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22 juin 2021

Point de presse quotidien du Bureau du Porte-parole du Secrétaire général de l’ONU: 22 juin 2021

(La version française du Point de presse quotidien n’est pas un document officiel des Nations Unies)

Ci-dessous les principaux points évoqués par M. Stéphane Dujarric, Porte-parole de M. António Guterres, Secrétaire général de l’ONU:

Belgique

Pour rappel, comme nous l’avons annoncé hier, le Secrétaire général se rend ce soir à Bruxelles pour une série de réunions avec les dirigeants européens, ainsi qu’avec les autorités belges.

Il commencera son programme demain par une réunion avec la Commission européenne, au cours de laquelle ils discuteront de plusieurs questions, notamment la collaboration entre l’Union européenne et l’ONU, la promotion d’une reprise post-pandémie durable et inclusive basée sur les objectifs de développement durable, l’accès mondial aux vaccins contre la COVID-19, le climat et le multilatéralisme.

Par ailleurs, pour rappel, le Secrétaire général prononcera jeudi un discours devant le Parlement européen à Bruxelles.  Nous vous ferons part de ces remarques sous embargo demain matin.

Et nous vous tiendrons également au courant de ses activités à Bruxelles.

Fédération de Russie

Ce matin, le Secrétaire général s’est adressé par message vidéo préenregistré à la neuvième Conférence de Moscou sur la sécurité internationale.  M. António Guterres a noté qu’en tant que Membre fondateur de l’ONU et membre permanent du Conseil de sécurité, la Fédération de Russie a toujours été un champion des travaux de notre Organisation et du multilatéralisme.  Dans son message, il souligne le rôle important des partenariats pour relever l’ensemble des défis de la paix et de la sécurité internationales, depuis le désarmement et la non-prolifération nucléaires jusqu’à la prévention de l’emploi d’armes chimiques et biologiques; de la cybersécurité à la désinformation.

Comme nous vous l’avons dit hier, le Secrétaire général adjoint aux opérations de paix, Jean-Pierre Lacroix, représente physiquement le Secrétaire général à cette conférence à Moscou.  Il y rencontrera de hauts responsables russes et remerciera la Russie de son appui et de ses contributions au maintien de la paix.

Afghanistan

Deborah Lyons, Représentante spéciale du Secrétaire général pour l’Afghanistan, a fait un exposé au Conseil de sécurité par VTC ce matin.  Elle dit qu’on ne saurait exagérer sa préoccupation face à la situation actuelle dans le pays.  Elle a averti que toutes les grandes tendances –qu’elles concernent la politique, la sécurité, le processus de paix, l’économie, l’urgence humanitaire ou le COVID– sont négatives ou stagnantes.

Elle a déclaré que l’annonce à la mi-avril du retrait de toutes les troupes internationales dans les mois à venir avait provoqué une secousse sismique dans le système politique afghan et la société dans son ensemble.  La décision de retrait était attendue, mais sa rapidité –la majorité des troupes étant déjà retirées– ne l’était pas, a-t-elle ajouté.

La Représentante spéciale a pris note des récentes offensives des Taliban, affirmant que plus de 50 des 370 districts afghans étaient tombés depuis le début du mois de mai.  Mme Lyons a dit que la Mission d’assistance des Nations Unies en Afghanistan (MANUA) continue de travailler dans le cadre de son mandat et, en coopération avec les États Membres, de trouver des moyens d’avancer dans les négociations.  Pour l’heure, elle a averti que les moteurs du conflit semblent dépasser les modalités raisonnables et espérées de la négociation.

Gaza

À la suite des hostilités à Gaza en mai, l’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA) lance un appel humanitaire et de relèvement rapide de 164 millions de dollars.  Cet appel actualisé tient compte des mesures d’intervention d’urgence immédiates mises en œuvre par l’UNRWA à Gaza et en Cisjordanie entre le 10 et le 31 mai, ainsi que des besoins de relèvement rapide des réfugiés palestiniens à Gaza et en Cisjordanie, y compris Jérusalem-Est.

L’appel lancé pour cette année décrit les besoins à combler en matière de réparation d’abris d’urgence, d’aide humanitaire aux familles déplacées et de réparations et d’entretien d’urgence des installations de l’Office.

