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PI/2292
26 avril 2021
Quarante-troisième session, 1re & 2e séances – matin & après-midi

Comité de l’information: Applaudissements devant l’action du Département de la communication globale contre l’« infodémie » qui a accompagné la pandémie de COVID-19

Au fur et à mesure que la pandémie de COVID-19 se propageait, nous nous retrouvions confrontés à une véritable « infodémie »: un foisonnement de fausses nouvelles et de désinformation et une vague de discours de haine pour saper la santé publique dans le monde, souvent avec des conséquences fatales, et pour nous diviser.  C’est en ces termes que Mme Melissa Fleming, Secrétaire général adjointe à la communication globale de l’ONU, a décrit, à l’ouverture de la session annuelle du Comité de l’information, le contexte dans lequel son Département opère depuis mars 2020.

Pour le Département de la communication globale (DCG), qui venait tout juste de lancer sa nouvelle stratégie, il ne s’agissait pas, a poursuivi Mme Fleming, de se contenter de relayer tout simplement des informations « à sens unique » mais de faire en sorte que l’ONU mène le débat, d’inciter les gens à se saisir des questions évoquées et de les encourager à agir.  Le DCG a maintenu le cap, en s’efforçant toujours de toucher les publics dans les langues qu’ils parlent, sur les plateformes qu’ils utilisent et avec un contenu et des messages adaptés.

« Une ONU qui communique dans plusieurs langues mais d’une seule voix », s’est réjoui le Groupe des Amis de l’espagnol, rejoignant le Groupe des 77 et de la Chine qui a insisté sur la centralité du multilinguisme pour le multilatéralisme.

En utilisant la stratégie de communication globale comme « boussole », le Département, a encore expliqué la Secrétaire générale adjointe, a développé la campagne Verified, une initiative mondiale et multilingue contre la désinformation et l’ignorance, menée avec des partenaires petits et grands, y compris des particuliers, pour partager des informations fiables et fondées sur la science et des histoires de solidarité autour de la COVID-19.  Les résultats en ont été « remarquables », compte tenu de « l’appétit du monde » pour des faits clairs et des histoires positives. 

Plus récente, la campagne Only Together, une des dimensions de Verified, a été conçue pour promouvoir l’équité dans l’accès aux vaccins.  Le DCG a reçu le soutien « direct » de représentants de plus de 60 États Membres.  « Le travail du DCG sur le virus a été crucial pour ce qui est de fournir des informations rigoureuses et dissiper les incertitudes de la population en ce qui concerne la sûreté des vaccins », a commenté l’Union européenne.

Pour la Chef du DCG, adapter la stratégie de communication globale va plus loin qu’une réflexion sur la manière de parler des objectifs de développement durable ou encore des droits de l’homme.  Cela signifie adapter les structures et les processus.  La Secrétaire générale adjointe a donné l’exemple de l’équipe dédiée à la communication sur le climat qui est, soutenue par un « laboratoire du climat ». 

Le Département a l’intention d’adopter cette approche intégrée pour sa communication sur les principaux sommets et conférences des Nations Unies, y compris le Sommet sur les systèmes alimentaires en septembre et les prochaines manifestations de haut niveau sur la biodiversité, les océans, l’énergie et les transports, ou encore pour le Plan d’action de l’ONU pour la lutte contre les discours de haine et la campagne multimédia sur le maintien de la paix.  Cette nouvelle stratégie de communication vise à renforcer et élargir les messages de l’ONU grâce aux moyens de communication numériques et à des collaborations et partenariats plus larges.

Déjà, a indiqué la Secrétaire générale adjointe, nous voyons une augmentation « incroyable » de l’audience multilingue sur toutes les plateformes de l’ONU: les consultations sont montées en 2020 à quelque 41 millions d’utilisateurs et à plus de 70 millions de pages vues dans les neuf langues, par rapport à 10 millions d’utilisateurs l’année précédente et à peu près 25 millions de pages vues.

Tout en applaudissant l’agilité et l’efficacité dont a fait preuve le DCG pendant l’année écoulée, les délégations ont insisté sur la parité linguistique entre les six langues officielles de l’ONU.  Le Groupe des Amis de la langue espagnole au sein des Nations Unies a prié le Département de passer d’une « culture de la traduction » à une véritable culture de la production de contenus authentiques.  Le bengali, le hindi et le portugais sont également des langues à soutenir, comme l’a souligné le Groupe des 77 qui a mis en exergue le rôle que peuvent jouer les centres d’information des Nations Unies pour diffuser, dans les langues locales, des informations sur les travaux et les activités de l’Organisation et faire prendre conscience des défis auxquels la communauté mondiale est actuellement confrontée.

En début de séance, le Comité de l’information a élu par acclamation M. Christian Espinosa, de l’Équateur, à sa présidence pour 2021-2022; et MM. Angelito Nayanand, des Philippines, et Darren Camillerito, de Malte, à ses vice-présidences.  Celles qui reviennent au Groupe des États d’Afrique et à celui des États d’Europe seront pourvues ultérieurement.  M. Camillerito assumera aussi les fonctions de rapporteur.  Par ailleurs, la Lettonie est devenue membre du Comité de l’information.

OUVERTURE DE LA SESSION

Déclarations liminaires

M. OMAR HILALE (Maroc), Président sortant du Comité de l’information, a indiqué que, lors de son élection voilà deux ans, il s’est attaché à établir une véritable collaboration entre le Comité et le Département de la communication globale (DCG) nouvellement rebaptisé.  « Avec le recul, cela s’est produit », s’est-il félicité avant de reconnaître que nul n’avait prévu la crise sans précédent liée à la pandémie de COVID-19.  Il a salué à cet égard les efforts déployés par la Secrétaire générale adjointe à la communication globale, Mme Melissa Fleming, et par tout le Département pour s’adapter à ce « nouvel environnement » et atténuer l’impact de la COVID-19.  De son côté, le Comité a dû faire preuve de créativité et de souplesse, notamment pour la tenue de la session de septembre dernier, a expliqué M. Hilale. 

Notant que l’ONU et les gouvernements ont travaillé main dans la main pour faire face à la crise, il a applaudi le fait que les États Membres aient appuyé les efforts du DCG visant à lutter contre les mensonges et les théories du complot.  L’un des aspects les plus dangereux de la crise actuelle est « l’infodémie », cette « floraison d’intox » qui a parfois nui à la santé publique, a-t-il noté, affirmant avoir suivi la ligne imprimée par Mme Fleming dans l’ensemble de l’Organisation pour faire face à ce phénomène.  « Les vainqueurs de la guerre sont ceux qui savent préserver la paix », a-t-il dit en conclusion, remerciant Mme Fleming pour son leadership et son appui au Comité. 

Ouvrant les travaux de la session, le Président élu du Comité de l’information pour 2021 et 2022, M. CHRISTIAN ESPINOSA (Équateur) a mis l’accent sur la lutte contre la désinformation dans le contexte de la pandémie de COVID-19; les mêmes instruments de communication efficaces, flexibles et participatifs pouvant être utilisés à mauvais escient et pervertis pour répandre des mensonges, propager des rumeurs et des peurs injustifiées, voire provoquer de la violence et des troubles.  Le Comité de l’information attend donc du Département de la communication globale (DCG) qu’il continue d’atténuer ces risques, en temps voulu, comme il l’a fait avec la campagne Verified, lancée quelques semaines à peine après le début de la pandémie.

M. Espinosa est aussi revenu sur la résolution 69/324 de l’Assemblée générale qui reconnaît que le multilinguisme favorise la diversité et la compréhension, estimant qu’il est du devoir du Comité d’appuyer pleinement son intégration dans toutes les activités des Nations Unies.  À cet égard, il a remercié le DCG des efforts qu’il déploie pour garantir le multilinguisme dans ses produits et services, « même s’il reste encore beaucoup à faire ».  Le 23 avril dernier, les Journées de la langue anglaise et de la langue espagnole ont été commémorées, a rappelé le Président.  La coïncidence de ces deux journées le même jour nous offre une leçon: « les langues officielles de cette organisation sont destinées à coexister dans l’harmonie et l’équité et non pas de manière séparée ou hiérarchisée ».  De même, le 20 avril, nous avons commémoré la Journée de la langue chinoise, a aussi rappelé le Président, avant de paraphraser Confucius: « La vertu ne va jamais seule, elle attire toujours des imitateurs. »  Il en va de même des langues qui n’ont pas été conçues pour vivre en autonomie, a souligné M. Espinosa.  Il a voulu que cette session soit l’aube du retour de l’espoir après cette année de pandémie. 

La Secrétaire général adjointe à la communication globale, Mme MELISSA FLEMING, a fait le point sur le travail du Département de la communication globale (DCG) « au cours de cette année d’immenses défis, avec cependant aussi des lueurs d’espoir et de possibilités ».  Il y a à peine un an, a-t-elle rappelé, le monde a été collectivement confiné.  Au fur et à mesure que la pandémie se propageait, il est très vite devenu clair que nous étions parallèlement confrontés à une « infodémie »: un foisonnement de fausses informations et de désinformation et une vague de discours de haine pour saper la santé publique dans le monde, souvent avec des conséquences fatales, pour nous diviser.  Cette « infodémie » a immédiatement été un test pour la stratégie de communication globale des Nations Unies, au moment où le Département commençait juste à déployer une approche applicable à n’importe quelle question.

