’appui de divers partenaires, dont le FNUAP, que le Malawi s’efforce de parvenir à l’accès universel à la santé sexuelle et aux droits reproductifs des femmes et des jeunes.  Avec l’un des taux de croissance démographique les plus élevés au monde -sa population devrait doubler d’ici à 2060- le Malawi dépend de l’agriculture pour soutenir à la fois la population et l’économie.  Il risque de voir ses terres arables réduites de 57% par habitant d’ici à 2050, a indiqué la délégation. 

Malgré ses modestes moyens, Sri Lanka a assuré être « l’un des rares pays au monde » à offrir gratuitement des soins de santé universels.  Il permet notamment aux jeunes d’avoir un meilleur accès à l’information sur la santé sexuelle et procréative.  Mais les Sri Lankais sont confrontés à d’autres défis sanitaires avec les maladies non transmissibles, comme les maladies cardiaques, le diabète, les cancers et l’asthme qui sont de plus en plus répandus.  Le Turkménistan, qui a entériné son plan d’action pour l’égalité hommes-femmes, investit lui aussi dans l’éducation des jeunes, la création d’emplois et la santé procréative.

Appels à la solidarité internationale pour amortir l’impact de la pandémie de COVID-19 sur la sécurité alimentaire

Pour protéger sa population, le Bangladesh a distribué cinq millions de doses de vaccin contre la COVID-19.  Le pays a toutefois demandé à la communauté internationale de contribuer pour garantir des vaccins sûrs et abordables partout, et d’en faire un bien public mondial.  De ce fait, les pays produisant les vaccins doivent partager la technologie, a préconisé le Bangladesh qui a aussi demandé un soutien technologique en faveur des pays en développement pour lutter contre la faim, afin de renforcer leur productivité agricole.  La coopération triangulaire peut également aider dans cette optique. 

La République islamique d’Iran a appelé à la levée complète et immédiate de toutes les sanctions, afin de permettre aux pays « ciblés » de protéger efficacement leurs populations face à la COVID-19 et de réparer leurs économies.  Malgré les pressions, l’Iran a pris des mesures concrètes pour réformer les politiques existantes, améliorer la durabilité globale des systèmes alimentaires et assurer la sécurité alimentaire ainsi que la nutrition des populations vulnérables dans tout le pays.  Dans le même temps, le secteur de la santé en Iran a fait l’objet de réformes importantes afin, entre autres, d’atteindre l’objectif de couverture sanitaire universelle. 

Les pays en développement en situation de conflit et d’instabilité sont particulièrement affectés par la pandémie, a rappelé la Libye.  Il faut conjuguer les efforts internationaux en mettant l’accent sur la qualité des prestations de santé et l’amélioration des moyens de subsistance des ménages, tout en respectant la souveraineté des États, leurs législations et politiques, leurs croyances et particularités culturelles, a demandé la délégation.  Pour la Ligue des États arabes, la pandémie a mis en relief la nécessité d’une bonne planification démographique et de solides politiques sanitaires.  La stratégie arabe pour le développement agricole doit être adaptée à la crise actuelle et à toute autre crise potentielle.

Pour faire face au problème chronique de l’insécurité alimentaire et à la crise sanitaire mondiale, Haïti a appelé au renforcement de la solidarité internationale en complément des efforts nationaux.  Malgré la jeunesse de sa population et une diaspora importante et solidaire, le pays souffre de la faiblesse de la productivité de son secteur agricole et importe aujourd’hui près de la moitié des produits consommés par sa population, dont le riz.  « Nous risquons dans un avenir proche de ne pas être en mesure de répondre aux besoins alimentaires de notre population », a averti à son tour le Suriname.  Le pays, qui se trouve déjà dans une impasse financière, a subi de plein fouet les répercussions négatives de la COVID-19 sur la stabilité socioéconomique de sa population. 