Les fonds seront également nécessaires pour subventionner temporairement le paiement de loyers des familles palestiniennes dont les abris ont été complètement détruits ou endommagés, sous la forme d’une aide en espèces pour les abris de transition.

Famine

Le Programme alimentaire mondial (PAM) a averti aujourd’hui que la famine –déjà présente dans quatre pays– pourrait devenir une réalité pour des millions de personnes à travers le monde, à défaut de financement urgent et d’accès aux familles coupées par le conflit.

Des analyses récentes du PAM montrent que 41 millions de personnes sont au bord de la famine dans 43 pays, et que le moindre choc les pousserait au-dessus de ce précipice.  Cela comprend plus d’un demi-million de personnes en Éthiopie, à Madagascar, au Soudan du Sud et au Yémen.  D’autres pays particulièrement préoccupants sont le Nigéria et le Burkina Faso.

Le PAM a déclaré que l’augmentation de la faim a été causée par les conflits, les changements climatiques et les chocs économiques, mais que cette situation a été aggravée par la flambée des prix des denrées alimentaires de base cette année.  Nous signalons régulièrement l’indice FAO des prix des produits alimentaires (Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture), qui ne cesse d’augmenter.  Dans de nombreux pays comme le Liban, le Nigéria, le Soudan, le Venezuela et le Zimbabwe, la dépréciation de la monnaie ajoute à ces pressions et fait monter les prix des denrées alimentaires.

Cette année, le PAM entreprend la plus grande opération de son histoire, ciblant 139 millions de personnes.  Avec un financement et un accès suffisants, le PAM a déclaré qu’il serait en mesure de fournir à tous ceux qui risquent la famine en 2021 une aide alimentaire et nutritionnelle vitale.  Pour cela, il a besoin de 6 milliards de dollars.

Nigéria

Comme exemple de la fragilité des systèmes alimentaires, le Coordonnateur humanitaire au Nigéria, Edward Kallon, a averti qu’une combinaison de facteurs -escalade du conflit, déplacements et perte de moyens de subsistance en raison de la COVID-19– pourrait faire augmenter le risque de famine pour des millions de personnes se trouvant dans le nord-est du Nigéria.

Pas moins de 4,4 millions de personnes dans le nord-est sont menacées de faim aiguë pendant la période de soudure entre juin et septembre.  Il s’agit des pires perspectives depuis quatre ans.

M. Kallon affirme que le ciblage des travailleurs humanitaires et de leurs biens, y compris par le biais d’enlèvements et de violences, a limité l’accès et la liberté de mouvement des travailleurs humanitaires et des personnes ayant besoin de soutien.

Il a averti que les effets de la COVID-19 et des changements climatiques, qui ont aggravé les conflits sur les ressources naturelles, en plus d’une pénurie de financement, ont amené la situation humanitaire à un stade qui pourrait être un point de rupture.

Le Plan d’intervention humanitaire du Nigéria pour 2021, qui prévoit un peu plus de 1 milliard de dollars, n’est financé qu’à 19%.

Mozambique

Au Mozambique, autre urgence oubliée, nos collègues humanitaires affirment que les affrontements dans le nord du pays sont à l’origine de l’une des crises de déplacement qui connaît la croissance la plus rapide au monde.

Le nombre de personnes qui ont fui leur foyer à Cabo Delgado a bondi de près de 650% l’année dernière.

Actuellement, plus de 732 000 personnes ont été déplacées, dont au moins 30% ont été forcées de fuir plus d’une fois, selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).

L’attaque de Palma le 24 mars et les affrontements qui ont suivi dans tout le district ont forcé près de 70 000 personnes à quitter leurs foyers.  Beaucoup ont dû marcher pendant des jours, avec rien de plus que leurs vêtements sur le dos.

Des personnes tentent également de demander l’asile en Tanzanie, mais sont systématiquement renvoyées de force au Mozambique.  Le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) indique que près de 10 000 personnes ont été retournées après être entrées en Tanzanie cette année, dont la moitié depuis mai seulement.

Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA) affirme que la situation conduit à une grave crise de la faim en plus de multiples situations d’urgence en matière de santé et de protection.