Cette approche, a expliqué Mme Fleming, se fonde sur la vision de l’ONU d’un monde où chacun prospère dans la paix, la dignité et l’égalité, sur une planète saine.  Cette démarche s’organise autour de ce qu’elle a appelé les « 3 W » en anglais: « What?  Why care?  What now? »  Au DCG, a-t-elle affirmé, nous nous posons ces questions chaque fois que nous sommes confrontés à un problème de communication.  Nous ne nous contentons pas d’une approche qui consiste à relayer tout simplement des informations et à se lancer dans une communication « à sens unique ».  L’objectif est de faire que l’ONU mène le débat, d’inciter les gens à se saisir des questions évoquées et de les encourager à agir. 

Indépendamment du thème, le DCG s’efforce de toucher les publics dans les langues qu’ils parlent et sur les plateformes qu’ils utilisent avec un contenu et des messages adaptés.  Cette personnalisation s’étend même aux segments de la population, a encore expliqué la Secrétaire générale adjointe, en parlant de l’importance qu’accorde son département à la nécessité de cibler les jeunes.  D’ailleurs, a-t-elle rappelé, au début de ce mois-ci, le Forum annuel des jeunes du Conseil économique et social (ECOSOC), coorganisé par le DCG, a offert un espace virtuel permettant à plus de 10 000 jeunes de participer activement à des discussions sur le Programme de développement durable à l’horizon 2030 et sur les moyens de se relever au mieux de la pandémie.

En utilisant la stratégie de communication globale comme « boussole », le Département a développé la campagne Verified, une initiative mondiale et multilingue contre la désinformation et l’ignorance, menée avec des partenaires petits et grands, y compris des particuliers, pour partager des informations fiables et fondées sur la science et des histoires de solidarité autour de la COVID-19.  Les résultats, s’est réjouie la Secrétaire générale adjointe, ont été remarquables.  Elle y a vu la preuve de « l’appétit du monde » pour des faits clairs et des histoires positives.  Mme Fleming a promis de montrer cet après-midi aux délégations les retombées de cette campagne, y compris de Only Together, une des dimensions de Verified pour promouvoir l’équité s’agissant des vaccins, pour laquelle le DCG a reçu le soutien « direct » des représentants de plus de 60 États Membres. 

Mme Fleming s’est dite honorée par le fait que plus de 180 États Membres aient appelé à coopérer avec l’initiative Verified, comme le dit la Déclaration politique sur l’accès équitable aux vaccins contre la COVID-19, lancée le mois dernier.  Elle a salué la résolution de l’Assemblée générale qui proclame une nouvelle Semaine mondiale de l’éducation aux médias et à l’information et « qui reconnaît nos efforts par le biais de Verified pour contrer la prolifération de la désinformation pendant la pandémie de COVID-19 ».  Elle a également mis en avant le rôle joué par les réseaux des centres d’information des Nations Unies (CINU) et des coordonnateurs résidents pour diffuser auprès des publics locaux des contenus originaux et taillés sur mesure.

Au-delà de la campagne Verified, la communication plus large sur la COVID-19 a cherché à positionner l’ONU comme la principale voix dans la riposte à la pandémie.  Le portail Web sur le coronavirus dans les six langues officielles, la communication interne avec le personnel et la promotion des notes d’orientation du Secrétaire général sur les différentes dimensions de la crise sont trois exemples de la façon dont le DCG a travaillé pour renforcer la crédibilité et la confiance, en créant et en diffusant des contenus exacts et faisant autorité.

Pour la Chef du DCG, adopter la stratégie de communication globale signifie bien plus que repenser la manière dont on pourrait parler d’une question telle que les objectifs de développement durable ou les droits de l’homme.  Cela signifie adapter ses structures et ses processus.  À titre d’exemple, elle a parlé de l’équipe dédiée à la communication sur le climat, soutenue par un « laboratoire du climat ».  Notre stratégie de communication sur le climat répond à trois objectifs principaux: plaider pour des actions nationales plus ambitieuses en faveur du climat, présenter des solutions pour un avenir plus durable et mobiliser l’action individuelle en faveur d’un monde plus vert. 

Pour y arriver, le DCG capitalise sur des moments clefs du calendrier d’ici à la COP26, à Glasgow, au mois de novembre, pour capter l’attention des médias et du public.  La semaine dernière a été le parfait exemple avec la parution du rapport sur l’état du climat dans le monde, le lancement d’une évaluation mondiale des océans, le Sommet des dirigeants convoqué par les États-Unis et la célébration de la Journée de la Terre.  Le Département a profité de ces rendez-vous pour une montée en puissance de sa communication, dans plusieurs langues et sur plusieurs plateformes, dont la parution de l’éditorial du Secrétaire général dans plus de 120 journaux et sites Internet; le contenu ciblé sur le Web et dans les réseaux sociaux de l’ONU sur l’action climatique; et l’entretien virtuel filmé entre le Secrétaire général et de jeunes militants de Madagascar et du Brésil.

Le DCG a l’intention d’adopter la même approche intégrée pour sa communication sur les principaux sommets et conférences des Nations Unies, y compris le Sommet sur les systèmes alimentaires en septembre et les prochaines manifestations de haut niveau sur la biodiversité, les océans, l’énergie et les transports.  Le Département appliquera également cette approche à tous les efforts de communication et au Plan d’action de l’ONU contre les discours de haine et à la campagne multimédia sur le maintien de la paix.  Au moins de juin, le DCG organisera aussi une autre série de formations en communication pour les cadres supérieurs sur le terrain sur la question de l’exploitation et des abus sexuels.  Cette nouvelle approche est également utilisée pour promouvoir un discours axé sur les solutions et l’autonomisation s’agissant des problèmes économiques, politiques et sociaux de l’Afrique et du développement durable sur le continent.  La nouvelle stratégie de communication vise à renforcer et élargir les messages de l’ONU grâce aux moyens de communication numériques et à des collaborations et partenariats plus larges, a résumé la Secrétaire générale adjointe.

Une des méthodes retenues par le DCG pour inciter les gens à se soucier de l’ONU comme de ses valeurs, c’est la production soutenue d’histoires centrées sur les gens qui humanisent les travaux de l’Organisation et de son personnel.  À ce titre, Mme Fleming a cité le cas de son podcast, Awake at Night, et qu’elle avait lancé alors qu’elle travaillait encore au Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR).  Aujourd’hui, les deux millions de nouveaux téléchargements pour les 25 épisodes de la troisième saison confirment le succès du podcast.

Passant au « mal pernicieux du racisme », comme l’a décrit le Secrétaire général le mois dernier, un problème qui existe dans toutes les régions et toutes les sociétés, la Chef du DCG a expliqué que les manifestations mondiales contre le racisme au cours de l’année dernière ont conduit les organisations à réfléchir sur leur propre bilan.  « Personne n’est à l’abri, y compris l’ONU. »  Fort de ce constat, le Secrétaire général a lancé l’an dernier une équipe spéciale pour lutter contre le racisme et promouvoir la dignité pour tous.  Mme Fleming s’est dite fière que son département soit à l’avant-poste de cette initiative, et qu’il travaille en étroite collaboration avec les principaux bureaux pour impliquer le personnel de l’ONU partout dans le monde entier sur la façon de mieux lutter contre ce fléau.  De même, l’égalité des sexes est une autre priorité de la communication du Département.  C’est d’autant plus pertinent que la pandémie a eu un impact disproportionné sur les femmes, avec des taux plus élevés de chômage, de la violence domestique et de responsabilités familiales. 

Répondant aux nombreux États Membres qui lui ont demandé ce qu’ils peuvent faire pour soutenir le DCG, Mme Fleming leur a proposé de contribuer au financement de la digitalisation de « l’histoire écrite » de l’ONU.  Enfermés dans le sous-sol de la Bibliothèque Dag Hammarskjöld, les archives, publications et autres documents sont dans un état désastreux et cela signifie que la mémoire collective de l’Organisation risque d’être perdue à jamais.  La Secrétaire générale adjointe a rappelé qu’un projet de préservation chiffré a été présenté dans les rapports 2020 et 2021, dont une enveloppe de 10,5 millions de dollars sur cinq ans. 

Heureuse des nombreuses façons dont son département s’est adapté à la pandémie pour continuer de s’acquitter de son mandat, Mme Fleming a cité, entre autres, les visites en ligne offertes au grand public et les différents leviers qui ont permis la couverture de toutes les réunions intergouvernementales, et ce, dans plusieurs langues.  Elle a également parlé des contenus multimédias qui sont quotidiennement mis à jour.  Tous ces efforts ont été récompensés par une incroyable augmentation de l’audience multilingue sur toutes les plateformes de l’ONU.  La consultation des sites d’information sont montées en 2020 à quelque 41 millions d’utilisateurs et à plus de 70 millions de pages vues dans les neuf langues, par rapport aux 10 millions d’utilisateurs de l’année précédente et à peu près 25 millions de pages vues. 

De même, le site Web de l’ONU a connu une augmentation des visites: de juillet à novembre 2020 seulement, le site a comptabilisé plus de 102 millions de pages vues, et entre mars 2020 et mars 2021, les comptes des réseaux sociaux de l’ONU ont gagné 70,1 millions d’engagements organiques, dépassant de loin les objectifs pour la période.  « En bref, les données montrent que de plus en plus de personnes se sont tournées vers nous pour être informées sur les problèmes mondiaux, à un moment où nous vivons une crise mondiale qui affecte tout le monde, partout », en a conclu Mme Fleming. 

