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11 janvier 2021

Point de presse quotidien du Bureau du Porte-parole du Secrétaire général de l’ONU: 11 janvier 2021

(La version française du Point de presse quotidien n’est pas un document officiel des Nations Unies)

Ci-dessous les principaux points évoqués par M. Stéphane Dujarric, Porte-parole de M. António Guterres, Secrétaire général de l’ONU:

Déplacement virtuel du Secrétaire général

Aujourd’hui, le Secrétaire général a eu une réunion bilatérale virtuelle avec le Premier Ministre britannique, M. Boris Johnson. 

Au préalable, il est intervenu lors d’un évènement de la COP26 (Conférence des Parties) sur l’Afrique et consacré à la transition vers une énergie propre dans le cadre d’une reprise verte. 

Le Secrétaire général a déclaré que, pour atteindre la neutralité carbone d’ici à 2050, il est nécessaire d’assurer une transition urgente des combustibles fossiles vers les énergies renouvelables et que l’on doit notamment soutenir les pays en développement dans cette transition. 

Le Secrétaire général a réitéré son appel aux pays développés pour qu’ils honorent leur engagement de longue date de fournir 100 milliards de dollars par an aux pays en développement pour appuyer l’atténuation et l’adaptation.  Il a également déclaré que la Banque mondiale, la Banque africaine de développement (BAD) et les banques nationales de développement doivent concevoir des instruments financiers capables de réduire les risques d’investissement et d’attirer des capitaux privés vers les pays africains. 

En outre, il a souligné l’importance d’investir dans l’adaptation, l’Afrique étant très vulnérable aux risques climatiques. 

Hier, le Secrétaire général s’est joint à Lord Ahmad de Wimbledon pour un évènement marquant le soixante-quinzième anniversaire de la première session de l’Assemblée générale des Nations Unies, qui a eu lieu au Central Methodist Hall de Westminster, à Londres. 

Dans ses remarques, le Secrétaire général a déclaré que, tout au long de son histoire, les travaux de l’Assemblée générale avaient contribué à améliorer la santé, l’alphabétisation et le niveau de vie dans le monde et à promouvoir les droits de l’homme et l’égalité des sexes. 

Abordant les défis actuels, M. António Guterres a réitéré son appel en faveur d’un nouvel accord mondial, ainsi que d’un nouveau contrat social entre les personnes, les gouvernements, le secteur privé et la société civile pour s’attaquer aux racines des inégalités. 

Nous avons besoin d’un multilatéralisme en réseau, a déclaré M. Guterres, afin que les organisations mondiales et régionales communiquent et travaillent ensemble pour atteindre des objectifs communs. 

Concluant sur une note optimiste, le Secrétaire général s’est dit convaincu qu’ensemble, nous pourrons sortir de cette pandémie et jeter les bases d’un monde plus propre, plus sûr et plus juste pour tous et pour les générations à venir. 

Ces remarques ont été partagées avec la presse et sont également disponibles sur diverses plateformes YouTube et de télévision en ligne.

One Planet

En début de journée, le Secrétaire général a pris la parole par visioconférence lors du One Planet Summit, convoqué par le Président français, M. Emmanuel Macron.  Il a déclaré que 2021 devait être l’année de la réconciliation de l’humanité avec la nature.  Il a souligné qu’alors que nous reconstruisons et nous remettons de la pandémie, nous ne pouvons pas revenir à l’ancienne normale.  C’est notre chance de changer de cap, grâce à des politiques intelligentes et de bons investissements, a-t-il dit. 

Il a également indiqué que la protection de la biodiversité mondiale peut aider à créer des emplois et a ajouté que la Conférence sur la biodiversité, prévue cette année à Kunming, en Chine, est une étape vitale pour mettre fin à la crise d’extinction. 

Le Secrétaire général a réitéré son message selon lequel les pays doivent mettre un prix sur le carbone, arrêter de construire de nouvelles centrales à charbon, mettre fin aux subventions pour les énergies fossiles et transférer la charge fiscale des contribuables aux pollueurs. 

Il a également souligné que la Coalition de la haute ambition, qui a été lancée récemment, est le signe que les secteurs privé et public, ainsi que la société civile, peuvent travailler ensemble sur des initiatives visant à protéger la planète. 

