Imprimer
Dbf210527
27 mai 2021

Point de presse quotidien du Bureau du Porte-parole du Secrétaire général de l’ONU: 27 mai 2021

(La version française du Point de presse quotidien n’est pas un document officiel des Nations Unies)

Ci-dessous les principaux points évoqués par M. Stéphane Dujarric, Porte-parole de M. António Guterres, Secrétaire général de l’ONU:

Secrétaire général/Maintien de la paix

Pour commémorer la Journée internationale des Casques bleus, le Secrétaire général a déposé ce matin une gerbe de fleurs au Monument à la mémoire des Casques bleus, au Siège des Nations Unies à New York, saluant ainsi la mémoire des plus 4 000 femmes et hommes qui ont perdu la vie depuis 1948, sous le drapeau de l’ONU.

Lors d’une réunion virtuelle, M. António Guterres a décoré de la Médaille Dag Hammarskjöld 129 soldats, policiers et civils qui ont perdu la vie en 2020 et les premiers mois de cette année.

Dans son allocution, le Secrétaire général a déclaré que les défis et les menaces auxquels sont confrontés les Casques bleus sont tout simplement énormes.  Il a noté que, malgré la COVID-19, les Casques bleus ont, dans toutes les missions, non seulement dû s’adapter pour continuer à remplir leurs tâches essentielles mais aussi dû contribuer aux efforts communautaires et nationaux de lutte contre le virus.

Commentant le thème de la commémoration de cette année « La route vers une paix durable: Mobiliser le pouvoir des jeunes en faveur de la paix et de la sécurité », le Secrétaire général a souligné que dans les pays où les missions sont déployées, la paix ne peut être réalisée sans la participation active des jeunes gens.

Il a aussi présenté le Prix 2020 « Défense de l’égalité des genres » à la Conseillère militaire pour les questions de genre, la commandante Steplyne Buyaki Nyaboga, du Kenya, qui, âgée de 32 ans, est déployée en ce moment à l’Opération hybride Union africaine-Nations Unies au Darfour.

Secrétaire général/Équité vaccinale

Toujours ce matin, le Secrétaire général a participé à une manifestation en ligne, coorganisée par l’Initiative des Nations Unies Verified, pour discuter avec les patrons d’entreprises de la manière de renforcer les efforts mondiaux pour assurer l’accès équitable aux vaccins et intensifier la lutte contre le virus.

Le Secrétaire général a reconnu que la science a fourni des vaccins sûrs et efficaces contre la COVID-19, en un temps record mais il a aussi reconnu le fossé large et grandissant dans l’accès aux vaccins, entre pays riches et pays pauvres.  Quelque 10 pays seulement ont administré plus de 75% de toutes les doses, a souligné le Secrétaire général, ajoutant que cette situation n’est pas seulement injuste mais qu’elle est aussi autodestructrice et dangereuse pour tout le monde.

Il a insisté sur le fait que l’accès rapide et équitable aux vaccins est le seul moyen d’éviter que de nouvelles variantes du virus encore plus dangereuses n’émergent et ne fassent encore plus de ravages, dans les pays riches comme dans les pays pauvres.

Le virus COVID-19 ne peut être battu dans un seul pays.  Il peut contre-attaquer à tout moment et le monde doit agir avec détermination et solidarité pour l’écraser.

Le Secrétaire général a aussi braqué les projecteurs sur le rôle du secteur privé qui, a-t-il dit, a été vu comme essentiel dans chaque percée depuis le début de la pandémie, qu’il s’agisse des vaccins, des médicaments ou encore du diagnostic.  Il a salué les nombreuses entreprises qui l’ont reconnu, en plaçant les personnes avant leurs intérêts.  Le moment est venu pour le secteur privé de jouer tout son rôle pour mettre fin à cette catastrophe mondiale.

Somalie

Dans une déclaration qu’il a publiée, le Secrétaire général salue l’accord conclu entre le Gouvernement fédéral de Somalie et les leaders des États membres de la Fédération sur l’application du mode de scrutin prévu par l’Accord du 17 septembre.

Mali

La Mission des Nations Unies au Mali (MINUSMA) a salué la libération des dirigeants civils de la transition ce matin mais elle demeure préoccupée par le vide politique laissé par leur démission.  La Mission a souligné la nécessité d’assurer une reprise immédiate de la feuille de route de la transition et de rétablir une transition dirigée par les civils qui bénéficie du soutien du peuple malien.  La Mission a aussi souligné la nécessité d’une assistance internationale continue au Mali.