L’une des leçons qu’elle a retenues de cette année, c’est qu’il est possible d’atteindre un plus grand nombre de personnes grâce à la communication et à la sensibilisation virtuelle, mais, dans le même temps, elle s’est dite consciente du fait que quelque chose se perd tant que nous ne pouvons pas reproduire les connexions intangibles générées lors de manifestations et réunions en personne.  Mme Fleming a terminé son propos par une citation de Derek Walcott, poète et scénariste de Sainte-Lucie: « Cassez un vase: l’amour qui en assemble à nouveau les morceaux est plus fort que l’amour, qui lorsqu’il était entier, considérait sa perfection symétrique comme allant de soi ».  Nous devons assembler ensemble les morceaux de « notre monde fracturé » et la bienveillance qui sous-tendra cet effort prouvera la validité de ces paroles.  Le DCG, a promis la Secrétaire générale adjointe, y contribuera par des contenus vérifiés, sa lutte contre la désinformation et un concert de réponses possible uniquement si nous restons ensemble.

DÉBAT GÉNÉRAL (A/AC.198/2021/2, A/AC.198/2021/3, A/AC.198/2021/4)

Au nom du Groupe des 77 et de la Chine, M. AHMED TIDIANE SAKHO (Guinée) s’est félicité des efforts continus du DCG pour s’adapter aux modes de communication virtuels et hybrides pendant la pandémie de COVID-19.  Il a cependant constaté que cette crise a encore aggravé la fracture numérique.  Bien que le mode de communication virtuel ait été largement adopté dans le monde entier, il a relevé que, dans les pays en développement, l’adaptation à la technologie n’a pas encore atteint son plein potentiel.  De fait, a-t-il noté, « les problèmes de capacité ont laissé la moitié du monde déconnectée du numérique ».  Jugeant essentiel de combler les lacunes, le représentant a exhorté le Département à promouvoir et à faciliter la coopération internationale pour le développement des médias, des moyens et des technologies de l’information et des communications dans tous les pays.  Selon lui, il importe aussi de veiller à ce que l’utilisation de ces technologies soit pleinement compatible avec les buts et principes de la Charte de l’ONU et du droit international. 

Le représentant a par ailleurs encouragé le DCG à continuer de promouvoir les conférences, décisions, résolutions et accords marquants et pertinents qui ont été conclus par l’ONU.  À cet égard, il a mis un accent particulier sur les faits nouveaux liés au développement durable, aux changements climatiques, à la lutte contre le terrorisme, au maintien de la paix, au désarmement nucléaire, à la décolonisation, à l’égalité des sexes et à la libre circulation de l’information et des connaissances.  Il s’est notamment félicité des campagnes de promotion et des publications dans le domaine des opérations de maintien de la paix, qui mettent en valeur les pays fournisseurs de contingents. 

Le représentant a ensuite évoqué la prolifération de la désinformation durant la pandémie, soutenant qu’une telle « tendance inquiétante » implique de prendre des mesures pour arrêter ce flux d’informations négatives.  Tout en saluant les efforts du DCG sur ce dossier, il a estimé que le besoin croissant de diffuser des informations factuelles, opportunes, ciblées, claires, accessibles, multilingues et fondées sur la science exige que le Département continue de fournir des informations crédibles provenant de sources faisant autorité au sein du système des Nations Unies.  Il a pris note des nouvelles campagnes de communication du DCG qui contribuent à promouvoir la notion d’équité vaccinale, en particulier l’initiative « COVID-19 Communication Response » des Nations Unies et la campagne Only Together annoncée par le Secrétaire général en 2021.

Le représentant a d’autre part observé que la stratégie de communication globale fournit un cadre utile pour mettre en évidence le travail important de l’ONU.  Dans ce cadre, il a félicité le Département pour son rôle de promotion de la Décennie d’action pour le développement durable via la couverture des trois thèmes prioritaires présentés dans la stratégie.  S’agissant des travaux du DCG, il a souligné l’importance de l’intégration du multilinguisme dans toutes ses activités de communication et d’information, notant à cet égard la demande croissante de contenus dans des langues autres que les langues officielles de l’ONU.  Le G77 encourage le Secrétariat à continuer d’explorer des alternatives pour assurer la publication de divers produits médiatiques dans toutes les langues officielles et non officielles, y compris le portugais, le bengali, l’hindi, le kiswahili, l’ourdou et le persan.  Le Département doit aussi poursuivre ses efforts en faveur du multilinguisme, en mobilisant des ressources adéquates, notamment en explorant des options de financement novatrices ainsi que des contributions volontaires. 

Le représentant a réitéré son appui aux travaux menés par les centres d’information des Nations Unies pour diffuser, dans les langues locales, des informations sur les travaux et les activités de l’Organisation, ainsi que pour faire prendre conscience des défis auxquels la communauté mondiale est actuellement confrontée.  Soulignant la nécessité d’atteindre différents publics grâce à l’utilisation innovante de plateformes numériques, il a encouragé le Département à renforcer sa diffusion numérique en plus des méthodes traditionnelles de distribution et de diffusion de l’information.  Il l’a également invité à établir des partenariats avec les médias nouveaux et traditionnels pour promouvoir les valeurs de tolérance, de non-discrimination, de pluralisme, de liberté d’opinion et d’expression, et pour lutter contre les discours de haine. 

Enfin, tout en reconnaissant certains progrès sur la question, le délégué de la Guinée s’est dit profondément préoccupé par les disparités existant entre les pays développés et les pays en développement et par la disparité entre les langues anglaise et non anglaise.  Nous sommes également préoccupés par les conséquences de ces disparités qui affectent la capacité des médias et des individus à diffuser des informations et à communiquer efficacement, a-t-il dit, réaffirmant en conclusion son attachement aux principes de la Charte des Nations Unies et aux principes de la liberté de la presse et de la liberté de l’information. 

M. SÉBASTIEN BRABANT, de l’Union européenne (UE), a salué l’agilité avec laquelle le DCG a mené ses campagnes sur plusieurs points de l’ordre du jour onusien, dans des conditions de travail très difficiles.  La campagne Verified est un modèle du genre, s’agissant de la lutte contre la désinformation, tout en faisant appel à notre humanité commune, a dit M. Brabant.  L’UE a participé activement aux campagnes, y compris la plus récente Only Together, qui développe un message positif autour des vaccins et de leur accès équitable comme espoir de se relever de la pandémie, a déclaré le délégué. 

« Le travail du DCG sur le virus a été crucial pour ce qui est de fournir des informations rigoureuses et dissiper les incertitudes de la population en ce qui concerne la sûreté des vaccins.  Nos efforts de communication devraient également promouvoir des solutions multilatérales visant à faire de la vaccination un bien public mondial, a poursuivi M. Brabant.  Il a rappelé que l’Union européenne a versé 2,5 milliards de dollars au Mécanisme COVAX. 

Le délégué a insisté sur l’importance de la lutte contre la désinformation, qui incite à la violence, la haine et les discriminations, en ligne et hors ligne.  Il a appelé à protéger les libertés fondamentales, à reconnaître la contribution fondamentale des journalistes, en particulier dans la lutte contre la désinformation, et à assurer la sécurité de ces derniers. 

Le délégué a déclaré que le multilinguisme est la condition nécessaire pour que l’ONU puisse promouvoir son travail auprès d’une audience mondiale et œuvre ainsi à la transparence du système multilatéral.  Le DCG a la responsabilité d’un traitement équitable de toutes les langues officielles, dans toutes les activités de l’ONU.  Enfin, le délégué a exhorté à saisir toutes les occasions de défendre le multilinguisme en tant que force de l’ONU et de promouvoir la diversité linguistique, y compris au sein du personnel du DCG.

Au nom du Groupe des Amis de la langue espagnole au sein des Nations Unies, M. ANDRÉS JOSÉ RUGELES (Colombie) a souligné que son groupe rassemble 20 États Membres hispanophones de l’ONU pour défendre la langue espagnole et le multilinguisme.  Le respect du multilinguisme, élément inestimable pour le multilatéralisme, est la seule façon de diffuser les messages de l’ONU de manière inclusive, a martelé le représentant, avant de saluer les actions prises en ce sens par le DCG, notamment en tirant la meilleure partie des ressources humaines existantes.  Il s’est réjoui de l’impact des campagnes telles que Verified pour lutter contre la désinformation dans le contexte de la COVID-19.  Il a demandé que les notes d’orientation du Secrétaire général et ses rapports sectoriels sur les conséquences de la pandémie soient disponibles dans les six langues officielles de l’ONU.

Mettant en avant l’importance que l’espagnol a pris dans la demande de services et produits d’information de l’ONU, avec notamment six millions de visiteurs supplémentaires en 2020 sur les sites Web de l’ONU, le représentant a pris note avec satisfaction de la contribution essentielle des CINU qui permettent la traduction et l’adaptation des contenus aux publics locaux.  Il a soutenu l’approche du DCG qui consiste à diffuser des histoires positives centrées sur la personne.  Ces récits suscitent un intérêt plus fort du public.  Le DCG devrait en augmenter la portée en passant d’une culture de la traduction à une culture de la production dans les six langues officielles, a-t-il réclamé.

Il faut communiquer, créer des messages et les diffuser auprès du public hispanophone, en respectant la parité des six langues officielles de l’ONU et cela suppose, a insisté le représentant, l’affectation des ressources nécessaires.  À son tour, il a appelé à des financements novateurs, voire des contributions volontaires.  Il faut, a-t-il conclu, un dialogue plus étroit entre le DCG et les États Membres pour faire en sorte que « l’ONU communique dans plusieurs langues mais d’une seule voix ».

