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ECOSOC/7064
23 Juillet 2021
Session de 2022, 1re réunion

ECOSOC: M. Collen Vixen  Kelapile, du Botswana, élu Président du Conseil économique et social pour la session de 2022, dans un contexte de relèvement post-COVID-19

À l’ouverture de sa session 2022, le Conseil économique et social (ECOSOC) a élu à sa tête le Représentant permanent du Botswana auprès des Nations Unies, M. Collen Vixen Kelapile.  Conformément au principe de rotation géographique parmi les groupes régionaux, la présidence de la session 2022 revenait au Groupe des États d’Afrique.  Le nouveau Président a promis de poursuivre le travail entamé en pleine pandémie par son prédécesseur, M. Munir Akram (Pakistan) à qui les délégations ont rendu hommage.  

Pour sa session 2022, le débat de haut niveau aura pour thème: « Reconstruire en mieux après la pandémie de maladie à coronavirus (COVID-19), tout en avançant sur la voie d’une mise en œuvre intégrale du Programme de développement durable à l’horizon 2030 ».  M. Kelapile a dit être pleinement conscient des lourdes responsabilités associées à la présidence de l’ECOSOC et des attentes légitimes, en particulier de « ceux que nous servons dans le monde et qui se tournent vers les Nations Unies pour obtenir de l’aide ».  Selon lui, les circonstances difficiles auxquelles nous sommes confrontés exigent que l’ECOSOC se montre à la hauteur et joue le rôle qui lui revient en menant une guerre énergique contre la maladie, la pauvreté et les inégalités, les impacts des changements climatiques, ainsi qu’en œuvrant pour une mobilisation efficace de l’action mondiale et des ressources au cours de la Décennie d’action pour accélérer la mise en œuvre de tous les objectifs de développement durable (ODD).  Malgré les ravages de la pandémie, il a dit continuer de croire que la nature ambitieuse du Programme de développement durable à l’horizon 2030 et de ses 17 objectifs reste un formidable modèle pour que toutes nos nations travaillent encore plus dur pour tenir leur promesse. 

Selon le nouveau Président, la pandémie nous a montré que la solidarité mondiale, le multilatéralisme et la coopération sont « nos plus grands atouts ».  En effet, nous sommes plus forts en tant que collectif et nous devons immédiatement nous attaquer à toutes les différences entre nos nations, a lancé le nouveau Président de l’ECOSOC.  Selon lui, ne pas le faire ne fera qu’aggraver les tensions géopolitiques et socioéconomiques, et affectera profondément nos générations présentes et futures.  Et même si le chemin à parcourir restera difficile, il existe des domaines évidents où, en travaillant ensemble, nous pouvons faire des progrès rapides.  

Se tournant vers les grands piliers qui sous-tendront sa présidence de l’ECOSOC, il a évoqué la reprise rapide après la COVID-19 grâce à un accès urgent aux vaccins pour tous, lesquels doivent être traités comme un bien commun mondial.  C’est pour cette raison qu’il a prévu d’organiser en juillet prochain une réunion spéciale de l’ECOSOC pour faire le point sur les progrès accomplis dans le cadre de la vaccination contre la COVID-19.  M. Kelapile a aussi plaidé pour un espace budgétaire adéquat pour une reprise post-COVID-19 qui soient également alignée sur la réalisation des ODD.  À l’heure actuelle, moins de 20% des fonds de relance et de relèvement ont été dépensés dans les pays en développement alors que les besoins y sont beaucoup plus importants, a—t-il constaté.  

Le nouveau Président de l’ECOSOC, inquiet de voir que la pandémie a frappé plus durement les plus pauvres et les plus vulnérables de nos sociétés, et en particulier les femmes, aggravant ainsi les inégalités entre les sexes, a aussi souhaité que l’ECOSOC promeuve le dialogue sur la façon de s’attaquer aux causes profondes des inégalités persistantes.  L’ECOSOC devrait également poursuivre l’exploration des liens entre les inégalités, le racisme structurel et les ODD, a—t-il souhaité.  C’est selon lui une bonne occasion pour mieux utiliser la réunion nouvellement mandatée sur la transition des secours au développement, en particulier sur les situations au Sahel et en Haïti.

Autres domaines d’action qu’il a privilégiés, le transfert de technologies, le partage des connaissances et le soutien renforcé à l’innovation et à la technologie sont des moyens de renforcer la résilience et de surmonter les défis urgents.  M. Kelapile a aussi mis l’accent sur l’action climatique et espéré un cadre ambitieux pour la biodiversité pour l’après-2020 lors de la quinzième réunion des parties à la Convention sur la diversité biologique (COP-15), ainsi qu’une forte ambition pour l’utilisation durable des océans par le biais de la Conférence sur les océans.  M. Kelapile a dit avoir entamé un échange de vues informel avec le futur Président de l’Assemblée générale sur la manière dont les deux organes de la Charte peuvent faire avancer conjointement l’agenda climatique.  

Enfin, le nouveau Président a estimé que le Conseil devrait continuer à servir de plateforme pour un dialogue inclusif et favoriser des partenariats impliquant également les points de vue des organisations non gouvernementales, de la société civile et du secteur privé.  Il a aussi proposé de limiter le nombre d’examens nationaux volontaires au cours de la prochaine session du forum politique de haut niveau pour le développement durable, afin de laisser suffisamment de temps à une interaction significative lors de chaque examen. 