Le Représentant spécial, M. El-Ghassim Wane, a rejoint le médiateur de la CEDEAO et ancien Président du Nigéria, M. Goodluck Jonathan, aux réunions qui ont été organisées les 25 et 26 mai, à Kati, avec le Président Bah N’Daw, le Vice-Président Assimi Goita, et le Premier Ministre Moctar Ouane.  Le Représentant spécial est également intervenu au Conseil de sécurité hier.

Le personnel de la MINUSMA continue d’exécuter son mandat sans incident. L’ONU continuera à travailler étroitement avec la médiation régionale et ses partenaires sur le terrain pour appuyer les efforts visant à replacer la transition sur les rails.

République démocratique du Congo (RDC)

Les agences humanitaires indiquent qu’elles suivent étroitement les développements à Goma dans le Nord-Kivu, après la décision que les autorités ont prise pendant la nuit de procéder à l’évacuation de 10 quartiers, comme mesure de précaution après l’éruption du volcan Nyiragongo.  Les évacuations seraient en cours, des dizaines de milliers de personnes quittant Goma, dans un contexte où les besoins humanitaires sont déjà élevés au Nord-Kivu.  Quelque 44% des cinq millions de déplacés en RDC sont au Nord-Kivu et près du tiers de cette population souffre d’une insécurité alimentaire grave.

Arménie/Azerbaïdjan

Nous suivons avec inquiétude l’évolution de la situation à la frontière entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan.  Nous exhortons tous les acteurs concernés à faire preuve de retenue pour éviter toute action qui pourrait aggraver encore les tensions.  Nous comprenons que des négociations sont en cours.  Toutes les questions bilatérales en suspens doivent être résolues pacifiquement, par le dialogue et des moyens diplomatiques.

Moyen-Orient

M. Tor Wennesland, le Coordonnateur spécial des Nations Unies pour le processus de paix au Moyen-Orient, a informé aujourd’hui le Conseil de sécurité des récentes hostilités entre les militants palestiniens à Gaza et Israël, ajoutant que le cessez-le-feu tenait.

Il a souligné l’appel éclair humanitaire de 95 millions de dollars lancé aujourd’hui, dont vous avez entendu parler ce matin par la Coordonnatrice résidente et Coordonnatrice humanitaire des Nations Unies pour le Territoire palestinien occupé, Mme Lynn Hastings, et a réitéré l’appel du Secrétaire général à la communauté internationale pour qu’elle travaille avec l’ONU sur un plan d’aide intégré et robuste.

M. Wennesland a déclaré au Conseil que c’est l’absence de la proverbiale « lumière au bout du tunnel », l’absence d’un horizon politique après des décennies de conflit, qui tue les espoirs des gens et crée un environnement propice à ceux qui ne sont pas intéressés par une paix durable.  Il a dit que ce n’est que par des négociations qui mettent fin à l’occupation et créent une solution viable des deux États que nous pouvons espérer mettre un terme définitif à ces cycles de violence insensés et coûteux.

Les membres du Conseil ont également entendu M. Philippe Lazzarini, Chef de l’Office de secours et de travaux des Nations Unies dans le Proche-Orient (UNRWA), qui a récemment passé quelques jours à Gaza, où plus de 250 personnes ont été tuées et des milliers d’autres blessées.  Il a salué le travail accompli par le personnel de l’UNRWA à Gaza, qui a ouvert les écoles qu’il dirige là-bas à des milliers de personnes déplacées par l’escalade de la violence.

Éthiopie

La Coordonnatrice humanitaire en Éthiopie, Mme Catherine Sozi, a condamné aujourd’hui les arrestations arbitraires, les tabassages et autres formes de mauvais traitements par des soldats qui ont affecté plus de 200 personnes lors des raids militaires dans des zones de déplacement interne dans la région de Tigré, dans la nuit du 24 mai.

Selon nos collègues, les sites en question de Tsehaye et d’Adi Wonfito, dans la ville de Shire, accueillent au total 12 000 personnes déplacées.

Mme Sozi a appelé à la libération immédiate de tous ceux qui ont été arbitrairement arrêtés.  Elle a également déclaré que les violations graves du droit international humanitaire et des droits de l’homme devaient faire l’objet d’une enquête rapide et que leurs auteurs devaient être traduits en justice.