Au nom de la Communauté des pays de langue portugaise (CPLP), M. JOSÉ LUIS FIALHO ROCHA (Cabo Verde) a souligné que la CPLP, qui a le statut d’observateur à l’Assemblée générale depuis 1999, promeut l’utilisation de la langue portugaise dans le contexte national et international et, ce faisant, contribue au renforcement du multilinguisme.  Bien que le portugais ne soit ni une langue officielle ni un langue de travail des Nations Unies, il joue un rôle dans le renforcement de la communication et du multilinguisme au sein de l’Organisation.  À ses yeux, la diffusion et la promotion du message de l’ONU au-delà des six langues officielles permet d’informer efficacement un public plus large, tout en reflétant le respect du multilinguisme et de la diversité culturelle dans le monde.

Au moment où toutes les nations sont confrontées à une pandémie sans précédent et à la nécessité d’un vaccin pour tous, disposer d’une information précise et compréhensible est un outil précieux et essentiel pour la recherche de solutions aux problèmes, a fait valoir le représentant, saluant le rôle que jouent les centres d’information des Nations Unies dans l’élaboration de stratégies de communication de crise contre la COVID-19.  Il a notamment applaudi le travail du Centre d’information de Rio de Janeiro qui a activement soutenu la campagne Pledge to Pause, laquelle a obtenu plus de 15,3 millions de vues sur TikTok.  À Cabo Verde, a-t-il ajouté, la plateforme COVID-19, développée avec l’aide de ONU, est la principale chaîne d’information sur les questions liées à la pandémie.  Distinguée comme l’une des meilleures innovations technologiques de la riposte à la COVID-19, elle comprend plusieurs modules d’information intégrés aux sources officielles de l’administration publique et intègre une ligne téléphonique de gestion de la crise. 

En conclusion, le représentant a réitéré la volonté de la CPLP de toucher le public le plus large et le plus de lieux possibles, notamment pour la diffusion d’informations fiables et factuelles sur la pandémie.  C’est pourquoi, a-t-il conclu, la CPLP entend poursuivre sa collaboration avec le DCG et le Comité de l’information dans la poursuite de l’objectif commun d’une communication multilingue dans le monde. 

M. ENRIQUE AUSTRIA MANALO (Philippines) a appuyé le DCG en tant que « messager responsable » de l’ONU qui fournit une information précise et fiable dans les meilleurs délais.  Il a apporté son soutien aux efforts du DCG et de ce Comité pour établir un lien entre le travail de l’ONU et la communauté internationale, s’agissant de la promotion des trois piliers de la paix et la sécurité, du développement et des droits humains.  Les États Membres et observateurs, en partenariat avec des acteurs clefs tels que la société civile, le secteur privé et les médias, doivent, de manière responsable, mettre le pouvoir de l’information au service de la paix, de l’inclusion et du développement.  Chaque État Membre doit avoir la possibilité de donner son avis sur toute information publiée par l’ONU et ses agences. 

Le représentant a rappelé les quelques exemples où des généralisations ont été faites sur un État Membre, compte tenu des informations « non étayées reçues de certaines sources ».  Au regard des préoccupations soulevées par la désinformation et de l’avènement de cette ère de « post-vérité », le délégué a jugé important que chaque information soit rigoureusement étayée.  La tâche principale de toute communication est de fournir une plateforme propice à un changement transformateur et de faire en sorte que personne ne soit laissé de côté, dans ces circonstances extraordinaires, a conclu M. Manalo.

Mme MARITZA CHAN VALVERDE (Costa Rica) a commencé par saluer le travail du Département et de sa Division de la communication stratégique qui, malgré les difficultés présentées par la pandémie, ont su s’adapter et délivrer des messages importants sur la pandémie de COVID-19 et les activités de l’Organisation.  La pandémie est un défi sans précédent, mais c’est aussi l’occasion d’harmoniser les messages et les contenus, et de favoriser la collaboration et la coordination entre tous les organismes, fonds et programmes des Nations Unies, a-t-elle fait valoir.  Elle a salué la campagne Verified, et estimé que pour lutter contre le fléau de la désinformation, il faut une détermination politique et une action unifiée.  Il a exhorté le Département à continuer d’élaborer des stratégies multilingues, de sensibiliser les utilisateurs par des campagnes médiatiques et de diffuser les informations de manière proactive, accessible, multilingue et basé sur des données scientifiques.

Appelant à prendre en compte la situation des groupes vulnérables, et rappelant notamment que près d’un milliard de personnes –soit 15% de la population mondiale- souffrent d’une forme ou l’autre de handicap, la représentante a estimé que la couverture de toutes les réunions et activités des organes principaux et subsidiaires de l’ONU peut être améliorée par une interprétation simultanée dans les six langues officielles, y compris la langue des signes.  Elle a regretté qu’aucune des vidéos archivées sur UN WebTV ne comporte de sous-titres, ce qui les rend inaccessibles aux malentendants.  De la même manière, elle a souligné la nécessité de continuer à diffuser des informations sous forme écrite, audiovisuelle ou numérique, dans les six langues officielles de l’Organisation. 

Enfin, la représentante a réaffirmé que le multilinguisme est une valeur fondamentale de toutes les activités menées par l’Organisation.  C’est également le cas pour le principe de parité entre les six langues officielles de l’ONU.  La langue espagnole, a-t-elle martelé, est la deuxième la plus consultée sur le site Internet de l’Organisation, ce qui justifie d’investir dans la mise à jour, la création et la diffusion de contenus dans les six langues.  Tous les documents officiels doivent être traduits et publiés dans les six langues officielles, en temps voulu, a encore insisté la représentante.

M. OSUGA TAKESHI (Japon) a noté les effets négatifs et positifs de la pandémie pour le travail de communication de l’ONU.  Il a ainsi mentionné comme effet positif, les économies qui découlent de la tenue de réunions virtuelles depuis la pandémie, et comme négatif, la diminution des contacts qui ont entravé une compréhension commune des enjeux.  Le représentant a salué les efforts du DCG en ces temps de pandémie, avant de souligner le travail précieux des centres d’information des Nations Unies, en particulier dans les pays qui n’ont pas de coordonnateur résident.  Il a ainsi loué le travail du Centre d’information au Japon, un pays qui compte œuvrer de manière constructive aux débats pendant cette session, a conclu le délégué.

M. AMARNATH ASOKAN (Inde) a noté d’emblée que la désinformation s’est propagée aussi rapidement que le virus lui-même et a salué le DCG pour sa riposte à la crise qui a permis de gagner la confiance de l’opinion publique internationale.  Il a voulu pour preuve de l’autorité de l’ONU pendant la pandémie en tant que source fiable d’informations, le fait que le nombre de visiteurs de son site ait plus que triplé.  Le représentant a salué l’impact de la campagne Verified et les contributions des CINU.

Notant que l’Assemblée générale vient de proclamer la « Semaine mondiale de l’éducation aux médias et à l’information », du 24 au 31 octobre, pour répondre à la prolifération de la désinformation, en renforçant les capacités d’éducation aux médias, le représentant a encouragé le DCG à travailler avec les États Membres, d’autres organisations des Nations Unies et internationales, ainsi que les entreprises médiatiques nouvelles et traditionnelles, pour organiser des activités éducatives et de sensibilisation du public.  Marquant son soutien à la campagne Only Together du DCG pour réitérer le message selon lequel la vaccination contre la COVID-19 est un bien public mondial et qu’un accès abordable, équitable et juste aux vaccins pour tous est une exigence immuable, le représentant a souligné que ces derniers mois, les conversations à l’ONU et dans le monde entier sont dominées par les questions du genre « Quel vaccin as-tu reçu? », « Est-il fiable? ». 

Le représentant a exhorté le DCG à accorder l’attention voulue à cette question, dans ses stratégies de communication, afin de renforcer la confiance du public dans les vaccins.  Sans cela, notre objectif commun de vacciner l’humanité tout entière ne pourra être atteint, a-t-il mis en garde.  Avant de conclure, il a souligné que la section des nouvelles en hindi a connu un succès « massif », y voyant un motif justifié pour demander au Département de trouver les moyens de promouvoir ses contenus dans des langues non officielles.

M. NUNO VAULTIER MATHIAS (Portugal) s’est félicité de ce que le DCG soit parvenu à faire entendre la voix de l’ONU dans les « circonstances exceptionnelles » causées par la pandémie de COVID-19.  Il y a vu un encouragement à redoubler d’efforts dans un domaine « de plus en plus critique ».  Établissant une comparaison entre la crise climatique et la crise de l’information, le représentant a averti que si nous n’agissons pas urgemment pour faire obstacle à la désinformation et aux discours de haine, il est vraisemblable que l’environnement de l’information deviendra « de plus en plus toxique ».  Pour le délégué, l’initiative Verified du Département est, à cet égard, un outil essentiel pour veiller à la fiabilité de l’information, tant en qualité qu’en quantité.  Il en va de même pour la nouvelle campagne Only Together qui souligne l’importance d’un accès égal au vaccin, a-t-il ajouté, qualifiant la tâche du Département de « sisyphéenne ». 