Le Président sortant, M. Munir Akram, a fait le bilan de son mandat qui fut pour lui une expérience unique, étant donné qu’elle s’est déroulée au milieu de la plus grande crise économique et sociale à laquelle le monde ait été confronté depuis un siècle.  L’an dernier, a-t-il relevé, l’ECOSOC a été au centre d’un intense discours international sur les moyens de répondre à la pandémie de COVID-19 et de ses conséquences, tout en persistant dans ses efforts pour mettre en œuvre le Programme 2030 et les ODD et éviter la menace existentielle d’une catastrophe climatique.  L’ECOSOC a apporté sa contribution à la construction des réponses à ces défis et a défini les actions nécessaires pour fournir « un vaccin pour tous ». 

Néanmoins, en dépit de notre consensus, le monde en développement n’a pas encore trouvé le financement nécessaire pour se remettre de la récession et du ralentissement économique déclenchés par la pandémie, a relevé M. Akram.  Il a expliqué que le poids de la dette provoque l’effondrement des économies les plus faibles.  Et tandis que les riches se rétablissent, les pauvres s’enfoncent davantage dans la pauvreté alors même que de nouvelles souches du virus se propagent aux populations non vaccinées.  Les promesses d’unité vaccinale et la réaffectation de droits de tirage spéciaux (DTS) doivent donc être tenues en urgence, ainsi que la promesse de fournir 100 milliards de dollars par an pour le financement climatique.  Pour M. Akram, l’ECOSOC a la responsabilité fondamentale, conformément au mandat de sa Charte, de mobiliser la solidarité mondiale et la coopération internationale pour surmonter les défis du monde.

Pour sa part, le Secrétaire général adjoint aux affaires économiques et sociales, M. Liu Zhenmin, a rappelé que le dernier forum politique de haut niveau avait souligné l’urgence de répondre à la pandémie de COVID-19 tout en luttant contre l’augmentation de la pauvreté, de la faim et des inégalités.  Dans le contexte actuel, les ODD sont plus importants que jamais, car ils servent de boussole pour construire des sociétés équitables et durables qui peuvent être plus résilientes face aux crises futures, a-t-il indiqué.  Il a ajouté que sans accès universel et équitable aux vaccins contre la COVID-19, « reconstruire mieux » et « ne laisser personne de côté » ne seront que des vœux pieux.

L’ECOSOC a également élu trois de ses Vice-Présidents: MM. Diego Pary Rodríguez de la Bolivie, Jukka Salovaari de la Finlande et Vitivas Srivihok de la Thaïlande.  Le Vice-Président issu du Groupe des États d’Europe de l’Est sera désigné ultérieurement.

M. Srivihok a demandé que le Conseil renforce ses efforts pour améliorer la coordination et la cohérence du travail de ses organes subsidiaires, lesquels sont mieux outillés pour aider les pays à reconstruire en mieux.  Son homologue de la Bolivie, M. Diego Pary Rodríguez, a promis que la région dont il est originaire allait apporter sa contribution à la bonne marche du Conseil, tandis que leur collègue de l’Indonésie a rendu hommage au Président sortant qui a œuvré à la réussite de la session ayant pris fin hier.  La Chine a également salué le travail fait au cours de la session qui vient de s’achever sous la direction du Président Akram, suivi en cela par la délégation des États-Unis qui a promis une franche collaboration au nouveau Bureau.

Le Conseil a aussi adopté l’ordre du jour provisoire de sa session de 2022 (E/2022/1), avant d’adopter une résolution (E/2022/L.1) sur l’organisation de ses travaux tout en gardant à l’esprit qu’il faudra peut-être l’adapter compte tenu de l’incidence que la pandémie de COVID-19 continue d’avoir sur ses activités.

En 2022, les dates à retenir sont les suivantes:

  • 2 février: Forum des partenariats 
  • 3 et 4 février: Débat consacré aux questions de coordination
  • 8 avril: Réunion spéciale sur la coopération internationale en matière fiscale
  • 13 avril: Réunion de gestion consacrée aux élections
  • 19 et 20 avril 2022: Forum de la jeunesse
  • 25 au 28 avril: Forum sur le suivi du financement du développement, y compris la réunion spéciale de haut niveau avec les institutions de Bretton Woods, l’Organisation mondiale du commerce et la CNUCED
  • 5 et 6 mai: Forum de collaboration multipartite sur la science, la technologie et l’innovation au service de la réalisation des objectifs de développement durable 
  • 17 au 19 mai: Débat consacré aux activités opérationnelles de développement
  • 8 et 9 juin: Premier débat consacré à la gestion
  • 20 juin: Réunion consacrée au passage de la phase des secours aux activités de développement
  • 21 au 23 juin: Débat consacré aux affaires humanitaires
  • 5 au 12 juillet: Sommet sur les objectifs de développement durable, organisé sous les auspices du Conseil économique et social
  • 13 au 15 et le 18 juillet: Débat de haut niveau, y compris la réunion ministérielle de trois jours du forum politique de haut niveau pour le développement durable 
  • 21 et 22 juillet: Second débat consacré à la gestion
  • 25 juillet: Séance d’organisation relative à son programme de travail pour la période allant de juillet 2022 à juillet 2023.

En fin de séance, l’Allemagne a été tirée au sort pour occuper le premier siège dans la salle de l’ECOSOC au cours des réunions de 2022.  Les autres membres du Conseil seront donc installés à sa suite selon l’ordre alphabétique en anglais. 

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