L’ONU, avec ses partenaires, est prête à dialoguer avec les commandants militaires pour assurer la protection des civils.

Concernant la situation humanitaire plus large au Tigré, l’accès reste un défi.  La majeure partie de la zone centrale, la plus peuplée de la région avec quelque 1,8 million d’habitants, reste largement inaccessible.

Là où les travailleurs humanitaires ont pu atteindre les populations, la situation est désastreuse, avec des pénuries de nourriture, un système d’eau dysfonctionnel, un manque d’électricité et de services de santé.

L’insécurité alimentaire est également alarmante, avec un risque élevé de malnutrition aiguë sévère et massive dans les prochains mois s’il l’on ne s’y attaque pas immédiatement.

Les partenaires humanitaires intensifient progressivement leur réponse.  Près d’un demi-million de personnes ont reçu une aide alimentaire la semaine dernière, ce qui porte le nombre de récipiendaires depuis le 27 mars à plus de 2,2 millions de personnes sur les 5,2 millions de personnes ciblées, de sorte que nous avons encore un écart assez important.

Nous continuons d’appeler à un accès sûr, sans entrave et durable pour intensifier la réponse humanitaire afin d’aider toutes les personnes dans le besoin.  Il faut d’urgence un financement accru.

Haïti

Le sous-secrétaire général aux affaires politiques, M. Miroslav Jenča, est arrivé en Haïti hier pour examiner les progrès auxquels l’équipe des Nations Unies en Haïti, y compris la Mission des Nations Unies, contribue et pour s’entretenir avec les autorités et la société civile.

COVID-19/Afrique

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a déclaré aujourd’hui que l’Afrique a besoin de toute urgence d’au moins 20 millions de doses du vaccin AstraZeneca au cours des six prochaines semaines, pour pouvoir injecter une seconde dose à tous ceux qui ont déjà reçu une première dose, en respectant un écart de 8 à 12 semaines.

En outre, l’OMS a déclaré aujourd’hui qu’elle avait besoin de 200 millions de doses supplémentaires de tout vaccin approuvé pour une utilisation d’urgence par l’OMS, afin que l’Afrique puisse vacciner 10% de sa population d’ici à septembre de cette année.  Cela fait suite à un appel lancé par son Directeur général, M. Tedros Adhanom Ghebreyesus, à l’Assemblée mondiale de la Santé au début de la semaine pour que tous les États Membres soutiennent une campagne de vaccination massive.

À ce jour, 28 millions de doses de vaccin COVID-19 ont été administrées en Afrique, ce qui représente moins de deux doses administrées pour 100 personnes.

COVAX

Plusieurs pays d’Amérique latine et des Caraïbes ont reçu cette semaine des expéditions de vaccins COVAX.

À Saint-Vincent-et-les Grenadines, où notre équipe soutient les autorités à la suite de l’éruption du volcan La Soufrière, le pays a reçu plus de 21 000 doses.

Ailleurs dans les Caraïbes, 21 000 doses de vaccins sont arrivées à la Grenade et 96 000 au Salvador.

L’Argentine a reçu deux expéditions de vaccins soutenus par COVAX, totalisant plus de 860 000 doses.  La Bolivie a reçu son troisième envoi de plus de 100 000 doses.

L’Amérique latine et les Caraïbes ont reçu à ce jour près de 14 millions de doses soutenues par COVAX.  Nous travaillons avec nos partenaires pour aider les pays dans leur campagne nationale de vaccination.

Environnement

Le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) à Nairobi a publié aujourd’hui un nouveau rapport, conjointement avec le Forum économique mondial et d’autres partenaires.

Le rapport indique qu’un investissement total de 8,1 billions de dollars est nécessaire d’ici à 2050 pour lutter avec succès contre les crises liées aux changements climatiques, à la biodiversité et à la dégradation des terres.

Le rapport, intitulé « L’état des finances de la nature », appelle également à un investissement annuel de 536 milliards de dollars par an d’ici à 2050.

Le rapport exhorte les gouvernements, les institutions financières et les entreprises à surmonter ce déficit d’investissement en plaçant la nature au cœur de la prise de décision économique à l’avenir.

 

À l’intention des organes d’information • Document non officiel.