Constatant par ailleurs que « les échecs sont mieux communiqués que les succès », le représentant s’est réjoui que les succès de l’ONU soient mis en avant par le Département.  Selon lui, il convient de communiquer sur les succès comme sur les échecs mais cela implique aussi de lutter efficacement contre les « intox » et les fausses informations.  Ce combat contre la désinformation est particulièrement important, s’agissant des opérations de maintien de la paix, a souligné le délégué, citant l’exemple des missions en République centrafricaine et en République démocratique du Congo, où les efforts de l’ONU sont « souvent présentés sous un jours négatif ».  Aux yeux du représentant, il est légitime que les griefs des communautés locales soient entendus, mais il faut aussi communiquer sur les accomplissements réels des missions. 

D’une manière générale, a-t-il poursuivi, il importe de continuer à tendre l’oreille pour entendre la voix des femmes et des filles mais aussi de tous les groupes marginalisés.  Pour cela, il faut toucher le plus grand nombre de personnes possible, ce qui passe par le multilinguisme, qui doit être une priorité de l’ONU.  Assurant que fournir une information fiable dans autant de langues que possible « n’est pas une dépense mais un investissement », le représentant a souligné l’importance de la langue portugaise pour « faire connaître notre travail commun sur tous les continents ».  Partisan des partenariats entre l’ONU et les acteurs locaux de l’information, il a salué à cet égard l’action « remarquable » du Centre d’information de l’ONU à Rio de Janeiro.  Il a également souhaité qu’un tel centre soit bientôt mis sur pied à Luanda, en Angola.  Le Portugal, a-t-il conclu, est prêt à travailler avec le Comité et le DCG afin d’atteindre « tous les publics que nous visons ». 

Mme MARIAM SHAIKH (Pakistan) a dénoncé l’« infodémie » qui accompagne la pandémie de COVID-19 et salué les efforts du DCG pour la combattre.  Elle a aussi dénoncé les campagnes de désinformation « sophistiquées » contre l’ONU et contre les États Membres, y compris le Pakistan.  Le dévoiement de certains processus onusiens par de fausses ONG et autres entités en vue de propager la désinformation requiert l’urgente attention du DCG, a estimé la déléguée.  Elle a appelé le Département à promouvoir le multilinguisme, y compris dans ses campagnes sur les réseaux sociaux.  Le DCG devrait aussi renforcer sa coopération technique pour améliorer les capacités de communication des pays en développement, afin de les aider à combler un fossé numérique qui ne cesse de grandir.  Elle a aussi invité le DCG à souligner les contributions des pays contributeurs de troupes, y compris en rendant hommage aux soldats de la paix qui ont fait l’ultime sacrifice pour défendre la paix en ces temps de pandémie.  La couverture des réunions de l’ONU, qui a été très réduite en raison des problèmes de liquidités et de la pandémie, doit être pleinement rétablie, a encore plaidé la représentante, avant d’appeler le DCG à initier un dialogue avec les États Membres pour trouver des solutions « réalistes » à la désinformation et à la prolifération des réseaux qui s’y livrent.

Mme DENIESE AVA-LOU SEALEY (Jamaïque) s’est félicitée de l’approche novatrice adoptée par le DCG pour étendre et intensifier sa capacité à toucher les gens partout dans le monde tout au long de la pandémie, en particulier en gardant à l’esprit la perte de revenus due à la distanciation sociale dans les différents bureaux des Nations Unies.  Elle a pris note des progrès technologiques et des collaborations novatrices qui ont facilité la diffusion en ligne d’informations fiables, dans une multitude de langues.  La représentante a aussi salué les initiatives et les campagnes comme Verified contre la désinformation. 

À cet égard, elle s’est dite fière d’avoir dirigé un groupe restreint d’États Membres qui a présenté une résolution intitulée « Semaine mondiale de l’éducation aux médias et à l’information », qui est venue à point nommé.  La représentante a réaffirmé son soutien la Journée internationale à la mémoire des victimes de l’esclavage et de la traite transatlantique des esclaves, ainsi que le programme Remember Slavery.  Elle s’est félicitée de la poursuite de la collaboration entre les États Membres, le système des Nations Unies et le monde universitaire pour éduquer et informer le public sur les horreurs de l’esclavage.  Elle a recommandé la création de partenariats accrus et l’approfondissement de la collaboration avec la diaspora africaine. 

Saluant le rôle joué par les CINU dans la communication stratégique et la riposte à la pandémie, elle a cité notamment le podcast « Reconstruire en mieux » lancé par le Centre d’information de Trinité-et-Tobago qui met en évidence la riposte d’une ONG des Caraïbes à la pandémie.  Pour l’avenir, elle a encouragé une plus grande collaboration entre les CINU, les équipes de pays et les pays hôtes de l’ensemble des Caraïbes, afin de faciliter le partage d’initiatives qui profitent à la fois à l’ONU et au pays hôte.  Enfin, la représentante a estimé qu’il est temps que le Département, en collaboration avec les personnes d’ascendance africaine, promeuve de manière plus significative la Décennie internationale des personnes d’ascendance africaine.

M. IN CHOL KIM (République populaire démocratique de Corée) a dénoncé ces médias qui s’ingèrent dans les affaires intérieures des États, en vue de promouvoir des changements de régime.  Ces médias, a-t-il accusé, promeuvent des modes de vie occidentaux, étrangers aux pays qu’ils ciblent, sous le prétexte fallacieux de la liberté d’information.  La diffamation de certains pays à laquelle se livrent les médias occidentaux est un sujet de grave préoccupation pour la communauté internationale, a-t-il dit.  Il a demandé que cesse la diffusion d’informations fausses et leurs objectifs « peu avouables ».  Le DCG, a estimé le représentant, doit œuvrer à un ordre international de l’information équitable, dans le respect des spécificités des pays, et garantir l’accès des pays en développement aux nouvelles technologies de l’information.  Nous sommes, a conclu le représentant, prêts à coopérer avec le DCG pour créer cet ordre international équitable.

M. RICARDO DE SOUZA MONTEIRO (Brésil) a déclaré que toutes les activités de communication de l’ONU doivent respecter la Charte de l’ONU, et rappelé que le multilinguisme est une valeur fondamentale.  Aucun style de communication ou aucun destinataire d’une campagne de communication ne doit être privilégié aux dépens d’un autre.  Il a loué le travail des centres d’information de l’ONU, en particulier celui de Rio de Janeiro, et salué l’ouverture prochaine d’un centre à Luanda.  Il a aussi salué le fait que ces centres aient publié un contenu dans 123 langues, y compris le braille.  Le délégué a indiqué que le site d’information de l’ONU en portugais a vu une augmentation de 120% de son audience.  Il a applaudi la campagne Verified sur la lutte contre la désinformation, en ces temps de pandémie et a insisté sur le respect des spécificités locales en la matière.  Cette campagne a été lancée au Brésil pendant un match de football, opposant les deux équipes les plus populaires du pays et les joueurs ont foulé la pelouse avec des bannières portant des messages de ladite campagne.  Plus de 20 millions de personnes ont vu ce match, a fait observer le délégué.

M. BEN BOURGEL (Israël) a souligné à son tour l’importance de fournir des informations fiables et vérifiées en cette période de pandémie, alors que des semi-vérités et des fausses informations se répandent dans les réseaux sociaux.  Dans ce contexte, a-t-il dit, le rôle du DCG est plus important que jamais, notamment pour la diffusion d’informations axées sur la science.  Toutefois, a relevé le représentant, la désinformation n’a pas commencé avec la crise de la COVID-19.  Depuis la dernière guerre mondiale, certains continuent de nier l’Holocauste, ce qui constitue un danger « non seulement pour les juifs mais aussi pour tout un chacun de par le monde ».  Appelant la communauté internationale à lutter contre ces deux fléaux, le représentant a souligné l’importance de travailler à ce sujet avec la société civile. 

Pour lui, des outils comme les podcasts sont essentiels pour préserver l’histoire des personnes qui ont souffert de l’Holocauste.  Malheureusement, a-t-il déploré, la désinformation règne aussi en ce qui concerne la situation au Moyen-Orient.  Mon pays fait en effet l’objet de campagnes mensongères et est constamment ciblée par des résolutions unilatérales, par lesquelles certains lui nient le droit d’exister.  Face à ces actes hostiles, nous attendons du Secrétariat de l’ONU et du DCG qu’ils fassent respecter les principes fondamentaux de l’Organisation.  Dénonçant la promotion d’informations biaisées sur son pays, notamment dans le cadre du conflit israélo-palestinien, il a appelé l’ONU à s’abstenir d’appuyer des histoires à un seul angle.  Les Accords d’Abraham conclus avec plusieurs États arabes « nous ont enseigné que la paix ne peut être favorisée que par le dialogue », a souligné le représentant. 

M. MOHAMED KAMAL ALI ELHOMOSANY (Égypte) a salué le rôle du DCG dans le contexte de la COVID-19, en estimant qu’il a fait face à cette crise avec beaucoup de professionnalisme.  Il a notamment salué les activités et initiatives lancées pour lutter contre la désinformation dans le contexte de la pandémie.  Le représentant a demandé au DCG de donner les moyens nécessaires aux CINU pour qu’ils puissent continuer de communiquer efficacement sur les autres grands thèmes de l’ONU auprès des publics locaux.  Il a également mis l’accent sur l’importance du multilinguisme dans les activités de communication de l’Organisation, y compris dans des langues non officielles, par le truchement des centres d’information, pour toucher un public plus large encore.