Les organisations humanitaires ont aidé plus de 700 000 hommes, femmes et enfants cette année, mais elles sont entravées par l’insécurité, les difficultés d’accès et le sous-financement.  Seuls 11 % des 254 millions de dollars nécessaires ont été reçus jusqu’à présent.

Myanmar

S’agissant du Myanmar, où près de cinq mois après la prise de pouvoir du Gouvernement par l’armée, nos collègues sur le terrain se disent profondément préoccupés par les informations continues faisant état de l’utilisation de la violence par les forces de sécurité, avec des rapports quotidiens faisant état de morts et de blessés.

Au moins 872 femmes, enfants et hommes non armés ont été tués dans tout le Myanmar depuis le 1er février, tandis que des milliers d’autres personnes ont été blessées.

Nos collègues se trouvant dans le pays continuent d’appeler les militaires à s’abstenir de recourir à la violence et à l’usage disproportionné de la force, y compris l’utilisation de balles réelles.

COVAX

Mise à jour COVAX pour le Brésil et le Honduras.

Dimanche, le Brésil a reçu plus de 840 000 doses de Pfizer du COVAX, s’ajoutant aux plus de cinq millions de doses qu’il a déjà obtenues du COVAX.

Le Brésil recevra également quatre millions de doses d’AstraZeneca dans les semaines à venir.

Nos collègues nous disent que près de 79 millions de personnes au Brésil ont été vaccinées à ce jour.

Pendant ce temps, le Honduras a reçu plus de 200 000 doses par l’intermédiaire du COVAX, ce qui porte à plus de 450 000 le nombre total de doses qu’il a reçues jusqu’à présent.

Avec cette dernière cargaison, le Gouvernement hondurien a commencé sa cinquième campagne de vaccination.

Cuba

Une question a été posée par les journalistes de Prensa Latina, qui ne pourront pas téléphoner depuis La Havane, où ils attendent leur visa.  Nous avons été interrogés sur la séance de l’Assemblée générale de demain qui examinera le projet de résolution demandant la fin du blocus imposé à Cuba par les États-Unis. Bien que cette question relève de la compétence des États Membres, le Secrétaire général a encouragé ceux-ci, dans le contexte de la pandémie, à lever les sanctions imposées à des pays, afin de garantir l’accès à la nourriture, aux fournitures sanitaires essentielles et au soutien médical COVID-19.

La résolution, qui est adoptée chaque année, reflète le sentiment écrasant des États Membres de l’Assemblée générale et c’est quelque chose dont, bien sûr, nous prenons note.

Coordonnateurs résidents

Le Bureau de la coordination des activités de développement informe que nous avons deux nouveaux coordonnateurs résidents, qui prennent leurs fonctions aujourd’hui: Amakobe Sande, du Kenya, la nouvelle Coordonnatrice résidente en Érythrée, et Susan Ngongi Namondo, du Cameroun, la nouvelle Coordonnatrice résidente en Ouganda.  Félicitations à toutes les deux.

Les coordonnateurs résidents dirigent le travail sur le terrain des équipes des Nations Unies, qui aident notamment les autorités à répondre aux multiples impacts de la pandémie de COVID-19 et à mieux se rétablir pour parvenir à la réalisation des objectifs de développement durable (ODD).

Les biographies complètes sont disponibles dans notre bureau et sur le Web.

Invités du Point de presse de demain

Demain, les invités seront Achim Steiner, Administrateur du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), qui est également Coprésident du Dialogue de haut niveau sur l’énergie, ainsi que Damilola Ogunbiyi, Représentante spéciale du Secrétaire général pour l’énergie durable pour tous et Coprésidente du Dialogue de haut niveau sur l’énergie. Ils se joindront à nous virtuellement pour faire un exposé sur les forums thématiques ministériels du Dialogue de haut niveau sur l’énergie, qui se déroulent actuellement.

Les forums thématiques rassemblent les principales parties prenantes pendant cinq jours –du 21 au 25 juin– pour mobiliser les actions en tant qu’étape majeure sur la voie du Dialogue de haut niveau sur l’énergie, qui aura lieu en septembre 2021.

Contribution financière

Il y a maintenant 111 États Membres qui ont payé l’intégralité de leurs cotisations budgétaires. Le dernier pays à l’avoir fait est Maurice.

À l’intention des organes d’information • Document non officiel.