Le Japon, très préoccupé par les retombées prolongées de la pandémie, a prévenu que « le monde n’est pas sur la bonne voie pour réaliser l’objectif d’éliminer la faim d’ici à 2030 ».  En coopération avec la FAO et le PAM, le Japon appuie une aide alimentaire d’urgence.  Il a créé l’initiative pour la sécurité alimentaire et nutritionnelle en Afrique en coopération avec le Nouveau Partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD), et, en décembre 2021, Tokyo accueillera le Sommet sur la nutrition pour la croissance.

Le rôle crucial des familles et de la société civile

La Fédération internationale pour le développement de la famille (IFFD) s’est enorgueillie d’avoir contribué à un récent rapport de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) sur les services de soutien à la famille destiné à aider les décideurs, les professionnels de la famille et les chercheurs.  D’ailleurs, pour World Youth Alliance (WYA), la Commission de la population et du développement devrait reconnaître la famille comme « l’unité sociale fondamentale » où les gens sont capables de s’acquitter de leurs obligations sociales, même dans les circonstances les plus difficiles.  WYA a vanté les mérites de l’éducation et des services de santé maternelle qui permettent aux femmes de faire les meilleurs choix pour leur famille et de prendre « le contrôle total de leur fertilité en connaissance de cause ».  L’ONG a souhaité que les programmes de planification familiale respectent les besoins et les coutumes locales. 

La Fondation FEMM a expliqué offrir, justement, aux femmes une éducation reproductive et hormonale et les aide à comprendre le fonctionnement des diverses méthodes de planification familiale et leurs effets secondaires potentiels.  Comment savoir quand elles sont fertiles, comment obtenir ou éviter une grossesse.  Cela peut également contribuer à « démystifier » le corps des femmes et des filles et à lutter contre la stigmatisation.  Pour sa part, Action by Churches Together (ACT Alliance) a indiqué être une coalition de plus de 135 églises et organisations liées à l’Église qui travaillent dans plus de 120 pays pour créer « un changement positif et durable dans la vie des personnes pauvres et marginalisées indépendamment de leur religion, politique, sexe, race ou nationalité ».  ACT Alliance a plaidé pour l’intégration de la nutrition dans les programmes de planification familiale pour obtenir des grossesses plus saines. 

Une alimentation équilibrée et une eau potable pour mener une vie saine

Dans cet esprit, le Centre pour la famille et les droits de la personne a salué les progrès enregistrés avant la pandémie dans la diminution de la mortalité maternelle, l’alimentation étant un élément clef.  En effet, l’École Irene Menakay (Onitsh, Nigéria) a souligné le rôle crucial d’une alimentation équilibrée pour mener une vie saine dans les communautés rurales et préconisé une éducation inclusive et de qualité à cet égard, avec le soutien des institutions publiques et internationales.  En première ligne elles aussi, les infirmières membres du Comité international catholique des infirmières et assistantes médico-sociales (CICIAMS) ont salué l’engagement mondial en faveur de l’accès aux aliments, de la salubrité des aliments et de la qualité des aliments, y voyant « un impératif pour la société ».  Selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), ont-elles rappelé, un régime alimentaire nutritif doit comprendre des protéines, des glucides, des graisses, des vitamines, des minéraux et de l’eau.

L’accès à l’eau potable est fondamental pour les droits de l’homme.  La Société pour l’étude psychologique des problèmes sociaux (SPSSI) a choisi de mettre en évidence les effets du stress hydrique sur le développement psychologique et cognitif des enfants.  Leurs voies métaboliques immatures limitent leur capacité à excréter des polluants toxiques.  Ce sont près de 1 000 enfants qui meurent chaque jour de maladies diarrhéiques liées à l’eau et ils sont 12 fois plus susceptibles de mourir d’un cancer du poumon et d’autres affections respiratoires en raison d’une exposition prénatale et pendant la petite enfance à l’arsenic dans l’eau potable.  Une fois adultes, ils risquent aussi de développer des maladies mentales telles que les troubles bipolaires et le stress post-traumatique, a prévenu la SPSSI.

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