Revenant sur les crises qui ont frappé le Moyen-Orient et le mauvais usage des réseaux sociaux pour propager des fausses informations et promouvoir des discours de haine et le terrorisme, le représentant a estimé que les conséquences de la liberté d’expression sur la sécurité des communautés doivent être prises en compte.  Elles exigent des mesures pour barrer l’accès des groupes extrémistes et terroristes aux nouveaux médias.  En la matière, le représentant a réclamé le respect de la souveraineté des États et de la non-ingérence dans leurs affaires intérieures.  L’information est une arme à double tranchant et l’utilisation abusive des technologies de l’information et des communications (TIC) le prouve. 

Mme VANESSA FRAZIER (Malte) a estimé que la communauté internationale a l’obligation de rechercher des solutions communes aux problèmes mondiaux tels que les pandémies.  Elle a aussi la responsabilité de renforcer la confiance et d’informer sur les efforts menés conjointement, ce qui implique de lutter contre la désinformation.  Si l’essor du numérique a ouvert la porte à des opportunités sans précédent, il a également augmenté la vitesse avec laquelle la désinformation se propage.  Il faut donc rester vigilant et faire en sorte que nos citoyens aient accès à des informations factuelles et exactes, a plaidé la représentante.  Elle a jugé essentiels les partenariats avec la société civile, le secteur privé et les géants des médias sociaux.  De même, a-t-elle ajouté, nous devons redoubler d’efforts pour réduire la fracture numérique et nous efforcer de faire de l’accès sûr et abordable à Internet une réalité pour tous. 

La représentante s’est dite convaincu que le Département, en étroite collaboration avec le reste du système des Nations Unies, continuera de jouer un rôle clef dans la lutte contre la désinformation liée au vaccin contre la COVID-19 et à ses effets.  Elle s’est par ailleurs déclarée préoccupée par la montée du racisme et des crimes de haine pendant la pandémie, appelant les États à redoubler d’efforts pour résoudre ce problème.  Elle a ensuite rappelé l’attachement de son pays au multilinguisme, saluant les efforts visant à atteindre le plus grand nombre possible de personnes dans leur propre langue.  Elle s’est félicitée à cet égard que l’ONU mène des actions de sensibilisation dans d’autres langues que les six langues officielles de l’Organisation.  Elle a également souligné la nécessité d’investir dans l’accessibilité pour garantir l’accès des personnes handicapées à des informations vérifiées et factuelles.  Enfin, rappelant que Malte est candidate à un siège au Conseil de sécurité pour 2023-24, elle a indiqué qu’en cas d’élection, l’alphabétisation sera une des priorités du pays. 

M. JAMES PAUL ROSCOE (Royaume-Uni) a observé que l’agilité de la réponse du DCG aux défis posés par la pandémie peut être mesurée grâce aux chiffres impressionnants de son engagement médiatique et numérique entre juillet et novembre 2020.  Ces chiffres font apparaître une augmentation de deux millions du nombre d’abonnés sur tous les comptes des médias sociaux de l’ONU; une hausse jamais enregistrée du nombre de visites sur le site Web des Nations Unies; une progression du nombre des utilisateurs d’ONU-Info de 5,6 millions à 15,6 millions; et un visionnage des réunions et des manifestations virtuelle atteignant de 62 millions de vues.  À cela s’ajoute « l’énorme tâche de transformation » du débat général de l’Assemblée générale, en 112 997 minutes de contenus téléchargeables. 

Jugeant que cet engagement accru est dû en grande partie à la demande mondiale d’informations précises, impartiales, complètes et multilingues sur la pandémie, le représentant a salué le travail du Département dans le cadre de sa campagne Verified contre la prolifération de la désinformation.  Le Royaume-Uni, a-t-il indiqué, a également été ravi de défendre les messages des initiatives Pledge to Pause et Only Together en faveur de la solidarité et l’équité vaccinales.  Le pays participe d’autre part à la lutte contre les récits faux et trompeurs sur le coronavirus, comme en témoignent ses 700 000 dollars d’aide supplémentaire au Réseau humanitaire-à-humanitaire (H2H) afin de combattre la désinformation en Asie du Sud-Est et en Afrique. 

Le représentant s’est également réjoui de constater que le Programme 2030 et l’Accord de Paris sur le climat sont au cœur de la communication de l’ONU en vue d’un relèvement post-COVID-19.  En revanche, il a constaté une montée de l’intolérance, du racisme et de la xénophobie résultant de la pandémie.  Exhortant le Département à poursuivre son appui aux efforts menés contre ces fléaux dans l’ensemble du système des Nations Unies, il a estimé que la société civile et le secteur privé sont des partenaires importants dans cette lutte contre l’intolérance et dans les défis de communication plus larges liés à la pandémie. 

M. PEDRO LUIS PEDROSO CUESTA (Cuba) a salué le travail du DCG qui a été « empreint de sérieux » pendant la pandémie.  Il a souligné le rôle fondamental qu’ont joué les centres d’information qui se sont notamment impliqués dans la campagne Verified laquelle a touché plus d’un milliard de personnes dans le monde.  Cuba s’est félicitée de ce que l’on reconnaisse l’importance du multilinguisme et à cet égard, le travail des CINU est essentiel.

Le représentant a aussi noté les efforts du DCG pour que les nouvelles technologies de l’information et des communications n’éclipsent pas les médias traditionnels.  Il s’est réjoui de la « soif d’information » de l’opinion publique et de la confiance qu’elle place dans les informations relayées par l’ONU, comme en témoigne l’augmentation importante des visites de son site Internet.

Cuba, a affirmé le représentant, a misé sur l’informatisation et la connectivité malgré le blocus qui lui est toujours imposé par le États-Unis et qui a un impact significatif sur son développement.  Le représentant a passé en revue les dégâts causés par ces sanctions pendant les quatre années de l’Administration du Président Donald Trump et a condamné à nouveau la politique américaine qui consiste à diffuser des émissions radio sur 22 fréquences pour appeler à la chute de l’ordre constitutionnel cubain.  Il a rejeté la décision du Département d’État américain de créer un groupe pour Internet à Cuba qui n’a d’autre motivation que de faire des réseaux sociaux des outils de subversion. 

Au nom du dernier État membre du Comité, M. ANDREJS PILDEGOVIČS (Lettonie) a salué en particulier les efforts que le DCG déploie depuis le début de la pandémie.  Ces efforts « proactifs », « ciblés », « multilingues » et « concrets » ne sauraient cacher la nécessité pour renforcer la communication dans les langues « de faible densité ».  Le représentant a évoqué à son tour le besoin grandissant de combattre la désinformation, en ligne et hors ligne, tout en promouvant les droits fondamentaux, y compris la liberté d’opinion et d’expression.  Il a surtout appelé à remédier à l’« infodémie » qui accompagne la pandémie de COVID-19, y compris au niveau du Secrétariat.  Il a attiré l’attention sur le fait qu’avec l’Australie, la France, l’Inde et l’Indonésie, son pays a organisé une manifestation sur l’échange des bonnes pratiques dans la lutte contre la désinformation.  Le délégué a appelé à la pleine mise en œuvre de la résolution de l’Assemblée générale sur la « Semaine mondiale de l’éducation aux médias et à l’information », adoptée le 29 mars dernier « à l’unanimité ».

Comme l’a dit le journaliste et présentateur américain Chris Hardwick: « Nous ne sommes plus à l’ère de l’information.  Nous sommes à l’ère de la gestion de l’information », a déclaré M. SERHII DVORNYK (Ukraine).  D’innombrables sources et divers canaux ont rendu l’accès à l’information presque instantané et bon marché.  Les coûts sont cependant élevés, car les capacités accrues de manipuler les gens sont devenues l’autre face de la médaille, a-t-il mis en garde.  La théorie et la pratique de la « guerre de l’information » se sont profondément développées dans cette guerre « hybride ».  Les tentatives de « militariser » l’information sont désormais des éléments courants du paysage de la sécurité internationale, a fait valoir la délégation, estimant que la tâche principale de l’ONU est de contrer ces tentatives et de prévenir les effets de l’information en tant qu’arme. 

La pandémie COVID-19 n’a fait qu’accroître l’urgence de mettre à jour les politiques d’information des Nations Unies.  Depuis le début de la crise sanitaire, nous avons observé des tentatives d’utiliser la pandémie comme une nouvelle voie pour la désinformation dans notre pays et au-delà, a déclaré le représentant.  La vaccination étant déjà bien engagée, elle est devenue à son tour la nouvelle cible des attaques et doit être protégée de la méfiance du public.  Dès lors, l’Ukraine a salué les efforts déployés par le DCG et notamment les campagnes Verified et Only Together pour promouvoir la solidarité mondiale pour un accès juste et équitable aux vaccins contre la COVID-19 dans le monde.

Alors qu’aujourd’hui marque le trente-cinquième anniversaire de la catastrophe nucléaire de Tchernobyl, le représentant a remarqué que là encore, parallèlement à une histoire de courage et de solidarité mondiale, il s’agit aussi de tentatives de désinformation et des efforts désespérés des autorités d’alors pour cacher la vérité.  « L’histoire de Tchernobyl et la réponse des autorités soviétiques sont un puissant rappel que la désinformation, tout comme les radiations, sont des tueurs invisibles. »

Le représentant a salué la résolution de l’Assemblée générale sur la Semaine mondiale de l’éducation aux médias et à l’information.  Il faut miser sur l’amélioration des capacités de vérifier les faits et de procéder à une réflexion critique pour permettre aux gens de faire la part de choses entre informations crédibles, désinformation, propagande, discours de haine et récits extrémistes.  Le représentant a appelé l’ONU à s’attaquer de manière globale à toutes les tentatives de falsification de l’information.  La désinformation et ceux qui s’y livrent doivent être clairement dissociés du journalisme professionnel, a conclu le représentant.