Secrétaire général

Le Porte-parole a indiqué que, dans une réponse adressée au Président de l’Assemblée générale, qui s’était enquis vendredi dernier des intentions du Secrétaire général de briguer un second mandat, ce dernier lui a fait savoir aujourd’hui qu’il était disponible pour exercer un deuxième mandat de Secrétaire général de l’ONU, si telle était la volonté des États Membres. 

Le Secrétaire général a également adressé une lettre avec un contenu similaire au Président du Conseil de sécurité.

Conseil de sécurité

Le Chef du Bureau des Nations Unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel (UNOWAS), M. Mohammed Ibn Chambas, a fait le point, ce matin devant le Conseil de sécurité, sur les développements politiques dans la région qui ont été marqués par la tenue de cinq élections présidentielles, trois scrutins législatifs et deux élections locales. 

Malgré la pandémie, a-t-il indiqué, les organes de gestion électorale ont été en mesure de maintenir les calendriers électoraux et ont fait preuve d’une capacité technique impressionnante pour organiser et conduire des élections. Malgré la contestation des résultats et des niveaux inacceptables de violence en Guinée et en Côte d’Ivoire, les votes se sont globalement bien déroulés, a déclaré M. Chambas. 

Passant au Sahel, M. Chambas a déclaré que l’insécurité continue de prévaloir et de nuire aux vies innocentes.  Après la fin de la saison des pluies, les militants ont de nouveau organisé des attaques audacieuses et meurtrières, notamment au Niger. 

Malgré d’importants succès, l’insécurité s’est également étendue à des zones auparavant considérées comme sûres, a-t-il ajouté. 

M. Chambas a conclu ses remarques en disant aux membres du Conseil de sécurité qu’il faut s’attaquer aux causes profondes et bien trop connues de l’exclusion, renforcer la gouvernance démocratique et donner une nouvelle impulsion décisive à la lutte contre l’insécurité.

République centrafricaine

La Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine (MINUSCA) indique qu’elle continue de travailler avec les forces armées du pays pour protéger les civils qui font face à des attaques de groupes armés. 

La MINUSCA a indiqué qu’à Bouar, dans la préfecture de Nana-Mambéré, les Casques bleus et les forces armées ont repoussé des combattants antibalaka et 3R lors de violents combats qui se sont déroulés samedi.  La situation demeure tendue, aujourd’hui, dans la ville où près de 4 000 personnes se sont réfugiées dans la cathédrale. Les Casques bleus effectuent des patrouilles pour créer des conditions sûres pour l’acheminement de l’aide humanitaire. 

À Grimari, dans la préfecture de la Ouaka, la MINUSCA et les forces armées ont également freiné, samedi, l’avancée des combattants de groupes armés. 

La MINUSCA souligne que les groupes armés et leurs alliés seront tenus pour responsables du chaos humanitaire provoqué par leurs attaques à Bouar et dans d’autres régions, y compris leurs efforts pour bloquer les routes d’approvisionnement.  La Mission note également la responsabilité des groupes dans la mort de civils, de membres des forces de défense et de sécurité et de Casques bleus.  La MINUSCA souligne que les attaques contre les soldats de la paix peuvent être considérées comme des crimes de guerre. 

La MINUSCA reste déterminée à s’acquitter de son mandat de protection des civils et de sécurisation du processus électoral pour soutenir les forces de défense et de sécurité centrafricaines.

Afghanistan

Les agences humanitaires indiquent que cette année, l’ONU et ses partenaires humanitaires chercheront à lever 1,3 milliard de dollars pour aider près de 16 millions de personnes en Afghanistan en leur fournissant une aide vitale.  Ce chiffre est en hausse par rapport à l’objectif de 2,3 millions de personnes établi il y a quatre ans.  C’est une augmentation considérable du nombre de personnes ayant besoin d’aide. 

Elles indiquent que les conflits en cours, les catastrophes naturelles, la pauvreté chronique et la pandémie de COVID-19 continuent d’être une combinaison mortelle pour les Afghans. 