M. YASSER HALFAOUI (Maroc) a salué la « mobilisation exemplaire » et la « capacité d’adaptation » du DCG malgré les nombreux défis rencontrés en cette période de pandémie, à commencer par la désinformation.  Par temps de crise, le besoin d’informations fiables est plus important encore lorsque celles-ci émanent des Nations Unies, a-t-il souligné, se félicitant du rôle clef joué par le Département aux côtés de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et des autres agences onusiennes dans le cadre d’une communication unifiée.  En outre, le Département a proposé une riposte innovante et robuste à la désinformation, matérialisée par les initiatives Verified et Pledge to Pause, s’est-il réjoui, tout en appelant à rester vigilant à cet égard. 

Malgré les difficultés, le Département a pu s’acquitter de son mandat « avec professionnalisme » et couvrir toutes les thématiques de l’Organisation en adaptant ses méthodes, a encore applaudi le représentant.  Le Département s’est ainsi employé à promouvoir des valeurs comme la paix, la tolérance et le développement durable, tout en s’ouvrant à de nouvelles thématiques comme les changements climatiques ou l’appel du Secrétaire général à un cessez-le-feu mondial.  Dans ce contexte, a poursuivi le délégué, le Centre d’information de l’ONU à Rabat, fondé en 1962, a participé à la promotion des activités de l’ONU auprès du public marocain.  Il s’est notamment mobilisé pour informer sur l’action de lutte contre la pandémie, traduisant ses contenus dans des dizaines de langues locales. 

À cet égard, le représentant a souhaité qu’une page dédiée à la Journée internationale de l’arganier, désormais célébrée le 10 mai, apparaisse sur le site Web de l’ONU, conformément à la pratique établie.  En tant que contributeur de troupes majeur aux missions de l’ONU, le Maroc, a-t-il dit, salue l’engagement du Département en faveur de la promotion du maintien de la paix.  Il a précisé que le Centre d’information de Rabat organise actuellement une exposition sur la participation des troupes marocaines aux opérations de paix onusiennes.  Enfin, après avoir constaté que l’une des conséquences positives de la pandémie est l’augmentation des visites sur le site de l’ONU, il a souhaité que cette tendance n’ait pas un effet aggravant sur la fracture numérique. 

Mme ASBINA MARIN SEVILLA (Venezuela) a dénoncé la prolifération d’informations erronées depuis le début de la pandémie et salué les efforts du DCG pour la combattre.  Elle a appelé à des efforts accrus pour combler le fossé numérique entre les pays et souhaité la préservation des moyens de communication traditionnels pour les populations qui n’ont pas accès à Internet, en particulier dans les pays en développement.  Elle a rejeté les informations « partiales » concernant son pays sur les réseaux sociaux de l’ONU, estimant que cela sape la crédibilité de l’Organisation.  Elle a mis en garde contre tout « sensationnalisme médiatique » et l’utilisation des plateformes onusiennes pour dresser les États les uns contre les autres.  Le DCG a un rôle fondamental pour lutter contre la désinformation, a-t-elle dit, en soulignant l’importance des centres d’information de l’ONU.  Elle a, pour finir, demandé un traitement équilibré des six langues et le respect de la diversité linguistique au sein de l’Organisation.  L’espagnol est la deuxième langue la plus parlée au monde et la deuxième langue sur Internet, a-t-elle tenu à préciser.

Pour Mme EGRISELDA ARACELY GONZÁLEZ LÓPEZ (El Salvador), mettre l’information au service des communautés a pris un nouveau sens avec la pandémie.  La COVID-19 a démontré l’importance fondamentale des activités de communication stratégique des Nations Unies.  Elle a donné lieu à des messages localisés et à des campagnes innovantes comme Verified et Pledge to Pause.  La représentante a toutefois plaidé pour plus de contenus multilingues pour pouvoir toucher davantage les populations locales.  Elle a salué le travail de communication accompli par le DCG dans le contexte des objectifs de développement durable et de l’Accord de Paris.  À l’avenir, a-t-elle suggéré, le DCG devrait tirer les enseignements de cette expérience pour garantir un accès plus juste aux vaccins par des campagnes ciblées.  La représentante a également encouragé le Département à renforcer ses partenariats avec la société civile, le monde universitaire et les artistes qui ont pris une importance particulière au cours de l’année écoulée.  Elle n’a pas manqué de souligner que le fossé numérique est toujours réel à l’intérieur des pays et entre eux.  Elle a insisté sur l’importance pour le DCG de continuer d’utiliser les supports traditionnels de communication en plus des nouvelles technologies.

Prenant acte de la croissance exponentielle des réseaux sociaux de l’ONU et de l’augmentation marquées des visites sur le site Internet en espagnol, la représentante a souligné que le Service des nouvelles en espagnol compte actuellement plus de six millions d’utilisateurs dans le monde.  Avant de conclure, elle a appelé le DCG à respecter le principe de parité entre les six langues officielles des Nations Unies sur tous ses supports et produits médiatiques, notant qu’il reste toujours du travail à faire à cet égard. 

M. MAXIMILIANO JAVIER ALVAREZ (Argentine) a relevé à son tour que, comme l’a douloureusement démontré la pandémie, « la désinformation tue ».  Dans ce contexte, le représentant a appuyé les efforts du DCG visant à produire et diffuser du contenu multilingue sur la pandémie et ses impacts.  Jugeant à cet égard que la pleine intégration du multilinguisme dans toutes les activités de l’ONU est indispensable, il a réaffirmé sa conviction que le Département doit sortir d’une « culture de la traduction », qui prend l’anglais comme langue de base, et tendre vers une « authentique culture multilingue ».  Cela suppose, selon lui, que les particularités de chacune des langues soient prises en compte à tous les stades de la communication. 

Le représentant s’est également félicité de la croissance continue des consultations sur le site Web et les médias sociaux en espagnol, qui en font l’une des langues les plus demandées.  Nous exhortons le Secrétariat à prendre en compte cette tendance lors de l’allocation des ressources existantes, notamment en termes de personnel.  Il a salué le travail du Centre d’actualités en espagnol et applaudi le partenariat des centres d’information en Amérique latine, y compris le Centre de Buenos Aires, qui permet de produire des contenus traitant de l’agenda mondial, en mettant l’accent sur les problématiques régionales. 

Le délégué argentin a ensuite exprimé sa préoccupation face à la disparité dans l’utilisation des six langues officielles sur le site Web de l’ONU: tout le matériel n’est pas disponible dans les six langues officielles et certaines pages ne sont pas mises à jour dans toutes les langues avec la même fréquence.  De même, s’agissant de la couverture multilingue des réunions des principaux organes, il a souligné la valeur des communiqués de presse, qui fournissent des informations quasi instantanées sur les activités de l’ONU et constituent souvent le « seul moyen d’assurer la mémoire institutionnelle ».  Or, a-t-il déploré, ces communiqués ne sont encore disponibles que dans deux des six langues officielles, sans justification et malgré le renouvellement du mandat conféré par l’Assemblée générale en faveur de parité entre les six langues.  Enfin, il a demandé à l’ONU de redoubler d’efforts pour faire en sorte que les archives audiovisuelles des réunions de l’Assemblée générale, du Conseil de sécurité et de leurs organes subsidiaires soient disponibles dans les six langues officielles avec des titres et des descriptifs dans les langues correspondantes.

M. HENRY JONATHAN VIERA SALAZAR (Équateur) a insisté sur l’importance de la perception que le monde a de l’action de l’ONU.  Beaucoup de gens ne savent en effet rien du multilatéralisme et de l’ONU, a déclaré le délégué.  Il a donc salué les efforts de communication visant à ancrer l’ONU dans le monde et à atteindre un public plus large.  Le représentant a appelé l’ONU à continuer d’user de moyens de communication traditionnels, tels que la presse, qui sont privilégiés par les populations qui n’ont pas accès à Internet, en particulier dans les pays en développement.  Il a mentionné l’attachement de son pays aux droits des peuples autochtones et salué le travail de communication autour de ces peuples fait par le Centre d’information de l’ONU à Rio de Janeiro.  Le délégué a souligné l’importance du multilinguisme pour le travail de l’Organisation et estimé que l’espagnol n’est pas traité sur un pied d’égalité avec l’anglais et le français.  Le DCG doit prendre en compte les chiffres communiqués par le Secrétariat sur les consultations des pages en langue espagnole quand il mène ses campagnes de communication, a-t-il dit.  Enfin, le délégué a dénoncé la prolifération d’informations erronées et insisté sur la nécessité de les contrer.

M. JOÃO IAMBENO GIMOLIECA (Angola) a estimé qu’en cette période de crise mondiale, le DCG a un rôle d’autant important qu’il permet une couverture de l’information même quand les journalistes sont absents.  Face à la tendance actuelle à la désinformation, il a souligné le besoin de données scientifiques, fiables et précises, avant de féliciter les Nations Unies pour leur communication sur la COVID-19, en particulier la campagne Verified annoncée par le Secrétaire général en avril 2020. 

Se félicitant de la stratégie de communication globale des Nations Unies, le représentant a tout de même alerté d’une fracture numérique qui a considérablement augmenté pendant la pandémie, notamment entre pays développés et en développement.  Il a souhaité que le DCG prenne des mesures pour combler cet écart.  Il l’a aussi exhorté à continuer de communiquer activement sur l’importance de la solidarité pour lutter contre les impacts socioéconomiques de la pandémie et générer une coopération internationale efficace, avec un accent particulier sur les besoins des plus vulnérables.  De même, a-t-il ajouté, nous encourageons le Département à continuer d’utiliser une approche inclusive pour relever les défis posés par la désinformation. 

Le représentant a jugé que le multilinguisme contribue à la réalisation des objectifs de l’ONU, tels qu’énoncés à l’Article 1 de la Charte.  À cet égard, il a encouragé une couverture multilingue de l’information et des initiatives favorisant la diffusion universelle de la langue portugaise.  À ses yeux, il est primordial de garder à l’esprit que le multilinguisme est un catalyseur de la diplomatie multilatérale et qu’il participe à la promotion des valeurs des Nations Unies.  Dans cet esprit, il a réaffirmé l’engagement de son gouvernement en faveur de l’installation d’un centre d’information de l’ONU à Luanda, en tant que contribution aux besoins des pays africains de langue portugaise. 

Mme YUANCHUN MA (Chine) a noté qu’au cours de l’année écoulée, la pandémie de coronavirus s’est doublée d’une pandémie de désinformation.  Face à cette menace, s’est-elle félicitée, le DCG a riposté activement aux fausses nouvelles et aux discours de haine et racistes, tout en faisant entendre la voix de l’ONU.  Pour la représentante, cette année 2021 est cruciale pour assurer la reprise économique et faire face aux retombées de la crise.  Elle a donc espéré que la communauté internationale renforcera sa solidarité et sa coopération afin de mettre la vie et la science au premier plan. 

S’agissant des travaux du Département dans la période à venir, la déléguée a souhaité qu’ils portent sur les programmes prioritaires des Nations Unies.  Selon elle, la communication onusienne doit se centrer sur la mise en œuvre de la riposte à la COVID-19 et en particulier sur la distribution équitable des vaccins et le relèvement durable des économies.  De plus, le Département doit continuer de faire montre de professionnalisme dans sa communication et lutter contre les fausses nouvelles, la haine et le racisme.  Il doit en outre approfondir sa coopération avec les États Membres afin de mieux informer le grand public.  Enfin, a-t-elle ajouté, le Département doit renforcer le multilinguisme en promouvant l’utilisation sur un pied d’égalité des six langues officielles de l’ONU, y compris le chinois.  À cet égard, elle a appelé à une augmentation des moyens de communication en chinois afin de permettre aux publics sinophones de mieux connaître les activités de l’ONU. 

Pour Mme RABAB FATIMA (Bangladesh), il ne fait pas de doute que la peur, l’incertitude et la prolifération de fausses nouvelles, dans de nombreux cas, ont sapé les réponses nationales et mondiales à la pandémie.  Cela a alimenté les théories de la conspiration et fourni des opportunités à ceux qui cherchent à exploiter ce moment sans précédent pour promouvoir la haine et aggraver les divisions sociales.  Cette « infodémie » n’est pas seulement un défi pour la lutte contre la pandémie, mais aussi un défi mondial qui met en péril la sécurité et le développement de nombreux pays et sociétés.  C’est la raison pour laquelle la représentante a salué l’initiative du DCG pour renforcer la confiance et lutter contre la désinformation par le biais de sa campagne Verified.  Malgré les effets néfastes de la désinformation, la valeur de la communication stratégique ne peut être sous-estimée, a poursuivi la représentante expliquant que le Bangladesh en a fait l’expérience: alors que sa campagne de vaccination avançait lentement aux premiers stades, une campagne médiatique et des activités de sensibilisation continues ont permis de vacciner environ 11 millions de personnes à ce jour.

Passant ensuite aux recommandations relatives au travail du DCG, la représentante a commencé par l’inviter à collaborer davantage avec la communauté scientifique et intellectuelle.  Il devrait également collaborer davantage avec les organisations sociales et les médias sociaux pour lutter contre toute « infodémie », en particulier dans les situations de crise.  Le Bangladesh a aussi demandé au DCG d’intensifier davantage la campagne Verified et de la promouvoir localement avec l’aide des bureaux de pays des Nations Unies.  Les milieux d’affaires et autres acteurs doivent être encouragés à donner une nouvelle vie à cette campagne, a estimé la représentante.  Dans le même ordre d’idées, elle a soutenu l’expansion de la campagne Only Together qui cherche à promouvoir un accès équitable aux vaccins.  Elle a suggéré au Département d’étendre sa portée numérique à différents publics grâce à une utilisation innovante de plateformes numériques. 

La représentante a également demandé au DCG de développer des stratégies de communication plus efficaces et intégrées en vue de mettre en évidence les contributions individuelles des pays contributeurs de troupes et de police de manière équitable, et lutter contre la propagande anti-ONU, en coordination avec les départements et missions sur le terrain.

Mme INDIRA GOHIWAR ARYAL (Népal) a salué la « démarche créative » adoptée par le DCG afin de continuer son travail dans les conditions difficiles imposées par la pandémie.  Elle s’est félicitée de l’axe de communication retenu s’agissant de l’accès équitable au vaccin et a souligné l’importance de la campagne Verified.  Le fossé numérique s’est creusé pendant la pandémie, a-t-elle dit, en appelant à le combler.  Elle a encouragé la DCG à mettre l’accent, dans ses campagnes de communication, sur l’apport des pays contributeurs de troupes.  Elle a salué les campagnes de communication du DCG visant les jeunes, estimant aussi que la publication de contenus dans 123 langues, y compris le braille, est digne d’éloges.  Elle a reconnu que les difficultés budgétaires peuvent entraver le plein respect du multilinguisme mais le DCG devrait néanmoins trouver des moyens de financement innovants.  Elle a suggéré l’idée de solliciter des contributions volontaires, avant d’appeler de ses vœux un système de l’information plus juste et plus équitable.

M. DANIEL PRADA JIMÉNEZ DE CISNEROS (Espagne) s’est réjoui que le DCG ait été en mesure de transformer son travail en un temps record pour se positionner comme « référent communicationnel » face à une crise sanitaire sans précédent, et ce, sans négliger ses autres priorités, notamment la promotion du Programme 2030.  Il a estimé à cet égard que le multilinguisme, valeur fondamentale de l’ONU, joue un rôle clef dans la communication de cette feuille de route.  Il a également exprimé sa reconnaissance au Secrétaire général pour le message qu’il a prononcé vendredi dernier à l’occasion de la Journée de la langue espagnole, dans lequel il a présenté l’espagnol comme un outil de travail essentiel de l’Organisation et un élément indispensable au succès du multilatéralisme. 

Tout en reconnaissant les bonnes pratiques du Département en matière de multilinguisme, le représentant a jugé qu’il y a « moyen de les améliorer ».  Prenant des exemples récents, il a déploré que les informations sur le concert virtuel organisé pour la célébration de la Journée de la langue espagnole et de la langue anglaise n’aient été disponibles qu’en anglais sur le site de l’ONU.  Également la semaine dernière, a-t-il encore regretté, les informations sur le débat de haut niveau consacré à la sécurité urbaine et à la bonne gouvernance, organisé par le Président de l’Assemblée générale et auquel des États Membres hispanophones, dont l’Espagne, ont participé, étaient uniquement en anglais et continuent de l’être sur le site de l’Organisation. 

À la lumière de ces exemples, a-t-il souligné, nous rappelons que le multilinguisme au sein du Département doit être « transversal et intégral ».  Il ne s’agit pas de traduire des informations, mais bien d’avoir des équipes multilingues reflétées sur le site et sur les réseaux sociaux, qui constituent la « véritable porte d’entrée » pour ceux qui essaient de savoir ce que les Nations Unies apportent au monde. 

Évoquant ensuite les rapports du Secrétaire général sur l’activité du Département, le représentant s’est félicité de l’évolution des outils de communication, observant notamment avec un intérêt particulier les données relatives à la langue espagnole, qui continuent d’afficher une « tendance très positive ».  Il a donc réitéré sa demande au Département de « corriger » l’écart entre la demande et l’offre de contenus en espagnol.  Il a également appelé à une répartition plus équilibrée des ressources allouées à chacune des langues officielles afin que l’ONU puisse mieux s’adapter à ses publics.

M. SUPRIYANTO SUWITO (Indonésie) a dénoncé la prolifération d’informations erronées depuis le début de la pandémie et salué les efforts du DCG pour la combattre.  « L’infodémie », qui peut être aussi dangereuse que la pandémie, exige une réponse collective, a-t-il dit, en saluant la campagne Verified pour y faire pièce.  Le délégué a souligné l’importance du multilinguisme et invité le DCG à l’intégrer dans toutes ses activités.  Le DCG devrait également user des langues locales pour se rapprocher des populations locales.  Il a rappelé que la langue indonésienne est parlée par 270 millions de personnes et encourager le DCG à nouer des contacts plus étroits avec les organisations régionales.  Il a ainsi indiqué qu’un partenariat avec l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN) pourrait permettre d’atteindre 650 millions de personnes.  Le délégué a aussi encouragé le DCG à mettre l’accent, dans ses campagnes de communication, sur l’apport des pays contributeurs de troupes.  Il faut lutter contre la propagande anti-ONU qui peut conduire à des attaques contre les Casques bleus, a dit le délégué, avant de plaider également pour une solution au fossé numérique qui s’est creusé pendant la pandémie.

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