En 2021, près de la moitié de la population aura besoin d’une aide humanitaire pour survivre.  L’insécurité alimentaire monte en flèche à mesure que les moyens de subsistance des populations ont été perdus.  Quelque 5,5 millions de personnes en Afghanistan sont en phase d’insécurité alimentaire d’urgence, et selon les prévisions, près d’un enfant sur deux de moins de 5 ans sera confronté à la malnutrition aiguë cette année. 

La dette des ménages augmentant de manière vertigineuse, la survie des populations dépend de la capacité de l’ONU à mobiliser des fonds en quantité suffisante pour apporter une réponse bien coordonnée.

Iraq

La Représentante spéciale du Secrétaire général pour l’Iraq, Mme Jeanine Hennis-Plasschaert, s’est rendue hier dans le district de Sinjar pour suivre la mise en œuvre d’un récent accord conclu entre Bagdad et Erbil visant à instaurer la stabilité, la sécurité et de meilleures conditions de vie pour les habitants.  Sa délégation a souligné la nécessité de faire plus -dans l’unité et à un rythme plus rapide- pour atténuer les difficultés actuelles. 

Elle a déclaré que ce qui a été accompli jusqu’à présent pourrait ouvrir la voie à une plus grande amélioration des conditions de vie, mais que pour y parvenir, toutes les parties prenantes devront agir dans l’unité et la solidarité. 

Lors de discussions avec l’équipe de l’ONU qui a effectué le déplacement, des habitants déplacés de Sinjar ont fait part de leurs inquiétudes, demandant une assistance supplémentaire pour les communautés locales vulnérables qui sont récemment revenues des camps de déplacés.

Kazakhstan

L’ONU se félicite de l’annonce faite au début du mois par la présidence du Kazakhstan indiquant que le pays a ratifié en interne le deuxième Protocole facultatif se rapportant au Pacte international relatif aux droits civils et politiques, et qui vise à abolir la peine de mort.  Le Secrétaire général attend avec intérêt de recevoir l’instrument officiel de ratification car la ratification rendra permanent le moratoire existant sur les exécutions au Kazakhstan, lequel était en vigueur depuis 2003. 

Le Secrétaire général réitère son appel à la ratification universelle du deuxième Protocole facultatif du Pacte international relatif aux droits civils et politiques et encourage les autres pays qui appliquent encore la peine de mort à suivre l’exemple du Kazakhstan en abolissant la peine de mort ou en instaurant des moratoires pour opérer une transition vers l’abolition.

Aperçu de la pratique du Conseil de sécurité

L’aperçu de la pratique du Conseil de sécurité en 2020 (2020 Highlights of the Security Council) a été publié.  L’édition de cette année s’appuie sur la version remaniée qui a été lancée en 2019 et donne un aperçu des travaux du Conseil de sécurité en 2020, une année marquée par les défis sans précédent posés par la pandémie de COVID-19 et les solutions novatrices qui ont été trouvées en réponse à l’évolution des circonstances. 

Ce document sur les faits marquants, qui est rédigé par le Service du secrétariat du Conseil de sécurité du Département des affaires politiques et de la consolidation de la paix (DPPA), contient des informations sur les pratiques du Conseil concernant ses réunions et visioconférences, les points à son ordre du jour, les décisions adoptées et les modes de scrutin, ainsi que ses organes subsidiaires.  C’est un outil de recherche plutôt utile.

Cameroun

Le Secrétaire général condamne fermement l’attentat-suicide perpétré vendredi par une faction de Boko Haram qui a tué au moins 15 civils, dont des enfants âgés de 3 à 14 ans.  Il a été choqué d’apprendre qu’une jeune fille avait été forcée de commettre cette horrible attaque. 

Le Secrétaire général est alarmé par le niveau de violence dirigé contre la population civile dans la région de l’Extrême-Nord du Cameroun ainsi que dans d’autres parties du bassin du lac Tchad.  Rien ne peut justifier des attaques aussi insensées et flagrantes. 

Les Nations Unies continuent d’appuyer fermement les pays du bassin du lac Tchad dans leurs efforts pour vaincre le fléau du terrorisme et de l’extrémisme violent et relever les défis sécuritaires, politiques, humanitaires, relatifs aux droits de l’homme, sanitaires et socioéconomiques dans la région.

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